Crise éruptive du Krakatau (suite)

Comme je l’ai indiqué précédemment, une puissante éruption de l’Anak Krakatau (Indonésie) a généré un panache de cendres qui est monté jusqu’à 15 km d’altitude aux premières heures du 5 septembre 2026 (heure locale). Des bulletins d’alerte ont été diffusés pour les couloirs aériens de Jakarta et de Melbourne.

La chaîne d’information BFMTV précise que des détonations étaient audibles jusqu’à 700 kilomètres. Les autorités indonésiennes ont annoncé le dimanche 6 septembre avoir prolongé la suspension des activités de l’aéroport international de Jakarta, situé à plus de 150 kilomètres du volcan. La suspension a affecté 209 mouvements d’avions et a concerné plus de 22.000 passagers. La liaison internationale la plus touchée est celle reliant Singapour.

Les perturbations affectent également le fonctionnement de l’aéroport de Bali et seize vols intérieurs à destination et en provenance de l’île ont été annulés.

Il est demandé aux capitaines des navires de « redoubler de vigilance » face aux perturbations potentielles de la navigation causées par l’activité volcanique. Il est par ailleurs interdit aux bateaux de pénétrer dans une zone d’un rayon de 3 kilomètres autour du volcan.

Photo: C. Grandpey

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As I mentioned earlier, a powerful eruption of Anak Krakatau (Indonesia) generated an ash plume that rose to an altitude of 15 km in the early hours of September 5, 2026 (local time). Alerts were issued for the air corridors of Jakarta and Melbourne.
The news channel BFMTV reports today that detonations were audible up to 700 kilometers away. Indonesian authorities announced on Sunday, September 6, that they had extended the suspension of operations at Jakarta’s international airport, located more than 150 kilometers from the volcano. The suspension affected 209 aircraft movements and impacted more than 22,000 passengers. The most affected international route was the one to Singapore.
The disruptions also affected operations at Bali’s airport, and sixteen domestic flights to and from the island were canceled. Ship captains are urged to « exercise increased vigilance » in the face of potential navigational disruptions caused by volcanic activity. Furthermore, vessels are prohibited from entering a 3-kilometer radius zone around the volcano.

L’INGV et l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle (IA) est de plus en plus utilisée en sismologie et en volcanologie où elle pourrait contribuer à la prévision des séismes et des éruptions, événements parfois destructeurs. J’ai publié une note le 28 juillet 2024 et une autre le 18 mars 2025 expliquant comment les scientifiques utilisent l’IA. J’ai également ajouté que son utilisation dans la prévision volcanique et pour d’autres phénomènes naturels semble prometteuse.

On peut lire sur le site de l’Institut National de Géophysique et de Volcanologie (INGV) que l’Institut italien a mis sur pied le projet SAFARI, acronyme de « An artificial intelligence-based StrAtegy For volcAno hazard monItoring from space » (Une stratégie basée sur l’intelligence artificielle pour la surveillance des risques volcaniques depuis l’espace). Le projet a été lancé en 2023 avec l’objectif de développer une stratégie intégrée de surveillance des risques volcaniques directement depuis l’espace.

Pour ce faire, les scientifiques utilisent des données satellitaires issues de capteurs optiques, thermiques et micro-ondes, comparées aux données collectées quotidiennement par les réseaux de surveillance terrestres dans les zones volcaniques.

Des chercheurs de l’INGV et d’autres organismes scientifiques ont développé ces méthodologies innovantes sur quatre volcans actifs : l’Etna et le Vulcano en Italie, le Nyiragongo en République Démocratique du Congo et le Sangay en Équateur. Ces deux derniers systèmes volcaniques sont considérés comme très dangereux et sont situés dans des zones reculées, où les satellites constituent souvent le principal outil de surveillance.

Les principaux aspects du projet sont les suivants.

Mieux voir pour mieux cartographier : l’IA « nettoie » les images radar.
L’un des problèmes des images SAR (radar à synthèse d’ouverture) est la présence de bruit de signal qui rend les images souvent granuleuses et difficiles à interpréter. Les chercheurs ont appliqué un filtre innovant qui a permis à l’IA de faire disparaître les composantes perturbatrices. En appliquant cette technique aux données SAR de l’éruption du Sangay en 2021, le système a pu améliorer la qualité des images acquises par le satellite Sentinel-1, en éliminant les anomalies parasites.

Prédiction autonome en temps réel de la trajectoire des coulées de lave
L’un des objectifs les plus ambitieux du projet était d’automatiser et d’accélérer les simulations de propagation des coulées de lave, afin de générer des cartes des risques. Le nouveau système a utilisé les valeurs de débit estimées par satellite à une résolution spatiale de 1 à 3 km pour reproduire l’extension du front de coulée, elle-même dérivée des données satellitaires à une résolution spatiale de 20 à 30 mètres. Ces données permettent de prédire l’évolution du champ de lave plusieurs jours à l’avance. L’analyse a posteriori a testé la capacité du modèle à produire des cartes de plus en plus précises des risques liés aux invasions de lave.

Comparaison entre la réalité et la simulation du champ de lave de l’Etna en éruption entre le 13 mai et le 6 juin 2022. Dans l’image a) le trait noir délimite la coulée de lave réelle du 29 mai, tandis qu’en b), il délimite celle du 6 juin. La carte colorée représente le scénario de probabilité élaboré par l’IA pour prédire l’évolution du champ de lave après 7 jours d’activité. Les zones rouge foncé indiquent les régions où le modèle a calculé une probabilité de coulée de lave proche de 100 % entre le 13 et le 29 mai, ce qui témoigne d’une forte concordance avec les données réelles. Les triangles jaunes et rouges indiquent respectivement l’emplacement des bouches éruptives réelles et prédites par le modèle.

L’IA résout le problème des nuages « transparents »
Connaître la hauteur exacte d’un nuage volcanique est essentiel pour la sécurité des aéronefs qui survolent une zone volcanique. Pour l’Etna, l’équipe du projet SAFARI a créé, à l’aide de milliers d’images satellites, un système capable de distinguer automatiquement les couleurs correspondant aux émissions de lave et aux nuages générés par l’activité explosive. Ce même système est capable de calculer en temps réel la hauteur de la colonne éruptive.

La comparaison entre ces deux images révèle (à droite) une nette amélioration avec l’aide de l’IA de la capacité à observer et à distinguer un nuage de cendres de l’Etna le 4 mars 2021. L’algorithme a identifié et isolé avec précision (en rouge) les pixels contenant des cendres volcaniques, permettant ainsi au système de calculer automatiquement la hauteur et l’étendue de la colonne éruptive, sans intervention humaine.

L’intelligence artificielle appliquée au Nyiragongo
S’agissant du Nyiragongo (Congo), dont l’histoire éruptive est très peu documentée, l’IA a analysé de manière autonome les données satellitaires, et regroupé les différents comportements du volcan en « familles » d’activité. Cela a permis d’identifier la transition d’un état de calme à une phase anormale lors de l’éruption de mai 2021.

Comparée à l’analyse traditionnelle des données, cette approche avec l’aide de l’IA permet un examen rapide de grandes quantités d’informations et la reconnaissance de situations qui pourraient échapper à l’œil humain, notamment dans les zones reculées et peu étudiées. L’IA peut ainsi jouer le rôle d’une sorte de « sentinelle autonome », capable de signaler d’éventuelles anomalies, même en l’absence d’observations directes. Comme tout système automatique, elle peut toutefois générer de fausses alertes et nécessite donc une vérification par des experts.

Vous trouverez la description du projet SAFARI en cliquant sur ce lien :

https://ingvvulcani.com/2026/03/12/come-lia-e-i-satelliti-stanno-cambiando-il-monitoraggio-dei-vulcani-attivi/

L’éruption de l’Etna (suite) // The eruption of Mount Etna (continued)

7 heures : Dans un, bulletin diffusé à 0h25 (heure locale) le 11 août 2026, l’INGV indique que vers 23h30, une nouvelle fissure éruptive s’est ouverte dans la Valle del Bove, à environ 1900 m d’altitude, près du mont Simone.

Par ailleurs, une forte activité explosive se poursuit dans la Voragine, avec des panaches de cendres qui risquent fort de perturber le trafic à l’aéroport de Catane..

L’amplitude moyenne du trémor volcanique demeure élevée. Sa source reste localisé à la fois dans la zone de la Voragine et entre celle-ci et le cratère Nord-Est, à une profondeur comprise entre 2500 et 3000 m au-dessus du niveau de la mer.

Source : INGV.

Dans la matinée,  l’aéroport Vincenzo Bellini de Catane a indiqué qu’un seul avion avait décollé à 6h38 à destination de Bologne. Cinq vols à l’arrivée ont été annulés et deux déroutés. La SAC, qui gère l’aéroport, a annoncé qu’en raison de l’activité éruptive de l’Etna et des émissions de cendres volcaniques qui en résultent, les zones correspondant au nuage aérien au sud-ouest (secteur C1) ont été fermées. Les vols à l’arrivée à l’aéroport de Catane sont suspendus jusqu’à 19h00, heure locale. Les départs sont autorisés depuis la piste 08.

Images webcam du panache éruptif le11 août vers 6 heures du matin

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14 heures : Dans un nouveau bulletin, l’INGV indique qu’une quatrième bouche s’est ouverte vers 11h30 (heure locale) ce 11 août 2026 à la base de la paroi nord de la Valle del Bove, au-dessus du Monte Simone, à une altitude d’environ 2 090 m.
L’amplitude moyenne du trémor volcanique reste élevée.

En fin de compte, tous les vols au départ et à l’arrivée de l’aéroport de Catane sont suspendus jusqu’à 11h00 le12 août 2026. De fait, très peu d’avions ont pu décoller de Fontanarossa ce matin.

Cela fait maintenant 5 jours que règne le chaos à l’aéroport de Catane, avec des informations confuses, des transferts complexes et onéreux vers d’autres aéroports siciliens, et passagers abandonnés par certaines compagnies aériennes. Le tout en pleine saison touristique!

Parallèlement, la Région Sicile a annoncé que tous les passagers munis d’un billet d’avion pour Catane pourront également emprunter gratuitement les liaisons ferroviaires régulières au départ de Palerme, sur simple présentation de leur billet d’avion.  La difficulté, c’est qu’actuellement, la liaison ferroviaire entre Palerme et Catane est partiellement interrompue en raison de travaux de doublement de la voie. Les voyageurs souhaitant se déplacer entre les deux villes emprunteront le trajet plus long Catane-Messine-Palerme. Bon courage!

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11 août 21 heures : Dans son bulletin du 11 août 2026 au soir, l’INGV précise que l’activité effusive se poursuit au niveau des bouches éruptives situés à 2 750 m, 2 090 m et 1 900 m. Les fronts des coulées de lave alimentées par la bouche située à 2 360 m semblent se refroidir. Les fronts actifs les plus avancés, à 18h00 (heure locale), se situaient à une altitude de 1 360 m, près de Rocca Capra (Valle del Bove).

À 16h10, une puissante émission de cendres a été observée au niveau de la Bocca Nuova et a interagi avec les matériaux émis par l’activité explosive de la Voragine. L’événement a généré
des coulées pyroclastiques modérées qui sont restées confinées à la zone sommitale.

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Plusieurs personnes m’ont demandé si je pensais que l’éruption est une menace pour les zones habitées.

Soyons clairs : pour le moment, l’éruption de l’Etna ne menace pas les zones habitées, mais la situation demande la vigilance de l’INGV qui a déployé plus de personnel sur le front des coulées de lave pour effectuer des relevés. Il est crucial de quantifier le débit effusif des nouvelles fissures, car l’altitude à laquelle elles se sont ouvertes fait se poser des questions. Si les coulées continuaient d’être fortement alimentées pendant plusieurs jours, la possibilité d’un débordement depuis le versant est de la Valle del Bove ne serait plus à exclure. Mais nous n’en sommes pas là. Pour l’instant, le débit effusif est trop faible pour qu’un tel événement se produise.
Les scientifiques de l’INGV expliquent que le dyke qui alimente les quatre fissures apparues ces derniers jours est superficiel. Aucun paramètre sismique ne révèle une intrusion magmatique profonde, ce qui est rassurant. La lave semble s’écouler dans des couches superficielles sous la Valle del Bove, suivant une ligne parallèle à la paroi nord de cet amphithéâtre naturel sur le flanc est du volcan.

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In a bulletin issued at 00:25 (local time) on August 11, 2026, the INGV reported that around 23:30, a new eruptive fissure opened in the Valle del Bove at an elevation of approximately 1,900 m, near Mount Simone.

Meanwhile, intense explosive activity continues at the Voragine crater, producing ash plumes that are highly likely to disrupt air traffic at Catania Airport.

The average amplitude of volcanic tremor remains high. Its source is located both within the Voragine area and in the zone between it and the Northeast Crater, at a depth of 2,500 to 3,000 m above sea level. Source: INGV.

Earlier in the morning, Catania’s Vincenzo Bellini Airport reported that only one plane had taken off at 6:38 a.m. bound for Bologna. Five arriving flights were cancelled and two were diverted. SAC, the airport operator, announced that due to Mount Etna’s eruptive activity and the resulting volcanic ash emissions, the airspace sectors affected by the ash cloud to the southwest (sector C1) have been closed. Arrivals at Catania Airport are suspended until 7:00 p.m. local time. Departures are permitted from runway 08.

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In a new bulletin, the INGV reports that a fourth vent opened around 11:30 a.m. (local time) on August 11, 2026, at the base of the north wall of the Valle del Bove, above Monte Simone, at an elevation of approximately 2,090 m.
The average amplitude of the volcanic tremor remains high.

Ultimately, all flights to and from Catania Airport are suspended until 11:00 AM on August 12, 2026. In fact, very few planes were able to take off from Fontanarossa this morning.

Chaos has reigned at Catania Airport for five days now, marked by confusing information, complex and costly transfers to other Sicilian airports, and passengers being abandoned by certain airlines—all in the middle of the tourist season!

Meanwhile, the Sicily Region has announced that any passenger holding a flight ticket to Catania may also use regular train services from Palermo for free, simply by showing their ticket. The difficulty, however, is that the rail link between Palermo and Catania is currently partially disrupted due to track-doubling work. Travelers wishing to travel between the two cities will have to take the longer Catania-Messina-Palermo route. Good luck!

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11 August – 09;00 p.m. : In its bulletin from the evening of August 11, 2026, the INGV reports that effusive activity is continuing at the eruptive vents located at elevations of 2,750 m, 2,090 m, and 1,900 m. The fronts of the lava flows fed by the vent at 2,360 m appear to be cooling. As of 6:00 PM (local time), the most advanced active flow fronts were located at an elevation of 1,360 m, near Rocca Capra (Valle del Bove).
At 4:10 PM, a powerful ash emission was observed at Bocca Nuova; it interacted with material ejected by explosive activity at Voragine. The event generated moderate pyroclastic flows that remained confined to the summit area.

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Several people have asked me whether I consider the eruption a threat to populated areas.

Let’s be clear: at the moment, the eruption of Mount Etna poses no threat to inhabited areas, though the situation requires vigilance from the INGV, which has deployed additional personnel to the lava flow fronts to conduct surveys. It is crucial to quantify the effusion rate from the new fissures, as the altitude at which they opened raises questions. If the flows were to remain well fed for several days, the possibility of an overflow from the eastern slope of the Valle del Bove could no longer be ruled out. However, we are not at that stage yet; for the time being, the effusion rate is too low for such an event to occur.
INGV scientists explain that the dike feeding the four fissures—which have appeared over the last few days—is shallow. No seismic parameters indicate a deep magma intrusion, which is reassuring. The lava appears to be flowing through shallow layers beneath the Valle del Bove, following a path parallel to the northern wall of this natural amphitheater on the volcano’s eastern flank.

Et si Yellowstone entrait en éruption de nos jours ? // What if Yellowstone erupted today?

À la fin de ma conférence « Volcans et risques volcaniques », certaines personnes me demandent ce qui se passerait si un super volcan comme Yellowstone entrait en éruption aujourd’hui.

Un super volcan est un volcan capable d’émettre au moins 1 000 kilomètres cubes de matériaux lors d’une seule éruption. De ce fait, il est classé au niveau 8 – le maximum – de l’Indice d’explosivité volcanique (VEI). Il est intéressant de noter que Yellowstone n’est pas le seul super volcan au monde. Certains, comme le Taupo (Nouvelle-Zélande) ou le Toba (Indonésie), sont bien connus, mais d’autres super volcans, aujourd’hui inconnus, pourraient se cacher au fond des océans. Comme je le dis souvent, nous connaissons mieux la surface de la planète Mars que les abysses de nos propres océans.
Le Parc national de Yellowstone est un endroit magnifique, avec ses sources chaudes et ses geysers comme l’Old Faithful.

Ce vaste système volcanique est connu sous le nom de Caldeira de Yellowstone, et une seule éruption pourrait plonger le monde dans le chaos. Il y a environ deux millions d’années, d’importantes quantités de magma se sont accumulées sous la croûte terrestre. Poussées par la pression colossale des gaz volcaniques, elles ont déclenché une éruption qui figure parmi les plus importantes de l’histoire de notre planète. Depuis cette époque lointaine, Yellowstone a connu deux autres éruptions volcaniques majeures et de nombreuses éruptions mineures.

Bien que Yellowstone n’ait pas connu de super-éruption depuis des millénaires, on peut se demander si ce super volcan est susceptible d’entrer un jour à nouveau en éruption. Les scientifiques qui étudient Yellowstone estiment qu’une nouvelle éruption est probable et que ce n’est qu’une question de temps. Toutefois, une éruption majeure de Yellowstone ne devrait pas se produire avant des milliers, voire des millions d’années.
Les scientifiques expliquent que le magma sous Yellowstone est majoritairement à l’état solide et ne peut donc pas déclencher une éruption. Une étude montre que ce magma se concentre surtout dans la partie nord-est du volcan et qu’il a tendance à se déplacer dans cette direction. Ce magma pourrait un jour devenir suffisamment liquide pour entrer en éruption. Mais il pourrait aussi perdre de sa chaleur et stagner au contact d’une épaisse couche de roche continentale au sein de la croûte terrestre. Ce ne sont que des suppositions et le conditionnel est de rigueur. En réalité, aucun scientifique n’est capable de prédire l’avenir éruptif de Yellowstone.

Source: USGS / YVO

Selon certains chercheurs, le prochain événement volcanique dans la caldeira de Yellowstone ne sera probablement pas une explosion volcanique. Une puissante éruption hydrothermale est plus probable. Elle proviendrait d’un geyser, avec une activité capable de créer des cratères impressionnants mais dont l’impact serait limité en dehors du Parc.

Explosion du Steamboat Geyser

Une autre possibilité serait une coulée de lave émise par une bouche éruptive. Au final, le danger actuel à Yellowstone réside davantage dans les éruptions hydrothermales ou les séismes, dont beaucoup sont sans lien avec l’activité volcanique.
Tous les scientifiques s’accordent aujourd’hui à dire que si le volcan de Yellowstone entrait en éruption, leurs collègues en poste à l’observatoire le sauraient probablement des semaines, voire des mois à l’avance. Cependant, ils insistent sur le fait que le risque d’une éruption majeure dans la caldeira de Yellowstone est quasiment nul aujourd’hui.

Mais que se passerait-il si Yellowstone entrait en éruption alors que des milliards d’êtres humains peuplent notre planète ? Lors de l’éruption, la zone immédiatement concernée, couvrant des parties du Montana, du Wyoming et de l’Idaho, serait ravagée. D’immenses colonnes éruptives, chargées de cendres et de gaz volcaniques à haute température, s’effondreraient sous leur propre poids et réduiraient la zone en cendres. Les coulées pyroclastiques anéantiraient arbres, habitations et infrastructures sur leur passage.
À l’aide de modèles, les scientifiques de l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone prévoient qu’une super-éruption enverrait des milliers de mètres de cendres dans le périmètre du Parc et recouvrirait des zones habitées s’étendant de Missoula (Montana) à Albuquerque (Nouveau-Mexique).

Simulation d’une éruption à Yellowstone avec l’émission de 330 kilomètres cubes de cendres (Source : USGS)

De plus, une super-éruption du Yellowstone déposerait plusieurs millimètres de cendres sur une grande partie des États-Unis et certaines régions du Canada, avec un impact sur l’agriculture, les ressources en eau et les réseaux électriques. D’énormes quantités de cendres et de gaz atteindraient la stratosphère, générant des aérosols qui bloqueraient la lumière du soleil et plongeraient la Terre dans une longue période de froid et d’obscurité. Le scénario serait probablement semblable à l’éruption du Tambora en 1815 (Indonésie), qui fit des dizaines de milliers de victimes et plongea la Terre dans « l’Année sans été », une longue période de basses températures qui ravagea les récoltes et provoqua des famines et des épidémies à travers le monde.

Cratère du Tambora (Crédit photo: Wikipedia)

Les scientifiques estiment généralement que les effets d’une super-éruption comme celle du Yellowstone pourraient durer de cinq à dix ans. De nombreuses personnes mourraient, mais l’humanité ne disparaîtrait pas. Aucune éruption volcanique explosive n’a jamais été associée à une extinction massive sur Terre.

Source : Popular Science, Observatoire Volcanologique de Yellowstone. Photos du Parc: C. Grandpey

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At the end of my conference « Volcanoes and volcano Hazards », some persons ask me what would happen if a super volcano like Yellowstone erupted today.

Just remember that a super volcano is able to erupt at leaqt 1,000 cubic kilemeters of material during a single eruption. As such it is callsified at level 8 – the maximum – on the Volcanic Explosivity Index (VEI). It is interesting to add that Yellowstone is not the only super volcano in the world. Some of them like taupo (New Zealand) or Toba (Indonesia) are well known but other super volcanoes may also be unknown, lying hidden at the bottom of the oceans. As I say it quite often, we know the surface of Mars better than the abysses of our own oceans.

Yellowstone National Park is a wonderful place to visit with its hot springs and geysers like Old Faithful. This vast volcanic system is known as the Yellowstone Caldera, and with one blast it could plunge the world into chaos.

About two million years ago, large amounts of hot magma accumulated beneath the Earth’s crust, building pressure and volcanic gases that triggered a major eruption. It was among the largest volcanic eruptions in our planet’s history, blanketing large parts of North America with ash. Since then, Yellowstone has seen two more major volcanic eruptions and many smaller ones.

Though Yellowstone hasn’t had a supereruption in millennia, we may wonder:whether the super volcano will ever explode again. Experts studying Yellowstone say it probably will erupt again ; t’s just a matter of time. A major Yellowstone eruption likely won’t happen for thousands, and potentially millions, of years.

Scientists say that the magma underneath Yellowstone is mostly solid and not eruptible. One study suggests the magma is more concentrated underneath the northeast section, and that magma is shifting in that direction. This magma may one day become liquid enough to erupt. But it could also lose heat and stall as it hits thick, continental rock within the Earth’s crust. Actually, no scientist is able to make any prediction about the eruptive future of Yellowstone.

According to some researchers, the next volcanic incident in the Yellowstone Caldera likely won’t be a volcanic explosion. A powerful hydrothermal eruption from a geyser, activity that can create impressive craters but has limited impact outside the park, is more likely. Another possibility is a lava flow emitted by a single eruptive vent. In the end, the hazard in Yellowstone today lies more with hydrothermal eruptions or earthquakes, many unrelated to volcanic activity, in the park.

All scientists agree today to say that if the Yellowstone volcano were to erupt, scientists at the observatory would likely know weeks to months beforehand, but they insist that the chances of a major eruption in the Yellowstone Caldera within the human timeline are close to zero.

But what if Yellowstone did erupt while billions of humans still walked this planet? Upon eruption, the immediate radius, including parts of Montana, Wyoming, and Idaho, would be swept clean. Huge eruption columns, with superheated volcanic ash and gas, would collapse under their own weight and incinerate the land. Pyroclastic flows would wipe out trees, homes, and infrastructure in their path.

Using models, scientists at the Yellowstone Volcano Observatory predict that a supereruption would drop thousands of meters of ash within the park radius, and coat communities stretching from Missoula, Montana, to Albuquerque, New Mexico. What is more, aYellowstone supereruption would drop at least a few millimeters of ash over much of the U.S. and parts of Canada, devastating agriculture, water supplies, and electrical grids. Huge amounts of ash and gas launched into the stratosphere would act as aerosols, blocking sunlight and plunging the Earth into a long period of cold and dark. It would probably look like the 1815 Tambora eruption (Indonesia) which claimed tens of thousands of lives and plunged Earth into the “Year Without Summer”, a prolonged period of low temperatures that ravaged crops and caused widespread famine and disease epidemics around the world.

Scientists usually believe the effects of a supereruption like Yellowstone could last five to 10 years. A lot of people would die, but it would not wipe out humanity. No explosive volcanic eruption has ever been associated with a mass extinction on Earth.

Source : Popular Science, Yellowstone Volcano Observatory.