2026 : Un phénomène El Niño super puissant !

Concentrations de CO2 : 426,37 ppm (12 octobre 2026)  

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026)

Dans ma note du 10 octobre 2026, j’explique que le phénomène de réchauffement El Niño est particulièrement puissant au cours du deuxième semestre 2026 et va même s’intensifier ces prochains mois, jusqu’à atteindre son pic en décembre, avec une possibilité de persistance jusqu’au mois de février 2027, ce qui pourrait en faire l’un des épisodes les plus intenses depuis au moins 1950. Ma source est l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM).

 Un chiffre va vous montrer à quel point El Niño est puissant : 30,06 °C ! C’est la température de surface relevée le 6 octobre dans la zone pacifique équatoriale : jamais, depuis le début des relevés météo, une telle température n’avait été enregistrée dans cette région. Et cette zone – la zone 3.4 – n’est pas n’importe laquelle, il s’agit du lieu de développement du phénomène El Niño.

El Niño 2026 s’est déclenché en juin de cette année, et toutes les prévisions s’orientent vers un phénomène d’une intensité record.

Dans le détail ; pour parler d’un phénomène El Niño, il faut que la température de l’eau de l’océan Pacifique équatorial dépasse d’au moins 0,5 °C la normale. Il s’agit alors d’un El Niño faible. À partir de +0,8 °C, il s’agit d’un El Niño modéré, et lorsque cette anomalie de chaleur dans l’eau atteint ou dépasse +2 °C il s’agit alors d’un super El Niño. C’est la situation actuelle, avec une anomalie qui dépasse déjà les +2,5 °C dans la zone de référence « 3.4 ». Les dernières prévisions envisagent une anomalie comprise entre +3,5 et +5 °C, dépassant de loin le précédent record de +2,6 °C, enregistré entre novembre 2015 et janvier 2016.

El Niño est déjà en train de modifier la météo de nombreux pays. Pour certains, El Niño représente une catastrophe, principalement en raison des sécheresses et inondations qu’il provoque. Pour d’autres, c’est une aubaine pour l’agriculture. Mais au final, El Niño va poser un gros problème, pas seulement régional, mais au niveau planétaire. Son impact est d’autant plus fort qu’il survient sur une planète déjà affectée par le réchauffement climatique. Les vagues de chaleur s’intensifient, en mer comme sur terre.

Le phénomène El Niño actuel a déjà eu des conséquences spectaculaires, avec la prolifération récente et simultanée de cyclones dans le Pacifique. Plusieurs tempêtes tropicales majeures ont affecté l’archipel hawaïen Selon l’OMM, les effets les plus importants ne se feront sentir que dans plusieurs mois. Quel que soit le pays concerné, El Niño va amplifier la chaleur mondiale de 2027, avec des conséquences possibles jusqu’en 2028. À ce sujet, les climatologues expliquent que nous avançons en terre inconnue, car jamais un phénomène El Niño d’une telle intensité n’a été observé.

En particulier, jusqu’à maintenant, les conséquences des fortes chaleurs sur la santé humaine ont été sous-estimées. Les canicules ont causé plus de 25 000 décès supplémentaires en Europe cet été, et ce chiffre continue d’augmenter. Bien qu’un recours accru à la climatisation puisse réduire la mortalité future, les zones les plus touchées – l’Asie du Sud, les pays du Golfe et l’Afrique, des pays comme l’Inde, le Pakistan, le Bangladesh, le Myanmar et le Niger – abritent une forte densité de population, caractérisée par des taux de pauvreté élevés et donc un accès limité à la climatisation.

Si l’agriculture et l’économie peuvent, dans certaines régions, bénéficier des effets d’El Niño sur les conditions météorologiques, l’intensification de la chaleur à l’échelle mondiale affectera, à coup sûr, négativement l’ensemble de la planète. L’OMM ajoute que cette phase climatique exceptionnellement intense survient au pire moment, dans un contexte déjà fortement marqué par le réchauffement climatique d’origine anthropique.

Source : OMM, Yahoo News.

Éruption du Mont Parker (Philippines) et effondrement de la Dynastie Ming (Chine) // Mount Parker eruption (Philippines) and collapse of the Ming Dynasry (China)

L’éruption du Laki en Islande en 1783 a eu des conséquences catastrophiques sur le climat, l’agriculture et les transports dans tout l’hémisphère nord. Selon certains chercheurs, elle a contribué au déclenchement de la Révolution française. Le volcan a émis de la lave et des gaz toxiques qui ont dévasté l’agriculture de l’île, décimant une grande partie du cheptel. On estime qu’environ un quart de la population islandaise a péri lors de la famine qui s’en est suivie.

Vu de la fissure éruptive du Laki aujourd’hui (Photo : C. Grandpey)

Les répercussions ont été observées bien au-delà de l’Islande. En Norvège, aux Pays-Bas, dans les îles Britanniques, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Amérique du Nord et même en Égypte, l’éruption du Laki a causé des problèmes car le nuage de poussière et de particules de soufre projeté par le volcan s’est répandu sur une grande partie de l’hémisphère nord.
On pense aujourd’hui que l’éruption a perturbé le cycle de la mousson en Asie, et provoqué une famine en Égypte. Les historiens ont également souligné les perturbations causées aux économies d’Europe du Nord, où la précarité alimentaire a été un facteur majeur dans la montée des tensions qui ont conduit à la Révolution française de 1789.

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Aujourd’hui, une nouvelle étude publiée dans la revue Climate of the Past révèle qu’une importante éruption volcanique du mont Patker – aujourd’hui mont Melibengoy – (1640-1641) sur l’île de Mindanao, au sud des Philippines, pourrait avoir contribué à l’effondrement de la dynastie Ming en Chine quelques années plus tard. Il semblerait qu’une succession de dirigeants incompétents, de famines, de corruption et leurs conséquences économiques aient conduit à la chute de la dynastie au milieu du 17ème siècle. Les archives historiques rapportent qu’une armée de paysans rebelles, menée par Li Zicheng, s’empara de Pékin en 1644, poussant le dernier empereur Ming au suicide et mettant ainsi fin à 276 ans de règne.
Cependant, cette nouvelle étude suggère qu’un événement volcanique majeur a pu amplifier les crises politiques et environnementales déjà présentes sous la dynastie Ming et sceller son destin. L’éruption du mont Parker, survenue entre décembre 1640 et janvier 1641, a provoqué la formation du lac de cratère. Elle a également contribué à de très mauvaises récoltes, à la famine, à une agitation sociale et à un affaiblissement des finances publiques, ce qui n’a fait qu’aggraver les crises politiques déjà existantes. Elle a notamment entraîné une sécheresse prolongée et sévère qui a potentiellement contribué à l’effondrement de la dynastie Ming.

Vue du mont Parker / Melibengoy et de son lac de cratère (Crédit photo : Wilipedia)

L’étude a analysé les données disponibles sur les grandes éruptions volcaniques du passé et les variations de température qui ont suivi sur la planète. Elle a révélé que ces éruptions perturbent les moussons et les régimes climatiques à l’échelle mondiale, provoquant des sécheresses, des inondations, des mauvaises récoltes et un risque accru de famine dans de nombreuses régions du monde. Dans tous ces cas, les scientifiques ont constaté que les éruptions volcaniques agissent comme des facteurs aggravants des troubles sociaux préexistants. Ils ont notamment constaté que l’éruption du mont Parker a intensifié la sécheresse qui avait précédé la chute de la dynastie Ming en 1644.

Ces résultats concordent avec les conclusions d’études antérieures établissant un lien entre les éruptions volcaniques majeures et de nombreux effondrements dynastiques chinois au cours des deux derniers millénaires. Dans ces cas précis, les éruptions volcaniques ont généré d’importantes quantités d’aérosols de sulfate dans la haute atmosphère, bloquant le rayonnement solaire et provoquant un refroidissement climatique global.
S’ajoutant aux problèmes au sein de l’empire qui était confronté à une pénurie d’argent, à la pression militaire venue du nord-est et aux révoltes paysannes, les conséquences de l’éruption du mont Parker ont, selon les auteurs de l’étude, précipité la chute de la dynastie Ming.
Source : The Independent.

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The eruption of Laki volcano in Iceland in 1783 had catastrophic consequences for weather, agriculture and transport across the northern hemisphere. According to some researchers, it helped trigger the French revolution. The volcano spewed lava and poisonous gases that devastated the island’s agriculture, killing much of the livestock. It is estimated that perhapsa quarter of Iceland’s population died through the ensuing famine.

There were more wide-ranging impacts. In Norway, the Netherlands, the British Isles, France, Germany, Italy, Spain, in North America and even Egypt, the Laki eruption caused problems, as the haze of dust and sulphur particles thrown up by the volcano was carried over much of the northern hemisphere.

The eruption is now thought to have disrupted the Asian monsoon cycle, prompting famine in Egypt. Environmental historians have also pointed to the disruption caused to the economies of northern Europe, where food poverty was a major factor in the build-up to the French revolution of 1789.

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Today, a new study published in the journal Climate of the Past tells us that a major volcanic eruption of Mount Patker – today Mount Melibengoy – (1640-1641) on Mindanao island in the southern Philippines may have led to the collapse of China’s imperial Ming Dynasty years later. It seems that a succession of ineffective rulers, famines, corruption, and their economic fallout led to the collapse of the dynasty in the mid 17th century.Historical records observe that a peasant rebel army led by Li Zicheng captured Beijing in 1644, prompting the last Ming emperor to kill himself and bring an end to 276 years of Ming rule.

However, the new study suggests that a massive volcanic event may have amplified existing political and environmental crises in the Ming Dynasty and sealed its fate.

The Mount Parker eruption dated to between December 1640 and January 1641 caused the formation of the crater lake. It also contributed to severe crop failures, famine, social unrest, and a weakening of state finances that aggravated the already existing political crises. In particular, it led to a prolonged and severe drought that potentially contributed to the collapse of the Ming Dynasty.

The study collectively assessed available data on past major volcanic eruptions and the global temperature changes that followed. It found that such eruptions disrupted monsoons and climate patterns globally, resulting in droughts, floods, and crop failures, and increased famine risk in many parts of the world. In all these cases, scientists found that volcanic eruptions acted “stress multipliers” of existing civic unrest.

In particular, they found that the Parker volcanic eruption intensified the drought that preceded the fall of the Ming Dynasty in 1644.

The results align with previous studies’ findings that massive volcanic eruptions are linked to many Chinese dynastic collapses over the last two millennia. In these cases, volcanic eruptions released large amounts of sulphate aerosols into the upper atmosphere which blocked out the Sun and caused global cooling.

Coupled with already growing unrest in the empire faced with silver shortages, military pressure from the northeast, and peasant uprisings, the authors of the study explain that the effects of the volcanic eruption brought down the dynasty even further.

Source : The Independent.

Nouveau coup de chaud sur l’Antarctique // New heat wave hits Antarctica

Concentrations de CO2 : 431,33 ppm (16 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

La France subit actuellement une deuxième vague de chaleur en 2026, alors que le pays n’est qu’au début de l’été météorologique. Au cœur de l’hiver austral, certaines régions de l’Antarctique ont enregistré des températures supérieures d’environ 20 degrés Celsius à la normale, et des chercheurs ont même observé de la pluie sur les glaciers.
Pendant près de trois semaines, la Péninsule antarctique a enregistré des températures maximales quotidiennes supérieures à 0 °C, durant la période la plus froide et la plus sombre de la saison. À la station de recherche Esperanza, on a enregistrée le 6 juin 2026 des températures atteignant près de 15,5 °C. C’est environ 2 °C de plus que le précédent record hivernal de la station et environ 20 degrés Celsius au-dessus de la température normale pour cette date.
Parallèlement, l’île du Roi-George, dans l’archipel des Shetland du Sud, située à environ 120 kilomètres des côtes de l’Antarctique, a connu une fonte des glaces généralisée, inhabituelle pour cette période de l’année.
Les chercheurs ont indiqué que de forts vents du nord étaient le principal facteur de cette vague de chaleur persistante, qui a poussé de l’air exceptionnellement chaud loin à l’intérieur de la péninsule antarctique. Les vagues de chaleur comme celle observée actuellement risquent d’être plus longues et intenses à mesure que notre planète se réchauffe.
La Péninsule antarctique est déjà considérée comme l’une des régions du globe où le réchauffement climatique est le plus rapide. La réduction de la banquise réduit l’albédo car elle expose davantage la surface sombre de l’océan, ce qui lui permet d’absorber plus de chaleur et d’accentuer le réchauffement. Ce phénomène peut perturber la faune antarctique et l’ensemble de la chaîne alimentaire, affectant potentiellement des espèces comme les manchots, les phoques et les baleines.
Si elle continue, cette hausse des températures risque également de déstabiliser les plateformes glaciaires qui servent de remparts aux glaciers antarctiques tels que le Thwaites et le Pine Island. Leur fonte serait catastrophique car elle ferait s’élever rapidement le niveau de la mer dans le monde.
Source : The Cool Down (TCD).

La fonte des grands glaciers de l’ouest antarctique ferait s’élever rapidement le niveau des océans

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France is currently going through a secong heat wave in 2026 while the country is only at the start of the meteorological summer. In the middle of the southern winter, parts of Antarctica saw temperatures roughly 20 degrees Celsius above normal, and researchers even reported spotting rain falling on glaciers.

For nearly three weeks, the Antarctic Peninsula recorded daily high temperatures above 0°C during the coldest, darkest stretch of the season. At the Esperanza research station, one especially notable measurement came on June 6, 2026, when temperatures rose to nearly 15.5°C. That was about 2°C higher than the station’s previous winter record and roughly 20 degrees Celsius above the normal temperature for that date.

Meanwhile, one of the South Shetland Islands, King George Island, located roughly 120 kilometers off the coast of Antarctica, saw widespread thawing of ice that was unusual for that time of year.

Researchers said strong northerly winds were the main driver of a long-lasting heatwave that pushed unusually warm air far into the Antarctic Peninsula. Yet heatwaves like this one are more likely to be longer-lasting and intense as our planet overheats.

The Antarctic Peninsula is already considered one of Earth’s fastest-warming regions, and reduced sea ice leaves more dark ocean exposed, allowing it to absorb additional heat and reinforce warming. Shrinking sea ice can disrupt wildlife populations and the wider food web, with animals such as penguins, seals, and whales potentially impacted.

Continued warming could also destabilize the floating ice shelves that help hold back vulnerable Antarctic glaciers such as Thwaites and Pine Island.Their melting would be catastrophic because it would cause a rapid rise in sea levels worldwide.

Source : The Cool Down (TCD).

La chaleur de l’océan Austral fait fondre la banquise antarctique // Heat of the Southern Ocean is melting Antarctic sea ice

Concentrations de CO2 : 431,86 ppm (27 mai 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

Pendant des décennies, l’Antarctique a semblé défier le réchauffement climatique. La croissance et le retrait saisonniers de la banquise montraient une remarquable résilience. On la décrivait souvent comme le « cœur battant de la planète ». Contrairement à l’Arctique, où la banquise a rapidement diminué avec le réchauffement climatique, la banquise antarctique est restée relativement stable. Elle s’est même étendue entre 2007 et 2015. Mais cette résilience est terminée.
L’Antarctique a longtemps été considérée comme une composante du système climatique montrant une évolution lente. La rapidité du récent recul de la banquise a donc surpris le monde scientifique. Depuis 2015, la banquise antarctique a fortement diminué et en 2023, son étendue hivernale a atteint des niveaux records. La situation se poursuit aujourd’hui.

Certes, les scientifiques s’attendaient à ce que la banquise antarctique se réduise avec le réchauffement climatique, mais pas aussi rapidement. Le déclin observé au cours de la dernière décennie n’avait pas été prévu par les modèles climatiques utilisés pour comprendre la réaction du continent au réchauffement de la planète. Ce recul récent est donc particulièrement préoccupant. Il montre que la situation peut évoluer plus rapidement, ou différemment que prévu, une chose que nos modèles ne sont pas capables de pleinement appréhender. Ceci est important car la banquise réfléchit la lumière du soleil vers l’espace et contribue à la formation de courants océaniques qui emprisonnent la chaleur et le carbone dans les profondeurs. Son recul aura des conséquences sur le climat et sur les écosystèmes uniques de l’Antarctique qui en dépendent.
Une nouvelle étude menée par des scientifiques de l’Université de Southampton, publiée dans Science Advances, montre que l’océan Austral autour de l’Antarctique a subi une transformation fondamentale : la chaleur, auparavant piégée en profondeur, remonte désormais à la surface et peut faire fondre la banquise.
La chaîne d’événements à l’origine de ce changement a débuté il y a plusieurs décennies. Autour de l’Antarctique, les vents se sont intensifiés en raison du trou dans la couche d’ozone et des émissions de gaz à effet de serre. Ces vents plus puissants ont agi comme une pompe; ils ont attiré progressivement les eaux profondes, chaudes et salées, vers la surface.
Pendant des années, l’océan Austral autour de l’Antarctique est resté bien stratifié, avec les eaux froides et douces qui reposaient sur les eaux plus chaudes et plus salées en dessous. Cette stratification empêchait la chaleur d’atteindre la surface. Mais cette barrière a fini par s’affaiblir. En 2015, les eaux profondes et chaudes étaient suffisamment remontées à la surface pour que les tempêtes et les vents violents les brassent. Les eaux autour de l’Antarctique sont depuis lors prises au piège d’un cercle vicieux facile à comprendre : La remontée des eaux profondes amène chaleur et sel à la surface. La chaleur fait fondre la banquise, tandis que l’excès de sel rend les eaux de surface plus denses et facilite leur mélange avec les eaux plus chaudes des profondeurs. Cela permet à encore plus de chaleur de remonter, rendant la formation de nouvelle banquise plus difficile, et ainsi de suite.

Résumé des processus à l’origine de la fonte de la banquise antarctique (Image extraite de l’étude parue dans Science Advances)

Les conséquences de ce phénomène ne sont pas seulement physiques. La banquise antarctique abrite un écosystème unique au monde. Des algues se développent sur et sous la glace, nourrissant le krill, qui à son tour nourrit les manchots, les phoques, les baleines et les oiseaux marins. La réduction de la banquise a déjà provoqué la noyade d’un grand nombre de poussins de manchots empereurs, mettant en péril l’espèce entière (voir ma note du 30 avril 2024). Une diminution durable de la banquise modifierait donc non seulement le climat, mais aussi l’écosystème vivant de l’océan Austral.
La réduction de la banquise antarctique n’est pas un simple problème régional. Cette banquise agit comme un miroir; elle réfléchit la lumière du soleil et contribue à maintenir la planète à une température acceptable. À mesure que cette glace de mer diminue, l’océan absorbe davantage de chaleur. Dans le même temps, les modifications de la circulation océanique australe risquent de réduire la capacité de l’océan à stocker la chaleur et le carbone. Par le passé, l’Antarctique contribuait à atténuer les effets du réchauffement climatique. Les résultats de cette nouvelle étude montrent que son rôle pourrait désormais s’inverser.
On ignore encore si ce changement est permanent. Toutefois, si la banquise reste à un niveau faible, l’océan Austral pourrait accélérer le réchauffement climatique au lieu de le limiter.
Source : Université de Southampton.

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For decades, Antarctica seemed to defy global warming. The seasonal growth and retreat of Antarctic sea ice appeared remarkably resilient. It was often described as the « heartbeat of the planet ». Unlike the Arctic, where sea ice declined rapidly as the planet warmed, Antarctic sea ice showed little overall loss. It even expanded between 2007 and 2015. But that resilience has now broken.

Antarctica was long considered a part of the climate system expected to change slowly. The speed of the recent sea ice decline has therefore come as a shock. Since 2015, Antarctic sea ice has declined sharply. In 2023, winter sea ice extent fell to record lows.

Scientists did expect Antarctic sea ice to shrink as the planet warmed, but not this quickly. The downturn over the past decade was not predicted by the climate models used to understand how the continent responds to warming. This makes the recent decline especially concerning. It suggests things may be unfolding faster, or in different ways, than our models can fully capture.

This matters because sea ice reflects sunlight back into space and helps drive ocean currents that lock away heat and carbon deep underwater. Its decline will have consequences for the climate and for Antarctica’s unique ecosystems that rely on it.

A new study by scientists at the University of Southampton, published in Science Advances, shows that the ocean around Antarctica has undergone a fundamental shift. Heat that had been trapped deep below the surface is now rising upwards, where it can melt sea ice.

The chain of events that triggered this change began decades ago. Around Antarctica, winds strengthened as a result of the ozone hole and greenhouse gas emissions. These stronger winds acted like a pump, gradually drawing warm, salty deep water closer to the surface.

For years, the Southern Ocean around Antarctica was strongly layered, with cold fresh water sitting on top of warmer, saltier water below. That layering stopped the heat from reaching the surface. But eventually the barrier weakened. By 2015, warmer deep water had risen close enough to the surface for storms and strong winds to churn it upwards.

The waters around Antarctica have since become trapped in a self-reinforcing cycle. Rising deep water brings heat and salt to the surface. The heat melts sea ice, while the extra salt makes the surface waters denser and easier to mix with warmer waters below. That allows even more heat to rise upwards, making it harder for new sea ice to form, and so on.

The consequences are not only physical. Antarctic sea ice supports one of the world’s most distinctive ecosystems. Algae grow on and under the ice, feeding krill, which in turn sustain penguins, seals, whales and seabirds. Low sea ice has already been linked to mass drowning of emperor penguin chicks, putting the entire species at risk. A long-term shift to lower sea ice cover would therefore reshape not only the climate itself, but also the living Southern Ocean.

This is not just a regional story. Antarctic sea ice acts like a mirror, reflecting sunlight and helping keep the planet cool. As it shrinks, more heat is absorbed by the ocean. At the same time, changes in the Southern Ocean circulation could reduce the ocean’s ability to store heat and carbon. In the past, Antarctica helped buffer global warming. The results of the new studay suggest it may now be shifting in the opposite direction.

Whether this marks a permanent change remains uncertain. But if low sea ice conditions persist, the Southern Ocean could start to accelerate global warming rather than limit it.The Conversation

Source : University of Southampton.