On vous aura prévenus… // You have been warned…

On vous aura prévenus. A très court terme, une grande partie des glaciers de la planète auront disparu, ce qui engendrera de sérieux problèmes au niveau des populations qui dépendent de l’eau qu’il rejettent, sans oublier les conséquences sociales, économiques et migratoires majeures à l’échelle de la planète. Une étude publiée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN) fin avril 2019 indique que si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel, les glaciers pourraient disparaître complètement d’ici 2100 de près de la moitié des sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

Selon les auteurs de l’étude, 19 000 glaciers, soit 9 % des glaciers de la planète, se trouvent sur des sites du patrimoine mondial. Certains de ces glaciers figurent parmi les plus emblématiques du monde, comme le glacier d’Aletsch dans les Alpes suisses, celui du Khumbu dans l’Himalaya ou le Jakobshavn au Groenland.

L’étude précise que 33 % à 60 % du volume total de glace présent en 2017 dans les sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco aura disparu d’ici 2100. Le pourcentage dépendra de l’évolution des émissions de gaz à effet de serre.

Si les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter comme au cours des dernières décennies, les scientifiques prévoient la disparition des glaciers d’ici à la fin du 21ème siècle dans 21 des 46 sites naturels du patrimoine mondial. L’IUCN précise que même dans un scénario basé sur des émissions faibles respectant les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat, 8 des 46 sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco verront leurs glaciers disparaître d’ici 2100. Pour aller dans le sens de ces alertes lancées par les glaciologues et l’IUCN, les émissions de CO2 dans l’atmosphère atteignent actuellement plus de 414 ppm au sommet du Mauna Loa à Hawaii.

Selon l’étude, plusieurs sites du patrimoine mondial de l’Unesco seront fortement touchés par la hausse des températures ces prochaines années. Le parc national de Los Glaciares (Argentine) où se situent certains des plus grands glaciers de la planète, devrait enregistrer une très importante perte de glace correspondant à environ 60 % du volume actuel. En Amérique du Nord, le Parc International de la Paix Waterton-Glacier (à cheval sur la frontière entre les Etats-Unis et la Canada), le Parc National des Montagnes Rocheuses (Canada) et le Parc National Olympique (Etat de Washington / Etats-Unis) devraient perdre plus de 70 % de leur glace d’ici 2100. En Europe, la disparition de petits glaciers est prévue dans les Pyrénées sur le Mont Perdu, entre la France et l’Espagne, d’ici 2040.

Source : IUCN.

Je rappelle que mon rôle est de lancer des alertes et pas de proposer des solutions. Il revient à nos gouvernants d’avancer des solutions pour lutter contre le réchauffement climatique. Les Conferences Of  Parties (COP) sont également faites pour cela. Malheureusement la présence des chefs d’états se fait de plus en plus rare….

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Hier 14 mai 2019, on m’a demandé d’intervenir dans une classe de Première du lycée de Bellac (Haute Vienne) pour expliquer la situation glaciaire dans l’Arctique, thème d’une semaine éducative dans cet établissement.

Après avoir montré la fonte des glaciers dans les Alpes, j’ai fait un tour d’horizon des terres nordiques, entre l’Alaska et la Sibérie, en passant par l’Islande et la Scandinavie. J’ai ensuite élargi la présentation à l’Antarctique, puis à la fonte du permafrost et ses conséquences pour l’environnement.

J’ai vraiment l’impression que les jeunes sont conscients des menaces climatiques et environnementales qui pèsent sur leur génération. Je suis persuadé que c’est par le biais d’images spectaculaires et sans équivoque, présentées par des gens qui sont allés sur le terrain, que l’on arrivera à convaincre la population de ne pas rester passive et de ne pas se laisser abuser par des dirigeants qui font fi de l’environnement et qui n’ont en tête que des intérêts économiques.

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You have been warned. In the very short term, a large part of the world’s glaciers will have disappeared, which will cause serious problems for the populations who depend on the water they reject, not to mention the major social, economic and migratory consequences at the scale of the planet. A study published by the International Union for the Conservation of Nature (IUCN) in late April 2019 indicates that if greenhouse gas emissions continue at the current rate, glaciers could disappear completely by 2100 from nearly the half of UNESCO World Heritage sites.
According to the authors of the study, 19,000 glaciers, or 9% of the world’s glaciers, are on World Heritage sites. Some of these glaciers are among the most iconic in the world, such as the Aletsch Glacier in the Swiss Alps, the Khumbu Glacier in the Himalayas or the Jakobshavn in Greenland.
The study states that 33% to 60% of the total ice volume in 2017 in UNESCO World Heritage Sites will be gone by 2100. The percentage will depend on the evolution of greenhouse gas emissions.
If greenhouse gas emissions continue to increase as in recent decades, scientists predict the disappearance of glaciers by the end of the 21st century in 21 of the 46 natural World Heritage sites. IUCN says that even in a low emission scenario meeting the objectives of the Paris Climate Agreement, 8 of the 46 UNESCO World Heritage Sites will see their glaciers disappear by 2100. Related to these warnings issued by glaciologists and IUCN, CO2 emissions in the atmosphere are currently more than 414 ppm at the summit of Mauna Loa in Hawaii.
According to the study, several UNESCO World Heritage sites will be strongly affected by rising temperatures in the coming years. The Los Glaciares National Park (Argentina), home to some of the world’s largest glaciers, is expected to record a significant ice loss of about 60% of current levels. In North America, the Waterton-Glacier International Peace Park (straddling the United States-Canada border), Rocky Mountain National Park (Canada) and the Olympic National Park (Washington State / United States) are likely to lose more than 70% of their ice by 2100. In Europe, the disappearance of small glaciers is expected in the Pyrenees on Mount Perdu, between France and Spain, by 2040.
Source: IUCN.

I need to remind you that my role is to launch alerts and not to suggest solutions. It is up to our leaders to put forward solutions to fight against global warming.  It is also the purpose of the Conferences Of Parties (COP). Unfortunately the presence of heads of state is becoming increasingly rare ….

Tous les grands glaciers (Aletsch en Suisse, Athabasca au Canada, Columbia en Alaska) sont menacés de disparition. (Photos: C. Grandpey)

Un avenir climatique inquiétant // A disturbing climate future

Comme viennent de le montrer les derniers rapports sur les concentrations de CO2 dans l’atmosphère, les gouvernements auront bien du mal à respecter les conclusions de la COP 21. Il est fort à parier que les températures vont continuer à grimper dans les prochaines années, avec toutes les conséquences que cela suppose. Les scientifiques nous auront prévenus mais, comme le disait fort justement Nicolas Hulot, tout le monde s’en fiche. Pourtant, l’addition risque d’être salée.

Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Climate Change le lundi 19 novembre 2018, les catastrophes climatiques (inondations, pluies torrentielles ou encore montée des eaux)  ne vont pas seulement augmenter dans le futur, mais qu’elles risquent de frapper simultanément au même endroit.

La Californie brûle, connaît une période d’intense sécheresse et de fortes chaleurs. Ce cumul d’événements climatiques extrêmes qui frappent l’État américain constitue encore un phénomène rare. Selon la dernière étude, au rythme actuel du réchauffement climatique, ces événements destructeurs concomitants sont appelés à se multiplier et à toucher un nombre croissant de personnes.

Une équipe pluridisciplinaire de scientifiques a établi que la moitié de la population mondiale risquait de subir entre trois et six catastrophes climatiques majeures en même temps en 2100, si rien n’est fait pour ralentir les émissions de gaz à effet de serre. L’étude retient dix aléas climatiques – sécheresse, précipitations intenses, incendies, montée du niveau des eaux, entre autres – dont la science peut prévoir avec une relative assurance l’évolution d’ici la fin du siècle. Les chercheurs présentent des exemples très concrets. Dans un monde où la pollution continuerait au rythme actuel, la région de New York risquerait de souffrir, en même temps, des effets de la montée des eaux, de pluies intenses, d’ouragans ainsi que de sécheresse. L’Ile-de-France serait frappée de sécheresse, de manque d’eau potable et de canicule.

Les zones qui risquent de payer le tribut le plus lourd à la multiplication d’événements climatiques extrêmes en série sont les régions côtières et tropicales. Ce sont aussi elles qui connaissent les hausses de populations parmi les plus importantes au monde.

L’originalité de ce travail scientifique réside dans le fait qu’il met en lumière l’exposition de chaque région à des risques climatiques croisés, alors que les études scientifiques se concentraient généralement jusqu’à présent sur un seul phénomène. Les autorités se préparaient à une éventuelle catastrophe en regardant ce qui s’est déjà passé, mais l’étude démontre que le réchauffement climatique doit pousser les responsables à anticiper également de nouveaux scénarios climatiques dans lesquels leur région serait frappée par plusieurs catastrophes simultanées.

Source : Nature Climate Change.

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As the latest reports on CO2 concentrations in the atmosphere have just shown, governments will have a hard time complying with the conclusions of COP 21. It is likely that temperatures will continue to rise in the coming years, with all the consequences that implies. Scientists have warned us but, as Nicolas Hulot quite rightly said, everyone does not care. However, the consequences will be severe.
According to a new study published in the journal Nature Climate Change on Monday, November 19th, 2018, climate disasters (floods, torrential rains or rising water) will not only increase in the future, but they may hit simultaneously in the same place.
California is burning, experiencing a period of intense drought and heat. This accumulation of extreme weather events that hit the State is still a rare phenomenon. According to the latest study, at the current rate of global warming, these concomitant destructive events are expected to multiply and reach an increasing number of people.
A multidisciplinary team of scientists has established that half of the world’s population is likely to experience between three and six major climate disasters at the same time in 2100, if nothing is done to slow down greenhouse gas emissions. The study retains ten climatic hazards – drought, intense rainfall, wildfires, rising water levels, among others – whose evolution science can predict with relative assurance until the end of the century. The researchers present very concrete examples. In a world where pollution continues at the current rate, the New York region could suffer the effects of rising water levels, intense rains, hurricanes and drought at the same time. The Ile-de-France (Paris area) would be hit by drought, lack of drinking water and heatwaves.
The areas that are likely to pay the heaviest toll for the proliferation of extreme climate events in series are coastal and tropical regions. They are also the ones experiencing some of the largest population increases in the world.
The originality of this scientific work lies in the fact that it highlights the exposure of each region to cross-climatic risks, whereas scientific studies have so far focused on a single phenomenon. The authorities were preparing for one possible disaster by looking at what had already happened, but the study shows that global warming must push authorities to also anticipate new climate scenarios in which their region would be hit by several simultaneous disasters.
Source: Nature Climate Change.

Graphique montrant l’évolution des émissions de CO2 depuis l’an 2000. Il faut faire la distinction entre les émissions qui représentent ce qui entre dans l’atmosphère en raison des activités humaines, et la concentration qui indique ce qui reste dans l’atmosphère au terme des interactions entre l’air, la biosphère et les océans. (Source : Faith Birol/AIE.- global-climat)

Les sargasses envahissent les Antilles // Sargassas invade the West Indies

Quand on lit les textes liés à la « découverte » de l’Amérique par Christophe Colomb, il est souvent fait référence à la Mer des Sargasses, une zone de l’Océan Atlantique nord. Elle s’étend à peu près de 70 à 40 degrés ouest, et de 25 à 35 degrés nord. Elle a une largeur de 1 100 km, et une longueur d’environ 3 200 km environ. Elle tient son nom des algues qui ont la particularité d’y flotter et de s’accumuler à la surface de la mer.

Conséquence probable du réchauffement climatique, une invasion de sargasses est en train d’empoisonner les Antilles, en particulier la Martinique et surtout la Guadeloupe, et cela fait 7 ans que ça dure.

J’étais à la Martinique au mois d’avril et la situation frisait la catastrophe. Les plages de l’Atlantique – Robert, François, Vauclin, Marin, Sainte-Anne – sont actuellement totalement polluées par les sargasses qui affluent en quantités de plus en plus importantes. La situation a pris une ampleur jamais observée auparavant, contrairement à ceux qui disent « on a toujours connu ça. » On a certes connu ça, mais jamais dans de telles proportions.

Les conséquences sont multiples et affectent plusieurs domaines. Les nuisances sont un problème pour les populations résidant sur les littoraux. L’hydrogène sulfuré (H2S) dégagé par les algues en décomposition attaque les peintures des maisons, ainsi que le matériel électronique et électrique. Plus grave, il y a des conséquences sanitaires. L’employée d’un restaurant où je déjeunais à la Pointe Faula au Vauclin était en congé de maladie car elle souffrait de vertiges. D’autres affections incluent des troubles respiratoires, des irritations oculaires, ainsi que des céphalées pouvant entraîner des pertes de connaissance.
En dehors de ces risques sanitaires qui touchent les populations locales, les conséquences sur le tourisme ne sont pas à négliger,de même que pour toutes les activités liées au tourisme (restauration en bord de mer, sports en mer, etc..). Par ailleurs, les conséquences sur la flore et la faune marine sont à prendre en compte. Si la masse d’algues est trop importante, elle étouffe toute vie marine car elle empêche le soleil d’entrer, et provoque des déserts marins. Elle pourrait donc affecter durablement la pêche en Martinique qui souffre déjà du problème de la pollution au chlordécone, un insecticide, utilisé pendant plus de vingt ans dans les bananeraies de Martinique et de Guadeloupe et qui a empoisonné pour des siècles les écosystèmes antillais.

Une cause très probable de cet afflux de sargasses est l’augmentation de la température de l’Océan Atlantique. On évoque également une modification du Gulf Stream qui provoquerait une dispersion de la Mer des Sargasses plus au sud. Un autre facteur a été avancé par les biologistes marins: la masse de plastique dans la zone de la Mer des Sargasses. Normalement, les sargasses se développent et se reproduisent en face du Mexique, Avec les courants marins, elles se déplacent ensuite vers la Mer des Sargasses. Avec l’augmentation des déchets plastiques dans cette zone, on peut se demander si les algues qui ont besoin d’un support pour se reproduire ne trouvent pas sur place, en pleine mer, grâce au plastique, le moyen de proliférer. D’autres chercheurs pensent que les algues proviennent de Guyane et non de la Mer des Sargasses et seraient liées à l’augmentation de la pollution qui créerait des conditions favorables à leur prolifération ;

S’agissant des remèdes à ce problème environnemental, on pourrait développer une filière des Sargasses qui existe déjà à la Barbade et consiste à transformer les algues en engrais végétal de très bonne qualité. En attendant, un filet anti-sargasses est actuellement testé dans la baie du Robert. Il a été déployé sur 700 mètres mais doit, à terme, être étendu sur 1200 mètres. Ce dispositif, s’il fonctionne, doit permettre de protéger les habitants de Pontaléry au Robert. Le filet est composé d’un grillage en plastique, disposé sur des poteaux en pleine mer. Il est lesté par un câble de plomb et maintenu par des flotteurs. Ce n’est qu’une mesure ponctuelle et qui semble dérisoire face à l’ampleur du problème. L’odeur pestilentielle demeure, les habitants sont mécontents et les touristes fuient…

Nicolas Hulot s’est rendu aux Antilles les 10 et 11 juin derniers. Il a admis que cette «invasion est une calamité supplémentaire dont les Antilles se seraient bien passé » . Il a ajouté qu’en métropole, « on n’avait probablement pas pris toute la mesure. »  Le ministre a indiqué que, face à ce phénomène, « il fallait gérer les urgences sanitaires, économiques, mais aussi préparer l’avenir… » La situation est d’autant plus urgente que la façade caraïbe de la Martinique commence à voir des bancs de sargasses s’échouer sur ses côtes… (voir la carte ci-dessous).

Source : Presse antillaise.

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When one reads the texts related to the « discovery » of America by Christopher Columbus, they often refer to the Sargasso Sea, an area of ​​the North Atlantic Ocean. It is about 70 to 40 degrees west and 25 to 35 degrees north. It has a width of 1,100 km, and a length of about 3,200 km. It takes its name from the algae that float there and accumulate on the surface of the sea.
As a result of global warming, an invasion of Sargassum is poisoning the West Indies, especially martinique and above all Guadeloupe. The probem has lasted for more than seven years.
I was in Martinique in April and the situation was disastrous. The beaches of the Atlantic – Robert, Francois, Vauclin, Marin, Sainte-Anne – are currently completely polluted by Sargassum invading them in larger and larger quantities. The situation has reached a scale never seen before, contrary to those who say « we have always known that. » We have certainly known that, but never in such proportions.
The consequences are multiple and affect several areas. Nuisance is a problem for people living on the coasts. Hydrogen sulfide (H2S) released by decaying algae attacks homes’ paints, as well as electronic and electrical equipment. More serious, there are health consequences. The employee of a restaurant where I had lunch at Pointe Faula in Vauclin was on sick leave because she suffered from vertigo. Other conditions include breathing problems, eye irritations, and headaches that can lead to unconsciousness.
Apart from these health risks that affect the local population, the consequences for tourism are not to be neglected, as for all activities related to tourism (restaurants by the sea, sports at sea, etc. ..). In addition, the consequences on marine flora and fauna must be taken into account. If the mass of algae is too large, it stifles all marine life because it prevents the sun from entering, and causes marine deserts. It could therefore have a lasting effect on fishing in Martinique, which is already greatly affected by the problem of pollution with chlordecone, an insecticide used for over twenty years in banana plantations in Martinique and Guadeloupe, which has poisoned Antillean ecosystems for centuries.
A very probable cause of this influx of Sargassum is the increase of temperature of the Atlantic Ocean. There is also talk of a modification of the Gulf Stream which would cause a dispersion of the Sargasso Sea further south. Another factor has been advanced by marine biologists: the plastic mass in the Sargasso Sea area. Normally, Sargassum grow and reproduce in front of Mexico; with the sea currents, they then move to the Sargasso Sea. With the increase in plastic waste in this area, one may wonder if algae that need support to reproduce can not find, on the open sea, thanks to plastic, the means to proliferate. Other researchers believe that the algae come from Guyana and not from the Sargasso Sea and are linked to the increase in pollution that would create favorable conditions for their proliferation;
As far as the remedies for this environmental problem are concerned, one could develop a Sargasso sector that already exists in Barbados and consists in transforming seaweed into vegetable fertilizer of very good quality. In the meantime, an anti-Sargassum net is being tested in Robert’s Bay. It has been deployed over 700 metres but might eventually be extended over 1200 metres. The net, if it poves efficient, will protect the inhabitants from Pontaléry to Robert. The net consists of a plastic mesh, placed on posts in open sea. It is weighted by a lead cable and maintained by floats. This is only a one-off measure and seems derisory in the face of the scale of the problem. The stench remains, the inhabitants are unhappy and the tourists are fleeing …
Nicolas Hulot visited the West Indies on June 10th and 11th. He admitted that this « invasion was an additional calamity that the West Indies would have done well ». He added that in the metropolis, « we probably had not taken the full measure. The minister said that, faced with this phenomenon, « it was necessary to manage the health and economic emergencies, but also to prepare the future … » The situation is all the more worrying as the Carribean part of the island is now affected by the sargassum as well… (see map below).
Source: Caribbean Press.

Le site web France-Antilles a publié une carte montrant les côtes impactées à différents niveaux par les bancs de sargasses:

Les sargasses envahissent le littoral. C’est leur décomposition à terre qui pose problème:

 (Photos: C. Grandpey)

Impact de la fonte des glaciers sur les systèmes situés en aval // Impact of glaciers melting on downstream systems

Les glaciers couvrent près de 10 % de la surface terrestre de la Terre, mais reculent rapidement dans la plupart des régions du monde. Comme je l’ai répété à plusieurs reprises, c’est dans les régions du Golfe de l’Alaska, de l’Arctique canadien, du Groenland et de l’Antarctique que ce recul glaciaire est le plus évident. En conséquence, l’attention des scientifiques s’est focalisée jusque-là sur la hausse du niveau des mers qui résulte de la fonte de ces glaciers. Un nouveau document publié par des chercheurs des universités de Birmingham (Angleterre) et de Fairbanks (Alaska / Etats-Unis) décrit d’autres effets en aval qui auront des implications sociétales importantes dans les prochaines années. Les auteurs demandent que l’on mette davantage l’accent sur la planification des mesures d’adaptation et d’atténuation dans toutes les régions touchées. Les régions les plus concernées par ces remarques sont les Alpes en Europe, et les Andes sud-américaines. Comme le soulignent les chercheurs, l’espace alpin s’est particulièrement réchauffé durant les trente dernières années et en particulier pendant les mois d’été. Combiné à une diminution des chutes de neige, les surfaces de glace ont reculé de plus de moitié (54 %) depuis 1850. Selon les calculs actuels, les glaciers pourraient atteindre à la fin du 21ème siècle entre 4 et 13 % de la surface qu’ils avaient en 2003. Les effets de ce rétrécissement à l’échelle mondiale pourraient avoir de grosses conséquences.

Les chercheurs indiquent que des changements dans l’hydrologie et la morphologie des rivières sont à prévoir. Le débit des rivières deviendra plus imprévisible puisqu’il dépendra moins des eaux de fonte et davantage des précipitations. Le rétrécissement des glaciers permettra également le transport des polluants, y compris les produits d’émission issus de l’activité industrielle, tels que le carbone noir et les composés associés comme le mercure, les pesticides et d’autres polluants organiques persistants contaminant les océans et nappes phréatiques. Le recul des glaciers aura aussi un impact direct sur les populations dépendantes des rivières alimentées par les glaciers. Cela couvre l’approvisionnement en eau, l’agriculture, la pêche, mais aussi des aspects culturels ou même religieux.

Comme le fait remarquer l’un des auteurs de l’étude, « nous pensons que l’impact du retrait glaciaire sur nos écosystèmes en aval n’a pas été entièrement intégré à ce jour. Cela va de la diversité des espèces au tourisme, des centrales hydrauliques à la fourniture d’eau potable… les risques sont très vastes. La première étape consiste à repenser la façon dont nous considérons le rétrécissement glaciaire et mettre en place un programme de recherche qui reconnaît le risque pour les régions susceptibles d’être les plus touchées ».

Les chercheurs insistent sur le fait que des stratégies de gestion appropriées devront être développées et adoptées pour atténuer les impacts sociétaux des changements profonds dans le ruissellement glaciaire. Ils proposent quelques recommandations essentielles qui devraient soutenir un programme de recherche mondial impliquant une recherche interdisciplinaire. Cela implique notamment une cartographie détaillée du changement de masse des glaciers à partir de nouvelles technologies d’imagerie et de traitement, ou encore un effort de recensement des principales variables biogéochimiques, des charges de contaminants et de la biodiversité dans les rivières alimentées par les glaciers via des réseaux de surveillance largement répandus avec des méthodes d’échantillonnage standardisées.

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Glaciers cover nearly 10% of Earth’s land surface, but are rapidly retreating in most parts of the world. As I have written it many times, it is in the Gulf of Alaska, the Canadian Arctic, Greenland and Antarctic regions that this glacial retreat is most evident. As a result, the attention of scientists has hitherto focused on the rise in sea levels that results from the melting of these glaciers. A new paper published by researchers from the Universities of Birmingham (England) and Fairbanks (Alaska / USA) describes other downstream effects that will have significant societal implications in the coming years. The authors call for greater emphasis on adaptation and mitigation planning in all affected regions. The regions most affected by these remarks are the Alps in Europe and the South American Andes. As the researchers point out, the Alps have warmed up particularly during the last thirty years and especially during the summer months. Combined with a decrease in snowfall, ice surfaces have decreased by more than half (54%) since 1850. According to current calculations, glaciers could reach at the end of the 21st century between 4 and 13% of the surface area. they had in 2003. The effects of glacial retreat on a global scale could have major consequences.
Researchers say changes in river hydrology and morphology are expected. River flow will become more unpredictable as it will depend less on meltwater and more on rainand snowfall. The shrinking of glaciers will also allow the transport of pollutants, including emission products from industrial activity, such as black carbon and associated compounds such as mercury, pesticides and other persistent organic pollutants contaminating the oceans and groundwater. The retreat of glaciers will also have a direct impact on populations dependent on glacier-fed rivers. This includes water supply, agriculture, fishing, but also cultural or even religious aspects.
As one of the authors of the study notes, « We believe that the impact of glacier retreat on our downstream ecosystems has not been fully integrated to date. It ranges from species diversity to tourism, from hydroelectric plants to the supply of drinking water … The risks are very vast. The first step is to rethink the way we look at glacial shrinkage and implement a research program that recognizes the risk to the areas that may be most affected.  »
The researchers emphasize that appropriate management strategies will need to be developed and adopted to mitigate the societal impacts of deep changes in glacial runoff. They propose some key recommendations that should support a global research agenda involving interdisciplinary research. This includes a detailed mapping of glacier mass change from new imaging and treatment technologies, or an effort to identify key biogeochemical variables, contaminant loads, and biodiversity in glacier-fed rivers. via widely used surveillance networks with standardized sampling methods.

Photos: C. Grandpey

 

Confirmation de la fonte des glaciers alpins // Confirmation of the melting of Alpine glaciers

Dans une rubrique consacrée au réchauffement climatique et à la fonte des glaciers, la chaîne de radio France Info (http://www.francetvinfo.fr/) dresse un bilan très inquiétant de la situation dans les Alpes.

Comme je l’indiquais dans une note le 23 octobre dernier, le domaine skiable des Deux-Alpes (Isère)  n’est pas ouvert pour les vacances de la Toussaint, à cause de l’absence de neige en haut des pistes sur le glacier. Ce dernier pourrait enregistrer une fonte record cette année car 2017 s’inscrit dans une lignée catastrophique qui affecte l’ensemble du massif alpin.

France Info nous rappelle qu’entre 2003 et 2015, les glaciers alpins ont perdu 25% de leur superficie, selon les données diffusées par le laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l’Environnement (LGGE) de Grenoble. Les scientifiques ont étudié six sites, en France, en Autriche et en Suisse. En exploitant des données plus précises que celles jusqu’ici utilisées, ils ont découvert que les glaciers alpins perdaient en moyenne 1,80 mètre de glace par an. Les scientifiques pensaient jusqu’ici que cette fonte était de seulement 1,15 mètre chaque année.

L’accélération de la fonte est observée sur tous les glaciers du massif Alpin situés sous une altitude de 3 500 mètres. Certaines années, comme 2003, 2015 ou 2017, sont particulièrement inquiétantes. Selon un glaciologue, « à ce rythme, il ne fait aucun doute que tous les glaciers situés sous cette altitude auront disparu d’ici 2100. » Même avec un scénario de réchauffement climatique modéré, il est prévu que celui de Saint-Sorlin (Savoie) aura disparu d’ici 2080, alors qu’il est situé à 3 460 mètres d’altitude.

La situation est moins préoccupante pour les glaciers situés à très haute altitude qui bénéficient de conditions plus favorables. Au-dessus de 3 500 mètres, ils vont diminuer mais résister plus longtemps au réchauffement climatique. Par exemple, l’épaisseur du glacier du Dôme du Goûter, l’un des contreforts du mont Blanc, n’a ainsi varié que de quelques mètres seulement depuis le début du 20ème siècle. Par comparaison, le bas de la mer de Glace a enregistré une perte de 120 mètres sur la même période. Malheureusement, il n’y a que peu de glaciers au-dessus de 3 500 mètres dans le massif alpin.

Cette fonte inéluctable des glaciers ne concerne pas uniquement les skieurs et les alpinistes, qui verront la superficie de leurs terrains de jeu diminuer dans les prochaines décennies. Il ne faudrait pas oublier que les glaciers alimentent les cours d’eau, avec des débits plus importants pendant l’été. L’accélération de la fonte va avancer ces pics dans l’année mais aussi réduire le débit de certains cours d’eau. Cela peut notamment affecter la production d’électricité des barrages. Les glaciologues font toutefois remarquer que le massif alpin ne devrait pas connaître la même situation que celle observée, mi-avril, dans le Yukon canadien où la fonte, en seulement quatre jours, du glacier Kaskawulsh a modifié le ruissellement des eaux et donc l’écoulement de deux rivières. (voir ma note du 19 avril 2017)

Un autre problème concerne le risque d’effondrement des glaciers suspendus, situés à très haute altitude. Leur température interne est négative, entre -11°C et -17°C, contre 0°C pour les glaciers situés plus bas. Ces glaciers se situent sur des pentes très raides mais adhèrent à la roche grâce à leurs températures négatives. S’ils venaient à se réchauffer, de l’eau coulerait à leur base et pourrait les faire glisser subitement, provoquant des avalanches de glace. Cette fonte du permafrost de roche représenterait évidemment un grave danger pour les alpinistes. Certaines habitations, situées sur les communes de Chamonix et des Houches, sont menacées elles aussi par les glaciers qui les surplombent.  La fonte du permafrost de roche est également susceptible de provoquer des coulées de boue ainsi que d’importants glissements de terrain. Le 23 août dernier, quelque quatre millions de mètres cubes de roches et de terre se sont ainsi détachés du Piz Cengalo, tuant huit randonneurs et dévastant le village suisse de Bondo.

Pour essayer de contrer les effets du réchauffement climatique sur les glaciers, des mesures sont testées, comme l’installation de bâches blanches installées au-dessus des entrées des grottes de glace sur la Mer de Glace en France et le glacier du Rhône en Suisse. Cela permet de réfléchir les rayons du soleil et de réduire la fonte d’environ 30% environ. Le problème, c’est qu’on ne peut pas laisser ces bâches toute l’année et qu’elles ne peuvent être installées que sur de petites surfaces.

Une autre mesure peut être facilement observée dans les Alpes. Il y a de plus en plus de canons à neige sur les montagnes, et de plus en plus haut. Ainsi, en septembre, la station des Deux-Alpes a installé six canons à neige sur le glacier, pour le recouvrir d’un manteau protecteur. Le principal avantage de la neige de culture est qu’elle est beaucoup plus dense que la neige naturelle. Elle fond donc moins rapidement. Cette neige de culture est également plus blanche et renvoie donc plus facilement les rayonnements et la chaleur.

Aussi efficaces soient elles, toutes ces mesures ne peuvent être valables que sur le court terme. Il n’y a pas de solution à long terme et la disparition des glaciers de moins de 3 500 mètres d’altitude semble irrémédiable. Tous les scientifiques sont d’accord pour dire qu’il faudrait vraiment ralentir le réchauffement planétaire, initier un changement drastique du climat, pour que nos glaciers retrouvent une bonne santé.

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In a report devoted to global warming and the melting of glaciers, the French radio channel France Info (http://www.francetvinfo.fr/) draws a very disturbing assessment of the situation in the Alps.
As I indicated in a note on October 23rd, the ski area of ​​Les Deux-Alpes (Isère) is not open during the All Saints  holidays, because of the absence of snow on the glacier . The glacier could record a record melting this year because 2017 is part of a catastrophic lineage that affects the entire alpine massif.
France Info reminds us that between 2003 and 2015, alpine glaciers lost 25% of their area, according to data released by the Laboratory of Glaciology and Geophysics of the Environment (LGGE) of Grenoble. Scientists studied six sites in France, Austria and Switzerland. Using more accurate data than hitherto used, they found that alpine glaciers lost an average of 1.80 metres of ice per year. Scientists thought so far that this melting was only 1.15 metres each year.
The acceleration of the melting is observed on all the glaciers of the Alpine massif located below an altitude of 3,500 metres. Some years, such as 2003, 2015 or 2017, are particularly worrying. According to a glaciologist, « at this rate, there is no doubt that all glaciers below this altitude will have disappeared by 2100. » Even with a scenario of moderate global warming, it is expected that the Saint-Sorlin glacier (Savoie ) will have disappeared by 2080; it is 3,460 meters above sea level.
The situation is less worrying for very high altitude glaciers that benefit from more favorable conditions. Above 3,500 meters, they will retreat but resist longer to global warming. For example, the thickness of the Dôme du Goûter glacier, at the foothills of Mont Blanc, has lost only a few metres since the beginning of the 20th century. By comparison, the bottom of the Mer de Glace has recorded a loss of 120 meters over the same period. Unfortunately, there are only few glaciers above 3,500 metres in the alpine massif.
This inevitable melting of glaciers does not only concern skiers and mountaineers, who will see the surface of their playgrounds decline in the coming decades. It should not be forgotten that glaciers feed streams, with higher flows during the summer. The acceleration of the melt will make these peaks earlier in the year but also reduce the flow of some streams. This can affect the electricity production of dams. Glaciologists note, however, that the Alpine Massif should not be in the same situation as the Canadian Yukon in mid-April 2017 when the melting of the Kaskawulsh Glacier in just four days changed the runoff of two rivers. (see my note of April 19th, 2017)
Another problem is the risk of collapse of the hanging glaciers, located at very high altitude. Their internal temperature is negative, between -11 ° C and -17 ° C, against 0 ° C for glaciers located lower. These glaciers are on very steep slopes but adhere to the rock due to their negative temperatures. If they warm up, water will flow to their base and could cause them to skid suddenly, causing avalanches of ice. This melting of rock permafrost would obviously be a serious danger for mountaineers. Some houses, located in the communes of Chamonix and Les Houches, are also threatened by the glaciers that overlook them. The melting of rock permafrost is likely to cause mudslides as well as large landslides. On 23 August, some four million cubic meters of rock and earth broke off from Piz Cengalo, killing eight hikers and devastating the Swiss village of Bondo.
To try to counter the effects of global warming on glaciers, measurements are being tested, such as the white tarpaulins installed above the entrances of the ice grottoes on the Mer de Glace in France and the Rhone Glacier in Switzerland. This helps reflect the sun’s rays and reduce melting by about 30%. The problem is that we can not leave these tarpaulins all year round and they can only be installed on small surfaces.
Another measure can be easily observed in the Alps. There are more and more snow cannons on the mountains, and higher and higher. Thus, in September, the Deux-Alpes resort installed six snow cannons on the glacier, to cover it with a protective coat. The main advantage of artificial snow is that it is much denser than natural snow. It melts so less quickly. This artificial snow is also whiter and therefore more easily reflects radiation and heat.
As effective as they are, all these measures can only be valid in the short term. There is no long-term solution and the disappearance of glaciers less than 3,500 metres above sea level seems irremediable. All scientists agree that we should really slow down global warming, initiate a drastic change in the climate, with the hope that our glaciers regain some good health.

Le glacier d’Argentière fond et son accès présente des risques pour les alpinistes…

La Mer de Glace a perdu sa splendeur d’antan…

Une bâche blanche recouvre l’entrée de la grotte…

Le glacier du Rhône fond lui aussi…

Là aussi, une impressionnante bâche blanche recouvre l’entrée de la grotte.

(Photos: C. Grandpey)

 

Futur bouleversement des écosystèmes en Antarctique // Future upheaval of Antarctica’s ecosystems

Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature révèle qu’avec le changement climatique qui entraîne une fonte et une réduction de la glace en Antarctique, de nouveaux habitats vont probablement commencer à s’ouvrir à la vie sauvage à travers ce continent. Si cela peut sembler une aubaine pour les plantes, les microbes, les oiseaux et d’autres organismes, les auteurs de l’étude font remarquer que ce n’est pas nécessairement une bonne chose pour l’écosystème fragile de l’Antarctique.
Au fur et à mesure qu’un plus vaste espace dépourvu de glace s’ouvre à travers l’Antarctique, des espèces qui étaient autrefois isolées peuvent commencer à se propager et à entrer en contact les unes avec les autres. Comme ils seront de plus en plus en compétition pour accéder à la nourriture, certains organismes deviendront majoritaires tandis que d’autres seront amenés à disparaître.
Même si l’Antarctique est un continent en grande partie recouvert de glace, des zones exemptes de glace, comme les sommets des montagnes, les falaises, les vallées et les îles, existent déjà et leur taille peut varier de 2 kilomètres carrés à des centaines de kilomètres carrés. Ces zones peuvent être séparées de quelques mètres, de dizaines ou de centaines de kilomètres. Elles peuvent héberger diverses espèces de végétation, de microbes, de vers ou d’insectes et d’autres petits organismes, et peuvent également servir de lieux de reproduction à des animaux comme les phoques et les oiseaux de mer. Ces espèces se sont parfaitement adaptées aux conditions extrêmes dans lesquelles elles vivent. Certaines d’entre elles peuvent rester en sommeil pendant une grande partie de l’année. D’autres ont pu développer des facultés d’adaptation spécifiques qui leur permettent de survivre dans des conditions extrêmes avec des vents forts, peu d’eau ou des températures très basses. En outre, certaines espèces ne se trouvent que dans des secteurs très spécifiques. D’autres peuvent être plus répandues à travers le continent, mais peuvent avoir développé différentes facultés adaptation dans différents domaines.
Selon la nouvelle étude, il y a actuellement très peu de recherches sur la façon dont le changement climatique et la fonte de la glace en Antarctique peuvent affecter les formes de vie qui s’y trouvent. L’étude explique que ces facteurs sont susceptibles de provoquer des changements profonds dans la biodiversité de ce continent. L’équipe de chercheurs a mis au point un modèle avec deux trajectoires climatiques hypothétiques pour faire des projections sur les conséquences de la fonte de glace en Antarctique: un premier scénario prend en compte des émissions constantes de gaz à effet de serre et des changements climatiques profonds, tandis qu’un deuxième scénario est un peu plus optimiste.
Les chercheurs ont constaté que la Péninsule Antarctique, l’une des zones où le réchauffement climatique est le plus sensible, subira probablement les changements les plus significatifs au cours du reste de ce siècle. En fonction des deux scénarios climatiques analysés, le modèle montre que le continent antarctique aura probablement une zone dépourvue de glace qui s’étendra sur une surface de 2 000 kilomètres carrés à plus de 17 000 kilomètres carrés d’ici l’an 2100 ; plus de 85% de cette zone se trouveront dans le nord de la Péninsule Antarctique. Il y aura certes plus de zones dépourvues de glace, mais des zones dépourvues de glace qui étaient jusqu’alors isolées vont commencer à fusionner, ce qui signifie que des populations d’organismes précédemment isolées entreront probablement en contact les unes avec les autres.
Ces changements auront des conséquences positives et négatives pour les espèces antarctiques indigènes. D’une part, une zone plus grande dépourvue de glace signifie un habitat plus vaste pour les plantes et les animaux. En revanche, l’expansion de cet habitat peut également conduire à la propagation d’espèces envahissantes, souvent moins spécialisées que les organismes indigènes et mieux équipées pour s’octroyer les ressources en nourriture, d’autant plus que les conditions climatiques deviendront plus douces et plus favorables.
Les humains ont déjà introduit sans le vouloir plusieurs espèces exogènes en Antarctique en débarquant des navires ou des avions, que ce soit lors de missions industrielles ou de recherche. Des espèces d’insectes envahissantes, comme les moucherons et les coléoptères, se sont déjà installées sur certaines îles de l’Océan Austral. Les études nous apprennent qu’une herbe invasive, le pâturin annuel – Poa annua–  est susceptible d’entrer en compétition avec les espèces indigènes de la région. Les chercheurs ajoutent que même les espèces indigènes pourraient commencer à rivaliser les unes avec les autres lorsqu’elles entreront en contact pour la première fois.
L’étude conclut en affirmant qu’il ne faut pas penser que l’Antarctique est un monde clos et immobile qui ressemblera toujours à ce qu’il est actuellement.
Source: The Washington Post.

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A new study published in the journal Nature reveals that as climate change continues to cause massive melting and ice loss in Antarctica, new habitats may begin to open up for wildlife across the continent. But while that may sound like a boon for plants, microbes, birds and other organisms, the researchers caution that this is not necessarily a good thing for the fragile Antarctic ecosystem.

As more ice-free space opens up across the continent, previously isolated species may begin to spread out and come in contact with each other. And as they are increasingly forced to compete for resources, some organisms may emerge dominant, and others may start to disappear.

While Antarctica is a largely frozen continent, isolated ice-free areas such as mountaintops, cliffs, valleys and islands are already scattered across the region, and may range in size from 2 square kilometres to hundreds of square kilometres. They may be separated by a few metres or tens or hundreds of kilometres. These areas can be home to various species of vegetation, microbes, worms or insects and other small organisms, and may also serve as breeding grounds for animals like seals and seabirds. These species tend to be highly specialized for the extreme conditions in which they live. Some of them may be dormant throughout much of the year. Others may have developed specific adaptations that allow them to survive in conditions with high winds, little water or extreme low temperatures. Additionally, some species are found only in very specific areas. Others may be more widespread across the continent, but may have developed different adaptations in different areas.

According to the new study, there has been very little research so far on how climate change and ice melt in Antarctica may affect the life-forms it hosts. The study suggests that, in fact, these influences have the potential to cause profound changes in Antarctic biodiversity. The team of researchers used a model to make projections of future Antarctic ice melt under two hypothetical climate trajectories: a scenario which assumes unabated greenhouse gas emissions and high levels of future climate change, and a slightly more moderate scenario.

The researchers found that the Antarctic Peninsula, one of the most rapidly warming areas on the continent, will likely suffer the most extreme changes through the rest of this century. Between the two climate scenarios considered, the model suggests that Antarctic continent may see anywhere from 2,000 square kilometres to more than 17,000 square kilometres in new ice-free area opening up by the year 2100, with more than 85 percent of this area emerging on the North Antarctic Peninsula. There will not only be more ice-free areas, but previously isolated ice-free zones may begin to merge with one another, meaning that populations of organisms that were previously isolated could begin to come into contact.

These changes could come with good and bad consequences for native Antarctic species. On the one hand, more ice-free area means more habitat space for plants and animals. On the other hand, the expanding habitat area could also lead to the spread of invasive species, which are often less specialized than native Antarctic organisms and better equipped to compete for resources, especially as conditions grow milder and more favourable in Antarctica.

Humans have already inadvertently carried multiple non native species down to Antarctica from other parts of the world on ships or planes, either through industrial or research voyages. Invasive insects, such as midges and beetles, have already established themselves on certain islands in the Southern Ocean. Studies suggest that an invasive meadow grass, called Poa annua, is already showing signs that it could begin to out-compete native species in the region. The researchers add that even native species could begin to compete with each other as they come into contact for the first time.

The study concludes by saying that we should not think of Antarctica as being hermetically sealed and it must always look like it does now.

Source : The Washington Post.

La Péninsule Antarctique subit de plein fouet les effets du réchauffement climatique (Source: Wikipedia)

Impact de l’éruption du Samalas (1257) revu à la baisse // Impact of the 1257 Samalas eruption downgraded

drapeau-francaisDans plusieurs notes publiées le 12 juin et le 12 août 2012, et le 2 octobre 2013, j’ai expliqué que le mystère de la plus grande éruption volcanique des 3 700 dernières années avait peut-être été résolu. L’origine de cet événement qui avait envoyé de la cendre partout dans le monde est longtemps restée inconnue, jusqu’en 2003 quand une équipe de chercheurs conduite par le Français Franck Lavigne (que je salue ici) l’a localisée sur le volcan Samalas, sur l’île de Lombok en Indonésie. Les chercheurs ont situé l’éruption entre mai et octobre 1257. Les résultats ont été publiés dans The Proceedings of the NationalAcademy of Sciences  Une théorie très répandue en climatologie sur l’impact de l’éruption du Samalas prétend que cet événement a pu causer une vague de froid anormale (l’année suivante est souvent décrite comme étant comme « l’année sans été « ), avec des récoltes détruites, la famine et des soulèvements de populations en Europe après 1257.
En janvier 2017, un article intitulé «Conséquences climatiques de l’éruption volcanique du Samalas en 1257» a été publié dans la revue scientifique britannique Nature Geoscience. L’équipe de rédaction comprenait des scientifiques de Suisse, de Russie, de France, de Grande-Bretagne, des États-Unis, de Chine et du Canada.
L’article rappelle que dans le monde scientifique, l’hypothèse la plus répandue est que l’éruption du Samalas en 1257 a été la cause du Petit Age Glaciaire et d’une crise sociale de plus d’un siècle en Europe. En s’appuyant  sur l’analyse de sources fiables, la dernière publication réfute cette hypothèse. L’équipe internationale de scientifiques base ses affirmations sur les archives de plusieurs villes européennes (Speyer, Worms, entre autres) et de Sibérie ; elle prend aussi en compte des documents concernant les récoltes, ainsi que des données climatiques révélées par les cernes sur les troncs d’arbres. L’analyse de ces données a révélé que l’impact de l’éruption du Samalas sur le climat européen et le fort refroidissement qui a suivi l’année 1257 ont été grandement exagérés du fait de l’hétérogénéité du changement climatique en fonction des sites de répartition des retombées de cendre. Selon un chercheur russe, l’Europe occidentale, la Sibérie et le Japon ont connu le plus fort refroidissement, alors que dans le même temps on observait des conditions plus chaudes que la normale en Alaska et dans le Nord du Canada. Les chercheurs pensent qu’en Amérique du Nord, les effets de l’éruption ont été tempérés par l’influence du phénomène El Niño. Les données historiques confirment une grave famine en Angleterre et au Japon, mais elle avait déjà commencé avant l’éruption. L’équipe scientifique est persuadée que l’éruption du Samalas n’a fait qu’aggraver une crise existante, sans en être la cause.
Source: Université Fédérale de Sibérie.

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drapeau-anglaisIn several posts released on June 12th and August 12th 2012, and October 2nd 2013, I explained that the mystery of the largest volcanic eruption in the last 3,700 years had perhaps been solved. The source of this eruption that scattered ash all around the globe was pinpointed as Samalas volcano on Indonesia’s Lombok Island. A research team, led by French researcher Franck Lavigne dated the event to between May and October 1257. The findings were published the Proceedings of the NationalAcademy of Sciences.

One of the existing scientific theories in climatology over the impact of the eruption of Samalas volcano on global climatic conditions in the 13th century says that this event may be the cause of the abnormal cold weather (chronicles describe the following year as the « year without a summer »), widespread crop failure, famine, and social upheavals in Europe after 1257.

In January 2017 a paper under the title « Climate response to the Samalas volcanic eruption in 1257 » was published in the British scientific journal Nature Geoscience. The international writing team includes scientists from Switzerland, Russia, France, Britain, the United States, China and Canada.

In the scientific world, the leading hypothesis is that the eruption of the volcano Samalas in 1257 was the cause of the Little Ice Age, and more than a hundred years of social crisis in Europe. Based on the analysis of reliable sources the paper refutes this hypothesis. The international team of scientists base their studies on the chronicles of European cities (Speyer, Worms and others) and Siberia, chronicles of harvests and climate data of the annual rings of trees. During the interdisciplinary analysis of data sources, it was found that the impact of the eruption of Samalas volcano on the European climate and the severe cooling after 1257 was greatly exaggerated as the heterogeneity of climate change occurs in the places of distribution of volcanic sediments. According to a Russian researcher, Western Europe, Siberia and Japan experienced the strongest cooling, which coincided with warmer than normal conditions in Alaska and Northern Canada. It is assumed that in North America volcanic radiation was modeled on the positive vibrations of the warm phase of the El Niño. Historical data confirm a severe famine in England and Japan, but it had started before the eruption. The scientific team believes that the eruption of Samalas only aggravated an existing crisis but it was not the cause.

Source: Siberian Federal University.

samalas

Caldeira de Segara Anak (Fils de la Mer) créée par l’éruption de 1257.

(Source : Wikipedia)