Volcans du monde // Volcanoes of the world

Plusieurs événements ont été signalés depuis ma dernière note sur l’activité volcanique dans le monde.

Le 25 septembre 2022, de petites explosions ont été enregistrées tôt le matin sur le Stromboli (Sicile) mais les habitants, notamment ceux de Ginostra, n’ont rien entendu. Selon l’INGV, il y a eu « une intensification de l’activité explosive de la zone nord du cratère, avec quelques explosions plus fortes comme celle enregistrée à 4h29 ».
Les matériaux émis par les explosions sont retombés en abondance dans la partie supérieure de la Sciara del fuoco. Parallèlement à l’augmentation de l’activité explosive, un petit débordement de lave a été observé depuis la zone cratèrique Nord. Aucune déformation significative n’a été enregistrée.

Source: INGV.

 

Le débordement de lave vu par la caméra thermique de l’INGV

Dernière minute : L’INGV indique qu’une explosion majeure a eu lieu sur le volcan à 13h24 (UTC) le 29 septembre 2022, dans la zone cratèrique nord. Des matériaux sont retombés en abondance le long de la Sciara del Fuoco, mais il n’y a pas eu de chute significative de gros matériaux dans le secteur de Pizzo. L’amplitude du tremor éruptif est restée à des niveaux élevés pendant environ 6 à 7 minutes. Le retour à la normale a eu lieu à 19h36 (UTC).

Un tel événement, totalement imprévisible, justifie l’interdiction d’accès au sommet du volcan.

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Dans ma dernière mise à jour du 22 septembre 2022, j’expliquais que la nouvelle île de Home Reef qui est sortie de l’océan le 10 septembre 2022 continuait de croître. Elle mesurait 170 m de diamètre le 16 septembre et avait atteint 182 m N-S et 173 m E-W le 18 septembre. Les panaches de vapeur avec une certaine teneur en cendres s’élevaient jusqu’à 3 km de hauteur du 19 au 20 septembre.
Le 18 septembre, l’USGS a indiqué qu’il y avait eu 24 événements volcaniques en 48 heures. Il est conseillé aux navigateurs de rester à 4 km du volcan, mais l’activité présente un risque faible pour les zones habitées à proximité.
Même si l’île s’est rapidement agrandie au cours des 16 derniers jours, cela ne devrait pas durer. Les îles créées par les volcans sous-marins peuvent persister pendant des années, mais elles ont généralement une vie courte. Par exemple, Home Reef a eu quatre périodes d’éruptions. Au cours de deux de ces périodes, de petites îles se sont formées. Au cours des deux autres périodes d’éruption en 1984 et 2006, des îles éphémères avec des falaises de 50 à 70 mètres de haut se sont formées. Lorsque le Late’iki situé à proximité est entré en éruption pendant 12 jours en 2020, l’île qu’il a créée a été emportée par les vagues en deux mois. A côté de cela, une île créée par une éruption du Late’iki en 1995 a duré 25 ans.
Source : USGS.

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D’après le VAAC de Tokyo, une activité éruptive modérée continue sur l’Alaid (Iles Kouriles / Russie), avec des panaches de cendres qui montent jusqu’à 3 000 mètres d’altitude.

La couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange.

 

L’Alaid vu depuis l’espace le 27 septembre 2022 (Source: Copernicus EU/Sentinel-2)

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Un séisme de magnitude M 4,5 a été enregistré sur la zone de rift sud-ouest du Kilauea dans l’après-midi du 27 septembre 2022. L’événement n’a eu aucun impact apparent sur le Mauna Loa et le Kīlauea. Il a été localisé à environ 9 kilomètres à l’est-nord-est de Pāhala à une profondeur d’environ 30 kilomètres. Selon le HVO, le tremblement de terre fait partie d’un essaim sismique sous la région de Pāhala, qui dure depuis 2019. Des tremblements de terre dans cette région ont été observés au moins aussi loin que les années 1960.
Pendant ce temps, l’éruption au sommet du Kilauea se poursuit dans le cratère Halema’uma’u. Aucun changement significatif n’a été observé au sommet ou dans l’une ou l’autre des zones de rift. La lave est émise par une bouche dans la partie ouest du cratère, avant de se déverser dans le lac de lave actif et sur le plancher du cratère. Les mesures effectuées au cours d’un survol le 12 septembre 2022 ont révélé que le fond du cratère s’était élevé d’environ 143 mètres et que 111 millions de mètres cubes de lave avaient été émis depuis le début de cette éruption le 29 septembre 2021.
Source : USGS, HVO.

Crédit photo : HVO

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L’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) débutée le 19 septembre 2022 continue. L’amplitude du trémor éruptif est relativement stable, même si on a observé une légère hausse au cours des dernières 48 heures. Elle se situe à environ 25% de son niveau initial. On observe la reprise d’une légère inflation de l’ensemble du volcan.

Source: OVPF.

Image de l’éruption le 27 septembre 2022 (Photo: C. Holveck)

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GeoNet indique que la sismicité et la déformation continuent sur le Taupo (Nouvelle-Zélande). Quelque 750 secousses ont été localisées à des profondeurs de 4 à 13 km sous le lac depuis le début de l’activité en mai. L’activité sismique se concentre actuellement sous la partie E du lac et se montre un certain déclin. La zone de déformation à Horomatangi Reef s’est soulevée d’environ 60 mm depuis le mois de mai. Les données laissent supposer que la sismicité et la déformation sont causées par le mouvement du magma et des fluides hydrothermaux. GeoNet ajoute que ce type d’activité est fréquent dans les caldeiras et peut se poursuivre pendant des mois ou des années sans déboucher sur une éruption.
Le niveau d’alerte volcanique du Taupo reste à 1.

Lac Taupo (Photo: C. Grandpey)

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Le 25 septembre 2022, le PHIVOLCS a mis en garde contre de possibles lahars autour du Pinatubo (Philippines) suite aux pluies intenses accompagnant un typhon susceptible de frapper la région. Des dépôts importants des coulées pyroclastiques de 1991 sur le flanc ouest étaient susceptibles d’être remobilisés, avec des lahars le long des principales ravines. Le PHIVOLCS a prévenu que plusieurs localités pourraient être affectées par les lahars et les inondations.

Panache généré par l’éruption de 1991 (Crédit photo: Wikipedia)

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L’essaim sismique qui a commencé le 24 août 2022, sous le volcan Trident (Katmai / Alaska) se poursuit. Des épisodes de tremor de faible intensité et des séismes basse fréquence ont également été enregistrés. Aucun autre signe d’activité n’a été détecté. Ces observations signifient que le Trident montre des signes d’activité supérieurs à la normale. C’est pourquoi l’AVO a relevé la couleur de l’alerte aérienne au JAUNE et le niveau d’alerte volcanique à ADVISORY (surveillance conseillée).
La hausse de l’activité sismique est probablement causée par des mouvements du magma ou des fluides magmatiques. De tels phénomènes ont déjà été détectés sur le Trident, mais n’ont pas été suivis d’éruptions.
Le Trident est un groupe de volcans situés dans le Parc national du Katmai sur la péninsule de l’Alaska. Le nom a été donné par Robert Griggs de la National Geographic Society, en 1916, car il y avait trois principaux sommets. Le Trident se compose d’un complexe de quatre cônes et de nombreux dômes de lave, tous composés d’andésite et de dacite, qui atteignent 1 864 m d’altitude. Une éruption en 1953 a édifié le cône le plus récent, Southwest Trident, et émis quatre coulées de lave sur le flanc de l’ancien complexe. Cette éruption s’est poursuivie jusqu’en 1974; elle a produit des panaches de cendres, des bombes et de la lave à plusieurs reprises.

Le Trident est le seul volcan du groupe Katmai autre que le Katmai et le Novarupta à avoir eu une activité historique. Le dôme de lave du Novarupta est visible en bas, au centre. (Crédit photo: Wikipedia)

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Bien que le cône nord duMont Cerberus du Semisopochnoi (Aléoutiennes occidentales / Alaska) continue d’émettre un panache de vapeur, avec un tremor élevé, aucune émission de cendres ou activité explosive n’a été détectée depuis le 14 septembre 2022. En conséquence, l’AVO a abaissé la couleur de l’alerte aérienne au JAUNE et niveau d’alerte volcanique à ADVISORY (surveillance conseillée).

Source: AVO

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Several events have been reported since my previous post about volcanic activity around the world.

On September 25th, 2022, small explosions were recorded early in the morning on Stromboli (Sicily) but the inhabitants, in particular those of Ginostra, heard nothing. According to INGV, there was « an intensification of the explosive activity of the northern area of the crater terrace, with some stronger explosions like the one recorded at 4:29 am ».
The materials emitted by the explosions fell on the upper part of the Sciara del fuoco. Along with the increase in explosive activity, a small lava overflow was observed from the North Crater area. No significant deformation was recorded.
Source: INGV.

Last minute : INGV indicates that a major explosion took place on the volcano at 13:24 UTC on September 29th, 2022, in the North Crater area. Volcanic material fell abundantly along the Sciara del Fuoco, while there was no significant fall of coarse material in the Pizzo area. The amplitude of the eruptive tremor remained at high levels for about 6 to 7 minutes. All parameters returned to normal levels at 19:36 UTC.

Such an event, totally unpredictable, justifies the prohibition of access to the summit of the volcano.

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In my last update of September 22nd, 2022, I explaied that the new island at Home Reef that emerged from the ocean on September 10th, 2022 continued to grow. It was 170 m in diameter by September 16th and had grown to 182 m N-S and 173 m E-W by September 18th. Steam plumes with some ash content rose 3 km during September 19th-20th.

On September 18th, USGS said there had been 24 volcanic events in 48 hours. Mariners are advised to stay 4 km away from the volcano, but the activity poses low risk to surrounding communities.

While the island quickly grew over the past 16 days, it is not expected to last. While islands created by underwater volcanoes can persist for years, they are typically short lived. For example, Home Reef has had four periods of eruptions. During two of these periods, small islands formed. During the other two eruption periods in 1984 and 2006, short-lived islands with 50- to 70-meter-high cliffs formed. When nearby Late’iki erupted for 12 days in 2020, the island it created washed away in two months. But an island created by a Late’iki eruption in 1995 lasted 25 years.

Source: USGS.

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According to the Tokyo VAAC, moderate activity continues at Alaid volcano Kuril Islands / Russia), with ash emissions rising up to 3 km above sea level..

The Aviation Color Code remains at Orange.

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A 4.5 magnitude earthquake was recorded on the southwest rift zone of Kilauea volcano on September 27th, 2022 in the afternoon. The event had no apparent impact on either Mauna Loa or Kīlauea volcanoes. It was located about 9 kilometers east-northeast of Pāhala at a depth of about 30 kilometers. According to HVO, the quake is part of a seismic swarm under the Pāhala area, which has been going on since 2019. Earthquakes in this region have been observed at least as far back as the 1960s.

Meantime, the summit eruption of Kilauea continues within Halemaʻumaʻu crater. No significant changes have been observed at the summit or in either rift zone.Lava is emitted from the western vent into the active lava lake and onto the crater floor. Overflight measurements from September 12th, 2022, indicated that the crater floor had seen a total rise of about 143 meters, and that 111 million cubic meters of lava had been effused since the beginning of this eruption on September 29th, 2021.

Source: USGS, HVO.

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The eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) that started on September 19th, 2022 continues. The amplitude of the eruptive tremor is relatively stable, although a slight increase has been observed over the past 48 hours. It is around 25% of its initial level. There is the resumption of a slight inflation of the whole volcanic edifice..
Source: OVPF.

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GeoNet reports that seismic unrest and deformation at Taupo (New Zealand) continue. About 750 earthquakes have been located at depths of 4-13 km beneath the lake since unrest began in May. The locations are currently concentrated beneath the E part of the lake and occurr at a slightly lower rate than before. An area of deformation at Horomatangi Reef has been rising at a rate of 60 mm since May. The data suggest that the seismicity and deformation are caused by the movement of magma and hydrothermal fluids. GeoNet adds that unrest at calderas is common and may continue for months or years without resulting in an eruption.

Taupo’s Volcanic Alert Level remains at 1.

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On September 25th, 2022, PHIVOLCS warned of potential lahars around Pinatubo (Philippines) due to intense rains from a typhoon that was likely to strike the region. Significant deposits from 1991 pyroclastic flows on the W flank may be remobilized, generating lahars down major drainages. PHIVOLCS noted that several communities might be affected by lahars and flooding.

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The swarm of earthquakes that began on August 24th, 2022, beneath Trident volcano (Katmai / Alaska) continues. Episodes of weak seismic tremor and low frequency earthquakes have also been detected. No other signs of unrest have been detected in monitoring data. These observations mean that Trident is exhibiting signs of unrest above background level. Therefore, AVO has raised the Aviation Color Code to YELLOW and the Volcano Alert level to ADVISORY.

The increase in seismic activity is likely caused by movement of magma or magmatic fluids. Similar ncreases in seismic activity have been detected previously at Trident, with no subsequent eruptions.

Trident is one of the group of volcanoes located within Katmai National Park on the Alaska Peninsula. The name was given by Robert Griggs of the National Geographic Society, in 1916, because there were three major peaks. Trident consists of a complex of four cones and numerous lava domes, all andesite and dacite in composition, that reach as high as 1,864 m above sea level. An eruption beginning in 1953 constructed the newest cone, Southwest Trident, and four lava flows on the flank of the older complex. This eruption continued through 1974 and produced ash, bombs, and lava at various times.

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Although the active north cone of Semisopochnoi‘s Mount Cerberus (Western Aleutians / Alaska) continues to produce a vapor plume and elevated seismic tremor, no ash emissions or explosive activity have been detected since September 14th, 2022. As a consequence, AVO has lowered the Aviation Color Code to YELLOW and Volcano Alert Level to ADVISORY.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Eruption du Hunga Tonga-Hunga-Ha’apai : pas d’effet sur la température terrestre // No impact on Earth’s temperature

Les scientifiques viennent de confirmer que l’éruption sous-marine du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai en janvier 2022 n’affectera pas le climat de la Terre malgré la présence de nuages de cendres de dizaines de kilomètres de hauteur dans l’atmosphère (voir ma note précédente à ce sujet),
De puissantes éruptions volcaniques provoquent parfois un refroidissement à court terme de la planète, mais ce ne sera pas le cas avec le récent événement dans l’archipel des Tonga.
Une nouvelle étude confirme en effet les estimations précédentes. Elle indique que l’effet de refroidissement du Hunga Tonga ne dépasserait pas 0,004 ° C dans l’hémisphère nord et 0,01 ° C dans l’hémisphère sud, ce qui est encore moins que certaines estimations précédentes.
La clé de l’impact d’une éruption volcanique sur la température de la Terre est la quantité de dioxyde de soufre (SO2) qui a été émise par le volcan. En effet, dans l’atmosphère, le gaz forme des particules d’aérosol qui font obstacle à la lumière du soleil, avec diminution de la quantité d’énergie qui entre dans le système terrestre. Par exemple, l’éruption du Pinatubo en 1991 a entraîné un refroidissement d’environ 0,6°C qui a duré près de deux ans. La différence avec l’éruption aux Tonga, c’est que les cendres rejetées dans l’air par le Pinatubo contenaient environ 50 fois plus de dioxyde de soufre.
Source : space.com.

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Scientists have just confirmed that the Hunga Tonga submarine eruption in January 2022 will not affect Earth’s climate despite sending clouds of ash dozens of kilometers high into the atmosphere (see my previous post about this topic),

Powerful volcanic eruptions sometimes cause short-term cooling of the planet, but this won’t be the case of the recent Tonga event.

A new study confirms previous estimates, stating that the cooling effect of Hunga Tonga could range from just 0.004°C in the northern hemisphere to 0.01°C in the southern hemisphere, which is even less than some of the previous estimates expected.

The key to the impact of a volcanic eruption on the Earth’s temperature is the amounrt of sulfur dioxide (SO2) that has been emitted by the volcano. Indeed, in the atmosphere the gas forms aerosol particles, which deflect sunlight, thus decreasing the amount of energy that enters the Earth’s system. For example, the 1991 explosive eruption of Mount Pinatubo produced a cooling of about 0.6°C that lasted for nearly two years. The difference with the Tonga eruption is that the ash spewed into the air by Mount Pinatubo contained about 50 times as much sulfur dioxide.

Source: space.com.

Effet de l’éruption du Pinatubo sur l’atmosphère (Source : Wikipedia)

Eruption aux Tonga : pas d’impact sur le climat // Tonga eruption : no impact on Earth’s climate

L’éruption du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai le 15 janvier 2022 a injecté une énorme quantité de cendres jusqu’à plus de 30 km d’altitude. mais les scientifiques expliquent que l’événement ne perturbera pas le climat sur Terre.
Les satellites ont détecté le nuage de cendres, qui s’est étalé au-dessus de l’Australie, à plus de 39 kilomètres d’altitude. C’est la première fois que des cendres volcaniques ont été détectées si haut dans l’atmosphère terrestre. La hauteur du panache sera affinée dans les prochains jours, mais si elle est se confirme, ce sera le nuage le plus haut jamais observé.
Les scientifiques, cependant, pensent que l’éruption n’affectera pas le climat sur Terre. Malgré le côté apocalyptique de l’explosion, qui a été observée en temps réel par plusieurs satellites, la quantité de cendres à l’intérieur du panache était relativement faible par rapport aux autres éruptions volcaniques cataclysmiques des siècles précédents.
En particulier, le panache ne contenait pas suffisamment de dioxyde de soufre (SO2) pour affecter le climat. Les super volcans qui projettent de grandes quantités de dioxyde de soufre dans les couches supérieures de l’atmosphère terrestre peuvent parfois produire un effet de refroidissement mesurable sur le climat de la planète. Un tel effet a été détecté, par exemple, après l’éruption du mont Pinatubo aux Philippines en 1991. Cette éruption, la deuxième éruption volcanique la plus puissante du vingtième siècle, a refroidi la planète de manière significative pendant environ deux ans. Toutefois, selon les données disponibles, l’éruption aux Tonga n’a rejeté dans l’atmosphère que 400 000 tonnes de dioxyde de soufre, soit environ 2 % de la quantité du mont Pinatubo. En conséquence, il est peu probable que la dernière éruption ait un impact significatif sur la température de surface de notre planète. Les aérosols du Pinatubo n’ont eu qu’un impact à court terme, ce qui signifie que l’éruption du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai ne va certainement pas participer à la lutte contre le changement climatique.
Source : Space.com.

S’il est peu probable que le SO2 émis lors de l’éruption du 15 janvier affecte la température de la planète, il peut interagir avec l’eau et l’oxygène de l’atmosphère et donner naissance à des pluies acides. Lorsque le SO2 se dissout dans les gouttelettes d’eau contenues dans les nuages, il réagit avec l’hydrogène et l’oxygène de l’eau pour former une solution d’acide sulfurique. De même, les oxydes d’azote forment de l’acide nitrique dans les gouttelettes d’eau. Le climat tropical des Tonga, favorise les pluies acides qui affecteront probablement la région pendant un certain temps. Elles pourraient causer des dommages considérables aux cultures.
Il a été conseillé à la population tonguienne de couvrir les réservoirs d’eau à usage domestique et de rester à l’intérieur des maisons en cas de pluie.

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The volcanic eruption of Hunga Tonga-Hunga Ha’apai on January 15th, 2022 injected a huge amount of ash up to more than 30 km a.s.l. but scientists say it won’t cause any disruption to Earth’s climate.

Satellites detected the ash cloud, which spread over Australia, at over 39 kilometers above Earth’s surface. This was the first time volcanic ash had been detected so high in Earth’s atmosphere. The accuracy of this height will be refined in the coming days, but if correct, it will be the highest cloud ever observed.

Scientists, however, think that the eruption won’t affect Earth’s climate. Despite the apocalyptic proportions of the blast, which was documented in real time by several satellites, the amount of ash it contained was relatively small compared to other cataclysmic volcanic eruptions known from previous centuries.

Above all, the plume did not contain enough sulphur dioxide (SO2) to affect the climate. Supervolcanoes that spurt vast quantities of sulfur dioxide into higher layers of Earth’s atmosphere can sometimes produce a measurable cooling effect on the planet’s climate. This effect was detected, for example, after the 1991 eruption of Mount Pinatubo in the Philippines. This eruption, the second most powerful volcanic eruption of the 20th century, cooled down the planet in a way that was measurable for up to two years. But according to available data, Tonga blasted into the atmosphere only 400,000 metric tonnes of sulphur dioxide, about 2% of the amount of Mount Pinatubo. As a consequence, a significant global surface temperature response is unlikely to be observed. Even the Pinatubo aerosols only had a short-term impact, measurable for about a year or two, which means that the volcano is certainly not going to buy humans time in their battle against climate change.

Source: Space.com.

If the SO2 emitted during the January 15th eruption is unlikely to affect global temperatures, it may interact with water and oxygen in the atmosphere and create acid rain. When SO2 dissolves in small droplets of water in clouds, it reacts with the hydrogen and oxygen of the water to form a weak solution of sulphuric acid. Similarly, nitrogen oxides form weak nitric acid in water droplets. With Tonga’s tropical climate, there is likely to be acid rain around the country for a while, which could cause widespread crop damage.

The Tonga population has been advised to cover household water tanks and stay indoors in the event of rain.

Impact des aérosols du Pinatubo en 1991 (Source: Wikipedia)

La survie des plus aptes // The survival of the fittest

Dans une note publiée le 22 juillet 2020, j’expliquais que, contrairement à l’idée reçue, la vie est présente dans les environnements les plus extrêmes. Par exemple, des espèces extrémophiles se développent autour de «fumeurs noirs», bouches hydrothermales au fond des océans.

La vie est également présente à très haute altitude. Au cours d’une expédition dans le nord du Chili au début de l’année 2020, des biologistes américains et chiliens ont mis la main sur une souris à croupion jaune (Phyllotis xanthopygus rupestris) au sommet du volcan chilien Llullaillaco (6600 m.). Cette souris a battu le record du monde d’altitude pour un mammifère observé par les scientifiques. En 2019, la même espèce de souris avait été repérée à 6100 m. d’altitude.

On vient d’apprendre que des scientifiques ont redécouvert une espèce rare de souris vivant en milieu volcanique que l’on pensait disparue à jamais. Le petit rongeur a survécu à l’éruption cataclysmale du Pinatubo (Philippines) en 1991. L’éruption a tué quelque 800 personnes et détruit le paysage tout autour. Plusieurs années après l’éruption, des expéditions ont étudié la région et ont été surpris de constater qu’une faune très diversifiée avait survécu au cataclysme, avec en particulier des chauves-souris et une souris très rare vivant en milieu volcanique.

Les biologistes ont publié les résultats de leurs recherches dans le Philippine Journal of Science en janvier 2021. On peut lire que lorsque le Pinatubo est entré en éruption, une unique espèce de souris était censée vivre sur le volcan, et les scientifiques étaient persuadés que l’espèce s’était éteinte avec l’éruption. En fait, ils avaient tort d’être aussi pessimistes.

Apomys sacobianus, la souris du Pinatubo, avait été identifiée à partir d’un spécimen unique décrit en 1962 et conservé au Musée national d’histoire naturelle des États-Unis. Les chercheurs sont retournés sur le Pinatubo plusieurs dizaines d’années après l’éruption pour dresser un bilan des mammifères qui y vivaient autrefois. Leur visite a offert beaucoup de surprises. Les forêts d’autrefois étaient remplacées par une végétation clairsemée et broussailleuse au sein de laquelle les rongeurs indigènes pullulaient.

Parmi eux figurait la souris du Pinatubo qui avait certes survécu, mais sa population était aussi en plein essor. Les biologistes ont eu du mal à croire qu’une espèce vivant dans une zone aussi restreinte ait pu survivre à une catastrophe volcanique qui avait détruit des forêts entières.

Au vu de ces découvertes, le Pinatubo pourrait devenir un laboratoire naturel servant à observer le rétablissement de l’habitat et le réassemblage de la vie animale après une éruption. Une telle étude pourrait aussi être utile dans le cadre de la régénération des nombreuses zones de déforestation.

Source: Cnet.

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In a post released on July 22nd, 2020, I explained that, contrary to what many people think, life is present in the most extreme environments. For instance, extremophile species develop around « black smokers », hydrothermal vents at the bottom of the oceans.

Life is also present at very high altitude. During a mountaineering expedition in northern Chile in early 2020, U.S. and Chilean biologists spotted and captured a yellow-rumped leaf-eared mouse (Phyllotis xanthopygus rupestris) atop the 6,600 m summit of the Chilean volcano Llullaillaco. The mouse broke the world record for the highest-dwelling mammal documented by scientists to date. In 2019, the same species of mouse was spotted at 6,100m.

Scientists have rediscovered a rare volcano mouse species thought to be extinct. It survived the devastating eruption of M Pinatubo (Philippines) in 1991. The eruption  killed an estimated 800 people and destroyed the landscape around it. Later expeditions to study the wildlife in the area turned up the surprising survival of a diverse group of fauna, including bats and a very rare volcano-dwelling mouse.

The researchers published their findings in the Philippine Journal of Science in January 2021. One can read that when Pinatubo erupted, a little species of mouse was thought to live only on that one mountain, and biologists thought it had become extinct as a result of the event. Actually, they were wrong.

Apomys sacobianus, the Pinatubo volcano mouse, was previously known from a single specimen described in 1962 and kept at the US National Museum of Natural History.  Researchers returned to Mt Pinatubo a couple of decades after the eruption to find out what had become of the mammals that once lived there. Their visit offered quite a lot of surprises. Despite the fact that all areas surveyed supported sparse, scrubby second-growth vegetation rather than forest, native rodents were abundant everywhere.

The Pinatubo volcano mouse had not only survived, its population was booming. The biologists could hardly believe that a species found in such a localized area made it through a volcanic catastrophe that wiped out entire forests.

It seems Mt. Pinatubo could become a natural laboratory to monitor habitat recovery and community re-assembly following the eruption. Such information would be helpful in efforts to regenerate the many areas that have been deforested by people.

Source : Cnet.

La souris du Pinatubo (Source : Field Museum)