Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : vers la fin de l’éruption ? // Toward the end of the eruption ?

Cela fait 3 semaines que le Piton de la Fournaise est en éruption, mais l’événement est quasiment invisible ces jours-ci à cause de la météo exécrable qui règne à la Réunion. Les fortes pluies ont causé des éboulements et des coupures de routes, en particulier dans le secteur de Salazie.

Les instruments montrent que l’éruption se poursuit, mais l’intensité du tremor décroît régulièrement depuis trois jours. Il ne serait pas surprenant que l’éruption touche à sa fin. Si c’est le cas, on sera dans la moyenne de durée des dernières éruptions, mais très loin du record établi en 1998 quand une éruption avait duré 6 mois, ou même des 47 jours de l’éruption de septembre 2018. .

Les deux cônes éruptifs sont toujours en activité, mais l’activité se déroule essentiellement en tunnels, de sorte que les coulées ne sont guère visibles en surface.

Les observations de l’OVPF sont compliquées par le fait que certains instruments ont été foudroyés .Pour d’autres, le manque d’ensoleillement empêche l’alimentation des panneaux solaires  et donc leur fonctionnement.

Comme je l’indiquais précédemment, le front de coulée demeure figé dans les Grandes Pentes à une centaine de mètres en amont du cratère Bonnet. La coulée s’est épaissie et s’est élargie.

Source : OVPF, Réunion la 1ère.

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Piton de la Fournaise has been erupting for 3 weeks now, but the event is almost invisible these days due to the poor weather conditions on Réunion Island. Heavy rains caused landslides and road cuts, especially in the Salazie area.

The instruments show that the eruption is continuing, but the intensity of the tremor has been decreasing steadily for the past three days. It would not come as a surprise if the eruption came to an end. If this is the case, it will have the average duration of the last eruptions, but very far from the record set in 1998 when an eruption lasted 6 months, or even the 47 days of the eruption of September 2018..

The two eruptive cones are still active, but the activity mainly takes place in tunnels, so that the flows are hardly visible on the surface. OVPF’s observations are complicated by the fact that some instruments have been struck by lightning. For others, the lack of sunlight prevents the solar panels from being supplied and therefore from working properly. As I indicated previously, the flow front is no longer moving forward and has stopped in the Grandes Pentes about a hundred metres upslope from the Bonnet crater. The flow has thickened and widened. Source: OVPF, Réunion la 1ère.

Source : OVPF

Eruption islandaise: très mauvais temps, gaz volcaniques et mort d’une webcam // Icelandic eruption : very bad weather, volcanic gases and death of a webcam

14 heures : Il n’est fait nulle part état d’un ralentissement de l’éruption bien qu’il semble que les deux dernières fractures éruptives soient moins actives qu’auparavant. Ce qui est sûr en revanche, c’est que les conditions météorologiques sont très mauvaises aujourd’hui avec du froid, de la neige et un vent très fort. Cela confirme ce que m’a indiqué ce matin un contact sur place. Le sol est souvent gelé sur les sentiers qui conduisent au site de l’éruption, ce qui signifie que le parcours est devenu dangereux pour la plupart des visiteurs.

De plus, la police conseille fortement aux gens de ne pas se rendre sur le site de l’éruption dans la Geldingadalur en raison de la quantité élevée de gaz dans le secteur. La zone de l’éruption a été évacuée le 7 avril dans la soirée en raison des gaz volcaniques. Une équipe de secouristes ainsi que la police surveillent la zone aujourd’hui.

Le Met Office explique aussi que la pollution par les gaz provenant de la Geldingadalur et de la Merardalur va probablement atteindre Grindavík. Il est recommandé aux personnes qui séjournent à Grindavík de garder les fenêtres fermées et si possible de garder les enfants à l’intérieur.

L’une des webcams sur le site de l’éruption a été détruite par la lave le 7 avril. Heureusement, une autre webcam avait été installée avant que l’incident se produise. La webcam n’est pas le seul équipement à avoir été détruit. Une station de mesure des gaz volcaniques du Met Office, située juste au sud de la webcam, a connu le même sort. Une autre station de ce type continue de fonctionner sur le site de l’éruption.

Source: Iceland Review.

Capture écran webcam

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15 heures : Les scientifiques islandais confirment que les trois sites éruptifs font partie du même dyke magmatique et que les écoulements de lave dans les vallées de Geldingadalir et Meradalir ont maintenant fusionné pour ne former qu’un unique champ de lave. L’éruption suit une fracture continue qui s’ouvre au nord-est et s’étire sur environ un kilomètre.

Un nouveau sentier d’accès au site éruptif a été ouvert.

Il commence au même endroit que le précédent mais évite la partie la plus raide. Il suit un tracé plus facile vers l’est et se termine à un endroit d’où toutes les fractures éruptives sont visibles.

Source: www.ruv.is

Vue du cône éruptif sur la 1ère fracture le 8 avril 2021

Vue générale du nouveau champ de lave

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2:00 pm : No mention is made of a slowing down of the eruption although it seems the last two fissures are less active than before. What is sure is that the weather conditions are very bad today with cold, snow and a very strong wind. This confirms what a local contact told me this morning. The cold weather has frozen much of the ground on the route to the eruption site, meaning that it is not safe for most people to walk.

Moreover, the police says that people should avoid going to the eruption site in Geldingadalur due to a high amount of gas in the area. The eruption area was evacuated on April 7th in the evening due to pollution in the area. A rescue squad as well as the police are closely monitoring the area today.

The Met Office warns that gas pollution from the eruption sites in both Geldingadalur and Merardalur will likely be found in some quantities in Grindavík. It is recommended that those who are staying in Grindavík keep windows closed whilst in their houses and if possible, children should stay indoors.

One of the webcams on the eruption site was destroyed by the lava on April 7th. Luckily, another webcam had been installed before this occurred.

The webcam was not the only equipment to be destroyed. The same fate awaited a volcanic gas monitoring station from the Icelandic Met Office, located just south of the webcam. Another such station at the eruption site still survives.

Source: Iceland Review.

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3:00 pm: Icelandic scientists say that the three eruptive sites are part of the same magma dyke and the flow of lava from them into Geldingadalir and Meradalir valleys has now merged into one lava field. The eruption is a continuing fissure opening to the northeast, over about one kilometre.

A new hiking trail has been opened. It starts at the same spot as the old trail but avoids the very steep part. Instead, it takes a shallower route to the east, ending at a spot from which all the erupting fissures can be seen.

Source : www.ruv.is

Météo et climat, ne pas confondre ! // Weather and climate should not be confused

On l’entend tous les jours : Il suffit de la moindre vague de froid ou que la température chute de quelques degrés pour que se manifestent des climatosceptiques qui viennent nier la réalité du réchauffement climatique. Ils le font, même lorsque la planète dans sa globalité est en plein coup de chaud comme c’est le cas en ce moment.

Souvenez-vous : Donald Trump – qui n’est pas forcément le meilleur exemple d’intelligence – avait pris l’exemple d’une météo frileuse pour remettre en cause la réalité du réchauffement climatique. Un tel comportement revient très exactement à nier que la Terre est ronde avec pour seul argument qu’elle ne donne pas l’impression d’être ronde en regardant autour de soi !

Je n’insisterai jamais assez sur l’importance de faire la différence entre le climat – qui est global – et la météo – qui est locale. Nous en avons aujourd’hui un exemple criant: alors que l’Europe et l’Amérique du Nord font face à une vague de froid inhabituelle pour la saison, le reste de la planète est bel et bien en surchauffe, comme le prouve l’image ci-dessous qui n’a pas été trafiquée par quelque logiciel, comme c’est la mode aujourd’hui. Elle présente les anomalies de température constatées (en °C) le 10 mai 2019 par rapport à une moyenne calculée sur la période 1979 – 2000 pour la même journée. On aboutit à une constatation identique si on regarde des cartes présentant les anomalies de température pour la semaine passée ou le mois dernier, par rapport à une moyenne établie entre 1981 et 2010.

Cette image suffit à démontrer de manière très claire que la sensation de froid que l’on éprouve à un moment donné, à un endroit donné, n’est pas forcément révélatrice d’une tendance générale ou globale. C’est  la différence entre la météo (locale) et le climat (global). S’il fait plus frais que d’ordinaire en France, aux États-Unis et en Australie, c’est loin d’être le cas partout. Ainsi, le Canada, le Groenland, l’ouest de la Russie, l’Afrique et l’Amérique latine ont plus chaud que d’ordinaire pour la même époque. Globalement, la température moyenne à la surface du globe est de 0,6°C supérieure à la moyenne en ce moment même.

Comme je l’ai indiqué précédemment, le mois d’avril 2019 a été le 2ème plus chaud jamais enregistré sur Terre.

Force est de constater – les climatosceptiques ne pourront pas aller contre les statistiques – que chaque année la tendance au réchauffement de la planète se renforce. L’année 2018 a ainsi été la plus chaude jamais enregistrée en France et les quatre dernières années ont été les quatre plus chaudes jamais enregistrées à la surface du globe Il est fort à parier que l’année 2019 suivra cette tendance globale. Au moment où j’écris ces lignes, 2019 est la deuxième année la plus chaude des archives. Rien n’incite à penser aujourd’hui que le réchauffement en cours est en passe de s’arrêter, bien au contraire. Les modèles climatiques les plus récents montrent que le réchauffement pourrait être plus important que prévu…

Source ; Le Figaro, Météo France, NASA, NOAA.

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We can hear it every day: The slightest cold wave or the slightest drop of temperature pushes climateosceptics to deny the reality of global warming. They do it, even when the planet as a whole is getting warmer, as it is right now.
Remember: Donald Trump – who is not necessarily the best example of intelligence – had taken the example of a chilly weather to question the reality of global warming. Such behaviour amounts exactly to denying that the Earth is round with the only argument that it does not kook round while looking around!
I can not stress enough the importance of differentiating between the climate – which is global – and the weather – which is local. Today we have a shining example: while Europe and North America are facing an unusually cold snap for the season, the rest of the world is overheating, as proves the image below that has not been tampered with by any software, as is the fashion today. It shows the observed temperature anomalies (in degrees Celsius) on May 10th, 2019 compared to an average calculated over the period 1979 – 2000 for the same day. The same conclusion can be observed if we look at maps showing temperature anomalies for the past week or last month, compared to an average between 1981 and 2010.
The image below is enough to show very clearly that the feeling of cold that one experiences at a given moment, at a given place, is not necessarily indicative of a general or global tendency. This is the difference between (local) weather and (global) climate. If it is cooler than usual in France, the United States and Australia, this is far from the case everywhere. For example, Canada, Greenland, West Russia, Africa and Latin America are warmer than usual for the same period. Overall, the average global surface temperature is 0.6°C above average at this very moment.
As I put it earlier, the month of April 2019 was the 2nd hottest ever recorded on Earth.
It is clear –  climateosceptics can not go against statistics – that every year the global warming trend gets stronger. The year 2018 was the hottest ever recorded in France and the last four years were the four hottest ever recorded on the surface of the globe It is highly likely that the year 2019 will follow this global trend. At the time of writing, 2019 is the second hottest year of the archive. There is no reason to think today that the current warming is about to stop, on the contrary. The most recent climate models show that the warming could be more significant than imagined already …
Source; Le Figaro, Météo France, NASA, NOAA.

Les anomalies de température enregistrées le 10 mai 2019 montrent que le froid ressenti localement dans certaines régions n’est pas un phénomène global (Source : NOAA)

 

Donald Trump ne connaît pas la différence entre météo et climat! // Donald Trump can’t make the difference between weather and climate !

Une fois encore, le président américain Donald Trump, a montré son incapacité à comprendre le changement climatique. Pour la énième fois, il a confondu les mots «météo» et «climat».
Amy Klobuchar, sénatrice démocrate du Michigan, a récemment annoncé qu’elle se présentait à la présidence dans un discours prononcé sous la neige à Minneapolis. Dans son discours, elle a déclaré que dès son premier jour à la présidence, elle ferait en sorte que les États-Unis rejoignent l’accord de Paris sur le climat, duquel Donald Trump a retiré les Etats Unis en 2017.
Le président actuel a rapidement réagi sur Twitter, comme d’habitude. Il a écrit: «Amy Klobuchar a annoncé qu’elle se présentait à la présidence, parlant avec fierté de la lutte contre le réchauffement climatique alors qu’elle parlait dans une véritable tempête de neige et de glace, avec une température glaciale. Elle n’a pas choisi le bon moment. À la fin de son discours, elle ressemblait à un bonhomme de neige! »
Beaucoup de gens confondent les conditions météorologiques et le changement climatique. La NASA a q’ailleurs mis en ligne une page Web dédiée à la distinction entre les deux expressions.

https://www.nasa.gov/mission_pages/noaa-n/climate/climate_weather.html

L’Administration y indique que « la différence entre la météo et le climat est une question de temps. […] La météo définit les conditions de l’atmosphère sur une courte période alors que le climat décrit le comportement de l’atmosphère sur une période relativement longue. »
M. Trump répand depuis longtemps des informations fausses sur le changement climatique, malgré l’abondances de sources disponibles sur la question. Son tweet a été diffusé juste trois semaines après un autre dans lequel il commentait des prévisions de fortes chutes de neige. Le président a également affirmé un jour que le changement climatique était un canular chinois, inventé pour nuire aux exportations américaines.
La sénatrice démocrate a réagi aux propos moqueurs de Trump sur Twitter en expliquant que la science allait dans le sens de sa politique. Elle a ajouté: “J’espère pouvoir débattre avec vous du changement climatique (et de nombreuses autres questions). Et je me demande comment vos cheveux se comporteraient dans une tempête de neige. »
Source: The Independent.

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Once again, Donald Trump, the American President, has shown his incapacity to understand climate change. Once again he confused the words “weather” and “climate”.

Amy Klobuchar, the Democratic senator from Michigan, recently announced that she was running for the presidency in a speech delivered as snow fell around her in Minneapolis. In her speech, she said that on her first day as president she would have the US rejoin the Paris climate agreement, which Mr Trump withdrew the country from in 2017.

The current president soon reacted on Twitter, as usual. He wrote: “Amy Klobuchar announced that she is running for President, talking proudly of fighting global warming while standing in a virtual blizzard of snow, ice and freezing temperatures. Bad timing. By the end of her speech she looked like a Snowman(woman)!”

Confusing weather and climate change is a common error made by many people and NASA has a webpage dedicated to distinguishing the two.

https://www.nasa.gov/mission_pages/noaa-n/climate/climate_weather.html

The Administration indicates that “the difference between weather and climate is a measure of time. […] Weather is what conditions of the atmosphere are over a short period of time, and climate is how the atmosphere behaves over relatively long periods of time.”

Mr Trump has a long history of spreading incorrect information about climate change, despite the wealth of information available. His tweet came just three weeks after another one in which he discussed forecasts of heavy snow. The president also once claimed that climate change was a Chinese hoax, invented to hurt US exports.

The Democratic Senator responded to his mockery on Twitter by saying that science supported her policies. She added: “Looking forward to debating you about climate change (and many other issues). And I wonder how your hair would fare in a blizzard.”

Source : The Independent.

Source: global-climat