Sommes-nous devenus fous ? (1) // Are we getting mad ? (1)

Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes, plusieurs pays tentent de trouver des solutions artificielles pour résoudre le changement climatique et ses conséquences. Ce qui semblait être un produit de l’imagination de certains chercheurs est en train de devenir réalité en Chine. Le pays a l’intention de mettre en œuvre un projet de modification du climat à grande échelle pour assurer un approvisionnement régulier en pluie du Plateau tibétain, une zone trois fois plus grande que l’Espagne. Le système fonctionne à partir d’un réseau de chambres de combustibles solides qui produisent de l’iodure d’argent dont la structure ressemble beaucoup à la glace et qui peut être utilisée dans l’ensemencement des nuages. Des dizaines de milliers de petites chambres de combustion seront installées sur tout le Plateau tibétain dans le but d’augmenter de 10 milliards de mètres cubes par an les précipitations dans la région, soit environ 7% de la consommation totale d’eau de la Chine.
C’est le plus grand projet de géo-ingénierie jamais imaginé sur Terre. Comme je l’ai expliqué plus haut, le système repose sur un ensemble de petites chambres de combustion qui produisent de l’iodure d’argent. Lorsque le vent balaie la montagne, les particules d’iodure d’argent s’élèvent dans le ciel où elles forment des nuages chargés ​​de pluie. Le système a été développé par l’entreprise chinoise Aerospace Science and Technology Corporation. La conception des chambres de combustion est si précise qu’elles peuvent fonctionner pendant des mois sans aucune maintenance et n’émettent que de la vapeur et du dioxyde de carbone ; cela leur permettra d’être utilisées même dans des zones écologiquement sensibles. Jusqu’à présent, plus de 500 brûleurs de ce type ont été installés à des fins expérimentales sur les pentes des montagnes au Tibet, au Xinjiang et dans d’autres régions de la Chine.

Le système de modification du climat a été initialement développé dans le cadre du programme de défense chinois. La Chine, les États-Unis et la Russie ont tous mis au point des technologies permettant de modifier le climat pour contrer l’ennemi en période de conflit. Ainsi, ces pays ont étudié les moyens de provoquer des sécheresses, les inondations ou d’autres catastrophes naturelles.
La Chine a déjà mis en pratique la technologie permettant de modifier les conditions météorologiques, en particulier lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de 2008 pour qu’elle ne soit pas perturbée par la pluie. Des fusées chargées d’iodure d’argent ont été tirées vers les nuages ​​afin de déclencher les précipitations avant qu’elles atteignent la capitale.
Le fonctionnement des chambres de combustion sera contrôlé par des données précises en temps réel,  à partir d’un réseau de 30 petits satellites météorologiques qui surveillent le déroulement de la mousson au-dessus de l’Océan Indien. Le réseau au sol utilisera également d’autres méthodes d’ensemencement des nuages, ​​avec des avions, des drones afin d’obtenir un effet maximal de modification des conditions climatiques. .
Le Plateau tibétain possède d’énormes glaciers et d’importants réservoirs souterrains. La région est souvent appelée le château d’eau de l’Asie, et elle alimente directement la plupart des plus grands fleuves du continent comme le Fleuve Jaune, le Yangtsé, le Mékong, le Salouen et le Brahmapoutre. Ces cours d’eau sont d’une extrême importance pour près de la moitié de la population mondiale. Malgré les courants d’air riches en eau qui traversent le Plateau tous les jours, c’est l’un des endroits les plus secs de la planète. La plupart des régions reçoivent moins de 100 mm de pluie par an. Selon l’USGS, une zone qui voit moins de 250 mm de pluie par an est un désert.
Le gouvernement de l’Etat de l’Assam, au nord-est de l’Inde, a fait part de ses préoccupations sur le système de modification climatique chinois. Il fait craindre des inondations encore plus dévastatrices dans les zones en aval du Plateau tibétain. Chaque année dans l’Assam, les inondations provoquées par le Brahmapoutre et ses affluents tuent des centaines de personnes, détruisent des maisons et des terres agricoles. Il est à craindre que des pluies plus abondantes à la source du Brahmapoutre provoquent encore plus de dégâts..
Source: The Watchers.

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As I put it in previous posts, several countries are trying to find artificial solutions to solve climate change and its consequences. What looked like a product of some researchers’ imagination is now becoming reality in China. The country aims to implement a large-scale weather changing project to ensure a consistent rain supply in the Tibetan Plateau, an area three times as big as Spain. The system is created from a network of solid fuel burning chambers that produce silver iodide, a compound with a structure much like ice that can be used in cloud seeding. Tens of thousands of small burning chambers will be installed across the Tibetan Plateau in an attempt to increase rainfall in the region by up to 10 billion cubic metres a year, which amounts about 7% of China’s total water consumption.

It is the world’s biggest single weather changing project ever attempted. As I put it above, the system relies on small solid fuel burning chambers that produce silver iodide. As wind sweeps up the mountain, the particles are swept up into the air where they form rain clouds. The system has been developed by China’s state-owned Aerospace Science and Technology Corporation. The current design of the chambers is so precise that it can reportedly burn for months without maintenance and emits only vapours and carbon dioxide, which allows them to be used even in environmentally sensitive areas. So far, more than 500 burners have been deployed on the slopes of the mountains in Tibet, Xinjiang and other areas for experimental use.

The weather modification system was originally developed as part of China’s defense program. China, the United States, and Russia have all developed weather changing technology to possibly impede opposition in times of conflict. Countries have researched ways to increase the chances of drought, flood or other natural disasters.

China has used weather altering technology before, most famously to keep the opening ceremony of the 2008 Olympics Games free from rainfall. In that case, rockets loaded with silver iodine were fired at clouds to ensure they dropped precipitation before they reached the capital.

The burning chambers’ operations will be guided by precise real-time data collected from a network of 30 small weather satellites monitoring monsoon activities over the Indian Ocean. The ground-based network will also employ other cloud-seeding methods using planes, drones, and artillery to maximize the effect of the weather modification system.

The Tibetan plateau has huge glaciers and massive underground reservoirs. The area is often referred as Asia’s water tower, and it affects directly to most of the continent’s biggest rivers, including the Yellow River, Yangtze, Mekong, Salween, and Brahmaputra. The rivers are of extreme importance to almost half of the world’s population. Despite the water-rich air currents travelling through plateau every day, it is one of the driest places on Earth. Most areas receive less than 100 mm of rain a year. An area that sees less than 250 mm of rain annually is defined as a desert by the US Geological Survey.

The government of Assam, northeast India, has raised concerns over the reports of the weather modification system. The system has triggered fears of more devastating floods in the downstream areas of Tibetan plateau area. Every year, flooding of Brahmaputra river and its tributaries in Assam kill hundreds of people, destroy houses and farmlands. It is now feared, that more rain at the source of the Brahmaputra would mean even greater degree of devastation.

Source: The Watchers.

Vue du Plateau tibétain (Source: Wikipedia)

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Les pièges de l’Etna (Sicile / Italie) // The traps of Mount Etna (Sicily / Italy)

L’Etna est un volcan dont l’accès est relativement facile mais qui requiert le plus grande prudence, comme tous les volcans actifs ou, tout simplement, les zones de haute montagne. Il ne faut pas oublier que le volcan culmine à 3340 mètres et la météo à plus de 2000 mètres n’a rien à voir avec celle des plages de la Mer Ionienne. Même au cœur de l’été, il peut faire très froid. A l’époque où je donnais un coup de main aux guides, j’ai vu de jeunes et jolies femmes débarquer des bus en mini jupes et regretter de ne pas s’être couvertes plus chaudement !

S’agissant de la météo, il est prudent de se renseigner avant d’entamer une randonnée sur le volcan. Le temps peut changer extrêmement vite et le brouillard peut s’installer en quelques minutes en réduisant la visibilité qui peut devenir nulle. Il est prudent d’avoir un GPS avec soi. En actionnant la fonction retour, il sera plus facile de retrouver sa trace.

En hiver, le brouillard peut s’accompagner d’une tempête de neige, avec un véritable blizzard qui fait perdre ses repères. Si l’on n’a pas de GPS pour se guider, le chef des guides m’avait indiqué qu’il fallait marcher sans s’arrêter contre le vent qui, le plus souvent vient de l’ouest. Arrivera un moment où l’on atteindra la forêt. La chose à ne pas faire serait de tourner le dos au vent et de se diriger vers la Valle del Bove, avec le risque de chute mortelle le long des parois escarpées de cette dépression.

En hiver, lorsque la neige recouvre l’Etna, il faut avancer avec prudence dans la zone sommitale, en particulier dans les secteurs où les fumerolles chauffent le sol. La chaleur ainsi émise fait fondre la neige par en dessous et si l’on avance sur une telle zone, on peut vite se retrouver au fond d’un trou. Une bonne précaution est de laisser une distance entre les personnes. En cas de problème, il sera plus facile d’intervenir.

En été, c’est la foudre qui représente, à mes yeux, le principal danger. Là encore, il est fortement conseillé de consulter la météo avant d’entreprendre une randonnée. La lave de l’Etna est par endroits riche en fer, ce qui favorise les impacts de foudre. Ils sont très visibles au sommet de la Montagnola. Il y a quelques années, deux jeunes personnes ont été tuées par la foudre du côté du Cratère NE. J’ai raconté cette triste histoire dans mon livre Volcanecdotes, aujourd’hui épuisé.

Outre la météo, l’Etna cache les pièges classiques d’un volcan actif, comme on a pu le constater avec l’explosion phréato-magmatique qui a surpris les personnes qui se trouvaient à proximité du front de coulée il y a quelques jours. Les explosions peuvent se produire au niveau des cratères même quand le volcan semble calme. J’ai pu le constater un jour que je me trouvais au bord de la Voragine qui a fait entendre deux grosses explosions avec des projections de blocs loin derrière la lèvre du cratère. D’où l’importance d’avoir un casque pendant la visite de l’Etna, une précaution que ne semble pas avoir prise les victimes de l’explosion phréato-magmatique. En cas d’explosion, surtout si celle-ci a son siège dans un cratère, il est important de ne pas courir. Le bon réflexe est de lever les yeux pour observer la trajectoire des bombes. Il sera ainsi plus facile de les éviter.

Une dernière recommandation : Respecter les décisions des autorités concernant la sécurité. Ne pas s’aventurer dans les zones non autorisées. Ne pas hésiter à louer les services d’un guide si le règlement l’impose.

Aujourd’hui, nous vivons une époque où les exploits extrêmes font la loi, et ceux qui s’aventurent à donner des conseils de prudence passent souvent pour des imbéciles. Heureusement, la Nature est là pour remettre les choses à leur place!

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MISE AU POINT

Les articles et remarques publiés sur ce blog le sont sous la seule responsabilité de Claude Grandpey et n’engagent en rien celle de L’Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.) dont il est Président d’Honneur. Si des personnes ont des commentaires à formuler sur les articles, elles doivent le faire ici, dans la rubrique « Commentaires », par courrier électronique ou par téléphone si elles possèdent mon numéro.

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Mount Etna is a volcano whose access is quite easy, but it requires the utmost caution, like all active volcanoes or, simply, high mountain areas. It should not be forgotten that the volcano culminates at 3340 meters a.s.l. and the weather above 2000 meters has nothing to do with that of the beaches of the Ionian Sea. Even in the summer, it can get very cold. When I worked with the guides, I saw young and pretty women get out of the buses in mini skirts and regret not having covered themselves more warmly!
Regarding the weather, it is prudent to inquire before starting a hike on the volcano. The weather can change extremely quickly. Fog can settle in minutes and reduce visibility that can become zero. It is prudent to carry a GPS. By activating the return function, it will be easier to find one’s track.
In winter, the fog can be accompanied by a snow storm, with a real blizzard that makes you lose your bearings. If you do not have a GPS to guide you, the leader of the guides told me one day  that you should walk without stopping against the wind, which usually comes from the west. There will come a time when you will reach the forest. The thing not to be done would be to turn your back to the wind and to head towards the Valle del Bove, with the risk of a deadly fall along the steep walls of this depression.
In winter, when snow covers Mt Etna, caution must be exercised in the summit zone, particularly in areas where fumaroles are heating the ground. The heat thus emitted melts the snow from below and if one moves forward on such an area, one can quickly find oneself at the bottom of a hole. A good precaution is to leave a distance between people. In case of problems, it will be easier to intervene.
In summer, it is the lightning which represents the main danger. Again, it is advisable to consult the weather before undertaking a hike. The lava on Mt Etna is in places rich in iron, which atracts lightning strikes. They are quite visible at the top of the Montagnola. A few years ago, two young people were killed by lightning near the NE Crater. I narrated this sad story in my book Volcanecdotes, now out of print.
In addition to the weather, Mount Etna conceals the classical traps of an active volcano, as we have seen with the phreato-magmatic explosion that surprised the people who were near a lava front a few days ago. Explosions can occur at the summit craters even when the volcano appears calm. I could see it one day when I was on the edge of the Voragine which triggered two large explosions, with projections of blocks far beyond the crater rim. Hence the importance of wearing a helmet during the visit of Mt Etna, a precaution that does not seem to have been taken the victims of the phreato-magmatic explosion. In the event of an explosion, especially if it has its seat in a crater, it is important not to run. The good reflex is to raise one’s eyes to observe the trajectory of the bombs. This will make it easier to avoid them.
A final recommendation: Respect the authorities’ decisions on safety. Do not venture into unauthorized areas. Do not hesitate to rent the services of a guide if the regulation imposes it.

Today, at a time when extreme feats are the rule, those who dare give pieces of advice about security are often considered as stupid persons. Fortunatley, Nature is here to put things right!

Photos: C. Grandpey

Des événements climatiques extrêmes // Extreme weather events

drapeau-francaisLes événements extrêmes se multiplient en ce moment sur notre planète. Les médias se sont faits l’écho des tornades qui ont sévèrement affecté le Mississippi, l’Alabama, le Texas, et maintenant le Missouri aux Etats-Unis. La ville d’Anchorage en Alaska vient de subir des rafales de vent de 150 km/h. La température est anormalement haute et la neige a quasiment disparu. L’Amérique du Sud n’est pas épargnée, avec des inondations au Brésil, au Paraguay, en Uruguay et en Argentine. Plus près de nous, le nord de l’Angleterre est sous les eaux. Un puissant système dépressionnaire vient de traverser l’Islande. La pression atmosphérique a chuté de 54 hectopascals en seulement 18 heures pour atteindre 928 hPa. Le dernier record était de 900 hPa en décembre 1986. Selon les météorologues, ce système dépressionnaire fait partie du même phénomène qui a provoqué les tornades aux Etats-Unis. Au niveau du Pôle Nord, les températures sont anormalement élevées, entre +1,11°C et +1,66°C, ce qui est une dizaine de degrés au-dessus de la normale saisonnière ! Ces températures correspondent à celles enregistrées normalement au cœur de l’été.
Mais, bien sûr, certains diront que nous ne sommes pas responsables, que tout cela fait partie d’un cycle naturel et que nos émissions de CO2 et autres gaz n’y sont pour rien ! La COP 21 ? Le fantasme d’une poignée de gens !
Tout cela en attendant la neige en montagne et en redoutant une prochaine tempête comme celle qui a dévasté la France les 26 et 27 décembre 1999 !

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drapeau-anglaisExtreme events are increasing right now on our planet. The media have echoed tornadoes that have severely affected Mississippi, Alabama, Texas, and now Missouri in the United States. The city of Anchorage in Alaska has just experienced wind gusts of 150 km / h. The temperature is abnormally high and snow has almost disappeared. South America is not spared, with floods in Brazil, Paraguay, Uruguay and Argentina. Closer to France, the North of England is under water. A strong low pressure system just went through Iceland. Atmospheric pressure fell by 54 hectopascals in only 18 hours to reach 928 hPa. The last record was 900 hPa in December 1986. According to meteorologists, the storm system is part of the same phenomenon that caused tornadoes in the United States. At the North Pole, temperatures are abnormally high, between + 1.11 ° C and + 1.66 ° C, which is ten degrees above seasonal averages! These temperatures correspond to those normally recorded at the heart of the summer.
But, of course, some people will say we are not responsible, that it is all part of a natural cycle and that our CO2 emissions and other gases are not to blame! COP 21? The fantasy of a handful of people!
Meantime, we are waiting for the snow in the mountains and fearing the next storm like the one that devastated France on 26 and 27 December, 1999!

Brèves d’Islande // Latest news from Iceland

drapeau francaisPendant que la France souffre de la chaleur, l’Islande souffre de la pluie et du froid, avec des chutes de neige observées le week-end dernier sur les hautes terres de l’intérieur du pays. A noter que certaines routes d’altitude sont toujours interdites à la circulation suite aux très abondantes chutes de neige de l’hiver dernier.

C’est sûrement parce qu’ils ont peur d’avoir froid aux fesses que certains touristes peu scrupuleux n’hésitent pas à faire leurs besoins sur les tombes du cimetière de Sandfell, dans le parc du Vatnakökull, alors qu’ils pourraient utiliser les toilettes des campings de Skaftafell et Svínafell. Des panneaux très explicites ont été installés afin de rappeler les principes les plus élémentaires de propreté.  Il y a vraiment des porcs partout !

S’agissant des bonnes moeurs, il est aussi rappelé aux touristes qu’il est interdit d’avoir des relatons sexuelles dans les eaux du Blue Lagoon. La pratique était, semble-t-il, assez répandue dans l’ancien Lagon Bleu mais serait en voie de disparition depuis que la nouvelle structure a été mise en place.

Une nouvelle mode se développe actuellement chez les touristes : l’édification de cairns un peu partout dans les parcs nationaux. Les Islandais n’apprécient guère. Dans ce pays, leur présence est souvent liée aux elfes et leur édification à l’aide de pierres prélevées ici et là présente un danger pour une Nature extrêmement fragile en Islande. Là aussi, des panneaux dissuasifs ont été installés par les autorités.

Source : Iceland Review.

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drapeau anglaisWhile France is suffering from a heatwave, Iceland suffers from rain and cold, with snow seen last weekend in the highlands of the interior. Tourists should know that some high roads are still closed to traffic following the very heavy snow during last winter.

It is probably because they are afraid of getting cold buttocks that some unscrupulous tourists do not hesitate to defecate on the graves of the Sandfell cemetery in Vatnakökull Park instead of using the toilets in the campsites of Skaftafell and Svínafell. Very explicit signs have been set up to remind the most elementary principles of cleanliness. There are pigs everywhere!

As for morality, it is also reminded tourists that it is forbidden to have sex in the waters of the Blue Lagoon. The practice was, apparently, quite common in the old Blue Lagoon but seems to have been far less frequent since the new structure was opened.

A new trend is developing among tourists: the building of cairns around national parks. Icelanders do not appreciate. In this country, their presence is often associated with the elves and their construction using stones taken from here and there is a danger to an extremely fragile nature in Iceland. Again, dissuasive panels have been installed by the authorities.

Source: Iceland Review.

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Nouveaux panneaux islandais.  (Source:  Iceland Review)

En route pour un 21ème siècle de chaleur? // On the way to a warm 21st century?

drapeau francaisCette semaine, deux titres de l’Alaska Dispatch News, le journal le plus lu en Alaska, ont attiré mon attention : « 2014 a été l’année la plus chaude de tous les temps pour une grande partie de l’Alaska » et « 2014 la deuxième année la plus chaude dans l’histoire de la Finlande ».

Beaucoup de gens me diront que cela ne paraît guère possible dans une région du monde où les températures sont capables de plonger à -40°C, voire moins.  Je leur ferai remarquer que ce ne sont pas les relevés ponctuels qu’il faut prendre en compte pour apprécier l’évolution du climat, mais les données globales telles qu’elles ont été fournies tout au long de l’année.

En Alaska, 2014 a été l’année la plus chaude de tous les temps pour un grand nombre de localités situées à l’ouest d’une ligne allant d’Anchorage à Barrow, à commencer par la capitale Anchorage. Dans l’intérieur et le sud-est de l’Etat, les stations météo ont relevé des températures parmi les plus élevées de leur histoire.

Certains climatologues font toutefois remarquer que l’Alaska couvre une superficie de 1 717 854 km² et que certaines régions ne sont pas couvertes par les stations météo ; il est donc impossible d’en connaître les variations de température. Malgré cela, il ne fait aucun doute que la température globale de l’Alaska en 2014 fait partie des plus chaudes jamais relevées et rejoint les années 1926,1940 et 1993.

De nos jours, afin de mieux couvrir l’Alaska, l’Institut Géophysique Universitaire et le National Weather Service ont divisé l’Etat en 13 régions climatiquement homogènes. Avec cette nouvelle méthode, 2014 arrive en deuxième position après 1940. De son côté, la National Oceanic and Atmospheric Administration a indiqué que 2014 était, selon ses calculs, l’année la plus chaude de tous les temps.

En Finlande, le Finnish Meteorological Institute indique que 2014 arrive en deuxième position après 1938 dans le classement des années les plus chaudes, avec 0,15°C de moins que cette dernière. Le classement complet est le suivant : 1938, 2014, 1989, 2011 et 2000. Les météorologues finlandais font remarquer que les mois les plus chauds ont été février, mars, juillet et août 2014, ainsi que début décembre. Le pays a connu une période de chaleur de 50 jours, soit 14 jours de plus que la normale, avec une pointe à 32,8°C le 4 août à Pori, dans l’ouest. La journée la plus froide a été observée dans le nord, à Kevojärvi, avec -40,7°C.

Le réchauffement climatique n’est peut-être pas lié aux volcans – même si certaines éruptions volcaniques majeures peuvent l’atténuer ponctuellement – mais il nous concerne tous. Mes déplacements à travers la planète m’ont permis d’observer des changements alarmants en particulier dans l’univers glaciaire. C’est pour cela qu’à mon modeste niveau je tire la sonnette d’alarme. Comme l’a écrit Saint Exupéry en faisant écho à un vieux proverbe amérindien: « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants ».

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drapeau anglaisThis week, two headlines of the Alaska Dispatch News, the most widely read newspaper in Alaska, caught my attention: « 2014 was warmest year on record for much of Alaska » and « 2014 the second hottest year in Finnish history. »
Many people will tell me that this hardly seems possible in a region where temperatures can dip to -40 ° C or less. I will answer them that one-time readings should not be taken into account to value climate change, but the overall data that were provided throughout the year.
In Alaska, 2014 was the warmest year of all time for a large number of communities to the west of a line from Anchorage to Barrow, starting with Anchorage, the capital. In the interior and the southeast of the State, the weather stations have recorded temperatures among the highest in their history.
Some climatologists, however, notice that Alaska covers an area of 1,717,854 km² and certain areas are not equipped with weather stations; so it is impossible to know their temperature changes. Despite this, there is no doubt that the global temperature of Alaska in 2014 was one of the hottest ever recorded together with the years 1926.1940 and 1993.
Nowadays, to better cover Alaska,  the Geophysics Institute and the National Weather Service have divided the State into 13 climatically homogeneous regions. With this new method, 2014 ranks second after 1940. For its part, the National Oceanic and Atmospheric Administration reports that 2014 was, according to its calculations, the warmest year of all time.

In Finland, the Finnish Meteorological Institute says that in 2014 ranked second after 1938 in the list of the warmest years, with 0.15 ° C less than its predecessor. The complete ranking is as follows: 1938, 2014, 1989, 2011 and 2000. The Finnish meteorologists point out that the warmest months were February, March, July and August 2014 and early December. The country experienced a heat of 50 days, 14 days longer than normal, with a peak of 32.8 ° C on August 4th in Pori, western Finland. The coldest day was observed in the north, at Kevojärvi, with -40.7 ° C.

Global warming may not be linked to volcanoes, even though major volcanic eruptions may sometimes alleviate the phenomenon, but we should all feel concerned. My journeys across the planet allowed me to observe dramatic changes, mostly in the universe of glaciers. This is the reason why, at my modest level, I alert people to the emergency of the situation. As Saint Exupéry put it, copying an old Indian proverb:   « We do not inherit the earth from our ancestors, we borrow it from our children. »

…et, pendant ce temps, les glaciers fondent, en Alaska…

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…ou au Canada!

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(Photos: C.  Grandpey)

Eruptions volcaniques et hivers froids en Irlande // Volcanic eruptions and cold winters in Ireland

drapeau francais   En étudiant scrupuleusement 40.000 chroniques médiévales – les Annales Irlandaises – et en les comparant à des mesures effectuées à partir de carottes de glace, des chercheurs ont réussi à lier les conséquences climatiques des éruptions volcaniques aux épisodes de froid extrême en Irlande sur une période de 1200 ans, entre 431 et 1649.
Leur étude, qui a été récemment publiée dans la revue Environmental Research Letters, a montré que sur cette durée jusqu’à 48 éruptions volcaniques explosives ont pu être identifiées par le projet Greenland Ice Sheet (GISP2) qui enregistre chaque année les dépôts de sulfate volcanique dans les carottes de glace.
Parmi ces 48 événements volcaniques, 38 ont été étroitement associés à 37 événements de froid extrême identifiés en examinant systématiquement les entrées écrites dans les Annales Irlandaises et en recensant les phénomènes météorologiques observés directement, tels que les fortes chutes de neige et le gel, les périodes pendant lesquelles la glace a recouvert les lacs et les rivières, ainsi que les descriptions contemporaines de temps anormalement froid.
Une conclusion importante de l’étude est que les éruptions volcaniques explosives sont fortement et constamment impliquées dans la survenue de phénomènes météorologiques froids au cours de cette longue période temps (1200 ans) en Irlande. Il est rare que de tels événements météorologiques extrêmes se produisent dans un pays au climat océanique comme l’Irlande.
On sait que, suite à l’injection de dioxyde de soufre dans la stratosphère, les éruptions volcaniques peuvent jouer un rôle important dans la régulation du climat de la Terre. A l’issue des éruptions, le dioxyde de soufre se transforme en particules d’aérosols sulfatés qui réfléchissent la lumière solaire et entraînent un refroidissement temporaire de la surface de la Terre.
Alors que les effets globaux des éruptions récentes sont assez bien connus, comme celle du Pinatubo en 1991, on sait moins de choses sur leurs effets sur le climat avant l’apparition des instruments de mesures, ou encore leurs effets à l’échelle régionale. Les Annales Irlandaises ont permis d’apporter des réponses à ces deux questions.
Les grandes éruptions sont susceptibles de refroidir le climat en été ; en revanche, pendant l’hiver, les éruptions de basse latitude dans les tropiques ont plutôt tendance à réchauffer une grande partie de l’hémisphère nord car elles provoquent un renforcement des vents d’ouest qui apportent, par exemple, l’air plus chaud océanique en Europe. Toutefois, l’étude a identifié plusieurs cas où des éruptions de basse latitude semblaient correspondre à des hivers extrêmement froids en Irlande. Par exemple, les chercheurs ont été surpris de constater que, dans les années 1600, l’éruption au Pérou du Huaynaputina avait entraîné des hivers extrêmement froids en Irlande les années suivantes.
La possibilité que les éruptions tropicales puissent entraîner des hivers plus rigoureux en Irlande met en lumière la complexité de la relation volcans-climat en termes de réaction climatique régionale aux événements volcaniques.

Source : California Science & technology News.

drapeau anglais   By critically assessing over 40,000 written Irish medieval chronicles and comparing them with measurements taken from ice cores, researchers successfully linked the climatic aftermath of volcanic eruptions to extreme cold weather events in Ireland over a 1200-year period from 431 to 1649.

Their study, which has recently been published in the journal Environmental Research Letters, showed that over this timescale up to 48 explosive volcanic eruptions could be identified in the Greenland Ice Sheet Project (GISP2) ice-core, which records the deposition of volcanic sulphate in annual layers of ice.
Of these 48 volcanic events, 38 were associated, closely in time, with 37 extreme cold events, which were identified by systematically examining written entries in the Irish Annals and picking out directly observed meteorological phenomena and conditions, such as heavy snowfall and frost, prolonged ice covering lakes and rivers, and contemporary descriptions of abnormally cold weather.
A major result of the study is that explosive volcanic eruptions are strongly, and persistently, implicated in the occurrence of cold weather events over this long timescale in Ireland. In their severity, these events are quite rare for the country’s mild maritime climate.
It is well-known that through the injection of sulphur dioxide into the stratosphere, volcanic eruptions can play a significant role in the regulation of the Earth’s climate. Sulphur dioxide is converted into sulphate aerosol particles after eruptions which reflect incoming sunlight and result in an overall temporary cooling of the Earth’s surface.
While the global effects of recent eruptions are quite well-known, such as the 1991 Mount Pinatubo eruption, less is known about their effects on climate before the beginning of instrumental weather recording, or their effects on regional scales; the Irish Annals provided an opportunity to explore both of these issues.

Although the effect of big eruptions on the climate in summer is likely to cause cooling, during the winter, low-latitude eruptions in the tropics have instead been known to warm large parts of the northern hemisphere as they cause a strengthening of the westerly winds that brings, for example, warmer oceanic air to Europe; however, this study identified several instances when low-latitude eruptions appeared to correspond to extreme cold winters in Ireland. One example is the 1600 eruption in Peru of Huaynaputina, which the researchers found, against expectations, to be associated with extreme cold winter weather in Ireland in the following years.
The possibility that tropical eruptions may result in severe winter cooling for Ireland highlights the considerable complexity of the volcano-climate system in terms of the regional expression of the response of climate to volcanic disturbances.
Source : California Science & technology News.

Pinatubo-blog-2

L’éruption du Pinatubo (1991) a eu un effet certain sur le climat de la planète. Elle est décrite dans mon dernier livre « Killer Volcanoes, éruptions meurtrières des temps modernes » (voir colonne de gauche de ce blog).

[Crédit photo:  Wikipedia]