Sommes-nous prêts à affronter la prochaine super éruption? // Are we ready to face the next super eruption ?

Je termine généralement ma conférence «Volcans et risques volcaniques» en disant que ce que je crains le plus, c’est l’éruption d’un «super volcan» comme le Taupo en Nouvelle-Zélande, le Toba en Indonésie ou le Yellowstone aux États-Unis. S’agissant de Yellowstone, j’explique que les volumineux nuages ​​de cendre produits par l’éruption causeraient de très sérieux dégâts aux Grandes Plaines qui sont le grenier des États-Unis. Ils affecteraient aussi profondément les communications. Notre société basée sur Internet serait certainement en grande difficulté si une telle situation se produisait. Je suis d’accord avec les scientifiques qui disent que le monde doit faire davantage d’efforts pour se préparer à la prochaine méga éruption volcanique.
Le tsunami dévastateur dans l’Océan Indien en 2004 et le séisme de Tohoku au Japon en 2011 sont des exemples de graves catastrophes naturelles. Cependant, le monde moderne n’a pas eu à faire face à une véritable catastrophe volcanique depuis au moins 1815, lorsque l’éruption du Tambora en Indonésie a tué des dizaines de milliers de personnes et provoqué une «année sans été» en Europe et en Amérique du Nord. De telles éruptions majeures atteignent le niveau 7 ou plus sur l’Indice d’Explosivité Volcanique (VEI) qui présente 8 échelons.
Il faut garder à l’esprit que la prochaine éruption de VEI-7 pourrait survenir au cours de notre vie et nous ne savons pas prévoir les éruptions. Même si nous en étions capables, je ne suis pas certain que nous soyons prêts à affronter de tels super événements
Un article publié par trois chercheurs américains au début du mois de mars 2018 dans Geosphere examine les conséquences potentielles d’une éruption de VEI-7. Les trois scientifiques ont analysé l’éruption de VEI-5 du Mont St Helens en 1980, et l’éruption de VEI-6 du Pinatubo en 1991. Ces événements ont tué des dizaines, voire des centaines de personnes, et occasionné des perturbations à des régions entières. Le Pinatubo a même envoyé assez de SO2 dans la stratosphère pour provoquer une baisse des températures sur la planète.
Une éruption de VEI-7 aurait des conséquences bien différentes. En 1257, une éruption de VEI-7 en Indonésie a probablement refroidi suffisamment la planète pour provoquer un Petit âge glaciaire. Le problème est que la prochaine super éruption aura lieu dans un environnement bien différent de celui du 13ème siècle. Aujourd’hui, l’agriculture, les systèmes de santé, le monde de la finance et d’autres secteurs de la vie moderne sont beaucoup plus interconnectés à l’échelle mondiale qu’ils ne l’étaient il y a quelques décennies. Il suffit de voir ce qui s’est passé en 2010 lors de l’éruption d’Eyjafjallajökull en Islande. L’éruption qui n’avait qu’un VEI-3 a paralysé le trafic aérien européen pendant plusieurs jours à cause des nuages ​​de cendre émis par le volcan. L’événement a causé des pertes économiques estimées à 5 milliards de dollars.
En conséquence, il serait souhaitable que les chercheurs commencent à anticiper une éruption de VEI-7 en étudiant ses effets potentiels sur les liaisons de communication. Par exemple, il faudrait savoir comment l’humidité atmosphérique et les cendres volcaniques peuvent interférer avec les signaux GPS. Il faudrait aussi faire des études afin de mieux comprendre comment de grandes quantités de magma s’accumulent et provoquent des éruptions. Cela permettrait de mieux prévoir où le prochain événement de VEI-7 est susceptible de se produire.
Les chercheurs possèdent déjà une longue liste de volcans capables de déclencher une éruption de VEI-7. Comme je l’ai écrit plus haut, ces volcans comprennent le Taupo en Nouvelle-Zélande, site de la dernière éruption du VEI-8 il y a 26 500 ans, et le Mont Damavand, situé à seulement 50 kilomètres de Téhéran.
Même s’il existe actuellement une faible probabilité de voir une super éruption survenir dans le court terme, si un tel événement devait se produire, les gens se tourneraient vers les scientifiques, les gestionnaires des services d’urgences, les gouvernements et d’autres entités et s’attendraient à ce qu’ils soient prêts à y faire face.
Source: D’après un article publié dans Nature.

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I usually end my conference « Volcanoes and volcanic risks” with the conclusion that what I fear most is an eruption of a ‘super volcano’ like Taupo in New Zealand, Toba in Indonesia, or Yellowstone in the United States. As far as Yellowstone is concerned, I explain that the massive ash clouds produced by the eruption would cause very serious damage to the Great Plains which are the granary of the U.S. They would also deeply affect communications. Our society based on the Internet would certainly be at a loss if such a situation occurred.  I agree with the scientists who say that the world needs to do more to prepare for the next huge volcanic eruption.

The devastating Indian Ocean tsunami of 2004 and the Tohoku earthquake in Japan in 2011 highlighted some of the worst-case scenarios for natural disasters. However, humanity has not had to deal with a cataclysmic volcanic disaster since at least 1815, when the eruption of Tambora in Indonesia killed tens of thousands of people and led to a ‘year without a summer’ in Europe and North America. Such powerful eruptions rank at 7 or more on the Volcanic Explosivity Index (VEI), which goes to 8.

We have to admit that the next VEI-7 eruption could occur within our lifetime, but we are not yet able to predict future eruptions. Even if we did, I am not sure we are ready to face super events

A paper published by three American researchers in early March 2018 in Geosphere explores the potential consequences of the next VEI-7 eruption.  All three have researched the VEI-5 eruption of Mount St Helens in Washington state in 1980, and the VEI-6 eruption of Mount Pinatubo in the Philippines in 1991. Those events killed dozens to hundreds of people and disrupted entire regions. Pinatubo even spewed enough SO2 into the stratosphere to cause global cooling.

A VEI-7 eruption would be of an entirely different scale. In 1257, a VEI-7 eruption in Indonesia probably cooled the planet down enough to kick off the Little Ice Age. The problem is the next super eruption will take place in quite a different environment. Today, agriculture, health care, financial systems and other aspects of modern life are much more globally interconnected than they were just a few decades ago. It suffices to see what happened in 2010 with the eruption of Eyjafjallajökull in Iceland. The eruption that ranked at just VEI 3 grounded European air traffic for days because of the ash clouds emitted by the volcano. The event caused an estimated 5 billion US dollars in economic losses.

As a consequence, researchers should start to prepare for a VEI-7 eruption by studying potential effects on crucial communications links such as how atmospheric moisture and volcanic ash can interfere with GPS signals. Others could work to improve their understanding of how large amounts of magma accumulate and erupt, helping scientists to forecast where the next VEI-7 event might occur.

The researchers already have a long list of candidate volcanoes that might be capable of a VEI-7 blast. As I put it before, they include Taupo in New Zealand, site of the world’s last VEI-8 eruption 26,500 years ago, and Iran’s Mount Damavand, which lies just 50 kilometres from Tehran.

Even if there is currently a low probability of a super eruption in the short term, when it occurs people will look to scientists, emergency managers, governments and other entities and expect them to be prepared.

Source : After an article published in Nature.

Yellowstone fait partie des super volcans de la planète (Photo: C. Grandpey)

Les explosions de l’Halema’uma’u (Volcan Kilauea / Hawaii) // The explosions of Halema’uma’u Crater (Kilauea Volcano / Hawaii)

drapeau-francaisL’explosion qui a secoué le lac de lave de l’Halema’uma’u le 6 août 2016 est la dernière d’une série qui a débuté en 2008. En effet, l’éruption sommitale en cours a commencé par une un événement explosif le 19 mars 2008, quand un éboulement a bloqué temporairement les gaz à l’intérieur de la nouvelle bouche qui venait de s’ouvrir. La pression s’est accumulée et une explosion s’est produite quelques minutes plus tard. Les matériaux éjectés étaient entièrement composé de roches anciennes tandis que les gaz provenaient du magma qui n’avait pas encore atteint la surface. Sept autres événements explosifs ont eu lieu entre le 9 avril et le 14 octobre 2008. Tous ont mis en œuvre des roches anciennes et du magma juvénile qui était apparu dans la nouvelle bouche. Depuis 2008, 19 rxplosions ont déposé des projections sur la lèvre de l’Halema’uma’u. Leur amplitude peut être définie en se référant à l’Indice d’Explosivité Volcanique (VEI) qui classe les éruptions explosives en fonction du volume de matériaux émis. Le VEI, tel qu’il est défini actuellement, varie de 8 à moins 6 (-6). Un VEI de 8 correspond à un volume de 1018 mètres cubes ou plus. Un VEI de -6 correspond à un volume de 0,1-0,01 mètres cubes.
http://geology.com/stories/13/volcanic-explosivity-index/

Trois parmi les événements explosifs de 2008 ont été répertoriés avec un VEI -2 (entre100 et 1000 mètres cubes émis), quatre avec un VEI -3 (10-100 mètres cubes émis), et un avec un VEI -4 (1-10 mètres cubes émis). Tous les événements depuis 2008 ont un VEI -3 ou un VEI.-4. Aucun n’égale ou dépasse les trois grands événements de 2008. Le VEI de l’événement du 6 août dernier a été estimé à -3.
Un autre facteur important à prendre en compte est la profondeur de l’explosion par rapport à la lèvre du cratère. Davantage de matériaux atteindront la lèvre de l’Halema’uma’u si la profondeur n’est pas importante car la matière éjectée aura moins de distance à parcourir. On ne connaît pas la profondeur des événements explosifs de 2008, ni des deux événements de 2009, mais on pense qu’ils se situaient probablement à plus de 150 mètres de profondeur.
En revanche, tous les événements explosifs ont eu lieu à une profondeur inférieure à 150 mètres depuis 2011, année où des mesures fréquentes de la profondeur du lac de lave ont commencé à être effectuées en utilisant un télémètre laser. Par exemple, l’événement du 6 août 2016 a eu lieu à une profondeur de 125 mètres. Trois événements explosifs en avril-mai 2015 se sont produits alors que le niveau du lac était anormalement élevé, à 85-90 mètres en dessous de la lèvre du cratère principal de l’Halema’uma’u. Toutes les explosions ont été provoquées par les chutes de pierres des parois de l’Overlook Crater qui contient le lac de lave. Ces parois sont devenues de plus en plus stables avec le temps. La preuve de cette stabilité est la faible quantité de roche solide émise quotidiennement ; elle atteint en moyenne aujourd’hui moins de 5% de l’ensemble des éjectas. Néanmoins, il reste des parties instables sur les parois, en particulier en dessous de l’ancien belvédère, aujourd’hui interdit au public. De petits événements explosifs provoqués par des effondrements de cette partie de la paroi peuvent encore « arroser » cette zone. C’est ce qui est arrivé le 8 janvier et le 6 août de cette année. Cette partie de la paroi va finir par se stabiliser, mais elle est probablement encore fragile. Il ne serait pas surprenant que de nouvelles explosions accompagnées de projections se produisent dans les prochains mois.
Source: USGS / HVO.

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drapeau-anglaisThe explosive event at Halema’uma’u Crater’s lava lake on August 6th, 2016, was the latest in a series that began in 2008. Indeed, the current summit eruption started explosively on March 19th, 2008, when a rockfall temporarily impeded the release of volcanic gas from a new vent. Pressure built up, and an explosion ensued a few minutes later. The erupted material consisted entirely of older rocks from past eruptions; the gas came from magma not yet in the vent. Seven more explosive events took place between April 9th and October 14th, 2008. All involved both old rocks and new magma, which had risen into the new vent.

Since 2008, 19 explosive events have deposited spatter on the rim of Halema’uma’u Crater. Their amplitude can be defined using the Volcano Explosivity Index (VEI) which classifies explosive eruptions by the volume of erupted material. The VEI, as currently defined, ranges from 8 to minus 6 (-6). A VEI of 8 has a volume of 1 trillion cubic metres or more. A VEI of -6 has a volume of 0.1–0.01 cubic metres.

http://geology.com/stories/13/volcanic-explosivity-index/

Three of the 2008 explosive events rated as VEI -2 (100–1,000 cubic metres), four as VEI -3 (10–100 cubic metres), and one as VEI -4 (1–10 cubic metres). All explosive events since 2008 are either VEI -3 or VEI -4. None comes close to matching the three larger 2008 events. The August 6th event rates a VEI of -3.

Another important factor to take into account is the depth below the crater rim at which the explosive event takes place. More material will reach the rim of Halema’uma’u if the depth is shallower, as the ejected material has less distance to travel. We don’t know the depths of the explosive events in 2008 or the two in 2009, except that they were certainly more than 150 metres deep.

In contrast, all explosive events have been shallower than 150 metres since 2011, when frequent measurements of the depth to the lava lake were started using a laser rangefinder. For example, the August 6th event occurred at a depth of 125 metres. Three explosive events in April-May 2015 took place when the lake level was unusually high, 85–90 metres below the Halema’uma’u Crater rim All the explosive events were triggered by rockfalls from the walls of Overlook crater, which contains the lava lake. Those walls are becoming more stable with time. Evidence of increasing stability is the low amount of solid rock material erupted daily from the crater, now averaging less than 5% of the total daily ejecta. Nonetheless, unstable portions of the wall remain. One is under the old visitor overlook on the Crater rim. Even small explosive events caused by failure of this part of the wall can throw spatter onto the overlook area. That happened on January 8th and August 6th of this year.  Eventually this part of the wall will stabilize, but it probably hasn’t yet. We will not be surprised if another shower of spatter lands in the overlook area in the next few months.

Source: USGS / HVO.

Halemaumau-juillet-2007

Cratère de l’Halema’uma’u quelques semaines avant la naissance de la nouvelle bouche éruptive (Photo: C. Grandpey)

Halemau 2008 01

La nouvelle bouche en mars 2008 (Crédit photo: HVO)

Halemau 2011

Explosion dans l’Overlook Crater le 7 mars 2011 (Crédit photo: HVO)

10 avril 1815, un jour à ne pas oublier! // April 10th 1815, a day to remember!

drapeau-francaisLe 10 avril 1815, le Tambora, sur l’île indonésienne de Sumbawa, décidait de se réveiller avec une éruption qui a provoqué une catastrophe climatique à l’échelle de la planète. Ce fut la plus puissante éruption volcanique du dernier millénaire, avec un Indice d’Explosivité (VEI) de 7 sur 8 et l’émission de quelque 150 kilomètres cubes de téphra.. C’est dix fois plus que le Pinatubo en 1991 et cent fois plus que le Mont St. Helens en 1980.
Sur l’île de Sumbawa, l’éruption a tué d’emblée au moins 10 000 personnes et peut-être plus de 90 000 si l’on prend en compte les effets collatéraux, avec l’exposition aux gaz brûlants et toxiques des coulées pyroclastiques. Mais les effets de l’éruption du Tambora ne s’arrêtent pas là. Le cataclysme a propulsé environ 100 mégatonnes d’aérosols de soufre dans la stratosphère et généré un voile de brume tout autour de la Terre. Cette brume a donné naissance à des couchers de soleil spectaculaires qui ont inspiré de nombreux artistes. Malheureusement,  elle a aussi réfléchi une partie des rayons du soleil, ce qui a entraîné un refroidissement de la Terre d’un demi degré Celsius et le dérèglement des conditions climatiques dans de nombreuses régions du monde.
Aux États-Unis, les gelées et le temps froid ont réduit à néant les récoltes en Nouvelle-Angleterre. Ce fut une «année sans été», avec une migration de la population vers les Etats de l’Ouest. Les basses températures ont également perturbé le cycle de la mousson en Asie, avec pour conséquence la famine en Inde et une épidémie de choléra d’une gravité sans précédent. L’été froid et les fortes pluies ont également détruit les rizières en Chine, avec un cortège de famine, d’infanticides, et même d’esclavage des enfants.
Malgré les progrès de la volcanologie, la Terre reste sous la menace d’une éruption majeure, celle d’un super volcan comme le Taupo en Nouvelle Zélande ou le Yellowstone aux Etats Unis. Il suffit de se souvenir de l’éruption de l’Eyjafjallajökull en Islande en 2010, avec des perturbations au trafic aérien qui ont coûté des milliards de dollars à l’économie mondiale. Quelques mois plus tard, l’éruption du Merapi (Indonésie) a tué plus de 300 personnes et des milliers d’autres ont été déplacées. L’éruption de 2010 n’avait qu’un VEI de 4.

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drapeau-anglaisApril 10th, 1815 was the day when Tambora volcano on Indonesia’s island of Sumbawa decided to erupt, triggering a widespread climate catastrophe. The Tambora eruption was the largest volcanic eruption in the last millennium with a Volcano Explosivity Index (VEI) of 7 out of 8 levels, and the emission of about 150 cubic kilometres of tephra. That’s ten times bigger than Mount Pinatubo in 1991 and a hundred times more powerful than Mount St. Helens in 1980.

On Sumbawa Island, the event killed at least 10,000 people and possibly more than 90,000, largely from exposure to the hot and toxic pyroclastic flows. But Tambora’s effects were felt much farther. The eruption injected about 100 megatons of sulphur aerosols into the stratosphere, causing a global haze around the Earth. Initially, this haze created dramatic sunsets that inspired many artists. But it also reflected back a fraction of incoming sunlight, cooling the Earth by half a degree Celsius—and wreaking havoc with regional climates for about three years.

In the U.S., frosts and cold weather ravaged the New England growing season. It was a “year without a summer,” with a migration into western states. The low temperatures broke the monsoon cycle in Asia, sending India into famine and triggering a cholera epidemic of unprecedented severity.

The cold summer and the rains also destroyed Chinese farmers’ rice paddies, driving many to starvation, infanticide, and even child slavery.

Despite the progress of volcanology, our planet is still under the threat of a major eruption, that of a super volcano, like Taupo in New Zealand or Yellowstone in the U.S.. We just need to remember the 2010 eruption of Iceland’s Eyjafjallajökull volcano which shut down European air travel, costing the global economy billions of dollars. A few months later, the eruption of Mt Merapi (Indonesia) killed more than 300 people and thousands were displaced. The 2010 eruption only had a VEI of 4.

Tambora-blog

L’éruption de 1815 a laissé une caldeira de 6 km de diamètre et 1100 mètres de profondeur.
(Crédit photo NASA – Photo prise le 6 mars 2009)

Une super éruption dans l’Idaho (Etats Unis) ? // A super eruption in Idaho (United States) ?

drapeau francaisYellowstone fait s’agiter la communauté scientifique en ce moment! Il est généralement admis que le volcan qui a donné naissance à la caldeira et à tous les phénomènes hydrothermaux était probablement le résultat d’un point chaud qui a percé la croûte terrestre dans le nord-ouest en Amérique, bien que cette hypothèse ait été récemment contestée par des chercheurs de l’Université de l’Illinois (voir ma note du 26 mars 2016). Une étude récente publiée dans le Bulletin de la Geological Society of America explique que le point chaud de Yellowstone a « connu une étape très agitée dans le sud de l’Idaho » avant d’atteindre son emplacement actuel.
Des scientifiques des universités de Californie et de Leicester ont examiné dans le détail l’ancienne histoire géologique de l’Idaho et ont identifié 12 grandes éruptions dans le sud de cet Etat, parmi lesquelles une super éruption semblable à celle qui a donné naissance à la caldeira de Yellowstone il y a environ 640.000 ans.
Selon les chercheurs, au cours de sa durée de vie de 17 millions d’années, le point chaud de Yellowstone a migré à travers la Plaine de la Snake River dans le sud de l’Idaho et à travers le nord du Nevada avant d’atteindre son emplacement actuel.
Le Grand bassin (The Great Basin) – une zone qui s’étend de la chaîne de la Sierra Nevada en Californie jusqu’à la chaîne de Wasatch dans l’Utah, et du sud de l’Oregon au sud du Nevada – s’est formé il y a entre 20 et 30 millions d’années ; il existait avant la formation de Yellowstone et était déjà fracturé.
Il y a environ 20 millions d’années, le Grand Bassin a commencé à s’étirer pour atteindre ce qui représente aujourd’hui deux fois sa largeur d’origine ; dans le processus, il a fracturé la croûte terrestre et le manteau supérieur dans la région. Ces fractures et l’amincissement de la lithosphère ont facilité l’ascension du panache magmatique de Yellowstone vers la surface et provoqué une série d’environ 150 éruptions volcaniques. Les plus violentes ont eu lieu dans les premières années, puis elles ont perdu de leur intensité en traversant la Plaine de la Snake River.
Les recherches récentes sur le sud de l’Idaho montrent l’importance de certaines de ces éruptions. L’une d’elles, celle de Castleford Crossing, a eu lieu il y a environ 8,1 millions d’années. La cartographie montre que l’épanchement de matériaux – essentiellement de la cendre volcanique – a recouvert au moins 22 500 kilomètres carrés sur une épaisseur de plus de 1320 mètres. Cela signifie que l’éruption de Castleford Crossing a atteint un niveau d’environ 8,6 sur l’indice d’explosivité volcanique (VEI). Selon l’USGS, les éruptions de VEI 5 ​​ou plus sont considérées comme de très grands événements explosifs. L’éruption du Mont St Helens en 1980 correspond à ce niveau, tandis que la dernière super éruption de Yellowstone a reçu le VEI 8.

Affaire à suivre!
Source: Statesman Journal: http://www.statesmanjournal.com/

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drapeau anglaisThe volcano that gave birth to the Yellowstone caldera and all its hydrothermal features was probably the result of a hotspot that pierced the Earth’s crust in northwestern America, although this hypothesis has recently been disputed by University of Illinois researchers (see my note of March 26th 2016). A recent study published in the Geological Society of America Bulletin explains that the Yellowstone hotspot first “made a rowdy passage through southern Idaho”before reaching its current location.

Scientists of the Universities of California and Leicester examined the ancient geological history of Idaho in greater detail and identified 12 major eruptions in southern Idaho, one of which was a super eruption similar in scale to Yellowstone’s explosion about 640,000 years ago.

According to the researchers, over the course of its 17-million-year lifespan, the Yellowstone hotspot migrated across the Snake River Plain in southern Idaho and northern Nevada to its present location.

“The Great Basin – an area that extends from the Sierra Nevada Range in California to the Wasatch Range in Utah, and from southern Oregon to southern Nevada – formed 20 to 30 million years ago, was in existence before Yellowstone was formed and it was already fractured.

About 20 million years ago, the Great Basin began stretching to what is now twice its original width, fracturing the Earth’s crust and upper mantle in the region. Those fractures and thinning of the lithosphere made it easier for the Yellowstone magma plume to push to the surface and create a series of about 150 volcanic eruptions. These eruptions were most intense in early years, then got smaller as they came across the Snake River Plain.

The recent research about southern Idaho shows how big some of those eruptions were. One of them, called Castleford Crossing, took place about 8.1 million years ago. Mapping showed its outflow covered at least 22,500 square kilometres in rock composed of volcanic ash. That rock extended to a depth of more than 1,320 metres thick. This means that the Castleford Crossing eruption was about 8.6 in magnitude on the volcanic explosivity index (VEI). Eruptions of VEI 5 or higher are considered very large explosive events, according to the U.S. Geological Survey, which would have included Mount St. Helens’ 1980 eruption. Yellowstone’s last super eruption is considered a VEI 8.

Source: Statesman Journal:  http://www.statesmanjournal.com/

Idaho 01

Idaho 02

Epanchements basaltiques dans le sud de l’Idaho (Photos: C. Grandpey)

L’indice d’explosivité volcanique (Volcanic Explosivity Index)

drapeau francaisOn peut lire sur le site « geology.com » un article très intéressant sur l’indice d’explosivité volcanique (VolcanicExplosivity Index, ou VEI en raccourci).
http://geology.com/stories/13/volcanic-explosivity-index/

L’indice d’explosivité volcanique est une échelle utilisée pour comparer les éruptions volcaniques entre elles. Il a été mis au point en 1982 par Chris Newhall de l’USGS et Stephen Self de l’Université d’Hawaii. C’est un instrument très précieux, car il peut être utilisé à la fois pour définir les dernières éruptions dont les scientifiques ont été témoins et les éruptions historiques qui se sont produites il y a des milliers ou des millions d’années.
Le principal facteur utilisé pour déterminer le VEI est le volume de matériaux pyroclastiques émis par le volcan, que ce soit la cendre, les tephra, les coulées pyroclastiques, ou d’autres types d’éjectas. La hauteur de la colonne éruptive et la durée de l’éruption sont également prises en compte dans l’attribution d’un niveau VEI.
L’échelle VEI commence à 0 pour les éruptions qui produisent moins de 0,0001 kilomètre cube de matériaux. La plupart de ces éruptions sont de très petite taille ; elles peuvent être effusives plutôt qu’explosives.
Les éruptions de VEI 1 produisent entre 0,0001 et 0,001 kilomètres cubes de matériaux. Au-dessus du VEI 1, l’échelle devient logarithmique, ce qui signifie que chaque échelon représente une augmentation de 10 fois la quantité de matière éjectée. Ainsi, les éruptions de VEI 2 produisent entre 0,001 et 0,01 kilomètres cubes d’éjectas. Celles de VEI 3 en produisent entre 0,01 et 0,1 kilomètres cubes. On peut voir l’échelle de VEI 0 de VEI 8 dans le schéma qui figure dans la partie droite de la page.
Comme chaque échelon correspond à une augmentation de 10 fois de la matière éjectée, il y a une énorme différence entre la taille d’une éruption sur le bas d’un échelon et une éruption sur le haut d’un autre. Pour cette raison, un « + » est souvent ajouté à des éruptions qui sont connues pour être dans la partie supérieure de l’échelon. Par exemple, l’éruption du Katla (Islande) le 12 Octobre, 1918 a reçu un « VEI 4 + » parce qu’elle avait un VEI 4 très élevé.

Il s’agit là d’un résumé rapide de l’article du site « geology.com ». Même s’il est rédigé en anglais, je vous conseille de le lire dans son intégralité, car il donne d’autres informations intéressantes, en particulier sur les grandes éruptions.

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drapeau anglaisOne can read on the website “geology.com” a very interesting article about the Volcanic Explosivity Index (VEI).

http://geology.com/stories/13/volcanic-explosivity-index/

The Volcanic Explosivity Index is a scale used to compare volcanic eruptions with one another. It was developed in 1982 by Chris Newhall of the United States Geological Survey and Stephen Self of the University of Hawaii. It is a very precious instrument because it can be used for both recent eruptions that scientists have witnessed and historic eruptions that happened thousands to millions of years ago.
The main characteristic used to determine the VEI is the volume of pyroclastic material ejected by the volcano, whether ash, tephra, pyroclastic flows, and other types of ejecta. The height of the eruption column and the duration of the eruption are also considered in assigning a VEI level to an eruption.
The VEI scale begins at 0 for eruptions that produce less than 0.0001 cubic kilometre of volcanic material. Most of these eruptions are very small in size and can be effusive rather than explosive.
Eruptions rated at VEI 1 produce between 0.0001 and 0.001 cubic kilometres of ejecta. Above VEI 1, the scale becomes logarithmic, meaning that each step in the scale represents a 10-fold increase in the amount of material ejected. VEI 2 eruptions produce between 0.001 and 0.01 cubic kilometres of ejecta. VEI 3 eruptions produce between 0.01 and 0.1 cubic kilometres of ejecta. The progression of the scale from VEI 0 to VEI 8 is shown in the diagram at right.
Because each step of the scale is a 10-fold increase in material ejected, there is an enormous difference in the size of an eruption on the low end of a step and an eruption on the high end of a step. For this reason, a « + » is often added to eruptions that are known to be on the upper end of their step. For example, the eruption of Katla (Iceland) on October 12th, 1918 was rated at VEI 4+ because the eruption was a very strong VEI 4.

This is a rapid summary of the article. I would advise you to read it completely as it gives more interesting information, especially on major eruptions.

VEI-blog

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En 1980, l’éruption du St Helens  (0,25

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km3 de matériaux émis) avait un VEI 4.

Faut-il modifier l’indice d’explosivité volcanique (VEI)? // Should we revamp the Volcanic Explosivity Index (VEI)?

drapeau francaisErik Klemetti, professeur-assistant en Sciences de la Terre à l’Université Denison, a écrit un article intéressant sur l’indice d’explosivité volcanique (VEI) et la nécessité d’inclure les petites éruptions dans cet indice. Voici un résumé de l’article qui peut être lu à l’adresse suivante:
http://www.wired.com/wiredscience/2013/07/revamping-the-volcanic-explosivity-index-or-tiny-eruptions-need-love-too/
L’indice d’explosivité volcanique (VEI) a été conçu afin de comparer les éruptions (essentiellement les éruptions explosives), de la même manière que l’on compare la magnitude des séismes en utilisant l’échelle de Richter. Le VEI a été mis au point principalement pour faire référence aux grandes éruptions qui ont un impact sur le climat mondial. Il est basé sur le volume de téphra  produit par les éruptions. Cela signifie que les éruptions avec un VEI de 0 à1 émettent de petites quantités de téphra (environ 10.000 m3) tandis que les éruptions de VEI 7-8 produisent une quantité remarquable de 1.000.000.000.000 m3. Au cours de l’Holocène (les derniers 10 000 ans), il y a eu seulement 6 éruptions classées dans le registre de VEI 7-8 alors qu’il y a eu au moins 2215 éruptions connues de VEI 0-1.
Même si elles ne sont pas spectaculaires et n’affectent pas la planète, les explosions de VEI 0-1 peuvent être dangereuses dans des endroits fréquentés par des personnes. Il suffit de rappeler l’éruption du Mayon (Philippines) en mai 2013. Il s’agissait d’une explosion phréatique de faible ampleur susceptible de correspondre à un VEI de 0 mais elle a tué 5 randonneurs qui se trouvaient à proximité de la bouche éruptive quand le drame s’est produit.
De même, en 2008, le Kilauea (Hawaii) a produit une série de petites explosions stromboliennes au niveau du cratère sommital de Halema’uma’u. Ces explosions n’ont émis que 10-310 m3 de tephra, mais en raison de la proximité des attractions touristiques et des routes, elles auraient pu causer des dommages importants et des blessures.
Alors, que pourrait-on faire pour prendre en compte de tels événements sur l’indice d’explosivité volcanique sans pour autant modifier l’échelle de 1 à 8? Des scientifiques américains (Houghton et autres – 2013) suggèrent que nous étendions l’échelle vers le bas, de sorte que l’éruption du Kilauea en 2008 correspondrait à un VEI de -2 à -4: l’éruption était effectivement explosive, mais mineure.
Le prochain défi sera de comparer les éruptions effusives (coulée de lave) et les éruptions explosives. En attendant, en ajoutant des valeurs négatives au VEI, nous pouvons donner à ces petites explosions le rang qui leur est dû. .

 

drapeau anglaisErik Klemetti, an assistant professor of Geosciences at Denison University, has written an interesting article about the Volcanic Explosivity Index and the necessity to include small eruptions in this index. Here is a summary of the article which can be read at :

http://www.wired.com/wiredscience/2013/07/revamping-the-volcanic-explosivity-index-or-tiny-eruptions-need-love-too/

The Volcanic Explosivity Index (VEI) was devised in order to compare eruptions (mainly explosive eruptions) much in the same way we compare earthquake magnitude using the Richter Scale. It was developed mainly to refer to major eruptions that have an impact on global climate. The VEI is based on the volume of volcanic tephra that the eruption produces. This means VEI 0 to1 eruptions produce small amounts of tephra, only  about 10,000 m3 while VEI 7-8 eruptions produce a remarkable 1,000,000,000,000 m3. Across the Holocene (the last 10,000 years), there have been only 6 eruptions that were classified into VEI 7-8 range while there have been at least 2215 VEI 0-1 known eruptions.

Although they are not dramatic and do not affect the planet, VEI 0-1 explosions can be hazardous in places where people frequent. Just remember the eruption of Mayon (Philippines) in May 2013. It was a tiny phreatic explosion that was likely VEI 0 but it killed 5 climbers who were near the vent when it occurred.

Similarly, in 2008, Hawaii’s Kilauea produced a series of small strombolian explosions from the Halema’uma’u summit. They only produced 10-310 m3 of tephra, but due to the close proximity of the vent to tourist attractions and roads, they could have inflicted significant damage and injury.

So, what could be done to take such events into account on the Volcanic Explosivity Index without disrupting the VEI 1-8 scale ?  American scientists (Houghton and others – 2013) suggest we project downward, so the 2008 eruptions at Kilauea would be VEI -2 to -4 (see right): clearly explosive, but small.

The next challenge would be to compare effusive (lava flow) eruptions with explosive eruptions. However, by adding negative VEI values, we can give those small explosions a little more of their due.

VEI-blog

Suggestion d’un nouveau VEI