Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles des volcans actifs dans le monde, tels qu’elles apparaissent dans le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution. La situation actuelle du Taal (Philippines) demande une actualisation plus fréquente.

Comme je l’ai écrit précédemment, une nouvelle éruption a commencé le 12 janvier 2020 sur le volcan La Cumbre sur l’île Fernandina (Galapagos) avec l’ouverture de nouvelles fissures à proximité de la lèvre orientale de la caldeira, à environ 1300-1400 m au-dessus du niveau de la mer. Plusieurs coulées de lave ont descendu le flanc E. Un nuage de gaz s’est élevé à 1,5-2 km au-dessus de la fissure. Un deuxième pic de sismicité a été enregistré 30 à 40 minutes après le début de l’éruption puis a progressivement diminué, ainsi que les anomalies thermiques.
Source: Instituto Geofisico

++++++++++

White Island (Nouvelle-Zélande) reste bien actif. De fortes émissions de vapeur et de gaz à haute température (440 ° C) continuent de s’échapper des bouches qui se sont ouvertes le 9 décembre 2019. Trois brefs épisodes de tremor enregistrés entre le 8 et le 10 janvier 2020 se sont accompagnés de petites explosions au niveau des bouches actives. Les émissions de SO2 se situent dans la normale, ce qui montre qu’il n’y a pas eu d’ascension du magma depuis l’éruption de décembre. Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à Jaune.
Source: GeoNet.

+++++++++

Au cours des deux premières semaines de janvier, de volumineux panaches de gaz et de vapeur sont montés à 50 – 200 mètres au-dessus du fond du cratère de l’Anak Krakatau (Indonésie). Un épisode éruptif le 7 janvier a généré un panache de cendre qui est monté à 200 mètres de hauteur. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4), et le public est invité à rester en dehors de la zone de danger d’un rayon de 2 km du cratère.
Source: VSI.

++++++++++

Le Popocatepetl (Mexique) montre les émissions quotidiennes habituelles de vapeur et de gaz qui contiennent parfois de la cendre. Une spectaculaire explosion le 9 janvier 2020 a produit un panache de cendre qui s’est élevé à 3 km au-dessus du cratère. L’événement a également éjecté des matériaux incandescents sur les flancs du volcan, jusqu’à 1 km du cratère. De nombreuses photos de l’événement ont été publiées dans les médias. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune, Phase 2.
Source: CENAPRED

++++++++++

On enregistre en moyenne chaque jour huit explosions d’intensité faible à moyenne se sur le Sabancaya (Pérou). Les panaches de gaz et de cendre s’élèvent généralement jusqu’à 3 km au-dessus du sommet.
Le niveau d’alerte reste à Orange et le public est prié de rester en dehors d’un rayon de 12 km du cratère.
Source: IGP.

++++++++++

La situation est globalement stable sur les autres volcans actifs dont les niveaux d’alerte sont restés inchangés ces derniers jours.

———————————————

Here is some news of active volcanoes around the world, as they appear in the Smithsonian Institution’s Weekly Report. Special daily bulletins are dedicated to Taal (Philippines).

As  I put it before, a new eruption started on January 12th, 2020 at La Cumbre Volcano on Fernandina Island (Galapagos) when new fissures opened near the E edge of the caldera, at elevations around 1300-1400 m above sea level. Several lava flows descended the E flank. A gas cloud rose 1.5-2 km above the fissure. A second peak in seismicity was recorded 30-40 minutes after the eruption onset and then gradually decreased, as well as the thermal anomalies.

Source: Instituto Geofisico..

++++++++++

White Island (New Zealand) remains in an elevated state of unrest. Very hot (440°C) and strong steam and gas emissions continue to rise from the 9 December vents. Three short-lived episodes of tremor recorded between January 8th and 10th were accompanied by minor explosions at the active vents. SO2 emission rates are within normal ranges, suggesting no magma movement since the December eruption. The volcanic alert level remains at 2 and the aviation colour code is kept at Yellow.

Source : GeoNet.

++++++++++

During the first two weeks of January, dense white gas plumes rose 50-200 m above the bottom of Anak Krakatau’s crater (Indonesia). An eruptive event on January 7th produced a dense ash plume that rose 200 m. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to remain outside the 2-km-radius hazard zone from the crater.

Source : VSI.

++++++++++

Popocatepetl (Mexico) shows the usual daily steam-and-gas emissions which may contain ash. A dramatic explosion on January 9th produced an ash plume that rose 3 km above the crater. The event also ejected incandescent material onto the flanks as far away as 1 km from the crater. Numerous photos of the event ere released in the media. The alert level remains at Yellow, Phase Two.

Source : CENAPRED

++++++++++

An average of eight daily low to medium intensity explosions occur at Sabancaya (Peru). Gas-and-ash plumes usually rise as high as 3 km above the summit.

The alert level remains at Orange and the public is asked to stay outside a 12-km radius from the crater.

Source : IGP.

++++++++++

The situation is globally stable on other active volcanoes whose alert levels have been unchanged during the past days.

Séquence éruptive sur le Popocatepetl le 9 janvier 2020 (Source: CENAPRED)

Nouvelles des victimes de l’éruption de White Island // News of victims of the White Island eruption

Pour les médias, l’éruption de White Island est définitivement terminée ; « parlons d’autre chose! » Cependant, elle n’est pas vraiment terminée un mois plus tard pour plus d’une douzaine de personnes qui séjournent encore dans les hôpitaux de Nouvelle-Zélande avec de très graves blessures. Quatre patients ont leur pronostic vital engagé. N’oublions pas que deux personnes sont toujours portées disparues et 17 autres ont été tuées lors de la catastrophe.
La recherche des deux personnes disparues a été suspendue le 24 décembre 2019 et les autorités ne sont pas retournées sur l’île depuis la fin de la mission de récupération des corps. L’interdiction d’accès imposée autour de l’île a été levée fin décembre, mais les autorités ont demandé aux gens de ne pas ramasser de fruits de mer dans un rayon de 1 km de White Island à cause de la pollution générée par l’éruption.
Quatre hôpitaux néo-zélandais continuent de soigner 13 victimes de l’éruption. Quatre de ces patients restent dans un état critique ; trois d’entre eux sont en soins intensifs à l’hôpital Middlemore d’Auckland. Les chirurgiens affirment n’avoir jamais vu des brûlures aussi  graves à une telle échelle.
Comme je l’ai écrit précédemment, la peau de donneurs achetée aux États-Unis et en Australie a été utilisée comme greffe temporaire. Elle est maintenant remplacée par la peau des victimes, mais c’est un processus lent car la peau a besoin de temps pour se régénérer. Les opérations sont délicates et complexes.
Treize victimes de l’éruption de White Island rapatriées en décembre sont également toujours traitées dans les unités de grands brûlés des hôpitaux australiens.
Source: The Guardian.

——————————————

For the media, the White Island eruption is definitely over, let’s talk about something else! However, it is not over for more than a dozen people still in New Zealand hospitals with life-threatening injuries a month on from the fatal eruption. Four remain in critical condition. We should not forget that two persons are still missing and 17 others were killed during the disaster.

The search for two missing victims was suspended on December 24th, 2019 and authorities have not returned to the island since the recovery mission was completed. The ban placed around the island was lifted late in December, although the ministry of primary industries has warned people not to collect seafood from within a 1 km radius of White Island.

Four New Zealand hospitals have continued to treat 13 victims of the eruption. Four of those patients remain in a critical condition, with three in intensive care at Middlemore hospital in Auckland. Surgeons say they have never experienced multiple serious burns on this scale.

As I put it before, donor skin purchased from the US and Australia was used as a temporary skin graft. This is now being replaced by victims’ own skin, but it is a slow process as skin needs time to grow. The operations are delicate and complex.

Thirteen White Island victims repatriated in December also remain in burns units in Australian hospitals.

Source : The Guardian.

Photo: C. Grandpey

White Island (Nouvelle Zélande) : Une histoire de greffes de peau // A story of skin grafts

Comme je l’ai écrit précédemment, les victimes de l’éruption de White Island (Nouvelle-Zélande) ont dû recevoir des greffes de peau. Il a fallu importer des tissus cutanés de l’étranger car les réserves néo-zélandaises n’étaient pas suffisantes.
Les brûlures sont assez fréquentes sur les volcans actifs. Plusieurs de mes amis ont été sérieusement brûlés lorsqu’ils sont tombés dans des marmites de boue en Islande et en Nouvelle-Zélande. D’autres ont subi des brûlures à Hawaï lorsque le sol s’est dérobé sous leurs pieds qui ont plongé dans la lave à plus de 1000 degrés..
Dans la vie domestique, la plupart des brûlures surviennent en été lorsque les gens utilisent des barbecues et à la fin de l’automne lorsqu’ils commencent à faire du feu dans les poêles et cheminées.
Peu de temps après l’éruption de White Island le 9 décembre 2019, les Community Tissue Services basés à Kettering (Ohio) ont reçu une demande urgente de tissus pour effectuer des greffes de peau sur les personnes victimes de la tragédie.
Le 11 décembre 2019, les hôpitaux néo-zélandais disposaient de 120 mètres carrés de peau pour traiter les patients blessés lors de l’éruption. Les Community Tissue Services de l’Ohio avaient déjà fourni environ le quart de ce besoin. La structure américaine compte 615 employés aux États-Unis et gère également des centres de distribution en Californie, au Texas, au Tennessee, en Pennsylvanie et en Oregon, ainsi que deux bureaux satellites en Idaho et en Oregon. L’une des fonctions de la banque de tissus consiste à prélever la peau des donneurs, à la préparer pour les chirurgiens et à l’expédier vers des hôpitaux à travers les Etats-Unis et le monde en général.
En lisant le Dayton Daily News, on apprend qu’un donneur peut être en mesure de fournir en moyenne 0,46 mètre carré de peau. Des tests microbiologiques permettent de déterminer si la personne peut être donneuse ; environ 12% à 15% des donneurs potentiels ne sont pas en mesure de fournir de la peau.
La peau peut être utilisée comme pansement naturel pour les personnes gravement brûlées. Celles souffrant de brûlures superficielles mineures peuvent guérir seules. En revanche, s’il s’agit de plus graves brûlures, les patients vont bénéficier d’une chirurgie de greffe de peau pour une guérison rapide et une meilleure cicatrisation. Un patient peut avoir besoin de plusieurs interventions s’il / elle souffre d’une brûlure importante.
La peau n’est pas seulement une enveloppe d’organe ; c’est aussi un organe important en soi et les greffes peuvent sauver des vies. En effet, lorsque des personnes sont gravement brûlées, elles n’ont plus aucun contrôle de leur température, car c’est la peau qui assure cette fonction. De plus, la peau retient également le fluide et donc l’humidité du corps ; par conséquent, lorsque les médecins recouvrent le corps d’une peau en provenance de donneurs, elle devient une barrière qui aide le fluide à s’équilibrer. Elle représente aussi un obstacle à la contamination bactérienne.
Les greffes de peau préparent également la personne à recevoir les greffes avec sa propre peau. Si quelqu’un a été brûlé à plusieurs degrés, il a d’abord besoin des greffons en provenance de donneurs ; cela provoque une réaction immunitaire du corps et stimule la régénérescences des vaisseaux sanguins. Une fois que les vaisseaux sanguins fonctionnent à nouveau correctement, les médecins commencent à effectuer des greffes avec la propre peau de la personne.
Source: Dayton Daily News, Community Tissue Services.

————————————————-

As I put it before, the victims of the White Island eruption (New Zealand) had to receive skin grafts. Skin tissues had to be imported from abroad as the NZ reserves were not sufficient.

Burns are quite frequent on active volcanoes. Friends of mine received serious burns when they fell into mudpots in Iceland and New Zealand. Others were burnt in Hawaii when the soil collapsed and their feet plunged into red-hot lava.

In domestic life, most burn injuries occur in the summer when people use barbecues and during late autumn when they start turning their home furnaces on.

Shortly after the White Island eruption on December 9th, 2019, the Community Tissue Services in Kettering (Ohio) received a call for skin grafts that were needed urgently to aid burn victims in the wake of the tragedy.

As of Dec. 11th, 2019, New Zealand providers had 120 square metres of skin to treat patients injured in the eruption and at that point Community Tissue Service has provided about one quarter of that need. The structure has 615 employees in the U.S. and also operates distribution centres in California, Texas, Tennessee, Pennsylvania, and Oregon, and two satellite offices in Idaho and Oregon. One of the tissue bank’s services is harvesting the skin from donors, preparing it for surgeons and shipping it off to everywhere from local hospitals to facilities in other countries.

Reading the Dayton Daily News, we learn that an individual donor might be able to provide an average of 0.46 square metres of skin. Microbiologic tests help determine if the person can be a donor, with about 12% to 15% of would-be donors not able to be a provider of skin.

Skin can be used as a natural dressing for people with serious burns. Persons with smaller, superficial burns can heal on their own. But if they have larger burn wounds, the patients can benefit from skin graft surgery for quick healing and minimal scarring. A patient might need more than one operation if he/she has a large burn.

Skin is not just an organ casing but is an important organ on its own and grafts can be life saving. Indeed, when people are severely burned, they have no control over their temperature because this is what the skin does. Moreover, the skin also retains all the fluid and moisture in the body, so when doctors put the donors’skin, it becomes a barrier that helps the fluid balance. It is also a barrier to bacterial contamination.

The skin grafts also prepare the person to receive his/her own grafts from his/her own skin. If someone has burned through the entire layer of skin, they first need these donor grafts, which cause the body to react with an immune reaction and stimulates formation of new blood vessels

Once the blood vessels are working again, the doctors start using the person’s own skin.

Source: Dayton Daily News, Community Tissue Services.

Photo: C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité éruptive dans le monde. Elle est relativement calme en ce moment.

Le bilan officiel de l’éruption de White Island (Nouvelle Zélande) est de 19 morts, y compris les deux personnes portées disparues, et après le décès de l’une des victimes dans un hôpital d’Auckland. La police a décidé d’abandonner les recherches pour retrouver les deux personnes disparues.

Du gaz et de la vapeur très chauds continuent de s’échapper des bouches actives à l’arrière du cratère (voir photo ci-dessous). Le tremor et l’activité sismique montrent des niveaux bas. Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange.
Source: GNS Science.

++++++++++

Au Kamchatka, 3 volcans restent en alerte aérienne Orange : le Sheveluch, le Bezymianny et le Klyuchevskoy, avec un risque permanent d’activité explosive et de panaches de cendre pouvant affecter le trafic aérien dans la région. La couleur de l’alerte aérienne est également Orange pour l’Ebeko (Ile Paramushir) à cause des explosions qui génèrent des panaches de cendre montant jusqu’à 3 km d’altitude.

Source : KVERT.

++++++++++

La lave continue à s’écouler du cratère principal du Karangetang (Indonésie) et avanve sur environ 1,8 km dans trois ravines sur les versants O et SO du volcan. Une incandescence est visible de nuit au niveau des cratères sommitaux. Le niveau d’alerte est maintenu à 2, sur une échelle de 4.

++++++++++

On enregistre encore entre 8 et 18 explosions chaque heure sur le Fuego (Guatemala). Elles génèrent des panaches de cendre qui montent généralement à 1 km au-dessus du sommet, avec des retombées dans plusieurs localités sous le vent. Les explosions provoquent parfois des ondes de choc qui font vibrer les vitres des habitations. Des matériaux incandescents sont projetés jusqu’à 100-300 mètres de hauteur. Ils donnent parfois naissance à des avalanches qui avancent sur de longues distances dans plusieurs ravines.

———————————————

Here is some news about eruptive activity around the world. It is rather quiet these days.

The official death toll of the White Island eruption (New Zealand) is 19, including the two missing persons, and after the death of one victim in an Auckland hospital. The police has decided to call off the search for the two missing persons.

Very hot gas and steam continue to be discharged from active vents at the back of the crater (see photo below). The tremor and seismic activity show low levels. The volcanic alert level remains at 2 and the aviation colour code is kept at Orange.

Source: GNS Science

++++++++++

 In Kamchatka, the aviation colour code is Orange for three volcanoes: Sheveluch, Bezymianny and Klyuchevskoy, with a permanent risk of explosive activity, with ash clouds that may affect air traffic in the region. The aviation colour code is also Orage for Ebeko on Paramushir Island, with explosions that send ash plumes up to 3 km a.s.l.

Source: KVERT.

++++++++++

Lava is still flowing from Karangetang’s Main Crater (Indonesia) and travelling as far as 1.8 km down three drainages on the SW and W flanks. Incandescence from the summit craters is visible at night. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source: CVGHM.

+++++++++

8-18 explosions per hour are still recorded at Fuego (Guatemala). They generate ash plumes that rise as high as 1 km above the crater. Ashfall is reported in several downwind.areas. Explosions sometimes produce shock waves that rattle houses in nearby communities. Incandescent material is ejected 100-300 metres high, causing avalanches of material that may travel long distances in several drainages.

Source: INSIVUMEH.

Vue du cratère de White Island et des bouches actives le 14 décembre 2019 (Source: GNS Science)…

… et en cadeau de fin d’année, cette superbe photo de l’Asama (Japon) qui m’a été adressée par Julien Monteillet que je remercie chaleureusement.

Eruptions phréatiques // Phreatic eruptions

Une éruption phréatique se produit lorsque le magma porte à très haute température l’eau souterraine ou l’eau de surface. La température très élevée du magma provoque une vaporisation quasi instantanée de l’eau. La surpression de la vapeur déclenche une explosion avec émission de gaz et projections de boue, de cendre, de roches et de bombes volcaniques. En consultant les archives volcaniques, j’ai découvert plusieurs éruptions phréatiques au 20ème siècle. Les plus meurtrières sont décrites dans mon livre Killer Volcanoes.

Une éruption phréatique a été observée dans le cratère de l’Halema’uma’u du Kilauea (Hawaï) en mai 1924. Une série d’explosions a propulsé des colonnes de cendresà 6 km de hauteur et projeté des blocs pesant parfois plusieurs tonnes jusqu’à 800 mètres du cratère. L’intensité des explosions a culminé le 18 mai. Un homme a été mortellement blessé par la chute d’un bloc lorsqu’il s’est aventuré trop près pour photographier le cratère entre les explosions, malgré les mises en garde.

À 7h15 (GMT) le 14 novembre 1963, des explosions phréatiques – ou phréatomagmatiques – ont généré des colonnes de cendre noire cypressoïdales au large de la côte sud de l’Islande. À 11 heures le même jour, la colonne éruptive atteignait plusieurs kilomètres de hauteur. Au début, les éruptions ont eu lieu sur trois bouches indépendantes le long d’une fissure orientée NE / SW, mais dans l’après-midi, les colonnes éruptives ont fusionné en une seule le long de la fissure éruptive. L’éruption a duré jusqu’au 5 juin 1967. Ce fut la naissance de Surtsey, du nom de Surtr, un géant symbolisant le feu dans la mythologie nordique.

Une éruption phréatomagmatique modérément violente a secoué le Taal (Philippines) du 28 au 30 septembre 1965. Les principales explosions phréatiques ont ouvert un nouveau cratère de 1,5 km de long et 0,3 km de large du côté sud-ouest de Volcano Island dans le lac Taal. Les projections vomies par l’éruption ont couvert une zone d’environ 60 kilomètres carrés avec une épaisseur de cendre de plus de 25 centimètres. L’éruption a tué quelque 200 personnes.

En 1976 une grande activité sismique a précédé une éruption phréatique à la Soufrière de la Guadeloupe. Elle a provoqué l’évacuation de 73 600 habitants. Il n’y a eu aucune victime, mais l’événement a été marqué par une violente confrontation très médiatisée entre Claude Allègre et Haroun Tazieff sur l’opportunité d’une évacuation. Par prudence, le préfet a finalement décidé d’évacuer, mais aucune éruption majeure n’a eu lieu.

Une éruption phréatique a secoué le Mont Tarumae (Japon) en 1982.

Le 27 septembre 2014, le Mont Ontake (Japon) est entré brusquement en éruption. Il n’y a pas eu de sismicité significative pour avertir les autorités qu’une éruption phréatique allait se produire. Soixante-trois personnes ont été tuées; cinq corps n’ont pas été retrouvés.

Une éruption phréatique a été observée sur le Mayon (Philippines) le 7 mai 2013. Le volcan a expulsé un nuage de cendre et de blocs. L’explosion a surpris un groupe de randonneurs sur le volcan. Quatre touristes allemands et leur guide ont été tués. Au moins sept autres randonneurs ont été blessés lors de l’éruption, qui a duré à peine plus d’une minute. Une vingtaine de personnes s’approchaient du sommet lorsque l’éruption s’est produite.

White Island (Nouvelle-Zélande) est la première éruption phréatique du 21ème siècle. Elle a tué 18 touristes et blessé des dizaines d’autres. 47 personnes visitaient le cratère lorsque l’événement a eu lieu.

°°°°°°°°°°

L’observation de ces archives appelle plusieurs réflexions. S’agissant de la prévision, les bilans des dernières éruptions phréatiques confirment que nous ne savons toujours pas prévoir ces phénomènes éruptifs particulièrement soudains. S’agissant de la prévention, on constate que ce sont les derniers événements, ceux qui impliquent le plus de touristes, qui ont les bilans les plus lourds. Une conclusion logique serait de dire qu’il faut interdire aux touristes l’accès de ces volcans dangereux. Prenant l’exemple de la la dernière éruption de White Island, je ne suis pas certain que l’accès au volcan sera interdit pendant plusieurs années ou même plusieurs mois. Le tourisme de masse fait entrer tellement d’argent dans les caisses qu’il sera difficile de résister à la pression des agences et autres structures touristiques pour lesquelles le fric passe avant la sécurité des gens, malgré le risque de se retrouver sur le banc des accusés en cas de pépin.

°°°°°°°°°°

La police néo-zélandaise a déclaré que les corps des deux personnes disparues – un guide local et un touriste australien – après l’éruption de White Island pourraient ne jamais être retrouvés. Le mauvais temps a entravé les recherches qui vont désormais être réduites. La police pense que les deux corps ont été emportés dans la mer par un cours d’eau généré par l’éruption. Par respect pour les proches de ces deux personnes et les implications culturelles autour de la présence probable de tūpāpaku [personnes décédées] dans la moana [l’océan], le rāhui [l’interdiction] mise en place sur les lieux de pêche au large de la côte de White Island sera maintenue  jusqu’à nouvel ordre, malgré les protestations des pêcheurs pour lesquels l’interdiction représente une perte financière. .

Source : New Zealand Herald.

————————————–

 A phreatic eruption occurs when magma heats ground water or surface water. The very high temperature of the magma causes near-instantaneous evaporation of water to steam whose overpressure triggers an explosion of gas, mud, ash, rock, and volcanic bombs. Looking at the volcanic archives, I discovered a few phreatic explosions in the 20th century. The most deadly ones are described in my book Killer Volcanoes.

A phreatic eruption was observed at Kilauea’s Halema’uma’u Crater (Hawaii) in May 1924. A series of explosions sent ash columns 6 km into the air and hurled boulders weighing sometimes several tons as far as 800 metres from the crater. The intensity of the explosions peaked on May 18th, when the largest ones occurred. A man was fatally injured by a falling boulder when he ventured too close to photograph the crater between bursts, despite warnings of an impending explosion.

At 07:15 (UTC) on November 14th, 1963, phreatic – or phreatomagmatic – explosions generated black cypressoid columns of ash off the south coast of Iceland By 11:00 the same day, the eruption column had reached several kilometres in height. At first the eruptions took place at three separate vents along a NE/SW trending fissure, but by the afternoon the separate eruption columns had merged into one along the erupting fissure. The eruption lasted until June 5th 1967. This was the birth of Surtsey, named after Surtr, a fire giant from Norse mythology.

A moderately violent phreatomagmatic eruption of Taal Volcano (Philippines) occurred from September 28th to 30th, 1965. The main phreatic explosions opened a new crater 1.5 km long and 0.3 km wide on the southwest side of Volcano Island in Lake Taal. The eruption covered an area of about 60 square kilometres with a blanket of ash more than 25 centimetres thick and killed approximately 200 persons.

In 1976 a large amount of seismic activity that led to a phreatic eruption at Soufrière Volcano (Guadeloupe). It caused a mass evacuation of 73,600 residents. There were no fatalities but a bitter, and well-publicized, controversy between scientists Claude Allègre and Haroun Tazieff on whether an evacuation should occur. The prefect finally decided to evacuate, erring on the side of prudence. However, no major eruption took place.

A phreatic eruption shook Mount Tarumae (Japan) in 1982.

On September 27th, 2014, Mount Ontake (Japan) duddenly erupted. There was no significant seismicity to warn the authorities that a phreatic eruption was about to happen. Sixty-three people were killed; five bodies remain un-recovered.

A phreatic eruption was observed at Mount Mayon (Philippines) on May 7th, 2013. The volcano sent a cloud of ash and rocks into the sky. The explosion caught a group climbing the mountain. Four German hikers and their guide were killed. At least seven other climbers were hurt in the eruption, which lasted for just over a minute. Twenty people were approaching the summit of the mountain when the eruption occurred.

White Island (New Zealand) is the first phreatic eruption of  the 21st century. It killed 18 tourists and injured tens of others. 47 people were visiting the crater when the eruption took place.

°°°°°°°°°°

The observation of these archives calls for several conclusions. With regard to prediction, the results of the last phreatic eruptions confirm that we are still unable to predict these sudden eruptive phenomena. As far as prevention is concerned, we can see that the latest events, those which involve the most tourists, lead to the heaviest death tolls. A logical conclusion would be to say that tourists should be denied access to these dangerous volcanoes. Taking the example of the last White Island eruption, I’m not sure that access to the volcano will be denied for several years or even months. Mass tourism brings so much money into the coffers that it will be difficult to resist the pressure of agencies and other tourist structures for which money comes before the safety of people, despite the risks of going to court if something goes wrong.

°°°°°°°°°°

The NZ police has said that the bodies of the two missing persons – a local guide and an Australian tourist – after the White Island eruption may never be found. Days of bad weather have hampered search efforts that are beginning to be scaled down. Police believe that the two missing bodies may have been washed out to sea after slipping into a stream on the volcano and being carried down to the water.

Out of continued respect for those yet to be returned to their loved ones, and the cultural implications around the likely presence of tūpāpaku [deceased] in the moana [ocean], the rāhui [ban] placed on the fishing grounds off the coast of White Island will remain in place until further notice, despite complaints from commercial fishermen.

Source: New Zealand Herald.

Vue de l’éruption phréaromagmatique de Surtsey en 1963

White Island (Nouvelle Zélande) : Le bilan s’alourdit // The death toll rises

Un rapport de police indique qu’une femme originaire d’Atlanta qui avait été gravement blessée lors de l’éruption de White Island est décédée dimanche à l’hôpital, ce qui porte le nombre de morts à 17. Elle est la sixième personne à mourir dans des hôpitaux de Nouvelle-Zélande et d’Australie au cours des deux semaines depuis l’éruption. Au total, 25 personnes restent hospitalisées et leur pronostic vital reste engagé. Deux personnes sont toujours portées disparues et sont très probablement mortes elles aussi.

————————————

 A police report indicates that an Atlanta woman who was seriously injured in the White Island volcano eruption died on Sunday in hospital, bringing the number of fatalities to 17. She is the sixth person to die in hospitals in New Zealand and Australia in the two weeks since the eruption. A total of 25 remain hospitalized in critical condition. Two people remain missing and are presumed dead.

White Island (Nouvelle Zélande): Pas de nouvelle éruption // No new eruption

Depuis l’éruption du 9 décembre 2019, aucune autre activité éruptive n’a été observée à White Island. Le niveau du tremor reste bas. Cependant, des gaz et de la vapeur à haute température (plus de 650°C) s’échappent des bouches actives à l’arrière du cratère. Des niveaux élevés (~ 15 kg /s) de dioxyde de soufre (SO2) continuent d’être rejetés par le volcan. Les valeurs sont toutefois légèrement inférieures à celles (~ 20 kg /s) mesurées le 12 décembre.
Les scientifiques néo-zélandais expliquent que de nouveaux épisodes éruptifs sont peu probables dans les prochains jours. Cependant, une explosion reste possible dans le secteur de la bouche principale. Elle pourrait se produire sans prévenir, surtout s’il y a un effondrement de matériau instable autour de l’une des bouches actives, ou si les émissions de gaz diminuent considérablement, ce qui permettrait à l’eau de pénétrer dans une bouche.
Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à Orange.
Source: GeoNet.

——————————————–

Since the eruption of December 9th, 2019, no other eruptive activity has occurred at White Island. The level of volcanic tremor remains low. However, very hot gas and steam (more than 650 °C) is being discharged from active vents at the back of the crater. High levels (~15 kg/s) of sulphur dioxide (SO2) continue to be discharged. The values are slightly lower than those (~20 kg/s) measured on December 12th.

NZ scientists explain that more eruptions are unlikely in the next few days. However, an explosive eruption from the main vent area remains possible and could still occur with no precursory activity, especially if there is a collapse of unstable material around one of the vents, or if the gas emission decreases markedly, allowing water to enter the vent.

The volcanic alert level remains at 2 and the aviation colour code is kept at Orange.

Source : GeoNet.

  Image thermique du cratère de White Island (Source : GeoNet)