Un banc de ponce bénéfique pour la Grande Barrière de Corail? // A pumice raft beneficial to the Great Barrier Reef?

Dans une note publiée le 20 août 2019, j’indiquais qu’une nouvelle éruption sous-marine avait eu lieu près de Fonualei Island dans l’archipel des Tonga le 7 août 2019, avec de grands nuages d’abord observés à l’horizon. Le 15 août, un catamaran qui faisait route vers les Fidji s’est trouvé nez à nez avec un banc de pierre ponce qui recouvrait complètement la surface de l’océan. Cette immense masse de ponce d’environ 150 kilomètres carrés, si grande qu’elle a été repérée par les satellites, se dirige maintenant vers l’Australie, avec à son bord toute une variété d’organismes marins, notamment des coraux, qui pourraient aider à restaurer la Grande Barrière de Corail.
Les bernacles, les coraux, les crabes et les escargots font partie des organismes qui se trouveront sur le banc de ponce lorsqu’il abordera le littoral australien dans moins d’un an. Il s’agit d’un mécanisme naturel permettant à des espèces de coloniser, de proliférer et de se développer dans un nouvel environnement.
Le plus grand récif corallien au monde, qui abrite une grande variété de vie marine, est menacé par le changement climatique depuis plusieurs années. La hausse des températures a créé un effet de blanchissement des coraux qui entraîne la perte de couleur des invertébrés marins et leur mort.
Selon une étude publiée en avril 2019, les jeunes coraux présents dans la Barrière longue de 2200 km ont diminué de 89% en raison du blanchissement à grande échelle en 2016 et 2017. Avec la probabilité d’un plus grand nombre d’événements de blanchissement provoqués par la hausse de la température de la mer, les scientifiques sont sceptiques quant à la réapparition des coraux. Les récifs coralliens jouent un rôle clé dans les écosystèmes marins en fournissant un habitat aux poissons et en assurant une protection contre les tempêtes et les phénomènes météorologiques extrêmes.
La présence d’un banc de ponce dans la région n’est pas une nouveauté. Comme je l’ai écrit précédemment, une étendue de ponce identique a été observée en 2006 quand une éruption sous-marine, également dans le secteur des Tonga, a permis à plus de 80 espèces de trouver refuge sur la pierre ponce à la dérive. Le phénomène s’est reproduit en 2012 quand un volcan jusqu’alors inactif dans le Pacifique est entré en éruption pendant deux jours.
Source: Time.

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In a post released on August 20th, 2019, I indicated that a new underwater eruption took place near Fonualei Island in the Tonga archipelago on August 7th, 2019, with large clouds first observed on the horizon. On August 15th, a catamaran en route to Fiji encountered a pumice raft completely covering the ocean surface. This giant mass of floating pumice, around 150 square kilometres, so large it’s being tracked via satellite, is making its way to Australia, and with it a range of marine organisms including corals that could help restore the threatened Great Barrier Reef.

Barnacles, corals, crabs and snails are among the organisms that will be carried on the pumice raft when it washes up along Australia’s coastline in less than a year. It is a natural mechanism for species to colonize, restock and grow in a new environment.

The world’s largest coral reef, home to a variety of marine life, has come under the threat as a result of climate change in recent years. Warming temperatures have created a coral bleaching effect that causes the marine invertebrates to lose their color and eventually die.

According to a study published in April, baby coral in the 2,200-kilometre-long reef have declined by 89% due to mass bleaching in 2016 and 2017. Given the likelihood of more bleaching events as sea temperatures continue to increase, scientists are skeptical of recovery. Coral reefs play a key role in marine ecosystems, providing a habitat for fish and serving as protection against storms and extreme weather events.

The “raft” phenomenon is not new. As I put it before, a giant floating island of pumice was similarly created in 2006 when an underwater eruption, also in Tonga, led to upwards of 80 different species of marine life finding a home on the drifting rock, and again in 2012 when a previously dormant volcano in the Pacific erupted over two days.

Source: Time.

Banc de ponce dans la région des Tonga en septembre 2001 (Source: NASA)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Le Stromboli continue à montrer une activité intense qui ne permet toujours pas l’accès au Pizzo avec les guides. Au cours de la semaine écoulée, on a observé une intense activité de dégazage et de spattering, en particulier dans le cratère NE, et de fréquentes émissions de cendre dans la partie centrale et SO de la terrasse cratérique. L’activité effusive le long de la pente SO de la Sciara del Fuoco semblait en perte de vitesse mais a repris de la vigeur le 19 août où le front de coulée se trouvait à mai pente de la Sciara. Le tremor éruptif conserve des valeurs hautes, voire très hautes. On observe une trentaine d’explosions par heure au niveau des différentes bouches qui percent le sommet du volcan. Les émissions de SO2 restent élevées avec une moyenne de 250-300 tonnes par jour, ce qui révèle une alimentation continue en gaz du système.

Source : Laboratorio Geofisica Sperimentale.

Faute de pouvoir observer l’activité éruptive du Stromboli depuis le sommet, les touristes pourront se rabattre sur les excellentes images fournies par la webcam Skyline à cette adresse :

https://www.skylinewebcams.com/fr/webcam/italia/sicilia/messina/stromboli.html

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L’archipel des Tonga et ses environs sont réputés pour leurs éruptions sous-marines. L’une d’elles a déjà eu lieu en septembre 2001 le long de l’arc volcanique de Tofua. Le 27 septembre de cette année, des pêcheurs locaux ont observé une colonne éruptive riche en cendres qui s’élevait à la surface de la mer. Une décoloration de l’eau a été signalée le mois suivant. Début novembre, d’énormes radeaux de ponce ont été vus en train de flotter le long des côtes de Kadavu et de Viti Levu dans les îles Fidji.
Une nouvelle éruption sous-marine a eu lieu près de l’île Fonualei, toujours dans l’archipel des Tonga, le 7 août 2019, avec de gros nuages d’abord observés à l’horizon. Le 15 août, un catamaran qui faisait route vers les Iles Fidji s’est trouvé nez à nez avec un radeau de pierre ponce qui recouvrait à perte de vue la surface de l’océan.
Source: VolcanoDiscovery.

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Comme cela se produit de temps en temps, sept explosions modérées et deux autres majeures ont secoué le Popocatepetl le 13 août 2019. Les nuages de cendres sont montés jusqu’à 7,1 km au-dessus du niveau de la mer.
Les autorités demandent de respecter la zone de danger de 12  km et de rester à l’écart du volcan, en particulier du cratère. Malheureusement, certaines personnes semblent réfractaires à ces recommandations  et risquent leur vie pour enregistrer une vidéo:
Le niveau d’alerte est maintenu à la couleur Jaune, Phase 2.
Source: CENAPRED, The Watchers.

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Stromboli continues to show intense activity that still does not allow access to the Pizzo with the guides. During the past week, intense degassing and spattering activity was observed, particularly in the NE Crater, together with frequent ash emissions in the Central and SO parts of the crater terrace. The effusive activity along the SO slope of Sciara del Fuoco seemed to be decreasing but regained strength on August 19th when the flow front was at the middle of the Sciara slope. The eruptive tremor is keeping high or very high values. There are about thirty explosions per hour at the different vents that pierce the summit of the volcano. SO2 emissions remain high with an average of 250-300 tonnes per day, indicating a continued supply of gas to the system.
Source: Laboratorio Geofisica Sperimentale.
Even though they are nort allowed to observe the eruptive activity of Stromboli at the Pizzo, tourists can watch the excellent images provided by the SKYLINE webcam at this address:
https://www.skylinewebcams.com/fr/webcam/italia/sicilia/messina/stromboli.html

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The Tonga archipelago and its surroundings are well-known for underwater eruptions. One of them already occurred in September 2001 along the Tofua volcanic arc. On September 27th of that year, local fishermen observed an ash-rich eruption column that rose above the sea surface. Water discoloration was reported during the following month. In early November, huge pumice rafts were seen floating along the coast of Kadavu and Viti Levu in the Fiji Islands.

A new underwater eruption took place near Fonualei Island in the Tonga archipelago on August 7th, 2019, with large clouds first observed on the horizon. On August 15th, a catamaran en route to Fiji encountered a pumice raft completely covering the ocean surface.

Source: VolcanoDiscovery.

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As this happens from time to time, seven moderate and two major explosions took place at Popocatepetl on August 13th, 2019. Ash clouds rose up to 7.1 km above sea level.

Officials urge everyone to respect the 12 km danger zone and stay away from the volcano, especially near the crater. Unfortunately, it seems some of the people don’t want to listen, risking their lives to record a video:

The alert level remains at Yellow, Phase Two.

Source: CENAPRED, The Watchers.

Banc de ponce photographié depuis l’espace en septembre 2001 (Source : NASA)

A la découverte de Hunga Tonga-Hunga Ha’apai // Discovery of Hunga Tonga-Hunga Ha’apai

En 2015, une nouvelle terre a fait surface dans le Pacifique Sud. L’éruption très spectaculaire d’un volcan sous-marin a fait jaillir de la cendre et de la lave pendant plus d’un mois. Lorsque les matériaux émis se sont mélangés à l’eau de mer, ils se sont solidifiés pour former, en l’espace d’un mois, une nouvelle île qui s’est nichée entre deux masses de terre existantes: Hunga Tonga et Hunga Ha’apai, d’où son nom: Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (HTHH). [voir les notes dans ce blog à ce sujet]
Les éruptions volcaniques sous-marines forment souvent de nouvelles petites îles, mais leur durée de vie est généralement très courte. Les vagues les érodent rapidement et elles disparaissent dans la mer. A l’image de Surtsey (Islande) en 1963, HTHH, n’a pas disparu. Au lieu de cela, elle est devenue une île de plus d’un kilomètre de large et long, et près de 120 mètres de hauteur. En 2017, les scientifiques de la NASA ont estimé qu’elle durerait entre six et trente ans, ce qui fournirait aux chercheurs un aperçu unique du début de la vie et de l’évolution d’une nouvelle terre.
A partir des processus observés sur HTHH, les chercheurs pensent qu’ils seront en mesure d’obtenir un aperçu des caractéristiques d’autres planètes comme Mars. En effet, beaucoup de phénomènes observés sur Mars l’ont été grâce à l’expérience d’interprétation des phénomènes terrestres. Les scientifiques de la NASA pensent qu’il y a eu des éruptions sur Mars à une époque où il y avait de l’eau à la surface de la planète. Ils espèrent pouvoir utiliser la nouvelle île des Tonga et son évolution pour comprendre un environnement océanique ou un environnement lacustre éphémère.
Des scientifiques du Goddard Space Flight Center de la NASA et de l’Université de Columbia se sont rendus sur l’île en octobre 2018 et l’ont explorée pour la première fois. Avant cela, leur seule approche du paysage était à partir d’images satellitaires. Après avoir passé les trois dernières années à créer un modèle 3D de HTHH, ils ont pu naviguer le long de la côte nord de l’île en prenant des mesures GPS et ont enfin mis le pied sur cette nouvelle terre.
Les chercheurs ont découvert que la majeure partie du sol était composée de graviers noirs. En outre, l’île n’était pas aussi plate qu’elle paraissait l’être sur les images satellites. Elle est certes assez plate, mais il y a des reliefs et les graviers ont formé de jolis motifs sous l’effet de l’action des vagues. Il y a aussi de l’argile qui descend du cône principal. On distingue ce matériau de couleur claire sur les images satellites. C’est en fait une boue très collante, et pas de la cendre comme le pensaient les visiteurs.
L’équipe scientifique a découvert de la végétation sur l’île, apparemment ensemencée par des fientes d’oiseaux. Les chercheurs ont d’ailleurs vu certains d’entre eux comme une chouette effraie et des centaines de sternes fuligineuses
Ils ont également fait des relevés topographiques très précis afin de produire une carte 3D à haute résolution. Cela leur permettra de surveiller l’érosion de l’île au cours des prochaines années. L’île s’érode beaucoup plus rapidement que prévu. Les chercheurs se sont concentrés sur l’érosion sur la côte sud où les vagues viennent s’abattre, mais c’est toute l’île qui est en train de s’effondrer, avec d’énormes ravines d’érosion qui deviennent de plus en plus profondes avec le temps.
L’équipe scientifique a maintenant l’intention de déterminer le volume de l’île et la quantité de cendre émise au moment de l’éruption. L’intérêt est de calculer l’évolution du paysage 3D dans le temps, en particulier son volume qui n’a été mesuré que quelques fois sur d’autres îles de même type. C’est une première étape pour comprendre la vitesse et les processus d’érosion et pourquoi HTHH résiste plus longtemps que prévu aux assauts de l’océan.
Source: Newsweek.

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In 2015, a new land emerged in the South Pacific. The dramatic eruption of an underwater volcano sent ash and lava spewing into the sea for over a month. As the ash mixed with the warm water, it solidified into a rock and, over the course of a month, this rock built up enough to create a new island. The island was nestled in between two landmasses—Hunga Tonga and Hunga Ha’apai, hence its name: Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (HTHH).

Underwater volcanic eruptions often form small new islands but they are normally very short-lived. The ocean waves quickly erode the rock and they disappear back into the sea. Imitating Surtsey (Iceland) in 1963, HTHH, did not vanish. Instead, it grew to be more than one kilometre wide and long, and almost 120 metres in height. In 2017, NASA scientists studying the island estimated it would last between six and 30 years, which would provide researchers with an unprecedented insight into the early life and evolution of a new land.

By understanding the processes taking place on HTHH, researchers believe they will be able to get an insight into the features on places like Mars. Indeed, many things observed on Mars are based on the experience of interpreting Earth phenomena. NASA scientists think there were eruptions on Mars at a time when there were areas of persistent surface water. As a consequence, they may be able to use the new Tongan island and its evolution as a way of understanding an oceanic environment or ephemeral lake environment.

NASA scientists from the Goddard Space Flight Center and from Columbia University travelled to the island in October 2018 and explored it for the first time. Before this, their only experience of the landscape was from satellite images. They had spent the last three years making a 3D model of HTHH. They were now able to sail around the northern coast of the island taking GPS measurements, before finally setting foot on HTHH.

The scientists discovered that most of the ground was black gravel. Besides, the island was not quite as flat as it seemed from satellite. It is pretty flat, but there are some gradients and the gravels have formed some nice patterns from the wave action. There is also clay washing out of the cone. In the satellite images, one can see this light-coloured material. It is actually a very sticky mud, and not the ash the visitors expected.

The team discovered vegetation growing on the island, apparently having been seeded by bird droppings. They also saw a barn owl and hundreds of nesting sooty terns living on HTHH.

They also took high-precision measurements of the land in order to produce a higher-resolution 3D map. This will allow them to monitor the erosion of the island over the coming years. The island is eroding by rainfall much more quickly than they imagined. The researchers were focused on the erosion on the south coast where the waves are crashing down, but the whole island is going down, with huge erosion gullies which are getting deeper and deeper with the time.

The scientific team now plans to work out the volume of the island and how much ash erupted from the volcano’s vent. The interest is to calculate how much the 3D landscape changes over time, particularly its volume, which has only been measured a few times at other similar islands. It is the first step to understand erosion rates and processes and to decipher why HTHH has persisted longer than most people expected.

Source: Newsweek.

Hunga Tonga-Hunga Ha’apai en 2019 (Crédit photo : Woods Hole Oceanographic Institution)

Vue de Hunga Tonga-Hunga Ha’apai en juin 2017 (Crédit photo: NASA)

Cette photo prise au cours de la dernière mission sur l’île montre parfaitement les nombreuses ravines d’érosion, ainsi que les déchets qui ont envahi le littoral de cette île vierge (Crédit photo: NASA)

La naissance de l’île avait été très spectaculaire, avec de superbes cypressoïdes typiques des éruptions phréato-magmatiques.

Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (Royaume des Tonga / Pacifique Sud) : Histoire de la naissance d’une île // The birth of an island

Fin décembre 2014, un volcan sous-marin est entré en éruption dans le Royaume des Tonga (Pacifique Sud), avec des panaches de vapeur et de cendre, ainsi que des projections de matériaux. Les panaches de cendre sont montés jusqu’à 9 kilomètres dans le ciel, occasionnant des perturbations au trafic aérien. Quand la cendre a finalement cessé de retomber en janvier 2015, la nouvelle île et son sommet de 120 mètres de hauteur était bien installée entre deux îles plus anciennes, et les trois édifices purent être observés par les satellites.
On pensait généralement que la nouvelle île des Tonga, baptisée Hunga Tonga-Hunga Ha’apai, ne subsisterait que quelques mois. Selon une nouvelle étude de la NASA, on lui prévoit aujourd’hui une durée de vie de 6 à 30 ans.
Hunga Tonga-Hunga Ha’apai est la première île de ce type à sortir de l’océan et à persister depuis le début des observations satellitaires. Elle offre aux scientifiques depuis l’espace une image extraordinaire de son évolution depuis sa naissance. La nouvelle étude de la NASA offre un aperçu de sa longévité et de l’érosion qui façonne les nouvelles îles. Comprendre ces processus pourrait également fournir des informations intéressantes sur des structures similaires dans d’autres parties du système solaire, y compris la planète Mars.
L’île des Tonga est la troisième île volcanique « surtseyenne » à avoir émergé et persisté pendant plus de quelques mois au cours des 150 dernières années. (Surtsey a commencé à se former au cours d’une éruption explosive similaire au large des côtes islandaises en 1963.)
Depuis la naissance de l’île, son évolution a été suivie par des observations mensuelles à l’aide de radars et de capteurs optiques haute résolution, capables de voir à travers les nuages. Les scientifiques de la NASA ont utilisé les satellites pour observer l’île dès la fin de l’éruption. En utilisant cette imagerie, ils ont réalisé des cartes tridimensionnelles de la topographie de l’île, ont étudié les changements subis par son littoral, ainsi que son volume au-dessus du niveau de la mer.
L’équipe de chercheurs a proposé deux scénarios possibles concernant la durée de vie de la nouvelle île.  Le premier suppose une érosion accélérée par l’effet abrasif des vagues, ce qui déstabiliserait le cône de tuf en six ou sept ans, ne laissant qu’un pont terrestre entre les deux îles adjacentes plus anciennes. Le deuxième scénario suppose une vitesse d’érosion plus lente, ce qui préserverait le cône de tuf pendant environ 25-30 ans.
Les changements les plus spectaculaires de l’île ont eu lieu au cours des six premiers mois. Au début, la nouvelle île était de forme relativement ovale et rattachée à l’île voisine à l’ouest. Cependant, en avril 2015, l’analyse des images satellitaires a révélé que sa forme avait radicalement changé. En mai, le rebord sud-est de la paroi interne du cratère a été emporté par les vagues du Pacifique, exposant le lac de cratère aux assauts de l’océan. À ce stade, les scientifiques de la NASA ont pensé que ce pourrait être la mort de l’île. Ce ne fut pas le cas car en juin l’imagerie satellitaire a montré qu’une barre de sable s’était formée et fermait le cratère. L’île continua à évoluer et devint plus stable à la fin de l’année 2016.
La nouvelle île est perchée sur le bord nord d’une caldeira, au sommet d’un volcan sous-marin qui s’élève à près de 1400 mètres au-dessus du plancher océanique. Sous l’eau, la base du nouveau dôme volcanique qui a formé l’île s’étend à environ 1 kilomètre du rivage, jusqu’à l’intérieur du plancher de la grande caldeira qui présente un diamètre d’environ cinq kilomètres.
Source: NASA.

Le site web de la NASA présente deux vidéos montrant la naissance et l’évolution de Hunga Tonga-Hunga Ha’apai :
https://www.nasa.gov/feature/goddard/2017/nasa-shows-new-tongan-island-made-of-tuff-stuff-likely-to-persist-years

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In late December 2014, a submarine volcano in the South Pacific Kingdom of Tonga erupted, sending a violent stream of steam, ash and rock into the air. The ash plumes rose as high as 9 kilometres into the sky, diverting flights. When the ash finally settled in January 2015, a newborn island with a 120-metre summit nestled between two older islands – visible to satellites in space.

The newly formed Tongan island, unofficially known as Hunga Tonga-Hunga Ha’apai after its neighbours, was initially projected to last a few months. Now it has a 6- to 30-year lease on life, according to a new NASA study.

Hunga Tonga-Hunga Ha’apai is the first island of this type to erupt and persist in the modern satellite era, it gives scientists an unprecedented view from space of its early life and evolution. The new study offers insight into its longevity and the erosion that shapes new islands. Understanding these processes could also provide insights into similar features in other parts of the solar system, including Mars.

The Tongan island is the third “surtseyan” volcanic island in the last 150 years to emerge and persist for more than a few months. (Surtsey began forming during a similar kind of explosive eruption off the coast of Iceland in 1963.)

From the Tongan island’s beginning, it was tracked by monthly, high-resolution satellite observations, both with optical sensors and radar, which sees through clouds. NASA scientists directed satellites to observe the island as soon as the eruption ended. Using this imagery, the research team made three-dimensional maps of the island’s topography and studied its changing coastlines and volume above sea level.

The team has calculated two potential scenarios affecting its lifetime. The first is a case of accelerated erosion by wave abrasion, which would destabilize the tuff cone in six to seven years, leaving only a land-bridge between the two adjacent older islands. The second scenario presumes a slower erosion rate, which leaves the tuff cone intact for about 25-30 years.

The most dramatic changes to the island occurred in its first six months. Initially, the new island was relatively oval and attached to its neighbouring island to the west. However, by April 2015 analysis of satellite imagery found that its shape had changed dramatically. In May, the southeastern rim of the interior crater wall was washed over by the Pacific Ocean, opening the crater lake to the ocean. At this point NASA scientists thought this might be the end of the island. But by June, satellite imagery showed that a sandbar had formed, closing off the crater. While the island continued to evolve, it was more stable by late 2016.

The new island is perched on the north rim of a caldera on top of an underwater volcano that stands nearly 1,400 metres above the surrounding the sea floor. Underwater, the base of the new volcanic dome that formed the island extends about 1 kilometre from the shoreline into the floor of the larger caldera, which is about five kilometres across.

Source: NASA.

The NASA website offers two videos showing the birth and the evolution of Hunga Tonga-Hunga Ha’apai:

https://www.nasa.gov/feature/goddard/2017/nasa-shows-new-tongan-island-made-of-tuff-stuff-likely-to-persist-years

Vue de l’archipel des Tonga (Source: Wikipedia)

 Vue de Hunga Tonga-Hunga Ha’apai en juin 2017 (Crédit photo: NASA)

Nouvelle éruption sous-marine au large des Tonga // New underwater eruption off Tonga

drapeau-francaisEn décembre 2014 et janvier 2015, une nouvelle île d’environ un kilomètre de large a été façonnée par une éruption sous-marine près de la principale île des Tonga. En scannant les images satellitaires de cette nouvelle île, un scientifique néo-zélandais vient d’observer sous la surface de la mer un vaste panache éruptif de 30 km de long et 20 km de large non loin de l’île et à seulement 33 km de la côte de Tongatapu. Le panache, de couleur verdâtre dans l’océan, a été photographié par le satellite Landsat 8 le 27 janvier 2017. D’autres images satellitaires montrent que le panache est apparu la semaine précédente et a augmenté de volume par la suite. Il semble qu’il provienne d’un site où la dernière éruption a eu lieu entre décembre 1998 et janvier 1999 et qui s’était manifesté précédemment en 1911, 1923 et 1970. Les données fournies par l’Ozone Monitoring Instrument (OMI), à bord du satellite EOS-Aura de la Nasa, ne révèlent pas la présence de gaz volcanique dans l’atmosphère.
Les éruptions volcaniques sous-marines ne sont pas rares dans le Pacifique et sont parfois décelées a posteriori, longtemps après l’événement. Les 15 et 16 novembre 2016, un équipage de la Royal New Zealand Air Force a repéré un gigantesque bac de pierre de ponce à l’ouest du récif de Minerva, à environ 500 km au sud-ouest de Tonga, signe qu’une importante éruption sous-marine avait eu lieu.
L’éruption de ce mois semble s’être produite à environ 420 km du banc de pierre ponce observé en novembre. Un volcanologue néo-zélandais a déclaré: «Il est peu probable qu’il y ait un lien entre les deux événements, mais comme on ne peut pas déceler l’origine de cette pierre ponce, on ne peut pas non plus exclure une connexion.»
Source: New Zealand Herald.

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drapeau-anglaisIn December 2014 and January 2015, a new island about one kilometre wide was created by an undersea eruption near the main island of Tonga. While scanning images of this new island, a New Zealand scientist has just observed a vast plume measuring 30km long and 20km wide lying not far from the island and just 33km off the coast of Tonga’s main island Tongatapu. The plume, appearing as a greenish cloud in the ocean, was captured by the Landsat 8 satellite on January 27th 2017. More satellite images showed the plume had been emerging during the previous week and was growing larger. It appeared to have originated from a site that last erupted between December 1998 and January 1999, and which previously erupted in 1911, 1923 and 1970. A check with the Ozone Monitoring Instrument (OMI), on board Nasa’s EOS-Aura satellite showed it had not detected any signatures of volcanic gas in the atmosphere.

Undersea volcanic eruptions are not rare occurrences in the Pacific – and are sometimes picked up long after the event. In November, a Royal New Zealand Air Force crew spotted a huge pumice raft west of the Minerva reef, about 500km southwest of Tonga, pointing to a large undersea eruption.

This month’s eruption appeared to be about 420 km from the pumice seen on November 15-16. A NZ volcanologist said: « It’s not likely to be related, but as we couldn’t back-track that pumice, we also can not exclude a connection. »

Source: New Zealand Herald.

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Vue satellitaire du panache émis par l’éruption sous-marine.

(Crédit photo: NASA)

Hunga Tonga & Hunga Ha’apai (Archipel des Tonga)

drapeau francaisRappelez-vous: En décembre 2014, un volcan sous-marin est entré en éruption dans la région des Tonga (voir ma note du 30 décembre 2014). Un mois plus tard, lorsque l’éruption a cessé et une fois nuage de cendre dissipé, les scientifiques ont pu observer la nouvelle île que l’éruption avait laissée derrière elle. Les images ci-dessous ont été acquises par l’Operational Land Imager (OLI) à bord du satellite Landsat 8.
L’image du haut montre la région le 2 décembre 2013, un an avant l’éruption. À cette époque, les petites îles de Hunga Tonga (à droite) et Hunga Ha’apai (à gauche) étaient encore séparées l’une de l’autre par l’océan Pacifique Sud.
La seconde image montre la même zone le 28 avril 2015, quatre mois après l’éruption.
Selon un rapport publié en janvier 2015 par les autorités tongiennes, la nouvelle île entre Hunga Tonga et Hunga Ha’apai se dressait à environ 120 mètres au dessus du niveau de la mer. Elle mesurait 1,5 km du nord au sud, et 2 km de l’ouest à l’est. Tandis que les matériaux volcaniques la reliaient à Hunga Ha’apai à l’ouest, il manquait quelques centaines de mètres pour la connecter à Hunga Tonga à l’est.

Source : NASA

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drapeau anglaisRemember: In December 2014, an undersea volcano erupted in the Kingdom of Tonga (see my note of December 30th 2014). A month later, when the eruption had ceased and the ash cloud had cleared, experts got a better look of the new island the eruption had left behind.

The images below were acquired by the Operational Land Imager (OLI) on the Landsat 8 satellite.

The top image shows the area on December 2nd, 2013, one year prior to the eruption. At that point, the small islands of Hunga Tonga (right) and Hunga Ha’apai (left) were separated by the South Pacific Ocean.

The second image shows the same area on April 28th, 2015, four months after the eruption.

According to a report released in January 2015 by Tongan authorities, the new island between Hunga Tonga and Hunga Ha’apai rose about 120 metres above sea level. It measured just 1.5 kilometres from north to south, and 2 kilometres from west to east. And while volcanic material connected the new island with Hunga Ha’apai to the west, it was a few hundred metres short of connecting with Hunga Tonga.

Source: NASA

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Source:  NASA.

Nouvelle éruption dans les Tonga? // New eruption in the Tonga archipelago?

drapeau francaisD’après des rapports de pilotes (en date du 9 février) de la compagnie aérienne locale Real Tonga, il se pourrait qu’une nouvelle éruption ait débuté près de l’archipel des Tonga. On ne possède que très peu d’informations mais, selon la radio nationale Radio Tonga, les pilotes ont vu un nuage de vapeur monter jusqu’à 600 mètres au-dessus de la mer au SO des Iles Vava’u, au nord de l’archipel, à une vingtaine de kilomètres au SO de l’île volcanique déserte de Laté.

En décembre, une éruption sous-marine a déjà secoué Hung Ha’apai, près de la capitale Nuku’alofa. Les nuages de cendre ont à plusieurs reprises perturbé le trafic aérien dans la région. L’éruption est maintenant terminée et la nouvelle terre subit les assauts des vagues.

Source: Matangi Tonga Online.

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drapeau anglaisAccording to pilots’ reports (February 9th) for the domestic airline Real Tonga, another volcano has begun erupting out of the Pacific Ocean near Tonga. Few details are available but state-owned Radio Tonga says the pilots have been seeing a white cloud rising 600 metres out of the sea, southwest of the northern Vava’u Islands, 20 km SW of Late, an unoccupied volcanic island.

In December a large undersea volcano erupted at Hunga Ha’apai, near the Tongan capital Nuku’alofa. At several points its steam and ash blocked international air traffic. That volcano has since stopped and the large island of ash it created is now being washed away by the waves.

Source: Matangi Tonga Online.

Tonga-blog

Vue de l’archipel des Tonga  (Source:  Wikipedia)