Les lacs de lave et leur comportement // Lava lakes and how they behave

drapeau-francaisCertains volcans ont le privilège d’héberger un lac de lave permanent: l’Erta Ale en Ethiopie, le Nyiragongo en République Démocratique du Congo, le Kilauea à Haiwaii, l’Erebus en Antarctique. Le Villarrica au Chili montre un lac de lave intermittent au fond de son cratère. Au Vanuatu, la lave est brassée par les gaz du Marum et du Benbow, mais il s’agit plus de chaudrons de lave bouillonnante que de véritables lacs de lave.
Les scientifiques se posent beaucoup de questions sur le fonctionnement des lacs de lave. La projection récente d’un documentaire sur le Nyiragongo a réanimé le débat et plusieurs hypothèses ont été avancées. Comme le faisait remarquer l’ami Robin Campion dans les commentaires, tous les lacs de lave ne présentent pas les mêmes caractéristiques. Ainsi, le comportement du lac de lave à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u à Hawaii est géré par les phénomènes de gonflement et de dégonflement auxquels est soumis le Kilauea. Un gonflement signale une montée de magma depuis les profondeurs, tandis que le dégonflement trahit un reflux de l’alimentation. On remarquera par ailleurs que la surface du lac de lave est animée d’un mouvement de convection avec, de temps en temps, de petites fontaines de lave lorsque les gaz ont envie de s’échapper à la surface.
A Hawaii a également été observé un phénomène intéressant baptisé « gas pistoning » par les scientifiques en poste au HVO. Ce « gas pistoning » fait référence aux fluctuations du niveau de la lave à l’intérieur d’une bouche ou d’un lac de lave, souvent de manière cyclique. Il est bien connu à Hawaii où il a été observé pour la première fois dans les années 1970 lors de l’éruption du Mauna Ulu. Il se caractérise par une montée relativement lente de la surface de la lave recouverte d’une croûte, suivie de la chute brutale de son niveau avec projection de lambeaux de lave sous l’effet des gaz.
Le site web du HVO montre une vidéo avec une série de trois épisodes de « gas pistons » dans la bouche ‘Drainhole’ du Pu’u o’o le 3 juin 2006. Cette bouche mesure environ 8 mètres de diamètre et se situe à l’intérieur d’une bouche plus grande d’environ 25 mètres de diamètre.
https://www.youtube.com/watch?v=3ll5p8pfI5Q

Quatre explications ont été fournies dans un rapport écrit en 2012 par les scientifiques hawaiiens pour expliquer le phénomène du « gas pistoning » (http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs00445-012-0667-0#/page-1) :
1) Les gaz sont piégés sous la surface croûtée de la lave ou sous une couche de lave visqueuse qui surmonte la colonne de lave plus fluide avant d’être libérés de façon épisodique.
2) Des bulles de gaz discrètes se forment épisodiquement et montent lentement dans la lave qui se trouve dans le conduit avant d’éclater à la surface
3) Une montée régulière des gaz réduit temporairement la densité globale de la colonne de lave et la fait s’élever dans le conduit. L’ensemble devient instable ; la surface de la lave chute et le système se remet en place pour un nouveau cycle.
4) La dernière théorie – celle privilégiée par Robin Campion dans son commentaire à propos du Nyiragongo – évoque la possibilité de la formation, puis de la chute, d’une couche d’écume de lave au sommet de la colonne, même si celle-ci est recouverte d’une croûte. Pour reprendre l’explication de Robin, « la rétention et l’accumulation progressive en profondeur d’une phase gazeuse libre formerait une sorte de mousse qui se ferait piéger dans les sinuosités du conduit. Cette étape correspondrait à la montée progressive du niveau de la lave […] Quand cette mousse atteint un volume critique, elle se libère de son « piège », remonte dans le conduit du fait de sa faible densité, et, quand elle arrive proche de la surface, elle dégaze en quelques dizaine de minutes (phase de fontaines intenses et de baisse de niveau) ».
Ce ne sont que des hypothèses qui demandent à être approfondies. D’ailleurs, le rapport fourni par les scientifiques hawaiiens en 2012 ne tirait pas de conclusion définitive de ces quatre hypothèses. Les observations avaient été faites essentiellement à partir des images fournies par les webcams du Pu’uO’o en 2006.

Comme je l’ai écrit dans les commentaires, s’agissant du Nyiragongo, le plus important reste la prévision et la prévention volcaniques. Comme le fait très justement remarquer le documentaire, la ville de Goma est sous la menace du volcan. Que ce soit en 1977 (probablement 600 morts) ou en 2002 (45 victimes), la lave s’est écoulée suite à un éventrement du volcan car les fractures qui parcourent ses flancs n’ont pas pu résister à la pression de la lave fluide qui a très vite atteint Goma. Les prochaines éruptions du Nyiragongo nous diront si des progrès ont été réalisés. Il faudrait aussi que la population prenne conscience de ce danger et que cessent les actes de vandalisme qui font disparaître des instruments de mesures extrêmement précieux.

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drapeau anglaisSome volcanoes host a permanent lava lake! Erta Ale in Ethiopia, Nyiragongo in the Democratic Republic of Congo, Kilauea in Haiwaii or Erebus in Antarctica. Villarrica in Chile shows an intermittent lava lake at the bottom of the crater. In Vanuatu, the lava is brewed by gases in Marum and Benbow, but they are more bubbling cauldrons that real lava lakes.
Scientists have asked many questions about the functioning of lava lakes. The recent screening of a documentary showing Nyiragongo revived the debate and several hypotheses have been advanced. As was noted by Robin Campion in the comments, all lava lakes do not have the same characteristics. Thus, the behaviour of the lava lake inside Halema’uma’u Crater in Hawaii is managed by the phenomena of inflation and deflation which affect Kilauea volcano. Inflation indicates magma rising from deep, while deflation betrays a reflux in the feeding system. We can also notice that the surface of the lava lake is animated by a convective movement with, at times, small lava fountains when gases escape to the surface.
In Hawaii, an interesting phenomenon called “gas pistoning” by HVO scientists was also observed. This “gas pistoning” refers to the level fluctuations of lava inside a vent or a lake, often cyclically. It is well known in Hawaii, where it was observed for the first time in the 1970s during the eruption of Mauna Ulu. It is characterized by a relatively slow rise of the lava surface covered with a crust, followed by the sudden collapse with lava ejections under the pressure of the gases.
The HVO’s website shows a video with a series of three episodes of “gas piston” in the Drainhole Vent within Pu’u o’o on June 3rd 2006. The vent is approximately 8 metres in diameter and is located within a larger vent about 25 metres in diameter.
https://www.youtube.com/watch?v=3ll5p8pfI5Q

Four explanations were provided in a report written in 2012 by Hawaiian about the “gas pistoning” phenomenon (http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs00445-012-0667-0#/page-1 )
1) The gases atre trapped beneath the crusty surface of lava or a viscous layer at the top of the lava column or lake before being released episodically.
2) Discrete gas slugs form episodically and then rise slowly in the conduit before bursting through the surface
3) A steady streaming of gas temporarily reduces the bulk density of the lava column, causing ot to rise in the duct. The whole system becomes unstable; the lava surface falls and the system is reset for a new cycle.
4) The last theory – the one referred to by Robin Campion in his commentary – raises the possibility of the formation and collapse of a foam layer on top of the column, even if the latter is covered with a crust. To mention again Robin’s explanation, “the retention and deep progressive accumulation of a free gas phase would form a kind of foam that would be trapped in the windings of the conduit. This stage corresponds to the gradual rise in the level of the lava […] When the foam reaches a critical volume, it becomes free of its « trap », goes up in the conduit thanks to its low density, and when it comes near the surface, it degasses within ten minutes (intense lava fountaining and drop of the level).”
These are only hypotheses. The report provided by the Hawaiian scientists in 2012 did not draw definitive conclusions from these four assumptions. The observations were made mainly from images provided by the Pu’uO’o webcams in 2006.

As I put it in the comments, regarding Nyiragongo, what really matters is volcanic prediction and prevention. Indeed, Goma is under the threat of the volcano. Whether in 1977 (probably 600 deaths) or 2002 (45 victims), lava rushed into the town because the fractures along the sides of the volcano could not withstand the pressure of the fluid lava which quickly reached Goma. The next eruption of Nyiragongo will tell us whether progress has been made. The population should become aware of this danger and it would be great if acts of vandalism stopped, with the robbery of extremely valuable measuring instruments.

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Lac de lave dans le cratère du Pu’uO’o à Hawaii (Photos: C. Grandpey)

Popocatepetl (Mexique)

drapeau-francaisIl y a souvent un décalage entre les rapports scientifiques officiels sur l’activité volcanique et l’interprétation que les journalistes font des événements. Nous venons d’en avoir un exemple avec le Popocatepetl. Plusieurs journaux indiquent que «les habitants de San Nicolas de Los Ranchos, près du Popo, étaient en alerte jaune mardi, ce qui signifie qu’ils devaient se tenir prêts à évacuer si nécessaire. » En fait, le niveau d’alerte du volcan mexicain n’a pas changé et est maintenu à la couleur Jaune Phase 2.
Le mardi 19 janvier 2016, le Popocatepetl émettait ses nuages de gaz et de vapeur habituels (19 émissions de faible intensité ont été enregistrées par le CENAPRED). En outre, l’observatoire a enregistré trois explosions à 11:58, accompagnées de panaches de cendre jusqu’à 2 km de hauteur. L’une d’elles apparaît sur cette vidéo:
http://www.cenapred.gob.mx/popo/2016/ene/v0119161.mp4
Ce genre d’activité est loin d’être exceptionnel sur le Popocatepetl. Après les explosions, le volcan a repris son activité habituelle avec de petites émissions de vapeur et de gaz.
Le CENAPRED insiste sur le fait qu’il est interdit de s’approcher du volcan, en particulier du cratère, en raison du risque de projections.

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drapeau-anglaisThere is often a discrepancy between the official scientific reports about volcanic activity and the interpretation journalists make of the events. This is what is currently happening about Popocatepetl. Several newspapers indicate that “residents living in San Nicolas de Los Ranchos near Mexico’s active Popocatepetl volcano were under a yellow alert on Tuesday, meaning they are ready to evacuate if necessary”. Actually, the alert level for the Mexican volcano has not changed and is still Yellow Phase 2.
On Tuesday, Popocatepetl showed the usual “exhalations” (19 low-intensity events were recorded by CENAPRED). In addition, there were three explosions at 11:58, with ash plumes up to 2 km high. One of them can be seen on this video:
http://www.cenapred.gob.mx/popo/2016/ene/v0119161.mp4
This kind of activity is by no means exceptional on Popocatepetl. After the explosions, the volcano went back to its usual activity with light emissions of steam and gas.
CENAPRED emphasizes that people SHOULD NOT go near the volcano, especially near the crater, due to the hazard caused by ballistic fragments.

Ça gaze en Californie et en Indonésie ! // Gas everywhere in California and Indonesia !

drapeau-francaisLa fuite de méthane (à raison d’environ 1 800 000 mètres cubes par jour depuis le 23 octobre) continue en Californie et provoque une catastrophe écologique. Un responsable local a même évoqué « un mini-Tchernobyl. » Les médias américains – le Los Angeles Times en particulier – pour la plupart réticents à admettre que le changement climatique est causé par les activités humaines, ne s’étendent pas trop sur le sujet.
Les responsables de la compagnie SoCalGas ont déclaré dimanche qu’ils allaient installer des équipements pour aspirer et réduire ainsi une partie de la fuite de méthane. Le plan consiste à siphonner et brûler en toute sécurité une partie du méthane qui s’échappe du sol. Selon un porte-parole, « la société développe un système conçu pour contrôler une partie de la fuite de gaz naturel à partir du puits. »
L’opération permettra de réduire – mais pas d’éliminer – la fuite. Un tuyau devrait être installé dans la zone d’écoulement du gaz afin de juguler une partie de la fuite, puis d’acheminer le gaz vers des unités qui retireront les fluides du gaz qui sera ensuite incinéré, ou dépourvu de son composant odorant.
Les autorités sanitaires restent préoccupées par le niveau de benzène, bien connu pour provoquer des cancers du sang, malgré les affirmations de la société SoCalGas selon laquelle la fuite ne présenterait pas de danger pour la santé. Les scientifiques et la population de Porter Ranch – où les écoles ont été fermées et les habitants évacués – ont déclaré que la compagnie et les autorités californiennes ont été lentes à reconnaître l’ampleur du problème ou à avertir la population des dangers potentiels. Le 10 novembre, le niveau de benzène était près de six fois plus élevé que les limites acceptables pour une période d’exposition de plus de huit heures.
SoCalGas n’a pas précisé à quelle date l’équipement serait installé, ni quelle quantité de gaz pourrait finalement être brûlée. La compagnie a seulement déclaré que le système a été conçu pour brûler environ un tiers de la fuite au moment de son débit maximal. .
Source: The Guardian.

Tandis que le méthane ne cesse de s’échapper du sol en Californie, Lapindo Brantas prévoit d’entreprendre en Indonésie un forage de gaz à proximité du site de Sidoarjo qui a provoqué la catastrophe à laquelle la compagnie n’est probablement pas étrangère. Il ne faudrait pas oublier qu’il y a une dizaine d’années, le volcan de boue a inondé 12 villages et déplacé environ 60.000 personnes.
Lapindo Brantas a payé la grande majorité des indemnisations, aidée par un prêt du gouvernement l’année dernière. Maintenant, la compagnie veut reprendre les forages, en partie pour rembourser ses dettes au gouvernement.
Les nouveaux puits seraient forés à environ 4 kilomètres du site du volcan de boue et atteindraient une profondeur maximale d’environ 1.200 mètres, soit environ le tiers du forage de 2006. Lapindo Brantas n’a pas foré de nouveaux puits depuis la coulée de boue de Sidoarjo et sa production de gaz a chuté d’environ 90 pour cent par rapport à 2004.
Il est prévu de commencer le forage de deux puits au début du mois de mars. Cependant, le projet pourrait être retardé par une décision prise par le gouvernement indonésien la semaine dernière, suite aux protestations de la population de la région. Le gouvernement veut s’assurer que l’entreprise a satisfait toutes les obligations techniques et répondu aux exigences sociales et environnementales. On ne connaît pas la date à laquelle le forage pourrait commencer.
Source: Reuters.

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The methane leak (about 62 million cubic feet of methane gas into the air every day since October 23rd) is going on in California and causing an environmental disaster. A local official called it “a mini Chernobyl” It is clear that the American news media, most of which are reluctant to admit that climate change is caused by human activities, do not publish long articles about the situation.
SoCalGas said on Sunday they would install equipment to suck up and capture some of the leaking methane. They are working on a plan to siphon off and safely burn some of the leaking methane. Said a spokesman: “The company is developing a system designed to capture and control a portion of the natural gas leaking from the well.”
The operation will reduce – but not eliminate – the leak. The design calls for a pipe to be installed in the area of the gas flow to capture a portion of the leaking gas and then carry it to separate units that will remove the fluids from the gas and then either incinerate it or filter the odorant out of it.
Public health experts said they remained concerned about levels of benzene, known to cause blood cancers – despite the companies’ assurances there was no danger from the leak. Scientists and residents of Porter Ranch – where schools have closed and residents been evacuated – said the gas company and California authorities were slow to recognise the magnitude of the problem, or warn locals of potential dangers. On November 10th, benzene levels recorded by the company reached nearly six times higher than the safe limits for exposure period over eight hours.
SoCalGas would not say when the equipment would be installed – or how much gas could ultimately be burned or captured. It said the system was designed to burn up about a third of the leak at its height.
Source : The Guardian.

While methane keeps leaking in California, Indonesian energy company Lapindo Brantas plans to resume drilling for gas near the site of the Sidoarjo mud volcano that caused a disaster that the company probably helped to create around 10 years ago. The mud volcano inundated 12 villages and has displaced around 60,000 people.
The company has paid off the vast majority of compensation claims it was ordered to pay, helped by a government loan last year. Now, it needs to resume drilling partly to pay back its debts to the government.
The new wells would be drilled around 4 kilometres from the site of the mud volcano and would go to a maximum depth of about 1,200 metres, around one-third as deep as the well Lapindo was drilling in 2006. The company has not drilled any new wells since the mudflow began, and as a result its gas output has fallen around 90 percent from 2004 levels.
Lapindo wants to start drilling the two wells in early March. However, Lapindo’s latest plans may be held up by a temporary stoppage in preparations imposed by the government late last week amid public concerns. The government wants to ensure the company has met technical as well as social and environmental requirements. It has not provided an estimate on when it might allow drilling to begin.
Source : Reuters.

Methane

Site d’Aliso Canyon (Californie) où a lieu la fuite de méthane (Crédit photo: Wikipedia)

Sidoarjo 2

Maisons englouties par la coulée de boue à Sidoarjo (Indonésie)

[Crédit photo: Wikipedia]

La COP 21 et le dilemme de l’Alaska // The Paris climate conference and Alaska’s dilemma

drapeau-francaisLe changement climatique anthropique ne se discute plus; c’est une réalité, avec des conséquences économiques, sociales et écologiques graves. Nous allons droit vers une augmentation moyenne de 5°C si nous ne faisons rien pour réduire émissions de gaz à effet de serre.
Comme les réunions de Buenos Aires, Kyoto et Copenhague, la COP 21 de Paris avait pour but de parvenir à un accord afin d’atténuer certains des effets du réchauffement climatique dans un avenir à court terme. S’il est ratifié, l’accord permettra de limiter l’augmentation de la température globale à 1,5°C. L’objectif est de parvenir à zéro émission de gaz à effet de serre d’origine anthropique dans la seconde moitié du 21ème siècle. Des normes plus strictes pourront même être adoptées, vu que l’accord sera réévalué tous les cinq ans.
Il est possible qu’une technologie soit développée pour extraire le carbone de l’air, mais un tel projet reste futuriste. Dans un proche avenir, les seuls moyens d’atteindre des résultats significatifs seront de laisser le charbon, le gaz et le pétrole dans le sol ou bien de mettre en place une taxe carbone qui réduira considérablement les profits et donc la production d’énergie à base de carbone.
L’accord de Paris sera adopté si suffisamment de pays le signent le 22 avril 2016, représentant ensemble 55% des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Ces nations comprennent la Chine et les Etats-Unis qui sont les deux plus grands émetteurs de gaz à effet de serre. Les États-Unis ont déjà signé l’accord car l’administration Obama a astucieusement considéré l’accord comme une extension de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques que le Sénat américain avait ratifiée en 1992. S’il s’était agi d’un nouveau traité, il aurait eu besoin d’être ratifié par le Sénat, une éventualité peu probable étant donné le nombre important de climato-sceptiques dans cette institution !
L’Alaska est maintenant confrontée à un dilemme moral. Faut-il que l’État continue à investir massivement dans un gazoduc et encourage ses partenaires Exxon Mobil et ConocoPhillips à construire un réseau de gaz naturel qui pourrait se trouver limité par une taxe carbone dissuasive, ou qui pourrait même être inutilisable lorsque sa construction sera terminée? Ou bien faut-il que l’Alaska suive l’exemple de l’Arabie Saoudite et essaye de gagner le plus d’argent possible pendant qu’il est encore temps ?
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAnthropogenic climate change is no longer a matter of debate; it is a real phenomenon with severe economic, social and ecological consequences. We are headed for a 5°C average increase in global warming if we do nothing about greenhouse gas emissions.
Like the Buenos Aries, Kyoto and Copenhagen meetings, the Paris COP 21 was intended to reach an agreement to ameliorate some of the most severe climate-related effects of the foreseeable future. If ratified, the agreement will limit global average temperature increase to 1.5°C. The goal is to achieve zero net anthropogenic greenhouse gas emissions by the second half of the 21st century. Stricter standards indeed may be enacted, as the agreement will be reevaluated every five years.
It is possible that technology will be developed to extract carbon from air, although at this point it is futuristic. In the near future, the only ways to achieve meaningful climate change results is to either leave coal, gas and oil in the ground or enact a carbon tax that would severely reduce the profit and, hence, production of carbon-based energy.
The Paris agreement will be enacted if enough countries sign it to collectively represent 55% of current global greenhouse gas emissions by April 22nd 2016. That will include China and the U.S., the two largest emitters of greenhouse gases. The U.S. has already signed on because the Obama administration shrewdly framed the agreement as an extension of the United Nations Framework Convention on Climate Change, which the Senate ratified in 1992. As a new treaty, it would have needed to be ratified by the Senate, an unlikely event given the number of climate change deniers in that body.
Alaska now has a moral dilemma. Should we the State be spending massive dollars on a gas pipeline and encourage its corporate partners, Exxon Mobil and ConocoPhillips, to build a natural gas system that may well be restricted by a carbon tax or otherwise be inoperable by the time it is built? Should Alaska follow the example of Saudi Arabia and make money while it can?
Source : Alaska Dispatch News.

Oleoduc

Le pétrole et la pollution qu’il entraîne sont actuellement la clé de voûte de l’économie de l’Alaska.

(Photo: C. Grandpey)