Salton Buttes (Californie): Un volcan de boue menace des infrastructures // Mud volcano threatens infrastructure

Le 30 octobre 2012, j’écrivais une note sur ce blog à propos de la Mer de Salton ou Salton Sea, un lac salé endoréique (c’est-à-dire que l’eau n’a jamais atteint la mer) situé en  Californie du Sud. Avec 974 km2, il représente le plus grand lac de cet Etat, mais sa superficie change en fonction de son alimentation en eau. Il mesure en moyenne 24 km sur 56 km (voir carte ci-dessous).

En lisant la presse californienne, on apprenait en 2012 qu’il existait à proximité de la berge SE de cette étendue d’eau un alignement de quatre petits volcans, les Salton Buttes qui sont considérés comme actifs par les scientifiques car leurs dernières éruptions ont eu lieu il y a seulement un millier d’années, quelques secondes à l’échelle géologique, donc beaucoup plus près de nous que les dernières études le laissaient supposer.

En octobre 2012 toujours, on avait récemment enregistré une augmentation de l’activité sismique et des odeurs de soufre dans la région, ainsi que la présence de volcans de boue. On pensait qu’une nouvelle activité éruptive était peut-être en préparation. Les chercheurs pensaient qu’un réservoir magmatique se trouvait à seulement 3 – 6 km à l’aplomb des Salton Buttes. Ils pensaient aussi qu’un puissant séisme pourrait faciliter la remontée du magma vers la surface.

En août 2012, un essaim sismique avait été enregistré à Brawley, une localité proche de la Mer de Salton, avec des événements atteignant M 5,5 sur l’échelle de Richter. Au début, l’USGS  avait attribué cette sismicité à des mouvements de failles sur la zone sismique de Brawley. En y regardant mieux, les chercheurs ont conclu qu’il était plus probable que ces essaims étaient dus à des mouvements – voire une montée – de magma.

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Voici une vidéo que vient de me faire parvenir Emmanuel Boutleux à propos des volcans de boue de la Salton Sea, tournée début juillet 2018.  Emmanuel précise que l’accès du site est très pénible à pied : très forte chaleur, passages inondés et boueux, forêts de joncs, ravines. Il s’agit d’une zone active à la croûte très fragile. Il faut rappeler que la plus grande prudence est de mise lorsque l’on parcourt des zones de volcans de boue. Des accidents ont eu lieu, par exemple en Islande et en Nouvelle Zélande.
Emmanuel n’a pas vu de trace du mur métallique mentionné dans l’article, ni la proximité immédiate de la voie ferrée. A part les centrales géothermiques (forages en cours) , la zone est très peu habitée. Le retrait de la mer est très spectaculaire : des quais en béton sont à plusieurs centaines de mètres de l’eau.
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En octobre 2018, l’un des geysers de boue situés près de la ville de Niland, dans l’Imperial County, a connu un épisode de croissance rapide, avec une menace pour la voie ferrée et la route à proximité qui pourrait devoir être bientôt fermée. Selon des autorités, le geyser de boue s’est récemment déplacé d’environ 18 mètres en une seule journée et menace désormais des infrastructures vitales dans la région. Il se trouve à environ 1 km au sud de l’intersection de la Highway 111 et de Gillespie Road et laisse échapper de l’eau et du dioxyde de carbone.

Ce geyser de boue existe depuis 1953. Il s’est déplacé lentement au cours des 11 dernières années, mais sa vitesse de déplacement a récemment augmenté et il empiète sur la voie ferrée.  Les autorités de l’Imperial County ont promulgué l’état d’urgence le 26 juin 2018 en raison de la migration du geyser et de la menace qu’il représente pour la voie ferrée, la Highway 111, un pipeline, des lignes de télécommunication à fibres optiques et des lignes électriques enfouies dans la région.
Un mur d’acier d’une profondeur d’environ 23 mètres et d’une longueur de 36 mètres a été édifié pendant l’été, mais la boue a tout de même réussi à s’infiltrer en octobre et se rapproche de la ligne de chemin de fer. Des voies alternatives ont été construites et la Pacific Union envisage de construire un pont. La Highway 111, quant à elle, devra très probablement être fermée, avec déviation de la circulation.
Comme je l’ai écrit précédemment, l’Observatoire Volcanologique de Californie surveille cette région car il existe un risque d’activité volcanique. Depuis que les volcans sont entrés en éruption dans le passé, la zone – qui est fortement peuplée – montre une certaine activité et les Salton Buttes sont considérées comme des volcans à haut risque.
Les Salton Buttes se trouvent dans le Salton Trough, une dépression tectonique formée par la faille de San Andreas et les failles de San Jacinto. La dépression forme le prolongement septentrional du Golfe de Californie et en est séparée par le Delta du Colorado.
Source : The Examiner, The Watchers.

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On October 30th, 2012, I wrote a post on this blog about the  Salton Sea, an endorheic salt lake (that is, water never reached the sea) located in Southern California. With 974 km2, it is the largest lake in the State, but its area changes depending on its water supply. It measures on average 24 km by 56 km (see map below).
Reading the Californian press, we learned in 2012 that there existed near the SE bank of this body of water an alignment of four small volcanoes, the Salton Buttes, which are considered active by scientists because their last eruptions took place only a thousand years ago, a few seconds at the geological scale, and much closer to us than the last studies suggested.
In October 2012, there had been an increase in seismic activity and sulphur odours in the region, as well as the presence of mud volcanoes. It was thought that a new eruptive activity might be in preparation. The researchers thought a magma reservoir was only 3-6 km below the Salton Buttes. They also thought that a strong earthquake could facilitate the rise of magma to the surface.
In August 2012, a seismic swarm had been recorded in Brawley, a community near the Salton Sea, with events reaching M 5.5 on the Richter scale. At first, the USGS attributed this seismicity to fault movements over the Brawley seismic zone. Looking at it better, the researchers concluded that these swarms were more likely due to movements – or even an ascent – of magma.

In October 2018, one of the mud geysers near the town of Niland, Imperial County, is growing rapidly, threatening nearby railroad track and state highway which may soon have to be closed. According to officials, the mud geyser recently moved about 18 metres in just one day and is now threatening crucial infrastructure in the area. It is located approximately 1 km south of the intersection of Highway 111 and Gillespie Road and is releasing water and carbon dioxide.

This mud geyser has been in existence since 1953. It moved slowly in the past 11 years, but the rate of movement recently increased and has been encroaching on the railroad. The County of Imperial made an emergency declaration on June 26th, 2018 due to the geyser migrating toward and threatening the Union Pacific Railroad railroad tracks, Highway 111, a petroleum pipeline, fiber optic telecommunications lines and other buried utilities in the area.

A steel wall, about 23 metres deep and 36 metres long, was build during the summer. However, muddy fluids seeped under it during October and moved even closer to the tracks. Alternate tracks were built and Pacific Union is considering building a bridge. However, Highway 111 in this area will most likely have to be closed and traffic diverted.

As I put it before, this area is being monitored by the California Volcano Observatory for possible future volcanic activity. Since the volcanoes have erupted in the past, there is present-day unrest, and there are areas of high population density nearby, the Salton Buttes are considered high-hazard volcanoes.

The Salton Buttes lie within the Salton Trough, a tectonic depression formed by the San Andreas Fault and the San Jacinto Faults. The depression forms the northward extension of the Gulf of California, and is separated from it by the Colorado River Delta.

Source : The Examiner, The Watchers.

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Here is a video Emmanuel Boutleux has just sent me about the mud volcanoes close to the Salton Sea, shot in early July 2018. Emmanuel said that access to the site is very difficult on foot: very hot, flooded and muddy passages, forests of rushes, gullies. This is an active area with a very fragile crust. It must be remembered that the greatest caution is required when walking across areas of mud volcanoes. Accidents have occurred, for example in Iceland and New Zealand.
Emmanuel did not see any trace of the metal wall mentioned in the article, nor the immediate proximity of the railway. Apart from the geothermal power plants (drilling in progress), the area is very little inhabited. The withdrawal from the sea is very spectacular: concrete docks are several hundred metres from the water.
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Source: Google Maps

Wai-O-Tapu (Nouvelle Zélande/ New Zealand)

Wai-O-Tapu ( « eaux sacrées » en langue maori) est un site géothermal situé à 27 kilomètres au sud de Rotorua en Nouvelle-Zélande. La région possède de nombreuses sources chaudes réputées pour leurs belles couleurs, comme Champagne Pool. Le site couvre une superficie de 18 kilomètres carrés.
Selon le site Internet The Watchers et le New Zealand Herald, une éruption de vapeur et de boue a été observée il y a quelques jours à Wai-O-Tapu. L’événement a duré une quarantaine de secondes et a été filmé par le chauffeur d’une navette qui relie Rotorua aux sites locaux. Les volcanologues du GNS expliquent que de telles éruptions à Wai-O-Tapu sont rares mais pas exceptionnelles. Il est parfois fait état d’arbres couverts de boue.
Wai-O-Tapu est un site touristique populaire très fréquenté. Il est conseillé aux visiteurs d’être prudents lorsqu’ils s’approchent des phénomènes géothermaux. Voici quelques photos que j’ai prises lors d’une visite en février 2009.

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Wai-O-Tapu (Maori for « sacred waters ») is a geothermal site 27 kilometres south of Rotorua in New Zealand. The area has many hot springs noted for their colourful appearance, like Champagne Pool. It covers 18 square kilometres.

According to the website The Watchers and the New Zealand Herald, a steam and mud eruption was observed a few days ago at Wai-O-Tapu. The event lasted about 40 seconds and was recorded by the driver of a shuttle from Rotorua to local sites. GNS volcanologists explain that such eruptions at Wai-O-Tapu are uncommon but not exceptional. Occasionally, there are reports of trees covered in mud.

Wai-O-Tapu is a popular tourist site. Visitors are advised to be cautious when approaching. Here are a few photos I took during a visit in February 2009.

Photos: C. Grandpey

Le Sinabung (Indonésie) et le risque de lahar // Mt Sinabung (Indonesia) and the lahar hazard

Le Sinabung, sur l’île de Sumatra, est de nouveau entré en éruption le 12 octobre 2017 en envoyant une coulée pyroclastique et des panaches de cendre qui sont montés jusqu’à près de 2 km dans le ciel.
L’éruption, qui a duré six minutes, n’a blessé personne car des milliers de personnes vivant dans un rayon de 7 kilomètres du cratère ont été évacuées de la zone en 2015, année où le niveau d’alerte a été élevé à son maximum.
Les autorités rappellent sans cesse aux habitants et aux touristes qu’il est interdit d’entrer dans la zone dangereuse autour du Sinabung dans la mesure où l’activité va continuer. Les personnes vivant à proximité de rivières en provenance de la montagne, par exemple la rivière Laborus, doivent être vigilantes car il existe un fort risque de lahar, autrement dit de coulée de boue, d’autant que l’on annonce de fortes précipitations. L’année dernière, une fillette de six ans a été tuée par un lahar qui a frappé un village dans le district de Karo. En 2010, quand le Sinabung a commencé à entrer en éruption, un fermier de ce même district est mort après avoir été emporté lui aussi par un lahar.
Source: The Jakarta Post.

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Mount Sinabung in Sumatra erupted once again on October 12th, spewing a pyroclastic flow and volcanic ash up to nearly 2 km into the sky.

The eruption, which lasted six minutes, did not harm any residents, as thousands of people living within a 7-kilometre radius from the crater had been evacuated from the area in 2015 when the alert status was raised to the highest level.

Again and again, locals and tourists are reminded not to enter Sinabung’s danger zone, since volcanic activity is expected to continue. People living near rivers fed by water flowing from the mountain, for instance the Laborus River, must be aware of the possibility of a lahar or cold lava flood, particularly since rainfall is forecast to increase. Last year, a six-year old girl was killed in a lahar that hit a village in Karo. In 2010, when Sinabung erupted for the first time, a farmer from this regency died after being swept away by another lahar.

Source: The Jakarta Post.

Crédit photo: J.P. Vauzelle

 

Ça gaze en Californie et en Indonésie ! // Gas everywhere in California and Indonesia !

drapeau-francaisLa fuite de méthane (à raison d’environ 1 800 000 mètres cubes par jour depuis le 23 octobre) continue en Californie et provoque une catastrophe écologique. Un responsable local a même évoqué « un mini-Tchernobyl. » Les médias américains – le Los Angeles Times en particulier – pour la plupart réticents à admettre que le changement climatique est causé par les activités humaines, ne s’étendent pas trop sur le sujet.
Les responsables de la compagnie SoCalGas ont déclaré dimanche qu’ils allaient installer des équipements pour aspirer et réduire ainsi une partie de la fuite de méthane. Le plan consiste à siphonner et brûler en toute sécurité une partie du méthane qui s’échappe du sol. Selon un porte-parole, « la société développe un système conçu pour contrôler une partie de la fuite de gaz naturel à partir du puits. »
L’opération permettra de réduire – mais pas d’éliminer – la fuite. Un tuyau devrait être installé dans la zone d’écoulement du gaz afin de juguler une partie de la fuite, puis d’acheminer le gaz vers des unités qui retireront les fluides du gaz qui sera ensuite incinéré, ou dépourvu de son composant odorant.
Les autorités sanitaires restent préoccupées par le niveau de benzène, bien connu pour provoquer des cancers du sang, malgré les affirmations de la société SoCalGas selon laquelle la fuite ne présenterait pas de danger pour la santé. Les scientifiques et la population de Porter Ranch – où les écoles ont été fermées et les habitants évacués – ont déclaré que la compagnie et les autorités californiennes ont été lentes à reconnaître l’ampleur du problème ou à avertir la population des dangers potentiels. Le 10 novembre, le niveau de benzène était près de six fois plus élevé que les limites acceptables pour une période d’exposition de plus de huit heures.
SoCalGas n’a pas précisé à quelle date l’équipement serait installé, ni quelle quantité de gaz pourrait finalement être brûlée. La compagnie a seulement déclaré que le système a été conçu pour brûler environ un tiers de la fuite au moment de son débit maximal. .
Source: The Guardian.

Tandis que le méthane ne cesse de s’échapper du sol en Californie, Lapindo Brantas prévoit d’entreprendre en Indonésie un forage de gaz à proximité du site de Sidoarjo qui a provoqué la catastrophe à laquelle la compagnie n’est probablement pas étrangère. Il ne faudrait pas oublier qu’il y a une dizaine d’années, le volcan de boue a inondé 12 villages et déplacé environ 60.000 personnes.
Lapindo Brantas a payé la grande majorité des indemnisations, aidée par un prêt du gouvernement l’année dernière. Maintenant, la compagnie veut reprendre les forages, en partie pour rembourser ses dettes au gouvernement.
Les nouveaux puits seraient forés à environ 4 kilomètres du site du volcan de boue et atteindraient une profondeur maximale d’environ 1.200 mètres, soit environ le tiers du forage de 2006. Lapindo Brantas n’a pas foré de nouveaux puits depuis la coulée de boue de Sidoarjo et sa production de gaz a chuté d’environ 90 pour cent par rapport à 2004.
Il est prévu de commencer le forage de deux puits au début du mois de mars. Cependant, le projet pourrait être retardé par une décision prise par le gouvernement indonésien la semaine dernière, suite aux protestations de la population de la région. Le gouvernement veut s’assurer que l’entreprise a satisfait toutes les obligations techniques et répondu aux exigences sociales et environnementales. On ne connaît pas la date à laquelle le forage pourrait commencer.
Source: Reuters.

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The methane leak (about 62 million cubic feet of methane gas into the air every day since October 23rd) is going on in California and causing an environmental disaster. A local official called it “a mini Chernobyl” It is clear that the American news media, most of which are reluctant to admit that climate change is caused by human activities, do not publish long articles about the situation.
SoCalGas said on Sunday they would install equipment to suck up and capture some of the leaking methane. They are working on a plan to siphon off and safely burn some of the leaking methane. Said a spokesman: “The company is developing a system designed to capture and control a portion of the natural gas leaking from the well.”
The operation will reduce – but not eliminate – the leak. The design calls for a pipe to be installed in the area of the gas flow to capture a portion of the leaking gas and then carry it to separate units that will remove the fluids from the gas and then either incinerate it or filter the odorant out of it.
Public health experts said they remained concerned about levels of benzene, known to cause blood cancers – despite the companies’ assurances there was no danger from the leak. Scientists and residents of Porter Ranch – where schools have closed and residents been evacuated – said the gas company and California authorities were slow to recognise the magnitude of the problem, or warn locals of potential dangers. On November 10th, benzene levels recorded by the company reached nearly six times higher than the safe limits for exposure period over eight hours.
SoCalGas would not say when the equipment would be installed – or how much gas could ultimately be burned or captured. It said the system was designed to burn up about a third of the leak at its height.
Source : The Guardian.

While methane keeps leaking in California, Indonesian energy company Lapindo Brantas plans to resume drilling for gas near the site of the Sidoarjo mud volcano that caused a disaster that the company probably helped to create around 10 years ago. The mud volcano inundated 12 villages and has displaced around 60,000 people.
The company has paid off the vast majority of compensation claims it was ordered to pay, helped by a government loan last year. Now, it needs to resume drilling partly to pay back its debts to the government.
The new wells would be drilled around 4 kilometres from the site of the mud volcano and would go to a maximum depth of about 1,200 metres, around one-third as deep as the well Lapindo was drilling in 2006. The company has not drilled any new wells since the mudflow began, and as a result its gas output has fallen around 90 percent from 2004 levels.
Lapindo wants to start drilling the two wells in early March. However, Lapindo’s latest plans may be held up by a temporary stoppage in preparations imposed by the government late last week amid public concerns. The government wants to ensure the company has met technical as well as social and environmental requirements. It has not provided an estimate on when it might allow drilling to begin.
Source : Reuters.

Methane

Site d’Aliso Canyon (Californie) où a lieu la fuite de méthane (Crédit photo: Wikipedia)

Sidoarjo 2

Maisons englouties par la coulée de boue à Sidoarjo (Indonésie)

[Crédit photo: Wikipedia]

Le débordement des salinelle de Paterno et les émanations gazeuses sur les basses pentes de l’Etna (Sicile / Italie)

On observe en ce moment une réactivation des émissions de boue dans les salinelle de Paterno, petite localité située au SO de l’Etna. La boue s’est écoulée à plusieurs reprises ces derniers jours dans la Via Salso, au grand désespoir des habitants qui doivent nettoyer cours et jardins souillés par la boue.
Le phénomène n’a rien d’exceptionnel et plusieurs localités siciliennes au pied de l’Etna connaissent ce phénomène que j’avais étudié au cours des années 2000, dans le cadre des émissions gazeuses sur les basses pentes de l’Etna. En voici le résumé.

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LES EMANATIONS GAZEUSES SUR LES BASSES PENTES DE L’ETNA

Au vu des statistiques, l’Etna serait l’un des volcans les plus pollueurs au monde, du fait de l’abondance de son dégazage. Selon T. M. Gerlach (1), les cratères émettraient 25000 tonnes de CO2 par jour, ce qui correspondrait à 10% du CO2 d’origine volcanique de notre planète.
S’il émane essentiellement des zones sommitales du volcan, le CO2 est aussi présent (en plus petites quantités) à basse altitude, dans les régions où les structures tectoniques sont les plus actives.

Présentation générale.

Les sources de CO2 sur les basses pentes de l’Etna se concentrent essentiellement autour de Paterno (où elles sont mieux connues sous le nom de salinelle à cause de leur forte salinité) mais aussi dans les régions de Bronte ou Giarre.
Signalons également les émanations gazeuses qui se situent au niveau de la fracture de 1989, à environ 1650 m d’altitude, à l’endroit où elle traverse la route provinciale S.P.92. Suite à une intrusion de magma, ce système fissural – par ailleurs réactivé pendant l’éruption de 1991-93 – représente un risque potentiel pour certains villages, d’où la nécessité d’une surveillance accrue.
La présence des gaz à basse altitude s’expliquerait par une épaisseur moindre des couches imperméables à dominante argileuse, ce qui favoriserait leur passage.
Ces manifestations gazeuses sont citées depuis des temps lointains et plusieurs études en font état dès le 19ème siècle (3). Les rapports de l’époque décrivent parfois des fontaines d’eau boueuse d’une hauteur allant de 50 cm à 3 mètres, avec une température moyenne de 46°C. Ces paroxysmes « boueux » étaient souvent liés à des événements sismiques dans la région.

Les salinelle de Paterno.

Les salinelle sont des volcans de boue qui occupent trois sites autour de Paterno :
• Le site 1 – Simeto – se trouve à l’ouest du bourg, tout près de la rivière du même nom.
• Le site 2 – Stadio – jouxte le terrain de sports ; il est sans aucun doute le mieux connu et le plus accessible ; c’est aujourd’hui un terrain vague bordé de dépôts d’ordures. L’instabilité du sol demande d’être vigilant car la croûte superficielle peut se rompre et entraîner un bain de pieds très désagréable, même s’il est sans danger !
• Le site 3 – Vallone Salato – se trouve au sud-est.

Chaque site couvre plusieurs milliers de mètres carrés. Les mares de boue ont une forte salinité, un PH moyen de 6 et une conductivité de 88ms / cm. Dans la plupart des cas, la température de l’eau se situe aux alentours de 19°C ; ainsi, sur le site de Stadio, les relevés que j’ai effectués vont de 18,1°C à 20,3°C. On note de petits écarts d’une source à l’autre, mais l’ensemble reste stable, que ce soit au printemps ou en été, époques où j’ai effectué les mesures. La composition chimique (sur une base équivalente) est la suivante :

Na » Ca > Mg > K et Cl » HCO 3 > SO4 (2)

La forte salinité, la faible teneur en sulfates et l’absence de variations saisonnières dans la composition chimique indique qu’il s’agit d’eaux associées à des dépôts d’hydrocarbures.
En dehors des salinelle de Paterno, on observe d’autres lieux où les gaz sont libérés en plus ou moins grande quantité. Ainsi, la source d’Aqua Grassa, non loin de Paterno, rejette environ 20 m³ de gaz par jour. Dans le passé, le CO2 y était exploité à des fins industrielles et en 1937 le débit a même été évalué à 100 m³ par jour (4). La température de l’eau est de 19°C et son PH est de 6.
Les salse (6) de Fondachello – près de Giarre – ont connu des éruptions de boue au 17ème siècle, peut-être en relation avec le séisme qui détruisit Catane. Les fontaines de boue ont parfois atteint six mètres de hauteur et les écrits de l’époque font mention d’un « vulcano di fango » – volcan de boue – riche en sel et de trois mètres d’élévation. D’autres éruptions, moins spectaculaires, ont eu lieu pendant les siècles suivants (7). Toutefois, il ne semble pas qu’il existe une description d’activité récente, bien que les habitants prétendent qu’un volcan de boue d’un mètre de hauteur était encore actif il y a une vingtaine d’années et que les gaz étaient utilisés pour faire chauffer les plats !… Aujourd’hui, l’activité gazeuse se limite à l’émission de bulles dans un fossé d’irrigation d’ailleurs difficile à trouver.
Des mofettes ou émanations gazeuses du même type sont également à signaler à San Venera (près d’Acireale), à San Nicola (près de Bronte) ou à Naftia (près de Palagonia) bien que dans ce dernier secteur le phénomène semble en relation beaucoup plus lointaine avec l’Etna.

Les gaz des salinelle.(8)

Dans les salinelle, les principaux gaz sont : CO2 (majoritaire), CH4, N2 et He. Chacune des mares de boue ne présente que très peu de variation chimique dans le temps, mais la composition chimique peut varier d’une mare à l’autre, même si elles sont peu éloignées les unes des autres . Des études géothermiques basées sur la composition de l’eau et des gaz des salinelle laissent supposer que la température du réservoir oscille entre 100 et 150°C.
Chaque salinella a son propre rapport He / CH4 qui reste constant dans le temps et dans l’espace. En revanche, le CO2 peut varier, car au cours de son ascension il subit diverses interactions avec les eaux des différentes mares, alors que He et CH4 ne présentent qu’une très faible solubilité dans l’eau.
Les études réalisées dans le passé (Silvestri au 19ème siècle) ont fait apparaître de fortes concentrations d’H2 dans les salinelle alors qu’aujourd’hui la présence de ce gaz est très rare. Cependant, une odeur caractéristique d’H2S imprègne le secteur des salinelle.

Salinelle et sismologie.

Selon D’Alessandro, certaines salinelle montrent des variations de composition chimique en relation avec les événements sismiques qui se sont produits dans la partie Est de la Sicile entre 1990 et 1993. Ces variations concernent :
• les concentrations de CH4 et He de la salinella de Stadio à Paterno (en relation avec un séisme ayant eu lieu le 13 décembre 1990).
• les concentrations de H2, He, CH4 à Stadio et Vallone Salato (en relation avec un séisme ayant eu lieu le 20 septembre 1991).

Il n’a pas pu être prouvé si les variations de la composition chimique des gaz avaient – ou non – précédé les secousses sismiques.
La modification en H2 est peut-être due à des réactions entre l’eau et la surface de roches riches en silicates. Ces réactions (et donc la production de H2) se trouvent accrues quand les roches subissent des microfractures lors de l’imminence d’un séisme.
Les modifications en He et CH4 s’expliqueraient par des variations de pression exercées sur le réservoir magmatique situé en profondeur au cours de la période précédant le séisme.
Ces hypothèses, pour être confirmées, demanderaient une étude plus fine, plus régulière aussi, avec un système de contrôle automatique permettant de mesurer certains paramètres des fluides (PH, température, CH4, He etc…), et qui pourrait contribuer à la mise en place d’un programme de surveillance en relation avec l’activité sismique.

Relation entre les émanations à basse altitude et l’activité éruptive de l’Etna.

L’activité volcanologique est souvent annoncée par des signes d’ordre géochimique, tels que la modification de composition des fumerolles ou des lacs de cratères, entre autres. Paradoxalement, peu de recherches ont été effectuées sur les émissions de gaz au niveau du sol dans les régions volcaniques. Pourtant, des concentrations anormales dans les émanations de gaz rares en provenance du sol ont déjà été observées au moment de périodes d’activité sismique. En phase pré-éruptive, les microfractures des roches accroissent la perméabilité du sol et favorisent donc le passage des gaz accumulés sous l’édifice volcanique.
En Italie, des modifications concernant le CO2, le radon (Rn) ou l’hélium (He) ont été observées sur des sites aussi variés que les Champs Phlégréens (actuellement au repos), le Stromboli ou l’Etna (actuellement actifs). L’étude de ces gaz peut donc se révéler un indicateur précieux du processus évolutif à l’intérieur d’un volcan actif.
C’est pourquoi depuis 1989 (9), les scientifiques du CNR et de l’Université de Palerme ont entrepris une étude systématique des gaz dans des zones choisies sur les flancs de l’Etna :
• Zafferana Etnea / San Venerina d’une part, où 69 points de relevés ont été répertoriés sur 42 km² à 600 mètres d’altitude.
• Paterno, avec 69 points de relevés sur 45 km² à 200 mètres d’altitude.
La fracture sud/sud-est qui a déchiré sur 7 km le flanc de l’Etna en 1989 entre le cratère sud-est est l’altitude 1500m.
Cette étude a été intensifiée fin 1989, fin 1991 et début 1992 lors des crises éruptives de l’Etna. Deux types de mesures du CO2 ont été effectuées : ponctuelles (avec des relevés mensuels) et continues (par l’intermédiaire d’une station installée dans la partie basse de la fracture de 1989.
Lors des relevés, trois anomalies ont été notées sur la zone Zafferana / S. Venerina en été 1990, mars-avril 1991 et octobre 1991, respectivement.
A Paterno, seule l’anomalie de mars-avril a été perçue.
Sur la fracture de 1989, une anomalie de dégazage a été observée en avril-août 1990 et septembre-octobre 1991, ce qui correspond à deux des événements enregistrés à Zafferana / S. Venerina.
Le bilan de ces différentes observations rend compte d’un accroissement du CO2 en mars-avril qui n’a été détecté que dans les zones périphériques, mais pas sur la fracture 1989. Cette augmentation de CO2 correspondait à une période de gonflement du volcan et donc à une accumulation de pression en profondeur.
En conséquence, il semblerait que les zones périphériques reçoivent une « perte de gaz tectonique » liée à l’alimentation en profondeur du volcan, profondeur trop grande pour que la fracture 1989 – beaucoup trop élevée – soit affectée. Le dégazage anormal de septembre-octobre 1991 relevé en même temps sur la fracture 1989 ainsi qu’à Zafferana / S. Venerina (mais pas à Paterno) peut s’expliquer par une intrusion précoce de magma dans la fracture. La proximité de Zafferana et S. Venerina et l’éloignement de Paterno expliquent les différences d’émissions entre ces deux zones.

De ces observations, il ressort que les zones de Zafferana / S. Venerina d’une part et de Paterno d’autre part auraient une source commune et profonde de CO2. La seule augmentation propre à toutes ces zones a été relevée début 1991, avec une apogée fin mars. Elle correspondait à un gonflement de l’édifice volcanique par ailleurs enregistré par les inclinomètres (SEAN 1992). Ce gonflement du volcan traduisait une accumulation de pression en profondeur qui a conduit à la reprise de l’activité éruptive à la mi-décembre.
Un autre accroissement (bien que plus faible) du CO2 a été observé en octobre 1991. Puis une chute brutale est intervenue à basse altitude – ce qui correspondait au début de l’éruption – alors que, dans le même temps, le dégazage s’intensifiait au sommet de l’Etna. Cela suggère que la montée de la colonne de magma, en concentrant le dégazage principal dans les conduits d’alimentation supérieurs, a réduit les exhalaisons des zones périphériques.

Conclusion.

Les résultats ci-dessus montrent que le contrôle et l’analyse des émanations gazeuses à basse altitude peuvent permettre la détection des premières phases d’éveil d’un volcan, susceptibles de conduire à une éruption. D’autre part, le contrôle des gaz dans le secteur d’un système de fractures comme celui de 1989 peut donner des indications sur le comportement du magma et être utilisé à des fins de prévention.

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La plupart des éléments qui ont permis la rédaction de ce rapport se trouvent dans l’Acta Vulcanologica (Journal of the National Volcanic Group of Italy) / Vol. 4 – 1994 et Vol. 8(1) – 1996. Ils viennent s’ajouter à un travail d’observation et de mesure que j’ai effectué entre 1994 et 1997.

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(1) T.M. Gerlach. Etna’s greenhouse pump. (1991).
(2) G.A. Mercurio (1847) ou O. Silvestri (1866) par exemple.
(3) D’Alessandro, Parello, Valenza (1990-1993).
(4) A.G.I.P. (1938).
(5) « salse » : variante locale de « salinelle ».
(6) G.A. Mercurio. Sulla Salsa di Fondachello nel commune di Mascali (1847)
(7) G.A. Mercurio. Sulla Salsa di Fondachello nel commune di Mascali (1847)
(8) D’Alessandro, Parello, Valenza. Acta Vulcanologica 8 (1). 1996.
(9) Acta Vulcanologica. Vol. 4. 1994.

Paterno 01

Paterno 02

Paterno 03

Les salinelle de Paterno en 1999.  (Photos: C. Grandpey)

Le volcan de boue de Sidoarjo (Indonésie): une attraction touristique? // The Sidoarjo mud volcano: a tourist attraction?

drapeau francaisSouvenez-vous : En mai 2006 un torrent de boue se déversait près de la ville de Sidoarjo, dans l’est de l’île de Java. Baptisé Lusi, il a recouvert une douzaine de villages, des usines, une autoroute et une voie ferrée. Il a aussi entraîné l’évacuation de plus de 40 000 personnes, avec un bilan humain de douze morts. De nombreux scientifiques estiment que la catastrophe a été provoquée par un forage exploratoire de gaz effectué par la société Lapindo Brantas, qui appartient à l’un des hommes les plus riches du pays, Aburizal Bakrie. De son côté, la compagnie affirme qu’elle est liée à un tremblement de terre survenu deux jours plus tôt dans le centre de Java. Lapindo Brantas a cependant accepté de verser 380 millions de dollars de compensation à quelque 10 000 familles.
Aujourd’hui, la boue qui continue à s’écouler sur la région pourrait devenir une attraction touristique, comme le souhaitait déjà en 2010 Susilo Bambang Yudhoyono, le président indonésien. Comme c’est souvent le cas après les catastrophes, une curiosité morbide pousse les touristes à venir visiter le lieu du drame qu’ils immortalisent sur des photos et des vidéos. A l’instar d’autres sites indonésiens victimes d’inondations ou d’éruptions volcaniques (le Sinabung connaît un grand succès !) Sidoarjo n’échappe pas à cette curiosité et de plus en plus de badauds viennent regarder la boue qui s’étend à perte de vue, ainsi que les sculptures de personnes à moitié enterrées dans la fange qui sont là pour commémorer la catastrophe de 2006. Parmi elles, on peut voir une effigie géante d’Aburizal Bakrie, le patriarche de la famille Bakrie, à proximité d’une tombe où a été gravée l’inscription « Que cette nation n’oublie pas ». Aujourd’hui, des villageois servent de guides aux touristes. Pour deux dollars, ils les conduisent à bord de leurs motos vers un endroit d’où l’on peut encore voir la boue jaillir du sol, avant de leur proposer des vidéos de la catastrophe.
Source : Agence Reuters et presse indonésienne.

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drapeau-anglaisRemember: In May 2006 a mudflow flooded the area near the town of Sidoarjo in eastern Java. Called Lusi, it burried a dozen villages, factories, a highway and a railway. It also forced the evacuation of over 40,000 people, with a death toll of twelve. Many scientists believe that the disaster was caused by an exploratory drilling carried out by the gas company Lapindo which belongs to one of the richest men in the country, Aburizal Bakrie. For its part, the company says it is linked to an earthquake that had occurred two days before in central Java. Lapindo has however agreed to pay $ 380 million compensation to some 10,000 families.
Today, the mud continues to flow in the region that could become a tourist attraction, as already suggested in 2010 by Susilo Bambang Yudhoyono, the Indonesian president. As is often the case after disasters, a morbid curiosity drives tourists to visit the scene of the tragedy they immortalized in photographs and videos. Like other Indonesian locations flood victims or volcanic eruptions (the Sinabung very successful) Sidoarjo is no exception to this curiosity and more and more onlookers come to watch the mud that extends eye as well as sculptures of people half-buried in the mud that are there to commemorate the disaster of 2006. Among them, one can see a giant effigy of Aburizal Bakrie, the patriarch of the Bakrie family, in the vicinity of a tomb which was engraved the inscription « That this nation does not forget. » Today, villagers act as guides to tourists. For two dollars, they lead them aboard their bikes to a place where you can still see the mud gush from the ground, before offering videos of the disaster.
Source: Reuters and Indonesian press.

Sidoarjo

Sidoarjo avant et après la catastrophe du 28 mai 2006 (Source: NASA)

Alertes en Indonésie

drapeau francaisLes autorités indonésiennes ont élevé à 3 (Siaga) le niveau d’alerte du Soputan. Les émissions de gaz et de vapeur montent à 50-200 mètres au-dessus du cratère, avec une augmentation de la sismicité. Il est demandé à la population de respecter une zone de sécurité de 6,5 km de rayon autour du cratère. Les évacuations ne sont pas nécessaires car la zone habitée la plus proche se trouve à 8 km du cratère.
Avec cette hausse du niveau d’alerte du Soputan, six volcans indonésiens sont maintenant en alerte de niveau 3 (siaga); les autres sont le Gamalama (depuis la mi-décembre 2014), le Slamet (depuis août 2014), le Sinabung (depuis avril 2014), le Karangetang (depuis septembre 2013) et le Lokon (depuis juillet 2011).
Suite à l’éruption du Gamalama la semaine dernière, une alerte aux lahars a été émise pour les habitants de la ville de Ternate, en particulier ceux qui vivent près des berges. Avec les fortes pluies de jeudi soir, certains habitants de trois sous-districts du Nord Ternate s’apprêtaient à évacuer les lieux car les digues de terre n’arrivaient plus à contenir la rivière Tugurara.
Une autre alerte aux lahars concerne les habitants sur les pentes du Merapi. Cependant, le risque de coulées de boue est faible car le volume de matériaux accumulés près du cratère n’est pas très important. De plus, ces matériaux ont durci, ce qui réduit le risque d’être emportés par la pluie.
Source: Asia One.

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drapeau anglaisIndonesian authorities have raised the status of Mount Soputan to level 3 (Siaga) as white smoke was reaching 50-200 metres above the crater, with an increase in sismicity. Residents are urged not go within a 6.5-km radius of the crater. Evacuations were not necessary as the nearest residential area is located 8 km from the crater.

With the increased warning level for Soputan, six volcanoes are now on alert status; the others are Gamalama (since mid-December 2014), Slamet (since August 2014), Sinabung (since April 2014), Karangetang (since September 2013) and Lokon (since July 2011).

Following Gamalama’s eruption last week, a lahar-flood warning has been issued to residents of Ternate city, specifically those living near riverbanks. Amid heavy rains on Thursday night, some residents in three subdistricts in North Ternate began preparing to evacuate as water containing volcanic material overflowed into the Tugurara River.

Another lahar warning was issued to residents on the slopes of Mt. Merapi. However, the possibility of a lahar flood is low as the volume of material near the crater is not great and it has hardened, making it more difficult to be flushed down by rain.

Source : Asia One.