Les fontaines de lave du Kilauea (Hawaï) // The lava fountains at Kilauea Volcano (Hawaii)

Le Kilauea traverse depuis le 23 décembre 2024 un nombre impressionnant d’épisodes éruptifs dans le cratère de l’Halemaʻumaʻu. Chaque épisode donne naissance à de puissantes fontaines de lave dans sa phase initiale, avec des coulées qui s’étalent sur le plancher du cratère.
Dans un nouveau chapitre de la série Volcano Watch, l’Observatoire Volcanologique d’Hawaï (HVO) indique que plusieurs éruptions du passé se sont accompagnées d’épisodes de fontaines de lave identiques.

Lors de l’éruption de 2018 dans la Lower East Rift Zone, la Fissure 8, également appelée Ahuʻailāʻau, a présenté des fontaines de lave ininterrompues pendant plus de 2 mois. Cependant, ces fontaines sont différentes de celles qui se produisent actuellement au sommet du Kīlauea. Les fontaines de lave continues de 2018 étaient principalement alimentées par une forte pression des gaz lorsque le magma se déplaçait de la chambre où il était stocké sous le sommet vers la bouche éruptive à basse altitude sur le flanc du volcan.

 Éruption de 2018 (Crédit photo: HVO)

Les fontaines de lave épisodiques observées actuellement dans le cratère de l’Halema’uma’u sont alimentées par des changements de pression sporadiques des gaz liés à l’apport de nouveau magma. Au fur et à mesure que le nouveau magma s’accumule, la pression des gaz augmente ; la lave finit par jaillir à la surface et dépressurise le système. Lorsque le magma remonte à la surface, les gaz magmatiques se dissolvent rapidement sous forme de bulles, comme lorsqu’on ouvre une bouteille de champagne. Ces gaz constituent le moteur des fontaines de lave. C’est la raison pour laquelle le volcanologue français Haroun Tazieff a consacré une grande partie de ses études aux gaz volcaniques qui, selon ses propres termes, sont « le moteur des éruptions ».

 

Éruption de 2025 (Image webcam)

Beaucoup de gens se souviennent de l’éruption de Pu’uO’o de 1983 à 2018 dans la Middle East Rift Zone car les coulées de lave étaient accessibles sur la plaine côtière et auprès des entrées dans l’océan.

Les trois premières années de l’éruption du Pu’uO’o ont été marquées par 44 épisodes de fontaines de lave qui ont construit un cône de scories se dressant à 250 mètres au-dessus du paysage environnant. Les épisodes de fontaines de lave au cours de cette éruption se sont produits toutes les 3 à 4 semaines et ont duré environ une journée. Les fontaines, qui ont atteint parfois une hauteur de 450 mètres, ont alimenté des coulées de lave qui ont parcouru le flanc du cône éruptif. Certaines de ces coulées ont atteint la subdivision des Royal Gardens où elles ont détruit plusieurs maisons.

Fontaines de lave du Pu’uO’o en 1983 (Crédit photo: USGS)

 Au début de l’éruption du Mauna Ulu de 1969 à 1974, 12 épisodes de fontaines et coulées de lave se sont produits dans l’Upper East Rift Zone. Chaque épisode durait généralement plusieurs heures. Les fontaines de lave montaient de plus en plus haut, avant de décliner et disparaître en quelques minutes. Elles ont atteint jusqu’à 530 mètres de hauteur et ont alimenté des coulées de lave pouvant atteindre 20 kilomètres de longueur, avant de finir leur course dans l’océan.

Éruption du Mauna Ulu en 1969 (Crédit photo: USGS)

L’éruption brève mais spectaculaire du Kīlauea Iki s’est produite dans le cratère juste au nord-est de Kaluapele, la caldeira sommitale. Il y a eu 17 épisodes de coulées de lave qui ont rempli le cratère du volcan avec 130 mètres de lave du 14 novembre au 20 décembre 1959. L’épisode le plus long a duré 6 jours, et l’épisode 15 a inclus les plus hautes fontaines de lave jamais observées sur le Kīlauea ; elle atteignaient parfois 570 mètres de hauteur !. Ces hautes fontaines de lave ont construit le cône de scories du Puʻupuaʻi, que l’on peut voir aujourd’hui en parcourant la Devastation Trail dans le Parc national des volcans d’Hawaï.

Fontaines de lave du Kilauea Iki en 1959 (Crédit photo: USGS)

L’éruption actuelle reste confinée dans la caldeira sommitale. Jusqu’à présent, il y a eu 12 épisodes de fontaines de lave, soit le même nombre que pour le Maunaulu. Les fontaines de lave n’ont jamais dépassé 300 mètres de hauteur. L’inflation continue et indique que l’éruption va probablement se poursuivre, mais personne ne sait si elle rattrapera celles du Kīlauea Iki ou du PuʻuO’o en termes de nombre d’épisodes ou de hauteurs de fontaines.

Source : USGS / HVO.

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Kīlauea has been going through an impressive number of eruptive episodes in Halemaʻumaʻu Crater since December 23rd, 2024. Each episodes offers powerful lava fountains in its initial phase, with lava flows that spread on the crater floor.

In a new chapter of the series Volcano Watch, the Hawaiian Volcano Obserrvatory (HVO) indicates that several past eruptions were characterized by similar lava fountaining episodes.

More recently, in 2018, Fissure 8, also called Ahuʻailāʻau, during the lower East Rift Zone eruption exhibited a continuous lava fountain for more than 2 months. However, the lava fountain at Ahuʻailāʻau differed from episodic lava fountains currently occurring at Kīlauea summit. The continuous Ahuʻailāʻau lava fountains were primarily driven by a pressure gradient as magma moved from storage chambers beneath the summit to erupt out of the low-elevation vent on the flank of the volcano.

Today’s episodic lava fountains in halema’uma’u Crater are driven by changes in pressurization related to new magma being supplied. As new magma accumulates, the amount of pressure builds.

Eventually, lava erupts and depressurizes the system. As magma rises to the surface, magmatic gas rapidly exsolves as bubbles, just like when you open a bottle of champagne. This gas is a major driving force of the lava fountaining. This was the reason why French volcanologist Haroun Tazieff dedicated such a large part of his studies to volcanic gases which, in his words, are  »the motor of the eruptions. »

Many people remember the 1983 to 2018 middle East Rift Zone of eruption of Puʻuʻōʻō for the accessible lava flows on the coastal plain and ocean entries. But the first three years of the Puʻuʻōʻō eruption were characterized by 44 lava fountaining episodes that built a prominent cinder and spatter cone standing 250 metrers above the surrounding landscape. Lava fountaining episodes during this eruption occurred every 3 to 4 weeks and lasted about a day. The geysers of molten rock, which reached heights of up to 450 meters, fed lava flows that traveled downslope. Some of the flows reached the Royal Gardens subdivision and destroyed several houses.

At the start of the 1969 to 1974 Maunaulu eruption, 12 lava fountaining episodes occurred in the upper East Rift Zone. Each fountaining episode generally lasted several hours, slowly building in height until a maximum height was reached, after which the fountains died within minutes.

Fountains from Maunaulu reached up to 530 meters, and fed lava flows that traveled downslope, as far as 20 kilometers, to eventually enter the ocean.

The short but spectacular Kīlauea Iki eruption occurred in the crater just northeast of Kaluapele, the summit caldera. There were 17 episodes of lava fountaining that filled in the Kīlauea Iki Crater with 130 meters of lava from November 14th to December 20th , 1959. The longest episode was 6 days and Episode 15 included the highest lava fountains yet measured on Kīlauea, reaching staggering heights of 570 meters. These high lava fountains built the prominent Puʻupuaʻi cinder cone, which one can view on Devastation Trail in Hawaiʻi Volcanoes National Park.

The current eruption happening at the summit is contained in the caldera. So far, there have been 12 episodes of lava fountaining, the same number as Maunaulu. Lava fountains have necer risen more than 300 meters. Continuing inflation suggests the eruption will likely continue, but whether it catches up to Kīlauea Iki or Puʻuʻōʻō in terms of the number of episodes or fountain heights remains to be seen.

Source : USGS / HVO.

Les volcans victimes de l’Administration Trump // Volcanoes Victims of the Trump Administration

  Lorsque le mont Spurr en Alaska a commencé à montrer une hausse d’activité en octobre 2024 (voir mes notes précédentes sur ce volcan), l’Observatoire Volcanologique d’Alaska (AVO) a relevé son niveau d’alerte pour s’assurer que les zones habitées à proximité et les pilotes d’avions seraient suffisamment avertis en cas d’éruption.

Source: AVO

Le problème, c’est que la campagne de réduction des coûts décidée par l’administration Trump a mis ce travail en péril. Les cartes de crédit utilisées par les employés de l’AVO pour payer leurs déplacements et subvenir aux autres dépenses ont été gelées. Ces dépenses comprennent les services de télécommunications sur lesquels l’Observatoire s’appuie pour transmettre les données de ses systèmes de surveillance volcanique. Si les dépenses continuent d’être limitées, ces services pourraient vite être interrompus. Cela signifierait une perte d’informations en temps réel sur l’activité volcanique et une atteinte à la sécurité des personnes.
Par ailleurs, si les employés ne peuvent pas payer leurs déplacements, ils ne pourront pas se rendre sur le terrain en hélicoptère et en bateau pour réparer et entretenir les équipements de surveillance. Ce sera un problème pour les volcans des Aléoutiennes. Ces îles sont en grande partie inhabitées, mais elles se trouvent sur la trajectoire de vol des avions entre l’Amérique et l’Asie. Si l’un des volcans de ces îles devait envoyer des panaches de cendres, cela pourrait devenir un véritable problème pour les pilotes et leurs passagers. Il suffit de se rappeler la catastrophe qui a été évitée de justesse lors de l’éruption du Mont Redoubt le 15 décembre 1989. Un Boeing 747 qui volait vers Anchorage a traversé un nuage de cendres émis par une petite éruption du volcan. Les quatre moteurs se sont arrêtés et l’avion a décroché pendant 8 minutes et perdu 4 000 mètres avant que les pilotes réussissent à redémarrer les réacteurs.
Une grande partie des équipements de surveillance des Aléoutiennes se trouve dans des environnements isolés et accidentés, où ils sont exposés aux tempêtes et à des conditions hivernales extrêmes. La perte des données de surveillance des volcans de la région serait un désastre.
Ces dernières semaines, l’administration Trump s’est empressée de faire des coupes sombres et de licencier à tout va dans des agences fédérales comme la NOAA. Un récent décret signé par le président Trump a autorisé le ministère de l’Efficacité gouvernementale, dirigé par Elon Musk, à examiner les dépenses des employés fédéraux. Le décret a mis en œuvre un gel de 30 jours des cartes de crédit émises par le gouvernement, tout en faisant des exceptions pour les secours en cas de catastrophe et « d’autres services essentiels ». Jusqu’à présent, cependant, les cartes de crédit destinées aux employés de l’Observatoire Volcanologique d’Alaska ne semblent pas avoir été exemptées.
L’Observatoire Volcanologique d’Alaska est géré conjointement par l’USGS, l’université d’Alaska Fairbanks et l’Alaska Division of Geological and Geophysical Surveys. Pour l’instant, l’AVO continue à surveiller le mont Spurr pour détecter des signes d’une éventuelle éruption. Des séismes superficiels ont été détectés. Des émissions de vapeur ont été observées dans la zone sommitale du volcan. À côté du mont Spurr, Great Sitkin, situé sur une île de la chaîne des Aléoutiennes, montre une activité éruptive dans son cratère sommital depuis 2021. D’autres volcans des Aléoutiennes pourraient entrer en éruption sans prévenir. Une absence de surveillance pourrait vite virer a u drame. .
Source : U.S. News media via Yahoo News.

Vue du Mont Spurr (Crédit photo: AVO)

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When Alaska’s Mount Spurr started showing signs of increased activity in October 2024 (see my previous posts about this volcano), the Alaska Volcabo Observatory (AVO) raised its alert level to ensure that nearby communities and passing airplanes would have ample warning of any eruption.

However, the Trump administration’s cost-cutting campaign has put this work in jeopardy. The credit cards that employees at AVO use to pay for travel and other expenses have been frozen. Those expenses include the telecommunications services that the observatory relies on to transmit data from its monitoring systems on the volcanoes. If spending continues to be restricted, these services could be shut off. That might mean a loss of real-time information about volcanic activity and people’s security.

What’s more, if employees can’t pay for travel, they won’t be able to go into the field by helicopter and boat to repair and maintain their monitoring equipment. This will be a problem for volcanoes in the Aleutians. These islands are largely unhabited but they lie on the flight path of planes between America nad Asia. Should one volcano on these islands send ash plumes, it might become a real problem to the pilots and their passengers. We just need to remember the catastrophe that was nearly avoided when Mt Redoubt erupted on December 15th, 1989. A Boeing 747 that was descending into Anchorage passed through an ash cloud of a small eruption of Mount Redoubt. All four engines stopped and the plane was without power for 8 minutes and dropped 4,000 meters before the pilots could restart the engines.

Much of the monitoring equipment in the Aleutians sits in remote, rugged environments, where it is vulnerable to damage from storms and extreme winter conditions. Losing volcano monitoring data from the region would be a disaster.

In recent weeks, the Trump administration has moved swiftly to enact cost cuts and layoffs across federal agencies like NOAA. A recent executive order signed by President Trump has empowered the Department of Government Efficiency, led by Elon Musk, to scrutinize federal employees’ spending. The order implements a 30-day freeze on government-issued credit cards while making exceptions for disaster relief and “other critical services.”

So far, though, the credit cards issued to workers at the Alaska Volcano Observatory don’t appear to have been exempted.

TheAlaska Volcano Observatory is run jointly by the U.S. G.S., the University of Alaska Fairbanks and the Alaska Division of Geological and Geophysical Surveys. For now, the observatory is still monitoring Mount Spurr for signs that it is moving closer to erupting. Small, shallow earthquakes have been detected. Steam has been seen in the summit area. Beside Mount Spurr, Great Sitkin Volcano, which sits on an island in the Aleutian chain, has been slowly erupting from the summit crater since 2021. Other volcanoes of the Aleutians may erupt without warning. The lack of monitoring might soon become a disaster.

Source : U.S. News media via Yahoo News.

Éruption de White Island en 2019 (suite)// 2019 White Island eruption (continued)

Souvenez-vous : 47 personnes se trouvaient sur White Island (Nouvelle-Zélande) lorsqu’une violente et soudaine éruption s’est produite en décembre 2019. La plupart des touristes étaient des passagers de navires de croisière américains et australiens. Il s’agissait d’une excursion à pied dans le cratère du volcan avec l’accompagnement de guides locaux. 22 personnes sont mortes lors de l’éruption et une vingtaine d’autres ont été gravement brûlées.
La société Whakaari Management, gérée par trois frères propriétaires du volcan actif, a été initialement reconnue coupable, lors d’un procès en 2023, d’avoir enfreint la loi néo-zélandaise sur la santé et la sécurité au travail en ne garantissant pas la sécurité des visiteurs.
Les frères ont fait appel de leur condamnation lors d’une audience en octobre 2024 à la Haute Cour de Justice d’Auckland. Il s’agissait de savoir si la société était responsable des pratiques de sécurité sur l’île en vertu des lois néo-zélandaises sur la santé et la sécurité. Les lois stipulent que toute personne responsable d’un lieu de travail doit assurer la gestion des dangers et la sécurité de tous, y compris aux points d’entrée et de sortie du site.
Au cours du procès de 2023, les survivants ont affirmé qu’on ne leur avait pas dit que le volcan actif était dangereux lorsqu’ils ont payé pour le visiter. Ils ont également déclaré qu’ils n’avaient pas reçu d’équipement de protection et que beaucoup portaient des vêtements qui ont aggravé leurs brûlures.
Le 28 février 2025, un juge néo-zélandais a annulé la condamnation pénale des propriétaires de White Island. Il a statué que la société n’avait pas l’obligation, en vertu de la loi applicable, de garantir que le lieu des visites guidées à pied ne présentait aucun risque pour la santé et la sécurité.
Cette décision aura de profondes conséquences et modifiera les lois régissant l’industrie du tourisme d’aventure en Nouvelle-Zélande.
Source : New Zealand News media.

White Island quelques heures après l’éruption (Source: journaux néo-zélandais)

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Remember : 47 people were on White Island (New Zealand) when it suddenly and violently erupted in December 2019. Most were passengers from US and Australian cruise ships on a walking tour, along with their local guides. 22 people died in the eruption and two dozen others were severely burnt.

Whakaari Management, a company run by three brothers who own the active volcano, was initially found guilty in a 2023 trial of breaching New Zealand’s workplace health and safety law by failing to keep visitors safe.

The brothers appealed their convictions in a hearing last October at the High Court in Auckland. The case centred around whether the company should have been in charge of safety practices on the island under health and safety laws.The laws state that anyone in charge of a workplace must ensure the management of hazards and the safety of all there, including at entry and exit points.

During the 2023 trial, survivors testified that they had not been told the active volcano was dangerous when they paid to visit it. They also stated that they were not supplied with protective equipment, and many were wearing clothing that made their burns worse.

On February 28th, 2025, a New Zealand judge overturned the criminal conviction of the owners of the White Island volcano. He ruled that the company did not have a duty under the relevant law to ensure that the walking tour workplace was without risks to health and safety.

The case will have far-reaching implications and change the laws governing New Zealand’s adventure tourism industry.

Source : New Zealand News media.

Vent d’inquiétude sur les Champs Phlégréens (Campanie / Italie)

À la mi-février, plus de 500 séismes ont été enregistrés en trois jours dans les Champs Phlégréens. Il n’est donc pas surprenant que la population de la région se soit rendue en grand nombre à Monteruscello pour la réunion organisée par la Protection civile et à laquelle ont participé les maires de Naples, Pouzzoles et Bacoli, mais aussi le préfet. Il y avait tellement de monde au siège de la Protection civile qu’un écran géant a dû être installé à l’extérieur pour permettre à chacun de suivre les débats.

Le ton est vite monté et l’ambiance de la réunion a été ‘à la napolitaine’ ! Les citoyens ont exprimé leur inquiétude et leur méfiance à l’égard des institutions, dont les réponses n’ont pas toujours semblé à la hauteur des événements. Il a été reproché aux autorités d’avoir fait passer l’alerte du Jaune à l’Orange alors qu’aucun changement significatif n’est apparu, et il n’y a pas non plus d’éruption imminente. Dixit un participant à la réunion : « Bien sûr, il y a eu une augmentation des secousses, certaines même fortes, mais c’est la nature même du territoire. Ceux qui ne veulent pas de secousses doivent aller vivre ailleurs, car c’est comme ça depuis des millénaires et cela continuera d’être comme ça pendant des millénaires ».
Certains citoyens ont accusé le maire de Pouzzoles de dépenser trop d’argent dans les festivals et les fêtes de rue et pas assez dans la prévention des risques sismiques. Il y a aussi ceux qui se sont plaints de la mauvaise communication des autorités ; à cet effet, Mauro Di Vito, de l’Osservatorio Vesuviano, a invité tout le monde à consulter le site iononrischio.it.

Il a été répondu à ceux qui soulignaient le manque de voies d’évacuation qu’il faudrait quelques années pour les construire.

L’évacuation de Pouzzoles et des autres localités des Champs Phlégréens, avec leurs rues étroites, ne sera pas chose facile (Photo: C. Grandpey)

Ensuite, il y a ceux qui ont demandé des nouvelles concernant les remboursements suite aux dommages à leurs maisons lors des séismes de mai 2024.

Dans la confusion générale, Mauro Di Vito a tenté d’expliquer ce qui se passe, avec le soulèvement du sol qui provoque la sismicité. Il a ajouté que la zone est surveillée 24 heures sur 24. Cependant, plusieurs citoyens qui habitent dans le secteur entre Naples et Pouzzoles, se sont plaints de l’abandon des institutions.
Un fait inquiétant ressort de la réunion. Au-delà des activités institutionnelles et de quelques communications éparses, l’impression est que trop peu est encore fait et que la population des Campi Flegrei est encore mal informée pour faire face à tout type de crise.

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S’agissant de l’activité observée sur le terrain dans les Champs Phlégréens, les autorités s’inquiètent des effets possibles sur la santé humaine des énormes quantités de dioxyde de carbone (CO2) émises quotidiennement, à raison d’environ 5 000 tonnes par jour. Une réunion s’est tenue à la préfecture de Naples, à laquelle ont participé les autorités sanitaires locales, les services de prévention, les maires de la zone phlégréenne, la Protection civile et les responsables de l’Observatoire du Vésuve, sous la coordination du préfet. La réunion a permis d’élaborer des stratégies d’intervention pour éviter les risques pour la population.

Dans les Champs Phlégréens, depuis le début de la crise bradysismique des dernières années, on a observé une augmentation de certains paramètres dans les gaz émis, notamment dans les zones d’Agnano-Pisciarelli et de la Solfatara. Au cours des sept dernières années, les émissions de dioxyde de soufre (SO2) ont été multipliées par cinq, tandis que le CO2 a atteint en moyenne 5 000 tonnes par jour.

Fumerolle de Pisciarelli (Crédit photo: INGV)

L’alerte concernant les concentrations de CO2 dans certaines zones des Champs Phlégréens a été donnée en temps réel par l’Observatoire du Vésuve après que la détection de concentrations de dioxyde de carbone bien supérieures à la moyenne dans certaines zones. La réunion en Préfecture a décidé d’adopter des mesures pour protéger la santé des habitants. Comme on le sait, le CO2 a tendance à se concentrer dans les espaces clos, particulièrement les sous-sols et en général les endroits mal ventilés. Suite à cette réunion, le commandement des pompiers effectuera des inspections immédiates dans les bâtiments publics (écoles, hôpitaux et maisons de retraite) pour évaluer la présence éventuelle de dioxyde de carbone. Les maires concernés adopteront rapidement les ordonnances qui prévoient les exigences de sécurité pour les bâtiments publics et les habitations privées de la zone concernée. La table préfectorale se réunira régulièrement pour suivre chaque évolution du dossier.

Source : presse italienne.