Kilauea (Hawaï) : Et maintenant? // Kilauea (Hawaii): What now?

Comme je l’ai indiqué dans ma note du 15 septembre 2026, le Kilauea est probablement en train de modifier son comportement, et le 55ème épisode de fontaines de lave  prévu par le HVO ne se produira peut-être jamais.

Dans une mise à jour publiée le 16 septembre, l’Observatoire explique que 54 épisodes de fontaines de lave ont eu lieu depuis le début de l’éruption dans le cratère de l’Halemaʻumaʻu fin décembre 2024. Chaque épisode était précédé d’une phase de gonflement – ou inflation – du sommet, due à l’accumulation de magma dans la chambre superficielle située sous le volcan, suivie d’un dégonflement rapide – ou déflation – lors de l’apparition des fontaines de lave. Les épisodes de fontaines surviennent généralement lorsque le gonflement compense la perte de volume de l’épisode précédent, indiquant que le système a retrouvé sa pression. Toutefois, ce schéma éruptif pourrait avoir pris fin.

Image webcam de l’Épisode 54

Les données fournies par les inclinomètres indiquent que la zone sommitale est toujours soumise à une forte pression. C’est probablement la raison pour laquelle de nouvelles bouches éruptives se sont ouvertes au nord des bouches existantes dans l’Halemaʻumaʻu. Ces nouvelles bouches se situent environ 45 mètres en contrebas de la bouche nord. Elles se sont ouvertes sans activité sismique préalable.
Aucune fontaine de lave digne de ce nom n’a encore été observée, mais des coulées de lave de moindre importance se sont échappées de la bouche nord à plus de 100 reprises entre le 7 et le 12 septembre. Par la suite, une activité de spattering entre le 13 et le 15 septembre a édifié un petit cône de projections (spatter cone) autour de la bouche nord ; sa hauteur atteignait une douzaine de mètres le 14 septembre.

Dans la soirée du 14 septembre, des fissures situées sur la paroi nord-ouest du cratère de l’Halemaʻumaʻu, ainsi qu’à sa base, ont laissé échapper de la lave juste au nord des bouches existantes. Aucune activité de fontaines de lave n’a été observée.

Crédit photo: HVO

Compte tenu de ces nouveaux événements, et malgré les nombreux instruments déployés sur le volcan, le HVO indique qu’il est impossible de prédire l’évolution exacte de l’activité éruptive. Plusieurs scénarios sont envisageables :

– L’éruption pourrait devenir continue au niveau des nouvelles bouches, et pour une durée indéterminée.

– De nouveaux épisodes de fontaines de lave pourraient survenir durant la période de montée en pression de la zone sommitale du Kilauea.

– On pourrait observer la formation de nouvelles bouches éruptives dans la zone sommitale car le magma pourrait se frayer un nouveau chemin vers la surface.

– Une intrusion magmatique pourrait se produire dans la partie supérieure de la zone de rift sud-ouest ou de la zone de rift est.

Les équipes du HVO surveillent de près l’évolution de la situation pour détecter tout changement de l’activité éruptive.

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As I put it in my post of September 15, 2026, Kilauea may be changing its behaviour and the 55th lava fountaining episode forecast by the HVO may never happen. In an update released on September 16, the Observatory explains that there have been 54 episodes of lava fountaining since the Halemaʻumaʻu eruption began in late December 2024. Each episode was preceded by a period of summit inflation as magma accumulated in the shallow chamber beneath the volcano, followed by rapid summit deflation during lava fountaining. New fountaining episodes usually occur when inflation recovers the amount lost in the previous fountaining episode indicating the system has repressurized. However, this eruptive pattern may have come to an end.

Data from summit tiltmeters indicate that the summit region is highly pressurized. Theis is probably the cause of the opening of new vents un the pasthours north of the established vent complex in Halemaʻumaʻu.  The new vents are about 45 meters below the level of the north vent. They opened without significant seismicity.

Lava has not yet erupted as high fountains, but smaller lava flows have erupted from the north vent over 104 times between September 7–12. Since then, intermittent spatter bursts on September 13–15 have built a small spatter cone around the north vent that was measured as 11-12 meters tall September 14.

In the evening of September 14, cracks on and near the base of the northwest wall of Halemaʻumaʻu crater emitted lava just north of the vent complex. No fountaining was associated with the new vents.

With the new events and despite all the instruments dissiminated on the volcano, the HVO says it is not possible to forecast an exact outcome of the current activity. Several scenarios are possible :

– The eruption may become continuous at the new vents for an unforeseeable amount of time.

– Another lava fountaining episodes may be observed again during this period of increased pressurization.

– We may observe theormation of new vents in summit region: Magma could form a new shallow pathway toward the surface, potentially resulting in other new vents erupting lava within the summit caldera.

Magma intrusion may occur into the upper parts of the Southwest Rift Zone or East Rift Zone: The HVO staff closely monitor these various datasets for changes.

L’Inde s’inquiète pour ses glaciers // India is concerned about its glaciers

Concentrations de CO2 : 424,81 ppm (14 septembre 2026)             

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026)

Suite aux inondations dévastatrices survenues au Népal et au Tibet, l’Inde s’inquiète pour ses glaciers. Selon un nouveau rapport, l’Himalaya approche d’un seuil critique : les glaciers fondent de plus en plus vite et les lacs glaciaires deviennent de plus en plus instables. La menace est d’autant plus grande que leur surveillance présente de sérieuses lacunes. Le rapport a été publié par le cabinet de conseil Systemiq, en collaboration avec l’Integrated Mountain Initiative (IMI) et avec l’apport technique du Centre international pour le développement intégré des montagnes (ICIMOD) et de l’Institut national GB Pant pour l’environnement himalayen.
Les glaciers de l’Himalaya perdent actuellement de la masse 65 % plus vite qu’il y a dix ans. Pourtant, sur les quelque 40 000 glaciers que compte la région Himalaya-Karakoram, seule une vingtaine fait l’objet d’une surveillance digne de ce nom. C’est largement insuffisant.

Source : Times of India

En reculant, les glaciers laissent place à des lacs retenus par des moraines instables composées de roches et de glace. À côté de cela, le réchauffement climatique déstabilise le pergélisol et les versants de haute montagne, ce qui augmente le risque de catastrophes en cascade, comme cela s’est produit au Népal.
Le rapport souligne que si l’Himalaya couvre environ 18 % du territoire indien, la région concentre près de 35 % des catastrophes naturelles. La chaîne a déjà connu des exemples de ce qui peut arriver lorsque des lacs glaciaires rompent leurs barrages naturels. En 2023, une inondation soudaine provoquée par la rupture d’un lac glaciaire au Sikkim a fait au moins 70 morts et causé d’importants dégâts aux routes, aux ponts et aux infrastructures hydroélectriques. En 2021, une catastrophe semblable dans l’Uttarakhand a coûté la vie à plus de 200 personnes, après qu’une crue dévastatrice a engloutir les vallées de la Rishiganga et de la Dhauliganga.

Crue glaciaire dans l’Uttarakhand (Source : Observer Research Foundation)

Comme je l’ai expliqué dans des notes précédentes, le danger ne se limite pas aux inondations spectaculaires. L’Himalaya constitue un vaste système hydrologique naturel qui alimente des fleuves dont dépendent des centaines de millions de personnes en Asie du Sud. Selon l’ICIMOD, le pic de débit des eaux devrait être atteint vers le milieu du siècle dans la plupart des bassins versants de la région Hindu Kush-Himalaya. Il s’agit du moment où le débit d’eau en provenance des glaciers atteindra son maximum avant de diminuer à mesure que les glaciers perdront de la masse.
La nouvelle étude estime que les ressources en eau de l’Himalaya soutiennent environ 20 % du PIB de l’Inde, en alimentant les secteurs du blé, du riz, du thé, de l’hydroélectricité et du tourisme de pèlerinage. Pourtant, les États situés dans les montagnes ne captent qu’environ 5 % de cette valeur. L’Himalaya est souvent considéré comme le « troisième pôle » ; toutefois, contrairement à l’Arctique ou à l’Antarctique, ce pôle montagneux domine des régions peuplées de centaines de millions d’habitants.
La nouvelle étude indique que l’Inde dispose des moyens nécessaires pour ralentir la fonte des glaciers. Un tiers de la fonte des glaciers himalayens est causé par le carbone noir issu en grande partie des briqueteries situées dans les plaines. Selon un phénomène bien connu, la suie qui se dépose sur la neige et la glace absorbe le rayonnement solaire et accélère la fonte de la glace. Contrairement aux émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble de la planète, la pollution au carbone noir est un levier sur lequel l’Inde et ses voisins peuvent agir directement afin d’en réduire l’impact.

Obscurcissement de la surface glaciaire par la suie (Source: Mongabay)

Le rapport préconise dix mesures prioritaires, allant de la réduction des émissions de carbone noir et du renforcement de la surveillance des glaciers à l’amélioration des systèmes d’alerte précoce en cas de catastrophe et à la transformation du modèle de développement touristique en montagne. La région himalayenne indienne accueille environ 400 millions de touristes par an. Les auteurs du rapport affirment que l’objectif devrait évoluer : il ne s’agit plus de maximiser le nombre de visiteurs, mais de générer de la valeur qui soit conservée et réinvestie localement.
Source : BBC News.

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India worries , following the devastating floods in Nepal and Tivet. According to a new report, the Himalayas are approaching a dangerous threshold as glaciers melt faster and glacial lakes grow more unstable. The menace is all the greater as the mountains face a widening gap in monitoring. The report was released by global consultancy Systemiq,produced with the Integrated Mountain Initiative and with technical contributions from the International Centre for Integrated Mountain Development (ICIMOD) and GB Pant National Institute of Himalayan Environment.

Himalayan glaciers are now losing mass 65% faster than they were a decade ago. Yet only about 21 of the estimated 40,000 glaciers across the Himalaya-Karakoram region are being monitored in detail and on a sustained basis. This is largely insufficient.

As glaciers retreat, they can leave behind expanding lakes held back by unstable moraines of rock and ice. At the same time, global warming is destabilising permafrost and high mountain slopes, increasing the possibility of cascading hazards, as happened in Nepal.

The report explains that some 18% of Indian land is Himalayan, yet the region accounts for about 35% of disasters. The Himalayas have already seen devastating examples of what can happen when glacial lakes burst their natural dams. In 2023, a glacial lake outburst flood in Sikkim killed at least 70 people and caused widespread damage to roads, bridges and hydropower projects. In 2021, a similar disaster in Uttarakhand killed more than 200 people after a massive flood swept through the Rishiganga and Dhauliganga valleys.

As I explained in previous posts, the danger is not confined to spectacular floods. The Himalayas are a vast natural water system feeding rivers that sustain hundreds of millions of people across South Asia. ICIMOD says « peak water » is expected around mid-century in most Hindu Kush Himalayan river basins. This is the point at which glacier runoff reaches its maximum before declining as glaciers lose mass.

The new research estimates that Himalayan water underpins roughly 20% of India’s GDP, sustaining wheat, rice, tea, hydropower and pilgrimage economies. Yet the mountain states capture only about 5% of that value. The Himalayas are often considered as the Third Pole, but unlike the Arctic or Antarctic, this pole has hundreds of millions of people living beneath it.

The new research explains that India has the means to reduce glacier melting. It estimates that roughly a third of Himalayan glacier melt is driven by black carbon, much of it originating from brick kilns in the plains. In a weel-known process, soot deposited on snow and ice absorbs more sunlight and accelerates melting. Unlike global greenhouse-gas emissions, black-carbon pollution is a lever that India and its neighbours can act on directly.

The report proposes 10 priority transitions, ranging from reducing black-carbon emissions and expanding glacier monitoring to improving disaster early-warning systems and changing the way tourism is developed in the mountains. The Indian Himalayan region receives roughly 400 million tourist visits a year. The authors of the report argue that the objective should shift from maximising visitor numbers towards generating value that is retained and reinvested locally.

Source : BBC News.