Le glacier de la Grande Motte (Tignes) à l’agonie

Concentrations de CO2 : 427,71 ppm (30 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

Comme je l’ai indiqué dans ma note du 30 juillet 2026, le réchauffement climatique frappe durement les Alpes cette année. Le 28 juillet, l’isotherme 0°C se trouvait à plus de 5000 m d’altitude, donc plus haut que le sommet du Mont Blanc. Dans ces conditions, la neige et la glace fondent et les glaciers reculent. Pas besoin d’avoir fait de grandes études pour comprendre le phénomène.

On parle beaucoup de la Mer de Glace et du Glacier des Bossons à proximité de Chamonix en Haute Savoie. Les Isérois, quant à eux, parlent surtout du Glacier de la Grande Motte au-dessus de Tignes. C’est l’un des très rares glaciers français où l’on peut pratiquer le ski d’été, mais pour combien de temps ?

Comme ses copains alpins, le glacier de la Grande Motte fond à la vitesse V et les responsables locaux parlent de transformer le ski d’été en ski de printemps pour éviter les canicules à répétition. Ces dernières années, comme en 2026, la fermeture de la saison de ski d’été a dû être avancée. Sous l’effet du réchauffement climatique, le glacier de la Grande Motte connaît une perte d’épaisseur de l’ordre de 2 à 4 mètres chaque année. Les scientifiques sont formels : dans dix ans,il aura quasiment intégralement fondu. Les climatologues ont averti que le phénomène de réchauffement El Niño allait s’accentuer au cours du deuxième semestre 2026. Dans de telles conditions, on peut se demander si le glacier de la Grande Motte survivra aussi longtemps. Les images diffusées sur les réseaux sociaux en juillet 2026 montrent l’état de délabrement du glacier.

Crédit photo : réseaux sociaux

J’avais observé le glacier il y a une dizaines d’années, époque où il me semblait présenter un aspect encore acceptable, mais la fonte semble s’être accélérée ces dernières années.

Vue du glacier de la Grande Motte en 2018 (Photo : C. Grandpey)

Aujourd’hui, face au recul de l’enneigement et à une fréquentation en baisse, la station anticipe la fin du ski d’été.

En juillet 2021, à la sortie de la crise sanitaire, on a expérimenté plusieurs solutions pour ralentir la fonte du glacier. Comme ailleurs dans les Alpes, de larges bâches ont été posées à même le sol pour ralentir la fonte du manteau neigeux. Le but était aussi de reformer de la glace et empêcher que se déstabilise davantage le soubassement de la gare du téléphérique. Le problème, c’est que ces couvertures génèrent une pollution en s’abîmant.

 Bâchage du glacier de Presena en Italie

En cet été 2026, Tignes ne se fait plus d’illusions. Le ski d’été vit ses dernières heures. En parallèle avec la fonte du glacier, la fréquentation est en baisse. Moins de 8000 forfaits avaient été vendus depuis le 20 juin 2026. Les skieurs n’auront pas profité de la glisse très longtemps car la station a fermé le 15 juillet, quatre jours avant le terme officiel de la saison programmée le 19 juillet.

Tignes prépare désormais l’après-glacier, avec notamment l’aménagement d’un espace dédié à la contemplation du paysage.

Source : France Info, presse régionale et réseaux sociaux.

Par ailleurs, on a appris hier la fermeture de la saison de ski d’été sur le Plateau Rosa au-dessus de Cervinia dans le Valais suisse. Les conditions de sécurité n’étaient plus suffisantes. Une telle fermeture ne s’était jamais produite en juillet et la station était rarement fermée en été.

Source : presse suissee.

Nouveau séisme à Pouzzoles (Italie) // Another earthquake at Pozzuoli (Italy)

À 19h46 le 31 juillet 2026, une nouvelle secousse sismique a frappé Pouzzoles, provoquant des évacuations.

La secousse a également été ressentie à Naples. Au fil des heures, le nombre de blessés a augmenté : on en compte désormais 21, dont seulement deux grièvement. Vingt-deux familles ont été évacuées.
Les sismographes ont enregistré un événement d’une magnitude de M4,7, avec un hypocentre à 3 km de profondeur, ce qui explique le ressenti très fort et les dégâts observés à Pouzzoles. C’est le séisme le plus puissant de ces 40 dernières années. Il est plus puissant que celui de magnitude M4,6 enregistré le 30 juin 2025.
Une trentaine de répliques ont également été enregistrées. La plus forte atteignait une magnitude de M3,8.
Les dégâts les plus importants ont été constatés à Pouzzoles, avec l’effondrement d’une partie du mur d’un immeuble de la Via Pergolesi où j’ai résidé plusieurs fois. De gros blocs de tuf se sont détachés du bâtiment et sont tombés sur plusieurs voitures en stationnement. Toujours à Pouzzoles, plusieurs façades d’immeubles ont été endommagées. La plupart des blessés ont été soignés à l’hôpital de Pouzzoles.

Les dégâts aux maisons sont parfaitement visibles à Pouzzoles.  

Immédiatement après le séisme, le préfet de Naples a réuni le Centre de coordination des secours afin d’évaluer la situation. Des centres d’accueil ont été ouverts via Terracina à Naples et au Palatrincone à Pouzzoles. L’embarcadère de Pouzzoles a été fermé, entraînant l’interruption des liaisons par ferry et hydroptère vers les îles. Un pylône à haute tension s’est partiellement effondré dans le quartier d’Agnano à Naples, provoquant une coupure de courant pour 100 000 foyers. Le courant a été rétabli progressivement. Vers 1h30 du matin, le trafic ferroviaire à Naples a repris son cours normal.
Il est bon de rappeler que ces séismes sont liés à l’activité bradysismique dans la région des Champs Phlégréens. Elle est parfaitement visible sur les colonnes du temple de Sérapis à Pouzzoles.

Photos: C. Grandpey

Source : Presse italienne.

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At 7:46 PM on July 31, 2026, a new earthquake struck Pozzuoli, prompting evacuations. The tremor was also felt in Naples. As the hours passed, the number of injured rose; there are now 21 reported injuries, only two of which are serious. Twenty-two families were evacuated.
Seismographs recorded an M4.7 event with a focal depth of 3 km, explaining the strong shaking and damage observed in Pozzuoli. This is the most powerful earthquake in the last 40 years, exceeding the M4.6 quake recorded on June 30, 2025.
Around thirty aftershocks were also recorded, the strongest reaching a magnitude of M3.8.
The most significant damage occurred in Pozzuoli, where a section of a building’s wall collapsed on Via Pergolesi. Large blocks of tuff broke off the structure and fell onto several parked cars. Building facades were also damaged in various locations across Pozzuoli. Most of the injured were treated at the Pozzuoli hospital.
Immediately following the earthquake, the Prefect of Naples convened the emergency coordination center to assess the situation. Reception centers were opened on Via Terracina in Naples and at Palatrincone in Pozzuoli. The Pozzuoli pier was closed, halting ferry and hydrofoil services to the islands. A high-voltage pylon partially collapsed in the Agnano district of Naples, causing a power outage for 100,000 households. Power was gradually restored. Around 1:30 a.m., rail traffic in Naples returned to normal.
It is worth noting that these earthquakes are linked to bradyseismic activity in the Phlegraean Fields region.
Source: Italian press.

L’activité éruptive sur l’Etna (Sicile) // Eruptive activity on Mt Etna (Sicily)

Après l’activité strombolienne observée dans la Voragine (voir ma note du 31 juillet 2026, une activité effusive a débuté dans la soirée du 30 juillet dans la partie supérieure de la Valle del Leone, à une altitude d’environ 2 700 mètres. L’activité strombolienne se poursuivait dans la Voragine, avec une coulée de lave qui s’écoulait dans le Cratère nord-est et une émission de cendres qui atteignait 7000 m d’altitude se propageait vers le sud-ouest.

L’activité effusive s’est poursuivie toute la nuit et atteignait une altitude estimée entre 1 700 et 1 750 m le 31 juillet, au-dessus de la Rocca Capra.
Après être restée à un niveau élevé, l’amplitude moyenne du trémor volcanique est restée a brusquement diminué pour retrouver des valeurs faibles. La source du trémor a été localisée dans la zone de la Voragine et de la Bocca Nuova à environ 3 000 m d’altitude, puis dans la zone du cratère Sud-Est, à des altitudes comprises entre 2 500 et 2 900 m.

Aucune évolution significative n’a été enregistrée par les stations de surveillance de déformation du sol.

Source : INGV.

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Following the Strombolian activity observed in the Voragine (see my post from July 31, 2026), effusive activity began on the evening of July 30 in the upper part of the Valle del Leone, at an elevation of approximately 2,700 meters. Strombolian activity continued in the Voragine, accompanied by a lava flow that was travellling into the Northeast Crater and an ash plume reaching an altitude of 7,000 meters and drifting southwest.
The effusive activity persisted throughout the night, reaching an estimated elevation of between 1,700 and 1,750 meters on July 31, above Rocca Capra.
After remaining at a high level, the average amplitude of the volcanic tremor dropped abruptly, returning to low values. The tremor source was located in the Voragine and Bocca Nuova area at an elevation of approximately 3,000 meters, and subsequently in the Southeast Crater area, at elevations ranging from 2,500 to 2,900 meters.
No significant changes were recorded by ground deformation monitoring stations.
Source: INGV.

L’Etna bientôt sur la lune ? // Mount Etna heading to the Moon?

Le rover italien conçu pour l’exploration lunaire s’appellera Etna, un nom choisi lors d’un sondage effectué via le compte Instagram officiel de l’Agence spatiale italienne (ASI). Acronyme de « Exploration Technology for Navigation & Autonomy » (Technologie d’exploration pour la navigation et l’autonomie), Etna a également été conçu pour naviguer de manière autonome sur des terrains complexes. Ces dernières semaines, l’Etna, avec ses paysages volcaniques accidentés, a reproduit certaines conditions typiques de la surface lunaire.

Crédit photo : ASI

Après une phase de validation initiale concluante menée dans les installations d’ALTEC à Turin, les capacités du rover en environnements contrôlés ont été confirmées. L’interaction avec des terrains lunaires et martiens a été vérifiée par des tests de traction et de stabilité, ainsi que la fiabilité des algorithmes de localisation, de cartographie et de planification.
En juillet 2026, le rover est testé sur l’Etna, où le paysage volcanique, les pentes abruptes, le substrat granuleux et l’absence de végétation reproduisent fidèlement les conditions environnementales et les défis auxquels un véhicule autonome peut être confronté sur la surface lunaire. Outre la consolidation des performances de mobilité et les tests de reconfiguration en cas de pannes, un temps considérable sera consacré aux démonstrations opérationnelles des charges utiles embarquées. Un drone autonome doté d’une intelligence artificielle sera déployé pour cartographier le terrain et classifier automatiquement les roches, les cratères et les itinéraires les plus sûrs, tout en transmettant les données au centre de contrôle.
L’ASI explique que « l’objectif est d’intégrer des expériences et des prototypes externes pour tester des technologies innovantes dans des environnements extrêmes, d’ouvrir la recherche à de nouveaux partenaires et d’accélérer le transfert de technologie vers la prochaine ère de l’exploration lunaire. »
Le rover a été construit dans le cadre du programme « Universal Locomotion System (ULS) », entièrement financé par l’Agence spatiale italienne et piloté par Thales Alenia Space, avec la contribution de Leonardo, IIT, ALTEC, Aiko, Politecnico di Torino et Volta Structural Energy.
Le rover Etna est un hommage à l’Italie et à Catane, suite à la désignation de Luca Parmitano, l’astronaute de l’ESA originaire de Paternò, comme pilote de la mission Artemis III de la NASA prévue pour 2027. Il volera à bord de la capsule Orion dans un rôle opérationnel de premier plan, testant les manœuvres d’approche et d’amarrage en orbite terrestre.

Source : médias italiens.

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The Italian rover designed for lunar exploration will be named Etna, a name chosen via a poll on the Italian Space Agency’s (ASI) official Instagram account. An acronym for « Exploration Technology for Navigation & Autonomy, » Etna is designed to navigate complex terrain autonomously. In recent weeks, Mount Etna, with its rugged volcanic landscape, has served as a site to replicate conditions typical of the lunar surface.
Following a successful initial validation phase at ALTEC’s facilities in Turin, the rover’s capabilities in controlled environments have been confirmed. Its interaction with lunar- and Martian-like terrain was verified through traction and stability tests, alongside checks on the reliability of its localization, mapping, and planning algorithms.
In July 2026, the rover will undergo testing on Mount Etna, where the volcanic landscape, steep slopes, granular substrate, and lack of vegetation faithfully replicate the environmental conditions and challenges an autonomous vehicle might face on the lunar surface. In addition to refining mobility performance and testing reconfiguration capabilities in the event of a breakdown, significant time will be dedicated to operational demonstrations of the onboard payloads. An AI-equipped autonomous drone will be deployed to map the terrain and automatically classify rocks, craters, and the safest routes, while transmitting data back to the control center.
The ASI explains that « the goal is to integrate external experiments and prototypes to test innovative technologies in extreme environments, open up research to new partners, and accelerate technology transfer for the next era of lunar exploration. » The rover was built as part of the « Universal Locomotion System (ULS) » program, fully funded by the Italian Space Agency and led by Thales Alenia Space, with contributions from Leonardo, IIT, ALTEC, Aiko, Politecnico di Torino, and Volta Structural Energy.
The Etna rover pays tribute to Italy and Catania, following the selection of Luca Parmitano, an ESA astronaut from Paternò, as a pilot for NASA’s Artemis III mission, scheduled for 2027. He will fly aboard the Orion capsule in a key operational role, testing approach and docking maneuvers in Earth orbit.
Source: Italian news media.