La Niña : le retour // La Niña is back

Au cours de ma conférence sur la fonte des glaciers dans le monde, je fais référence à El Niño et à La Niña, deux régimes météorologiques complexes liés à des variations de températures océaniques dans le Pacifique équatorial.
El Niño, qui signifie Le petit garçon en espagnol, fait référence à l’interaction climatique océan-atmosphère liée à un réchauffement périodique de la surface de la mer dans le centre et le centre-est du Pacifique équatorial.
La Niña signifie La Petite Fille en espagnol. Ses épisodes entraînent des périodes de températures de surface de la mer inférieures à la moyenne dans le centre et le centre-est du Pacifique équatorial.

L’ensemble du cycle climatique naturel géré par El Niño et La Niña est connu sous le nom d’El Niño – Southern Oscillation (ENSO), une alternance d’eau de mer plus chaude ou plus froide dans l’océan Pacifique central.
On oppose souvent La Niña à El Niño quant à leur influence sur le climat mondial mais cette influence est beaucoup plus complexe qu’il y paraît. Il serait trop rapide d’affirmer qu’El Niño entraîne une hausse des températures dans le monde et que La Niña atténue le réchauffement climatique.

Des articles récents parus dans la presse américaine nous apprennent que La Niña est de retour. Les climatologues expliquent que le phénomène pourrait accélérer la saison des ouragans dans l’Atlantique. La Niña pourrait aussi prolonger la saison des incendies qui ravagent l’ouest des États-Unis.
La Niña est l’un des principaux facteurs météorologiques aux États-Unis et dans le monde, en particulier à la fin de l’automne, en hiver et au début du printemps. Selon les prévisionnistes de la NOAA, La Niña sera présente probablement tout l’hiver. Ce régime météorologique peut contribuer à une augmentation de l’activité des ouragans dans l’Atlantique en affaiblissant le cisaillement du vent sur la Mer des Caraïbes et le bassin atlantique tropical, ce qui permet aux tempêtes de se développer et de s’intensifier.
Dans cette perspective, les prévisionnistes prévoient que jusqu’à 25 tempêtes pourraient se former dans l’Atlantique. 17 d’entre elles ont déjà sévi, parmi lesquelles l’ouragan Laura qui a ravagé des parties du sud-ouest de la Louisiane au mois d’août.
La Niña a tendance à apporter un temps sec dans certaines parties de la Californie et une grande partie du sud-ouest, ce qui n’arrange rien à la situation des incendies dans ces régions. Déjà, plus de la moitié de l’État de Californie connaît actuellement une période de sécheresse.
Aux Etats-Unis, la présence de La Niña en hiver apporte généralement de la pluie et de la neige au nord-ouest et des conditions anormalement sèches dans la majeure partie du sud du pays. Le sud-est et le centre de l’Atlantique ont également tendance à voir des températures plus chaudes que la moyenne pendant un hiver géré par La Niña.
À l’échelle mondiale, La Niña apporte souvent de fortes pluies en Indonésie, aux Philippines, au nord de l’Australie et en Afrique australe.
Source: USA Today.

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During my conference about the melting of glaciers in the world, I refer to El Niño and La Niña , two complex weather patterns resulting from variations in ocean temperatures in the Equatorial Pacific.

El Niño, which means The Little Boy in Spanish, refers to the large-scale ocean-atmosphere climate interaction linked to a periodic warming in sea surface temperatures across the central and east-central Equatorial Pacific.

La Niña means The Little Girl in Spanish. Its episodes represent periods of below-average sea surface temperatures across the east-central Equatorial Pacific.

The entire natural climate cycle is officially known as the El Niño – Southern Oscillation (ENSO), a see-saw dance of warmer and cooler seawater in the central Pacific Ocean.

Global climate La Niña impacts tend to be opposite those of El Niño impacts, but the situation is far more complex than it seems. It would be exaggerated to say that El Niño leads to an increase in temperatures in the world and that La Niña reduces the impact of global warming.

Recent articles in the US press inform us that La Niña has arrived. Climatologists warn that this could provide an additional boost to the already active Atlantic hurricane season, as well as extend the disastrous fire season in western USA.

The La Niña climate pattern is one of the main drivers of weather in the U.S. and around the world, especially during late autumn, winter and early spring. According to NOAA forecasters, La Niña is likely to persist through the winter. This weather pattern can contribute to an increase in Atlantic hurricane activity by weakening the wind shear over the Caribbean Sea and tropical Atlantic Basin, which enables storms to develop and intensify.

In that outlook, forecasters predict that as many as 25 storms could form in the Atlantic. Already, 17 have formed, including Hurricane Laura, which ravaged portions of southwestern Louisiana in August.

As for its impact on the western fires, La Niña tends to bring dry weather across portions of California and much of the Southwest. Already, over half of the state of California is in a drought.

A typical La Niña winter in the U.S. brings rain and snow to the Northwest and unusually dry conditions to most of the southern tier of the U.S. The Southeast and Mid-Atlantic also tend to see warmer-than-average temperatures during a La Niña winter.

Globally, La Niña often brings heavy rainfall to Indonesia, the Philippines, northern Australia and southern Africa.

The entire natural climate cycle is officially known as the El Niño – Southern Oscillation (ENSO), a see-saw dance of warmer and cooler seawater in the central Pacific Ocean.

Source: USA Today.

Anomalies de température à la surface de l’océan avec El Niño (à gauche) et La Niña (à droite)

Cycle hivernal classique géré par La Niña en Amérique du Nord.

 

Réchauffement climatique : la menace des lacs glaciaires // Global warming : the threat of glacial lakes

Une nouvelle étude basée sur des données satellitaires révèle que le volume des lacs formés par la fonte des glaciers dans le monde a bondi de 50% en 30 ans en raison du changement climatique.
On sait que toutes les eaux de fonte n’atteignent pas immédiatement les océans, mais jusqu’à présent, on était incapable d’estimer le volume d’eau stocké dans les lacs ou les nappes phréatiques.

La nouvelle étude, publiée dans Nature Climate Change, permettra aux scientifiques et aux gouvernements d’identifier les dangers potentiels pour les localités situées en aval de ces lacs souvent instables. Cela améliorera également la précision des estimations de l’élévation du niveau des océans grâce à une meilleure compréhension de la manière et de la rapidité avec laquelle l’eau de fonte des glaciers parvient à la mer.
Des études antérieures ont montré qu’entre 1994 et 2017 les glaciers dans le monde, en particulier dans les régions de haute montagne, ont perdu environ 6,5 trillions (1018) de tonnes. Au cours du dernier siècle, 35% de l’élévation du niveau des océans dans le monde provenait de la fonte des glaciers. Les autres principales sources de cette hausse sont les calottes glaciaires et l’expansion de l’eau des océans à mesure qu’elle se réchauffe.
La température moyenne de la surface de la Terre a augmenté de 1°C depuis l’époque préindustrielle, mais les régions de haute montagne sur la planète se sont réchauffées deux fois plus vite, ce qui a accéléré la fonte des glaciers.
Contrairement aux lacs traditionnels, les lacs glaciaires sont instables parce qu’ils sont souvent retenus par des moraines instables composées de glace ou de sédiments. Lorsque l’eau accumulée éventre ces fragiles retenues, des inondations catastrophiques peuvent se produire en aval. Connu sous le nom de crue ou débâcle glaciaire, ce type d’inondation a été responsable de milliers de morts au cours du siècle dernier, ainsi que de la destruction de villages, d’infrastructures et de bétail. L’événement le plus récent est l’inondation provoquée par la libération d’un lac glaciaire ; elle a traversé la vallée de la Hunza au Pakistan en mai 2020. En janvier de cette même année, le Programme de développement des Nations Unies a estimé que plus de 3000 lacs glaciaires se sont formés dans la région de l’Hindu Kush-Himalayan, et 33 constituent une menace imminente pour sept millions de personnes.
La nouvelle étude, basée sur 250 000 relevés fournis pat le satellite Landsat de la NASA, estime le volume actuel de l’ensemble des lacs glaciaires à plus de 150 kilomètres cubes, ce qui équivaut à un tiers du volume du lac Érié aux États-Unis ou à deux fois le volume du lac Léman.
Source: The Japan Times.

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 A new study based on satellite data has revealed that the volume of lakes formed as glaciers melt around the world due to climate change has jumped by 50 percent in 30 years.

It is known that not all meltwater is making it into the oceans immediately, but until now there were no data to estimate how much was being stored in lakes or groundwater.

The new study, published in Nature Climate Change, will help scientists and governments identify potential hazards to communities downstream of these often unstable lakes. It will also improve the accuracy of sea level rise estimates through better understanding of how – and how quickly – water shed by glaciers makes it to the sea.

Previous research has shown that between 1994 and 2017, the world’s glaciers, especially in high-mountain regions, shed about 6.5 trillion tons in mass. In the past 100 years, 35 percent of global sea-level rises came from glacier melting. The other main sources of sea level rise are ice sheets and the expansion of ocean water as it warms.

Earth’s average surface temperature has risen 1 degree Celsius since preindustrial times, but high-mountain regions around the world have warmed at twice that pace, accelerating glacier melt.

Unlike normal lakes, glacier lakes are unstable because they are often dammed by ice or sediment composed of loose rock and debris. When accumulating water bursts through these accidental barriers, massive flooding can occur downstream. Known as glacial lake outbursts, this kind of flooding has been responsible for thousands of deaths in the last century, as well as the destruction of villages, infrastructure and livestock. The most recent recorded incident was a glacial lake outburst that washed through the Hunza Valley in Pakistan in May 2020. In January, the U.N. Development Program estimated that more than 3,000 glacial lakes have formed in the Hindu Kush-Himalayan region, with 33 posing an imminent threat that could impact as many as seven million people.

The new study, based on 250,000 scenes from NASA’s Landsat satellite missions, estimates current glacial lake volume at more than 150 cubic kilometres, which equivalent to one-third the volume of Lake Erie in the United States or twice the volume of Lake Geneva.

Source : The Japan Times.

Au Pérou, en décembre 1941, un énorme pan de glacier est tombé dans le lac Palcacocha, provoquant la rupture de la moraine qui retenait le lac. La vague a emporté un autre lac sur son passage, transportant des blocs de glace, des rochers et de la boue vers la vallée de la rivière Santa. En 15 minutes, la coulée de boue a atteint Huaraz. 400 m³ de débris ont enseveli plusieurs quartiers et tué entre 1 800 et 7 000 habitants. (Crédit photo : Wkipedia)

Nouvel essaim sismique à Yellowstone mais pas de quoi s’inquiéter // New seismic swarm at Yellowstone but nothing to worry about.

Un essaim sismique comprenant 91 événements a été enregistré dans la région du Parc National de Yellowstone en seulement 24 heures le 10 septembre 2020. Les Les secousses ont été localisées au sud-ouest du Lac de Yellowstone entre Heart Lake et West Thumb. Bien qu’il s’agisse de l’une des régions les plus sismiquement actives des États-Unis, l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone (YVO) explique que ce dernier essaim « est assez important en nombre et magnitude, mais il est loin d’être le plus important observé dans la région. »
Dans le passé, Yellowstone a été secoué par des essaims incluant plusieurs centaines de secousses en une journée. Par exemple, on a enregistré un essaim de 3 mois entre juin et septembre 2017 avec 2400 événements qui ont atteint une magnitude de M 4,4.
Le dernier essaim sismique n’a pas dépassé M 3,0. L’événement le plus significatif avait une magnitude de M 2,8, tandis que le plus faible a été mesuré à M 0,1. De plus, les 91 secousses ont cohabité avec de «faux» séismes déclenchés par un camion «vibroseis» qui s’est déplacé dans les secteurs du Vieux Fidèle, West Thumb, Canyon Village et Lake Butte dans le cadre d’une étude conduite par l’Université de l’Utah et l’Université du Nouveau-Mexique. Ces camions sont de gros véhicules pouvant peser jusqu’à 32 tonnes. Ils font vibrer des plaques d’acier, ce qui envoie de l’énergie basse fréquence à travers le sol; ils permettent de créer des images de la partie sommitale de la chambre magmatique de Yellowstone grâce à des centaines de sismomètres temporaires disséminés à travers le Parc.
Comme d’habitude, l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone a dû rassurer les gens qui qui se sont inquiétés quans ils ont ressenti l’essaim sismique. Le YVo rappelle une fois de plus qu’il n’y a actuellement AUCUN SIGNE INDIQUANT UNE ERUPTION IMMINENTE. Le programme Volcano Hazards de l’USGS a déclaré que le niveau d’alerte était «NORMAL» le 1er septembre 2020.
Source: Miami Herald, YVO.

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 A seismic swarm including 91 events was recorded in the Yellowstone National Park region in just 24 hours on September 10th, 2020. The quakes were located southwest of Yellowstone Lake between Heart Lake and West Thumb. Although the area is one of the most seismically active regions in the U.S., the Yellowstone Volcano Observatory (YVO) explains that the cluster of quakes “is on the large side in terms of number and magnitude, but nowhere near the largest.”

In the past, Yellowstone had swarms that included many hundreds of earthquakes in a day. For example, there was a 3-month-long swarm in June-September 2017 with 2,400 events reaching a maximum magnitude of M 4.4.

The recent cluster of quakes did not exceed M 3.0. The biggest temblor was recorded at M 2.8, while the weakest was measured at M 0.1. What’s more, the 91 quakes rattled alongside “fake” tremors set off by a “vibroseis” truck driven through Old Faithful, West Thumb, Canyon Village and Lake Butte as part of an experiment conducted by the University of Utah and University of New Mexico. These trucks are giant vehicles that can weigh up to 32 tonnes that vibrate steel plates on the ground, sending low frequency energy through it; they help to create images of the top of Yellowstone’s magma chamber with the help of hundreds of temporary seismometers located across the park.

As usual, YVO had to reassure people who got worried when they felt the swarm. There are currently NO SIGNS OF AN IMMINENT ERUPTION. The USGS Volcano Hazards Program declared a “NORMAL” alert level on September 1st, 2020.

Source: Miami Herald, YVO.

Source chaude à West Thumb (Photo : C. Grandpey)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde, en référence au rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution.

Les panaches de vapeur s’élèvent généralement à 600 m au-dessus du sommet du Sinabung (Indonésie). Le 5 septembre 2020, une éruption a généré un panache de cendres qui est monté au moins à 800 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4). Une zone d’exclusion générale de 3 km reste en plaace, avec des extensions à 5 km sur le secteur SE et 4 km dans le secteur NE.
Source: CVGHM.

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Le Copahue (frontière Chili-Argentine) montre toujours des signes d’activité avec des panaches de gaz et de cendres s’élevant jusqu’à 1,7 km au-dessus du sommet, avec parfois del’incandescence pendant la nuit au niveau du cratère. Les émissions de SO2 sont élevées et atteignent en moyenne 2 641 tonnes par jour, avec un maximum de 4 627 tonnes le 27 août 2020. Le niveau d’alerte reste au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle à quatre couleurs).
Source: SERNAGEOMIN.

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Au Kamtchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange pour Sheveluch et l’ Ebeko, mais a été abaissée au Vert pour le Karymsky.

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Le 3 septembre 2020, les géologues ont observé que le niveau du lac acide dans le cratère principal du Rincón de la Vieja (Costa Rica) était bas, mais le lac était très actif, avec de fortes émissions de gaz. La température de l’eau était de 60°C. La température des fumerolles sur la paroi intérieure O du cratère atteignait 120°C. Le 8 septembre, un épisode éruptif a généré un panache qui s’est élevé à 500 m au-dessus de la lèvre du cratère.
Source: OVSICORI.

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Here is some news of volcanic activity around the world, with reference to the Smithsonian Institution’s Weekly Report.

Steam plumes are usually rising as high as 600 m above Sinabung’s summit (Indonesia). On September 5th, 2020, an eruption produced an ash plume that rose at least 800 m above the summit. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), with a general exclusion zone of 3 km and extensions to 5 km on the SE sector and 4 km in the NE sector.
Source: CVGHM.

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Copahue (Chile-Argentina border) is still showing signs of activity with gas-and-ash plumes rising as high as 1.7 km above the summit, sometimes associated with nighttime crater incandescence. SO2 emissions are high, averaging 2,641 tonnes per day, with a high value of 4,627 on August 27th, 2020. The Alert Level remains at Yellow (the second level on a four-color scale).
Source : SERNAGEOMIN.

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In Kamchatka, the aviation colour code is kept at Orange for Sheveluch and Ebeko, but has been lowered to Green for Karymsky.

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On September 3rd, 2020, geologists observed that the acid lake in Rincón de la Vieja‘s main crater (Costa Rica) had a low water level, but was very active, with strong gas emissions. The temperature of the lake was 60 degrees Celsius. Vigorous fumaroles on the inner W wall of the crater reached 120 degrees Celsius. On September 8th, an eruption produced a plume that rose 500 m above the crater rim.
Source : OVSICORI.