L’éruption du Mont Spurr (Alaska) en 1953 // The 1953 Mt Spurr eruption in Alaska

La Smithsonian Institution explique que le Mont Spurr est un stratovolcan de l’arc des Aléoutiennes en Alaska. Il tire son nom du géologue et explorateur Josiah Edward Spurr qui a conduit une expédition dans la région en 1898.
Le niveau d’alerte du Mt Spurr est actuellement Vert. Il a été porté à la couleur Jaune le 26 juillet 2004 en raison d’une hausse de la sismicité. L’AVO avait également détecté la présence d’un cratère d’effondrement occupé par un lac entouré par la glace et la neige qui recouvraient le sommet. Ce lac s’était peut-être formé suite à une augmentation du flux de chaleur à travers le dôme de lave sommital.
Le 3 mai 2005, une coulée de débris a été observée sur les images de la webcam et une grande partie du lac s’était vidée.
Les deux éruptions historiques du Mont Spurr en 1953 et 1992 ont déposé de la cendre sur la ville d’Anchorage. Le journal local, l’Anchorage Daily News a récemment publié un article sur l’événement de 1953, avec le «Jeudi des Cendres».
Le matin du 9 juillet 1953, la nuit a soudain envahi Anchorage lorsque la cendre est tombée du ciel. Un match de baseball a dû être annulé et reporté. La cause du phénomène était le Mont Surr qui était entré en éruption sans prévenir vers 5 heures du matin ce jour-là, en propulsant des tonnes de particules de cendres à des milliers de mètres de hauteur. Des témoins ont déclaré que la colonne de cendres avait atteint une hauteur d’environ 15 km et ressemblait à un champignon atomique. Des éclairs parcouraient cette colonne et les flancs de la montagne donnaient l’impression de vibrer.
Jusqu’ç ce jour de juillet 1953, on considérait que le Mt Spurr était un volcan en sommeil, bien qu’il y ait eu des signes d’activité. Ainsi, au cours du printemps, des pilotes indépendants avaient observé de la vapeur en train de s’échapper du sommet pour la première fois de mémoire d’homme. Bien que visible depuis Anchorage par temps clair, le volcan était une curiosité pour la plupart des habitants.
Les premières retombées de cendres à Anchorage ont commencé vers 10 heures du matin et ont poussé les propriétaires d’avions à les déplacer rapidement vers des sites en dehors de la zone touchée. À la base militaire d’Elmendorf, tous les pilotes et le personnel au sol ont fait une course contre la montre. Tous les aéronefs opérationnels ont été mis à l’abri dans l’intérieur de l’Etat, essentiellement à Fairbanks. Lorsque la visibilité est devenue nulle, les aéroports de la ville ont cessé leurs activités.
Vers 11 heures du matin, les capteurs des lampadaires ont mis en route l’éclairage public, mais les autorités les ont rapidement éteints, par crainte d’endommager les deux centrales électriques qui alimentent la ville et provoquer une panne d’électricité.

À 13 heures, l’obscurité était totale, rompue uniquement par les lumières des bâtiments et les phares des voitures.
Selon les estimations, jusqu’à 10 000 tonnes de cendres volcaniques sont tombées sur Anchorage. Une couche de cendre enveloppait la ville où les arbres pliaient sous son poids. La presse locale a baptisé cette journée Ash Thursday – « Jeudi des Cendres » – et «Spurrs Day».
Pendant le déluge de cendres, les personnes qui possédaient des parapluies et des imperméables les ont utilisés. Certains habitants portaient des masques pour se protéger contre la poussière. La plupart du temps, les habitants se sont mis à l’abri jusqu’au moment où le ciel commence à s’éclaircir.
Certaines personnes âgées ont comparé l’événement à l’éruption du Novarupta-Katmai en 1912. Ils se sont souvenus de trois jours de complète obscurité, d’eau contaminée et de cadavres d’oiseaux au sol. Cependant, l’éruption du Mt Spurr était breaucoup moins inquiétante que celle du Novarupta

L’éruption du mont Spurr en 1953 n’a tué personne. À Anchorage, une seule personne a été blessée lorsque les cendres et l’obscurité ont envahi la ville. Il s’agit d’une femme qui a voulu traverser une rue dans l’obscurité et a été renversée par un camion.
La vie à Anchorage est rapidement revenue à la normale. Le temps était à nouveau clair et ensoleillé le lendemain, et le match de baseball annulé a pu être joué normalement. Le jour suivant, les avions ont pu à nouveau décoller et atterrir dans l’aéroport international. Par la suite, le vent soulevait encore la cendre, ce qui gênait la visibilité pour les petits avions, mais c’était un problème relativement mineur et sporadique.
Anchorage avait des vendeurs de journaux dans les rues à cette époque, et l’éruption a généré les meilleures ventes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale! Les vols touristiques à destination du Mont Spurr ont brièvement connu du succès, avec un nombre record de décollages et d’atterrissages.
Un photographe local a filmé le moment où Anchorage s’est retrouvée dans l’obscurité, ainsi que le nouveau cratère du Mont Spurr, pour Pathè News. La séquence été diffusée dans les cinémas Empress et Fourth Avenue du centre-ville. Ce petit film d’une minute est disponible sur YouTube.
https://www.youtube.com/watch?v=1JIeLwXuUpQ

Huit jours a près l’éruption, la pluie a nettoyé la ville en emportant une grande partie de la cendre. Toute la poussière n’est pas tombée uniquement en Alaska. Moins d’une semaine plus tard, des pilotesqui passaient au-dessus des Grands Lacs ont repéré des nuages ​​de cendres du Mont Spurr qui avaient dérivé vers l’est, atteignant le Canada et l’Océan Atlantique. Fin juillet et début août, des nuages ​​de poussière volcanique étaient visibles sur l’Europe, comme un cadeau envoyé par l’Alaska…
Source: Anchorage Daily News.

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The Smithsonian Institution explains that Mount Spurr is a stratovolcano in the Aleutian Arc of Alaska, named after geologist and explorer Josiah Edward Spurr who led an expedition to the area in 1898.

The alert level for Mt Spurr is currently Green. It was raised to Yellow on July 26th, 2004 due to an increase in seismicity. There was also the presence of a collapse pit, filled with water forming a new crater lake in the ice and snow that covered the summit. This lake may have been caused by an increase in heat flow through the summit lava dome.

On May 3rd, 2005, a debris flow was observed in webcam images andmuch of the lake had drained away.

Mount Spurr’s two historical eruptions in 1953 and 1992, deposited ash on the city of Anchorage. The local newspaper Anchorage Daily News has recently published an article about the 1953 event and “Ash Thursday”.

It was the morning of July 9th, 1953, everything got suddenly pitch black when ash fell from the sky. A baseball game had to be cancelled and rescheduled. The culprit was Mount Surr which had unexpectedly started erupting at about 5 a.m. that day, ejecting tons of ash particules thousands of metres into the air. Witnesses said the ash column reached a height of about 15 km and looked like an atomic bomb’s mushroom cloud. Lightning flashed within that column, and the sides of the mountain visibly shook.

Mount Spurr was previously listed as dormant, though there had been warning signs. That spring, civilian pilots observed steam venting from the peak for the first time in living memory. Though visible from Anchorage on clear days, the volcano was just a curiosity to most residents.

The first dustings in Anchorage began around 10 a.m. and caused civilian pilots to rapidly relocate their planes to sites outside the affected area. At Elmendorf’s military base, all pilots and ground personnel raced against time. All operational aircraft were dispersed into the Interior, most to Fairbanks. When visibility dropped to zero, the city’s airports ceased operations.

Around 11 a.m., the sensors on the streetlights triggered tham on, but officials soon switched them off, fearing damage to the city’s two power plants and a resulting electricity shortage. By 1 p.m., there was complete darkness, broken only by building and car lights.

According to estimates, as much as 10,000 tons of volcanic ash fell on Anchorage. A layer of ash draped the city, with shrubs and smaller trees bending under the weight.  Local newspapers had their fun renaming the day as “Ash Thursday” and “Spurrs-Day”.

During the ashy deluge, those with umbrellas and raincoats used them. Some residents donned masks to filter out the dust. Otherwise, most residents sought shelter and stayed there until the sky began to lighten.

Some elder residents compared the event with the 1912 Novarupta-Katmai eruption and remembered three days of pure darkness, poisoned water, and birds that fell dead to the ground. However, compared to Novarupta, the Mount Spurr eruption was nothing to worry about.

No one died from the 1953 Mount Spurr eruption. In Anchorage, the ash and darkness contributed to just one injury. A woman who had stepped into a street in the darkness was struck by a passing truck.

Life in Anchorage quickly returned to normal. The next day was clear and sunny and the cancelled baseball game could be played normally.The following day, planes were again able to fly in and out of the International Airport. In the following days, the wind sometimes kicked up the ash again, hampering visibility for small planes, but that was a relatively minor and sporadic issue.

Anchorage had newspaper street salesmen at this time, and the eruption edition was the best seller since the end of World War II ! Sightseeing flights to Mount Spurr became briefly popular, with a a record month of takeoffs and landings.

A local photographer captured footage of the blackout and cleanup in Anchorage, as well as Mount Spurr’s new crater, for Pathè News, which aired at the downtown Empress and Fourth Avenue theaters. This minute-long newsreel is available on YouTube.

https://www.youtube.com/watch?v=1JIeLwXuUpQ

Eight days later, it finally rained, washing away some of the dirt. Not all the dust fell in Alaska. Within a week, pilots over the Great Lakes spotted clouds of ash from Mount Spurr, which carried eastward across Canada and the Atlantic Ocean. In late July and early August, dust clouds from Mount Spurr were visible over Europe, a kind of gift sent by Alaska…

Source: Anchorage Daily News.

Images extraites du film (Source : You Tube)

Le Mont Spurr aujourd’hui (Crédit photo : Wikipedia)

Une histoire de températures // About temperatures

Comme je l’ai écrit précédemment, une température de 54,4°C (130°F) a été enregistrée à 15h41 le 16 août 2020 dans la Vallée de la Mort. C’est probablement la température la plus élevée jamais enregistrée sur Terre. Cependant, pour que le record soit officiel, il doit être calidé par l’Organisation Météorologique Mondiale.
Un précédent record de 58°C (136,4°F) a été enregistré en 1922 à El Azizia, en Libye, mais il a été invalidé 90 ans plus tard en raison du type de surface sur lequel il avait été enregistré. On dit souvent que Dallol, en Éthiopie, est le lieu le plus chaud de la planète, mais aucune température officielle n’a jamais été publiée.
Selon le National Park Service, la Vallée de la Mort est très chaude en raison de sa «géographie, du manque d’eau et de la chaleur torride.» Il tombe moins de 5 centimètres de pluie chaque année dans la Vallée dont un point se trouve à 85 mètres sous le niveau de la mer. De plus la Vallée est entourée de chaînes de montagnes de tous les côtés. L’air chaud, plus léger, s’élève et est piégé par les chaînes de montagnes environnantes. Il se refroidit et, plus lourd, redescend dans la Vallée où il est comprimé et chauffé par la pression de l’air à une aussi basse altitude.
Plusieurs articles parus dans la presse américains font remarquer que la Vallée de la Mort a peut-être la température de l’air la plus chaude enregistrée sur Terre, mais il existe d’autres points chauds sur Terre. Ainsi, la température des sources chaudes dans le Parc National de Yellowstone peut atteindre plus de 120°C.

Les bouches hydrothermales – les fameux fumeurs noirs – au fond de l’océan crachent des liquides pouvant atteindre des températures supérieures à 400°C. Certains organismes – les extrémophiles – se sont adaptés à ces environnements hostiles.
La température du noyau de la Terre est d’environ 6100°C. Notre planète a un noyau interne en fer solide et un noyau externe en fer liquide. C’est entre ces deux zones que se situe la température à laquelle le fer sous pression fond. Pour la simuler, des scientifiques français ont réussi à reproduire ces conditions physiques en comprimant entre des enclumes en diamant, jusqu’à 200 gigapascals de pression, des échantillons de fer chauffés par un puissant  laser et analysés en temps réel par la diffraction par rayons X. Ils en ont déduit une température de 6000°C ± 500 °C à la limite entre le noyau solide et le noyau liquide de la Terre.

En ce qui concerne le Soleil, son noyau aurait une température d’environ 26 millions de degrés Fahrenheit, soit environ 15 millions de degrés Celsius.
En fait, la température la plus chaude de l’univers a été atteinte à proximité de Genève, en Suisse. Les scientifiques et les ingénieurs du CERN qui travaillent sur le Grand collisionneur de hadrons (LHC) ont déjà obtenu des températures de plusieurs milliards de degrés Celsius. Avec les collisions d’ions plomb, les expériences LHC vont pouvoir étudier un état de la matière qui a existé juste après le Big Bang, à une température atteignant plusieurs milliers de milliards de degrés Celsius !

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As I put it before, a temperature of 130°F (54,4°C) was recorded at 15:41 on August 16th, 2020 in the Death Valley. It was probably the highest temperature ever recorded on Earth. However, to be official, the record needs to be checked by the World Meteorological Organization.

A previous record of 136.4°F (58°C) was recorded in 1922 in El Azizia, Libya, but was disqualified 90 years later as the record could have been off by as much as seven degrees due to the type of surface it was recorded on. Dallol, Ethiopia, has been dubbed as the hottest regularly inhabited place on Earth, but no official temperature has ever been released.

Death Valley is very hot because of its “geography, the lack of water, and blistering heat”, according to the National Park Service. Less than 5 centimetres of rain fall in the valley which dips 85 metres below sea level and is surrounded by mountain ranges on all sides. As a consequence; hot air rises and is trapped by the surrounding mountain ranges. It cools and falls back into the valley, where it is compressed and heated by air pressure found at such low elevations.

According to several articles in the American press, Death Valley may have the hottest recorded air temperature on Earth, but there are other hot spots on Earth. Temperatures in the geothermal pools at Yellowstone National Park, for instance, can spike to over 120°C.

Hydrothermal vents at the bottom of the ocean spit out liquids that can reach temperatures of over 400°C. Some organisms—extremophiles—have adapted to live life in these severe environments.

The temperature of Earth’s core is about 6100°C. Earth has a solid iron inner core and a liquid iron outer core. The boundary between the two is expected to be the temperature at which pressurized iron melts. To estimate this number, scientists placed a tiny piece of iron between two diamond points, heated up the experiment with a laser and squeezed. To get the precise temperature, they measured how x-rays trained on the spec of iron were diffracted.

As far as the Sun is concerned, its core is said to have a temperature of about 26 million degrees Fahrenheit, or about 15 million degrees Celsius.

Surprisingly, the hottest temperature in the universe can be found outside of Geneva, Switzerland. Scientists and engineers at the CERN’s Large Hadron Collider (LHC) have been smashing atoms together in a slew of incredible experiments. Temperatures inside these chambers have reached several billion degrees Celsius. With the collision of lead ions, LHC experiments will allow to study a state of matter that existed just after the Big Bang, at a temperature reaching several trillions of degrees Celsius!

Badwater, le point le plus bas de la Vallée de la Mort (Photo : C. Grandpey)

Source chaude à Yellowstone (Photo : C. Grandpey)

Explosion solaire (Source : NASA)

Nouvelle approche des dépôts pyroclastiques sur la Lune // New approach of pyroclastic deposits on the Moon

La plupart des études traitant des origines de la Lune ont conclu que les volcans lunaires, au cours de leurs éruptions, avaient principalement rejeté le substrat rocheux froid. Selon ces mêmes études, les matériaux contenus dans les dépôts de coulées pyroclastiques étaient semblables à ceux émis par les éruptions vulcaniennes sur Terre. C’est du moins ce qu’avait révélé l’observation de certains dépôts du Cratère Alphonsus qui montraient des volumes plus importants au niveau des bouches éruptives qu’au niveau des dépôts pyroclastiques, avec une faible proportion de matériaux juvéniles dans ces derniers.
Une étude récente conduite par des chercheurs de l’Arizona State University (ASU) a tenté de mieux comprendre les mécanismes éruptifs lunaires en déterminant comment la proportion de matériaux juvéniles, calculée à partir des volumes au niveau des dépôts pyroclastiques et ceux au niveau des bouches éruptives, varie dans les dépôts pyroclastiques du Cratère Alphonsus et ailleurs sur la Lune. Les scientifiques expliquent qu’il y a en fait plus de diversité qu’on le pensait jusqu’à présent dans la source des produits éruptifs sur la Lune. On savait que des volcans émetteurs de coulées pyroclastiques avaient existé au début de la Lune, mais on ne savait pas quelle était la taille de ces volcans, ni quelle quantité de magma ils avaient émis.
Les chercheurs de l’Arizona ont pu fournir une étude détaillée de 23 des volcans émetteurs de coulées pyroclastiques, situés sur 11 sites différents de la Lune, en utilisant des images haute résolution recueillies grâce à la Lunar Reconnaissance Orbiter Camera (LROC). Ils ont pu déterminer l’histoire des éruptions, comment les matériaux volcaniques s’étaient répandus, et estimer le volume de magma et de gaz émis. A partir des échantillons de matériaux pyroclastiques rapportés par les astronautes des missions Apollo, les scientifiques ont pu constater que leur source magmatique provenait du manteau profond.
Alors que des études antérieures avaient conclu que les volcans lunaires avaient essentiellement rejeté le substrat rocheux froid émis par l’intermédiaire des gaz piégés à l’intérieur, des images stéréo du LROC ont permis à l’équipe scientifique de l’ASU d’analyser le volume de matériaux déposé autour des volcans. Les chercheurs ont soustrait le volume de matériaux émis par la bouche éruptive et ont estimé la quantité de magma juvénile émis

L’analyse spectroscopique de ces dépôts a indiqué qu’il y avait beaucoup plus de diversité qu’on ne le pensait auparavant dans l’origine des produits éruptifs sur la Lune. Les chercheurs ont en particulier observé une vaste gamme de matériaux juvéniles.

En outre, il ressort des modélisations que les dépôts lunaires les plus fréquemment observés dans cette étude ont été formés par du magma contenant 2000-5000 ppm de volatils dissous, ce qui est conforme aux estimations récentes via l’analyse d’inclusions, mais contraire aux hypothèses précédentes selon lesquelles la Lune était largement dégazée lors de sa formation.
Certains dépôts pyroclastiques analysés par les chercheurs de l’ASU montrent un volume significatif et correspondent à des événements éruptifs violents et potentiellement de longue durée. Ils sont comparables ou plus volumineux que ceux émis durant l’éruption cataclysmique du Mont Pinatubo (Philippines) en 1991. En outre, la majeure partie du magma émis par ces volcans a probablement atteint environ 1 600 m de hauteur, et même parfois près de 8 000 m.
Dans la conclusion de l’étude, les scientifiques expliquent que l’histoire géologique de la Lune est intimement liée à celle de la Terre, et des études comme celle-ci  nous aident à comprendre l’histoire de notre propre planète.
L’ensemble de l’étude se trouve avec cette référence:

« On the eruptive origins of lunar localized pyroclastic deposits » – Keske, A. L. – Earth and Planetary Science Letters – https://doi.org/10.1016/j.epsl.2020.116426.

Source: The Watchers.

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Most studies dealing with the origins of the Moon have concluded that lunar volcanoes had exploded primarily cold bedrock. They hypothesized that pyroclastic flow deposits represent products of a lunar equivalent of Vulcanian-style eruptions, based in part on the observation that some of the deposits in Alphonsus Crater have large vent volumes in comparison with their deposit volumes, indicating a low proportion of juvenile material in the deposits.

A recent study by researchers from Arizona State University (ASU) tried to better understand eruption mechanisms by determining how the proportion of juvenile material, as calculated using deposit and vent volumes, varies among pyroclastic flow deposits in Alphonsus Crater and elsewhere on the Moon. The scientists explain that there is actually more diversity in the source of explosive products on the Moon. Pyroclastic volcanoes are known to have existed on the early Moon, but it was unknown how big the volcanoes were or how much magma was erupted.

The Arizona reseaechers were able to produce a detailed survey of 23 of the Moon’s pyroclastic volcanoes from 11 various sites using high-resolution images gathered from the Lunar Reconnaissance Orbiter Camera (LROC). They could determine the history of eruptions, how the volcanic material was dispersed, and estimated the volume of emitted magma and gases. Samples of pyroclastic materials were returned by Apollo astronauts and it was found that their source magmas originated from deep within the mantle.

While past studies concluded that lunar volcanoes had mostly erupted cold bedrock emitted by trapped gases, stereo images from LROC allowed the team to look at the volume of the deposited material around the volcanoes. The researchers subtracted the volume of material spewed by the vent and estimated the amount of fresh magmatic material emitted.

Spectroscopic analysis of these deposits indicated there was much more diversity in the origin of the explosive products on the moon analysed by the authors of the study than had been previously thought. They observed a wide range of juvenile proportions, many of which are more juvenile-rich than previously thought.

Furthermore, dynamic model results suggest that the most widespread lunar deposits in this study were formed by magma containing 2000–5000 ppm of dissolved volatiles, consistent with recent estimates via melt inclusion analysis, but contrary to long-held ideas that the Moon was largely degassed during its formation.

Some of the deposits analyzed by the ASU researchers are significantly large in volume and represent violent and potentially long-lived explosive events. They are comparable to, or larger in volume, than the cataclysmic 1991 eruption of Mount Pinatubo (Philippines). Besides, most of the magma from these volcanoes probably rose up to about 1 600 m high, with some of the largest reaching up to almost 8 000 m.

In the conclusion of the study, the scientists say that the Moon’s geologic history is intertwined with Earth’s, and studies like this help us understand the history of our own planet.

The whole study can be found with this reference :

« On the eruptive origins of lunar localized pyroclastic deposits » – Keske, A. L. – Earth and Planetary Science Letters – https://doi.org/10.1016/j.epsl.2020.116426.

Source: The Watchers.

Le Cratère Alphonsus vu par le Lunar Reconnaissance Orbiter (Source: NASA)

Vers un froid solaire? // Toward a solar cold?

Dans une nouvelle étude publiée récemment dans la revue Temperature, une chercheuse russe démontre que le Soleil est entré dans le Grand Minimum Solaire de l’ère moderne (2020-2053) qui conduira à une réduction significative du champ magnétique et de l’activité solaires – comme pendant le Minimum de Maunder – et donc à une réduction notable de la température sur Terre.
Le Soleil est la principale source d’énergie pour toutes les planètes du système solaire. Cette énergie atteint la Terre sous forme de rayonnement solaire à différentes longueurs d’onde, appelée Irradiance Solaire Totale (TSI pour Total Solar Irradiance). Les variations de l’irradiance solaire entraînent un réchauffement de la haute atmosphère planétaire  et des processus complexes de transport de l’énergie solaire vers une surface planétaire.
Dans son étude, la scientifique démontre que les progrès récents réalisés dans la compréhension du rôle du champ magnétique de fond solaire dans la définition de l’activité solaire et dans la quantification des magnitudes du champ magnétique à différents moments ont permis une prévision fiable de l’activité solaire sur une échelle de temps d’un millénaire.
Cette approche a révélé la présence non seulement de cycles solaires de 11 ans, mais aussi de grands cycles solaires d’une durée de 350 à 400 ans. Ces grands cycles se forment par les interférences de deux ondes magnétiques de fréquences proches mais non égales produites par la double action de la dynamo solaire à différentes profondeurs à l’intérieur du Soleil. Ces grands cycles sont toujours séparés par de grands minima solaires – comme le Minimum de Maunder – qui se sont régulièrement produits dans le passé, formant les minima bien connus de Maunder, Wolf, Oort et Homeric, par exemple.
Au cours de ces grands minima solaires, il y a une réduction significative du champ magnétique solaire et de l’irradiance solaire, ce qui génère une réduction des températures sur Terre.
Le Grand Minimum Solaire le plus récent s’est produit pendant le Minimum de Maunder qui a duré 65 ans, de 1645 à 1710. Pendant cette période, les températures ont plongé dans une grande partie de l’hémisphère nord. Cela s’est probablement produit parce que l’irradiance solaire totale a été réduite de 0,22%, ce qui a entraîné une diminution de 1,0 à 1,5 ° C de la température terrestre moyenne, principalement en Europe dans l’hémisphère nord. Cette diminution apparemment faible de la température moyenne dans l’hémisphère nord a provoqué le gel des rivières, de longs hivers froids et des étés froids.
Au cours du Grand Minimum Solaire à venir – il a commencé en 2020 et devrait durer jusqu’en 2053 – il faut s’attendre à une réduction de la température terrestre moyenne jusqu’à 1,0°C, en particulier, pendant les périodes de minima solaires entre les cycles 25-26 et 26-27, c’est à dire dans la décennie 2031-2043.
La baisse de la température terrestre au cours des 30 prochaines années peut avoir des conséquences importantes sur la croissance de la végétation, l’agriculture, les approvisionnements alimentaires et les besoins de chauffage dans les hémisphères nord et sud. Ce refroidissement global pendant le prochain grand minimum solaire (2020–2053) est susceptible de compenser les effets du réchauffement climatique pendant trois décennies et exigerait des efforts intergouvernementaux pour s’attaquer aux problèmes qui affecteraient la population de la Terre.
Référence de l’étude :
« Modern Grand Solar Minimum will lead to terrestrial cooling » – Valentina Zharkova (2020) – Temperature – DOI : 10.1080/23328940.2020.1796243 – OPEN ACCESS

Annoncé également par la NASA, le Grand Minimum Solaire est bel et bien une réalité scientifique. L’agence américaine précise que le prochain cycle du soleil, le cycle 25, pourrait voir le plus faible nombre de taches depuis 200 ans.

La diminution de l’activité solaire pourrait-elle générer un refroidissement de l’atmosphère? Plusieurs éléments semblent aller dans ce sens. Les précédents refroidissements, c’est à dire les minima de Maunder et de Dalton,  eurent lieu en même temps qu’une diminution forte des taches solaires, donc de l’activité de notre étoile.

Les météorologues restent toutefois très prudents quant à la baisse des températures annoncée. Ils expliquent que ce n’est pas une preuve formelle mais un indice remarquable. Il se peut qu’un refroidissement se produise sur plusieurs décennies, mais la question est de savoir s’il parviendra à compenser l’accélération du réchauffement climatique actuel.

Source: The Watchers, NASA.

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In a new study published recently in the journal Temperature, a Russian researcher demonstrates that the Sun has entered into the modern Grand Solar Minimum (2020 – 2053) that will lead to a significant reduction of the solar magnetic field and activity like during Maunder minimum leading to a noticeable reduction of terrestrial temperature.

The Sun is the main source of energy for all planets of the solar system. This energy is delivered to Earth in a form of solar radiation in different wavelengths, called total solar irradiance. Variations of solar irradiance lead to heating of upper planetary atmosphere and complex processes of solar energy transport toward a planetary surface.

In her study, the scientist demonstrates that recent progress with the understanding of the role of solar background magnetic field in defining solar activity and with quantifying the observed magnitudes of the magnetic field at different times enabled reliable long-term prediction of solar activity on a millennium timescale.

This approach revealed the presence of not only 11-year solar cycles but also of grand solar cycles with a duration of 350 – 400 years. These grand cycles are formed by the interferences of two magnetic waves with close but not equal frequencies produced by the double solar dynamo action at different depths of the solar interior. These grand cycles are always separated by grand solar minima of Maunder minimum type, which regularly occurred in the past forming well-known Maunder, Wolf, Oort, Homeric, and other grand minima.

During these grand solar minima, there is a significant reduction of the solar magnetic field and solar irradiance, which impose the reduction of terrestrial temperatures.

The most recent grand solar minimum occurred during the Maunder Minimum which lasted 65 years, from 1645 to 1710. During this period, the temperatures across much of the northern hemisphere plunged. This likely occurred because the total solar irradiance was reduced by 0.22% that led to a decrease of the average terrestrial temperature measured mainly in the northern hemisphere in Europe by 1.0 – 1.5 °C. This seemingly small decrease in the average temperature in the northern hemisphere led to frozen rivers, cold long winters, and cold summers.

During the next grand minimum – it began in 2020 and will probably last until 2053 – one would expect to see a reduction of the average terrestrial temperature by up to 1.0 °C, especially, during the periods of solar minima between the cycles 25 – 26 and 26 – 27, e.g. in the decade 2031 – 2043.

The reduction of a terrestrial temperature during the next 30 years can have important implications for different parts of the planet on growing vegetation, agriculture, food supplies, and heating needs in both northern and southern hemispheres. This global cooling during the upcoming grand solar minimum (2020–2053) can offset for three decades any signs of global warming and would require inter-government efforts to tackle problems that would affect the whole population of the Earth.

Reference of the study:

« Modern Grand Solar Minimum will lead to terrestrial cooling » – Valentina Zharkova (2020) – Temperature – DOI: 10.1080/23328940.2020.1796243 – OPEN ACCESS

Also announced by NASA, the Great Solar Minimum is indeed a scientific reality. The US Agency says the Sun’s next cycle, Cycle 25, may see the lowest number of spots in 200 years.
Could the decrease in solar activity cause the atmosphere to cool? Several elements seem to point in this direction. The previous coolings, e.g the Maunder and Dalton minima, took place at the same time as a strong decrease in sunspots, and therefore in the activity of our star.
However, meteorologists remain very cautious about the announced drop in temperatures. They explain that this is not formal proof but a remarkable clue. Cooling may occur over several decades, but the question is whether it will offset the acceleration of current global warming. :

Source: The Watchers, NASA.

400 années de taches solaires, avec le célèbre Minimum de Maunder (Source: Wikipedia)