L’année 2022 encore trop chaude // 2022 was still too hot

En ce début d’année 2023, les agences climatiques ont dressé un bilan des températures sur l’ensemble de la Terre pour 2022. Sans surprise, elles restent supérieures à la normale, même si des variations peuvent exister selon les régions. Ce qui est le plus inquiétant, comme le font remarquer les différentes agences, c’est que ces températures élevées se sont produites alors que la Terre se trouvait à l’intérieur d’un épisode de refroidissement La Niña qui est en voie d’atténuation. Avec le retour probable d’El Niño dans le courant de l’année 2023, le réchauffement climatique risque fort de prendre une tournure beaucoup plus sévère.

Selon les archives ERA5, avec +0,494°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, l’année 2022 est la 5ème plus chaude de l’histoire. Par rapport à la nouvelle période de référence 1991-2020 utilisée par ERA5, l’anomalie est de 0,30°C. Des records de chaleur ont été battus dans plusieurs pays à travers le globe, notamment en Europe.

Comme en 2021, l’ampleur du réchauffement climatique a été freinée par les conditions La Niña dans le Pacifique oriental.

L’année 2022 a été plus chaude que certaines années El Niño comme 2010. Si on remonte encore dans le temps, on constate que 2022 est nettement au-dessus de 1983 et de 1998, années pourtant marquées par deux des trois plus gros événements El Niño jamais observés. La tendance de fond est à un réchauffement de 0,192°C par décennie depuis 1980 et 0,238°C par décennie sur les vingt dernières années.

[NDLR : La Niña est prévue neutre début 2023, avec ensuite un retour probable à les conditions El Niño que l’on peut raisonnablement redouter au vu de ce qui vient d’être écrit.]

L’année 2022 s’est terminée avec un mois de décembre affichant une anomalie de +0,47°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, ce qui en fait le 7ème mois de décembre le plus chaud des annales ERA5.

Les huit années les plus chaudes des archives ERA5 sont toutes des années post-2015. C’est d’autant plus remarquable que l’on se trouvait dans des conditions La Niña depuis 2015 (hivers 2016-2017, 2017-2018, 2020-2021, 2021-2022, 2022-2023).

Les pays d’Europe de l’Ouest ont connu des températures record en 2022. Des records de chaleur ont été battus en France, au Royaume-Uni, en Irlande, en Allemagne, en Espagne, en Suisse et en Italie. En France, l’année écoulée se solde par un record de température moyenne avec 14,51°C, nettement devant le précédent maximum de 14,07°C en 2020.

Source : global-climat.

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Selon la NOAA, l’année 2022 a été la sixième année la plus chaude depuis le début des relevés à l’échelle de la planète en 1880, avec 0,86°C au-dessus de la moyenne du 20ème siècle qui est de 13,9°C.
Parmi les 143 années d’archives de la NOAA, les 10 plus chaudes se situent toutes depuis 2010. Les neuf dernières années (2014-2022) sont les neuf plus chaudes jamais enregistrées.
La NOAA fait elle aussi remarquer que, comme en 2021, l’année 2022 a commencé par un épisode de refroidissement La Niña qui a persisté tout au long de l’année. Bien que les deux dernières années (2021 et 2022) ne se classent pas parmi les cinq années les plus chaudes jamais enregistrées, la température annuelle de la Terre a augmenté à raison de 0,08°C par décennie depuis 1880 et plus du double (0,18°C) depuis 1981.
La température de surface de l’hémisphère Nord en 2022 a, elle aussi, été la sixième plus chaude jamais enregistrée, avec +1,10 °C au-dessus de la moyenne du 20ème siècle.
Dans le même temps, l’hémisphère sud a connu sa septième année la plus chaude de tous les temps avec une température supérieure de 0,61 °C à la moyenne du 20ème siècle.
L’année 2022 a été marquée par des températures bien supérieures à la moyenne dans une grande partie du globe, avec des températures annuelles record dans certaines parties de l’Europe, du sud de l’Asie, du nord et du sud-ouest de l’océan Pacifique, de l’Atlantique et du sud-est du Pacifique. Dans le même temps, les températures plus basses que la moyenne se sont limitées au centre et à l’est de l’océan Pacifique tropical, ce qui correspond à l’épisode La Niña qui a persisté tout au long de l’année.
Source : NOAA.

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At the start of 2023, climate agencies have released temperature reports on the whole of the Earth for the past year. Unsurprisingly, they remain higher than normal, even if variations may exist depending on the region. What is most concerning, as the various agencies point out, is that these high temperatures occurred while the Earth was inside a La Niña cooling episode that is becoming neutral. With the likely return of El Niño in the course of 2023, global warming will probably take a much more severe turn.

According to the ERA5 archives, with +0.494°C above the 1981-2010 average, the year 2022 was the 5th hottest in history. Compared to the new reference period 1991-2020 used by ERA5, the anomaly is 0.30°C. Heat records have been broken in several countries across the globe, particularly in Europe.
As in 2021, the magnitude of global warming was curbed by La Niña conditions in the eastern Pacific.
The year 2022 was warmer than some El Niño years such as 2010. If we go back further in time, we see that 2022 was clearly above 1983 and 1998, years that were nevertheless marked by two of the three largest El Niño events Niño ever observed. The underlying trend is for a warming of 0.192°C per decade since 1980 and 0.238°C per decade over the last twenty years.
[Editor’s note: La Niña is forecast to be neutral in early 2023, with then a likely return to El Niño conditions that we can reasonably fear in view of what has just been written.]
The year 2022 ended with a month of December showing an anomaly of +0.47°C above the 1981-2010 average, making it the 7th hottest month of December in the ERA5 archives.
The eight hottest years in the ERA5 archive are all post-2015 years. This is all the more remarkable as they had been in La Niña conditions since 2015 (winter 2016-2017, 2017-2018, 2020-2021, 2021-2022, 2022-2023).
Western European countries experienced record temperatures in 2022. Heat records were broken in France, the United Kingdom, Ireland, Germany, Spain, Switzerland and Italy. In France, the past year ended with an average temperature record of 14.51°C, well ahead of the previous maximum of 14.07°C in 2020.
Source: global-climat.

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According to NOAA, the year 2022 was the sixth warmest year since global records began in 1880 at 0.86°C above the 20th century average of 13.9°C.

The 10 warmest years in the NOAA 143-year record have all occurred since 2010, with the last nine years (2014–2022) ranking as the nine warmest years on record.

Similar to 2021, the year 2022 began with a cold La Niña episode that persisted throughout the year. Despite the last two years (2021 and 2022) not ranking among the five warmest years on record, the global annual temperature increased at an average rate of 0.08°C per decade since 1880 and over twice that rate (0.18°C) since 1981.

The 2022 Northern Hemisphere surface temperature was also the sixth highest on record at +1.10°C above the 20th century average.

Meanwhile, the Southern Hemisphere had its seventh-warmest year on record, with a temperature that was 0.61°C above the 20th century average.

The year was characterized by much-warmer-than-average temperatures across much of the globe, with record-high annual temperatures across parts of Europe, southern Asia, the North and southwestern Pacific Ocean, the Atlantic, and southeastern Pacific oceans. Meanwhile, cooler-than-average temperatures were limited to the central and eastern tropical Pacific Ocean, consistent with the episode of La Niña that persisted throughout the year.

Source : NOAA.

Evolution des températures terrestres et océaniques (Source: NOAA)

Pompéi : réouverture au public de la Maison des Vettii // Pompeii : the House of Vettii again open to the public

Lors de ma dernière visite de Pompéi en avril 2022, je fus quelque peu déçu car la Maison des Vettii – Domus Vettiorum en latin – l’un des joyaux du site, était en cours de restauration et fermée au public. Mise au jour lors de fouilles archéologiques à la fin du19ème siècle, la domus a été fermée en 2002 pour des travaux de restauration urgents, notamment l’étayage de la toiture. Après une réouverture partielle en 2016, la maison a été de nouveau fermée en 2020 pour la dernière phase des travaux qui comprenait la restauration des fresques, du sol et des colonnades.
J’avais visité la Maison des Vettii dans les années 1990 et j’aurais aimé la revoir car j’avais été impressionné par sa richesse et sa beauté. Comme l’a dit le directeur de Pompéi, « la Maison des Vetti est un condensé de l’histoire de Pompéi, mais aussi de la société romaine dans une maison ».
Le 10 janvier 2023, la Maison a été officiellement inaugurée après 20 ans de restauration.
Cette maison cossue appartenait vraisemblablement à deux anciens esclaves devenus riches grâce au commerce du vin. Les Vetti étaient deux hommes – Aulus Vettius Conviva et Aulus Vettius Restitutus. En plus d’avoir une partie de leurs noms en commun, ils partageaient un passé, non pas en tant que descendants de familles romaines nobles habituées à l’opulence, mais en tant qu’esclaves devenus libres. C’est pourquoi leur maison offre aux visiteurs un témoignage exceptionnel de la vie domestique dans la cité romaine qui fut détruite par l’éruption du Vésuve en octobre 79 après JC. Les fresques qui ont été restaurées montrent la dernière mode en matière de décoration murale à Pompéi avant la catastrophe.
L’ouverture au public de la maison restaurée est un autre signe de la renaissance du site de Pompéi, qui est resté à l’abandon pendant des décennies de négligence bureaucratique, d’inondations et de pillages par des voleurs à la recherche d’artefacts à vendre. Grâce aux fonds européens et à une politique culturelle bien meilleure en Italie, Pompéi révèle régulièrement de nouveaux trésors exceptionnels.
À la Maison des Vettii, des travaux de restauration antérieurs, effectués avec l’application répétée de paraffine sur les murs décorés de fresques dans l’espoir de les préserver, les ont rendus presque méconnaissables avec le temps, car des couches très épaisses et opaques se sont formées, rendant difficile la lecture des fresques. Cependant, la cire a permis de les conserver remarquablement.
L’une des parties les plus remarquables de la Maison des Vetti est la salle à manger, connue sous le nom de Salle de Penthée. Une fresque représente Hercule enfant écrasant deux serpents, dans une illustration d’un épisode de la vie du héros grec. Selon la mythologie, Héra, la déesse épouse de Zeus, avait envoyé des serpents pour tuer Hercule parce qu’elle était furieuse qu’il soit né de l’union de Zeus avec une femme mortelle, Alcmène. Les propriétaires de la maison ont évidemment essayé de montrer leur nouveau statut à travers la culture et les peintures mythologiques grecques. C’était comme pour dire : « Nous avons réussi et nous faisons donc partie de l’élite du monde romain. » On remarquera aussi les bains et les tables en marbre qui entourent le jardin.
Source : CBS News Colorado.

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When I last visited Pompeii in April 2022, I was a bit disappointed because the House of Vettii – Domus Vettiorum in Latin – one of the jewels of the site, was being restored and closed to the public. First unearthed during archaeological excavations in the late 19th century, the domus was closed in 2002 for urgent restoration work, including shoring up roofing. After a partial reopening in 2016, it was closed again in 2020 for the final phase of the work, which included restoration of the frescoes and of the floor and colonnades.

I had visited the House in the 1990s and I would have liked to see it again as I had been impressed by its wealth and beauty. As Pompeii’s director put it, « the House of the Vetti is like the history of Pompeii and actually of Roman society within one house, »

On January 10th, 2023, the House was formally unveiled after 20 years of restoration.

The opulent house likely belonged to two former slaves who became rich through the wine trade. The Vettis were two men – Aulus Vettius Conviva and Aulus Vettius Restitutus. In addition to having part of their names in common, they shared a common past – not as descendants of noble Roman families accustomed to opulence, but rather as once enslaved men who were later freed. This is why their house offers visitors an exceptional testimony of domestic life in the Roman city that was destroyed by the eruption of Mt Vesuvius in October 79 AD. Given fresh life were frescoes from the latest fashion in Pompeii wall decoration before the disaster
The unveiling of the restored home is another sign of the rebirth of Pompeii, which followed decades of modern bureaucratic neglect, flooding and pillaging by thieves in search of artifacts to sell. Thanks to European funds and a much improved cultural policy in Italy, Pompeii is revealing frequent new and exceptional treasures.
At the House of Vettii, previous restoration work, which involved repeated application of paraffin over the frescoed walls in hopes of preserving them, resulted in them becoming very blurred over time, because very thick and opaque layers formed, making it difficult to read the frescoes. However, the wax served to preserve them remarkably.
One of the most remarkable parts of the House is the dining room, known as the Hall of Pentheus. A fresco depicts Hercules as a child, crushing two snakes, in an illustration of an episode from the Greek hero’s life. According to mythology, Hera, the goddess wife of Zeus, sent snakes to kill Hercules because she was furious that he was born from the union of Zeus with a mortal woman, Alcmena. The owners of the House evidently tried to show their new status also through culture and through Greek mythological paintings. It was like saying : ‘We’ve made it and so we are part of the elite of the Roman world.’ Ornamental marble baths and tables surround the garden.
Source : CBS News Colorado.

Photos: C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

L’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (archipel des Tonga) en janvier 2022 a été un événement exceptionnel qui ne cesse de surprendre les scientifiques. Il ne se passe guère une semaine sans qu’apparaisse un nouveau record. L’éruption a envoyé des ondes de choc dans le monde entier. Elle a déclenché des vagues de tsunami de grande ampleur et envoyé une énorme quantité de vapeur d’eau dans la stratosphère.
Un nouveau rapport scientifique nous informe que l’éruption a également déclenché plus de 25 500 éclairs en seulement cinq minutes et près de 400 000 en six heures. La moitié de tous les éclairs observés dans monde était concentrée autour du volcan au plus fort de l’éruption. Selon le rapport, l’éruption cataclysmique du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai a pulvérisé tous les records.
Source : CNN.

Source: NASA

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Dans ma précédente note sur l’activité volcanique dans le monde, j’indiquais que la sismicité sur le Marapi (Sumatra / Indonésie) avait augmenté du 25 au 26 décembre 2022. Des panaches blancs diffus s’élevaient jusqu’à 100 m au-dessus du sommet du volcan. Le niveau d’alerte était maintenu à 2 (sur une échelle de 1 à 4).
Nous apprenons aujourd’hui que le Marapi est entré en éruption vers 23h00 (UTC) le 6 janvier 2023, avec une épaisse colonne de cendres qui s’élevait à environ 300 m au-dessus du sommet. Le 8 janvier, 164 randonneurs ont été évacués de la zone du volcan. La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange. Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 2 (WASPADA) depuis le 3 août 2011. La dernière éruption du Marapi a eu lieu du 28 avril au 2 mai 2018, avec un VEI 2.
Source : VSI, médias d’information indonésiens.

 

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L’éruption du Kilauea (Hawaii) se poursuit à partir des bouches situés dans la partie centre-est du plancher du cratère de l’Halema’uma’u. L’activité reste concentrée dans la moitié Est du cratère et dans le bassin de la moitié ouest, là où se trouvait le petit lac de lave en 2021-2022. Une webcam donne des images en direct du lac de lave à cette adresse : https://www.youtube.com/usgs/live.
Aucune activité particulière n’est observée le long de la zone de rift est ou de la zone de rift sud-ouest. De faibles déformations du sol et un peu de sismicité sont enregistrées le long des deux zones.
Source : HVO.

 

Capture d’écran de la webcam en direct.

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L’éruption effusive de l’Etna (Sicile) se poursuit. La lave s’écoule tranquillement depuis sa source à la base NE du Cratère Sud-Est depuis le 27 novembre 2022. Les coulées se dirigent ensuite vers la Valle del Leone. Le 7 janvier 2023, le front de coulée se trouvait à 2170 m d’altitude et le champ de lave couvrait une superficie de 0,63 km2.

Source : INGV.

Capture image webcam

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On a observé une activité explosive et effusive sur le Stromboli (Sicile) au début du mois de janvier 2023 au niveau de quatre bouches dans la zone cratèrique Nord, dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco, et sur une bouche dans la zone cratèrique Centre-Sud. Les explosions étaient d’intensité variable et éjectaient des matériaux de 80 à 150 m de hauteur, à raison de 3 à 10 explosions par heure.
Le 2 janvier, la lave a débordé des bouches éruptives dans la zone Nord, après une intrnse période de spattering. La lave a coulé le long de la Sciara del Fuoco, en empruntant probablement le chenal qui s’était formé en octobre 2022. La coulée a été bien alimentée pendant quelques heures, mais l’écoulement a ensuite ralenti et s’est arrêté. La même activité s’est reproduite le 4 janvier, avec un nouveau débordement de lave.
Source : INGV.

Image caméra thermique INGV

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À partir de juillet 2022, le réseau sismique du Kawah Ijen (Indonésie) a détecté un nombre croissant de séismes volcaniques peu profonds, ce qui indiquait une augmentation de la pression dans le système hydrothermal. Cette sismicité a de nouveau augmenté le 1er janvier 2023. La température de l’eau du lac est passée de 16°C en décembre 2022 à 45,6°C le 5 janvier 2023. Lors d’une visite sur le terrain, les scientifiques ont indiqué que la couleur de l’eau était vert clair. . Des panaches blancs denses s’élevaient des bouches sur les berges du lac, avec une forte odeur de soufre. Le niveau d’alerte a été porté à 2 (sur une échelle de 1 à 4) le 7 janvier. Il est conseillé à la population locale, aux visiteurs et aux mineurs de ne pas s’approcher du cratère à moins de 1,5 km.
Source : CVGHM.

Photo: C. Grandpey

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L’éruption du Semeru (Indonésie) continue. Le panache de vapeur et de cendres s’élève généralement à 200 – 500 m au-dessus du sommet. Une image de webcam publiée sur les réseaux sociaux le 8 janvier 2023 montrait une coulée de lave incandescente s’étirant sur 500 m depuis cratère sommital sur le flanc SE. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4). Le public est invité à rester à au moins 5 km du sommet et à l’écart des ravines sur les flancs du Semeru, en raison des risques de lahar, d’avalanche et de coulée pyroclastique.
Source : CVGHM.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Mont Young, anciennement Mount Cerberus, du Semisopochnoi (Aléoutiennes / Alaska). De petites émissions de vapeur apparaissent quotidiennement sur les images de la webcam. Une activité explosive de faible intensité est observée sur le volcan. La couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange et le niveau d’alerte volcanique est maintenu à Watch (Vigilance).
Source : AVO.

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L’AVO a abaissé le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne pour le Cleveland (Aléoutiennes / Alaska) suite à une réduction de l’activité volcanique au cours des derniers mois. La dernière activité éruptive a été une épisode explosif de courte durée dans la soirée du 1er juin 2020 et les émissions de SO2 ont été détectés pour la dernière fois le 29 juillet 2022.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

J’ai dressé un bilan de l’année volcanique 2022. Vous le trouverez en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/bilan-dactivite-volcanique-2022/

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity around the world.

The Hunga Tonga-Hunga Ha’apai eruption (Tonga archipelago) in January 2022 was an exceptional event and is a constant surprise to scientists. There is hardly a week without some new record. The eruption sent shockwaves around the world. Not only did it trigger widespread tsunami waves, but it also belched an enormous amount of water vapor into the Earth’s stratosphere.

A new scientific report informs us that the eruption set off more than 25,500 lightning events in just five minutes. Over the course of just six hours, the volcano triggered nearly 400,000 lightning events. Half of all the lightning in the world was concentrated around this volcano at the eruption’s peak. According to the report, the cataclysmic eruption shattered all records.

Source : CNN.

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In my previous post about volcanic activity in the world, I indicated that seismicity at Marapi (Sumatra / Indonesia) had increased during 25-26 December 2022. Diffuse white plumes were rising as high as 100 m above the summit. The Alert Level remained at 2 (on a scale of 1-4).

We now learn that Marapi started erupting at around 23:00 (UTC) on January 6th, 2023, with a thick ash column rising about 300 m above the summit. On January 8th, 164 climbers were evacuated from the area surrounding the volcano. The Aviation Color Code was raised to Orange. The Alert Level has been kept at 2 (WASPADA) since August 3rd, 2011. The last eruption at Marapi took place from April 28th to May 2nd, 2018 (VEI 2).

Source : VSI, Indonesian news media.

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The eruption of Kilauea (Hawaii) continues from vents on the central eastern portion of Halemaʻumaʻu crater floor. Activity is concentrated in the eastern half of the crater and within the basin in the western half of the crater that was the focus of activity in 2021–2022. A live-stream video of the lava lake is available at: https://www.youtube.com/usgs/live.

No unusual activity has been noted along the East Rift Zone or Southwest Rift Zone. Low rates of ground deformation and seismicity continue along both.

Source : HVO.

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The effusive eruption of Mt Etna (Sicily) continues. Lava has been flowing quietly from its source at the NE base of the Southeast Crater since November 27th, 2022. The flows then head towards the Valle del Leone. On January 7th, 2023, the flow front was at an altitude of 2170 m and the lava field covered an area of 0.63 km2.

Source : INGV.

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Both explosive and effusive activity at Stromboli (Sicily) occurred early in January 2023 at four vents in Area N, within the upper part of the Sciara del Fuoco, and at one vent in the South-Central Crater area. The explosions were variable in intensity and ejected material 80-150 m at a rate of 3-10 explosions per hour.
On January 2nd, lava overflowed vents in the N area, after a period of intense spattering. It flowed down the Sciara del Fuoco, likely channeled in the ravine that had formed in October. The flow was well-fed for a couple of hours but then effusion slowed or stopped. The same activity occurred again, with a lava overflow, on January 4th.

Source : INGV.

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Beginning in July 2022 the seismic network at Kawah Ijen (Indonesia) began detecting increasing numbers of shallow volcanic earthquakes indicating increasing pressure at shallow depths within the hydrothermal system. This seismicity again increased on January1st, 2023. The temperature of the crater lake water rose from 16°C in December 2022 to 45.6°C on January 5th 2023. During a field visit, scientists noted that the color of the lake water was light green. Dense white plumes were rising from vents, and the sulfur odor was strong. The Alert Level was raised to 2 (on a scale of 1-4) on January 7th. Residents, visitors, and miners are advised to not approach the crater within 1.5 km.

Source : CVGHM.

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The eruption of Semeru (Indonesia) continues. Steam and ash plume usually rise 200-500 m above the summit. A webcam image posted on social media on January 8th, 2023 showed an incandescent lava flow extending 500 m from the summit crater on the SE flank. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4). The public is asked to stay at least 5 km away from the summit, and away from drainages originating on Semeru, due to lahar, avalanche, and pyroclastic flow hazards.

Source : CVGHM.

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Eruptive activity at Semisopochnoi’s Mount Young, formerly Mount Cerberus (Aleutians / Alaska) continues. Daily minor steam emissions are visible in webcam images. Low-level explosive activity is observed on the volcano. The Aviation Color Code remains at Orange and the Volcano Alert Level remains at Watch.

Source : AVO.

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AVO has lowered both the Volcano Alert Level and the Aviation Color Code for Cleveland (Aleutians / Alaska) due to reduced volcanic activity in the past months.The last eruptive activity was a short-lived explosion on the evening of June 1st 2020, and SO2 emissions were last detected on July 29th, 2022.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

You will find a report of volcanic activity in 2022 by clicking on this link :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/volcanic-activity-report-2022/

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Ours polaires en difficulté dans le nord canadien // Polar bears in trouble in Canada’s north

Selon une nouvelle étude publiée par le gouvernement canadien, les ours polaires de l’ouest de la baie d’Hudson, au sud de l’Arctique, continuent de mourir en grand nombre. Les femelles et les oursons vivent une période particulièrement difficile.

(Photo: C. Grandpey)

Les chercheurs ont effectué leur étude en 2021, par voie aérienne, dans la partie ouest de la baie d’Hudson où se trouve Churchill, baptisée « la capitale mondiale de l’ours polaire. » Ils ont compté 618 ours en 2021, contre 842 en 2016, lors du précédent comptage. La baisse est beaucoup plus importante que prévu.
Les auteurs de l’étude expliquent que depuis les années 1980, le nombre d’ours dans la région a chuté de près de 50 %. La glace indispensable à leur survie est en train de disparaître.
Les ours polaires dépendent de la glace de mer arctique – l’eau de mer gelée – qui rétrécit en été avec des températures plus chaudes et se reforme pendant l’hiver. Ils l’utilisent pour chasser, se poster près des trous creusés dans la glace par les phoques, leur nourriture préférée, qui viennent respirer. Mais comme l’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde en raison du réchauffement climatique, la débâcle se produit plus tôt dans l’année et la glace prend plus de temps pour se reformer à l’automne. Il reste donc moins de glace et moins de temps aux ours polaires de l’Arctique pour chasser et se reproduire.

(Photo: C. Grandpey)

Les chercheurs disent que le nombre de décès chez les jeunes ours et les femelles dans l’ouest de la baie d’Hudson est alarmant. Les oursons ont besoin d’énergie pour grandir et ne peuvent pas survivre longtemps si la nourriture est insuffisante. De leur côté, les femelles souffrent parce qu’elles dépensent beaucoup d’énergie pour nourrir et élever leur progéniture. Les auteurs de l’étude insistent sur le fait que la capacité de reproduction des ours polaires à l’ouest de la baie d’Hudson diminuera parce qu’il y aura moins de jeunes ours qui réussissent à survivre et à devenir adultes.
Source : médias d’information canadiens.

À la recherche de nourriture sur terre, les ours polaires peuvent rencontrer des grizzlis, notamment dans le nord de l’Alaska où ils viennent se nourrir de carcasses de baleines. L’accouplement a lieu entre les deux espèces d’ours, donnant naissance à ce que l’on a appelé les « ours pizzly. »  C’est à lire dans cette note:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/01/22/quand-grizzlis-et-ours-polaires-se-rencontrent-when-grizzlies-and-polar-bears-go-together/

Ours « pizzly » (Source: France Info)

Ayant moins de temps et d’espace pour chasser les phoques dont ils dépendent pour leur survie, les ours polaires ont découvert une nouvelle option alimentaire : les oies des neiges. Les ours débarquent au beau milieu de l’espace de reproduction estivale des oies des neiges avant que les œufs soient éclos et que les oisillons aient pris leur envol. Avec 75 000 couples d’oies sur la péninsule du Cap Churchill, il y a abondance de nourriture pour les ours.
Depuis les années 2000, il est clair que la banquise fond plus tôt et en été les ours blancs arrivent souvent à temps pour récolter les oeufs d’un grand nombre d’oies et autres oiseaux.
Des caméras installées autour de la Baie de La Pérouse depuis plusieurs années afin d’observer les nids ont pris les ours la main dans le sac, ou plutôt dans le nid. Les images montrent que les grues, les loups, les aigles et les renards participent également au festin.
Les ours polaires se goinfrent. Un seul ours peut manger jusqu’à 1200 oeufs en quatre jours. Une couvée de quatre œufs est censée représenter 825 calories, soit l’équivalent d’un demi Big Mac ! Trois cents nids de quatre œufs correspondent en théorie à 247 500 calories, soit environ 10 pour cent des besoins alimentaires annuels d’un ours.
Source : Alaska Dispatch News.

Oies polaires (Photo; C. Grandpey)

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According to a new study released by the Canadian government, polar bears in Canada’s Western Hudson Bay, on the southern edge of the Arctic , are continuing to die in high numbers. Females and cubs are having an especially hard time.

Researchers surveyed Western Hudson Bay, home to Churchill, the town called ‘the Polar Bear Capital of the World,’ by air in 2021 and estimated there were 618 bears, compared to the 842 in 2016, when they were last surveyed. The decline is a lot larger than expected.

The authors of the study explain that since the 1980s, the number of bears in the region has fallen by nearly 50%. The ice essential to their survival is disappearing.

Polar bears rely on arctic sea ice – frozen ocean water – that shrinks in the summer with warmer temperatures and forms again in the long winter. They use it to hunt, perching near holes in the thick ice to spot seals, their favorite food, coming up for air. But as the Arctic has warmed twice as fast as the rest of the world because of global warming, sea ice is cracking earlier in the year and taking longer to freeze in autumn. That has left many polar bears that live across the Arctic with less ice on which to live, hunt and reproduce.

Researchers say the concentration of deaths in young bears and females in Western Hudson Bay is alarming. Young bears need energy to grow and cannot survive long periods without enough food and female bears struggle because they expend so much energy nursing and rearing offspring. The authors of the study insis that the capacity for polar bears in the Western Hudson Bay to reproduce will diminish because there will be fewer young bears that survive and become adults.

Source : Canadian news media.

Looking for food on land, polar bears may encounter grizzlies ,especially in northern Alaska where they come to feed on the carcasses of whales. Mating occurs between the two species of bears, giving birth to what has been called « pizzly bears ». You will find more details in this post :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/01/22/quand-grizzlis-et-ours-polaires-se-rencontrent-when-grizzlies-and-polar-bears-go-together/

Because they have less time and less ice for hunting seals, polar bears have discovered a new menu option. They eat snow geese. They arrive in the midst of a large snow goose summer breeding ground before the geese have hatched and fledged. And with 75,000 pairs of snow geese on the Cape Churchill Peninsula, there is an abundant new supply of food for the bears.

After the year 2000, it was clear that the sea ice was melting earlier and the polar bears were often coming on shore in time to harvest the eggs from vast numbers of geese and other birds.

Cameras set up around La Perouse Bay for several years to observe goose nests caught the bears in the act of eating the eggs and the birds. The images show that cranes, wolves, eagles and foxes are eating them as well. Polar bears are gluttons. A single bear may eat as many as 1,200 eggs in four days. A clutch of four eggs would amount to 825 calories, the equivalent of 1 1/2 Big Macs. Three hundred four-egg clutches would be 247,500 calories, or about 10 percent of a bear’s yearly nutritional needs.

Source : Alaska Dispatch News.