Découverte exceptionnelle à Pompéi // An exceptional discovery at Pompeii

Avec l’arrivée de financements dignes de ce nom et le renforcement de la sécurité du site, les fouilles et la préservation de Pompéi, ensevelie sous la cendre du Vésuve en l’an 79 se déroulent aujourd’hui dans de bonnes conditions. Elles ont permis de faire des découvertes très intéressantes, voire exceptionnelles.

C’est ainsi que des restes humains momifiés viennent d’être mis au jour par des archéologues de l’Université européenne de Valence.dans une sépulture située au cœur de la nécropole romaine de Porta Nocera, à l’est de Pompéi. Le crâne avait des cheveux et une oreille était encore visible. On a donc affaire à une chambre funéraire parfaitement hermétique qui a créé des conditions de conservation exceptionnelles.

Les ossements sont probablement ceux de Marcus Venerius Secundio, comme le montre une plaque commémorative sur le fronton de la tombe. Marcus Venerius Secundio était un ancien esclave qui donnait des représentations en langue hellénique. Selon le directeur du parc archéologique de Pompéi, on a ici la première preuve certaine de performances en langue hellénique à Pompéi. Le fait que des spectacles aient été organisés en grec est la confirmation d’un climat culturel diversifié dans l’antique Pompéi.

Il est maintenant nécessaire de savoir si la momification partielle du défunt est due à un traitement intentionnel ou non. On sait que certaines matières telles que l’amiante étaient utilisées pour l’embaumement. Les ossements ont été transportés au laboratoire de recherche du site de Pompéi pour des analyses et des traitements spécifiques.

Pour le moment, le site funéraire n’est pas accessible aux visiteurs mais une étude de faisabilité a été lancée pour l’inclure dans le parcours des visites.

Source : Presse internationale.

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With adequate funding and the improvement of the site’s security, the excavations and preservation of Pompeii, buried under the ash of Vesuvius in 79 A.D., are taking place today in good conditions. They made it possible to make very interesting, even exceptional discoveries.
Mummified human remains have just been unearthed by archaeologists from the European University of Valencia in a tomb located in the heart of the Roman necropolis of Porta Nocera, east of Pompeii. The skull had hair and an ear was still visible. The remains were in a perfectly hermetic burial chamber which created exceptional conservation conditions.
The bones are probably those of Marcus Venerius Secundio, as shown on a commemorative plaque on the pediment of the tomb. Marcus Venerius Secundio was a former slave who gave performances in Hellenic language. According to the director of the archaeological park of Pompeii, this is the first certain evidence of performances in the Hellenic language at Pompeii. The fact that shows were organized in Greek is confirmation of a diverse cultural climate in ancient Pompeii.
It is now necessary to know whether the partial mummification of the deceased was due to intentional treatment or not. We know that certain materials such as asbestos were used for embalming. The bones were transported to the Pompeii site research laboratory for specific analyzes and treatments.
For the moment, the funeral site is not accessible to visitors but a feasibility study has been launched to include it in the visitation route.
Source: International press.

Source: Parc archéologique de Pompéi

Belle découverte à proximité de Pompéi // Nice discovery close to Pompeii

Les archéologues ont fait une découverte exceptionnelle en mettant au jour un char d’apparat romain dans une villa juste à l’extérieur de Pompéi. Le véhicule, doté de quatre roues, est presque parfaitement conservé. Constitué de fer, bronze et étain, il a été découvert  près des écuries d’une ancienne villa à Civita Giuliana, à environ 700 mètres au nord des murs d’enceinte de Pompéi. Le char est le premier du genre découvert dans la région qui avait, jusqu’à présent, livré des véhicules fonctionnels utilisés pour le transport et le travail, mais pas pour les cérémonies.

Source : Presse internationale.

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Archaeologists have unearthed a unique ancient-Roman ceremonial carriage from a villa just outside Pompeii. The almost perfectly preserved four-wheeled carriage made of iron, bronze and tin was found near the stables of an ancient villa at Civita Giuliana, around 700 metres north of the walls of ancient Pompeii. The carriage was the first of its kind discovered in the area, which had so far yielded functional vehicles used for transport and work, but not for ceremonies.

Source : International news media.

Source : Parc Archéologique de Pompéi

Le beau thermopolium de Pompéi // Pompeii’s nice thermopolium

Pompéi n’en finit pas de révéler ses secrets. L’éruption du Vésuve en 79 a permis de préserver la richesse du monde romain pendant des milliers d’années. Pompéi et sa voisine, Herculanum, ont révélé des fresques, des corps humains et même les restes d’un cheval.

Dans une note publiée le 31 mars 2019, j’expliquais que des archéologues avaient découvert un thermopolium, établissement de restauration rapide, dans les ruines de Pompéi. Il se trouve à l’angle du Vicolo delle Nozze d’Argento et du Vicolo dei Balconi. Quelque quatre-vingts édifices du même genre ont déjà été découverts à Pompéi dans le passé.

Dans le thermopolium, les fresques colorées du comptoir ont survécu près de 2000 ans sous les cendres volcaniques et la pierre ponce. Le comptoir est orné de deux très belles peintures bien conservées. L’une représente une néréide assise sur un cheval, tandis que l’autre représente un ouvrier dans l’environnement d’un thermopolium. D’autres fresques aux couleurs vives représentent des animaux qui faisaient partie des ingrédients de la nourriture vendue, comme un poulet et deux canards suspendus par les pattes.

Plusieurs amphores découvertes près du comptoir ressemblent à celles représentées dans la fresque. Il y avait aussi un bol en bronze décoré, connu sous le nom de patera, des pots en céramique utilisés pour la cuisson des ragoûts et des soupes, et des flacons de vin.

J’ai illustré ma note du mois de mars avec plusieurs photos proposées par le Parc archéologique de Pompéi. Lors de sa découverte, les archéologues pensaient que l’établissement avait pu servir de la nourriture chaude.

Depuis la découverte en mars 2019, les archéologues ont mis au jour des objets très intéressants. En particulier, ils ont trouvé des traces d’aliments vieux de près de 2000 ans dans certaines amphores que le commerçant avait placées sous le comptoir percé d’orifices circulaires. Des traces de porc, de poisson, d’escargots et de bœuf ont été retrouvées dans les récipients. Ils témoignent de la grande variété d’ingrédients utilisés pour préparer les plats.

Les archéologues ont également fait apparaître une inscription : “NICIA CINAEDE CACATOR”. Il se peut qu’elle ait un caractère homophobe, mais cela reste à prouver.

Source: Parco Archaeologico di Pompei.

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Pompeii keeps revealing its secrets.The eruption of Mount Vesuvius in 79 helped to preserve the wealth of the Roman world for thousands of years. Pompeii and its neighbour, Herculaneum, have revealed frescoes, human bodies and even the remains of a horse.

In a post released on March 31st, 2019, I explained that archaeologists had discovered a thermopolium, an ancient snack bar, in the ruins of Pompeii. The bar is located at the intersection of Vicolo delle Nozze d’Argento and Vicolo dei Balconi. Some eighty thermopolia have already been discovered at Pompeii in the past.

In the thermopolium, the counter’s colourful frescoes have survived nearly 2,000 years under volcanic ash and pumice.  The counter is adorned with two very nice and well preserved paintings. One features a nereid seated on a horse, while the other depicts a worker in a snack bar–type environment. Other brightly coloured frescoes depict animals that were part of the ingredients in the food sold, such as a chicken and two ducks hanging upside down.

Several amphorae discovered close to the counter are very similar to those depicted in the fresco.  There was also a decorated bronze drinking bowl known as a patera, ceramic jars used for cooking stews and soups, and wine flasks.

I illustrated my March post with several images provided by the Archaeological Park of Pompeii. When it was first discovered,archaeologists thought the commercial space might once have served hot food.

Since the discovery in March 2019, archaeologists have made more researched and unearthed very interesting items. In particular, they have found traces of nearly 2,000-year-old food in some of the deep terra cotta jars  which the shop keeper lowered into the counter with circular holes. Traces of pork, fish, snails and beef were found in the containers. They are a testimony to the great variety of animal products used to prepare dishes.

The archaeologists also revealed an inscription: “NICIA CINAEDE CACATOR”. It may be homophobic in nature, but that remains to be proved.

Source: Parco Archaeologico di Pompei.

Source : Parc archéologique de Pompéi

Les secrets d’Herculanum (Italie)

Détruite en octobre 79 par l’éruption du Vésuve, la ville romaine d’Herculanum est moins connue et moins visitée que Pompéi. Située à 6 km du volcan, elle ne couvrait qu’une douzaine d’hectares et hébergeait 4000 habitants. Le site a été découvert par hasard au 18ème siècle par un paysan qui creusait un puits. C’est à cette époque que les fouilles ont débuté.

Herculanum et ses nombreuses fresques très élaborées est mieux conservée que Pompéi, comme le montre fort bien le documentaire intitulé « Les secrets enfouis d’Herculanum », récemment diffusé par la chaîne de télévision France 5.

Lors de l’éruption, le Vésuve a émis une colonne de cendre d’environ 34 km de hauteur que les vents ont d’abord dirigée vers Pompéi. L’effondrement de la colonne éruptive a ensuite déclenché des nuées ardentes d’une température estimée à 500°C qui ont envahi Herculanum. Ce phénomène éruptif est confirmé par le bois carbonisé retrouvé dans les habitations qui sont en meilleur état qu’à Pompéi. Ainsi, plusieurs maisons ont conservé leurs étages. On a découvert des meubles comme des lits et même un berceau avec le bébé à l’intérieur. Des figues, l’une des spécialités agricoles d’Herculanum, ont également été recueillies par les archéologues. .

Une couche de cendre a recouvert les dépôts pyroclastiques. Les strates visibles dans la couche de matériaux volcaniques d’une vingtaine de mètres d’épaisseur montrent que la ville d’Herculanum a été enfouie au cours de plusieurs phases éruptives.

Le documentaire est particulièrement intéressant car il nous montre la structure sociale de la ville qui était beaucoup plus riche et puissante que Pompéi. C’est à Herculanum que vivait l’élite de la société romaine, avec ses nobles et ses personnes fortunées, comme le montre l’architecture des maisons. La plus fascinante est sans aucun doute la Villa dei Papiri où les archéologues ont découvert, comme son nom l’indique, une extraordinaire collection de papyrus.

La maison de très grande taille appartenait au beau-père de Jules César. Elle était particulièrement luxueuse. La présence d’un collection de quelque 1500 papyrus – tous n’ont peut-être pas été découverts – révèle un haut niveau d’éducation à une époque où peu de gens savaient lire. Ecrits en grec, ce sont des extraits de philosophie épicurienne. C’est en utilisant l’imagerie multispectrale mise au point par la NASA, avec plusieurs longueurs d’onde infrarouge, que le contenu des papyrus a pu être déchiffré. La tâche est particulièrement difficile car les lettres à l’encre noire ressortent à peine sur leur support carbonisé.

NB : voir ma note du 30 mars 2016 consacrée à la Villa dei Papiri : https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/03/30/les-papyrus-dherculanum-livrent-leurs-secrets-suite-scrolls-of-herculaneum-are-telling-their-secrets-continued/

La partie du documentaire consacrée aux 300 squelettes découverts à Herculanum est passionnante. Les scientifiques expliquent pourquoi autant d’habitants se sont regroupés dans 79 hangars à bateaux. Il ne faut pas oublier que la ville ne se trouvait pas à 500 mètres à l’intérieur des terres comme aujourd’hui.

Juste avant l’éruption du Vésuve, la terre a tremblé fortement à Herculanum, comme cela s’était déjà produit en l’an 62. Les gens s’étaient réfugiés sous les arcades des hangars pour se mettre à l’abri des effondrements. Ils ne s’attendaient pas à l’éruption du Vésuve qui, pour eux, n’était pas autre chose qu’une montagne.

L’analyse des boîtes crâniennes montre que la mort de ces personnes a été immédiate. Leur crâne a carrément explosé par ébullition du cerveau. Ils ont été tués par la chaleur extrême de la nuée ardente.

La position des corps à Herculanum est très différente de celle révélée par les moulages de Pompéi. Selon les scientifiques, la position des corps à Pompéi s’explique par un « réflexe post mortem », avec une contraction des muscles après la mort.

De plus, contrairement à Pompéi, les os des squelettes d’Herculanum ont permis une identification par l’ADN. Les chercheurs ont pu se rendre compte qu’il y avait des regroupements familiaux. Les gens ont voulu se regrouper pour fuir, mais ils ont été littéralement incinérés.

Autre point important : l’analyse des squelettes révèle la structure de la société romaine à Herculanum, en particulier la présence d’esclaves dont certains étaient affranchis. Ils appartenaient à des maîtres très riches pouvant en posséder parfois une vingtaine. Beaucoup de ces esclaves étaient originaires du Moyen Orient, suite aux conquêtes de l’Empire Romain.

Il se pourrait que les 300 squelettes découverts à Herculanum soient les restes des seules victimes de l’éruption du Vésuve. Les scientifiques pensent que la grande majorité de la population a réussi à s’enfuir. Beaucoup d’habitants auraient élu domicile à Naples et surtout à Cumes, à une trentaine de kilomètres à l’ouest d’Herculanum.

Cette hypothèse devra toutefois être confirmée avec la suite des fouilles car seulement le quart de la ville romaine a été extrait de la cendre du Vésuve.

Le documentaire (accessible en rediffusion jusqu’au 26 décembre 2020) donne vraiment envie d’aller visiter Herculanum, Stabies et Pompéi, sans oublier le Musée archéologique de Naples qui est un complément indispensable à ces visites.

 Vue de la Villa dei Papiri (Crédit photo : Wikipedia)