L’orque et le manchot // The killer whale and the penguin

Voici une histoire comme je les aime. Elle a pour cadre l’Antarctique , et plus précisément le détroit de Gerlache, un étroit bras de mer qui sépare l’archipel de Palmer de la Péninsule antarctique. Plusieurs groupes de touristes naviguaient à bord de zodiacs pour observer les icebergs et la faune de la région. L’un des touristes filmait un groupe d’orques en train de chasser des manchots.

C’est alors qu’un manchot papou est apparu, essayant d’échapper à la poursuite acharnée des épaulards. Tout le monde dans les embarcations était persuadé que les orques gagneraient facilement la course et avaleraient le manchot, mais ce dernier avait plus d’un tour dans son sac. Il a échappé à une mort certaine en sautant à bord d’un zodiac! Heureusement, l’orque n’a pas eu la même idée! Sur la vidéo, on voit que le manchot a l’air remarquablement calme et pas perturbé par cette situation insolite. Au bout d’un certain temps, une fois que les bateaux se sont éloignés des orques, le passager clandestin a plongé dans l’eau et retrouvé son élément naturel. Voici une vidéo de la scène:

https://youtu.be/Ljx-czk4B80

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Here is one of the stories I am fond of. This one took place in Antarctica’s Gerlache Strait, a channel separating the Palmer Archipelago from the Antarctic Peninsula. Several groups of tourists were cruising onboard zodiacs, looking for icebergs and the fauna in the region. One of the tourists was filming a pod of killer whales chasing penguins through the water.

And then, a gentoo penguin appeared, swimming away from the orcas’ dogged pursuit. Everyone thought the orcas would easily win the race and eat the penguin, but the bird was a smart one. He saved its life by jumping on board a zodiac! Fortunately, the killer whale did not try to do the same! The penguin looked remarkably calm and undisturbed in the boat. After the boats cruised away from the orcas for a short time, the stowaway hopped back out into the water.

Here is a video of the scene:

https://youtu.be/Ljx-czk4B80

Crédit photo : Wikipedia

Icebergs

On parle beaucoup d’icebergs en ce moment, suite au récent vêlage de deux mastodontes en Antarctique. France 3 Limousin m’a demandé de donner quelques explications le 8 mars au cours du 12-13, mais le temps qui m’était imparti ne m’a pas permis de dire grand-chose. Voici donc quelques informations supplémentaires.

Il faut tout d’abord rappeler que la production – ou vêlage – d’icebergs n’est pas un fait nouveau. Depuis la nuit des temps, des milliers de blocs de glace quittent la banquise ou se détachent de glaciers venant finir leur course dans un lac ou dans la mer.

92% du volume d’un iceberg est situé sous la surface de l’eau. Ainsi, un grand iceberg tabulaire dépassant de 35 à 40 m au-dessus de la surface de l’océan a une partie immergée pouvant descendre jusqu’à plus de 300 m de profondeur.

La flottabilité de l’iceberg s’explique par la célèbre poussée d’Archimède, un principe que beaucoup d’entre nous ont appris par cœur sur les bancs de l’école : « Tout corps plongé dans un fluide subit une force verticale, dirigée de bas en haut et opposée au poids du volume de fluide déplacé. ». La pression étant plus forte sur la partie inférieure d’un objet immergé que sur sa partie supérieure, il en résulte une poussée globalement verticale orientée vers le haut.

Les icebergs sont classés en fonction de leur taille et de la forme de leur partie visible. Ils peuvent être tabulaires, trapus, biseautés, etc. Lors des grandes compétitions comme le Vendée Globe qui transitent par les mers du sud, les navigateurs redoutent les growlers, petits icebergs difficilement décelables par les radars et qui peuvent causer de gros dégâts aux bateaux. C’est pour cela qu’il y a interdiction de naviguer en dessous d’une certaine latitude.

Les icebergs arborent souvent des couleurs magnifiques qui vont du blanc au bleu profond. Certains présentent des zébrures de teinte foncée correspondant à des formations géologiques comme d’anciennes couches de cendre volcanique ou des inclusions de moraines.

L’approche du front des glaciers, là où se produisent des vêlages d’icebergs, doit se faire avec grande prudence, surtout si l’on se trouve à bord d’une embarcation légère comme un kayak. Certains effondrements déclenchent de très grosses vagues capables de renverser un bateau qui se serait approché trop près.

Les icebergs présentent un réel danger pour la navigation comme l’a montré le naufrage du Titanic, intervenu lors de la collision avec un iceberg le 14 avril 1912. Dans les années qui ont suivi, plusieurs organismes ont été créés pour l’étude et la surveillance des icebergs dans les deux hémisphères.

Les icebergs sont identifiables par leurs noms. La première lettre fait référence à leur région d’origine. Ainsi, un iceberg dont première lettre est A provient du 1er quadrant entre 0° et 90° de longitude ouest (mer de Bellingshausen et mer de Weddell). Le nombre qui suit la lettre est son classement dans l’ordre de vêlage. Par exemple, l’iceberg B-15, issu de la plateforme glaciaire de Ross, est le quinzième iceberg suivi par le National Ice Center qui contrôle la région. Par la suite, lorsqu’un iceberg géant se fragmente, chaque fragment est affecté du code de l’iceberg d’origine, suivi d’une lettre. Ainsi, l’A-68a (iceberg d’origine) a accouché de petits ayant pour appellation A-68 b, c, d, e, etc.

Certains icebergs sont de véritables géants. Le B-15 que je viens de mentionner avait une superficie de 11 000 km2 quand il s’est détaché de la plateforme de Ross en 2000. Il mesurait 295 km de long sur 37 km de large.

Quand l’A-68 s’est détache de la plateforme Larsen C le long de la Péninsule Antarctique en juillet 2017, il avait une superficie de 5800 km2, avec une longueur de 175 km et une largeur de 50 km.

Le dernier gros iceberg – l’A-74 – s’est détaché de la plateforme antarctique de Brunt et est un peu moins volumineux que l’A-68. Il couvre quand même une surface de 1270 km2.

  Iceberg tabulaire (Crédit photo : Wikipedia)

Les icebergs ont parfois de superbes couleurs (Photo : C. Grandpey)

Islande: folie sismique ! // Iceland : seismic madness !

Un séisme de magnitude M 5,0 a secoué la Péninsule de Reykjanes, le 12 mars 2021 à 7h43. Son épicentre était à 2,8 km au sud-sud-ouest de Fagradalsfjall, à une profondeur de 3,2 km. Il a été largement ressenti dans le sud-ouest de l’Islande et jusqu’à Borgarfjörður, dans l’ouest du pays. Il a été suivi d’un événement de magnitude M 4,1 à 8 h 48.

19 secousses d’une magnitude supérieure à M 3,0 ont été enregistrées dans la région depuis minuit, et leur source était au sud de Fagradalsfjall.

Les scientifiques surveillent la zone car, selon eux, il existe la possibilité d’une éruption, mais personne ne sait ce qui va se passer dans les prochains jours,ni même si une éruption aura lieu.

Source: Iceland Monitor.

Voici une vue de la sismicité intense sur la Péninsule de Reykjanes:

Source : IMO

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An earthquake with a magnitude M 5.0 hit the Reykjanes Peninsula, on March 12th, 2021 at 7:43 am. Its epicentre was 2.8 km south-southwest of Fagradalsfjall mountain, at a depth of 3.2 km. It was widely felt in Southwest Iceland and as far as Borgarfjörður, West Iceland.

It was followed by an event with a magnitude M 4.1 at 8:48.

19 earthquakes above M 3.0 have been recorded in the area since midnight, and the source of all of them was south of Fagradalsfjall mountain.

Scientists are closely monitoring the area for the possibility of an eruption but nobody knows what will happen next and whether an eruption will be observed.

Source: Iceland Monitor.

See above a view of the intense seismicity on the Reykjanes Peninsula:

Etna (Sicile) : en route pour le n°12 ! // New paroxysm !

7h30 (heure locale) :  Depuis 6h30 (heure locale), on observe à nouveau une hausse du tremor éruptif sur le volcan. L’INGV indique que l’activité strombolienne est en train de croître au niveau du Cratère SE, avec une colonne éruptive qui monte à 4000 m d’altitude. La webcam L.A.V.E. montrait déjà l’apparition d’une incandescence dans le cratère vers 3 heures du matin alors qu’une activité strombolienne était présente dans les autres cratères.

8 heures : Le tremor continue sa progression. La visibilité n’est pas très bonne ce matin. L’activité est forcément moins visible de jour. Les fontaines et coulées de lave sont moins spectaculaires.

Source : INGV

8h30 : Comme lors des paroxysmes précédents, la lave a débordé du Cratère SE et la coulée avance dans la Valle del Bove où le front de coulée se trouve à 2800 m d’altitude. .

9 heures : L’éruption bat son plein. Au vu du tremor, on ne devrait as être loin du point culminant. L’INGV indique que les fontaines atteignent 500 m de hauteur. Le font de coulée se trouve à 2600 m d’altitude. Le panache éruptif se dirige vers l’est, avec des pluies de cendres prévisibles dans les zones sous le vent.

A 9h30, la crise éruptive reste intense. Le panache éruptif atteint 8500 m d’altitude. Le front de coulée se situe à 2100 m au dessus du niveau de la mer.

10 heures : Le paroxysme se poursuit. Le tremor atteint des sommets et est en passe de battre son record d’intensité. Vue de loin, l’éruption est très spectaculaire. Front de coulée à 2000m d’altitude.

10h45 : Le tremor marque le pas. Il semble bien que ce 12ème paroxysme soit en train de toucher à sa fin. Même si la coulée reste active dans le Valle del Bove, les fontaines de lave ont disparu du Cratère SE.

En attendant le n°13 de la série…

Et un, et deux, et trois! Les trois derniers paroxysmes de l’Etna vus à travers le tremor volcanique :

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7:30 am (local time) : Since 6:30 am (local time), there is again an increase in the eruptive tremor. INGV indicates that Strombolian activity is increasing at the SE Crater, with an eruptive column rising to 4000 m above sea level. The L.A.V.E. webcam already showed an incandescence in the crater around 3 a.m. while Strombolian activity was present in the other craters.

8:00 am : The tremor keeps increasing. Visibility is not very good this morning. Activity with lava fountains and lava flows is much more dramatic at light.

8:30 am : Like during the previous paroxysms, a lava overflow is observed at the SE Crater with a lava flow travelling toward the Valle del Bove. The lava front is located 2800 m a.s.l.

9:00 am : The eruption is in full swing. Judging from the tremor, the climax should occur soon. INGV indicates that the lava fountains are 500 m high. The lava flow front is located 2600 m a.s.l. in the Valle del Bove. The eruptive plume is moving east, with likely ashfall in downwind areas.

9:30 am : The eruption is still intense. The eruptive plume rises 8500 m above sea level and the lava flow front is 2100 m a.s.l.

10:00 am : THe paroxysm continues. The tremor is about to break an intensity record. Seen from a distance, the eruption is very spectacular. Lava front at 2,000 m a.s.l.

10:45 am : It looks as if the tremor has started declining. This means this 12th paroxysm is about to come to an end. Even though lava is still flowing in the Valle del Bove, the lava fountains has stopped at the SE Crater.

Waiting for Number 13…!