Islande : La vallée des béliers castrés…. // Iceland : The valley of the wethers….

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une vidéo que je trouve très intéressante. Matthew Roby, doctorant à l’Université d’Islande à Reykjavik parle des volcans – ou plutôt de leur absence – dans les sagas islandaises.

https://youtu.be/kZxShsGf99I

Matthew raconte son histoire dans la Geldingadalur, là où se déroule l’éruption avec son spatter cone et ses coulées de lave. L’universitaire commence par expliquer l’origine de ce nom. De nombreux toponymes islandais se terminent par « dalur » qui signifie « vallée ». « Geldinga » désigne des béliers castrés. [A noter qu’en anglais «gelding» désigne également un hongre, autrement dit un cheval castré. En français, le mot mouton vient du terme celte multo qui désignait les béliers castrés, mais aujourd’hui le mot désigne indifféremment les ovins mâles et femelles]. Geldingadalur  est donc la vallée des béliers castrés. On trouve également dans la presse en ce moment le mot Geldongadalsgos qui signifie « Eruption dans la vallée des béliers castrés. »

La littérature médiévale islandaise ne fait pas vraiment référence aux splendides paysages, aux formations géologiques, ni même aux éruptions volcaniques. Aucune mention n’est faite des aurores boréales, ni des geysers comme celui de Geysir qui a donné son nom à ce phénomène géologique. De plus, les légendes et sagas ne font pas allusion à la longueur du jour ou de la nuit.

Les historiens expliquent cela par le fait que les paysages, les phénomènes géologiques et les éruptions faisaient partie de l’environnement quotidien des personnes qui vivaient à cette époque et ils n’éprouvaient pas le besoin d’en parler. Cela rejoint l’explication que m’a donnée un jour le généticien Axel Kahn qui se trouvait à côté de moi lors d’une séance de dédicaces d’ouvrages pendant un festival. Quand je lui ai demandé pourquoi les volcans n’apparaissaient jamais dans les grottes préhistoriques – pas plus que les paysages d’ailleurs –  il m’a expliqué que, selon lui, c’était parce que les volcans faisaient partie de la vie de tous les jours. Ce qui importait pour ces hommes et ses femmes, c’était la nourriture, d’où l’importance accordée aux animaux et la présence de nombreux bestiaires sur les parois des grottes.

Selon Matthew Roby, si les sagas et légendes médiévales ne mentionnent pas l’environnement, c’est aussi parce qu’elles se concentrent sur des histoires humaines, sur des relations et parfois des rivalités entre des personnes ou des communautés.

Malgré tout, deux sagas écrites aux 12ème et 13ème siècles parlent d’éruptions volcaniques ayant eu lieu sur la Péninsule de Reykjanes entre 1210 et 1240 car elles ont affecté la vie de la population. Ce sont ces légendes et leurs descriptions qui ont permis aux scientifiques de comprendre ce qui s’était passé sur la péninsule en ces temps lointains.

La première saga a pour cadre l’année 1226. On peut y lire que « le feu est entré en éruption au large de la côte de Reykjanes » avec des conséquences sur les pâturages. Une ferme a ainsi perdu une centaine de têtes de bétail.

L’autre saga se déroule en 1231 et sous-entend que les retombées de cendres volcaniques ont empêché l’herbe de pousser, ce qui a forcément eu des conséquences sur le bétail et, par voie de conséquence, sur l’alimentation de la population.

Certaines sagas écrites après la christianisation de l’Islande mentionnent elles aussi les volcans. Ce moment de l’histoire islandaise a été la cause de rivalités intenses entre Chrétiens et Païens dans la région de Thingvellir où avait été mis en place en 930 l’Althing, le premier parlement monocaméral islandais. Alors que cette situation conflictuelle était à son apogée, un messager venant du sud a déclaré qu’une éruption venait de se déclencher à une quarantaine de kilomètres de Thingvellir. Les Païens ont interprété cet événement comme la preuve de la colère des dieux à l’encontre des Chrétiens.

Une autre référence à la géologie apparaît lorsque l’un des missionnaires chrétiens parti convertir les Païens au christianisme tombe et périt dans une fracture qui s’ouvre sous les sabots de son cheval dans la région de Vik, au sud de l’Islande.

La dernière saga évoquée par l’universitaire se déroule au 14ème siècle. Deux hommes des West Fjords – un fermier et son domestique – se rendent un jour à l’église. En chemin, ils sont surpris par un orage et se réfugient dans une grotte. Bientôt, au fond de la grotte apparaissent deux yeux, comme ceux d’un monstre. Les hommes ne voient rien mais entendent une voix qui leur parle, sous la forme d’un poème, de ce qui semble correspondre à une éruption volcanique. Toutefois, toutes les traductions de ce poème ne sont pas d’accord quant à l’allusion à une éruption volcanique. Pourtant, la présence de feu, de braises et de cendres semble bien désigner la fureur d’un volcan.

Pendant ce temps, l’éruption continue dans la Geldingadalur. Etant du signe du Bélier, j’hésiterais avant de m’y engager…

Source: The Reykjavik Grapevine.

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By clicking on the link below you will watch a video which I find very interesting. Matthew Roby, a doctoral student at the University of Iceland in Reykjavik, talks about volcanoes – or rather their absence – in the Icelandic sagas.

https://youtu.be/kZxShsGf99I

 Matthew tells his story in Geldingadalur, where the eruption is taking place with its spatter cone and lava flows. The scholar begins by explaining the origin of this name. Many Icelandic toponyms end with « dalur » which means « valley ». « Geldinga » designates castrated rams or wethers. (Note that in English « gelding » also means a castrated horse). Geldingadalur is therefore the valley of the wethers. One also finds in the press at the moment the word Geldongadalsgos which means “Eruption in the valley of the wethers.”

Medieval Icelandic literature doesn’t really refer to the splendid landscapes, geological formations, or even volcanic eruptions. No mention is made of the Northern Lights, nor of geysers like the one in Geysir which gave its name to this geological phenomenon. In addition, legends and sagas do not allude to the length of day or night.

Historians explain this by the fact that landscapes, geological features and eruptions were part of the everyday environment of the people who lived by that time and they did not feel the need to talk about them. This ties in with the explanation given to me one day by geneticist Axel Kahn who was sitting next to me during a book signing session during a festival. When I asked him why volcanoes never appeared in prehistoric caves – nor landscapes for that matter – he explained to me that it was because volcanoes were part of everyone’s life. What mattered to these men and women was food, hence the importance given to animals and the presence of numerous bestiaries on the walls of the caves.

According to Matthew Roby, if medieval sagas and legends do not mention the environment, it is also because they focused on human stories, on relationships and sometimes rivalries between people or communities. Nevertheless, two sagas written in the 12th and 13th centuries refer to volcanic eruptions that took place on the Reykjanes Peninsula between 1210 and 1240 because they affected the lives of the population. It was these legends and their descriptions that helped scientists understand what happened on the peninsula in those distant times.

The first saga is set in the year 1226. One can read that « the fire has erupted off the coast of Reykjanes » with consequences on the pastures. A farm thus lost a hundred head of cattle.

The other saga took place in 1231 and suggests that ashfall prevented the grass from growing, which inevitably had consequences on the livestock and, consequently, on the food for the population.

Some sagas written after the Christianization of Iceland also mention volcanoes. This moment in Icelandic history was the cause of intense rivalry between Christians and Pagans in the Thingvellir region, where the Althing, Iceland’s first unicameral parliament, was established in 930. As this conflicting situation was at its height, a messenger from the south said an eruption had just started about 40 kilometers from Thingvellir. The Pagans interpreted this event as proof of the anger of the gods against Christians.

Another reference to geology comes when one of the Christian missionaries who went to convert Pagans to Christianity fell and perished in a fracture that opened under his horse’s hooves in the Vik region of southern Iceland.

The last saga mentioned by the scholar took place in the 14th century. Two men from the West Fjords – a farmer and his servant – went to church one day. On the way, they were surprised by a thunderstorm and tok refuge in a cave. Soon, deep in the cave, two eyes appear, like those of a monster. The men could see nothing but heard a voice speaking to them, in the form of a poem, of what appeared to be a volcanic eruption. However, not all translations of this poem agree with the allusion to a volcanic eruption. Yet the presence of fire, embers and ash seems to indicate the fury of a volcano.

Meanwhile, the eruption continues in the Valley of the Wethers….

Source: The Reykjavik Grapevine.

Lacs et légendes sur le Kilauea (Hawaii) // Lakes and legends on Kilauea Volcano (Hawaii)

Après la dernière éruption du Kilauea en 2018, un lac d’eau souterraine est apparu au fond du cratère de l’Halema’uma’u et a remplacé le lac de lave qui existait depuis plusieurs années. Le HVO explique qu’il s’agit du premier lac d’eau souterraine observé au fond du cratère depuis près de 200 ans. Afin d’en savoir plus sur de tels lacs dans l’histoire du volcan, le personnel du HVO s’est tourné vers les légendes hawaiiennes susceptibles de faire état d’un lac de cratère, et a essayé de comprendre si un tel lac était associé à des éruptions explosives.
L’existence d’un lac n’est pas mentionnée explicitement dans les légendes hawaiiennes, mais les Hawaiiens racontent des histoires où Pelehonuamea redoutait la noyade de ses épanchements de lave sur le Kilauea.

Dans l’une des légendes, Pele et sa sœur Namakaokaha’i, l’aînée d’une famille de nombreux frères et sœurs, étaient dotées de pouvoirs différents; Pele régnait sur les volcans et les éruptions alors que Namakaokaha’i régnait sur les mers et les plages.
Namaka, comme ses amis l’appelaient, détestait quand Pele répandait de la lave sur les plages et pénétrait dans l’océan. Pele n’appréciait pas non plus que Namaka essaie de retirer la lave des côtes. Elles se battaient fréquemment. Même aujourd’hui, on peut voir ces deux sœurs continuer à se battre au travers des explosions spectaculaires chaque fois que la lave pénètre dans l’océan.

Kamapua’a, la divinité porcine d’O’ahu, qui s’est rendue un jour sur le Kilauea pour courtiser Pele et la prendre pour épouse, est au centre d’une autre légende dans laquelle l’eau est présente. Pele a constamment rejeté les avances de Kamapua’a, l’insultant et essayant même de le tuer. L’empressement de Kamapua’a s’est transformé en colère et le porc a inondé d’eau le cratère de Pele, dans l’espoir d’y éteindre le feu du volcan. Heureusement, le frère de Pele avait caché les bâtons de feu et les a utilisés pour faire réapparaître la lave.

Certaines versions de cette légende décrivent Pelé en train de poursuivre Kamapua’a jusqu’à la mer sous la forme d’une coulée de lave ou d’une projection de roches incandescentes; d’autres récits font se terminer le conflit par un bref mariage.

Une légende plus connue est celle qui fait entrer Hi’iakaikapoliopele, la plus jeune sœur de Pele. Il s’agit d’une longue histoire en grande partie centrée sur le voyage de Hi’iaka entre le cratère du Kilauea et Kaua’i où elle avait l’intention de retrouver Lohi’au, l’amant de Pele et de le prendre pour époux. En chemin, Hi’iaka est devenue une femme puissante.
Le voyage a été long et Pelé craignait que Lohi’au lui soit infidèle. Elle avait raison de ressentir cette crainte. Quand Hi’iaka est arrivée au bord du cratère du Kilauea en compagnie de Lohi’au, son nouveau mari, Pele est entrée dans une colère noire et a ordonné à ses frères et sœurs de tuer Lohi’au en guise de punition. Hi’iaka s’est mise elle aussi en colère et elle a décidé de récupérer l’esprit de son époux pour le ramener à la vie ; Elle décida aussi de se venger et de détruire Pele en inondant le cratère du Kilauea avec de l’eau.
Hi’iaka est entrée sur le plancher du cratère et, ne trouvant pas l’esprit de son mari, elle a violemment frappé le sol du pied, faisant s’ouvrir la première couche du Kilauea. Elle regarda dans l’ouverture qui s’était formée et, ne voyant toujours pas son mari, elle frappa de nouveau le sol. Elle traversa plusieurs couches sans trouver l’esprit de Lohi’au. Les secousses produites par les piétinements répétés de Hi’iaka pour s’enfoncer à l’intérieur du cratère ressemblent étrangement à la forte activité sismique qui a accompagné l’effondrement de l’Halema’uma’u en 2018. Hi’iaka a finalement atteint la cinquième couche, celle qui retenait l’eau qui, si elle était libérée, inonderait le cratère et transformerait le Kilauea en un lac qui éteindrait à jamais le feu de Pelé. Au dernier moment, Hi’iaka a décidé de ne pas mettre à exécution son projet destructeur et elle s’est finalement réconciliée avec sa sœur.
Hi’iaka cherchait l’eau souterraine, la même que l’on peut voir aujourd’hui au fond de l’Halema’uma’u. Des études géophysiques au cours des 30 à 40 dernières années ont montré la présence d’une nappe phréatique à environ 600-800 mètres au-dessus du niveau de la mer, sous le plancher de la caldeira. Les scientifiques du HVO sont persuadés que le lac actuellement en formation est alimenté par cette eau souterraine qui revient à son ancien niveau après l’effondrement sommital de 2018.
Les géologues du HVO pensent que la légende de Hi’iaka et de Pele peut avoir été inspirée par un effondrement de la caldeira du Kilauea vers l’année 1500. Bien que dans la plupart des versions de ces légendes – que ce soit le déluge de Kamapua’a qui n’a pas provoqué d’explosions, ou la courroux d’Hi’iaka qui n’a jamais fait déferler d’eau souterraine – l’’étude géologique des dépôts de matériaux après l’effondrement de l’Halema’uma’u laisse supposer qu’il y a eu au moins une fois la présence intermittente d’un lac dans le cratère.

Ces légendes ne sont que quelques exemples de la richesse de la littérature hawaïenne sur Pelehonuamea et ses volcans. Parallèlement aux études géologiques, ces récits peuvent aider à mieux comprendre le paysage volcanique en constante évolution sur le Kilauea.
Source: USGS / HVO.

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After Kilauea’s last eruption in 2018, a groundwater lake appeared at the bottom of Halema’uma’u Crater and replaced the lava lake that existed for several years. HVO explains it is the first lake of groundwater observed on the crater floor in nearly 200 years. In order to know more about similar lakes in the volcano’s history, HVO staff looked to Hawaiian chants for mention of a crater lake and tried to understand whether it was associated with explosive eruptions.

A lake is not mentioned explicitly in Hawaiian legends, but Hawaiians did tell a few stories where Pelehonuamea faced the threat of water drowning her volcanic fires at Kilauea.

In one of the legends, Pele and her older sister Namakaokaha’i, the eldest in a family of many siblings, were imbued with different powers; Pele reigned over volcanoes and eruptions wheras Namakaokaha’i ruled the seas and beaches.

Namaka, as her friends used to call her, hated when Pele spread lava over beaches and intruded land into the ocean. Pele did not appreciate either Namaka trying to remove lava from the coasts. They fought frequently. Even today, we can see these two sisters continuing to fight with spectacular explosive displays each time lava enters the ocean.

Another Pele story involving water features Kamapua’a, the pig deity from O’ahu, who travelled to Kilauea to woo Pele and take her for his wife. Pele persistently spurned his advances, insulting him and even trying to kill him. Kamapua’a’s infatuation turned into anger, and the pig-man flooded Pele’s crater with water to put out her volcanic fires.

Fortunately, Pele’s brother hid her firesticks and used them to reignite the volcanic flames. Some versions of this story describe Pele chasing Kamapua’a to the sea as either a lava flow or ejected hot rocks; other versions resolve the conflict in a brief marriage.

A better-known story is the saga of Hi’iakaikapoliopele, Pele’s youngest sister. It’s a long story mostly focused on Hi’iaka’s journey from Kilauea Crater to Kaua’i to retrieve Pele’s lover, Lohi’au. Along the way, Hi’iaka developed into a powerful woman.

The journey was long, and Pele became suspicious that Lohi’au was being unfaithful to her.

When Hi’iaka arrived at the Kilauea Crater rim with her new husband, Lohi’au, Pele was incensed and ordered her siblings to kill him as punishment. This enraged Hi’iaka and she decided to retrieve Lohi’au’s spirit to revive him, and to seek revenge and destroy Pele by flooding Kilauea Crater with water.

Hi’iaka jumped down to the crater floor, and not finding the spirit of her husband, stomped her feet and the first layer of Kilauea cracked open. She looked down, but still not seeing her husband, she stomped again. She continued stomping through several layers without finding her husband’s spirit. The described effects of Hi’iaka repeatedly stomping to get deeper beneath the crater floor are eerily like the continuous strong shaking of the 2018 collapse events. Hi’iaka finally got down to the fifth layer that was holding back water, which, if released, would rise and flood the crater, turning Kilauea into a lake and putting out Pele’s fires forever. At the last instant, Hi’iaka was dissuaded from her destructive task and reconciled with her sister.

Hi’iaka was seeking groundwater like that which can be seen in Halema’uma’u today. Geophysical studies over the past 30-40 years showed the presence of a water table, elevated about 600-800 m above sea level, beneath the caldera floor. HVO scientists hypothesize that the currently growing lake is an exposure of this groundwater returning to its former level following the 2018 summit collapse.

HVO geologists think this Hi’iaka story may have been inspired by an earlier Kilauea caldera collapse about 1500 CE. Although in most versions of the story Kamapua’a’s deluge did not result in explosions and Hi’iaka never unleashed subterranean water, geologic study of post-collapse explosive deposits suggests at least an intermittent presence of a lake.

These legends are but a few from the rich Hawaiian literature on Pelehonuamea and her volcanoes. Along with geologic studies, they can provide insight to understanding the ever-changing volcanic landscape of Kilauea.

Source: USGS / HVO.

Photos: C. Grandpey

Le célèbre orteil de Dawson City // The celebrated toe of Dawson City

J’adore les légendes issues de l’Arctique et l’histoire qui entoure l’orteil de Dawson City épouse l’esprit des histoires racontées par Jack London et qui ont bercé mon adolescence. Dawson City est une ville du Yukon canadien qui a connu son heure de gloire au moment de la Ruée vers l’Or du Klondike à la fin du 19ème siècle.

Dick Stevenson, l’inventeur du «Sourtoe Cocktail», un petit verre de whisky contenant un orteil humain momifié dans le bar du Downtown Hotel depuis des décennies, vient de mourir à l’âge de 89 ans.
Les gens se rendent au Downtown Hotel de Dawson City pour affronter le « Sourtoe cocktail » depuis 1973, année où Dick Stevenson a trouvé un orteil humain gelé dans un pot qui traînait dans la cabane qu’il venait d’acheter. Il a alors eu l’idée de proposer un breuvage contenant ledit orteil, convaincu que cela pourrait être un excellent moyen d’attirer les touristes. D’une certaine manière, il a eu raison. Depuis cette époque, on estime que plus de 100 000 personnes sont devenues membres du Sourtoe Cocktail Club.
Pour rejoindre le club, il n’est pas besoin d’avaler l’orteil, ni même de l’introduire dans la bouche, mais vous devez obéir à un règlement: « Vous pouvez boire rapidement ou lentement, mais vos lèvres doivent toucher le gros orteil. » Il s’agit bien d’un véritable orteil, momifié et de couleur quasiment noire. Vous aurez une amende de 500 dollars si vous avalez l’orteil et serez accusé de cannibalisme ! Le doigt de pied est conservé dans un pot de sel pour qu’il ne s’abîme pas. Il y a actuellement deux orteils en réserve pour remplacer ceux qui, à la longue, vont se décomposer et devenir des moignons inutilisables.

La fille de Dick Stevenson a déclaré que son père voulait faire don de ses deux gros orteils au Sourtoe Cocktail Club, demande immédiatement acceptée par le Downtown Hotel.
L’un des orteils en réserve a été offert par un concurrent de la Yukon Arctic Ultra, qui a dû être évacué de la course en février 2018. Il souffrait de gelures profondes. Il faisait si froid que ses cils étaient collés et que ses paupières ne pouvaient plus se fermer. Les médecins lui dirent qu’il faudrait l’amputer de trois de ses orteils. Une infirmière lui raconta qu’il existait peut-être une solution pour qu’il ne les perde pas complètement. Elle lui demanda s’il avait déjà entendu parler du Sourtoe Cocktail. L’homme pensait qu’il s’agissait un verre de whisky. « En quelque sorte », lui dit l’infirmière qui lui en expliqua le principe. Le coureur a immédiatement accepté de devenir l’ingrédient principal de l’une des boissons les plus originales et les plus repoussantes au monde. Ses orteils sont arrivés au bar par la poste quelques jours plus tard.
Un jour, le fameux orteil a été volé, mais il a vite été rendu à son propriétaire légitime, accompagné d’une lettre d’excuses. La police de Dawson City a rapidement localisé un suspect et essayé  le contacter, mais l’homme s’est rapidement rendu. Il a expliqué à la police qu’il avait placé l’orteil dans une enveloppe à l’adresse du Downtown Hotel. Le doigt de pied est arrivé en bon état et l’homme n’a pas été poursuivi en justice.
Source: Presse canadienne.

Voici une petite vidéo  illustrant parfaitement le sujet…

 https://youtu.be/0xqq0sCP5zw

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 I love legends from the Arctic and the toes of Dawson City in the Canadian Yukon marry the spirit of stories told by Jack London and rocked my teenage years.

We have just been told that Dick Stevenson, the inventor of the “Sourtoe Cocktail” that delighted and disgusted patrons at a hotel bar in the Yukon for decades, has died at the age of 89.

People have been venturing to Dawson City’s Downtown Hotel to throw back the Sourtoe Cocktail since 1973, when Dick Stevenson discovered a human toe in a pot in a cabin he had just bought. He then thought turning it into a drinking challenge might be a great way to draw tourists. Somehow, it was. Since then, it is estimated that more than 100,000 people have become members of the Sourtoe Cocktail Club. More than 10 toes have been donated to the cause.  .

To join the club, you don’t have to swallow the toe, or even put it in your mouth. But there is one rule: « You can drink it fast. You can drink it slow. But your lips must touch the gnarly toe. » The toe is mummified, dry and blackish-brown. The toe is real. So is the $500 fine for swallowing it. It is stored in a jar of salt for preservation.

Stevenson’s daughter said that her father wanted his toes preserved and donated to the Sourtoe Cocktail club, a wish the Downtown Hotel said it will honour.

One toe was donated by a competitor of the Yukon Arctic who had to be evacuated from the race by snowmobile in February 2018. He was suffering from deep frostbite. It was so cold that his eyes were frozen open, his eyelashes stuck together and his lids un-blinkable. The doctors soon informed him that three of his toes would have to go. But still, a nurse assured him, he didn’t really have to lose them, at least not completely. Had he ever heard of the Sourtoe Cocktail? she asked. The man thought it was a whiskey drink. Sort of, the nurse said and she explaines the principle of the Sourtoe Cocktail. The man readily accepted the chance to become the main ingredient of one of the world’s most famous drinking experiences. His toes arrived by mail at the bar the next days.

One day, the famous toe was stolen but soon returned to its rightful owner, accompanied by a letter of apology. Mounties in Dawson City quickly developed a suspect following the theft of the toe and made efforts to contact him. But the alleged suspect quickly reached out to the Mounties. He told them he’d « placed the toe in the mail, addressed to the Downtown Hotel. The toe was in good condition and the man was not sued. . »

Source : Canadian press..

Here is a short video that illustrates the topic :

https://youtu.be/0xqq0sCP5zw

Photos: C. Grandpey

Crédit photo: Downtown Hotel

Etna, terre de légendes (2ème partie)

Anapia et Anfinomo étaient deux jeunes paysans. La légende raconte que pendant qu’ils travaillaient leur terre près de l’Etna en compagnie de leurs parents âgés, ils furent surpris par une terrible éruption. La seule solution était de s’enfuir, mais les parents étant dans l’incapacité de courir. Ils les chargèrent sur leurs épaules, ce qui ralentit leur fuite désespérée. La lave les atteignit et c’est alors que le miracle se produisit:  la rivière de lave se sépara brusquement en deux parties, épargnant ainsi les frères et leurs parents. Il se dit que c’est la grande piété des jeunes hommes qui a provoqué la mansuétude divine. Les habitants de Catane, ayant appris le miracle, ont surnommé les deux garçons « Fratelli Pii. »

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Acis et Galatée étaient amoureux. Acis était un jeune berger de Sicile, fils du dieu Pan et de la nymphe Symaethis. Galatée était l’une des Néréides, de superbes nymphes marines.

Un jour, le berger et la jeune nymphe ont été vus par Polyphème qui était, lui aussi, amoureux de Galatée, mais disqualifié par ses traits monstrueux. Aveuglé par la jalousie, le cyclope décida de se venger. Dès que Galatée eut plongé dans la mer, Polyphème saisit un énorme bloc de lave et le précipita sur Alcis. Galatée, voyant des filets de sang sourdre sous le rocher, pria les dieux de le changer en un fleuve pour qu’il puisse rejoindre la mer. La petite rivière a été appelée « Akis » par les anciens grecs et, à Capo Molini (non loin de la mer), il y a une petite source appelée « U sangu di Jaci », en raison de sa couleur rougeâtre. La rivière a donné son nom à neuf villes de Sicile : Aci Castello,  Aci Trezza, Acireale, Aci Catena, Aci San Filippo, Aci Platani, Aci Santa Lucia, Aci Monaccorsi et Aci Sant’Antonio.

Une autre version de la légende, où Polyphème séduit finalement Galatée par son talent à jouer de la syrinx, aura moins de succès.

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Une autre légende raconte que la Sicile est soutenue par un géant nommé Typhon. Cette légende est parfois confondue avec celle d’Encelade. Fils de Gaia, Typhon – ou Typhée – était un monstre à trois têtes. Ennemi acharné de Zeus, il essaya de prendre possession de l’Olympe, mais il fut refoulé et projeté sur l’Etna. Il y resta écrasé et n’arrêta pas de cracher du feu et des flammes. Typhon, dans une position très inconfortable, vit en dessous la Sicile. Au-dessus de sa main droite se trouve Peloro, et Pachino au-dessus de la gauche. Lilibeo est située près de ses jambes et au-dessus de la tête se trouve l’Etna. Typhon, toujours furieux contre Zeus, vomit souvent des flammes et du sable. Quand, en vain, il essaie de quitter sa position, il provoque des tremblements de terre.

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Pour la tradition populaire, Sainte-Agathe – Sant’Agata – est la patronne de Catane car elle protège la ville des colères de l’Etna et des tremblements de terre.
Mention est déjà faite de Sainte Agathe en 252, année où une rivière de lave dévala les flancs de l’Etna. Les gens qui vivaient près de la montagne se précipitèrent vers le lieu où se trouvait le corps de la sainte et, après avoir pris le linceul qui enveloppait l’urne, ils le mirent devant la rivière de feu. La coulée de lave s’arrêta le 5 février 252, exactement un an après la mort da la sainte.
En 1169, un tremblement de terre annonça une puissante éruption. La lave détruisit tout sur son passage et menaça les habitations. Mais, comme cela s’était déjà produit au troisième siècle après JC, une procession présenta le voile sacré de Sant’Agata devant la lave qui arrêta sa progression. D’autres miracles eurent lieu en 1239, en 1381, en 1408, en 1444, en 1536, en 1567 et en 1635.

L’éruption la plus catastrophique se produisit en 1669 quand plusieurs bouches s’ouvrirent le long des flancs du volcan. L’éruption dura soixante-huit jours. La lave détruisit de nombreux centres habités et atteignit Catane, entourant les douves du château d’Ursino. Dans la sacristie de la cathédrale de Catane, une fresque montre les scènes presque apocalyptiques de la destruction. Lorsque le magma se trouva à trois cents mètres de la cathédrale, il esquiva miraculeusement l’endroit où Sant’Agata avait a été emprisonnée, avait souffert le martyr et où elle avait été enterrée, pour aller se déverser dans la mer. Il était évident que la sainte avait voulu sauver les lieux qui appartenaient à son histoire et à son culte.
A cette terrible éruption est également lié un autre événement miraculeux. Une fresque représentant Sant’Agata en prison, et qui était dans un kiosque sur les murs de la ville, fut épargnée par la lave. Aujourd’hui, cette peinture se trouve à Catane, sur l’autel principal de l’église de Sant’Agata alle Sciare.
En 1693, un violent séisme secoua Catane. Il y eut des milliers de morts. Aucun des neuf mille survivants ne voulut retourner dans la ville. Catane serait devenue une ville fantôme si un délégué de l’évêque, au cours d’une procession avec les reliques de Sainte-Agathe, n’avait pas supplié les gens de rester et de reconstruire la ville.
En 1886, une nouvelle bouche éruptive s’ouvrit à Nicolosi, sur les pentes de l’Etna. Le 24 mai, le Cardinal Dusmet, organisa une procession avec le voile de Sant’Agata. Lorsque le cortège s’approcha de la coulée de lave sur la pente, celle-ci cessa immédiatement d’avancer. Un petit autel a été érigé à cet endroit en mémoire de ce miracle extraordinaire.

Fresque montrant l’éruption de 1669 (Photo: C. Grandpey)

Etna, terre de légendes (1ère partie)

A côté de la réalité du terrain éruptif, j’adore me plonger dans le monde des légendes. C’est pourquoi, il y a quelques années, j’ai accepté de collaborer avec l’ami Jacques Drouin à la réalisation d’un ouvrage intitulé Mémoires Volcaniques, encore disponible auprès des auteurs.

En attendant la prochaine éruption de l’Etna, voici quelques courtes légendes associées au volcan sicilien.

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Quand j’étais lycéen, j’étais fasciné par L’Odyssée, l’épopée grecque attribuée à Homère où sont décrites les aventures d’Ulysse et de ses compagnons. L’épisode dans lequel le héros est confronté au courroux de Polyphème me faisait entrer dans le monde de l’imaginaire. Dans ma tête, je voyais le cyclope cannibale avec son œil unique jeter depuis sa grotte des rochers contre Ulysse et ses compagnons.

Les années ont passé….et je suis venu sur l’Etna.  J’ai vite compris que le cyclope avec son œil unique n’était autre que l’Etna et l’allégorie choisie par Homère prend encore plus de force auprès des explosions et des coulées de lave.

J’ai retrouvé les rochers propulsés par Polyphème à Aci Trezza où les Faraglioni dei Ciclopi sont les témoins de cette bataille homérique…Pour les anciens, l’Etna a longtemps été considéré comme faisant partie du vaste complexe de portes qui mèneraient à l’Enfer. Pour le philosophe et poète Santo Calì, les cratères des volcans symbolisaient les portes de l’Enfer, et celui de l’Etna était « le plus large et le plus terrible ». Les légendes qui entourent son cratère sont encore racontées par les paysans et les bergers qui vivent sur les pentes du volcan. Il se dit aussi que l’Etna abrite des personnes importantes. Il serait la demeure éternelle de la reine d’Angleterre Elizabeth I. Après être entrée dans un pacte avec le diable, son âme aurait été enfermée à l’intérieur du volcan. Pour lui tenir compagnie, il y aurait le Roi Arthur et Empédocle, un philosophe grec qui se jeta dans le cratère du volcan pour étudier son activité éruptive.

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La légende d’Encelade est celle que l’on raconte  aux enfants pour leur expliquer les éruptions de l’Etna. Tout a commencé quand Encelade, l’aîné des géants, a décidé de prendre la place de Jupiter et de gouverner le monde. Pour atteindre le ciel, avec l’aide de ses jeunes frères, il construisit une sorte d’échelle en plaçant les unes sur les autres les montagnes du monde. Avec ses mains énormes et sa bouche crachant du feu quand il se mettait en colère, Encelade était l’un des géants les plus redoutés.
Quand Jupiter s’aperçut du danger qui le menaçait, il lança sur les géants un éclair qui les aveuglera et les précipita au sol. Encelade, lui aussi foudroyé, se retrouva enterré sous l’Etna. Sa colère fut terrible et il commença à cracher du feu et des flammes depuis le cratère du volcan. De nos jours, Encelade est toujours en colère contre Jupiter et donne parfois libre cours à son courroux en projetant du feu et des lapilli par la bouche de l’Etna

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 Le jeune Héphaïstos (Vulcain pour les Romains) n’a pas eu une vie très heureuse. Héra, jalouse du fait que Zeus ait engendré seul Athéna, et pour lui montrer qu’elle pouvait se passer de lui, engendra seule Héphaïstos. Lorsqu’elle découvrit l’enfant qui venait de naître ; la déesse fut terrifiée par la laideur du nouveau-né et elle décida de le jeter de l’Olympe. L’enfant fut recueilli par deux nymphes, Teti et Eurionome, qui prirent soin de lui et l’élevèrent dans une grotte sur le flanc de l’Etna. C’est là qu’Héphaïstos grandit et devint très habile à forger des métaux. Les bijoux qu’il créa étaient magnifiques, au point d’être remarqués dans tout l’Olympe. Héra, ayant eu vent des talents de son fils, se rendit dans la grotte et lui demanda de construire un trône. La déesse, pensant ne pas avoir été reconnue, retourna sur l’Olympe. Héphaïstos, cependant, se rendit compte qu’il s’était trouvé devant la femme qui l’avait fait naître et le répudiait.
Héphaistos se mit au travail et façonna un trône en or aux bras articulés, qui emprisonne quiconque s’y assoit. Il envoya son œuvre sur l’Olympe en guise de présent. Héra s’y installa imprudemment et se trouva immobilisée, sans que nul ne sache comment la délivrer. Les dieux demandèrent  d’abord à Arès (Mars chez les Romains) d’aller chercher Héphaïstos, en vain. Enivré par Dionysos (Bacchus chez les Romains), Héphaïstos se laissa fléchir et revint dans l’Olympe délivrer sa mère. Zeus, soulagé, proposa au dieu forgeron d’exaucer l’un de ses vœux. Sur le conseil de Poséidon (Neptune chez les Romains), Héphaïstos demanda la main d’Aphrodite (Vénus chez les Romains), une requête à laquelle il ne fut pas donné suite. Ulcéré par la trahison constante d’Aphrodite et les moqueries à cause de sa laideur, Héphaïstos quitta définitivement l’Olympe pour se réfugier dans les entrailles de l’Etna.

Photos: C. Grandpey

Des livres pour les Etrennes !

A l’occasion des fêtes de fin d’année, je propose jusqu’au 31 décembre 2017 :

– un lot de deux livres comprenant « Mémoires Volcaniques » et « Dans les Pas de l’Ours » au prix de 30 euros, frais d’envoi offerts.

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« Mémoires Volcaniques » – Des contes et légendes vous feront voyager à travers le monde des volcans.   Prix normal: 17 euros + 5 euros de frais d’envoi.

« Dans les Pas de l’Ours »L’ouvrage vous fera voyager des Pyrénées à l’Alaska en vous entraînant dans le monde passionnant de l’Ours. Tantôt vénéré, tantôt haï, le nounours de notre enfance ne saurait laisser indifférent.  Prix normal: 20 euros + 4 euros de frais d’envoi.

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Si cette offre vous intéresse, merci de me contacter par courrier électronique : grandpeyc@club-internet.fr

Bonnes fêtes à tous !

Volcans australiens et légendes aborigènes // Australian volcanoes and Aboriginal legends

J’ai toujours été fasciné par les légendes sur les volcans ou les récits liés à leur histoire ancienne. Certaines de ces histoires apparaissent dans le livre «Mémoires Volcaniques» que j’ai écrit avec Jacques Drouin il y a quelques années (voir colonne de gauche de ce blog). Ces jours-ci, on peut lire sur le site web ABC News des histoires intéressantes liées au volcanisme en Australie.
Comparée à l’Europe ou aux États-Unis, l’Australie est pauvre en volcans. Le volcanisme n’a probablement pas eu lieu dans ce pays depuis l’arrivée des premiers habitants il y a environ 65 000 ans, mais il y a deux exceptions. Dans le sud de l’Australie et le nord du Queensland, une activité volcanique s’est probablement produite au cours des 10 000 dernières années. Toutefois, il est extrêmement difficile de déterminer sa chronologie. En effet, bon nombre de produits éruptifs ne peuvent être datés car ils ont trop été usés par le temps et il ne reste aucun matériau récent. C’est pourquoi l’âge des roches a généralement été déterminé en datant ce que les laves ou les couches de cendres ont enterré, ou ce qui se trouve au-dessus d’elles.
Une autre approche consiste à s’appuyer sur la tradition orale et interpréter les histoires racontées par les Aborigènes. De telles histoires ne peuvent guère permettre de déterminer l’époque des éruptions, mais elles fournissent des détails annexes intéressants sur ce qui s’est passé avant, pendant et après ces événements.
Ces histoires font référence à l’activité volcanique autour de la partie la plus méridionale de la frontière entre les provinces d’Australie Méridionale et de Victoria. Il y a, par exemple, l’histoire d’une famille qui s’est installée d’abord sur le Mont Muirhead. Ces gens enterraient leur nourriture pendant la nuit  pour la faire cuire, ce qui indique que le sol était très chaud. Au milieu de la nuit, le bullin – un oiseau local – a crié, ce qui peut être interprété comme le signal d’alerte d’une éruption imminente. La famille a alors fui vers le Mont Schank, où le bullin a encore crié et ils se sont déplacés vers le Mont Gambier. En cet endroit, l’oiseau est resté silencieux, mais les fours terrestres dans lesquels ils avaient placé leur nourriture ont été envahis par l’eau et la famille a abandonné cette zone aussi.
Beaucoup de volcans de la province (comme le Mont Gambier) sont des maars, des endroits où le magma remonte de l’intérieur de la Terre jusqu’à ce qu’il rencontre des eaux souterraines froides, ce qui produit une puissante explosion.
Il y a une histoire autochtone qui raconte que deux jeunes hommes nouvellement initiés ont brisé un tabou et offensé le serpent arc-en-ciel, l’être surnaturel le plus puissant et le plus redouté des Aborigènes. Bien que ce fût au milieu de la journée, le ciel devint rouge foncé et le sol se mit à se craquer et se soulever. Ensuite, un liquide s’est répandu. Il a englouti le paysage, laissant derrière lui un maar avec un lac. L’âge des couches de sédiments profonds au fond du lac Eacham suggère que l’éruption qui a façonné le maar a eu lieu il y a un peu plus de 9 000 ans.
Il y a des récits autochtones d’éruptions volcaniques qui se sont produites il y a plusieurs millénaires, tout comme il existe de nombreux récits de noyades le long des côtes qui doivent tous avoir plus de 7000 ans, époque où les inondations post-glaciaires ont pris fin.
De tels récits aident à dater des événements naturels du passé et ils devraient inciter les scientifiques à considérer les histoires issues de la tradition orale comme des sources acceptables d’information scientifique.
Source: ABC News.

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I have always been fascinated with legends about volcanoes or stories related to their ancient history. Some of these stories appear in the book “Mémoires Volcaniques” I wrote with Jacques Drouin a few years ago. These days, we can read on the ABC News websites interesting stories related with volcanism in Australia.

Compared to Europe or the US, Australia is remarkably poor volcanically. Volcanism has probably not occurred in Australia since it was first inhabited, perhaps 65,000 years ago, but there are two exceptions. In southern Australia and northern Queensland, volcanic activity likely happened within the past 10,000 years. However, determining its chronology has proved difficult. Indeed, many of the eruptive products are undatable, often weathered to the point where no fresh material remains. So ages have generally been determined by proxy, by dating what lavas or ash layers buried, or what lies above them.

Another approach involves interpreting oral stories recorded by Australian Aboriginal peoples. Such stories can only coarsely bracket the time of eruptions, but supply considerable ancillary detail about what happened before, during and after they occurred.

This is the area of volcanic activity clustered around the southernmost part of the border between South Australia and Victoria. There is the story of a family that settled first on Mount Muirhead. They buried their food overnight in the earth to cook, which tells us the ground here was unusually hot. In the middle of the night, the bullin – a local bird – shrieked, something that can be interpreted as the alarms arising from signs of imminent eruption. The family then fled to Mount Schank, where eventually the same thing happened, so they shifted to Mount Gambier. Here the bullin was silent, but the earth ovens in which they had placed their food flooded, so they abandoned this area as well.

Many volcanoes of the province (like Gambier) are maars, places where magma from the Earth’s interior rises until it encounters cold groundwater, whereupon there is a powerful explosion.

There is an often-told Aboriginal story that recalls when two freshly initiated youths broke a taboo and thereby offended the rainbow serpent, Aboriginal Australians’ most powerful and feared supernatural being. Even though it was the middle of the day, the sky turned blackish-red, and the ground cracked and heaved. Then from it, a liquid spilled out. It engulfed the landscape, leaving a maar lake as a legacy. The ages of deep sediment layers within Lake Eacham suggest the maar eruption that formed it occurred a little over 9,000 years ago.

There are Australian Aboriginal memories of volcanic eruptions that occurred several millennia ago, just as there are numerous memories of coastal drowning that must all be older than 7,000 years, the approximate time at which postglacial drowning came to an end.

Such examples provide a novel way of helping to date natural events in the past and should encourage scientists to treat oral histories and traditions as legitimate sources of scientific information.

Source : ABC News.

Carte montrant les deux régions volcaniques de l’Australie ( Source : Patrick D Nunn, professor of geography at the University of the Sunshine Coast)