Lacs et légendes sur le Kilauea (Hawaii) // Lakes and legends on Kilauea Volcano (Hawaii)

Après la dernière éruption du Kilauea en 2018, un lac d’eau souterraine est apparu au fond du cratère de l’Halema’uma’u et a remplacé le lac de lave qui existait depuis plusieurs années. Le HVO explique qu’il s’agit du premier lac d’eau souterraine observé au fond du cratère depuis près de 200 ans. Afin d’en savoir plus sur de tels lacs dans l’histoire du volcan, le personnel du HVO s’est tourné vers les légendes hawaiiennes susceptibles de faire état d’un lac de cratère, et a essayé de comprendre si un tel lac était associé à des éruptions explosives.
L’existence d’un lac n’est pas mentionnée explicitement dans les légendes hawaiiennes, mais les Hawaiiens racontent des histoires où Pelehonuamea redoutait la noyade de ses épanchements de lave sur le Kilauea.

Dans l’une des légendes, Pele et sa sœur Namakaokaha’i, l’aînée d’une famille de nombreux frères et sœurs, étaient dotées de pouvoirs différents; Pele régnait sur les volcans et les éruptions alors que Namakaokaha’i régnait sur les mers et les plages.
Namaka, comme ses amis l’appelaient, détestait quand Pele répandait de la lave sur les plages et pénétrait dans l’océan. Pele n’appréciait pas non plus que Namaka essaie de retirer la lave des côtes. Elles se battaient fréquemment. Même aujourd’hui, on peut voir ces deux sœurs continuer à se battre au travers des explosions spectaculaires chaque fois que la lave pénètre dans l’océan.

Kamapua’a, la divinité porcine d’O’ahu, qui s’est rendue un jour sur le Kilauea pour courtiser Pele et la prendre pour épouse, est au centre d’une autre légende dans laquelle l’eau est présente. Pele a constamment rejeté les avances de Kamapua’a, l’insultant et essayant même de le tuer. L’empressement de Kamapua’a s’est transformé en colère et le porc a inondé d’eau le cratère de Pele, dans l’espoir d’y éteindre le feu du volcan. Heureusement, le frère de Pele avait caché les bâtons de feu et les a utilisés pour faire réapparaître la lave.

Certaines versions de cette légende décrivent Pelé en train de poursuivre Kamapua’a jusqu’à la mer sous la forme d’une coulée de lave ou d’une projection de roches incandescentes; d’autres récits font se terminer le conflit par un bref mariage.

Une légende plus connue est celle qui fait entrer Hi’iakaikapoliopele, la plus jeune sœur de Pele. Il s’agit d’une longue histoire en grande partie centrée sur le voyage de Hi’iaka entre le cratère du Kilauea et Kaua’i où elle avait l’intention de retrouver Lohi’au, l’amant de Pele et de le prendre pour époux. En chemin, Hi’iaka est devenue une femme puissante.
Le voyage a été long et Pelé craignait que Lohi’au lui soit infidèle. Elle avait raison de ressentir cette crainte. Quand Hi’iaka est arrivée au bord du cratère du Kilauea en compagnie de Lohi’au, son nouveau mari, Pele est entrée dans une colère noire et a ordonné à ses frères et sœurs de tuer Lohi’au en guise de punition. Hi’iaka s’est mise elle aussi en colère et elle a décidé de récupérer l’esprit de son époux pour le ramener à la vie ; Elle décida aussi de se venger et de détruire Pele en inondant le cratère du Kilauea avec de l’eau.
Hi’iaka est entrée sur le plancher du cratère et, ne trouvant pas l’esprit de son mari, elle a violemment frappé le sol du pied, faisant s’ouvrir la première couche du Kilauea. Elle regarda dans l’ouverture qui s’était formée et, ne voyant toujours pas son mari, elle frappa de nouveau le sol. Elle traversa plusieurs couches sans trouver l’esprit de Lohi’au. Les secousses produites par les piétinements répétés de Hi’iaka pour s’enfoncer à l’intérieur du cratère ressemblent étrangement à la forte activité sismique qui a accompagné l’effondrement de l’Halema’uma’u en 2018. Hi’iaka a finalement atteint la cinquième couche, celle qui retenait l’eau qui, si elle était libérée, inonderait le cratère et transformerait le Kilauea en un lac qui éteindrait à jamais le feu de Pelé. Au dernier moment, Hi’iaka a décidé de ne pas mettre à exécution son projet destructeur et elle s’est finalement réconciliée avec sa sœur.
Hi’iaka cherchait l’eau souterraine, la même que l’on peut voir aujourd’hui au fond de l’Halema’uma’u. Des études géophysiques au cours des 30 à 40 dernières années ont montré la présence d’une nappe phréatique à environ 600-800 mètres au-dessus du niveau de la mer, sous le plancher de la caldeira. Les scientifiques du HVO sont persuadés que le lac actuellement en formation est alimenté par cette eau souterraine qui revient à son ancien niveau après l’effondrement sommital de 2018.
Les géologues du HVO pensent que la légende de Hi’iaka et de Pele peut avoir été inspirée par un effondrement de la caldeira du Kilauea vers l’année 1500. Bien que dans la plupart des versions de ces légendes – que ce soit le déluge de Kamapua’a qui n’a pas provoqué d’explosions, ou la courroux d’Hi’iaka qui n’a jamais fait déferler d’eau souterraine – l’’étude géologique des dépôts de matériaux après l’effondrement de l’Halema’uma’u laisse supposer qu’il y a eu au moins une fois la présence intermittente d’un lac dans le cratère.

Ces légendes ne sont que quelques exemples de la richesse de la littérature hawaïenne sur Pelehonuamea et ses volcans. Parallèlement aux études géologiques, ces récits peuvent aider à mieux comprendre le paysage volcanique en constante évolution sur le Kilauea.
Source: USGS / HVO.

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After Kilauea’s last eruption in 2018, a groundwater lake appeared at the bottom of Halema’uma’u Crater and replaced the lava lake that existed for several years. HVO explains it is the first lake of groundwater observed on the crater floor in nearly 200 years. In order to know more about similar lakes in the volcano’s history, HVO staff looked to Hawaiian chants for mention of a crater lake and tried to understand whether it was associated with explosive eruptions.

A lake is not mentioned explicitly in Hawaiian legends, but Hawaiians did tell a few stories where Pelehonuamea faced the threat of water drowning her volcanic fires at Kilauea.

In one of the legends, Pele and her older sister Namakaokaha’i, the eldest in a family of many siblings, were imbued with different powers; Pele reigned over volcanoes and eruptions wheras Namakaokaha’i ruled the seas and beaches.

Namaka, as her friends used to call her, hated when Pele spread lava over beaches and intruded land into the ocean. Pele did not appreciate either Namaka trying to remove lava from the coasts. They fought frequently. Even today, we can see these two sisters continuing to fight with spectacular explosive displays each time lava enters the ocean.

Another Pele story involving water features Kamapua’a, the pig deity from O’ahu, who travelled to Kilauea to woo Pele and take her for his wife. Pele persistently spurned his advances, insulting him and even trying to kill him. Kamapua’a’s infatuation turned into anger, and the pig-man flooded Pele’s crater with water to put out her volcanic fires.

Fortunately, Pele’s brother hid her firesticks and used them to reignite the volcanic flames. Some versions of this story describe Pele chasing Kamapua’a to the sea as either a lava flow or ejected hot rocks; other versions resolve the conflict in a brief marriage.

A better-known story is the saga of Hi’iakaikapoliopele, Pele’s youngest sister. It’s a long story mostly focused on Hi’iaka’s journey from Kilauea Crater to Kaua’i to retrieve Pele’s lover, Lohi’au. Along the way, Hi’iaka developed into a powerful woman.

The journey was long, and Pele became suspicious that Lohi’au was being unfaithful to her.

When Hi’iaka arrived at the Kilauea Crater rim with her new husband, Lohi’au, Pele was incensed and ordered her siblings to kill him as punishment. This enraged Hi’iaka and she decided to retrieve Lohi’au’s spirit to revive him, and to seek revenge and destroy Pele by flooding Kilauea Crater with water.

Hi’iaka jumped down to the crater floor, and not finding the spirit of her husband, stomped her feet and the first layer of Kilauea cracked open. She looked down, but still not seeing her husband, she stomped again. She continued stomping through several layers without finding her husband’s spirit. The described effects of Hi’iaka repeatedly stomping to get deeper beneath the crater floor are eerily like the continuous strong shaking of the 2018 collapse events. Hi’iaka finally got down to the fifth layer that was holding back water, which, if released, would rise and flood the crater, turning Kilauea into a lake and putting out Pele’s fires forever. At the last instant, Hi’iaka was dissuaded from her destructive task and reconciled with her sister.

Hi’iaka was seeking groundwater like that which can be seen in Halema’uma’u today. Geophysical studies over the past 30-40 years showed the presence of a water table, elevated about 600-800 m above sea level, beneath the caldera floor. HVO scientists hypothesize that the currently growing lake is an exposure of this groundwater returning to its former level following the 2018 summit collapse.

HVO geologists think this Hi’iaka story may have been inspired by an earlier Kilauea caldera collapse about 1500 CE. Although in most versions of the story Kamapua’a’s deluge did not result in explosions and Hi’iaka never unleashed subterranean water, geologic study of post-collapse explosive deposits suggests at least an intermittent presence of a lake.

These legends are but a few from the rich Hawaiian literature on Pelehonuamea and her volcanoes. Along with geologic studies, they can provide insight to understanding the ever-changing volcanic landscape of Kilauea.

Source: USGS / HVO.

Photos: C. Grandpey

Le célèbre orteil de Dawson City // The celebrated toe of Dawson City

J’adore les légendes issues de l’Arctique et l’histoire qui entoure l’orteil de Dawson City épouse l’esprit des histoires racontées par Jack London et qui ont bercé mon adolescence. Dawson City est une ville du Yukon canadien qui a connu son heure de gloire au moment de la Ruée vers l’Or du Klondike à la fin du 19ème siècle.

Dick Stevenson, l’inventeur du «Sourtoe Cocktail», un petit verre de whisky contenant un orteil humain momifié dans le bar du Downtown Hotel depuis des décennies, vient de mourir à l’âge de 89 ans.
Les gens se rendent au Downtown Hotel de Dawson City pour affronter le « Sourtoe cocktail » depuis 1973, année où Dick Stevenson a trouvé un orteil humain gelé dans un pot qui traînait dans la cabane qu’il venait d’acheter. Il a alors eu l’idée de proposer un breuvage contenant ledit orteil, convaincu que cela pourrait être un excellent moyen d’attirer les touristes. D’une certaine manière, il a eu raison. Depuis cette époque, on estime que plus de 100 000 personnes sont devenues membres du Sourtoe Cocktail Club.
Pour rejoindre le club, il n’est pas besoin d’avaler l’orteil, ni même de l’introduire dans la bouche, mais vous devez obéir à un règlement: « Vous pouvez boire rapidement ou lentement, mais vos lèvres doivent toucher le gros orteil. » Il s’agit bien d’un véritable orteil, momifié et de couleur quasiment noire. Vous aurez une amende de 500 dollars si vous avalez l’orteil et serez accusé de cannibalisme ! Le doigt de pied est conservé dans un pot de sel pour qu’il ne s’abîme pas. Il y a actuellement deux orteils en réserve pour remplacer ceux qui, à la longue, vont se décomposer et devenir des moignons inutilisables.

La fille de Dick Stevenson a déclaré que son père voulait faire don de ses deux gros orteils au Sourtoe Cocktail Club, demande immédiatement acceptée par le Downtown Hotel.
L’un des orteils en réserve a été offert par un concurrent de la Yukon Arctic Ultra, qui a dû être évacué de la course en février 2018. Il souffrait de gelures profondes. Il faisait si froid que ses cils étaient collés et que ses paupières ne pouvaient plus se fermer. Les médecins lui dirent qu’il faudrait l’amputer de trois de ses orteils. Une infirmière lui raconta qu’il existait peut-être une solution pour qu’il ne les perde pas complètement. Elle lui demanda s’il avait déjà entendu parler du Sourtoe Cocktail. L’homme pensait qu’il s’agissait un verre de whisky. « En quelque sorte », lui dit l’infirmière qui lui en expliqua le principe. Le coureur a immédiatement accepté de devenir l’ingrédient principal de l’une des boissons les plus originales et les plus repoussantes au monde. Ses orteils sont arrivés au bar par la poste quelques jours plus tard.
Un jour, le fameux orteil a été volé, mais il a vite été rendu à son propriétaire légitime, accompagné d’une lettre d’excuses. La police de Dawson City a rapidement localisé un suspect et essayé  le contacter, mais l’homme s’est rapidement rendu. Il a expliqué à la police qu’il avait placé l’orteil dans une enveloppe à l’adresse du Downtown Hotel. Le doigt de pied est arrivé en bon état et l’homme n’a pas été poursuivi en justice.
Source: Presse canadienne.

Voici une petite vidéo  illustrant parfaitement le sujet…

 https://youtu.be/0xqq0sCP5zw

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 I love legends from the Arctic and the toes of Dawson City in the Canadian Yukon marry the spirit of stories told by Jack London and rocked my teenage years.

We have just been told that Dick Stevenson, the inventor of the “Sourtoe Cocktail” that delighted and disgusted patrons at a hotel bar in the Yukon for decades, has died at the age of 89.

People have been venturing to Dawson City’s Downtown Hotel to throw back the Sourtoe Cocktail since 1973, when Dick Stevenson discovered a human toe in a pot in a cabin he had just bought. He then thought turning it into a drinking challenge might be a great way to draw tourists. Somehow, it was. Since then, it is estimated that more than 100,000 people have become members of the Sourtoe Cocktail Club. More than 10 toes have been donated to the cause.  .

To join the club, you don’t have to swallow the toe, or even put it in your mouth. But there is one rule: « You can drink it fast. You can drink it slow. But your lips must touch the gnarly toe. » The toe is mummified, dry and blackish-brown. The toe is real. So is the $500 fine for swallowing it. It is stored in a jar of salt for preservation.

Stevenson’s daughter said that her father wanted his toes preserved and donated to the Sourtoe Cocktail club, a wish the Downtown Hotel said it will honour.

One toe was donated by a competitor of the Yukon Arctic who had to be evacuated from the race by snowmobile in February 2018. He was suffering from deep frostbite. It was so cold that his eyes were frozen open, his eyelashes stuck together and his lids un-blinkable. The doctors soon informed him that three of his toes would have to go. But still, a nurse assured him, he didn’t really have to lose them, at least not completely. Had he ever heard of the Sourtoe Cocktail? she asked. The man thought it was a whiskey drink. Sort of, the nurse said and she explaines the principle of the Sourtoe Cocktail. The man readily accepted the chance to become the main ingredient of one of the world’s most famous drinking experiences. His toes arrived by mail at the bar the next days.

One day, the famous toe was stolen but soon returned to its rightful owner, accompanied by a letter of apology. Mounties in Dawson City quickly developed a suspect following the theft of the toe and made efforts to contact him. But the alleged suspect quickly reached out to the Mounties. He told them he’d « placed the toe in the mail, addressed to the Downtown Hotel. The toe was in good condition and the man was not sued. . »

Source : Canadian press..

Here is a short video that illustrates the topic :

https://youtu.be/0xqq0sCP5zw

Photos: C. Grandpey

Crédit photo: Downtown Hotel

Etna, terre de légendes (2ème partie)

Anapia et Anfinomo étaient deux jeunes paysans. La légende raconte que pendant qu’ils travaillaient leur terre près de l’Etna en compagnie de leurs parents âgés, ils furent surpris par une terrible éruption. La seule solution était de s’enfuir, mais les parents étant dans l’incapacité de courir. Ils les chargèrent sur leurs épaules, ce qui ralentit leur fuite désespérée. La lave les atteignit et c’est alors que le miracle se produisit:  la rivière de lave se sépara brusquement en deux parties, épargnant ainsi les frères et leurs parents. Il se dit que c’est la grande piété des jeunes hommes qui a provoqué la mansuétude divine. Les habitants de Catane, ayant appris le miracle, ont surnommé les deux garçons « Fratelli Pii. »

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Acis et Galatée étaient amoureux. Acis était un jeune berger de Sicile, fils du dieu Pan et de la nymphe Symaethis. Galatée était l’une des Néréides, de superbes nymphes marines.

Un jour, le berger et la jeune nymphe ont été vus par Polyphème qui était, lui aussi, amoureux de Galatée, mais disqualifié par ses traits monstrueux. Aveuglé par la jalousie, le cyclope décida de se venger. Dès que Galatée eut plongé dans la mer, Polyphème saisit un énorme bloc de lave et le précipita sur Alcis. Galatée, voyant des filets de sang sourdre sous le rocher, pria les dieux de le changer en un fleuve pour qu’il puisse rejoindre la mer. La petite rivière a été appelée « Akis » par les anciens grecs et, à Capo Molini (non loin de la mer), il y a une petite source appelée « U sangu di Jaci », en raison de sa couleur rougeâtre. La rivière a donné son nom à neuf villes de Sicile : Aci Castello,  Aci Trezza, Acireale, Aci Catena, Aci San Filippo, Aci Platani, Aci Santa Lucia, Aci Monaccorsi et Aci Sant’Antonio.

Une autre version de la légende, où Polyphème séduit finalement Galatée par son talent à jouer de la syrinx, aura moins de succès.

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Une autre légende raconte que la Sicile est soutenue par un géant nommé Typhon. Cette légende est parfois confondue avec celle d’Encelade. Fils de Gaia, Typhon – ou Typhée – était un monstre à trois têtes. Ennemi acharné de Zeus, il essaya de prendre possession de l’Olympe, mais il fut refoulé et projeté sur l’Etna. Il y resta écrasé et n’arrêta pas de cracher du feu et des flammes. Typhon, dans une position très inconfortable, vit en dessous la Sicile. Au-dessus de sa main droite se trouve Peloro, et Pachino au-dessus de la gauche. Lilibeo est située près de ses jambes et au-dessus de la tête se trouve l’Etna. Typhon, toujours furieux contre Zeus, vomit souvent des flammes et du sable. Quand, en vain, il essaie de quitter sa position, il provoque des tremblements de terre.

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Pour la tradition populaire, Sainte-Agathe – Sant’Agata – est la patronne de Catane car elle protège la ville des colères de l’Etna et des tremblements de terre.
Mention est déjà faite de Sainte Agathe en 252, année où une rivière de lave dévala les flancs de l’Etna. Les gens qui vivaient près de la montagne se précipitèrent vers le lieu où se trouvait le corps de la sainte et, après avoir pris le linceul qui enveloppait l’urne, ils le mirent devant la rivière de feu. La coulée de lave s’arrêta le 5 février 252, exactement un an après la mort da la sainte.
En 1169, un tremblement de terre annonça une puissante éruption. La lave détruisit tout sur son passage et menaça les habitations. Mais, comme cela s’était déjà produit au troisième siècle après JC, une procession présenta le voile sacré de Sant’Agata devant la lave qui arrêta sa progression. D’autres miracles eurent lieu en 1239, en 1381, en 1408, en 1444, en 1536, en 1567 et en 1635.

L’éruption la plus catastrophique se produisit en 1669 quand plusieurs bouches s’ouvrirent le long des flancs du volcan. L’éruption dura soixante-huit jours. La lave détruisit de nombreux centres habités et atteignit Catane, entourant les douves du château d’Ursino. Dans la sacristie de la cathédrale de Catane, une fresque montre les scènes presque apocalyptiques de la destruction. Lorsque le magma se trouva à trois cents mètres de la cathédrale, il esquiva miraculeusement l’endroit où Sant’Agata avait a été emprisonnée, avait souffert le martyr et où elle avait été enterrée, pour aller se déverser dans la mer. Il était évident que la sainte avait voulu sauver les lieux qui appartenaient à son histoire et à son culte.
A cette terrible éruption est également lié un autre événement miraculeux. Une fresque représentant Sant’Agata en prison, et qui était dans un kiosque sur les murs de la ville, fut épargnée par la lave. Aujourd’hui, cette peinture se trouve à Catane, sur l’autel principal de l’église de Sant’Agata alle Sciare.
En 1693, un violent séisme secoua Catane. Il y eut des milliers de morts. Aucun des neuf mille survivants ne voulut retourner dans la ville. Catane serait devenue une ville fantôme si un délégué de l’évêque, au cours d’une procession avec les reliques de Sainte-Agathe, n’avait pas supplié les gens de rester et de reconstruire la ville.
En 1886, une nouvelle bouche éruptive s’ouvrit à Nicolosi, sur les pentes de l’Etna. Le 24 mai, le Cardinal Dusmet, organisa une procession avec le voile de Sant’Agata. Lorsque le cortège s’approcha de la coulée de lave sur la pente, celle-ci cessa immédiatement d’avancer. Un petit autel a été érigé à cet endroit en mémoire de ce miracle extraordinaire.

Fresque montrant l’éruption de 1669 (Photo: C. Grandpey)

Etna, terre de légendes (1ère partie)

A côté de la réalité du terrain éruptif, j’adore me plonger dans le monde des légendes. C’est pourquoi, il y a quelques années, j’ai accepté de collaborer avec l’ami Jacques Drouin à la réalisation d’un ouvrage intitulé Mémoires Volcaniques, encore disponible auprès des auteurs.

En attendant la prochaine éruption de l’Etna, voici quelques courtes légendes associées au volcan sicilien.

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Quand j’étais lycéen, j’étais fasciné par L’Odyssée, l’épopée grecque attribuée à Homère où sont décrites les aventures d’Ulysse et de ses compagnons. L’épisode dans lequel le héros est confronté au courroux de Polyphème me faisait entrer dans le monde de l’imaginaire. Dans ma tête, je voyais le cyclope cannibale avec son œil unique jeter depuis sa grotte des rochers contre Ulysse et ses compagnons.

Les années ont passé….et je suis venu sur l’Etna.  J’ai vite compris que le cyclope avec son œil unique n’était autre que l’Etna et l’allégorie choisie par Homère prend encore plus de force auprès des explosions et des coulées de lave.

J’ai retrouvé les rochers propulsés par Polyphème à Aci Trezza où les Faraglioni dei Ciclopi sont les témoins de cette bataille homérique…Pour les anciens, l’Etna a longtemps été considéré comme faisant partie du vaste complexe de portes qui mèneraient à l’Enfer. Pour le philosophe et poète Santo Calì, les cratères des volcans symbolisaient les portes de l’Enfer, et celui de l’Etna était « le plus large et le plus terrible ». Les légendes qui entourent son cratère sont encore racontées par les paysans et les bergers qui vivent sur les pentes du volcan. Il se dit aussi que l’Etna abrite des personnes importantes. Il serait la demeure éternelle de la reine d’Angleterre Elizabeth I. Après être entrée dans un pacte avec le diable, son âme aurait été enfermée à l’intérieur du volcan. Pour lui tenir compagnie, il y aurait le Roi Arthur et Empédocle, un philosophe grec qui se jeta dans le cratère du volcan pour étudier son activité éruptive.

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La légende d’Encelade est celle que l’on raconte  aux enfants pour leur expliquer les éruptions de l’Etna. Tout a commencé quand Encelade, l’aîné des géants, a décidé de prendre la place de Jupiter et de gouverner le monde. Pour atteindre le ciel, avec l’aide de ses jeunes frères, il construisit une sorte d’échelle en plaçant les unes sur les autres les montagnes du monde. Avec ses mains énormes et sa bouche crachant du feu quand il se mettait en colère, Encelade était l’un des géants les plus redoutés.
Quand Jupiter s’aperçut du danger qui le menaçait, il lança sur les géants un éclair qui les aveuglera et les précipita au sol. Encelade, lui aussi foudroyé, se retrouva enterré sous l’Etna. Sa colère fut terrible et il commença à cracher du feu et des flammes depuis le cratère du volcan. De nos jours, Encelade est toujours en colère contre Jupiter et donne parfois libre cours à son courroux en projetant du feu et des lapilli par la bouche de l’Etna

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 Le jeune Héphaïstos (Vulcain pour les Romains) n’a pas eu une vie très heureuse. Héra, jalouse du fait que Zeus ait engendré seul Athéna, et pour lui montrer qu’elle pouvait se passer de lui, engendra seule Héphaïstos. Lorsqu’elle découvrit l’enfant qui venait de naître ; la déesse fut terrifiée par la laideur du nouveau-né et elle décida de le jeter de l’Olympe. L’enfant fut recueilli par deux nymphes, Teti et Eurionome, qui prirent soin de lui et l’élevèrent dans une grotte sur le flanc de l’Etna. C’est là qu’Héphaïstos grandit et devint très habile à forger des métaux. Les bijoux qu’il créa étaient magnifiques, au point d’être remarqués dans tout l’Olympe. Héra, ayant eu vent des talents de son fils, se rendit dans la grotte et lui demanda de construire un trône. La déesse, pensant ne pas avoir été reconnue, retourna sur l’Olympe. Héphaïstos, cependant, se rendit compte qu’il s’était trouvé devant la femme qui l’avait fait naître et le répudiait.
Héphaistos se mit au travail et façonna un trône en or aux bras articulés, qui emprisonne quiconque s’y assoit. Il envoya son œuvre sur l’Olympe en guise de présent. Héra s’y installa imprudemment et se trouva immobilisée, sans que nul ne sache comment la délivrer. Les dieux demandèrent  d’abord à Arès (Mars chez les Romains) d’aller chercher Héphaïstos, en vain. Enivré par Dionysos (Bacchus chez les Romains), Héphaïstos se laissa fléchir et revint dans l’Olympe délivrer sa mère. Zeus, soulagé, proposa au dieu forgeron d’exaucer l’un de ses vœux. Sur le conseil de Poséidon (Neptune chez les Romains), Héphaïstos demanda la main d’Aphrodite (Vénus chez les Romains), une requête à laquelle il ne fut pas donné suite. Ulcéré par la trahison constante d’Aphrodite et les moqueries à cause de sa laideur, Héphaïstos quitta définitivement l’Olympe pour se réfugier dans les entrailles de l’Etna.

Photos: C. Grandpey

Des livres pour les Etrennes !

A l’occasion des fêtes de fin d’année, je propose jusqu’au 31 décembre 2017 :

– un lot de deux livres comprenant « Mémoires Volcaniques » et « Dans les Pas de l’Ours » au prix de 30 euros, frais d’envoi offerts.

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« Mémoires Volcaniques » – Des contes et légendes vous feront voyager à travers le monde des volcans.   Prix normal: 17 euros + 5 euros de frais d’envoi.

« Dans les Pas de l’Ours »L’ouvrage vous fera voyager des Pyrénées à l’Alaska en vous entraînant dans le monde passionnant de l’Ours. Tantôt vénéré, tantôt haï, le nounours de notre enfance ne saurait laisser indifférent.  Prix normal: 20 euros + 4 euros de frais d’envoi.

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Si cette offre vous intéresse, merci de me contacter par courrier électronique : grandpeyc@club-internet.fr

Bonnes fêtes à tous !

Volcans australiens et légendes aborigènes // Australian volcanoes and Aboriginal legends

J’ai toujours été fasciné par les légendes sur les volcans ou les récits liés à leur histoire ancienne. Certaines de ces histoires apparaissent dans le livre «Mémoires Volcaniques» que j’ai écrit avec Jacques Drouin il y a quelques années (voir colonne de gauche de ce blog). Ces jours-ci, on peut lire sur le site web ABC News des histoires intéressantes liées au volcanisme en Australie.
Comparée à l’Europe ou aux États-Unis, l’Australie est pauvre en volcans. Le volcanisme n’a probablement pas eu lieu dans ce pays depuis l’arrivée des premiers habitants il y a environ 65 000 ans, mais il y a deux exceptions. Dans le sud de l’Australie et le nord du Queensland, une activité volcanique s’est probablement produite au cours des 10 000 dernières années. Toutefois, il est extrêmement difficile de déterminer sa chronologie. En effet, bon nombre de produits éruptifs ne peuvent être datés car ils ont trop été usés par le temps et il ne reste aucun matériau récent. C’est pourquoi l’âge des roches a généralement été déterminé en datant ce que les laves ou les couches de cendres ont enterré, ou ce qui se trouve au-dessus d’elles.
Une autre approche consiste à s’appuyer sur la tradition orale et interpréter les histoires racontées par les Aborigènes. De telles histoires ne peuvent guère permettre de déterminer l’époque des éruptions, mais elles fournissent des détails annexes intéressants sur ce qui s’est passé avant, pendant et après ces événements.
Ces histoires font référence à l’activité volcanique autour de la partie la plus méridionale de la frontière entre les provinces d’Australie Méridionale et de Victoria. Il y a, par exemple, l’histoire d’une famille qui s’est installée d’abord sur le Mont Muirhead. Ces gens enterraient leur nourriture pendant la nuit  pour la faire cuire, ce qui indique que le sol était très chaud. Au milieu de la nuit, le bullin – un oiseau local – a crié, ce qui peut être interprété comme le signal d’alerte d’une éruption imminente. La famille a alors fui vers le Mont Schank, où le bullin a encore crié et ils se sont déplacés vers le Mont Gambier. En cet endroit, l’oiseau est resté silencieux, mais les fours terrestres dans lesquels ils avaient placé leur nourriture ont été envahis par l’eau et la famille a abandonné cette zone aussi.
Beaucoup de volcans de la province (comme le Mont Gambier) sont des maars, des endroits où le magma remonte de l’intérieur de la Terre jusqu’à ce qu’il rencontre des eaux souterraines froides, ce qui produit une puissante explosion.
Il y a une histoire autochtone qui raconte que deux jeunes hommes nouvellement initiés ont brisé un tabou et offensé le serpent arc-en-ciel, l’être surnaturel le plus puissant et le plus redouté des Aborigènes. Bien que ce fût au milieu de la journée, le ciel devint rouge foncé et le sol se mit à se craquer et se soulever. Ensuite, un liquide s’est répandu. Il a englouti le paysage, laissant derrière lui un maar avec un lac. L’âge des couches de sédiments profonds au fond du lac Eacham suggère que l’éruption qui a façonné le maar a eu lieu il y a un peu plus de 9 000 ans.
Il y a des récits autochtones d’éruptions volcaniques qui se sont produites il y a plusieurs millénaires, tout comme il existe de nombreux récits de noyades le long des côtes qui doivent tous avoir plus de 7000 ans, époque où les inondations post-glaciaires ont pris fin.
De tels récits aident à dater des événements naturels du passé et ils devraient inciter les scientifiques à considérer les histoires issues de la tradition orale comme des sources acceptables d’information scientifique.
Source: ABC News.

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I have always been fascinated with legends about volcanoes or stories related to their ancient history. Some of these stories appear in the book “Mémoires Volcaniques” I wrote with Jacques Drouin a few years ago. These days, we can read on the ABC News websites interesting stories related with volcanism in Australia.

Compared to Europe or the US, Australia is remarkably poor volcanically. Volcanism has probably not occurred in Australia since it was first inhabited, perhaps 65,000 years ago, but there are two exceptions. In southern Australia and northern Queensland, volcanic activity likely happened within the past 10,000 years. However, determining its chronology has proved difficult. Indeed, many of the eruptive products are undatable, often weathered to the point where no fresh material remains. So ages have generally been determined by proxy, by dating what lavas or ash layers buried, or what lies above them.

Another approach involves interpreting oral stories recorded by Australian Aboriginal peoples. Such stories can only coarsely bracket the time of eruptions, but supply considerable ancillary detail about what happened before, during and after they occurred.

This is the area of volcanic activity clustered around the southernmost part of the border between South Australia and Victoria. There is the story of a family that settled first on Mount Muirhead. They buried their food overnight in the earth to cook, which tells us the ground here was unusually hot. In the middle of the night, the bullin – a local bird – shrieked, something that can be interpreted as the alarms arising from signs of imminent eruption. The family then fled to Mount Schank, where eventually the same thing happened, so they shifted to Mount Gambier. Here the bullin was silent, but the earth ovens in which they had placed their food flooded, so they abandoned this area as well.

Many volcanoes of the province (like Gambier) are maars, places where magma from the Earth’s interior rises until it encounters cold groundwater, whereupon there is a powerful explosion.

There is an often-told Aboriginal story that recalls when two freshly initiated youths broke a taboo and thereby offended the rainbow serpent, Aboriginal Australians’ most powerful and feared supernatural being. Even though it was the middle of the day, the sky turned blackish-red, and the ground cracked and heaved. Then from it, a liquid spilled out. It engulfed the landscape, leaving a maar lake as a legacy. The ages of deep sediment layers within Lake Eacham suggest the maar eruption that formed it occurred a little over 9,000 years ago.

There are Australian Aboriginal memories of volcanic eruptions that occurred several millennia ago, just as there are numerous memories of coastal drowning that must all be older than 7,000 years, the approximate time at which postglacial drowning came to an end.

Such examples provide a novel way of helping to date natural events in the past and should encourage scientists to treat oral histories and traditions as legitimate sources of scientific information.

Source : ABC News.

Carte montrant les deux régions volcaniques de l’Australie ( Source : Patrick D Nunn, professor of geography at the University of the Sunshine Coast)

La magie des aurores boréales // The magic of northern lights

drapeau-francaisJ’ai toujours été fasciné par les aurores boréales, aurora borealis. J’ai eu la chance d’en observer en Alaska, près de Juneau en septembre 2016, et dans le Yukon canadien deux ans auparavant. Dans le Yukon, pas très loin de Whitehorse, j’ai admiré les aurores avec une meute de loups qui hurlait à quelques centaines de mètres de l’endroit où je me trouvais. De la pure magie!
Les aurores boréales font partie de la culture arctique. D’un point de vue purement astrophysique, elles sont produites par le mariage à grande vitesse des particules solaires chargées avec des gaz atmosphériques. Dans le folklore inupiat, ce sont des esprits cosmiques, des guides ou des prédateurs. [NDLR : Les Inupiat sont une population autochtone qui vit dans le nord et le nord-ouest de l’Alaska].
Un nouveau film montrant les aurores boréales vient d’être réalisé en collaboration avec les scientifiques de l’Université de l’Alaska et les aînés d’Inupiat. «Kiuġuyat: Les aurores boréales» propose 25 minutes d’images d’aurores boréales en accéléré et des rencontres avec des autochtones des régions arctiques de l’Alaska. Les projections ont débuté le mois dernier au Planetarium et Visualization Center de l’Université de l’Alaska à Anchorage
Les Alaskiens partagent une relation ancestrale avec les aurores boréales. Dans «Kiuġuyat», plusieurs autochtones expliquent leurs liens culturels avec les aurores. Un habitant de Nome, sur la côte occidentale, décrit les aurores comme une présence lumineuse qui projette une lueur réconfortante sur les communautés du nord quand elles sont plongées dans l’obscurité hivernale. Une habitante de Barrow, localité sur la côte nord, les décrit comme un élément constant et coloré de la vie arctique. D’autres décrivent les aurores en train d’illuminer le chemin des voyageurs dans l’arrière-pays.
Beaucoup d’Inupiat ont évoqué les vieilles légendes destinées à faire peur aux enfants. Selon certains récits, les aurores sont des esprits cosmiques qui jouent au ballon dans le ciel en attendant de fondre sur les enfants méchants pour leur couper la tête. Une légende raconte que s’ils sont restés trop tard dehors ou s’ils ne viennent pas quand leur mère les appelle, ils se feront rattraper par les aurores.

Réalisée par Open-Lens Productions, une société basée dans l’Arizona, la vidéo sera projetée dans 20 localités rurales de l’Alaska où les écoliers pourront assister au spectacle à l’intérieur d’un planétarium portable et gonflable fourni par l’Institut Géophysique de l’Université de l’Alaska à Fairbanks. Un fascicule intitulé « Apprendre grâce aux liens culturels » est également proposé aux enfants afin de les initier aux histoires scientifiques et culturelles qui entourent les aurores boréales.
En cliquant sur ce lien, vous verrez une vidéo des aurores boréales tournée sur le Turnagain Pass, à quelques dizaines de kilomètres au sud d’Anchorage:
https://youtu.be/wlwtcKjI-GA

Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisI have always been fascinated with the northern lights, the popular name of aurora borealis. I was lucky enough to see some of them in Alaska, near Juneau in September 2016 and a few more in the Canadian Yukon two years before. In the Yukon, not far from Whitehorse, I could see the northern lights with a pack of wolves howling a few hundred metres away. It was pure magic!

Northern lights are part of the Arctic culture. In a strictly astrophysical sense, the lights are the high-speed union of charged solar particles and atmospheric gases. In Inupiat folklore, they’re cosmic spirits, guides and predators.

A new film has just been produced in collaboration with University of Alaska scientists and Inupiat elders. « Kiuġuyat: The Northern Lights » features 25 minutes of northern lights timelapse photography and interviews with Alaska Native people from Arctic regions of the state. It opened last month at the University of Alaska Anchorage Planetarium and Visualization Center.

Alaskans share an ancient relationship with the aurora. In « Kiuġuyat, » filmmakers interview more than half a dozen Alaska Native people about their cultural connections to the northern lights. A resident of Nome, on the western coast, described the lights as a bright presence, casting a comforting glow over northern communities blanketed in winter darkness. A resident of of Barrow, along the northern shore, described them as a constant, colourful part of Arctic life. Others described the way the lights illuminated the way for travellers in the backcountry.

Many people spoke about old legends meant to instill fear in children. According to some tellings, the lights are cosmic spirits playing ball in the sky, just waiting to swoop down and chop off the heads of wayward young people. If you stay out too late, or don’t come when your mother calls, or walk alone at night, « The northern lights will get you, » says another legend .

Shot by Arizona-based Open Lens Productions, the video is scheduled to travel to 20 rural Alaska communities, where students can watch the show with the help of a portable, inflatable planetarium operated by the UAF Geophysical Institute. Accompanying curriculum, « Learning Through Cultural Connections, » is intended to introduce elementary and middle-school age students to the science and cultural stories surrounding the aurora.

By clicking on this link, you will see a video of the northern lights shot on Turnagain Pass, a few tens of miles south of Anchorage:

https://youtu.be/wlwtcKjI-GA

Source: Alaska Dispatch News.

champ-magnetique

Aurore boréale à côté de Juneau le 2 septembre 2016

(Photo: C. Grandpey)