Quand la mer monte… (suite) // When the sea rises… (continued)

Un article récemment paru sur le site du National Geographic montre à quoi ressemblerait le monde si la glace continentale venait à fondre. La combustion d’énergies fossiles et la hausse des gaz à effet de serre qu’elle provoque favorise le réchauffement climatique et pourrait conduire à la fonte de la glace polaire ainsi que celle des sommets des montagnes, un scénario qui conduirait à une hausse du niveau de la mer de plus de 65 mètres.

Les cartes proposées par le National Geographic sur son site web (https://www.nationalgeographic.fr/environnement/voici-quoi-ressemblerait-le-monde-si-la-glace-continentale-venait-fondre)

montrent le monde tel qu’il est aujourd’hui et tel qu’il serait si toute la glace continentale avait fondu et s’était déversée dans la mer, avec de nouveaux littoraux pour nos continents et les mers intérieures.

Il y a plus de deux millions de mètres cubes de glace sur Terre, et certains scientifiques affirment qu’il faudrait plus de 5 000 ans pour qu’elle fonde dans son intégralité. Si nous continuons à produire du dioxyde de carbone dans l’atmosphère, il y a de fortes chances que nous créions une planète dépourvue de glace, avec une température moyenne avoisinant les 26°C au lieu des 14°C actuels.

En Europe, Londres ne serait plus qu’un souvenir et Venise serait reconquise par la mer Adriatique. D’ici des milliers d’années, dans ce scénario catastrophique, les Pays-Bas auront depuis longtemps capitulé face à l’invasion de la mer, et la majeure partie du Danemark aura également disparu. Entre-temps, les eaux grandissantes de la Méditerranée décupleront le niveau de la mer Noire et de la mer Caspienne.

En Amérique du Nord, toute la façade atlantique disparaîtrait, de même que la Floride et la côte américaine du Golfe du Mexique. En Californie, les collines de San Francisco deviendraient un archipel et la Vallée Centrale une baie géante. Le Golfe de Californie s’étendrait jusqu’au nord, au-delà de la latitude de la ville de San Diego qui  n’existerait plus.

En Amérique du Sud, le bassin amazonien au nord ainsi que le bassin du Rio Paraguay au sud deviendraient des criques de l’Atlantique, rayant de la carte Buenos Aires, le littoral uruguayen ainsi qu’une grande partie du Paraguay.

Comparée aux autres continents, l’Afrique ne perdrait pas autant de terres au profit des océans, mais la hausse des températures pourrait rendre une grande partie de son territoire inhabitable. En Egypte, les villes d’Alexandrie et Le Caire seront submergées par une mer Méditerranée intrusive.

En Asie, la Chine et ses 600 millions d’habitants sera inondée, tout comme le Bangladesh et ses 160 millions d’habitants, ainsi qu’une grande partie des régions côtières de l’Inde.

Essentiellement désertique, l’Australie s’enrichirait d’une nouvelle mer intérieure mais se verrait dépossédée d’une grande partie de sa bande côtière où vivent actuellement quatre Australiens sur cinq.

Antarctique : La calotte glaciaire de l’Antarctique oriental est si vaste – elle représente les quatre cinquièmes de la toute la glace terrestre – que sa fonte semble inconcevable. Il est pourtant peu probable que ce mastodonte survive au retour d’un climat d’Éocène. L’Antarctique occidental est une région fragile du fait qu’une grande partie du continent repose sur un substrat rocheux situé sous le niveau de la mer. Comme je l’ai indiqué précédemment, le réchauffement de l’océan fait fondre la glace flottante par en dessous, entraînant un affaissement de cette dernière. Depuis 1992, l’Antarctique occidental a enregistré, en moyenne, une perte nette de 65 millions de tonnes de glace par an.

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A recent article on the National Geographic website shows what the world would look like if continental ice were to melt. The burning of fossil fuels and the rise in greenhouse gases it causes promotes global warming and could lead to the melting of polar ice as well as to mountain tops, a scenario that would lead to a rise in the level of the seas by more than 65 metres.
The maps proposed by the National Geographic on its website (https://www.nationalgeographic.fr/environnement/voici-quoi-ressemblait-le-monde-si-la-glace-continentale-venait-fondre)
show the world as it is today and as it would be if all the continental ice happened to melt and spill into the sea, raising its level by more than 65 metres, with new shorelines for our continents and inland seas.
There are more than two million cubic metres of ice on Earth, and some scientists say it would take more than 5,000 years for it to melt completely. If we continue to produce carbon dioxide in the atmosphere, there is a good chance that we will create an ice-free planet with an average temperature of ebout 26°C instead of the current 14°C.
In Europe, London would be nothing more than a memory and Venice would be reconquered by the Adriatic Sea. Thousands of years from now, in this catastrophic scenario, the Netherlands would have capitulated to the invasion of the sea, and most of Denmark would have disappeared as well. Meanwhile, the growing waters of the Mediterranean would increase the level of the Black Sea and the Caspian Sea.
In North America, the entire Atlantic coast would disappear, as would Florida and the American coast of the Gulf of Mexico. In California, the hills of San Francisco would become an archipelago and the Central Valley a giant bay. The Gulf of California would extend to the north, beyond the latitude of the current city of San Diego that would no longer exist.
In South America, the Amazon basin in the north as well as the Río Paraguay basin in the south would become creeks of the Atlantic, scratching from the map Buenos Aires, the Uruguayan coast as well as a large part of Paraguay.
Compared to other continents, Africa would not lose as much land to the oceans, but rising temperatures could make much of its territory uninhabitable. In Egypt, the cities of Alexandria and Cairo would be submerged by an intrusive Mediterranean Sea.
In Asia, China and its 600 million inhabitants wouldl be flooded, as well as Bangladesh and its 160 million inhabitants, as well as a large part of the coastal regions of India.
Essentially a desert, Australia would get a new inland sea but would be dispossessed of much of its coastal strip where currently four out of five Australians live.
Antarctica: The East Antarctic ice sheet is so huge – it is four-fifths of all the land ice – that its melting seems inconceivable. It is unlikely, however, that this behemoth will survive the return of an Eocene climate.
West Antarctica is a fragile region because a large part of the continent lies on a bedrock.beneath sea level. As I explained earlier, warming ocean temperatures are melting the floating ice from below, causing it to subside. Since 1992, West Antarctica has recorded, on average, a net loss of 65 million tons of ice per year.

L’Europe avant et après la fonte intégrale de la glace dans le monde. Les autres cartes se trouvent sur le site du National Geographic.

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2 réflexions au sujet de « Quand la mer monte… (suite) // When the sea rises… (continued) »

  1. Bonjour Claude,
    Ni chaud, ni froid !
    Effectivement, très impressionnante et pertinente prospective, à laquelle il manque cependant à mon sens deux données fondamentales qui sont l’échelle de temps, ainsi que la réaction de la planète que l’on empêche par ce réchauffement « superficiel » quasi permanent, à se refroidir graduellement, ce qui l’amènera inexorablement à le faire de manière beaucoup plus brutale et imprévisible.
    En effet, au rythme avec lequel les glaces d’eau douce disparaissent, ce qui est terriblement préoccupant est de savoir non pas dans un siècle ou deux, mais bien dans 20 ou 30 ans ce qu’il sera advenu des terres émergées de la planète, des mégalopoles côtières et des pays quasiment ras de l’eau. Or, comme d’aucun peut aisément s’en douter, la chaleur et le volume de gaz à effet de serre émit par la combustion des produits carbonés naturels va inévitablement cesser, par l’effet de l’épuisement. Ce phénomène est prévisible actuellement et même envisagé vers 2050, peut-être même avant en fonction des diverses manières adoptées pour la gestion de la pénurie (Arrêt de la production de pétrole par exemple).
    Que se passera-t-il ensuite ?
    On dit que la résorption du CO2 atmosphérique excédentaire, après que sa production ait cessée, suivra une courbe descendante basée sur une période d’un siècle. Pour la chaleur émise, elle va donc s’arrêter brutalement, même s’il nous restera encore un peu de bois à cramer, et de bombes à faire péter, et pour peu qu’un de nos volcan ait décidé avec du soufre (dont, au passage, on continue « d’ignorer sa provenance ») de nous isoler du Soleil, alors c’est bien un refroidissement général qui va se profiler à terme, et un retour au gel de l’eau, mais on sera encore, probablement ramenés à l’échelle du siècle, ou un peu plus.
    A partir de là, que se passera-t-il pour l’humanité ?
    Et bien, je pense qu’elle fera preuve de constance, toujours égale à elle-même, et continuera à s’en foutre totalement, de voir son nombre cruellement et dramatiquement diminué, fort intriguée et presque émerveillée de voir s’opérer cette prédation si « naturelle », toujours convaincue qu’il est sain et normal que le Lion bouffe du Gnou et la Hyène du nouveau né.
    Si l’espoir fait vivre, c’est vivre sans espoir qui va bientôt meubler nos pauvres existences, et à force de redouter ce réchauffement que nous avons-nous-même crée, c’est peut-être bien le refroidissement qui va nous faire « chauffer ».
    Amicalement
    Pierre Chabat

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    1. Bonjour Pierre,
      Notre génération ne verra probablement pas dans toute leur ampleur les effets désastreux du réchauffement climatique et de la hausse du niveau des océans sur les littoraux et sur certaines îles car le phénomène ne se produira pas du jour au lendemain. On le voit actuellement au moment des marées de fort coefficient et des tempêtes, surtout quand les deux phénomènes se cumulent.Personnellement, je ne suis pas certain que la consommation de combustibles fossiles cesse dans 20 ou 30 ans car la fonte de la banquise arctique est en passe de rendre exploitables d’autres réserves extrêmement importantes. Quoi qu’il en soit, à supposer que nous arrêtions brutalement de consommer et de brûler ces combustibles, le changement climatique ne s’arrêtera pas du jour au lendemain. Comme me le faisait remarquer Jean-Louis Etienne à la fin de l’année dernière, il y aura une période de latence qu’il estime à une centaine d’années avant que l’atmosphère terrestre retrouve un certain équilibre. Nous ne serons plus là….
      Bonne journée.
      Claude Grandpey

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