Mai 2026, 2ème mois de mai le plus chaud // May 2026, second hottest May on record

Concentrations de CO2 : 430,56 ppm (22 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

Le service Copernicus sur le changement climatique (C3S) nous informe que mai 2026 a été le deuxième mois le plus chaud jamais enregistré à l’échelle mondiale, sur terre comme en mer. Ce mois a été marqué par des températures de surface de la mer exceptionnellement élevées dans le Pacifique tropical, tandis que le Pacifique équatorial poursuit sa transition vers des conditions El Niño, qui devraient se développer dans les mois à venir. Ce phénomène est susceptible d’entraîner des conditions météorologiques extrêmes à l’échelle mondiale.

En Europe, le mois a été marqué par une transition rapide entre des conditions bien plus fraîches que la moyenne et l’une des vagues de chaleur les plus intenses jamais observées aussi tôt dans l’année en Europe occidentale. Cette vague de chaleur a vu de nombreux records de température battus pour un mois de mai en France, au Royaume-Uni, en Irlande et au Portugal.

Bien que remarquable, cet événement est cohérent avec le réchauffement rapide en Europe et la tendance à long terme vers des vagues de chaleur plus fréquentes, plus intenses et plus précoces (voir ma note du 20 juin 2026).

De vastes régions d’Europe occidentale, centrale et orientale – dont l’Italie et l’Espagne – ont connu des conditions plus sèches que la moyenne au cours du mois. À l’inverse, des inondations ont touché la Turquie, la Bulgarie et la Moldavie. Certaines régions du nord-ouest de l’Europe continentale, du nord de la Scandinavie, de la Finlande, de la Turquie et de la région de la mer Noire ont connu des précipitations supérieures à la moyenne.

La France confirme ce classement. Avec une anomalie thermique nationale de +2,0°C, le mois de mai 2026 se classe au 2ème rang des mois de mai les plus chauds observés depuis 1930, derrière l’exceptionnel mois de mai 2022. Malgré une période fraîche à la mi-mai, la fin du mois a été marquée par un épisode de chaleur exceptionnel qui a propulsé les températures à des niveaux inédits pour la saison.

Dans l’Arctique, l’étendue moyenne de la banquise en mai était inférieure d’environ 4 % à la moyenne. Elle se classe au quatrième rang des plus faibles pour ce mois. Dans l’Antarctique, l’étendue de la banquise en mai 2026 était inférieure d’environ 9 % à la moyenne de mai. Elle se classe au septième rang des plus faibles pour ce mois, un niveau proche de celui observé au cours des deux dernières années.

Anomalies thermiques en mer en mai 2026

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The Copernicus Climate Change Service (C3S) informs us that May 2026 was the second warmest on record globally across land and sea, The month saw exceptionally high sea surface temperatures in the tropical Pacific, as the equatorial Pacific continues its transition towards El Niño conditions, expected to develop in the coming months. This phenomenon is likely to drive extreme weather globally.

Across Europe, the month was marked by a rapid transition from much cooler-than-average conditions to one of the most intense heatwaves ever observed this early in the year in western Europe. The heatwave saw numerous temperature records broken for May with France, the UK, Ireland and Portugal. While remarkable, the event is consistent with Europe’s rapid warming and the long-term trend towards more frequent, more intense and earlier-season heatwaves.

The month saw large parts of western, central and eastern Europe – including Italy and Spain – experience drier-than-average conditions. Conversely, there was widespread flooding in Türkiye, Bulgaria and Moldova. Parts of northwest continental Europe, north Scandinavia, Finland, Türkiye and the Black Sea region were wetter than average.

France confirms this ranking. With a national temperature anomaly of +2.0°C, May 2026 ranks as the second warmest May observed since 1930, behind the exceptional May of 2022. Despite a cool period in mid-May, the end of the month was marked by an exceptional heat wave that pushed temperatures to unprecedented levels for the season.

In the Arctic, the average sea ice extent in May was about 4% below average, ranking fourth lowest for the month

In the Antarctic, the monthly sea ice extent was about 9% below the May average, ranking seventh lowest for the month, close to values observed in the past two years.

Europe : un mois de mai des records // Europe : A record-breaking May

Concentrations de CO2 : 432,01 ppm (27 mai 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

Une vague de chaleur a touché une grande partie de l’Europe occidentale fin mai 2026, battant des records de température. Cette chaleur a provoqué 12 décès au seul Royaume-Uni.
La gravité de la situation est visible sur une image prise le 26 mai 2026 par le satellite Copernicus Sentinel-3 de l’Agence spatiale européenne, qui surveille les températures de surface. Les zones en rouge indiquent des températures largement supérieures à 30 degrés Celsius. Elles comprennent de grandes villes comme Madrid et Paris.

Cette vague de chaleur a battu un nombre impressionnant de records de température. Quelque 23 stations météorologiques en Angleterre, au Pays de Galles, en Écosse et en Irlande du Nord ont enregistré des températures supérieures au précédent record national de 32,8 °C, établi en Grande Bretagne en 1922 et 1944. Le 26 mai, la station des Kew Gardens à Londres, a relevé une température de 35,1 °C, pulvérisant son précédent record mensuel de 29,3 °C.
Au moins sept autres décès en France, dont cinq par noyade, ont également été liés à cette canicule. Le 26 mai a été le jour le plus chaud jamais enregistré pour un mois de mai dans le pays, avec une température moyenne de 24,9 °C. Deux jours plus tard, les températures maximales diurnes ont frôlé les 40 °C dans plusieurs régions.
Ce phénomène météorologique était dû à un dôme de chaleur – une zone de haute pression piégeant l’air chaud – au-dessus de l’Europe occidentale. Sous l’influence de ce dôme de chaleur, les températures ont atteint des niveaux inhabituels pour un mois de mai dans plusieurs pays. Selon le Climate Central’s Climate Shift Index, la vague de chaleur observée depuis le 22 mai dans une grande partie de la France, de la Suisse, de l’Italie, de l’Autriche, du Liechtenstein, de l’Espagne, du Portugal et du Royaume-Uni est aujourd’hui trois à cinq fois plus probable en raison du réchauffement climatique.
Une vague de chaleur comme celle que vient de connaître l’Europe laisse présager une augmentation probable des décès. En effet, contrairement aux États-Unis, où environ 90 % des foyers sont équipés de la climatisation, 20 % en Europe en sont dotés, selon l’Agence internationale de l’énergie. Cette situation rend les fortes chaleurs particulièrement dangereuses sur le Vieux continent. En 2025, une série de vagues de chaleur a entraîné quelque 24 400 décès, dont 16 500 ont été attribués au réchauffement climatique, et plus de 62 700 personnes sont décédées de causes liées à la chaleur en 2024.
Source : Copernicus et médias américains.

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A heat wave has been affecting much of Western Europe in late May 2026, shattering temperature records. The heat has been linked to 12 deaths in the U.K. alone.

The gravity of the situation can be seen in an image captured by the European Space Agency’s Copernicus Sentinel-3 satellite, which is used to monitor surface temperatures, on May 26, 2026. The areas in red are indicative of temperatures well in excess of 30 degrees Celsius and include major European cities such as Madrid and Paris.(see map above)

The heat wave has broken a “remarkable number” of records for temperature. Some 23 weather stations across England, Wales, Scotland and Northern Ireland have reported temperatures exceeding the previous U.K.-wide record of 32.8 degrees C, which was set in 1922 and 1944. On May 26, a research station in London’s Kew Gardens recorded temperatures of 35.1°C, obliterating its previous record of 29.3°C for the month.

At least seven other deaths in France, five from drowning, have also been tied to the sweltering conditions. May 26 was the hottest May weather in the country’s history with an average temperature of 24.9°C. Two days later, daytime highs peaked at almost 40°C in several regions.

The weather was being driven by a heat dome—a block of high pressure that traps hot air—hovering over Western Europe. But even with the heat dome factored in, temperatures have hit levels that are unusual at the peak of summer in several countries. According to Climate Central’s Climate Shift Index, the heat seen since May 22 across much of France, Switzerland, Italy, Austria, Liechtenstein, Spain, Portugal and the U.K. was made three to five times more likely because of the effects of global warming..

Recent experience suggest more deaths are likely: unlike in the U.S., where an estimated 90 percent of households are equipped with air-conditioning, Europeans lag behind at only 20 percent, according to the International Energy Agency. That can make high temperatures particularly dangerous on the continent. In 2025 a series of heat waves led to some 24,400 deaths, 16,500 of which were attributed to cglobal warming, while more than 62,700 people died of heat-related causes the year before.

Source : Copernicus and U.S. News media.

Rapport sur l’état du climat en Europe en 2025 // European State of the Climate report for 2025

Concentrations de CO2 : 433,49 ppm (niveau record!)

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Le rapport sur l’état du climat en Europe souligne l’urgence pour le continent europén de s’adapter au réchauffement climatique et d’accélérer sa transition vers les énergies propres. Voici quelques unes des principales conclusions de ce rapport, publié le 29 avril 2026 par le service Copernicus de l’UE sur le changement climatique et l’Organisation météorologique mondiale (OMM) :

Vagues de chaleur record :
Au moins 95 % de l’Europe a connu des températures annuelles supérieures à la moyenne en 2025. Le Royaume-Uni, la Norvège et l’Islande ont enregistré l’année la plus chaude de leur histoire. Depuis 1980, l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, ce qui en fait le continent qui se réchauffe le plus rapidement au monde.
La Finlande, la Norvège et la Suède subarctiques ont connu une vague de chaleur record de trois semaines en juillet, avec des températures atteignant 30 °C à l’intérieur du Cercle polaire arctique. En moyenne, la région connaît jusqu’à deux jours de fortes chaleurs par an.
En Turquie, les températures ont atteint 50 °C pour la première fois en juillet.

Dans le même temps, 85 % de la population grecque a été touchée par des températures extrêmes proches ou supérieures à 40 °C.

De vastes régions d’Europe occidentale et méridionale ont été frappées par deux vagues de chaleur importantes en juin, notamment la majeure partie de l’Espagne, du Portugal, de la France et le sud de la Grande-Bretagne.
Une troisième vague de chaleur majeure a touché le Portugal, l’Espagne et la France en août.
L’Europe et le reste du monde pourraient connaître un nouvel été extrêmement chaud en 2026 car il est prévu que le phénomène climatique El Niño fera son retour au milieu de l’année.

Fonte des glaces :
Les glaciers européens ont enregistré une nouvelle importante perte de masse en 2025. L’Islande a connu sa deuxième plus forte fonte jamais enregistrée. On prévoit que les glaciers d’Europe et du monde entier continueront de perdre de la masse tout au long du 21ème siècle, quel que soit le scénario d’émissions de gaz à effet de serre.
La calotte glaciaire du Groenland a perdu environ 139 milliards de tonnes de glace, soit l’équivalent de 100 piscines olympiques par heure au cours de l’année 2025. Ce phénomène a entraîné une hausse du niveau moyen des mers de 0,4 mm.
Parallèlement, la couverture neigeuse en Europe a atteint son troisième niveau le plus bas jamais enregistré.

Énergies renouvelables en plein essor :
Pour la troisième année consécutive, les énergies renouvelables ont produit plus d’électricité que les énergies fossiles en Europe, ce qui représente 46,4 % de la production énergétique du continent. La contribution de l’énergie solaire a atteint un niveau record de 12,5 %.
Le rapport insiste sur la nécessité d’une transition énergétique pour abandonner les énergies fossiles.

Autres phénomènes extrêmes :
La température annuelle de la surface de la mer en Europe a atteint un niveau record pour la quatrième année consécutive.
86 % de la zone océanique européenne – un record – a connu au moins une journée de forte vague de chaleur marine. Ces vagues de chaleur ont un impact sur la biodiversité, notamment sur les herbiers en Méditerranée, qui constituent des barrières naturelles et sont sensibles aux températures élevées.
Parallèlement, la superficie brûlée par les feux de forêt a atteint un niveau record de 1 034 550 hectares.

Les tempêtes et les inondations ont fait au moins 21 morts et affecté 14 500 personnes à travers l’Europe, même si les inondations et les pluies extrêmes ont été moins répandues que ces dernières années.
Source : Copernicus, OMM.

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The European State of the Climate report underscores the urgent need for Europe to adapt to global warming and accelerate its transition to clean energy. Here are some key findings of the report published by the EU’s Copernicus Climate Change Service and the World Meteorological Organization (WMO) on 29 April 2026:

Record heatwaves :

At least 95 percent of Europe experienced above-average annual temperatures in 2025, with Britain, Norway and Iceland recording their warmest year on record. Since 1980, Europe has been warming twice as fast as the global average, making it the fastest warming continent on Earth.

Sub-Arctic Finland, Norway and Sweden experienced a record three-week heatwave in July, with temperatures reaching 30°C within the Arctic Circle. In an average year, the region will normally have up to two days of strong heat stress.

In Turkey, temperatures reached 50°C for the first time in July while 85 percent of the Greek population was affected by extreme temperatures close to or above 40°C.

Large parts of western and southern Europe were hit with two significant heatwaves in June, including most of Spain, Portugal, France and southern parts of Britain.

A third major heatwave struck Portugal, Spain and France in August.

Europe and the rest of the world could face another extremely hot summer as the El Niño weather phenomenon is expected to return in the middle of the year.

Melting ice :

Glaciers across Europe recorded a net mass loss in 2025, with Iceland experiencing its second-largest ever melt. Glaciers across Europe and globally are projected to continue to lose mass throughout the 21st century, regardless of the emission scenario.

The Greenland Ice Sheet lost around 139 billion tonnes of ice – equivalent to losing 100 Olympic-sized swimming pools every single hour. It raised the global mean sea level by 0.4mm.

Europe’s snow cover, meanwhile, was the third lowest on record.

Renewables rise :

For the third year running, renewable energy produced more of Europe’s electricity than fossil fuels, accounting for 46.4 percent of the continent’s power generation. Solar power’s contribution reached a record 12.5 percent.

The report insists that we need to work on transitioning away from fossil fuels.

Other extremes :

Europe’s annual sea surface temperature was the highest on record for the fourth consecutive year.

A record 86 percent of the European ocean region had at least one day with « strong » marine heatwave conditions. Such heatwaves have an impact on biodiversity, notably on seagrass meadows in the Mediterranean which act as natural sea barriers and are sensitive to high temperatures.

The area burnt by wildfires, meanwhile, reached a record 1,034,550 hectares.

Storms and floods killed at least 21 people and affected 14,500 across Europe, though flooding and extreme rainfall were less widespread than in recent years.

Source : Copernicus, WMO.

Ralentissement de l’AMOC : France Info découvre…

Concentrations de CO2 : 430,08 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Dans un article paru le 16 avril 2026 et intitulé « Les grands courants de l’Atlantique faiblissent plus vite que prévu, et cela aura un impact sur le climat européen », on peut lire sur le site du média d’information France Info que « des chercheurs se sont intéressés à la circulation des courants océaniques dans l’océan Atlantique, dont le fameux Gulf stream, qui est déterminant pour le climat sous nos latitudes. Ils concluent que cette circulation ralentit encore plus fort que prévu. »

De toute évidence, l’auteur de l’article n’a pas lu les différentes notes parues sur mon blog (17 avril 2018, 3 août 2020, 8 août 2021, 20 octobre 2024, 7 décembre 2025, entre autres ) dans lesquelles j’alerte sur l’affaiblissement de l’AMOC – Atlantic Meridional Overturning Circulation – la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique, un ensemble de courants marins crucial pour le climat car ils transportent les eaux chaudes des tropiques vers le nord-est de l’Atlantique. Grâce à eux, nous avons en Europe des hivers relativement doux. Ils jouent un rôle de thermostat qui est en train de montrer des signes de faiblesse.

Comme on peut le lire dans l’article de France Info, les scientifiques pensaient jusqu’à présent que l’AMOC aurait perdu un tiers de sa force d’ici 2100. Toutefois, la dernière étude révèle qu’il pourrait devenir moitié moins puissant qu’aujourd’hui à la fin de ce siècle. Cela engendrerait un climat beaucoup moins tempéré en Europe, avec également des conséquences sur les pluies sous les tropiques et sur le stockage du CO2 dans les profondeurs de l’océan. Certains scientifiques s’inquiètent même d’un arrêt complet de cette circulation aussi appelée thermohaline. Sans le Gulf Stream pour la réchauffer, l’Europe grelotterait inévitablement.

Il ne faudrait pas oublier la conséquence de l’affaiblissement de l’AMOC sur la hausse du niveau de l’océan. C’est ce que j’explique dans une note publiée le 24 mai 2025 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2025/05/24/affaiblissement-de-lamoc-et-hausse-du-niveau-de-locean-amoc-weakening-and-ocean-level-rise/

Source: Wikipedia