Accélération de la fracturation de l’Afrique // The splitting of Africa is accelerating

La région du lac Turkana, située au nord du Kenya, est l’un des sites les plus importants au monde pour l’archéologie et la paléoanthropologie.

Vue du lac Turkana (Source : NASA)

Sa richesse en fossiles d’hominines est exceptionnelle : y ont été retrouvés de nombreux restes d’Homo habilis et d’Homo erectus, qui marquent l’aube du genre Homo. Des fossiles d’espèces plus archaïques (australopithèques par exemple) ont également été retrouvés, en association avec les plus anciens outils en pierre taillée découverts à ce jour.

Crânes d’Homo erectus découverts dans le rift du Turkana. Crédit photo : John Rowan / Science et Avenir)

La région n’attire toutefois pas que les archéologues. Elle revêt également un intérêt majeur pour les géologues. Le lac Turkana est en effet niché dans le Rift est-africain, une longue dépression qui s’étend du nord au sud sur plus de 6 000 kilomètres depuis la mer Rouge jusqu’au Mozambique.

Source : Wikipedia

Ce vaste fossé d’effondrement se forme par le lent écartement de la plaque africaine et la plaque somalienne. Le Rift est-africain marque ainsi l’endroit d’une future limite de plaque, qui donnera naissance à un nouvel océan.

Actuellement, les deux blocs continentaux s’éloignent l’un de l’autre à une vitesse d’environ 4,7 millimètres par an. Ce « rifting » s’accompagne d’un amincissement progressif de la croûte continentale qui rappelons le, mesure en moyenne 35 kilomètres d’épaisseur. Lors d’un épisode de rifting, elle va s’amincir, éventuellement jusqu’à sa rupture via le développement de nombreuses failles. On parle alors de « breakup ». Cette rupture, qui va se propager jusqu’à la base de la lithosphère, va permettre la mise en place d’un nouveau centre d’accrétion océanique. C’est ainsi que naissent les océans et que les continents se fragmentent.

Le rift est-africain est l’un des rares endroits au monde où l’on peut observer en direct ce mécanisme, qui a modelé la géographie terrestre depuis la mise en route de la tectonique des plaques, il y a environ 3 milliards d’années. Il avait été fort bien documenté dans les années 1950 par Haroun Tazieff qui avait observé à bord de la Calypso du commandant Cousteau, une dorsale active dans le fond de la mer Rouge. En survolant la dépression du Danakil situé au nord de l’Afar quelques années plus tard, il comprit être en présence d’un rift émergé avec des failles ouvertes sur plusieurs mètres et des émissions de fumerolles.

En 2026, une équipe de chercheurs vient de faire de nouvelles découvertes qui aident à caractériser ce rift et à prédire son évolution future. Leur étude a été publiée dans la revue Nature communications.

Tous les épisodes de rifting ne mènent pas forcément à la rupture continentale. Il existe dans le monde de nombreux exemple de rifts « avortés », dont l’évolution vers la rupture finale n’a pas abouti. C’est le cas du fossé Rhénan.

Toutefois, le rift du Turkana semble en passe de parvenir à ce breakup. L’imagerie sismique réalisée dans cette région révèle que la croûte est bien plus fine qu’on ne le pensait auparavant. Le processus de rifting est ici dans une phase relativement avancée qu’on appelle le « necking ». Le long de l’axe du rift, la croûte continentale ne mesure en effet plus que 13 kilomètres d’épaisseur. La phase de necking se caractérise par un amincissement brutal de la croûte, la perte des niveaux ductiles profonds qui accommodaient jusqu’alors principalement la déformation, et le couplage mécanique entre la croûte et le manteau supérieur.

La phase de necking mène à la formation de la « necking zone » qui se caractérise par un amincissement brutal de la croûte continentale (Schémas issus de l’étude)

Cette étape précède directement celle de la rupture qui peut toutefois prendre plus ou moins de temps. En géologie, on s’exprime en milliers ou millions d’années. Ce n’est donc pas demain, ni même dans 100 ou 1 000 ans que l’on pourra assister à la séparation définitive des deux plaques continentales. Il faut rappeler que le rift du Turkana a commencé à se former il y a 45 millions d’années. Les chercheurs estiment que le début de la phase de necking date de 4 millions d’années. Elle s’est accompagnée d’un intense volcanisme et d’une subsidence rapide du rift, des conditions qui entraînent d’importants dépôts de sédiments fins, des conditions favorables à une bonne fossilisation. La région du lac Turkana n’est donc pas seulement le berceau de l’humanité ; elle est aussi le produit d’une géologie exceptionnelle qui a permis de figer son histoire.

Source : Science et Avenir et presse scientifique internationale.

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The Lake Turkana region, located in northern Kenya, is one of the world’s most important sites for archaeology and paleoanthropology. Its wealth of hominin fossils is exceptional: numerous remains of Homo habilis and Homo erectus, marking the dawn of the genus Homo, have been found there. Fossils of more archaic species (such as australopithecines) have also been discovered, in association with the oldest stone tools found to date.

However, the region attracts more than just archaeologists. It is also of major interest to geologists. Lake Turkana is nestled in the East African Rift, a long depression that stretches over 6,000 kilometers from north to south, from the Red Sea to Mozambique.
This vast rift valley is formed by the slow separation of the African and Somali plates. The East African Rift marks the location of a future plate boundary, which will give rise to a new ocean.
Currently, the two continental blocks are moving apart at a rate of approximately 4.7 millimeters per year. This rifting is accompanied by a progressive thinning of the continental crust, which, as a reminder, is on average 35 kilometers thick. During a rifting event, it will thin until it eventually ruptures through the development of numerous faults. This is known as a « breakup. » This rupture, which will propagate to the base of the lithosphere, will allow the formation of a new oceanic accretion center. This is how oceans are born and continents break apart.

The East African Rift is one of the few places in the world where this mechanism, which has shaped Earth’s geography since the beginning of plate tectonics approximately 3 billion years ago, can be observed firsthand. It was very well documented in the 1950s by Haroun Tazieff, who, aboard Jacques Cousteau’s Calypso, observed an active mid-ocean ridge on the floor of the Red Sea. A few years later, while flying over the Danakil Depression north of the Afar region, he realized he was in the presence of an emerged rift with faults several meters wide and fumarole emissions.
In 2026, a team of researchers made new discoveries that help characterize this rift and predict its future evolution. Their study was published in the journal Nature Communications.

Not all rifting events necessarily lead to continental breakup. There are many examples worldwide of « aborted » rifts, whose progression toward final rupture did not occur. The Rhine Graben is one such example.
However, the Turkana Rift appears to be on the verge of reaching this point. Seismic imaging in this region reveals that the crust is much thinner than previously thought. The rifting process here is in a relatively advanced phase known as « necking. » Along the rift axis, the continental crust is now only 13 kilometers thick. The necking phase is characterized by a sudden thinning of the crust, the loss of the deep ductile layers that previously accommodated the deformation, and the mechanical coupling between the crust and the upper mantle.
This stage directly precedes rupture, which can take varying amounts of time. In geology, this is measured in thousands or millions of years. It is therefore not tomorrow, nor even in 100 or 1000 years, that we will witness the definitive separation of the two continental plates. It is important to remember that the Turkana rift began to form 45 million years ago. Researchers estimate that the necking phase began 4 million years ago. This was accompanied by intense volcanism and rapid subsidence of the rift, conditions that led to significant deposits of fine sediments, conditions favorable to excellent fossilization. The Lake Turkana region is therefore not only the cradle of humanity; it is also the product of exceptional geology that has allowed its history to be frozen in time.

Source: Science et Avenir, Futura Sciences and international scientific press.

Les tempêtes de sable et de poussière // Sand and dust storms

Une importante tempête de sable a balayé le nord-ouest de l’Afrique le 30 mars 2026. D’après les images satellites, elle s’étendait sur environ 1 600 km. Ce phénomène est attribué à une dépression située au-dessus de l’Algérie, qui a aspiré de l’air en provenance d’Europe et soulevé des poussières sahariennes à travers la région. La tempête a touché le sud et le centre du Maroc, l’Algérie et la Mauritanie, avant de se déplacer vers l’océan Atlantique et les îles Canaries où la population a été surprise, car personne ne s’attendait à ce qu’elle atteigne l’archipel.
Source : Médias internationaux.

Tempête de sable dans le nord de l’Arabie saoudite les 4 et 5 mai 2025

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) explique que les principales sources de poussière à l’échelle de la planète se concentrent dans les régions arides et semi-arides, notamment les grands déserts comme le Sahara en Afrique, le Gobi en Asie et le désert d’Arabie au Moyen-Orient. Le Sahara est responsable à lui seul de plus de la moitié des émissions de poussière dans le monde.
L’activité des tempêtes de sable et de poussière varie considérablement en fonction de la situation géographique, des conditions climatiques et des facteurs environnementaux locaux. Elles proviennent de sources naturelles telles que les déserts, les lits de lacs asséchés et les régions côtières aux sédiments instables. Les activités humaines aggravent le problème par le biais de la construction, de l’agriculture et de mauvaises pratiques de gestion des terres qui détruisent la végétation et exposent les sols à l’érosion éolienne.

Le réchauffement climatique amplifie la fréquence des tempêtes de sable et de poussière en modifiant les régimes météorologiques et en réduisant le couvert végétal. Toutefois, la relation entre le réchauffement climatique et les tempêtes de sable ou de poussière est complexe. D’une part, la hausse des températures assèche les sols et accélère la désertification, ce qui facilite grandement le soulèvement des fines particules par le vent. Dans des scénarios de réchauffement extrême, la quantité de poussière saharienne soulevée dans l’atmosphère pourrait augmenter de 40 % à 60 % d’ici la fin du siècle. Cependant, l’impact futur des tempêtes de sable et de poussière dépend aussi des régimes de vent. Certaines tempêtes sahariennes sont devenues plus rares et moins intenses au cours des deux dernières décennies. Cela s’explique en partie par une augmentation de la végétation dans la région du Sahel, à la frontière sud du Sahara. Mais c’est aussi dû à un affaiblissement général des vents de surface et à des changements dans certains régimes climatiques à grande échelle.

Les tempêtes de sable et de poussière sont des phénomènes environnementaux et météorologiques qui touchent presque tous les pays du monde. Dans les pays situés dans ou à proximité de sources de poussière désertiques, ces tempêtes peuvent nuire gravement à l’élevage, à l’agriculture et à la santé humaine. Les tempêtes les plus violentes peuvent également entraîner la fermeture de routes et d’aéroports en raison d’une visibilité réduite et endommager les infrastructures. Elles peuvent aussi perturber la production d’énergie solaire.
Dans des régions plus éloignées, la poussière en suspension dans l’air peut dégrader la qualité de l’air, bloquer la lumière du soleil ou perturber les transports. Comme on a pu le constater récemment, les tempêtes de poussière saharienne peuvent être transportées sur des milliers de kilomètres à travers l’océan, impactant la vie quotidienne dans les Caraïbes ou aux îles Canaries.

Source: NASA

En ce qui concerne l’Europe, la poussière saharienne peut fortement dégrader la qualité de l’air, faisant grimper les niveaux de particules invisibles au-delà des seuils sanitaires recommandés. Ces fines particules, connues sous le nom de PM10, peuvent pénétrer profondément dans les poumons, déclenchant des crises d’asthme et des problèmes cardiovasculaires.

Ces dernières années, les habitants d’Espagne, de France et du Royaume-Uni ont observé des levers de soleil d’un orange intense et un ciel avec une brume jaunâtre. Ces ciels brumeux déposent souvent une fine couche de poussière couleur rouille sur les voitures et les vitres. Une intrusion de poussière saharienne dans les Alpes européennes en mars 2022 a contribué à une fonte glaciaire record cette année-là, car elle a réduit la capacité de la surface de la glace à réfléchir la lumière du soleil.

Dépôts de sable sur le domaine de Piau-Engaldans les Hautes-Pyrénées (Source: Twitter)

Cependant, cette poussière peut aussi présenter des avantages. Les nutriments qu’elle contient contribuent à fertiliser les écosystèmes marins et terrestres, ce qui est bénéfique pour l’agriculture et la pêche.

Source : Organisation météorologique mondiale (OMM).

Voir aussi une note parue sur mon blog le 6 mai 2025. Elle est intitulée « tempêtes de sable et réchauffement climatique »:

Tempêtes de sable et réchauffement climatique // Sandstorms and global warming

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A large sandstorm swept across northwestern Africa on March 30, 2026. The storm was estimated to be approximately 1 600 km long based on satellite imagery. The event was driven by a low-pressure system over Algeria, which drew in air from Europe and lifted Saharan dust across the region. The storm affected southern and central Morocco, Algeria, and Mauritania as it moved across the region into the Atlantic Ocean and the Canary Islands where people were surprised as they did not expect the sorm to reach the archipelago.

Source : international news media.

The World Meteorological Organization (WMO) explains that the most significant dust sources globally are concentrated in arid and semi-arid regions, particularly major deserts such as the Sahara in Africa, the Gobi in Asia, and the Arabian Desert in the Middle East. The Sahara accounts for more than half of the world’s total dust emissions.

Sand and dust storm activity varies widely depending on geographical location, climate conditions, and local environmental factors.  They originate from natural sources like deserts, dry lake beds, and coastal regions with loose sediment. Human activities exacerbate the problem through construction, agriculture, and poor land management practices that strip vegetation and expose soil to wind erosion.

Global warming amplifies the occurrence of sand and dust storms by altering weather patterns and reducing vegetation cover. However, the relationship between global warming and dust storms is complex. On one hand, rising temperatures dry out soils and accelerate desertification, making it far easier for wind to dislodge fine particles. Under extreme warming scenarios, the amount of Saharan dust lifted into the atmosphere could rise by 40% to 60% by the end of the century.

However, the future impact of dust storms also depends on wind patterns. Certain Saharan sand and dust storms have actually become rarer and less intense over the past two decades. Partly, this is due to an increase in vegetation in the Sahel region at the southern border of the Sahara. But it’s also due to a weakening of surface winds in general, and changes in certain large-scale climate patterns.

Sand and dust storms are environmental and weather-related phenomena that affect nearly all countries across the world. In countries within or near desert dust sources, sand and dust storms can seriously harm livestock, agriculture, and human health. Strong storms may also close roads and airports due to poor visibility and damage infrastructure. They can also disrupt solar energy production.

In distant regions, dust in the air can reduce air quality, block sunlight, or disrupt transportation.  As could be seen with the recent event, Saharan dust storms can be transported thousands of kilometers across the ocean, impacting daily life in the Caribbean or the Canary Islands.

As far as Europe is concerned, Saharan dust can substantially degrade air quality, pushing levels of invisible particules beyond health guidelines. These fine particles, known as PM10, can penetrate deep into the lungs, triggering asthma and cardiovascular issues.

In recent years, residents of Spain, France and the UK have observed deep orange sunrises and skies thick with a yellowish haze. These hazy skies often deposit rust-colored precipitation that leaves a fine grit on cars and windows. An intrusion of Saharan dust into the European Alps in March 2022 contributed to record glacier loss that year, as it makes the ice surface less able to reflect sunlight . However, transported dust can also bring benefits. Nutrients in the dust help fertilize marine and land ecosystems, benefiting agriculture and fisheries.

Source : World Meteorological Organization (WMO).

Réchauffement climatique, migrations et maladies // Global warming, migrations and diseases

L’Organisation Internationale pour les Migrations estime que quelque 7,4 millions d’Africains ont quitté leur foyer en 2022 en raison des effets du réchauffement climatique. Avec l’accélération du phénomène et l’accentuation de ses effets, et avec l’augmentation de la population africaine, les chiffres devraient augmenter considérablement.
Selon le Centre Mondial pour la Mobilité Climatique, d’ici le milieu du siècle, jusqu’à cinq pour cent des deux milliards d’habitants de l’Afrique pourraient devoir migrer en raison des impacts climatiques. Si la grande majorité devrait rester dans son pays ou sur le continent, le phénomène devrait néanmoins entraîner le déplacement d’un grand nombre de personnes.

Les scientifiques pensent que ces migrations humaines à grande échelle provoquées par le réchauffement climatique pourraient avoir des effets profonds sur les sociétés, les économies et la géopolitique. Elles pourraient aussi modifier la propagation des épidémies de maladies infectieuses. Les chercheurs ont déjà mis en garde contre les changements de température et de régime des pluies susceptibles de modifier la propagation des maladies, avec des vecteurs tels que les moustiques. D’ici 2070, 4,7 milliards de nouvelles personnes pourraient être exposées au paludisme ou à la dengue. Une étude de 2022 a révélé que plus de la moitié des maladies infectieuses connues seront aggravées par les aléas climatiques.

Les grands mouvements humains à travers l’histoire se sont accompagnés de la propagation des maladies infectieuses. Depuis les épidémies transmises par les armées dans l’Antiquité jusqu’aux colons européens qui ont introduit la rougeole et la variole dans le Nouveau Monde, les migrations ont toujours contribué à la propagation des maladies et à provoquer de nouvelles épidémies. Ce phénomène est devenu de plus en plus visible avec l’accélération de la mobilité humaine. C’est ainsi que de nouvelles infections comme le SRAS et le Covid-19 se sont propagées rapidement grâce aux voyages aériens internationaux.

Les scientifiques prédisent deux types différents de migrations climatiques à l’avenir, déclenchées par ce qu’ils appellent des événements à évolution « rapide » et « lente ». D’un côté, les catastrophes climatiques à évolution « rapide » telles que les cyclones, les vagues de chaleur et les incendies de forêt se produisent sur une courte période. Les gens se déplacent lorsque leurs maisons sont détruites et leurs moyens de subsistance sont perdus. Ils se rendent souvent dans des villes ou des hébergements temporaires, mais visent à revenir une fois l’événement terminé.
De l’autre côté, les événements climatiques à évolution « lente », tels que l’élévation du niveau de la mer, l’érosion côtière, la désertification et la hausse des températures, se produisent sur des périodes plus longues et entraînent des déplacements plus lents.

Les personnes fuyant les catastrophes climatiques à court terme peuvent se retrouver dans des logements surpeuplés avec des installations sanitaires médiocres et des services sanitaires limités. Il a été démontré par le passé que ces éléments augmentent les risques d’épidémies comme le paludisme, la dengue et le choléra. Les migrants chassés par le réchauffement climatique pourraient également se retrouver déplacés vers des zones où se trouvent des agents pathogènes ou des parasites endémiques auxquels ils n’ont jamais été confrontés, comme le paludisme ou la leishmaniose viscérale (également appelée kala-azar). À leur retour, ils pourraient ramener ces parasites avec eux.

Il existe un autre risque possible. Il se pourrait que les migrants chassés par le réchauffement climatique empiètent davantage sur les habitats de la faune sauvage et mangent davantage de viande issue de la brousse, avec un risque de propagation d’infections par d’autres espèces de mammifères. Les humains déplacés qui empiètent sur la faune sauvage peuvent également avoir davantage de contacts avec des animaux porteurs de maladies. Par exemple, on pense que le défrichement des forêts en Australie a conduit les renards porteurs du virus Hendra à avoir des contacts plus étroits avec les humains et le bétail.

Alors que le réchauffement climatique s’accélère, le monde devra apprendre à faire face à ces nouveaux mouvements de population et aux problèmes de santé qui les accompagnent.
Source ; D’après un article paru dans The Telegraph.

Projections indiquant le nombre de migrants climatiques par région en 2050, en s’appuyant sur des données climatiques pessimistes (poursuite des émissions de CO2), avec les problèmes qui en découlent (accessibilité à l’eau, mauvaises récoltes, hausse du niveau des océans (Source : Banque Mondiale)

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According to the the Global Centre for Climate Mobility, by the middle of the century, up to five per cent of Africa’s 2 billion population could be on the move due to climate impacts. While the great majority are expected to stay within their country, or certainly within the continent, the phenomenon is still predicted to become a powerful new force driving the movement of large numbers of people.

Scientists now believe that as well as profound effects on societies, economies and geopolitics, these climate-driven human migrations could also change the spread and occurrence of infectious disease outbreaks. Researchers have already begun to warn how changes in temperature and rain patterns might shift the spread of disease, for example, as carriers like mosquitoes roam further afield. An extra 4.7 billion people might be at risk of malaria or dengue by 2070. A 2022 study found that more than half of known infectious diseases will be aggravated by climate hazards.

Major human movements throughout history have been credited with spreading infectious diseases. From plagues spread by armies in antiquity, to European colonists taking measles and small pox to the New World, migrations have long been known to spread diseases and lead to new outbreaks. The phenomenon has come under the spotlight with increased human mobility, as newer infections like SARS and Covid-19 have spread rapidly through international air travel.

Scientists predict two different types of climate migration in the future, set off by what they call ‘fast’ and ‘slow’ onset events. On the one hand, fast-onset climate disasters such as cyclones, heat waves, and forest fires occur over a short time frame. People move as their homes are destroyed, and their livelihoods are lost. They often go to cities or camps temporarily, but aim to return once the destruction is over.

On the other hand, slow-onset climate events, such as increases in sea level, coastal erosion, desertification and rising temperatures, happen over longer time frames and lead to slower movement.

People fleeing short-term climate disasters can find themselves in crowded accommodation with poor sanitation and meagre health care. These have in the past been shown to heighten the chances of outbreaks of diseases like malaria, dengue and cholera. Climate change migrants could also find themselves displaced to areas with endemic pathogens or parasites they have not faced before, such as malaria or visceral leishmaniasis. When they return home, they could carry these parasites back with them.

Another possible mechanism might be climate change migrants encroaching further into wildlife habitats and eating more bushmeat, which carries the risk of spillover infections from other mammal species. Displaced humans encroaching on wildlife can also lead to more contact with disease-carrying animals. For example, the clearing of forest in Australia is thought to have led flying foxes which carry hendra virus into closer contact with humans and livestock.

As global warming is accelerating, the world will have to learn how to face these new populaytion movements and the heath problems that accompany them.

Source ; After an article published in The Telegraph.

https://www.telegraph.co.uk/

Réchauffement climatique : plus d’incendies de végétation signifie plus d’émissions de CO2 // Global warming : more wildfires means higher CO2 emissions

Les médias ont diffusé des images spectaculaires et dramatiques des incendies qui ont ravagé la Grèce, avec d’énormes dégâts aux zones habitées et aux infrastructures. Avec des vagues de chaleur plus fréquentes avec le réchauffement climatique, on observe des incendies de végétation dans de nombreuses régions du monde, même dans l’Arctique où des « feux zombies » continuent de brûler en hiver.
Une nouvelle étude – la première du genre – réalisée par l’Université d’East Anglia et d’autres institutions basées en Grande-Bretagne nous informe que les incendies de forêt ont laissé échapper des quantités importantes de CO2 en 2023-2024. L’étude, intitulée « State of Wildfires », a été publiée dans la revue Earth System Science Data.
Les incendies dans les zones naturelles ont provoqué 8,6 milliards de tonnes d’émissions de CO2 dans le monde entre mars 2023 et février 2024, soit 16 % de plus que la moyenne. Une saison d’incendies relativement calme dans la savane africaine a empêché la saison 2023-2024 de battre un nouveau record d’émissions de CO2 au niveau mondial.
Les émissions de CO2 pendant les incendies dans les forêts boréales du Canada ont été plus de neuf fois supérieures à la moyenne des deux dernières décennies. Elles ont contribué à près d’un quart des émissions mondiales. Dans le seul Canada, les incendies ont entraîné l’évacuation de 232 000 personnes et huit pompiers ont perdu la vie. D’autres régions du monde ont été victimes d’incendies à grande échelle, comme l’Amazonie avec le Brésil, la Bolivie, le Pérou et Venezuela. Le feu a également ravagé l’île de Maui à Hawaï ainsi que la Grèce.
Les auteurs de l’étude expliquent que le réchauffement climatique a rendu plus probables les conditions météorologiques favorisant les incendies. Ils ont constaté que l’influence humaine a augmenté d’au moins un facteur 20 la probabilité de conditions météorologiques propices aux incendies dans l’ouest de l’Amazonie. Si l’humanité continue de produire de grandes quantités de gaz à effet de serre, les incendies gigantesques deviendront plus fréquents. Selon une étude publiée en juin 2024 dans Nature Ecology & Evolution, au cours des deux dernières décennies, avec le réchauffement de la planète causé par l’activité humaine, la fréquence et l’intensité des incendies de forêt extrêmes ont plus que doublé dans le monde.
Source : Médias d’information internationaux.

Incendie de forêt en Californie (Crédit photo: U.S. Forest Service)

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Incendies de forêt au Canada

En 2024, les incendies de forêt au Canada ont été le prolongement de ceux de 2023 qui avaient battu des records. Le pays a connu une saison des incendies inhabituellement longue en 2023, avec des foyers jusqu’à l’automne. Des incendies « zombies » ont couvé pendant l’hiver et environ 150 se sont rallumés dès février 2024. Début mai 2024, de grands incendies de forêt ont éclaté en Alberta, en Colombie-Britannique et au Manitoba. Peu de temps après, d’autres ont également éclaté en Saskatchewan, dans les Territoires du Nord-Ouest et à Terre-Neuve-et-Labrador.
Les incendies de 2024 ont forcé l’évacuation de dizaines de milliers de personnes dans des localités à travers le pays, dont plus de 7 000 à Labrador City et plus de 25 000 à Jasper, en Alberta. L’incendie de Jasper a détruit un tiers des structures de la ville et a été l’une des catastrophes naturelles les plus coûteuses de l’histoire du Canada.
Selon les chiffres publiés début août, la saison des feux de forêt de 2024 devrait connaître la deuxième plus forte émission de carbone après la saison historiquement destructrice de 2023. C’est ce que révèlent les mesures effectuées par le Service de surveillance de l’atmosphère Copernicus qui ont débuté en 2003. La fumée émise par les incendies a réduit la qualité de l’air aux États-Unis et au Canada et a atteint le Mexique et l’Europe. Deux décès liés aux incendies ont été signalés : un pompier tué par la chute d’un arbre en Alberta et un pilote d’hélicoptère dans les Territoires du Nord-Ouest qui s’est écrasé alors qu’il participait à la lutte contre les feux de forêt.
Source : Canadian Forest and Firefighter Services.

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The media have relaesed dramatic pictures of the wildfires that ravaged Greece, with huge damage to residential areas and infrastructure. With hetwaves becomeing more frequent with global warming, wildfires are observed in many regions of the world, even in the Arctic whre ‘zombie fires’ are burning even in winter.

A new study – the first of its kind – acrried out by the University of East Anglia and other institutions based in Britain informs us that wildfires released significant quantities of CO2 into the air in 2023-2024. The study, entitled « State of Wildfires », was published in the journal Earth System Science Data.

Fires in natural areas caused 8.6 billion tonnes of CO2 emissions worldwide between March 2023 and February 2024, which is 16 percent above average. Only a relatively calm fires season in the African savannah prevented the 2023-2024 season from breaking a fresh record for CO2 emissions at the global level.

Emissions from fires in Canada’s boreal forests were more than nine times greater than the average over the past two decades. They contributed to almost a quarter of global emissions. In Canada alone, the fires forced the evacuations of 232,000 people and eight firefighters lost their lives.

Other areas that also suffered included the Amazon (Brazil, Bolivia, Peru, Venezuela), Hawaii (mainly on the island of Maui) and Greece.

The authors of the study concluded that global warming has made weather conditions favouring the fires more likely. They found that human influence has increased by at least a factor of 20 the probability of weather conditions conducive to fires in the western Amazon. If humanity continues to produce large amounts of greenhouse gas, major fires will become more likely. According to a study published in June 2024 in Nature Ecology & Evolution, over the past two decades as human activity has warmed the planet, the frequency and intensity of extreme wildfires has more than doubled worldwide.

Source : International news media.

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Wildfires in Canada

The 2024 wildfires in Canada began as an extension of the record-setting 2023 wildfires. The country experienced an unusually long fire season in 2023 that had extended into the autumn; these ‘zombie ‘ fires smouldered through the winter and about 150 re-ignited as early as February 2024. By early May 2024, large wildfires had broken out in Alberta, British Columbia, and Manitoba. Soon after, there were also significant fires in Saskatchewan, the Northwest Territories, and Newfoundland and Labrador.

The 2024 fires have forced the evacuation of tens of thousands of people in communities throughout the country, including over 7,000 from Labrador City and over 25,000 in Jasper, Alberta. The Jasper wildfire destroyed one-third of the town’s structures and was one of the most expensive natural disasters in Canadian history.

According to the figures released in early August, the 2024 wildfire season is poised to have the second-highest carbon emissions since the Copernicus Atmosphere Monitoring Service measurements began in 2003, behind only the historically destructive 2023 season. Smoke from the fires has reduced air quality through the United States and Canada and has reached as far as Mexico and Europe. There have been two fatalities reported related to the fires: one firefighter killed by a falling tree in Alberta, and a helicopter pilot in the Northwest Territories who crashed while assisting with wildfire management.

Source : Canadian Forest and Firefighter Services.