Le Pavlof (Iles Aléoutiennes) il y a un an… // Pavlof volcano one year ago…

drapeau francaisIl y a un an, le 13 mai 2013, le Pavlof entrait en éruption. Quelques jours plus tard, l’ISS survolait la région et la NASA mettait en ligne le 18 mai plusieurs images spectaculaires de cet événement. Vous les découvrirez en cliquant sur ce lien :

http://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=81205&eocn=home&eoci=iotd_grid

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drapeau anglaisOne year ago, on May 13th 2013, an eruption was beginning on Pavlof volcano. A few days later, the ISS was flying over the region and NASA released a few dramatic images of the event. Just click on this link to see them:

http://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=81205&eocn=home&eoci=iotd_grid

Le Mont Rainier (Etats Unis) & le Nevado del Ruiz (Colombie)

drapeau francaisPierce est un comté de l’État de Washington, avec une population d’environ 795 000 habitants. C’est ici que se dresse le Mont Rainier, le plus haut volcan de la Chaîne des Cascades. Sa dernière éruption a eu lieu entre 1820 et 1854. Il n’y a pas de risque imminent d’éruption à l’heure actuelle, mais les géologues s’attendent à ce que le volcan se réveille un jour ou l’autre. Si cela devait se produire, des parties du comté de Pierce et de la vallée de la Puyallup seraient exposées aux lahars  Un système d’alerte a été mis en place en 1998 pour faciliter l’évacuation de la vallée de la Puyallup en cas d’éruption.
Afin de mieux comprendre les risques qui seraient associés à une éruption du Mont Rainier, 10 délégués représentant le comté de Pierce et l’État de Washington  sont allés en Colombie pour en savoir plus sur les lahars et la gestion des catastrophes. En effet, les lahars provoqués par l’éruption du Nevado del Ruiz ont enfoui sous la boue la ville d’Armero le 13 novembre 1985 en tuant plus de 20 000 personnes.
Le Mont Rainier et le Nevado del Ruiz sont tous deux des volcans imposants, avec une calotte de neige et de glace à leur sommet. Orting, à l’Est du comté de Pierce, a une population de plus de 6700 habitants et se trouve tout près du Mont Rainier. Orting et Armero sont situées à la même distance des volcans, et les deux villes se trouvent au pied de vallées étroites.
Aujourd’hui, les dix émissaires envoyés en Colombie réfléchissent à leurs points communs avec le Nevado del Ruiz et informent le public. Ils mettent également en place des programmes de sensibilisation sur les risques liés aux lahars. Ce mois-ci, l’USGS va installer de nouveaux panneaux dans la vallée de la Puyallup, l’une des plus exposées aux coulées de boue. Les nouveaux panneaux donneront des informations sur les procédures d’évacuation, les zones menacées par les lahars, etc. La sensibilisation aux lahars se poursuivra comme d’habitude, avec deux fois par an des exercices d’évacuation de l’école d’Orting et des tests réguliers des 31 sirènes dans les localités à risques.
Source: The News Tribune.

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drapeau anglaisPierce County is a county in the State Washington with a population of about 795,000. It is notable for being home to Mount Rainier, the tallest volcano in the Cascade Range. Its most recent recorded eruption was between 1820 and 1854. There is no imminent risk of eruption, but geologists expect that the volcano will erupt again. If this should happen, parts of Pierce County and the Puyallup Valley would be at risk from lahars. The Mount Rainier Volcano Lahar Warning System was established in 1998 to assist in the evacuation of the Puyallup River valley in case of eruption.

In order to better understand the risks that would be associated with an eruption of Mount Rainier, 10 local and state officials – about half from Pierce County – travelled to Colombia to learn more about lahars and disaster response. Indeed, lahars triggered by an eruption of the Nevado del Ruiz volcano buried an entire community in Armero on November 13th, 1985. More than 20,000 lives were lost.

Mount Rainier and Nevado del Ruiz are both large, ice-clad volcanoes. Orting, the East Pierce city of more than 6,700 in the shadow of Mount Rainier, and Armero are located similar distances from their mountains, and both communities are connected to the base of the peaks by narrow valleys.

Now, the ten officials are reflecting on their relationship with the Nevado del Ruiz area, sharing it with the public. They’re also building awareness of lahar risks. This month, the U.S. Geological Survey will install new signs in the Puyallup Valley, one of the most exposed to the mudflows. The new signs will share information about evacuation, lahar hazard zones and more. Traditional lahar preparations will continue as usual, including Orting’s biannual school evacuation drills and regular tests of 31 sirens in at-risk communities.

Source: The News Tribune.

Rainier-sommet

Sommet du Mont Rainier

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Maquette de sensibilisation au risque de lahars (Visitor’s Center du Mont Rainier

[Photos:  C.  Grandpey]

Il y a 34 ans, le Mont St Helens explosait // 34 years ago, Mount St Helens was exploding

drapeau francaisCe dimanche 18 mai 2014 marque le 34ème anniversaire de l’éruption cataclysmale du Mont St Helens le 18 mai 1980. A cette occasion, le journal The Portland Oregonian rappelle une trentaine de faits marquants à propos du volcan. En voici quelques uns qui ont retenu mon attention :

– Au cours des 4000 dernières années, le St Helens est entré en éruption plus souvent que n’importe quel autre volcan de la Chaîne des Cascades.

– En 1792, le Capitaine George Vancouver a donné son nom actuel au volcan en référence à l’ambassadeur britannique en Espagne, Alleyne Fitzherbert, également connu sous le nom de Baron St Helens.

– En 1975, des géologues de l’USGS avaient prédit que le Mont St Helens entrerait en éruption « probablement avant la fin du siècle ».

– Le 20 mars 1980, un séisme de M 4,2 annonce le réveil du volcan après un sommeil de 123 années.

– Au cours du printemps 1980, la poussée du magma fait gonfler le versant nord du St Helens à raison de 1,50 mètre par jour.

– Le matin du 18 mai 1980, le plus important glissement de terrain jamais enregistré sur Terre décapite le sommet du volcan qui perd environ 400 mètres de hauteur. L’événement provoque également un souffle (blast) latéral destructeur.

– En moins de 3 minutes, ce blast latéral, qui se déplace à une vitesse estimée à 480 kilomètres-heure, rase 600 km2 de forêts.

– En moins d’un quart d’heure, un panache de cendre vertical atteint une hauteur de 24 km.

– Au cours de l’après-midi du 18 mai, le panache de cendre plonge dans l’obscurité la partie orientale de l’Etat de Washington et il faut allumer les réverbères dans les rues de Yakima et Ritzville.

– Poussé vers l’est, le nuage de cendre met trois jours pour traverser les Etats-Unis et 15 jours pour faire le tour de la Terre.

– Les lahars font déborder les rivières, détruisent 27 ponts et quelque 200 maisons.

– Des milliers d’oiseaux et de mammifères périssent pendant l’éruption.

– Les arbres et les plantes de petites taille qui se trouvent sous la neige de l’hiver, ainsi que les racines des arbres protégées par le sol, sont épargnés et retrouvent bientôt une nouvelle vie. La zone dévastée par l’éruption est devenue aujourd’hui un habitat très riche où prospèrent plantes et animaux.

– Entre la fin du printemps et l’automne 1980, plusieurs explosions secouent le Mont St Helens : le 25 mai, le 12 juin, le 22 juillet, le 7 août, ainsi que du 16 au 18 octobre, avec des retombées de cendre sur les localités autour du volcan.

– 1982 : Le Mont St Helens est élevé au rang de National Monument pour permettre aux gens d’observer les ravages provoqués par l’éruption, mais aussi le remarquable retour de la Nature.

– Entre octobre 1980 et 1986, 17 épisodes éruptifs entraînent le début de remplissage du cratère par un dôme de lave qui dresse ses 263 mètres au-dessus du plancher.

-Après 1986, la neige et les roches qui se sont accumulées dans le cratère à l’abri du soleil permettent la formation du Crater Glacier, le plus jeune glacier au monde.

– En septembre 2004, le Mont St Helens se réveille à nouveau avec une éruption qui dure jusqu’en janvier 2008.

– Entre octobre 2004 et janvier 2008, les dômes de lave ne cessent de croître dans le cratère. Ils poussent le glacier qui se divise en deux lobes qui se mettent à avancer sur la pente à raison de 1,80 mètre par jour. Ils se rejoignent en aval du dôme de lave un peu plus de trois ans plus tard.

– Au cours des éruptions 1980 – 1986 et 2004 – 2008, la lave sort lentement sur le plancher du cratère et construit des dômes plus hauts que l’Empire State Building. Au cours de ce processus,  elle récupère 7% du volume perdu en 1980.

– Le Mont St Helens est devenu un laboratoire de renommée mondiale pour l’étude des phénomènes terrestres et la faculté de la Nature à se relever après une catastrophe.

En cliquant sur ce lien, vous verrez une galerie de photos aériennes prises pendant l’éruption du 18 mai 1980:

http://www.oregonlive.com/pacific-northwest-news/index.ssf/2014/05/mount_st_helens_eruption_the_s.html

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drapeau anglaisToday Sunday May 18th 2014 marks the 34th anniversary of the cataclysmal eruption of Mount St Helens on May 18th 1980. On that occasion, the newspaper The Portland Oregonian reminds its readers of about 30 striking facts about the volcano. Here are a few of them that have drawn my attention:

– During the past 4,000 years, Mount St. Helens has erupted more frequently than any other volcano in the Cascade Range.

 – In 1792, Captain George Vancouver named the volcano for Britain’s ambassador to Spain, Alleyne Fitzherbert, also known as Baron St. Helens. – In 1975, U.S. Geological Survey geologists forecast that Mount St. Helens would erupt again, “possibly before the end of the century.” – On March 20th 1980,  an M 4.2 earthquake signalled the reawakening of the volcano after 123 years. – During the spring 1980, rising magma pushed the volcano’s north flank outward 1,50 metres per day. – In the morning of May 18th 1980, the largest terrestrial landslide in recorded history reduced the summit by 400 metres and triggered a destructive lateral blast. – Within 3 minutes, the lateral blast, travelling at more than 480 kilometres per hour, blew down and scorched 600 square kilometres of forest. – Within 15 minutes, a vertical plume of volcanic ash rose over 24 km. – During the afternoon of May 18th, the ash cloud turned daylight into darkness in eastern Washington, causing streetlights to turn on in Yakima and Ritzville. – The volcanic ash cloud drifted east across the United States in 3 days and encircled Earth in 15 days. – Lahars filled rivers, damaging 27 bridges and 200 homes.- Thousands of birds and mammals perished in the eruption. – Small plants and trees beneath winter snow, and roots protected by soil, survived the eruption and now thrive. The landscape devastated by the eruption has evolved into a rich and diverse habitat for plants and animals – Between the end of spring and the autumn 1980, explosive eruptions on May 25th, June 12th, July 22nd, August 7th, and October 16th –18th rocked Mount St. Helens and sent ash to distant communities. – 1982: Mount St. Helens National Volcanic Monument was established for all to observe both the awesome destruction and the remarkable recovery of Nature. – From October 1980 to 1986, 17 eruptive episodes began filling the crater, building a lava dome that reached 263 metres above the crater floor. – Since 1986, snow and rock accumulating in the deep, shaded crater formed Crater Glacier, the youngest glacier on Earth. – In September 2004, Mount St. Helens reawakened, and it erupted continuously until January 2008. – From October 2004 to January 2008, growing lava domes displaced and then divided Crater Glacier into east and west lobes. The ice lobes moved downslope as fast as 1,80 metres per day, converging below the lava dome a little more than three years later. – During the 1980 to 1986 and the 2004 to 2008 eruptions, lava oozed onto the crater floor, building domes taller than the Empire State Building and restoring 7 percent of the volume lost in 1980. – Mount St. Helens remains a world-famous natural laboratory for the study of Earth’s processes and also Nature’s response to catastrophe.

By clicking on this link, you will see a gallery of aerial photos taken during the eruption of May 18th 1980:

http://www.oregonlive.com/pacific-northwest-news/index.ssf/2014/05/mount_st_helens_eruption_the_s.html

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Vue de l’éruption du St Helens  (Crédit photo:  USGS)

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Dôme encore actif et Crater Glacier en 2008  (Photo:  C. Grandpey)

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Année après année, la Nature reprend ses droits…; (Photo:  C. Grandpey)

Fonte accélérée des glaciers de l’Antarctique occidental // Accelerated melting of West Antarctica glaciers

drapeau francaisSelon le National Geographic – information relayée en France par le magazine Le Point – la fonte des grands glaciers de l’Ouest Antarctique s’accélère sous l’effet du réchauffement climatique et paraît irréversible. C’est la conclusion de deux études qui viennent d’être publiées le 12 mai 2014.

La première, à paraître dans la revue Geophysical Research Letters, s’appuie sur des données collectées pendant 40 années d’observations et qui indiquent que le recul des glaciers de la Mer d’Amundsen, «a atteint un point de non-retour». La fonte des six plus grands glaciers de cette région, Pine Island, Thwaites, Haynes, Smith, Pope et Kohler, contribue déjà à la montée des océans en libérant presque autant de glace annuellement dans l’océan que toute la banquise du Groenland. Ces glaciers contiennent suffisamment d’eau pour faire monter le niveau des océans de 1,20 mètre et ils fondent plus vite que ne le prévoyaient la plupart des scientifiques.

Comme je l’avais déjà indiqué à propos du Columbia Glacier en Alaska, en fondant, les glaciers s’allongent et leur épaisseur diminue, ce qui réduit leur masse, les sépare de plus en plus du socle rocheux et les fait glisser plus vite. Selon un des chercheurs qui ont réalisé l’étude, «l’effondrement des masses de glace de cette partie de l’Antarctique paraît ainsi être irréversible».

La deuxième étude, parue dans la revue Science, s’est focalisée sur le glacier Thwaites, le plus massif de l’Antarctique occidental, avec 120 kilomètres de largeur. Les chercheurs ont établi des cartes topographiques détaillées et procédé à une modélisation informatique montrant que la désintégration de ce glacier a déjà commencé. Le glacier Thwaites va probablement disparaître d’ici quelques siècles, faisant monter le niveau des océans de près de 60 centimètres. Les simulations informatiques semblent indiquer une accélération de ce glacier dans le futur, sans aucun mécanisme de stabilisation en vue, ce qui confirme les résultats de l’étude mentionnée précédemment.

Selon ce modèle, l’effondrement du glacier Thwaites pourrait intervenir au plus tôt dans 200 ans, et au plus tard dans plus d’un millénaire selon la rapidité du réchauffement de la planète, mais le scénario le plus probable se situe entre 200 et 500 ans.

Un chercheur confirme ce pronostic en déclarant : «Toutes nos simulations montrent que la fonte du glacier fera monter le niveau de l’océan de moins d’un millimètre par an pendant 200 ans, avant de commencer à se désintégrer et à disparaître». A certains endroits, le glacier Thwaites perd plusieurs mètres d’altitude par an alors qu’il avait connu une période de quasi-stabilité jusqu’en 2006. Au cours des années suivantes,  il s’est déplacé vers l’océan à une vitesse de 0,8 kilomètre par an, soit 33% plus rapidement que précédemment.

Le problème, c’est que si l’un des 6 glaciers côtiers mentionnés ci-dessus disparaît, il est fort probable que les autres feront de même, étant donné que les systèmes glaciaires de l’Ouest Antarctique sont interconnectés. Si toute cette glace venait à fondre, le niveau de la mer grimperait de 3,30 mètres !

A méditer.

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drapeau anglaisAccording to the National Geographic – a piece of information relayed in France by Le Point – the melting of glaciers in West Antarctica is accelerating under the effect of global warming and seems to be irreversible. This is the conclusion of two studies recently published on May 12th 2014.
The first study, to be published in the journal Geophysical Research Letters, is based on data collected during 40 years of observations and that indicate that the retreat of glaciers in the Amundsen Sea « has reached a point of no return ». The melting of the six largest glaciers in this region, Pine Island, Thwaites, Haynes, Smith, Pope and Kohler, is already contributing to the rising of the oceans by releasing almost as much ice into the ocean annually as the entire ice sheet of Greenland. These glaciers contain enough water to raise sea level by 1.20 metres and they are melting faster than predicted by most scientists .
As I already wrote about the Columbia Glacier in Alaska, while they are melting, glaciers are extending and getting thinner, which reduces their mass, separates them more and more the bedrock and makes them slide faster. According to one of the researchers who conducted the study, « the collapse of the ice masses of Antarctica appears to be irreversible. »
The second study, published in the journal Science, focused on the Thwaites Glacier, the most massive of West Antarctica, with a width of 120 kilometres. Researchers have established detailed topographic maps and performed a computer model showing that the disintegration of the glacier has begun. The Thwaites Glacier will probably disappear within a few centuries, raising sea levels by up to 60 centimetres. Computer simulations suggest an acceleration of the glacier in the future, without any mechanism for stabilization, which confirms the results of the above-mentioned study.
In this model, the collapse of the Thwaites Glacier could intervene as soon as 200 years or in more than a thousand years, depending on the speed of global warming, but the most likely scenario is between 200 and 500 years.
A researcher confirms this prediction, saying: « All our simulations show that the glacier will raise the sea level by less than a millimetre per year for 200 years, before starting to disintegrate and disappear. » In some places, the Thwaites Glacier loses several metres per year while it experienced a period of relative stability until 2006. During the following years, it moved towards the ocean at a speed 0.8 kilometre per year, or 33 % faster than before.
The problem is that if one of the six coastal glaciers disappears, it is likely that the others will do the same as the glacial systems of West Antarctica are interconnected. If all this ice were to melt, the sea level would rise by 3.30 metres !

Glaciers-Antarctique

Source:  British Antarctic Survey.