18 mai 1980, le jour où le Mont St Helens a explosé (2ème partie) // May 18th, 1980, the day when Mount St Helens exploded (part 2)

Comme je l’ai écrit dans ma note du 28 avril 2020 consacrée à l’éruption du Mont St Helens en 1980, un renflement impressionnant est apparu dès le début du mois d’avril sur le flanc nord du volcan. En une semaine, le cratère avait atteint environ 400 m de diamètre et deux systèmes de fractures impressionnantes cisaillaient toute la zone sommitale. Des épisodes éruptifs se produisaient à raison d’un événement en moyenne en mars et environ un par jour le 22 avril 1980, lorsque prit fin la première période d’activité.

Crédit photo : USGS

De petites séquences éruptives ont repris le 7 mai et se sont poursuivies jusqu’au 17 de ce mois. À ce moment-là, plus de 10 000 séismes avaient été enregistrés sur le volcan et le flanc nord avait gonflé d’environ 140 mètres pour former un renflement proéminent. Dès le début de l’éruption, le renflement a progressé plus ou moins horizontalement, à raison d’environ 2 mètres par jour. Il était clair du magma s’élevait à l’intérieur du volcan. En fait, sous le renflement visible en surface se cachait un cryptodôme, autrement dit une intrusion magmatique qui n’avait pas encore percé la surface.

Sans signes précurseurs, un séisme de magnitude M 5,1 a secoué le volcan à 8 h 32 le 18 mai 1980 et s’est accompagné d’une série rapide d’événements. En même temps que le séisme, le renflement sur le flanc nord et le sommet du volcan ont glissé pour donner naissance à un énorme glissement de terrain d’une taille encore jamais observée sur Terre. Un petit panache éruptif sombre et riche en cendre est apparu directement à la base de l’escarpement formé par l’avalanche de débris, tandis qu’un autre s’échappait du cratère sommital et montait jusqu’à environ 200 m de hauteur. Une partie de l’avalanche de débris s’est dirigée vers les crêtes au nord, mais la plus grande partie s’est dirigée vers l’ouest et s’est engagée sur 23 km dans la vallée de la North Fork Toutle River où elle a déposé des hummocks, reliefs de plusieurs dizaines de mètres de hauteur, que l’on peut encore observer aujourd’hui. Le volume de matériaux transportés par les avalanches est estimé à environ 2,5 km3.

Crédit photo : USGS

Photo : C. Grandpey

 Le glissement de terrain a fait disparaître le flanc nord du Mont St. Helens, y compris une partie du cryptodôme qui s’était formé à l’intérieur du volcan. La disparition du cryptodôme a entraîné une dépressurisation soudaine du système magmatique et déclenché un blast – de puissantes éruptions latérales – qui a arraché la partie supérieure du cône sur 300 mètres de hauteur. Lorsque ce blast a dépassé l’avalanche de débris mentionnée précédemment; il a accéléré pour atteindre une vitesse d’au moins 480 kilomètres à l’heure. En quelques minutes, un nuage éruptif a commencé à s’élever de l’ancien cratère sommital et a atteint en moins de 15 minutes une hauteur de plus de 24 km.

Crédit photo : USGS

Le blast a dévasté une zone sur près de 30 km d’ouest en est et sur plus de 20 km au nord de l’ancien sommet. Dans une zone s’étendant à une dizaine de kilomètres du sommet, il ne restait pratiquement plus d’arbres de ce qui était autrefois une belle forêt dense. Juste au-delà de cette zone, tous les arbres sur pied ont été projetés au sol, brisés comme des allumettes. A la limite extérieure de l’éruption, les arbres ont été complètement brûlés sur pied. La zone dévastée de 600 km2 a été recouverte d’un dépôt de matériaux chauds propulsés par l’explosion.

Troncs d’arbres sur le Spirit Lake

(Photos : C. Grandpey)

En disparaissant, le cryptodôme et le flanc du volcan ont mis à l’air libre le conduit d’alimentation du Mont St. Helens, entraînant une énorme libération de pression. Cette brutale dépressurisation dans le conduit éruptif a permis au magma de se précipiter vers l’extérieur. Moins d’une heure après le début de l’éruption, la dépressurisation dans le conduit éruptif a déclenché une éruption plinienne qui a envoyé un énorme panache de tephra dans l’atmosphère. Des coulées pyroclastiques en provenance du cratère ont dévalé la pente du volcan  à 80 – 130 km / h et se sont propagées jusqu’à 8 km au nord.
Cette phase plinienne s’est poursuivie pendant 9 heures, avec une très haute colonne étuptive, de nombreuses coulées pyroclastiques et des retombées de cendres dans les zones sous le vent. À la fin de la phase plinienne, un nouvel amphithéâtre de 1,9 x 2,9 km, orienté vers le nord, était apparu au sommet du volcan.

Crédit photo : USGS

Au cours de la journée, les vents dominants ont emporté la cendre vers l’est, à travers les Etats-Unis. Une obscurité totale a envahi Spokane,  dans l’Etat de Washington, à 400 km du volcan. Des retombées de cendres importantes ont été observées jusque dans le centre du Montana, avant d’atteindre les grandes plaines du centre des États-Unis, à plus de 1 500 km. Le nuage de cendres a traversé les États-Unis en trois jours et a fait le tour de la Terre en 15 jours.
Source: USGS.

————————————————-

As I put it in my post of 28 April 2020, an impressive bulge had appeared on the north flank of Mount St Helens. Within a week the crater had grown to about 400 m in diameter and two giant crack systems crossed the entire summit area. Eruptions occurred on average from about 1 per hour in March to about 1 per day by April 22nd, 1980 when the first period of activity ceased.

Small eruptions resumed on May 7th and continued to May 17th. By that time, more than 10,000 earthquakes had shaken the volcano and the north flank had grown outward about 140 m to form a prominent bulge. From the start of the eruption, the bulge grew outward, nearly horizontally, at consistent rates of about 2 metres per day. It was clear that magma had risen high into the volcano. In fact, beneath the superficial bulge was a cryptodome that had intruded into the volcano’s edifice, but had yet to erupt on the surface.

With no immediate precursors, a magnitude M 5.1 earthquake occurred at 8:32 a.m. on May 18th, 1980 and was accompanied by a rapid series of events. At the same time as the earthquake, the volcano’s northern bulge and summit slid away as a huge landslide. A small, dark, ash-rich eruption plume rose directly from the base of the debris avalanche scarp, and another from the summit crater rose to about 200 m high. The debris avalanche swept around and up ridges to the north, but most of it turned westward as far as 23 km down the valley of the North Fork Toutle River and formed a hummocky deposit. The total avalanche volume is about 2.5 km3.

The landslide removed Mount St. Helens’ northern flank, including part of the cryptodome that had grown inside the volcano. The removal odf the cryptodome resulted in immediate depressurization of the volcano’s magmatic system and triggered powerful eruptions that blasted laterally and removed the upper 300 m of the cone. As this lateral blast of hot material overtook the debris avalanche; it accelerated to at least 480 kilometres per hour. Within a few minutes, an eruption cloud of blast tephra began to rise from the former summit crater. Within less than 15 minutes it had reached a height of more than 24 km.

The lateral blast devastated an area nearly 30 km from west to east and more than 20 km northward from the former summit. In an inner zone extending nearly 10 km from the summit, virtually no trees remained of what was once dense forest. Just beyond this area, all standing trees were blown to the ground, and at the blast’s outer limit, the remaining trees were thoroughly seared. The 600 km2 devastated area was blanketed by a deposit of hot debris carried by the blast.

Removal of the cryptodome and flank exposed the conduit of Mount St. Helens, resulting in a release of pressure on the top of the volcano’s plumbing system. This caused a depressurization wave to propagate down the conduit to the volcano’s magma storage region, allowing the pent-up magma to expand upward toward the vent opening. Less than an hour after the start of the eruption, this loss of conduit pressure initiated a Plinian eruption that sent a massive tephra plume high into the atmosphere. Pyroclastic flows poured out of the crater at 80 – 130 km/hr and spread as far as 8 km  to the north.

The Plinian phase continued for 9 hours producing a high eruption column, numerous pyroclastic flows, and ashfall downwind of the eruption. When the Plinian phase was over, a new northward opening summit amphitheater 1.9 x 2.9 km across was revealed

Over the course of the day, prevailing winds blew the ash eastward across the United States and caused complete darkness in Spokane, Washington, 400 km from the volcano. Major ashfalls occurred as far away as central Montana, and ash fell as far eastward as the Great Plains of the Central United States, more than 1,500 km away. The ash cloud spread across the U.S. in three days and circled the Earth in 15 days.

Source : USGS.

Le Mont St Helens aujourd’hui (Photos : C. Grandpey)

Essaim sismique sur le Mont St Helens mais pas de risque d’éruption // Seismic swarm on Mt St Helens but no risk of an eruption

drapeau-francaisUn essaim sismique enregistré récemment sur le Mont St Helens a donné naissance à un grand nombre d’articles et de reportages dans la presse des Etats-Unis. Certains médias sont allés jusqu’à affirmer qu’une éruption du Mont St Helens pourrait être en préparation. En fait, la situation est loin d’être alarmante et l’USGS a rassuré tout le monde.
Voici les faits: Un essaim sismique incluant plus de 130 petits événements a été enregistré sous le mont St. Helens au cours des huit dernières semaines. La sismicité est en hausse régulière depuis le mois de mars, avec un maximum de près de 40 événements par semaine. Ils ne sont toutefois pas considérés comme dangereux et ne signifient pas le volcan est sur le point d’entrer en éruption. Les responsables de l’USGS précisent que les hypocentres des secousses ont été localisés à une profondeur de 1,5 à 6,4 kilomètres et elles sont trop faibles pour être ressenties à la surface. La plupart ont des magnitudes de M 0,5 ou moins; la plus forte secousse était de M 1,3. De nombreux autres petits séismes ont été détectés, mais ils étaient si faibles qu’ils n’ont pas pu être localisés avec précision. Les scientifiques indiquent que la répartition des séismes sur le Mt St Helens est la même qu’en 2013 et 2014. Selon l’USGS, la chambre magmatique exerce probablement une pression sur la croûte autour et au-dessus tandis que le système se recharge lentement. Bien que les séismes soient actuellement nombreux, les essaims observés dans les années 1990 étaient beaucoup plus significatifs et indiquaient une libération d’énergie beaucoup plus importante.

Une mise au point de l’ USGS indique qu’« aucune émission anormale de gaz, aucun gonflement du sol et aucune sismicité superficielle n’ont été détectés en même temps que l’essaim, et il n’y a aucun signe d’une éruption imminente. La recharge de la chambre magmatique peut se poursuivre pendant de nombreuses années sous un volcan sans qu’une éruption se produise. »
Source: Presse nord-américaine..

—————————————–

drapeau-anglaisA recent seismic swarm on Mt St Helens triggered a lot of articles and reports in the U.S. news media. Some of them went as far as saying that an eruption at Mt St Helens might be in the brewing. Actually, the situation is by no means alarming and USGS has reassured everybody.

Here are the facts: A seismic swarm of more than 130 small events has been detected beneath Mount St. Helens over the past eight weeks. Earthquake rates have been steadily increasing since March, reaching nearly 40 per week, but are not considered dangerous and do not mean the volcano is about to erupt again. USGS officials say the quakes are occuring at a depth of 1.5 to 6.4 kilometres and are too small to be felt at the surface. Most have magnitudes of M 0.5 or less; the largest was M 1.3. Many smaller quakes have been detected but are so weak their locations cannot be pinpointed. Scientists say the pattern is similar to swarms seen at Mount St. Helens in 2013 and 2014. According to USGS, the magma chamber is likely imparting its own stresses on the crust around and above it, as the system slowly recharges. Although the quakes are currently numerous, swarms in the 1990s had much higher earthquake rates and energy release.

A USGS statement indicates that “no anomalous gases, increases in ground inflation or shallow seismicity have been detected with this swarm, and there are no signs of an imminent eruption. Recharge can continue for many years beneath a volcano without an eruption.”

Source: North American news media.

St Helens 2015

Cratère du Mt St Helens en juin 2015 (Photo: C. Grandpey)

Chaîne des Cascades (Etats Unis): Le Mont St Helens // Cascade Range (United States): Mount St Helens

drapeau-francaisLe Mont St Helens offre l’un des paysages les plus spectaculaires des États-Unis.
SH 2015 08
L’éruption du 18 mai 1980 a totalement transformé la région.

SH 2015 01

Crédit photo: USGS

Le souffle de l’explosion a détruit les forêts tandis que d’énormes quantités de matériaux se sont accumulées sur les pentes du volcan.

SH 2015 03

SH 2015 04

SH 2015 05

SH 2015 06

SH 2015 07

Aujourd’hui, la Nature reprend ses droits et les traces de la catastrophe sont encore bien visibles, même si elles sont moins évidentes qu’il y a 20 ans. Elles sont là pour nous rappeler que nous sommes très vulnérables. Le St Helens est calme en ce moment, même si les sismographes tendent à montrer que la chambre magmatique est en train de se recharger. Voici quelques vues de la zone sommitale telle que je l’ai observée en juillet 2015.

SH 2015 09

SH 2015 10

SH 2015 11

SH 2015 12

Je conseille aux visiteurs du Mount St Helens National Volcanic Monument de faire une halte dans les centres d’accueil où sont exposés des documents fort intéressants. Je recommande en particulier une visite au Seaquest / Silver Lake Visitor Center qui présente des expositions d’interprétation et des projections de films informant les visiteurs sur les événements qui ont conduit à l’éruption 1980. Les enfants pourront se glisser à l’intérieur d’une maquette de volcan très pédagogique. Situé au terminus de State Highway 504, le Johnston Ridge Observatory, ainsi nommé en souvenir du volcanologue David Johnston, offre une vue splendide sur le volcan et propose de bonnes expositions.

SH 2015 13

SH 2015 14

SH 2015 15

SH 2015 16

Photos: C. Grandpey

————————————-

drapeau anglaisMount St Helens offers one of the most dramatic landscapes of the United States. The eruption of May 18th 1980 totally transformed the region. The blast of the explosion destroyed the forests while huge amounts of materials accumulated on the slopes of the volcano.
Today, Nature is recovering and the signs of the disaster can still clearly be seen, although they are less obvious than 20 years ago. They are here to remind us that we are very vulnerable. Mt St Helens is currently quiet, although seismographs tend to show that tha magma chamber is refilling.
Visitors to Mount St Helens National Volcanic Monument should not forget the visitor centers where some interesting documents are exhibited. I recommend a visit to the Seaquest / Silver Lake Visitor Center which features walk-through interpretive exhibits and theater programs to educate the visitor on the events that led to the 1980 eruption. A walk-through volcano model is popular with children of all ages. Located at the end of State Highway 504, the Johnston Ridge Observatory, named after volcanologist David Johnston, has an awesome view of the volcano, as well as great exhibits.

Le glacier du Mont St Helens (Etats Unis) …. avec les images!

Après une interruption de plusieurs jours suite à un piratage de la plateforme qui héberge ce blog, tout semble fonctionner de nouveau. Voici ma dernière note avec les images manquantes.

drapeau francaisAlors que la plupart des glaciers dans le monde reculent en raison du réchauffement de la planète, quelques autres parviennent à se développer grâce à des conditions locales très particulières. Le glacier qui est apparu dans le cratère du Mont St Helens est l’un d’entre eux. Ce glacier – tout simplement baptisé Crater Glacier – est probablement l’un des plus jeunes au monde. Il a tellement grandi en taille au cours des deux dernières années qu’il forme maintenant une cascade de glace au-dessus de la vallée.
Les glaciers du Mont St Helens n’ont rien d’extraordinaire. Avant 1980, le volcan était un cône orné d’une douzaine de petits glaciers. La plupart d’entre eux ont été détruits ou ont fondu au cours de l’éruption de mai 1980.
L’ouverture en forme de fer à cheval laissée par l’éruption a fourni un refuge parfait pour héberger un petit glacier. Son orientation vers le nord a permis de protéger la neige du soleil. Une épaisse couche de débris volcaniques s’est accumulée sur le fond du cratère, fournissant un bon isolant contre la chaleur volcanique en dessous. Quand un dôme de magma a commencé à se former – en atteignant près de 270 mètres de hauteur – il a laissé un petit espace le long de la paroi du cratère où la neige a pu s’accumuler. Les chutes de neige habituelles n’auraient pas pu, à elles seules, contribuer à la formation d’un glacier, mais une aide supplémentaire est venue des accumulations de neige et de glace en provenance de la lèvre et les parois, ce qui a parfois multiplié par quatre la quantité de neige initiale dans cette partie du cratère.
C’est en 1988 qu’une couche de neige de plus de 60 mètres d’épaisseur a été observée. En 1996, les premières crevasses se sont formées, preuve que la masse de glace était en mouvement et répondait à la définition d’un glacier.
Les choses ont changé en 2004 quand le volcan s’est réveillé, avec l’édification d’un nouveau dôme. Les scientifiques de l’USGS craignaient que la chaleur de ce dôme fasse fondre le glacier et provoque des lahars dans la vallée. Il n’en fut rien car la glace était tellement bien isolée par sa couche de roches sous-jacente que le glacier a très peu fondu. Au lieu de cela, le nouveau dôme a coincé le glacier contre la paroi du cratère, ce qui a eu pour effet d’épaissir et accélérer son mouvement de descente. En 2005, les bras du glacier autour du dôme avançaient jusqu’à 2,50 mètres par jour. Trois ans plus tard, ils se sont réunis devant l’ancien dôme, l’entourant comme une écharpe. J’ai pu observer cette situation lors d’un survol en hélicoptère (voir photo ci-dessous).
Aujourd’hui, la masse de glace domine la vallée, même si elle est peu visible, même à la jumelle, depuis le Johnston Observatory (voir photo ci-dessous). En effet, près d’un tiers du glacier est constitué de roche. Un petit cours d’eau de fonte baptisé Loowit Creek s’échappe de la base du glacier, faisant le bonheur de bosquets de saules et d’un tapis de lupin sur la plaine de pierre ponce. La glace a, par endroits, une épaisseur d’environ 190 mètres. Mesuré en ligne droite de la source jusqu’à son front, le glacier a environ 2 kilomètres de longueur.
Il convient de noter que la progression du glacier a ralenti considérablement en 2014; elle était alors d’environ 6 centimètres par jour. Il est probable que, une fois que le front du glacier débordera du cratère où il s’abrite, l’accumulation de neige et de glace ne sera pas suffisante pour le faire progresser davantage. Avec les températures chaudes de 2015, il est même possible le glacier commence à régresser.
Des gaz s’échappent parfois parfois du dôme et l’intérieur du glacier est truffé de cavités creusées par la chaleur des fumerolles.
Le cratère et le glacier restent interdits d’accès.
Source: The Seattle Times.

—————————————————

drapeau anglaisAfter a pause of several days due to the hacking of the website that harbours my blog, everything seems to be ok again. Here is my latest note with the images.

While most of the world’s glaciers are retreating because of global warming, a few others manage do grow thanks to very particular local conditions. The glacier that appeared within the crater of Mount St Helens is one of them. This glacier  – prosaically named Crater Glacier – is probably one of the world’s youngest. It has so much grown in size during the past two years that it is now cascading into the valley.Glaciers on Mount St Helens are by no means exceptional. Before 1980, Mount St. Helens was a cone draped with about a dozen small glaciers. Most of them were obliterated or melted during the May 1980 eruption. The horse-shoe shaped opening left by the eruption provided a perfect nest to nurture a baby glacier. Its northward orientation helped shield snow from the sun. A thick layer of loose, volcanic rock accumulated on the crater floor, providing an insulating barrier against volcanic heat rising from below. When a magma dome began bulging upward — eventually growing nearly 270 metres high — it formed a sheltered niche along the crater’s back wall where snow could pile up. Normal snowfall alone can’t account for the glacier’s formation, but an extra boost comes from the loads of snow and ice that slide into the crater off the rim and walls, sometimes quadrupling the original amount of snow in the area.
It was by 1988 that a permanent snowfield more than 60 metres thick appeared in the crater. In 1996, the first crevasses appeared, the evidence that the frozen mass was in motion and met the definition of a glacier.
Things changed in 2004.when the volcano went back to life, building a new dome. USGS scientists feared the heat would liquefy the glacier and send water and mud rampaging through the valleys below. But the ice was so well insulated by its underlying rock layer that very little melted away. Instead, the new dome pinched the glacier against the crater wall. That had the effect of thickening it and accelerating its downhill motion. By 2005, the arms of the horseshoe-shaped glacier were moving as much as 2.50 metres a day. Three years later, the arms met and merged in front of the old dome, forming a doughnut of ice.
Today, the combined mass is creeping farther down the valley. A steady stream of meltwater called Loowit Creek also springs from the base of the glacier, nourishing willow thickets and a carpet of lupine on the once-barren pumice plain below. The ice is about 190 metres thick in places.Measured in a straight line from head to snout, the glacier is about 2 Kilometres long.
It should be noted that the glacier’s advance slowed considerably in 2014 — to about 6 centimetres a day. It is likely that once the toe extends out of the sheltered crater, the accumulation of snow and ice won’t be sufficient to drive it much farther down the mountain. With 2015’s hot temperatures, it’s even possible the glacier could start shrinking.
Toxic gas occasionally escapes from the magma dome, and the interior of the glacier is riddled with cavities carved by the heat from fumaroles.
The crater and glacier remain off-limits to the public.
Source: The Seattle Times.

Le glacier en 2008

LAVE glaciers 01 blog

Le glacier en 2015

LAVE glaciers 02 blog

LAVE glaciers 03 blog

Photos:  C.  Grandpey

Etude approfondie du Mont St Helens (suite) // In-depth study of Mount St Helens (continued)

drapeau francaisComme je l’ai écrit auparavant (voir ma note du 26 juin), les scientifiques américains font actuellement des tests afin d’obtenir une meilleure image du système d’alimentation du Mont St Helens. Le projet est intitulé «Imaging Magma Under St. Helens, » ou IMUSH. Les chercheurs espèrent que les résultats des expériences effectuées au cours des deux prochaines années leur permettront d’améliorer leur capacité à prévoir les éruptions volcaniques. La première partie de la recherche concerne la phase sismique active. Il est appelée ‘active’ car les scientifiques utilisent des explosifs pour créer l’activité sismique. 33 forages ont été effectués selon un agencement précis dans des endroits éloignés autour du volcan. Chaque trou de forage, de 25 mètres ou plus de profondeur, a reçu une charge explosive de 450 ou 900 kg. Les chercheurs ont commencé à provoquer les détonations hier soir, 22 Juillet. Un autre série d’explosions aura lieu dans environ une semaine, une fois que les 3500 capteurs sismiques auront été repositionnés, ce qui doublera le nombre de sites de contrôle. Une série d’images est créée par les ondes sismiques générées sous des angles et des profondeurs différents. Une explosion est l’équivalent d’un séisme de M 2, événement enregistré en moyenne une fois par semaine dans la zone autour du Mont St Helens. Chaque explosion est enregistrée par les 3500 capteurs disposés à l’intérieur d’un cercle qui s’étend de la région de Portland-Vancouver jusqu’au Mont Rainier, soit un diamètre de plus de 150 km. Le Mont St. Helens, qui se trouve à environ 70 km au nord-est de Vancouver, est au milieu de ce cercle. Plus le cercle d’instruments sera vaste, plus la vision à l’intérieur de la Terre sera profonde. Les sismomètres les plus éloignés devraient pouvoir donner aux scientifiques un aperçu de la base de l’alimentation magmatique. À l’heure actuelle, les données recueillies à partir de la surveillance continue ont donné aux scientifiques une assez bonne idée du sous-sol jusqu’à une profondeur de sept ou huit kilomètres. Avec un peu de chance, ils espèrent être en mesure d’aller jusqu’à 100 km sous la surface, là où est généré le magma.

Source: The Columbian.

 ———————————————-

drapeau anglaisAs I put it before (see my note of  June 26th ), US scientists are currently making tests in order to get a better image of Mount St Helens’ plumbing system.

The project is titled « Imaging Magma Under St. Helens, » or IMUSH. Researchers hope what they learn over the next couple of years will improve their ability to forecast volcanic eruptions.

The first part of the research is the active seismic phase. It is called active because the scientists are using explosives to create the seismic activity. 33 boreholes have been drilled in a precise pattern in remote locations around the mountain; each borehole, 25 metres or so deep, is loaded with a 450-kg or 900 kg explosive charge.

Researchers began the detonations last night, July 22nd. Another round will be detonated in about a week, after the 3,500 seismic instruments have been repositioned — doubling the number of monitoring sites. The imagery is created with seismic waves generated from different angles and depths. A blast is the equivalent of no more than an M 2 earthquake, an event the area around Mount St Helens gets on average once in a week.

Each explosion is logged by the 3,500 sensors arrayed within a circle that stretches from the Portland-Vancouver area to Mount Rainier — a diameter of more than 150 km. Mount St. Helens, which is about 70 km northeast of Vancouver, is in the middle of that circle.

The wider the ring of instruments, the deeper into the Earth the researchers will be able to look. The more distant seismometers should give them a glimpse of the bottom of the magma pipeline.

Right now, data collected from ongoing monitoring has given scientists a pretty good idea of the subsurface to a depth of seven or eight kilometres. With luck, the scientists say, they will be able to extend that to 100 km below the surface, where magma is generated.

Source: The Columbian.

St-Helens-et-Rainier

Spirit Lake et le Mont Rainier vus depuis le sommet du St Helens  (Photo:  C.  Grandpey)

Etude approfondie du Mont St Helens (Etats Unis) // In-depth study of Mount St Helens (United States)

drapeau francaisDans une note intitulée « Des explosifs autour du Mont St Helens! »(31 mai 2014), j’indiquais que cet été, en utilisant des techniques développées par l’industrie pétrolière, des chercheurs de plusieurs universités américaines vont faire sauter des charges explosives enfouies à 25 mètres de profondeur dans une vingtaine de puits forés autour du volcan. Ils enregistreront alors l’énergie sismique des explosions sur des milliers de sismomètres portables. L’objectif est de « mieux comprendre comment le magma se fraye un chemin jusqu’au cratère du Mont St. Helens à partir de la zone où les plaques tectoniques Juan de Fuca et nord-américaine entrent en collision et où se forme le magma, à quelque 100 kilomètres sous la surface de la Terre.

Tandis que le magma se fraye un chemin vers la surface, il est possible qu’il s’accumule dans une grande chambre à quelques kilomètres de profondeur. Le trajet entre la source et cette chambre magmatique est presque totalement inconnu et sera sujet principal de l’étude. Le projet, financé par la National Science Foundation, devrait se terminer à l’été 2016. Les scientifiques espèrent que leurs recherches permettront de mieux comprendre les éruptions et donc conduire à une meilleure prévention.
Le projet « Imaging Magma Under St. Helens » comporte trois volets distincts: une étude sismique des sources actives (sources contrôlées), une étude sismique des sources passives (sources naturelles) et une étude magnétotellurique utilisant les fluctuations du champ électromagnétique de la Terre pour produire des images des structures qui se cachent sous la surface.
Les chercheurs commenceront par étudier les sources passives et l’aspect magnétotellurique, tandis que l’étude des sources actives (mesure des ondes sismiques générées par des explosions souterraines) sera effectuée plus tard.
L’étude des sources passives consiste à enterrer des sismomètres sur 70 sites différents à travers une zone de 100 kilomètres de côté centrée sur le Mont St. Helens. Les sismomètres enregistreront les données à partir d’une variété d’événements sismiques, qu’il soit locaux ou éloignés. Les signatures sismiques permettront d’obtenir plus de détails sur les structures géologiques sous le St. Helens.
L’étude magnétotellurique se fera sur 150 sites répartis sur une zone de 200 km du nord au sud et de 180 km d’est en ouest incluant le Mont Rainier et le Mont Adams. La plupart des sites ne seront utilisées qu’une seule journée, avec des instruments enregistrant les signaux électriques et magnétiques destinés à produire des images des structures du sous-sol.

Source : Science Daily.

 ———————————————-

drapeau anglaisIn a note entitled « Explosives around Mount St Helens ! » (May 31st 2014), I explained that this summer, using techniques developed by the oil industry, researchers from several U.S. universities are preparing to set off explosive charges buried in two dozen 25-metre-deep wells drilled around the mountain. They’ll record the seismic energy of the explosions on thousands of portable seismometers. The goal is “to see with greater clarity the details of how magma makes its way to Mount St. Helens’ crater from the area where the Juan de Fuca and North American tectonic plates collide and the magma is created, some 100 kilometres beneath the surface”. As magma works its way toward the surface, it is possible that it gathers in a large chamber a few kilometres beneath the surface. The path from great depth to this chamber is almost completely unknown and is a main subject of the study. The project, funded by the National Science Foundation, is expected to conclude in the summer of 2016.

Scientists hope the research will produce data that will lead to better understanding of eruptions, which in turn could lead to greater public safety.

The Imaging Magma Under St. Helens project involves three distinct components: active-source seismic monitoring, passive-source seismic monitoring and magnetotelluric monitoring, using fluctuations in Earth’s electromagnetic field to produce images of structures beneath the surface.

The researchers are beginning passive-source and magnetotelluric monitoring, while active-source monitoring (measuring seismic waves generated by underground detonations) will be conducted later.

Passive-source monitoring involves burying seismometers at 70 different sites throughout a 100-by-100-kilometre area centered on Mount St. Helens. The seismometers will record data from a variety of seismic events, whether local or distant. Patterns in the earthquake signatures will reveal in greater detail the geological structures beneath St. Helens.

Magnetotelluric monitoring will be done at 150 sites spread over an area running 200 km north to south and 180 km east to west, which includes both Mount Rainier and Mount Adams. Most of the sites will only be used for a day, with instruments recording electric and magnetic field signals that will produce images of subsurface structures.

Source : Science Daily.

St-Helens-blog

(Photo:  C.  Grandpey)

Des explosifs autour du Mont St Helens! // Explosives around Mount St Helens!

drapeau francaisDepuis l’éruption du Mont Saint Helens il y a 34 ans, les scientifiques essayent de comprendre le fonctionnement du volcan.

Cet été, en utilisant des techniques mises au point par l’industrie pétrolière, les chercheurs vont faire sauter des charges explosives enfouies à 25 mètres de profondeur dans une vingtaine de puits forés autour de la montagne. Ils enregistreront alors l’énergie sismique des explosions sur des milliers de sismomètres portables. L’objectif est de « mieux comprendre comment le magma se fraye un chemin jusqu’au cratère du Mont St. Helens à partir de la zone où les plaques tectoniques entrent en collision et où se forme le magma, à quelque 100 kilomètres sous la surface de la Terre ».
L’expérience, d’un coût de 1 million de dollars, fait partie d’un projet de 3 millions de dollars financé en grande partie par la National Science Foundation. En plus des tests avec les explosifs, des spécialistes d’autres disciplines feront des expériences en utilisant des capteurs très sensibles pour enregistrer l’activité sismique naturelle du volcan. Ils vont aussi examiner les propriétés magnétiques et électriques des roches en profondeur, ce qui, selon eux, sera très utile pour identifier le magma.
L’objectif du projet est aussi de «voir» sous le St. Helens et d’observer la zone où la plaque Juan de Fuca s’enfonce sous la plaque nord-américaine. Cette zone de subduction des Cascades est une région qui peut produire des séismes de M 9 lorsque les plaques glissent ou se brisent.
D’un point de vue volcanique, les scientifiques espèrent savoir si le magma s’accumule dans un réservoir dans la croûte ou bien s’il se fraye un chemin vers le haut en suivant un conduit unique et étroit, ou encore s’il fait étape dans une ou plusieurs poches en cours de route. Les réponses à ces questions sont importantes car elles permettraient de mieux interpréter les signaux émis par le volcan lorsque le magma entre en mouvement. Cette connaissance pourrait permettre de prédire les éruptions du Saint- Helens mais aussi d’autres volcans de la chaîne des Cascades, voire du monde entier.

Source : The Herald of Everett.

 ———————————————

Ever since Mount St. Helens’ eruption 34 years ago, scientists have tried to understand how the volcano works.

This summer, using techniques developed by the oil industry, researchers are preparing to set off explosive charges buried in two dozen 25-metre-deep wells drilled around the mountain. They’ll record the seismic energy of the explosions on thousands of portable seismometers. The goal is “to see with greater clarity the details of how magma makes its way to Mount St. Helens’ crater from the area where tectonic plates collide and the magma is created, some 100 kilometres beneath the surface”.

The $1-million experiment is part of a $3-million project, funded mostly by the National Science Foundation. In addition to the explosive testing, specialists in other disciplines are preparing for experiments using enhanced receptors for naturally occurring seismic activity. They’ll also examine the magnetic and electrical properties of rock deep beneath the volcano, which scientists say is a useful guide to identifying magma.

The goal is also to “see” deep below St. Helens to the area where the Juan de Fuca tectonic plate from the Pacific is forced under the North America plate. This Cascade “subduction zone” also is the area that can produce M 9 earthquakes when the plates slip or break.

From a volcanic point of view, scientists hope to understand whether the magma pools in a reservoir at the crust, if it makes its way upward in a single, narrow pipelike conduit or if it collects in one or more underground ponds along the way. Finding answers is important because it will help to better interpret the volcano’s signals when magma is on the move. That knowledge might also help predict eruptions not only at St. Helens but also at other volcanoes in the Cascade Range and around the world.

Source : The Herald of Everett.

St-Helens-blog

Le Mont St Helens  (Photo:  C.  Grandpey)