Première bougie pour le lac au fond de l’Halema’uma’u (Hawaii) // Halema’uma’u’s lake (Hawaii) is one year old

Le 25 juillet 2020 a marqué le premier anniversaire du petit lac qui est apparu ce même jour de 2019 au fond du cratère de l’Halema’uma’u, au sommet du Kilauea. Au cours des douze derniers mois, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) a scruté cette surprenante étendue d’eau qui, après avoir été une petite mare est devenue un petit étang puis un véritable lac, le premier observé dans la caldeira du Kilauea depuis au moins 200 ans.
Le HVO observe et analyse attentivement ce lac en utilisant plusieurs méthodes. Des caméras classiques et thermiques suivent l’évolution de la couleur et de la température à la surface du lac. La couleur est changeante et la température de surface se situe généralement entre 70°C et 85°C. Les mesures effectuées au télémètre laser permettent de suivre l’évolution du niveau du lac qui s’élève régulièrement d’environ 75 centimètres chaque semaine. De plus, deux missions d’échantillonnage de l’eau ont été effectuées à l’aide d’un drone.

On observe de nombreux lacs de cratère sur les volcans de la planète, mais très peu d’entre eux se trouvent sur des volcans basaltiques comme le Kilauea. Le cratère de l’Halema’uma’u, qui s’est effondré lors de l’éruption de 2018, est si profond (environ 500 m) que le plancher se trouve en dessous de la nappe phréatique. En tant que tel, il offre au HVO une fenêtre unique sur une partie du volcan normalement invisible.
Les eaux souterraines n’ont pas rempli tout de suite le cratère de l’Halema’uma’u. C’est normal car il faut du temps pour que l’eau pénètre lentement à travers les pores et les fissures de la roche environnante, et aussi parce que la chaleur du volcan peut faire s’évaporer les eaux souterraines comme elle le fait avec les eaux de surface. Avec le temps, les eaux souterraines ont réussi à se frayer un chemin et le sous-sol s’est refroidi suffisamment pour que l’eau puisse rester à l’état liquide. De la sorte, l’eau peut maintenant s’infiltrer dans le cratère qui continuera à se remplir jusqu’à ce qu’un point d’équilibre soit atteint.
Pendant les premiers mois, l’origine de cette eau est restée un mystère. Les scientifiques du HVO ne savaient pas si elle provenait des eaux souterraines, elles-mêmes alimentées par les précipitations, ou si elle provenait de la condensation de la vapeur d’eau émise par le         magma. La réponse a été apportée par les missions d’échantillonnage à l’aide du drone. L’analyse des isotopes a indiqué que l’eau était d’origine météorique, et provenait donc des précipitations. Alors qu’une petite quantité de pluie tombe directement dans le cratère de l’Halema’uma’u, la majeure partie de l’eau provient des eaux souterraines (des précipitations qui ont percolé à travers le sol) qui s’infiltrent jusqu’au niveau où la nappe phréatique rencontre le cratère.
Avec le temps, les minéraux et les gaz volcaniques se dissolvent dans l’eau et la chimie du lac évolue. Au début, lorsque le lac s’est formé, l’eau était de couleur bleu-vert clair, une couleur que l’on peut encore voir dans certaines zones du lac où l’apport d’eau est le plus important. La surface du lac montre aujourd’hui surtout des nuances d’orange et de marron, probablement en raison des minéraux sulfatés dissous qui sont riches en fer. L’eau n’est pas brassée uniformément et des poches de couleurs, de chimie et de température différentes circulent à l’intérieur du lac.
En plus d’être rare en raison de son existence même, ce lac montre la particularité d’avoir une faible acidité, avec un pH d’environ 4,0, tandis que la plupart des lacs volcaniques sont soit fortement acides (comme le Kawah Ijen en Indonésie, dont le pH est voisin de 0), soit fortement alcalins. A titre de comparaison, le jus d’orange est également légèrement acide avec un pH de 3,5. Il se peut que l’acidité de l’eau soit modérée à ce stade précoce du développement du lac et qu’elle augmentera par la suite.
Au bout d’une année d’existence, le lac couvre désormais une superficie de plus de 2,5 hectares et atteint une profondeur de plus de 40 m.
Source: USGS / HVO.

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July 25th, 2020 was the first anniversary of the water pond that appeared on that same day of 2019 at the bottom of Halema‘uma‘u at the summit of Kilauea Volcano. Over the past twelve months, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) has watched this surprising body of water grow from a tiny pond into a real lake, the first ever observed within the Kilauea caldera in at least 200 years.

HVO closely monitors the lake using a variety of methods. Visual and thermal cameras track the lake’s surface colour and temperature. Colour is variable and the lake surface temperature is hot, usually between 70°C and 85°C. Laser rangefinder measurements track the surface level, which has risen steadily by about 75 centimetres each week. Moreover, two water-sampling missions have been flown using unoccupied aircraft systems.

Crater lakes occur at volcanoes around the world, but very few of those crater lakes occur at basaltic volcanoes like Kilauea. Halema‘uma‘u, which collapsed and deepened during Kilauea’s 2018 eruption, is so deep (about 500 m) that the bottom is actually below the local water table, providing HVO with a unique window into a realm that is normally hidden from direct view.

Groundwater did not rush in and fill the crater immediately because it takes time for water to squeeze through the pores and cracks of the surrounding rock, and because volcanic heat can evaporate groundwater just as it does surface water. With time, the surrounding groundwater slowly squeezed through the voids, and the subsurface cooled enough for water to be able to remain in liquid form and accumulate within this newly exposed subaerial space. Water will continue to flow into the crater, and the lake will continue to get deeper until a point of equilibrium is reached.

For the first few months, the source of the water was not known. HVO scientists did not know whether it came from groundwater, in turn, fed by rainfall, orif it came from the condensation of water vapour released directly from magma. Thee answer was brought by the water sampling missions. Analysis of the isotopes in the water indicated that it was meteoric in origin, meaning that it originally came from rainfall. While a small amount of rain falls directly into the crater, most of the water is coming from groundwater (that started off as rainfall that percolated into the ground) seeping in where the water table intersects the crater.

With time, minerals and volcanic gases dissolve into the water and the lake’s chemistry changes. When the lake first formed it was light blue-green in colour, a colour that is still seen in parts of the lake where there is a higher influx. The surface water is mostly shades of orange and brown now, likely due to dissolved iron-rich sulfate minerals. The water within the lake is not uniformly mixed, and cells of water with different colours, chemistry and temperature are seen to circulate.

Besides being uncommon because of its very existence, this lake is unique in that it is only mildly acidic, with a pH of about 4.0, while most volcanic lakes are either strongly acidic or strongly alkaline. For reference, orange juice is also mildly acidic with a pH of 3.5. The water’s acidity is likely to be moderated at this early stage of development, and it may become more acidic in the future.

Following a year of steady growth, the lake now covers an area of more than 2.5 hectares and reaches a depth of more than 40 m.

Source: USGS / HVO.

Graphique montrant l’évolution du niveau de l’eau dans le lac au cours de l’année écoulée. Les mesures par télémètre laser ont été effectuées 2 à 3 fois par semaine. Les photos permettent de comparer le lac entre le 27 août 2019, alors qu’il avait une profondeur d’environ 7 mètres, et le 7 juillet 2020, jour où il présentait une profondeur d’environ 40 mètres. (Source: USGS).

30ème anniversaire de l’Observatoire des Volcans d’Alaska! // The Alaska Volcano Observatory celebrates its 30th anniversary!

L’Observatoire des Volcans d’Alaska (AVO) est l’une des structures avec lesquelles je suis en contact pour obtenir les dernières nouvelles sur l’activité volcanique à travers le monde. L’AVO m’envoie régulièrement des courriers électroniques quand quelque chose d’anormal se passe dans les Aléoutiennes et ailleurs dans l’État.
Cette année, l’Observatoire des Volcans d’Alaska célèbre son 30ème anniversaire. L’Observatoire est le fruit d’une collaboration entre l’Université d’Alaska à Fairbanks, l’USGS et l’Alaska Division of Geological and Geophysical Surveys.

Quelque 90 volcans sont entrés en éruption en Alaska au cours des 10 000 dernières années, assez récemment pour qu’ils soient considérés comme actifs. L’Observatoire surveille essentiellement les volcans proches des zones habitées ou des couloirs aériens.
L’AVO existait depuis un peu plus d’an quand le Redoubt est entré en éruption en 1989. Cette éruption a marqué les esprits car un avion qui faisait la liaison entre Tokyo et Amsterdam via Anchorage, a frôlé la catastrophe en volant trop près du nuage de cendre du Redoubt et ses moteurs ont brusquement cessé de fonctionner. Depuis cette époque, les pilotes se méfient des éruptions volcaniques. Le réseau de surveillance de l’AVO le long des volcans de la chaîne des Aléoutiennes n’est pas forcément essentiel pour les zones habitées, mais il est important pour le trafic aérien. En effet, au moins 50 000 personnes par jour survolent la région et même un volcan isolé peut constituer un risque pour les avions.
L’AVO a débuté en 1988 avec des stations de surveillance sur le Mt. Redoubt, le Mt. Spurr, l’Augustine et le Katmai, mais le réseau de surveillance s’est développé au fil du temps. Les capteurs utilisés par les volcanologues pour étudier les volcans et essayer de prévoir les éruptions sont semblables à ceux utilisés pour détecter les séismes, mais ils doivent être très proches du volcan pour détecter la moindre activité sismique avant une éruption. Ainsi, les scientifiques qui installent ou assurent la maintenance des équipements utilisent un hélicoptère pour s’approcher de la zone où ils installeront les équipements dans un local en fibre de verre.
Certains sites sont plus faciles que d’autres. L’Augustine est relativement facile à visiter, tandis que des volcans comme L’Iliamna et le Mont Spurr sont plus difficiles à approcher sur le plan logistique.
Le 30ème anniversaire de l’Observatoire des Volcans d’Alaska coïncide avec le centenaire du Parc National du Katmai. Le parc a été créé en 1918 pour protéger une zone dévastée par l’éruption de Novarupta, la plus grande éruption volcanique du 20ème  siècle. Des retombées de cendre ont affecté l’Ile Kodiak pendant 60 heures, avec une couche de 30 centimètres. Le nuage de cendre s’est étendu jusqu’à Puget Sound dans l’État de Washington trois jours après le début de l’éruption et a fait chuter la température moyenne d’environ 2 degrés Fahrenheit (1,1°C) dans l’hémisphère nord pendant plus d’un an.
Les chercheurs de l’Alaska Volcano Observatory surveillent également d’autres sites volcaniques dans l’Etat. Ils effectuent des cartographies géologiques des volcans d’Alaska dans le but de comprendre le comportement de ces volcans dans le passé, et d’essayer de prévoir ce qu’ils vont faire dans le futur. Ainsi, sur la Péninsule du Kenai, on peut creuser un trou ou regarder une coupe géologique le long d’une route et détecter des couches de cendre du Redoubt ou de l’Augustine …
L’émergence de nouvelles technologies a permis d’améliorer la surveillance volcanique. L’AVO a installé un capteur de gaz en continu au sommet de l’Augustine – le seul en Alaska – et espère étendre cette technologie dans les années à venir. L’imagerie par satellite a également contribué de manière significative à la détection des nuages de gaz. Les scientifiques commencent également à explorer les volcans en utilisant des drones. Comme l’a dit un chercheur: « Les choses changent constamment ».
Source: Peninsula Clarion.

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The Alaska Volcano Observatory (AVO) is one of the structures I am in touch with to get the latest news about volcanic activity around the world. AVO regularly sends me e-mails when something unusual happens in the Aleutians and elsewhere in the State.

This year, the Alaska Volcano Observatory marks its 30th anniversary. The Observatory  is a collaborative effort between the University of Alaska Fairbanks, the U.S. Geological Survey and the Alaska Division of Geological and Geophysical Surveys.

About 90 volcanoes have erupted in Alaska in the last 10,000 years, recently enough to be considered active. The observatory essenially monitors the volcanoes which are close to people or travel routes.

AVO had only existed for about a year when Mt. Redoubt erupted in 1989. That eruption is often noted because of the near-tragedy of a jet plane flying from Tokyo to Amsterdam via Anchorage, which went briefly into freefall as it flew too close to the ash cloud from the erupting volcano and its engines shut down. Since then, planes have been careful to take volcanic eruptions into account. The observatory’s monitor network along the Aleutian chain volcanoes may not necessarily be applicable for nearby residents, but it is important for air traffic. As many as 50,000 people a day are flying those routes, so even a remote volcano may pose a risk to those flights.

The observatory started out with monitoring stations on Mt. Redoubt, Mt. Spurr, Mt. Augustine and Katmai, but has grown its network over time. The sensors the volcanologists use to study volcanoes and predict eruptions are very similar to the sensors used to detect earthquakes, but they have to be very close to the volcano to detect the subtle seismic activity before an eruption. So the scientists installing or maintaining equipment will fly a helicopter to the volcanoes and look for an area to mount the equipment and a fiberglass hut to house it.

Some sites are easier than others. Mt. Augustine is a relatively easy to site for the researchers, while volcanoes like Mt. Iliamna and Mt. Spurr are more logistically challenging.

The Alaska Volcano Observatory’s 30th anniversary coincides with Katmai National Park’s centennial. The park was established in 1918 in part to protect an area on the Alaska Peninsula devastated by the eruption of Novarupta, the largest known volcanic eruption in the 20th century. Stretched over three days, ash rained down in Kodiak for 60 hours, burying the town in a foot of ash. The ash cloud stretched all the way to Puget Sound in Washington State three days after the eruption began and lowered the average temperatures by about 2 degrees Fahrenheit (1.1°C) in the Northern Hemisphere for more than a year.

The researchers at the Alaska Volcano Observatory do similar work with other volcanic sites around the State. The researchers do basic geological mapping of Alaskan volcanoes, with the goal of understanding what these volcanoes have done in the past, and what they will do in the future. On the Kenai Peninsula, one could go dig a hole or look at a road cut and see layers of Redoubt, Augustine…

The emergence of new technology has helped with monitoring as well. The Alaska Volcano Observatory keeps a continuous gas sensor at the summit of Mt. Augustine, the only one in Alaska, and hopes to expand that technology in the future. Satellite imaging has also helped significantly with detecting chemical dispersions. Scientists are also starting to explore volcanoes by using drones. As one researcher said: “Things are always changing.”

Source: Peninsula Clarion.

Mt Redoubt

Augustine

Vallée des 10 000 Fumées (Parc National du Katmai)

(Photos: C. Grandpey)

 

10ème anniversaire de l’éruption sommitale du Kilauea (Hawaii) // Tenth anniversary of Kilauea Volcano’s summit eruption (Hawaii)

Aujourd’hui, le 19 mars 2018, l’éruption sommitale du Kilauea, dans le cratère de l’Halema’uma’u, célèbre son 10ème anniversaire. Dans un de ses derniers articles, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) raconte l’histoire des éruptions sur ce célèbre site de la Grande Ile.
L’année 1924 sert de référence car elle a mis fin à une période de 100 ans d’activité quasi continue au sommet du Kilauea. Jusqu’en 1924, les éruptions étaient pratiquement une tradition au sommet du volcan. Cependant, au 19ème et au début du 20ème siècle, l’Halema’uma’u ne ressemblait guère à ce qu’il est aujourd’hui. C’était un paysage tourmenté émaillé de dépressions à l’intérieur desquelles apparaissaient des lacs de lave éphémères.
En mai 1924, le lac de lave qui existait depuis longtemps dans l’Halema’uma’u s’est vidangé, avec pour conséquence des éruptions explosives qui ont doublé la taille du cratère dont le diamètre atteignait désormais 900 mètres. Par la suite, l’Halema’uma’u a beaucoup ressemblé à ce qu’il est aujourd’hui, sauf qu’il était presque cinq fois plus profond.
Depuis cette époque, l’Halema’uma’u est entré en éruption à 18 reprises. La première a eu lieu en juillet 1924, avec un événement qui a duré 11 jours et a donné naissance à un petit lac de lave au fond du cratère.
Au cours des dix années suivantes, six éruptions – en 1927, 1929 (à deux reprises), 1930, 1931 et 1934 – ont eu lieu dans le cratère. Leur durée a varié de 2 à 33 jours, mais chaque éruption a ajouté une nouvelles couche de matériaux au fond du cratère. Avec des épaisseurs d’environ 18 mètres en moyenne, l’accumulation de ces couches a réduit la profondeur de l’Halema’uma’u à environ 245 mètres.
La fin de l’éruption sommitale de 1934 a marqué le début de la plus longue période de repos du Kilauea jamais observée. Pendant près de 18 ans, aucune éruption ne s’est produite sur le volcan.
Le Kilauea a rattrapé le temps perdu en juin 1952 lorsque la lave a fait son retour dans l’Halema’uma’u. Cette éruption spectaculaire a duré 136 jours, avec des fontaines de lave qui dépassaient parfois la lèvre du cratère. Lorqu’elle s’est terminée, l’éruption avait ajouté plus de 120 mètres à l’épaisseur du cratère.
Au cours des 30 années suivantes, l’Halema’uma’u est entré en éruption neuf fois – en 1954, 1961 (à trois reprises), 1967, 1968, 1971, 1974, 1975 et 1982. Ces éruptions ont varié considérablement en durée, entre 7 heures et 251 jours.
Aujourd’hui, le plancher de l’Halema’uma’u se trouve à environ 85 mètres en dessous de la lèvre du cratère. La plus grande partie des matériaux recouvrant le fond du cratère a été produite au cours de l’éruption de 1974 qui a duré moins d’une journée. Les fontaines de lave de 1974, d’une hauteur d’une centaine de mètres, sont d’abord apparues sur la lèvre nord-est de l’Halema’uma’u, puis ont migré en suivant une fracture vers le fond du cratère et sa paroi ouest.
En avril 1982, une éruption d’une durée de 19 heures est partie d’une fracture qui s’était ouverte sur le plancher de la caldeira au nord-est de l’Halema’uma’u et a généré de petites fontaines de lave.
Chaque éruption de Halema’uma’u entre 1924 et mars 2008, année où l’éruption actuelle a débuté, a une histoire qui lui est propre. Cependant, la plupart de ces éruptions montrent des caractéristiques souvent semblables à celles que nous connaissons actuellement: émissions de dioxyde de soufre, panaches riches en cendre et mauvaise qualité de l’air; Cependant, seules quelques-unes de ces éruptions ont donné naissance à un lac de lave.
L’histoire de l’éruption et du lac de lave de l’Halema’uma’u est présentée dans une vidéo de 24 minutes qui peut être visionnée sur la chaîne YouTube de l’USGS:
https://youtu.be/gNoJv5Vkumk

Source: HVO.

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Today March 19th, 2018, Kilauea Volcano’s ongoing summit eruption in Halema’uma’u Crater is celebrating its 10th anniversary. In one of its latest Volcano Watch articles, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) is revisiting the history of eruptions in this famous site of Hawaii Big Island.

The year 1924 is used as a frame of reference because it ended a 100 year period of nearly continuous lava lake activity at the summit of Kilauea. Historically, a summit eruption had been the “normal” for Kilauea Volcano. However, in the 19th and early 20th centuries, Halema’uma’u looked much different than it does today. It was an irregular landscape of craggy spires and islands with as many as six transient lava lakes.

In May 1924, the long-lived lava lake that existed in Halema’uma’u drained away, resulting in explosive eruptions that doubled the diameter of the crater to about 900 metres. Afterward, Halema’uma’u looked much the way we see it now, except that it was almost five times deeper than it is today.

Since then, Halema’uma’u has erupted 18 times. The first was in July 1924, when an 11-day eruption formed a small pool of lava on the crater floor.

Over the next 10 years, six eruptions – in 1927, 1929 (two), 1930, 1931, and 1934 – took place within the crater. They varied in duration from 2 to 33 days, but each eruption added a layer of lava to the crater floor. With thicknesses averaging about 18 metres, these layers reduced the depth of Halema’uma’u to about 245 metres.

The end of the 1934 summit eruption marked the beginning of Kīlauea’s longest period of quiet on record. For nearly 18 years, there were no eruptions anywhere on the volcano.

Kilauea made up for lost time when lava returned to Halema’uma’u in June 1952. That spectacular eruption went on for 136 days, with lava fountains sometimes visible above the crater rim. By the time it ended, the eruption had filled the crater with more than 120 metres of new lava.

Over the next 30 years, Halema’uma’u erupted nine times – in 1954, 1961 (three), 1967, 1968, 1971, 1974, 1975, and 1982. These eruptions varied greatly in duration, from about 7 hours to 251 days.

Today, the floor of Halema’uma’u is about 85 metres below the crater rim. Most of the rock covering the crater floor was emplaced during the 1974 eruption, which lasted less than a day. The 1974 lava fountains, up to 100 metres high, initially erupted on the northeast rim of the crater, and then migrated as a fissure across the crater floor and up the west crater wall.

In April 1982, a fissure that opened on the caldera floor northeast of Halema’uma’u erupted low lava fountains for 19 hours.

Each Halema’uma’u eruption between 1924 and March 2008, when the current summit eruption began, has its own unique story. Most of them, however, describe activity strikingly similar to what we are now experiencing: emissions of sulphur dioxide, ash-rich plumes, and poor air quality; however, only a few produced a lake of lava like the one that exists today.

The history of the eruption and lava lake within Halema’uma’u is also presented in a 24-minute video that can viewed on the USGS YouTube channel:

https://youtu.be/gNoJv5Vkumk

Source: HVO.

Explosion dans l’l’Halema’uma’u en 1924 (Source: USGS)

Halema’uma’u en 2006, avec offrandes à Pélé (Photo: C/ Grandpey)

Intérieur de l’Halema’uma’u en 2007 (Photo: C. Grandpey)

Site du futur lac de lave en 2007 (Photo: C. Grandpey)

Overlook Crater en 2011, vu depuis le Jaggar Museum (Photo: C. Grandpey)

Explosion dans l’Overlook Crater en 2011(Crédit Photo: HVO)

Lac de lave de l’Halema’uma’u en 2016 (Crédit photo: HVO)

Bon anniversaire, Monsieur Pu’uO’o! // Happy birthday, Mr. Pu’uO’o!

Aujourd’hui 3 janvier 2018 marque le 35ème anniversaire de l’éruption du Pu’uO’o sur l’East Rift Zone du Kilauea. Depuis son début en 1983, l’éruption a donné naissance à une série de processus volcaniques spectaculaires allant des somptueuses fontaines de lave dans le cratère aux majestueuses entrées de la lave dans l’Océan Pacifique.
Aujourd’hui, l’activité se poursuit de manière stable, même si elle est plutôt réduite ces jours-ci. Aucune lave n’entre actuellement dans l’océan sur le site de Kamokuna et les quelques coulées éphémères sur la plaine côtière demandent de longues marches d’approche pour les atteindre et les admirer. Le niveau du lac de lave dans l’Overlook Crater de l’Halemau’u oscille généralement entre 30 et 40 mètres sous la lèvre du cratère, en fonction des épisodes d’inflation et de déflation de l’édifice volcanique. Aucun changement significatif n’a été observé dans le cratère du Pu’uO’o. Le HVO indique que « l’incandescence persiste au niveau des points chauds qui existent depuis longtemps dans le cratère et au niveau du petit lac de lave dans la partie ouest du cratère ».
Source: HVO.

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Today January 3rd 2018 marks the 35th anniversary of the Pu’uO’o eruption on Kilauea Volcano’s East Rift Zone. Since it began in 1983, the eruption has produced a range of dramatic volcanic processes ranging from high lava fountains to majestic ocean entries.

Today, activity is going on in a stable way, although it is rather low these days. No lava is currently entering the ocean at Kamokuna and the few breakouts on the coastal flat demand long walks to be reached and admired. The level of the lava lake in Halemau’u’s Overlook Crater usually oscillates between 30 and 40 metres beneath the crater rim, according to the inflation and deflation episodes of the volcanic edifice. No significant changes have been observed at Pu’uO’o. HVO indicates that “glow persists at long-term sources within the crater and from a small lava pond on the west side of the crater”.

Source: HVO.

 Activité du lac de lave du Pu’uO’o observée en 2007 (Photo : C. Grandpey)

2017: Centenaire du Parc National du Denali (Alaska) // 100th anniversary of Denali National Park (Alaska)

L’année 2016 a marqué le 100ème anniversaire de la création du service des parcs nationaux aux États-Unis, avec des millions de visiteurs venus participer à des festivités. En cette année 2017, l’Alaska célèbre un autre anniversaire, celui du Denali National Park and Preserve qui a eu 100 ans au mois de février. Moins connu parce que plus loin que Yellowstone, par exemple, le Parc National du Denali est l’une de mes destinations préférées aux États-Unis, bien que les montagnes qui s’y trouvent ne soient pas des volcans.
Le Denali – « celui qui est haut », en langue athapascane – porte ce nom depuis 2015, suite à la décision du Président Obama d’abandonner l’ancienne appellation McKinley. Il avait fasciné en 1908 le conservationniste Charles Sheldon qui avait décidé de plaider la cause de ce «Yellowstone de l’Alaska». D’une superficies de 23 310 kilomètres carrés et reconnu pour sa splendeur sauvage quand le président Woodrow Wilson l’a élevé au rang de Park National en 1917, le territoire du Mont McKinley avait déjà attiré des milliers de personnes désireuses de pénétrer dans un lieu protégé, loin de l’influence humaine. Il symbolisait la faune, les montagnes, et la nature sauvage, contrairement à certains autres parcs populaires situés dans des parties plus accessibles des États-Unis.
Il est vrai que le Parc National du Denali est l’un des endroits les plus accessibles avec son entrée principale le long de la Parks Highway. On trouve tout autour de nombreux terrains de camping et des possibilités d’hébergement. 599 822 personnes ont visité le Parc du Denali en 2016 (j’étais parmi elles!), soit environ 10 000 de plus que l’année précédente et une forte augmentation par rapport aux 388 433 en 2012.
Le Parc est réputé pour sa faune, et les visiteurs espèrent voir le plus grand nombre possible d’espèces animales avant de repartir. Comme en Afrique, la plupart viennent voir les «Big Five» : élan, mouton de Dall, loup, caribou et grizzly. La plupart des animaux sauvages qui vivent dans le parc disposent de 23 000 km2 et ne sont pas dérangés par les humains.
J’ai visité le Parc National du Denali à deux reprises et chaque fois, j’ai éprouvé un grand plaisir à voyager au sein de la toundra, avec des rencontres avec un grizzly ou un élan, et les 6190 mètres du Denali en toile de fond. Les deux visites étaient en septembre, lorsque la toundra vire au rouge et les bouleaux deviennent des îles jaunes dans l’immensité du Parc. J’ai encore à l’esprit les vues sur le Denali et de ses glaciers quelques minutes avant l’atterrissage à l’aéroport d’Anchorage. Il est difficile de comparer le Parc du Denali à celui de Yellowstone. Bien que tous deux soient facilement accessibles, ils sont totalement différents, essentiellement parce qu’il n’y a pas de sources chaudes et de geysers dans le Parc National du Denali. En outre, bien qu’ils soient tous les deux situés dans des zones montagneuses, les paysages sont très différents. La meilleure façon de comparer ces deux parcs nationaux est … de leur rendre visite!

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Last year marked the 100th anniversary of the National Park Service in the United States, with millions of visitors attending festivities to celebrate. But this year is Alaska’s opportunity for a centennial milestone. Denali National Park and Preserve turned 100 in February 2017. Less known and a farther destination than Yellowstone, Denali is one of my favourite destinations in the U.S., although the mountains are not volcanoes.

Encompassing more than 9,000 square miles of alpine tundra, taiga forest, and mountains including North America’s highest peak, Denali has attracted attention since conservationist Charles Sheldon first raised field glasses to his eyes in 1908 and decided to advocate for this « Yellowstone of Alaska. » Defined almost immediately by its wildness when designated by President Woodrow Wilson in 1917, what was then called Mount McKinley National Park attracted thousands of people wanting to experience a place shielded from much human influence. Denali meant wildlife, mountains, and wilderness, unlike popular parks in more accessible parts of the United States.

Denali is one of the most accessible places for Alaska families with an easy-to-reach entrance along the Parks Highway and plenty of campgrounds and lodging options for overnight stays. 2016 brought 599,822 visitors (I was among them!), about 10,000 more than the previous year and a big increase from the 388,433 in 2012.

Denali National Park and Preserve is famous for its wildlife, and visitors want to see as many species as possible before leaving. Like in Africa, the bulk of Denali’s visitors come to see the ‘Big Five:’ moose, Dall sheep, wolves, caribou, and grizzly bear. Most of the wild animals that live in the Park have 6 million acres to roam and explore undisturbed by humans.

I visited Denali National Park and Preserve twice and each time, I felt a great pleasure while travelling across the tundra, with some unexpected encounters with a grizzly or a moose and Denali peak in the background. Both visits were in September when the tundra gets red and the birch trees are yellow islands in the immensity of the Park. I can also remember the views on the mountains and its glaciers a few minutes before landing in Anchorage Ted Stevens Airport. It is difficult to compare Denali with Yellowstone. Although they are both easily accessible, they are quite different, essentially because there are no hot springs and geysers in Denali National Park. Besides, although they are both located in mountainous areas, the landscapes are very different. The best way to compare these two national parks is…to pay them a visit!

Photos: C. Grandpey

 

9ème anniversaire du lac de lave de l’Halema’uma’u (Hawaii) // 9th anniversary of the Halema’uma’u lava lake (Hawaii)

Le HVO nous rappelle que le mois de mars 2017 marque le 9ème anniversaire de l’éruption sommitale du Kilauea, dans le cratère de l’Halema’uma’u. Elle a débuté en mars 2008 et, depuis cette époque, on a assisté à de nombreux changements. La bouche éruptive à l’intérieur de laquelle s’agite le lac de lave (baptisée Overlook Crater) s’est agrandie suite à des effondrements de ses parois, et à cause des explosions qui ont envoyé des projections autour du cratère. Le niveau du lac a fluctué, avec plusieurs débordements sur le plancher de l’Halema’uma’u.
L’année écoulée a été remarquable car le niveau de la lave a monté suffisamment pour permettre de voir sa surface depuis la terrasse du Jaggar Museum. Pendant les années précédentes, la surface de la lave était trop profonde pour être aperçue, et seule une belle lueur rouge était visible de nuit. Le niveau de la lave est fortement remonté au début de l’année 2016 et, au cours de la deuxième moitié de cette année, il a atteint une hauteur suffisante pour être visible depuis la terrasse qui reste le seul endroit autorisé. L’approche du lac de lave est interdite pour des raisons évidentes de sécurité. .
Le lac présente aujourd’hui une belle taille si on le compare à ses débuts et aux autres lacs de la planète. Sa superficie a augmenté lentement depuis 2008, et  elle s’est accrue d’environ 20% dans la seule année 2016. Le lac couvre maintenant environ 40 000 mètres carrés. Il n’existe qu’une demi-douzaine de lac de lave sur Terre : Erebus (Antarctique), Erta Ale (Éthiopie), Nyiragongo (République Démocratique du Congo) et Ambrym (Vanuatu). Parmi ceux-ci, seul le Nyiragongo a des dimensions comparables à l’Halema’uma’u.
Le niveau élevé de la lave n’est pas seulement favorable aux observations par les touristes. Il facilite également de meilleures approches scientifiques. Les volcanologues du HVO ont récemment effectué un certain nombre de travaux qui fournissent des indications précieuses sur le comportement du lac de lave. Par exemple, on sait maintenant qu’il représente une «fenêtre» sur le système magmatique profond, tout en sachant que le lac a sa propre dynamique interne qui vient se superposer sur ces signaux plus profonds.
Le principal problème avec le lac de lave est le vog, acronyme de volcanic fog – brouillard volcanique. Le plus souvent, le panache de gaz est emporté vers le sud-ouest par les alizés, ce qui affecte la qualité de l’air dans le district de Ka’ū et dans la région de Kona. Lorsque les alizés arrêtent de souffler, d’autres parties de l’île d’Hawaï et même de l’Etat dans son ensemble peuvent être concernées par le vog.
On est en droit de se demander si le lac de lave est capable de monter encore plus haut. Il est possible qu’une légère augmentation de la pression du réservoir magmatique – à cause d’une augmentation de l’apport en magma à partir de la source dans le manteau – entraîne une hausse du niveau du lac de lave et provoque son débordement sur le plancher de l’Halema’uma’u. Si la montée de lave et les débordements persistent, ils conduiront vraisemblablement à la formation d’un lac de lave «perché», autrement dit un lac de lave maintenu à l’intérieur de remparts de lave solidifiée. On a déjà observé ce phénomène le long de l’East Rift Zone. Cependant, la plupart des indicateurs montrent que la situation est relativement stable. À l’heure actuelle, il n’y a aucun signe de ralentissement de l’éruption. Alors que l’on approche des dix années d’activité continue du lac de lave, on peut imaginer qu’il existera pendant encore un bon moment.

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HVO reminds us that March 2017 is the 9th anniversary of Kīlauea Volcano’s summit eruption in Halema’uma’u Crater . It began in March 2008 and since that time, countless changes have occurred. The crater enclosing the lava lake (called the Overlook crater) has enlarged through rockfalls, and explosions have thrown spatter around the crater and onto the crater rim. The lava-lake level has fluctuated, leading to several overflows of lava onto the Halema’uma’u Crater floor.

The past year has been a notable one for a simple reason: the lake is now frequently visible from public viewing areas. For most of the eruption, the lake had been too far beneath the crater rim to be seen, and only glow was visible from afar. Lava levels rose sharply at the start of 2016 and during the second half of that year, another rise finally brought the lake high enough that it has been commonly visible from the terrace of the Jaggar Museum which is the only authorised observation point. Any access to the lava lake is forbidden for obvious security reasons. .

The lake today is quite large compared with its modest beginning and compared with other lava lakes around the world. The surface area of the lake has been slowly growing since 2008 and in 2016 it increased about 20%. The lake now covers about 40,000 square metres. Only a half-dozen or so persistent lava lakes exist on Earth, including those at Erebus Volcano (Antarctica), Erta Ale Volcano (Ethiopia), Nyiragongo Volcano (Democratic Republic of the Congo) and Ambrym Volcano (Vanuatu). Of these, only Nyiragongo has dimensions comparable to Halema’uma’u.

The high lava level is not only good for viewing opportunities, but it also facilitates better scientific studies of the lake. HVO scientists and their collaborators have recently completed a number of studies that provide unprecedented insights into lava lake behaviour. For instance, we now know that the lava lake provides a “window” into the deeper magma system in some respects, but at the same time, the lake has its own internal dynamics that are superimposed on these deeper signals.

There is one major drawback with the lava lake: vog. Most often, the gas plume is carried southwest in the trade winds, impacting air quality in the Ka‘ū District and Kona-side of the island. When trade winds break down, other areas of the Island of Hawai‘i and even the entire state can be impacted by vog.

A question that is often asked is : Could the lake rise even higher? It’s possible that a slight increase in magma reservoir pressure – possibly from an increase in magma supply from the mantle source – could push the lake level higher leading to further overflows onto the Halema’uma’u Crater floor. If higher levels and overflows are sustained, they would likely lead to the development of a “perched” lava lake—that is, a lava lake contained within steep levees of solidified lava. However, most monitoring indicators have been relatively steady. Right now, there are no signs of the eruption slowing down. As we approach a decade of continuous lava lake activity, we can imagine that the lava lake could be here for quite a while.

Le cratère de l’Halema’uma’u quelques semaines avant la naissance du lac de lave (Photo: C. Grandpey)

Explosion dans l’Overlook Crater le 7 mars 2011 (Crédit photo: USGS / HVO)

Lueur du lac de lave vue depuis la terrasse du Jaggar Museum en 2013 (Photo: C Grandpey)

Vue du lac de lave le 4 décembre 2016 (Crédit photo: USGS / HVO)

Vue nocturne du lac de lave depuis la terrasse du Jaggar Museum le 17 mars 2017 (Image webcam HVO)

Le Premier Ministre japonais à Pearl Harbor aujourd’hui // Japanese Prime Minister to visit Pearl Harbor today

drapeau-francaisHawaii est certes un archipel volcanique, mais c’est aussi un Etat américain chargé en Histoire. L’un des points forts se situe le 7 décembre 1941 à 7h53 quand une armada de kamikaze japonais déferla sur la base américaine de Pearl Harbor sur l’Ile d’Oahu, tout près de Honolulu.

40 avions-torpilleurs étaient au coeur de l’attaque. Seize attaquèrent par le nord-ouest tandis que les vingt-quatre autres arrivèrent par le sud. Les marins américains pensaient qu’il s’agissait d’appareils américains. Les Japonais avaient misé sur des attaques simultanées. Le croiseur Raleigh fut touché, tout comme le vieux cuirassé Utah. Au Sud, les cuirassés Oklahoma, West Virginia, California furent endommagés avant l’arrivée des 49 bombardiers de type « Kate ». Divisés en dix groupes espacés de 200 mètres, leurs cibles principales étaient les cuirassés Maryland, Tennessee et Arizona qui sera coulé, victime de huit bombes.

Le bilan de l’attaque de Pearl Harbor est lourd côté américain. L’attaque japonaise a coûté la vie à 2 340 soldats et 50 civils. Les forces américaines ont perdu 166 avions alors que 21 navires présents dans la rade furent détruits ou endommagés. L’attaque a précipité l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale

Aujourd’hui, Pearl Harbor est un lieu de pèlerinage pour de nombreux Américains et étrangers dont je fais partie. Un jour que je séjournais à Honolulu, j’ai acheté une visite organisée de Pearl Harbor par la mer. Le bateau est entré dans la rade tandis que la bataille se déroulait sur un écran géant sur le pont du bateau. C’était très impressionnant. Aujourd’hui, l’Arizona Memorial chevauche la coque du cuirassé coulé.

Ce mardi 27 décembre 2016 est un jour à marquer d’une pierre blanche car Barack Obama reçoit, pour la première fois dans l’histoire le Premier Ministre japonais Shinzo Abe sur le site de Pearl Harbor à l’occasion des 75 ans du bombardement de la base navale américaine. C’est le premier chef de gouvernement japonais à se rendre sur les lieux depuis 1941.

Le Premier Ministre japonais a reçu le Président Obama sur le site d’Hiroshima en mai dernier dans un effort de réconciliation entre les deux nations

D’un point de vue diplomatique, ce déplacement permet d’envoyer un message à l’administration Trump concernant le partenariat entre Washington et Tokyo. Le président élu a envoyé plusieurs signaux contradictoires sur ses intentions diplomatiques en Asie du Sud-Est. Parmi les points de tension, Shinzo Abe est par exemple un fervent défenseur de l’accord trans-Pacifique initié par Barack Obama, mais très critiqué par Donald Trump.

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drapeau-anglaisHawaii is a volcanic archipelago, but it is also an American State with a solid historical background. One of the major events took place on 7 December 1941 at 7:53 am when a Japanese kamikaze armada rushed on the US base at Pearl Harbor on the island of Oahu, near Honolulu.
40 torpedo planes were at the heart of the attack. Sixteen attacked from the northwest while the remaining twenty-four arrived from the south. American sailors thought they were American aircraft. The Japanese had bet on simultaneous attacks. Cruiser Raleigh was hit, as was the old battleship Utah. To the south, the battleships Oklahoma, West Virginia and California were damaged before the arrival of the 49 « Kate » bombers. Divided into ten groups spaced 200 meters apart, their main targets were the battleships Maryland, Tennessee and Arizona which was sunk by eight bombs.
The toll of the Pearl Harbor attack was heavy on the American side. The Japanese attack killed 2,340 soldiers and 50 civilians. US forces lost 166 aircraft while 21 ships in the harbor were destroyed or damaged. The attack precipitated the entry of the United States in the Second World War

Today, Pearl Harbor is a place of pilgrimage for many Americans and foreigners. I was one of them. One day, while staying in Honolulu, I bought an organized tour of Pearl Harbor by the sea. The boat entered the harbor while the battle was unfolding on a giant screen on the deck of the boat. It was very impressive. Today, the Arizona Memorial straddles the hull of the sunk battleship.

This Tuesday, December 27th 2016 is a very special day because Barack Obama welcomes for the first time in history the Japanese Prime Minister Shinzo Abe on the site of Pearl Harbor on the occasion of the 75th anniversary of the bombing of the American naval base. He is the first Japanese head of government to visit the scene since 1941.
The Japanese Prime Minister welcomed President Obama at the Hiroshima site last May in an effort to reconcile the two nations
From a diplomatic point of view, this trip sends a message to the Trump administration concerning the partnership between Washington and Tokyo. The president-elect sent several contradictory signals about his diplomatic intentions in Southeast Asia. Among the points of tension, Shinzo Abe is for example a fervent defender of the trans-Pacific agreement initiated by Barack Obama, but very criticized by Donald Trump.

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L’Arizona Memorial (Photo: C. Grandpey)