La grande dégringolade des glaciers français

Concentrations de CO2 : 430,34 ppm (26 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

Mon premier contact avec les glaciers alpins s’est fait en août 1956. Je me souviens de la masse imposante du glacier des Bossons au-dessus de la vallée de Chamonix. De la même façon, le petit bonhomme de 8 ans que j’étais à l’époque ne peut oublier les impressionnantes crevasses qu’il fallait franchir sur des planches pour accéder à la grotte creusée dans la Mer de Glace.

Photos: G. Grandpey

Aujourd’hui, ces paysages ont beaucoup changé. Comme pris de panique devant les coups de boutoir du réchauffement climatique, le Glacier des Bossons s’enfuit et recule à une vitesse phénoménale. Pire encore, l’année 2023 a vu l’ouverture d’une profonde balafre dans la rivière de glace et chaque journée de fortes chaleurs a un peu plus raison de sa partie inférieure. Le trou béant s’agrandit à vue d’œil et confirme que le glacier des Bossons est à l’agonie. Les rochers mis à nu accélèrent la fonte puisque le noir attire la chaleur…

alors que le blanc la repousse par effet albédo. Pour les habitants et les visiteurs de la vallée de Chamonix, le glacier des Bossons est devenu l’un des symboles les plus visibles des conséquences du réchauffement climatique qui affecte les montagnes européennes.

Crédit photo: presse régionale

De la même façon, la Mer de Glace est quasiment devenue une mer morte. Contrairement aux années 1950 de mon enfance, sa surface de glace est aujourd’hui invisible, cachée par la couche marron de matériaux qui se sont effondrés de son encaissant.

La Mer de Glace en 2022

Atteindre la grotte de glace est devenu une véritable expédition. Il faut emprunter une télécabine puis une volée de plusieurs centaines de marches.

La punition est la même pour le Glacier d’Argentière dont le front atteignait presque le village éponyme en 1910 comme le montre l’image ci-dessous.

Aujourd’hui il faut prendre un téléphérique et effectuer une longue marche pour atteindre le front du glacier.

Photo: C. Grandpey

A Tignes, on pratique le ski d’été sur le glacier de la Grande Motte perché à 3656 mètres d’altitude , mais pour combien de temps ? Comme ses copains alpins, le glacier fond à la vitesse V et les responsables locaux parlent de transformer le ski d’été en ski de printemps pour éviter les canicules à répétition. Ces dernières années, la fermeture de la saison de ski d’été a dû être avancée. Sous l’effet du réchauffement climatique, le glacier de la Grande Motte connaît une perte d’épaisseur de l’ordre de 2 à 4 mètres chaque année, et dans dix ans,il aura quasiment intégralement fondu.

Photo: C. Grandpey

Un peu plus au sud, dans le massif des Écrins, le Glacier Blanc recule à vue d’œil lui aussi. Il suffit de regarder cette image proposée par la Parc National pour s’en rendre compte.

Depuis le fond de vallée, il faut un bon téléobjectif pour photographier le front du glacier. Lui aussi aura disparu dans quelques années.

Photo: C. Grandpey

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En novembre 2022, l’UNESCO alertait à nouveau sur la disparition de glaciers emblématiques du Patrimoine mondial. Un tiers des sites concernés devraient disparaître d’ici 2050. Cinquante sites abritent des glaciers. Au total, 18 600 glaciers ont été identifiés dans ces 50 sites, couvrant une superficie d’environ 66 000 km2, ce qui représente près de 10 % de la superficie totale des glaciers sur Terre. Une nouvelle étude de l’UNESCO montre que ces glaciers reculent à un rythme accéléré depuis 2000 en raison des émissions de CO2. Ils perdent actuellement 58 milliards de tonnes de glace chaque année, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’eau combinée de la France et de l’Espagne, et sont responsables de près de 5 % de l’élévation du niveau de la mer observée à l’échelle mondiale.

L’étude de l’UNESCO conclut que les glaciers d’un tiers des 50 sites du Patrimoine mondial sont condamnés à disparaître d’ici 2050, quels que soient les efforts déployés pour limiter la hausse des températures.

La moitié de l’humanité dépend directement ou indirectement de l’eau issue des glaciers pour l’usage domestique, l’agriculture et l’énergie. Les glaciers, qui alimentent de nombreux écosystèmes, sont également des piliers de la biodiversité.

Réchauffement climatique : un avenir inquiétant

Concentrations de CO2 : 430,56 ppm (23 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

Exceptionnelle, historique. Les médias manquent d’adjectifs pour qualifier la vague de chaleur qui frappe la France en ce mois de juin 2026, après une première alerte caniculaire en mai. En fait, on vient de vivre le printemps et le début d’année les plus chauds jamais observés. Et ce n’est probablement pas terminé. Selon le président du GIEC, l’Europe va « inévitablement » connaître d’autres épisodes de chaleur extrême à l’avenir. Et d’ajouter:  « Le réchauffement actuel dans certaines régions ou les océans va au-delà des prévisions des scientifiques. »

Les météorologues ont déjà repéré des réserves de chaleur assez importantes au sud de l’Europe et en Afrique. Dès que le vent va tourner au sud, sous l’effet de la moindre dépression sur l’Atlantique, une vague de chaleur déferlera à nouveau sur la France. Météo-France indique qu’il y a de fortes probabilités pour qu’à partir de la semaine du 6 juillet 2026 , notre pays connaisse à nouveau des chaleurs extrêmes jusqu’au 14 juillet. Dans un tel contexte, on peut se poser des questions quant au déroulement du Tour de France qui débute le 4 juillet à Barcelone.

Il ne fait guère de doute que les canicules à répétition que nous observons depuis les années 1970 sont liées au réchauffement climatique et à l’accélération du phénomène ces dernières années.

Les relevés que je diffuse quotidiennement (voir ci-dessus) montrent que les concentrations de CO2 et de CH4 dans l’atmosphère ne baissent pas et rien, ou pas grand chose, n’est fait pour inverser la Courbe de Keeling.

A cela s’ajoute le retour du phénomène El Niño qui réchauffe la planète de manière globale. Ses effets directs touchent surtout le Pacifique, mais on sait que de nombreuses régions du globe en subissent les conséquences.

Source: Copernicus

En France, il faut s’attendre à un hiver 2026-2027 particulièrement doux et une année 2027 ponctuée de nouvelles canicules. Est-ce à dire que les 40°C et plus relevés en juin 2026 paraîtront une température raisonnable en 2050 ? Il est trop tôt pour le dire, mais à la vitesse à laquelle le climat se réchauffe, cette hypothèse ne saurait être écartée. Le nombre de jours à 40 °C a été multiplié par 20 depuis l’an 2000! Ce n’est pas le futur, c’est notre réalité. La question désormais, c’est de savoir si ce sont les étés à 45 °C qui vont devenir la norme. Et ce n’est pas du tout la même chose pour la Nature. À 40 °C, un végétal ou un animal se met en position de lutte et veut résister. À 45 °C, les conséquences biologiques sont bien plus dramatiques.

Des étés à 45°C seraient très problématiques. Je ne cesse de rappeler sur ce blog que nos glaciers représentent une source majeure d’alimentation en eau. S’ils fondent et disparaissent, des milliards de gens auront soif ! On va me rétorquer que d’ici là on aura développé les usines de dessalement de l’eau de mer. Certes, mais ce ne sera pas suffisant pour alimenter en eau potable l’ensemble de la planète. Des mesures de restriction d’alimentation en eau commencent à être prises et elles vont se multiplier. En 2026, on devrait avoir une très grande partie de la France en alerte sécheresse. À l’heure actuelle, l’eau de surface n’existe plus dans les sols agricoles.

Que font nos gouvernants devant cette accélération du réchauffement climatique ? Rien ou pas grand chose. Politique et accélération sont deux mots qui cohabitent difficilement. Les gouvernements sont habitués à prendre des mesures sur le court terme et pas sur le long terme. Comme je l’ai déjà écrit, ils adorent pratiquer la politique de l’autruche et de la patate chaude. On s’en aperçoit en constatant qu’on continue de construire des hôpitaux, comme à Nantes, sans climatisation intégrée. De la même façon, aucune anticipation n’a été faite quant à l’adaptation des établissements scolaires au réchauffement climatique. Les travaux ont été effectués à petite échelle, parfois dans l’urgence. Lors de la rénovation très récente du lycée de Limoges dans lequel j’enseignais, la climatisation des salles de classe n’a pas été prévue. De toute évidence, le Conseil Régional de Nouvelle-Aquitaine n’a pas intégré la notion de réchauffement climatique. Aucune politique digne de ce nom n’a été mise en place dans nos écoles. Cela prouve que personne n’a compris ou voulu croire les climatologues quand ils annonçaient la crise actuelle, et maintenant nous en payons les pots cassés.

De plus en plus d’icebergs au Groenland // More and more icebergs in Greenland

D’après une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université technique du Danemark (DTU) et publiée dans la revue Nature, les glaciers du Groenland libèrent quatre fois plus d’icebergs qu’il y a 25 ans en raison du réchauffement climatique, avec des répercussions sur le trafic maritime et les écosystèmes marins.
En fait, la fonte des glaces du Groenland a des répercussions sur l’ensemble de l’Arctique. Par exemple, dans le détroit de Fram, entre le nord-est du Groenland et le Svalbard, la présence d’icebergs a quadruplé depuis l’an 2000. De plus, la proportion de groupes d’icebergs provenant du Groenland et de l’Arctique russe, et composés de plus de cinq icebergs, a augmenté de 4,5 % par décennie depuis le début du siècle.

La nouvelle étude montre que les conséquences ne se limitent pas à la montée des eaux, mais affectent directement les écosystèmes des grands fonds marins, loin des glaciers. Les icebergs transportent d’importantes quantités de roches et de sédiments à plusieurs centaines de kilomètres des côtes avant de fondre complètement après avoir bouleversé la vie sur les fonds marins.
De plus, avec l’ouverture de nouvelles routes maritimes dans l’Arctique, le risque de collision des navires avec des icebergs augmente forcément, même si les systèmes de détection sont de plus en plus performants. .

Source : AFP

Crédit photo: Wikipedia

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According to a new study by researchers from the Technical University of Denmark (DTU), published in the journal Nature, Greenland’s glaciers are releasing four times more icebergs than 25 years ago as a result of global warming, with implications extending to maritime traffic and marine ecosystems.

When the Greenland ice melts, one can see see that the changes affect the entire Arctic. For instance, in the Fram Strait, between northeast Greenland and Svalbard, the occurrence of icebergs has quadrupled since the year 2000. In addition, the proportion of groups of icebergs originating from Greenland and from the Russian Arctic, and comprising more than five individual icebergs, has increased by 4.5 percent per decade since the turn of the century.

The new study shows that the consequences do not stop at rising sea levels, but directly affect deep-sea ecosystems far from the glaciers. Icebergs transport large quantities of rocks and sediments several hundred kilometres offshore before sinking and transforming life on the seabed.

Furthermore, as new shipping routes open up in the Arctic, the risk that vessels will encounter icebergs along their journey increases, even though detection systems are becoming increasingly effective.

Source : AFP.

Nouveau coup de chaud sur l’Antarctique // New heat wave hits Antarctica

Concentrations de CO2 : 431,33 ppm (16 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

La France subit actuellement une deuxième vague de chaleur en 2026, alors que le pays n’est qu’au début de l’été météorologique. Au cœur de l’hiver austral, certaines régions de l’Antarctique ont enregistré des températures supérieures d’environ 20 degrés Celsius à la normale, et des chercheurs ont même observé de la pluie sur les glaciers.
Pendant près de trois semaines, la Péninsule antarctique a enregistré des températures maximales quotidiennes supérieures à 0 °C, durant la période la plus froide et la plus sombre de la saison. À la station de recherche Esperanza, on a enregistrée le 6 juin 2026 des températures atteignant près de 15,5 °C. C’est environ 2 °C de plus que le précédent record hivernal de la station et environ 20 degrés Celsius au-dessus de la température normale pour cette date.
Parallèlement, l’île du Roi-George, dans l’archipel des Shetland du Sud, située à environ 120 kilomètres des côtes de l’Antarctique, a connu une fonte des glaces généralisée, inhabituelle pour cette période de l’année.
Les chercheurs ont indiqué que de forts vents du nord étaient le principal facteur de cette vague de chaleur persistante, qui a poussé de l’air exceptionnellement chaud loin à l’intérieur de la péninsule antarctique. Les vagues de chaleur comme celle observée actuellement risquent d’être plus longues et intenses à mesure que notre planète se réchauffe.
La Péninsule antarctique est déjà considérée comme l’une des régions du globe où le réchauffement climatique est le plus rapide. La réduction de la banquise réduit l’albédo car elle expose davantage la surface sombre de l’océan, ce qui lui permet d’absorber plus de chaleur et d’accentuer le réchauffement. Ce phénomène peut perturber la faune antarctique et l’ensemble de la chaîne alimentaire, affectant potentiellement des espèces comme les manchots, les phoques et les baleines.
Si elle continue, cette hausse des températures risque également de déstabiliser les plateformes glaciaires qui servent de remparts aux glaciers antarctiques tels que le Thwaites et le Pine Island. Leur fonte serait catastrophique car elle ferait s’élever rapidement le niveau de la mer dans le monde.
Source : The Cool Down (TCD).

La fonte des grands glaciers de l’ouest antarctique ferait s’élever rapidement le niveau des océans

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France is currently going through a secong heat wave in 2026 while the country is only at the start of the meteorological summer. In the middle of the southern winter, parts of Antarctica saw temperatures roughly 20 degrees Celsius above normal, and researchers even reported spotting rain falling on glaciers.

For nearly three weeks, the Antarctic Peninsula recorded daily high temperatures above 0°C during the coldest, darkest stretch of the season. At the Esperanza research station, one especially notable measurement came on June 6, 2026, when temperatures rose to nearly 15.5°C. That was about 2°C higher than the station’s previous winter record and roughly 20 degrees Celsius above the normal temperature for that date.

Meanwhile, one of the South Shetland Islands, King George Island, located roughly 120 kilometers off the coast of Antarctica, saw widespread thawing of ice that was unusual for that time of year.

Researchers said strong northerly winds were the main driver of a long-lasting heatwave that pushed unusually warm air far into the Antarctic Peninsula. Yet heatwaves like this one are more likely to be longer-lasting and intense as our planet overheats.

The Antarctic Peninsula is already considered one of Earth’s fastest-warming regions, and reduced sea ice leaves more dark ocean exposed, allowing it to absorb additional heat and reinforce warming. Shrinking sea ice can disrupt wildlife populations and the wider food web, with animals such as penguins, seals, and whales potentially impacted.

Continued warming could also destabilize the floating ice shelves that help hold back vulnerable Antarctic glaciers such as Thwaites and Pine Island.Their melting would be catastrophic because it would cause a rapid rise in sea levels worldwide.

Source : The Cool Down (TCD).