Nouveau risque de crues glaciaires au Népal // New risk of glacial outburst floods in Nepal

Concentrations de CO2 : 429,62 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

J’ai alerté à plusieurs reprises sur ce blog sur le danger que représentent les lacs glaciaires qui se forment au front des glaciers en train de fondre Dans l’Himalaya et les Andes, ces lacs sont souvent retenus par des moraines fragiles qui peuvent s’éventrer à tout moment et provoquer de dangereuses crues glaciaires.
En 2026, les scientifiques préviennent que les lacs glaciaires himalayens constituent une menace de plus en plus grande pour les communautés situées en aval, car « un manque de neige et des pluies de plus en plus fréquentes et abondantes » déstabilisent les sols de la région.
Par exemple, le Nepali Times explique que le lac glaciaire de Thulagi, au pied du glacier du même nom, près du mont Manaslu au Népal, s’est agrandi au cours des dernières décennies avec la fonte des glaces environnantes. Ce qui n’était qu’une petite pièce d’eau dans les années 1960 est devenu aujourd’hui un lac de plus d’un kilomètre carré qui contient un volume d’eau considérable.

Source : The Nepali Times

Des scientifiques ont classé le lac Thulagi parmi les lacs glaciaires les plus dangereux de l’Himalaya ; il figure sur la liste de surveillance de l’ICIMOD (Institut indien de normalisation des eaux et des maladies). On craint une rupture brutale du lac.
Une étude de 2018, portant sur l’évolution de trois lacs glaciaires, dont le lac Thulagi, a révélé qu’une rupture brutale du Thulagi menacerait les localités et quatre centrales hydroélectriques situées en aval.
Des modélisations ont montré qu’en cas de rupture du lac Thulagi, les déferlantes pourraient atteindre les localités en aval en quelques heures, avec une hauteur dépassant les 12 mètres par endroits. Des villages entiers pourraient être rasés, des routes et des ponts détruits, et le cours des rivières définitivement dévié.
Les habitants du district de Manang, au Népal, sont encore traumatisés par les inondations de 2021, lorsque de fortes pluies ont provoqué une crue importante de la rivière Marsyangdi. Ces phénomènes météorologiques extrêmes détruisent et perturbent les moyens de subsistance, le tourisme, l’agriculture et la production d’énergie des localités vulnérables. Les pluies extrêmes qui se sont abattues sur la région ont déjà dévasté des exploitations agricoles au Népal et fait doubler le prix des denrées alimentaires. Par le passé, les inondations glaciaires ont emporté des maisons et des dispensaires, et ont coûté des vies.
Au-delà des destructions immédiates, les inondations peuvent contaminer l’eau potable, propager des maladies et déstabiliser les écosystèmes dont les communautés dépendent pour la pêche et l’agriculture.
Ce n’est qu’après les inondations de 2021 que des systèmes d’alerte précoce ont été installés sur les rives du fleuve Marsyangdi et dans les villes voisines. Cependant, les mesures d’alerte restent insuffisantes et aucun système ne couvre le lac Thulagi. En 2025, le Fonds vert pour le climat a approuvé une subvention de 36,1 millions de dollars pour contribuer à réduire le risque d’inondations glaciaires en abaissant le niveau d’eau de quatre lacs glaciaires, dont le Thulagi, dans le cadre du Programme des Nations Unies pour le développement.

Source : The Cool Down (TCD).

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I have alerted several times on this blog to the danger caused by glacial lakes that form at the front of melting glaciers. In the Himalayas and in the Andes, such lakes are often dammed by fragile moraines that may break open at any time and cause dangerous glacial outburst floods (GLOFs).

In 2026, scientists are warning that Himalayan glacial lakes are becoming a growing threat to communities downstream as « too little snow and too much rain » destabilize the region’s terrain.

For instance, the Nepali Times explains that the Thulagi Glacial Lake, at the base of the retreating Thulagi Glacier near Mount Manaslu in Nepal, has expanded over the past few decades as surrounding ice melted. Once a small pool in the 1960s, the lake is now more than 1 square kilometer and holds a huge volume of water.

Scientists have classified Thulagi as one of the most dangerous glacial lakes in the Himalayas, among 47 others on an ICIMOD watchlist. They fear a glacial lake outburst flood.

A 2018 study followed the evolution of three glacial lakes, including Thulagi, finding that a GLOF from Thulagi posed a risk to communities and four hydropower projects downstream.

Modeling showed that if Thulagi were to burst, floodwaters could reach downstream towns within hours, with surges over 12 meters in some locations. Entire villages could be wiped out, roads and bridges destroyed, and rivers permanently rerouted.

Residents in Nepal’s Manang district still carry trauma from flooding in 2021, when heavy rainfall led to surging water in the Marsyangdi River. Extreme weather events like these destroy and disrupt livelihoods, tourism, agriculture, and energy production for vulnerable communities. Extreme rainfall in the region has already devastated farms in Nepal and doubled food prices for families, and past GLOFs have washed away homes and healthcare clinics and taken lives.

Beyond immediate destruction, flooding can contaminate drinking water, spread disease, and destabilize ecosystems that communities depend on for fishing and farming.

It was not until the 2021 floods that early warning systems were installed on the banks of the Marsyangdi River and nearby towns. However, there is currently little preparation beyond that, and no warning systems cover Thulagi. In 2025, the Green Climate Fund approved a $36.1 million grant to help reduce the risk of GLOFs by reducing water levels in four glacial lakes, including Thulagi, under the United Nations Development Program.

Source : The Cool Down (TCD).

Crue glaciaire à Juneau (Alaska) : fin de l’alerte // Glacial outburst flood in Juneau (Alaska) : end of alert

Dans une note publiée le 9 août 2025, j’expliquais que les habitants et les autorités de Juneau, capitale de l’Alaska, se préparaient à l’éventualité d’une importante crue glaciaire, semblable à celles qui, ces dernières années, ont emporté des maisons, inondé plusieurs centaines de foyers et érodé la rivière alimentée par le glacier Mendenhall.
Nous apprenions par la suite que la Protection Civile exhortait de nombreux habitants de Juneau à quitter leur domicile, car une crue glaciaire estivale, provoquée par le réchauffement climatique, menaçait la région.

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L’alerte concernant la crue glaciaire à Junrau est levée le 14 août 2025. Le feu vert a été donné et les habitants ont été autorisés à regagner leurs domiciles. Selon le Service météorologique national, la rivière Mendenhall, à Auke Bay, a atteint un niveau record de 5 mètres à 7 h 15, heure locale, le 13 août 2025. Il s’agit de la plus importante crue glaciaire jamais enregistrée. L’événement de 2024, qui s’est produit entre le 3 et le 6 août, avait établi le précédent record, avec une crue de 4,80 mètres.
Source : Alaska News Media.

Front du glacier Mendenhall (Photo: C. Grandpey)

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In a post released on 9 Augusr=t 2025, I explained that residents and officials in Juneau, Alaska’s capital city, are preparing for the possibility of glacial flooding that in past years has swept away houses, swamped several hundred homes and eroded the river fed by the popular Mendenhall Glacier. We learnt that emergency managers were urging many Juneau residents to evacuate as summer glacial flooding driven by global warming threatened to inundate the area.

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The alert triggered by the glacial outburst flood in Junrau is over. On August 14th, 2025, esidents have been allowed to return to their homes. According to the National Weather Service, the Mendenhall River at Auke Bay crested at a record 5 meters at 7:15 a.m. local time on August 13th, 2025. That now makes this event the largest glacial lake outburst flooding on record. The 2024 event, which took place between August 3 and August 6 was the previous record when the river crested at 4.80 meters.

Source : Local news media.

Énorme crue glaciaire au Groenland // Huge glacial outburst flood in Greenland

Les scientifiques danois ont enregistré l’une des trois plus grandes crues de lac glaciaire de l’histoire entre le 23 septembre et le 11 octobre 2024, lorsque le niveau du lac Catalina, dans l’est du Groenland, a baissé de 154 mètres et a libéré 3,4 km³ d’eau dans le fjord Scoresby.
La crue s’est produite sur une période d’environ 20 jours, avec un débit maximal de 7200 m³/s, soit plus du double du débit maximal des chutes du Niagara.
La crue a été déclenchée par 20 années d’accumulation d’eau de fonte dans le lac Catalina, situé dans une vallée qui était bloquée par le glacier Edwards Bailey. L’augmentation de la pression de l’eau a carrément soulevé le glacier et creusé un tunnel de 25 km de long, qui a permis de libérer l’eau qui s’est épanchée dans le plus grand fjord du monde. C’est la première fois que des chercheurs assistent à un tel événement et sont capables de mesurer les volumes d’eau en temps réel.
Les scientifiques danois estiment qu’il faudrait réfléchir à la manière d’exploiter l’immense énergie de ces phénomènes naturels et l’utiliser comme comme source d’énergie verte. En théorie, l’énergie libérée par la crue glaciaire du lac Catalina aurait pu fournir 50 mégawatts d’électricité, soit suffisamment pour répondre aux besoins d’une petite ville. Malheureusement, dans le cas présent, la localité la plus proche est à 180 km et héberge seulement 350 habitants, ce qui poserait un important défi technologique si on voulait utiliser cette énergie.
Alors que les inondations causées par des débordements de lacs glaciaires peuvent être catastrophiques dans des régions densément peuplées comme l’Himalaya, où elles dévastent souvent des villages, cet événement particulier n’a causé aucun dégât en raison de la faible population du Groenland. Cependant, une étude de 2023 a révélé que 15 millions de personnes dans le monde vivent sous la menace d’inondations glaciaires potentiellement mortelles.
Avec le réchauffement climatique et la hausse des températures plus rapide dans l’Arctique que partout ailleurs dans le monde, il est probable que l’on assistera à des débordements de lacs encore plus importants à mesure que la calotte glaciaire du Groenland reculera au cours des siècles à venir.
Plus de 12 000 personnes dans le monde sont mortes à cause des crues glaciaires, la plupart en Amérique du Sud et en Asie centrale. Les scientifiques de l’Université de Copenhague affirment que le nombre et la taille des lacs glaciaires ont considérablement augmenté depuis les années 1990. Cette situation va de pair avec l’accélération du réchauffement climatique qui a commencé dans les années 1970.
Source : Université de Copenhague, The Watchers.

Le Lac Catalina le 12 août 2024 (Image satellite CopernicusEU/Sentinle-2)

Le lac Catalina le 15 octobre 2024 (Image satellite CopernicusEU/Sentinle-2)

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Danish scientists have recorded one of the three largest glacial lake outburst floods (GLOF) in history between September 23rd and October 11th, 2024, when Eastern Greenland’s Catalina Lake dropped by 154 meters and released 3.4 km³ of water into Scoresby Fjord.

The outburst occurred over approximately 20 days, with a peak discharge rate of 7 200 m³/s, more than double the peak flow of Niagara Falls.

The outburst flood was triggered by 20 years of meltwater accumulation in Catalina Lake, located in a valley blocked by the Edwards Bailey Glacier. Rising water pressure lifted the glacier, carving a 25-km long tunnel beneath it and releasing the water into the world’s largest fjord. This is the first time researchers have monitored such an event and measured water volumes in real-time.

Danish scientists say it is worth considering how to harness the immense energy of such natural phenomena as a source of green energy. In theory, the energy released from the Catalina Lake event could have continuously provided 50 megawatts of electricity, enough to meet the needs of a small town. However, in this instance, the nearest settlement is 180 km away and inhabited by a mere 350 residents, whch poses a significant technological challenge for energy utilization.

Although glacial lake outburst floods can be catastrophic in densely populated regions like the Himalayas, where they often devastate villages, this particular event caused no harm due to Greenland’s sparse population. However, a 2023 study found that 15 million people worldwide live under the threat of deadly glacial floods.

With global warming and temperatures rising faster in the Arctic than anywhere else in the world, it is likely that we will witness outbursts from even larger ice-dammed lakes as Greenland’s ice sheet retreats in the coming centuries.

Historically, over 12 000 people worldwide have died due to GLOFs, with most fatalities occurring in South America and Central Asia. University of Copenhagen scientists are saying the number and size of glacial lakes have grown significantly since 1990s. This goes parallel with the acceleration of global warming that started in the 1970s.

Source : University of Copenhagen, The Watchers.

Nouvelle crue glaciaire au glacier Mendenhall (Alaska) // New glacial outburst flood at Mendenhall Glacier (Alaska)

Dans une note publiée le 7 août 2023, j’indiquais qu’une inondation due à la vidange soudaine d’un lac glaciaire s’était produite le 5 août 2023 sur le glacier Mendenhall, près de Juneau, la capitale de l’Alaska. La crue avait entraîné de sérieux dégâts et détruit plusieurs structures. Elle était causée par la rupture de la moraine qui retient le Suicide Basin, en bordure du glacier Mendenhall (voir carte ci-dessous). Des inondations importantes ont été signalées dans des zones qui avaient été épargnées auparavant, et on a observé une érosion importante le long des berges de la rivière. Les inondations ont entraîné la fermeture de plusieurs routes de la région, y compris des ponts.
Une nouvelle crue glaciaire en provenance d’un lac retenu par le glacier Mendenhall a endommagé plus d’une centaine de maisons le 6 août 2024. Le lac s’est formé dans une cavité laissée par le recul d’un glacier voisin. Elle s’est remplie d’eau de pluie et de fonte au cours du printemps et de l’été et a créé suffisamment de pression pour se frayer un chemin à travers des chenaux creusés sous le glacier Mendenhall. Depuis 2011, le phénomène a provoqué à plusieurs reprises des inondations dans les zones habitées près du lac Mendenhall et de la rivière du même nom.
Les dégâts causés par la dernière crue glaciaire sont moins graves mais plus étendus qu’en 2023. Certaines rues ont été recouvertes par plus d’un mètre d’eau. Cependant, l’érosion semble avoir été moins importante que l’année dernière. Aucun blessé n’a été signalé. Le niveau de la rivière a rapidement baissé dans les heures qui ont suivi l’événement.
Source : journaux de l’Alaska.

 

Sources : NWC, NOAA

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In a post published on Auigust 7th, 2023, I indicated that a glacier lake outburst flood occurred on August 5th, 2023 at the Mendenhall Glacier near Juneau, Alaska’s capital. It caused serious damage, destroying several structures. The flooding was caused by an outburst flood on Suicide Basin, a side basin on the Mendenhall Glacier (see map below). Significant flooding was reported in areas that previously had not seen flooding, and there was significant erosion along the riverbanks. The flooding closed several roads in the region, including bridges.

A new outburst of flooding from a lake dammed by Juneau’s Mendenhall Glacier damaged at least 100 homes on August 6th, 2024. The lake formed in a basin that was left behind when a nearby glacier retreated. It filled with rainwater and snowmelt during the spring and summer and built enough pressure to force its way out through channels it carved beneath Mendenhall Glacier. Since 2011, the phenomenon has several times caused flooding of streets or homes near Mendenhall Lake and Mendenhall River.

The damage caused by the latest glacial outburst was less dramatic but more widespread than in 2023. Some streets at one point had more than one meter of water. However, there appeared to be less erosion than last year. No injuries were reported. The river level dropped quickly in the hours following the event.

Source : Alaskan news media.

Photo: C. Grandpey