La Palma (Îles Canaries) ne menace plus la côte est des États Unis) // La Palma (Canary Islands) is no longer a threat to the U.S. East coast

Jusqu’à récemment, une théorie répandue parmi les volcanologues affirmait qu’un effondrement majeur de l’île de La Palma, aux Canaries, pourrait déclencher un méga-tsunami dévastateur pour la côte est des États-Unis. Un film catastrophe de 2024, intitulé « La Palma », était même disponible sur Netflix. On y voyait une vague de 30 à 90 mètres de haut s’abattre sur New York, la Floride et toute la côte est américaine.
https://youtu.be/2zFVoLQyWjc

Ce scénario s’appuyait sur une étude de 2001, largement médiatisée, selon laquelle l’effondrement catastrophique d’une partie de l’île de La Palma pourrait provoquer un méga-tsunami dans l’océan Atlantique, avec des vagues de 25 mètres de haut (voire beaucoup plus, selon certains) qui viendraient frapper les côtes orientales de l’Amérique du Nord et du Sud. En théorie, il dévasterait tout, y compris les millions d’habitants de la côte est des États-Unis.

Cependant, aujourd’hui, la plupart des scientifiques ne croient plus à cette théorie. Dans une analyse détaillée, l’USGS indique que le modèle initial reposait sur une hypothèse qui ne correspond plus aux connaissances acquises depuis par les géologues sur l’effondrement des îles volcaniques. La théorie supposait que tout un pan de l’île de La Palma glisserait brutalement dans l’océan, générant une vague gigantesque. Des études récentes montrent que ces effondrements se produisent par étapes successives, et ne sont pas des événements catastrophiques uniques.
L’USGS souligne également que l’amélioration de la modélisation des tsunamis a considérablement modifié la situation. De nouvelles simulations indiquent que même dans le pire des cas, l’effondrement d’un flanc de La Palma produirait probablement des vagues d’environ un à deux mètres de hauteur sur la côte Est, et sûrement pas des vagues de 25 mètres, ni de 30 à 90 mètres comme l’affirme un « scientifique » dans la vidéo mentionnée ci-dessus.
Aujourd’hui, les scientifiques affirment que cette catastrophe planétaire est extrêmement improbable. L’USGS ajoute que les effondrements de volcans des îles Canaries sont rares et se produisent sur des échelles de temps de centaines de milliers d’années, et seraient précédés de signes d’instabilité. On observerait une augmentation de l’activité sismique et des déformations de la surface du sol. De plus, les volcans des îles Canaries entrent régulièrement en éruption – La Palma a connu ses dernières éruptions en 2021, 1971 et 1949 – et les analyses de stabilité des pentes effectuées à La Palma indiquent que la structure de l’île est stable. Il faudrait que le volcan croisse de manière significative pour qu’un effondrement soit envisageable.
Cela ne signifie pas pour autant que les tsunamis d’origine volcanique sont impossibles. L’USGS cite l’exemple de l’éruption du Krakatau (Indonésie) en 1883, qui a engendré un tsunami meurtrier avec des dizaines de milliers de victimes. Plus récemment, un possible méga-tsunami de 450 mètres aurait frappé l’Alaska ; il s’agissait du deuxième plus important jamais enregistré.
Tous ces événements nous rappellent avec humilité l’incroyable puissance de l’océan et illustrent la facilité avec laquelle des théories alarmistes peuvent se propager, en particulier sur les réseaux sociaux. Les méga-tsunamis font les gros titres, mais selon l’USGS, le scénario catastrophe des îles Canaries est tout à fait irréaliste.
Source : Surfer Magazine via Yahoo News.

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Comme je l’ai mentionné plus haut, l’Alaska est l’une des régions du monde les plus exposées aux séismes et aux tsunamis. Dans une note publiée le 26 juillet 2025, j’expliquais que l’État subit la subduction de la plaque Pacifique sous la plaque nord-américaine. L’arc des Aléoutiennes en est la parfaite illustration. Il s’étend sur environ 3 000 km, depuis le golfe d’Alaska à l’est jusqu’à la péninsule du Kamtchatka à l’ouest. La subduction est responsable de la naissance des îles Aléoutiennes et, au large, de la fosse des Aléoutiennes dont la profondeur peut dépasser 7 800 mètres.

Vue de l’ensemble des volcans le long de la zone de subduction entre l’Alaska et le Kamchatka (Source : Alaska Volcano Observatory)

L’histoire sismique de l’Alaska est particulièrement riche. Le premier événement très puissant survenu le long de l’arc au 20ème siècle fut un séisme de magnitude M8,6 sur l’île Shumagin le 10 novembre 1938. Cet événement a été provoqué par la rupture d’une portion de l’arc d’environ 300 km et provoqué un petit tsunami enregistré jusqu’à Hawaï.
Le séisme de magnitude M8,6 sur l’île Unimak le 1er avril 1946, dans la partie centrale de l’arc des Aléoutiennes, s’est caractérisé par une rupture lente suivie d’un tsunami dévastateur à grande échelle dans le Pacifique, jusqu’aux côtes de l’Antarctique. Bien que les dégâts causés par les secousses sismiques aient été localement peu importants, la vague du tsunami est montée jusqu’à 42 mètres sur l’Ile Unimak et des vagues ont fait des victimes à Hilo (Hawaï). [Voir ma note du 1er avril 2015 à propos de cet événement]
Le puissant séisme suivant a eu lieu dans la partie centrale de l’arc des Aléoutiennes, près des Iles Andreanof le 9 mars 1957, avec une magnitude de M 8.6. La longueur de la rupture a été d’environ 1200 km, ce qui en fait la plus longue zone de répliques jamais observée le long de l’arc. D’importants dégâts ainsi que des tsunamis ont été observées sur les îles Adak et Unimak, avec des vagues d’environ 13 mètres de hauteur.
Le séisme le plus puissant a été enregistré le 27 mars 1964 dans le Prince William Sound avec une magnitude de M 9.2. C’est actuellement le deuxième plus puissant séisme enregistré dans le monde après celui de M 9,5 au Chili en mai 1960. Il a été généré par une rupture d’environ 700 km entre le Prince William Sound au nord-est et l’extrémité sud de l’île Kodiak au sud-ouest. La secousse principale a été ressentie dans une grande partie de l’Alaska, ainsi que dans certaines parties du Territoire du Yukon et de la Colombie Britannique au Canada. Des dégâts très importants ont été observés à Anchorage avec les glissements de terrain qui ont suivi. Le séisme a également déclenché un tsunami dévastateur qui a causé des dégâts le long du Golfe d’Alaska, de la côte Ouest des États-Unis, et à HawaÏ. Plus de 250 personnes ont été tuées.

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Until rfecently, there was a theory among volcanologists saying that a major collapse on the Canary island of La Palma might trigger a megatsunami that would cause destruction on the eatern coast of the United States. There was even a disaster movie on Netflix from 2024 called La Palma showing a 30- to 90-meter-high wall of water crashing into New York City, Florida, and the entire East Coast.

https://youtu.be/2zFVoLQyWjc

The scenario relies on a widely publicized 2001 study according to which a catastrophic collapse of part of the La Palma island could trigger a massive Atlantic Ocean tsunami capable of sending waves as high as 25 meters (some say much bigger) toward the eastern shores of North and South America. It would, in theory, devastate everything, including the millions of people on the U.S. eastern seaboard.

However, most scientists today no longer believe the theory is valid. In a detailed review of the hypothesis, the U.S. Geological Survey says the original model relied on a key assumption that does not match what geologists have since learned about volcanic island collapses. The theory assumed a single, massive chunk of the island would suddenly slide into the ocean at high speed, generating a gigantic wave. More recent research suggests these collapses occur in smaller, incremental stages rather than one catastrophic event.

The USGS notes that improved tsunami modeling has also changed the picture dramatically. New simulations indicate that even a worst-case collapse scenario would likely produce waves on the East Coast in the range of roughly one or two meters, not 25 meters, or 30 to 90 meters as a social media « scientist » says in the video above.

Today, science affirms for sure that this world-shattering disaster is highly unlikely. The USGS explains that collapses of Canary Island volcanoes are rare, occurring on timescales of hundreds of thousands of years, and should be preceded by signs of flank instability: increases in earthquakes and ground surface deformation. Moreover, Canary Island volcanoes also erupt regularly – La Palma last erupted in2021, 1971 and 1949 – and slope stability analyses conducted at La Palma indicate that the structure is stable. The volcano would have to grow significantly before a collapse was likely.

That does not mean volcano-generated tsunamis are not real. The USGS points to the 1883 eruption of Krakatau (Indonesia) which generated a deadly local tsunami that killed tens of thousands of people. More recently, a supposed 450-meter mega-tsunami hit Alaska ; it was the second largest ever.

All these events are a humble reminder of the ocean’s incredible power and shows the ease with which dramatic theories can spread online. Mega-tsunamis make for attention-grabbing headlines, but according to the USGS, the fearful Canary Islands scenario is definitely not realistic.

Source : Surfer Magazine via Yahoo News.

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As I put it above, Alaska is one of the regions of the world most exposed to earthquakes and tsunamis. In a post published on 26 July 2025, I explained that it undergoes the subduction of the Pacific plate beneath the North American plate. The Aleutian arc is the perfect evidence of this phenomenon. It extends approximately 3,000 km from the Gulf of Alaska in the east to the Kamchatka Peninsula in the west. The subduction is responsible for the generation of the Aleutian Islands and the offshore Aleutian Trench which can be more than 7800 metres deep.
The seismic story of Alaska is particularly rich.

The first very powerful event along the arc during the 20th century was the November 10th1938 M8.6 Shumagin Island earthquake. This event ruptured an approximately 300 km long stretch of the arc and generated a small tsunami that was recorded as far south as Hawaii.
The April 1st, 1946 M8.6 Unimak Island earthquake, located in the central Aleutian arc, was characterized by slow rupture followed by a devastating Pacific-wide tsunami that was observed as far south as the shores of Antarctica. Although damage from earthquake shaking was not severe locally, tsunami run-up heights were recorded as high as 42 metres on Unimak Island and tsunami waves in Hilo (Hawaii) also resulted in casualties. [See my note of April 1st 2015 about this event]
The next powerful earthquake occurred along the central portion of the Aleutian arc near the Andreanof Islands on March 9th 1957, with a magnitude of M8.6. The rupture length of this event was approximately 1200 km, making it the longest observed aftershock zone of all the historic Aleutian arc events. Significant damage and tsunamis were observed on the islands of Adak and Unimak with tsunami heights of approximately 13 metres.
The most powerful earthquake was the March 27th 1964 M9.2 Prince William Sound earthquake, currently the second largest recorded earthquake in the world. The event had a rupture length of roughly 700 km extending from Prince William Sound in the northeast to the southern end of Kodiak Island in the southwest. Significant shaking was felt over a large region of Alaska, as well as in parts of western Yukon Territory, and British Columbia in Canada. Property damage was the largest in Anchorage with the ensuing landslides. The earthquake also triggered a devastating tsunami that caused damage along the Gulf of Alaska, the West Coast of the United States, and in Hawaii. More than 250 people got killed.

Les tempêtes de sable et de poussière // Sand and dust storms

Une importante tempête de sable a balayé le nord-ouest de l’Afrique le 30 mars 2026. D’après les images satellites, elle s’étendait sur environ 1 600 km. Ce phénomène est attribué à une dépression située au-dessus de l’Algérie, qui a aspiré de l’air en provenance d’Europe et soulevé des poussières sahariennes à travers la région. La tempête a touché le sud et le centre du Maroc, l’Algérie et la Mauritanie, avant de se déplacer vers l’océan Atlantique et les îles Canaries où la population a été surprise, car personne ne s’attendait à ce qu’elle atteigne l’archipel.
Source : Médias internationaux.

Tempête de sable dans le nord de l’Arabie saoudite les 4 et 5 mai 2025

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) explique que les principales sources de poussière à l’échelle de la planète se concentrent dans les régions arides et semi-arides, notamment les grands déserts comme le Sahara en Afrique, le Gobi en Asie et le désert d’Arabie au Moyen-Orient. Le Sahara est responsable à lui seul de plus de la moitié des émissions de poussière dans le monde.
L’activité des tempêtes de sable et de poussière varie considérablement en fonction de la situation géographique, des conditions climatiques et des facteurs environnementaux locaux. Elles proviennent de sources naturelles telles que les déserts, les lits de lacs asséchés et les régions côtières aux sédiments instables. Les activités humaines aggravent le problème par le biais de la construction, de l’agriculture et de mauvaises pratiques de gestion des terres qui détruisent la végétation et exposent les sols à l’érosion éolienne.

Le réchauffement climatique amplifie la fréquence des tempêtes de sable et de poussière en modifiant les régimes météorologiques et en réduisant le couvert végétal. Toutefois, la relation entre le réchauffement climatique et les tempêtes de sable ou de poussière est complexe. D’une part, la hausse des températures assèche les sols et accélère la désertification, ce qui facilite grandement le soulèvement des fines particules par le vent. Dans des scénarios de réchauffement extrême, la quantité de poussière saharienne soulevée dans l’atmosphère pourrait augmenter de 40 % à 60 % d’ici la fin du siècle. Cependant, l’impact futur des tempêtes de sable et de poussière dépend aussi des régimes de vent. Certaines tempêtes sahariennes sont devenues plus rares et moins intenses au cours des deux dernières décennies. Cela s’explique en partie par une augmentation de la végétation dans la région du Sahel, à la frontière sud du Sahara. Mais c’est aussi dû à un affaiblissement général des vents de surface et à des changements dans certains régimes climatiques à grande échelle.

Les tempêtes de sable et de poussière sont des phénomènes environnementaux et météorologiques qui touchent presque tous les pays du monde. Dans les pays situés dans ou à proximité de sources de poussière désertiques, ces tempêtes peuvent nuire gravement à l’élevage, à l’agriculture et à la santé humaine. Les tempêtes les plus violentes peuvent également entraîner la fermeture de routes et d’aéroports en raison d’une visibilité réduite et endommager les infrastructures. Elles peuvent aussi perturber la production d’énergie solaire.
Dans des régions plus éloignées, la poussière en suspension dans l’air peut dégrader la qualité de l’air, bloquer la lumière du soleil ou perturber les transports. Comme on a pu le constater récemment, les tempêtes de poussière saharienne peuvent être transportées sur des milliers de kilomètres à travers l’océan, impactant la vie quotidienne dans les Caraïbes ou aux îles Canaries.

Source: NASA

En ce qui concerne l’Europe, la poussière saharienne peut fortement dégrader la qualité de l’air, faisant grimper les niveaux de particules invisibles au-delà des seuils sanitaires recommandés. Ces fines particules, connues sous le nom de PM10, peuvent pénétrer profondément dans les poumons, déclenchant des crises d’asthme et des problèmes cardiovasculaires.

Ces dernières années, les habitants d’Espagne, de France et du Royaume-Uni ont observé des levers de soleil d’un orange intense et un ciel avec une brume jaunâtre. Ces ciels brumeux déposent souvent une fine couche de poussière couleur rouille sur les voitures et les vitres. Une intrusion de poussière saharienne dans les Alpes européennes en mars 2022 a contribué à une fonte glaciaire record cette année-là, car elle a réduit la capacité de la surface de la glace à réfléchir la lumière du soleil.

Dépôts de sable sur le domaine de Piau-Engaldans les Hautes-Pyrénées (Source: Twitter)

Cependant, cette poussière peut aussi présenter des avantages. Les nutriments qu’elle contient contribuent à fertiliser les écosystèmes marins et terrestres, ce qui est bénéfique pour l’agriculture et la pêche.

Source : Organisation météorologique mondiale (OMM).

Voir aussi une note parue sur mon blog le 6 mai 2025. Elle est intitulée « tempêtes de sable et réchauffement climatique »:

Tempêtes de sable et réchauffement climatique // Sandstorms and global warming

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A large sandstorm swept across northwestern Africa on March 30, 2026. The storm was estimated to be approximately 1 600 km long based on satellite imagery. The event was driven by a low-pressure system over Algeria, which drew in air from Europe and lifted Saharan dust across the region. The storm affected southern and central Morocco, Algeria, and Mauritania as it moved across the region into the Atlantic Ocean and the Canary Islands where people were surprised as they did not expect the sorm to reach the archipelago.

Source : international news media.

The World Meteorological Organization (WMO) explains that the most significant dust sources globally are concentrated in arid and semi-arid regions, particularly major deserts such as the Sahara in Africa, the Gobi in Asia, and the Arabian Desert in the Middle East. The Sahara accounts for more than half of the world’s total dust emissions.

Sand and dust storm activity varies widely depending on geographical location, climate conditions, and local environmental factors.  They originate from natural sources like deserts, dry lake beds, and coastal regions with loose sediment. Human activities exacerbate the problem through construction, agriculture, and poor land management practices that strip vegetation and expose soil to wind erosion.

Global warming amplifies the occurrence of sand and dust storms by altering weather patterns and reducing vegetation cover. However, the relationship between global warming and dust storms is complex. On one hand, rising temperatures dry out soils and accelerate desertification, making it far easier for wind to dislodge fine particles. Under extreme warming scenarios, the amount of Saharan dust lifted into the atmosphere could rise by 40% to 60% by the end of the century.

However, the future impact of dust storms also depends on wind patterns. Certain Saharan sand and dust storms have actually become rarer and less intense over the past two decades. Partly, this is due to an increase in vegetation in the Sahel region at the southern border of the Sahara. But it’s also due to a weakening of surface winds in general, and changes in certain large-scale climate patterns.

Sand and dust storms are environmental and weather-related phenomena that affect nearly all countries across the world. In countries within or near desert dust sources, sand and dust storms can seriously harm livestock, agriculture, and human health. Strong storms may also close roads and airports due to poor visibility and damage infrastructure. They can also disrupt solar energy production.

In distant regions, dust in the air can reduce air quality, block sunlight, or disrupt transportation.  As could be seen with the recent event, Saharan dust storms can be transported thousands of kilometers across the ocean, impacting daily life in the Caribbean or the Canary Islands.

As far as Europe is concerned, Saharan dust can substantially degrade air quality, pushing levels of invisible particules beyond health guidelines. These fine particles, known as PM10, can penetrate deep into the lungs, triggering asthma and cardiovascular issues.

In recent years, residents of Spain, France and the UK have observed deep orange sunrises and skies thick with a yellowish haze. These hazy skies often deposit rust-colored precipitation that leaves a fine grit on cars and windows. An intrusion of Saharan dust into the European Alps in March 2022 contributed to record glacier loss that year, as it makes the ice surface less able to reflect sunlight . However, transported dust can also bring benefits. Nutrients in the dust help fertilize marine and land ecosystems, benefiting agriculture and fisheries.

Source : World Meteorological Organization (WMO).

Essaim sismique sur le Teide (Tenerife / Îles Canaries) // Earthquake swarm at Teide (Tenerife / Canary Islands)

On peut lire sur le site de la Smithsonian Institution que dans les îles Canaries, le paysage volcanique de Tenerife est un complexe de stratovolcans superposés, dont l’âge va du Miocène au Quaternaire. Le Teide est l’un de ces stratovolcans de Tenerife qui est la plus grande île de l’archipel.
Le massif de la Cordillera Dorsal, orienté vers le NE, relie d’anciennes régions volcaniques au volcan Las Cañadas, formant ainsi le plus grand complexe volcanique des îles Canaries.

La caldeira de Las Cañadas, mesure 10 x 17 km et est en partie occupée par le Teide. On pense que son origine est due à un effondrement suite à des éruptions explosives, ou bien à un important glissement de terrain, comme ceux qui ont formé les vallées de La Orotava et de Guimar, ou bien à une combinaison de ces processus.
L’activité volcanique la plus récente a débuté à la fin du Pléistocène et a conduit à la formation du Pico Viejo et du Teide. Avec un sommet culminant à 3.715 m d’altitude, le Teide est le point le plus haut de toute l’Espagne mais aussi le plus haut volcan d’Europe. Il n’a plus connu de véritable activité volcanique depuis 1909. Au total, le Teide est entré 13 fois en éruption lors des 2.000 dernières années. Celle de 1798 avait duré du 9 juin au 8 septembre. C’est la plus longue éruption connue du volcan de Tenerife.

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Un essaim sismique a été enregistré sur le Teide entre 04h00 et 07h20 UTC le 14 novembre 2024. Il s’est produit dans la région de Las Cañadas del Teide, au sud-ouest du Pico Viejo. Les instruments ont détecté 500 micro-séismes de magnitude inférieure à M 1,1.
Les 10 premiers événements mineurs ont été suivis de signaux longue période (LP) caractérisés par des phases sismiques mal définies et un contenu à haute fréquence. Ensuite, on a enregistré une séquence prolongée de centaines de petits événements à intervalles presque réguliers. Il convient de noter que cette activité sismique s’est produite dans une zone où des événements semblables ont été enregistrés ces dernières années, notamment en octobre 2016, juin 2019 et juin-juillet 2022.
Source : Actualidad Volcánica de Canarias (AVCAN), Involcan.

Teide et Pico Viejo (Photos: C. Grandpey)

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One can read on the Smithsonian Institution’s website that in the Canary Islands Tenerife’s volcanic landscape is a complex of overlapping stratovolcanoes, ranging from Miocene to Quaternary in age. The Teide volcano is located in Tenerife which is the largest island of the archipelago.

The island’s NE-trending Cordillera Dorsal massif connects the older volcanic regions with the Las Cañadas volcano, forming the largest volcanic complex in the Canary Islands.

The Las Cañadas caldera, measuring 10 x 17 km, is partially filled by the Teide stratovolcano. Its origin has been attributed to either a collapse following explosive eruptions, a massive landslide similar to the earlier formations of La Orotava and Guimar valleys, or a combination of these processes.

The most recent volcanic activity began in the late Pleistocene and led to the formation of the Pico Viejo and Teide volcanic edifices. With a peak 3,715 m above sea level, Teide is the highest point in all of Spain and also the highest volcano in Europe. It has not experienced any real volcanic activity since 1909. In total, Teide erupted 13 times in the last 2,000 years. The one in 1798 lasted from June 9th to September 8th. It is the longest known eruption of the volcano in Tenerife.

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An earthquake swarm was recorded at Teide volcano between 04:00 and 07:20 UTC on November 14th 2024. It occurred in the Las Cañadas del Teide area, southwest of Pico Viejo, and consisted of 500 microearthquakes with magnitudes below M 1.1.

The initial 10 small earthquakes were followed by long-period (LP) signals characterized by undefined seismic phases and high-frequency content. Next, a prolonged sequence of hundreds of small events occurred at nearly regular intervals. It should be noted that this seismic activity occurred in an area where similar events have been recorded in recent years, especially in October 2016, June 2019, and June – July 2022.

Source : Actualidad Volcánica de Canarias (AVCAN), Involcan.

Le volcanisme des Iles Canaries

Alors que l’éruption du Cumbre Vieja se poursuit sans relâche sur l’île de La Palma, on peut se demander pourquoi des volcans sont actifs dans cette région de l’Océan Atlantique.

 

En effet, des éruptions ont eu lieu relativement récemment sur d’autres îles de l’archipel. On se souvient de l’éruption sous-marine à El Hierro en 2011-2012.

 

En remontant dans le temps, on note les éruptions de Teneguia (La Palma) en 1971 ou celle du volcan Chinyero, dans le nord-ouest de Tenerife en 1909.

A Tenerife, le Pico Viejo est entré en éruption du 9 juin au14 septembre 1798. Sur le site, l’événement semble avoir eu lieu hier  (Photo: C. Grandpey).

Toutes ces éruptions sont dues à la situation des Canaries à la verticale d’un point chaud dans l’Océan Atlantique. L’archipel présente une série d’îles approximativement alignées selon un axe ouest-est, et qui se prolonge vers le nord-est par une série de monts sous-marins. L’âge des îles diminue d’est en ouest, avec à l’est les îles et monts sous-marins les plus anciens et à l’ouest les îles plus récentes. Ainsi, Fuerteventura et Lanzarote sont les îles les plus anciennes avec 20,2 millions d’années, tandis qu’El Hierro est la plus jeune avec 1,1 million d’années.

 

Illustration réalisée par Erik-Jan Bosch, 2013

On remarquera que, contrairement à beaucoup de points chauds océaniques comme Hawaii, par exemple, le volcanisme des Canaries ne se limite pas à l’île la plus récente (El Hierro), mais est diffus sur l’ensemble des îles de l’archipel. Certains scientifiques pensent que le phénomène serait dû à la présence d’une cellule de convection dans le manteau terrestre qui entraînerait une partie du magma plus vers l’est, réactivant ainsi les anciennes îles. Ce même magma serait aussi responsable du volcanisme épars au nord-ouest du continent africain jusqu’au sud de l’Espagne.

Même si sa dernière activité n’est pas récente, le Pilón de Azúcar du Teide attire de nombreux volcanophiles. Le Teide est la troisième structure volcanique la plus haute et volumineuse de la planète, derrière le Mauna loa et Mauna kea à Hawaii. Son sommet présente encore de nos jours une activité résiduelle sous forme de fumerolles et de solfatares.

Photos: C & C Grandpey