Le ski à roulettes aux portes de nos massifs ! // Roller skiing soon in our mountains !

Ce n’est pas vraiment une surprise car le manque de neige s’est fait cruellement sentir dans les Pyrénées au mois de décembre 2018. En conséquence, les stations de ski de la chaîne ont enregistré une baisse de fréquentation cet hiver en raison de ce déficit d’enneigement en début de saison. Les premières chutes importantes sont intervenues les 22 et 23 janvier.

Le groupe N’Py, qui gère sept stations dans les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques, a comptabilisé 1 739 900 journées ski au 7 avril, soit un recul de 10% par rapport à l’an dernier. Au total, 163 454 journées ski ont été enregistrées durant les 15 jours de vacances de Noël, soit une baisse de 40% par rapport à la saison précédente.

La situation s’est améliorée pendant les vacances de février,  avec une hausse de 13% par rapport à la saison 2017-2018, et ceci malgré une neige de piètre qualité à cause du temps trop chaud en février.

Faute de chutes de neige au printemps et de températures suffisamment basses pour déclencher les canons à neige, la grande majorité des stations pyrénéennes ont d’ores et déjà fermé.

Le massif pyrénéen représente environ 10% du marché du ski français, un des plus importants au monde. Selon l’Observatoire Pyrénéen du Changement Climatique (OPCC), l’épaisseur de neige pourrait y diminuer de moitié et les températures maximales moyennes augmenter de 1,4 à 3,3 degrés Celsius d’ici à 2050.

Source : France Info.

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The news did not really come as a surprise because the lack of snow was badly felt in the Pyrenees in December 2018. As a result, the ski resorts have recorded a decrease in attendance this winter because of this snowfall deficit at the beginning of the season. The first major falls occurred on January 22nd and 23rd.
The N’Py group, which manages seven resorts in the Hautes-Pyrénées and Pyrénées-Atlantiques, recorded 1,739,900 ski days on April 7th, a decrease of 10% compared to last year. A total of 163,454 ski days were recorded during the 15 days of Christmas holidays, a 40% drop from the previous season.
The situation improved during the February holidays, with a 13% increase over the 2017-2018 season, despite the poor quality of the snow due to the hot weather in February.
In the absence of snowfall in the spring and temperatures not low enough to trigger the snow cannons, the vast majority of Pyrenean resorts have already closed.
The Pyrenees represent about 10% of the French ski market, one of the largest in the world. According to the Pyrenees Observatory of Climate Change (OPCC), the snow depth could decrease by half and average maximum temperatures increase from 1.4 to 3.3 degrees Celsius by 2050.
Source: France Info.

En septembre, les températures étaient remarquablement chaudes dans les Pyrénées… (Photo: C. Grandpey)

…En décembre, le manque de neige se faisait cruellement sentir. (Capture d’image de la webcam de La Mongie)

Manque de neige : Attention à la casse sur les pistes !

Le manque de neige se fait cruellement sentir dans les plupart des stations de ski françaises, en particulier dans les Pyrénées. Avec beaucoup de ruse et d’efforts, certaines stations ont réussi à ouvrir une piste ou deux, ce qui entraîne une très forte concentration de skieurs sur ces rares espaces enneigés. Le froid a rendu le manteau neigeux très dur, provoquant une série d’accidents qui a poussé la préfecture de Haute Savoie à lancer un appel à la vigilance, alors que deux personnes ont perdu la vie et qu’une quinzaine de skieurs se sont blessés ces derniers jours. Les blessures sont les mêmes que d’habitude, avec fractures de membres, de la colonne, traumatisme crânien, etc. D’après les médecins de l’hôpital de Bourg Saint Maurice en Savoie, ce qui augmente, c’est le nombre de skieurs qui se blessent, avec parfois une centaine de personnes aux urgences. Le nombre de fractures du fémur a pratiquement doublé.

Le préfet de la Haute-Savoie ajoute que l’attention des skieurs et des randonneurs doit être tout particulièrement portée sur les itinéraires classiques qui sont souvent rendus difficilement praticables voire impraticables. Les sorties en hors-piste sont également particulièrement déconseillées, aux pratiquants qui ne disposent pas des compétences avérées, notamment sur des itinéraires encore non tracés qui peuvent comporter des plaques instables, tout particulièrement au-dessus de 2000 mètres.

Image webcam à la Mongie (Pyrénées)

Réchauffement climatique: Pas de neige, pas de ski ! // No snow, no skiing !

Je ne cesse de le répéter: c’est quand les gens ne pourront plus skier, faute de neige, qu’ils prendront réellement conscience de la gravité du réchauffement climatique. Le manque de neige dans nos massifs va avoir des conséquences économiques non négligeables. Faute de touristes en hiver, les stations vont voir leurs revenus fondre….comme neige au soleil. Celles qui se sont endettées lourdement pour financer les canons à neige vont se trouver dans une situation financière particulièrement difficile. Comme je l’ai indiqué dans mon livre « Glaciers en Péril », la neige de culture ne durera qu’un temps car les températures seront trop élevées pour permettre le déclenchement des enneigeurs. De plus, avec la fonte des glaciers, de nombreuses communes vont être confrontées à des problèmes d’alimentation en eau et il faudra alors utiliser celle stockée dans les réserves prévues pour les canons à neige.

Cette situation très sombre pour les années à venir en montagne est déjà en train de se profiler dans les Pyrénées où le manque de neige se fait cruellement sentir pendant ces vacances de Noël. Seules 13 stations, sur la trentaine que comptent les Pyrénées françaises, ont partiellement ouvert leurs domaines aux skieurs. Selon l’Observatoire Pyrénéen du Changement Climatique (OPCC), l’épaisseur de neige dans les Pyrénées pourrait diminuer de moitié et les températures maximales moyennes augmenter de 1,4 à 3,3 degrés d’ici à 2050. En 35 ans, la moitié des glaciers pyrénéens ont déjà fondu. La date d’ouverture des stations de ski a été largement retardée par rapport à quelques décennies en arrière. Ce retard atteint jusqu’à 55 jours pour les stations de basse altitude.

Les Alpes sont plus hautes et bénéficient d’un climat plus continental. Même si l’enneigement est en net déclin, la pénurie de poudreuse prendra un peu plus de temps à se faire sentir, mais elle interviendra un jour ou l’autre. Au mois d’avril dernier, une étude du Centre national de recherches météorologiques français prédisait « une réduction massive des quantités de neige naturelle sur les massifs montagneux au cours du 21ème siècle. On peut lire qu’ »au col de Porte, près de Grenoble, l’épaisseur moyenne de neige en hiver a été réduite de 40 % pour la période 1990-2017 par rapport à la période 1960-1990, pour une augmentation de la température de l’air de 1°C. Si on atteint les 2°C, l’épaisseur du manteau neigeux diminuera de près d’un tiers, et la durée d’enneigement sera raccourcie d’encore 34 jours. […] Les hivers bien enneigés seront de plus en plus rares et les hivers peu enneigés de plus en plus fréquents. » Selon l’OCDE, on peut raisonnablement penser que d’ici 2050, 80 des 300 stations de ski de moyenne montagne (situées entre 1 000 et 2 000 mètres d’altitude) sont menacées de fermeture, faute d’enneigement.

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I keep repeating it: When people can no longer ski because of the lack of snow, they will really become aware that global warming is no joke. The lack of snow in our mountains will have significant economic consequences. For lack of tourists in winter, the resorts will see their incomes melt … like snow in the sun. Those that have heavily indebted themselves to finance snow cannons will find themselves in a particularly difficult financial situation. As I mentioned in my book « Glaciers en Péril« , artificial snow will only last for a while because the temperatures will be too high to trigger the snow guns. In addition, with the melting of glaciers, many municipalities will face water supply problems and will have to use the water stored for snow cannons.
This very dark situation for years to come in our mountains is already emerging in the Pyrenees where the lack of snow is sorely felt during these Christmas holidays. Only 13 resorts, in the thirty or so of the French Pyrenees, have partially opened their domains to skiers. According to the Pyrenees Observatory of Climate Change (OPCC), snow thickness in the Pyrenees could decrease by half and average maximum temperatures increase from 1.4 to 3.3 degrees Celsius by 2050. In 35 years, half of the Pyrenean glaciers have already melted away. The opening date of ski resorts has been significantly delayed compared to a few decades back. This delay reaches up to 55 days for low altitude resorts.
The Alps have higher altitudes and enjoy a more continental climate. Although the snow is in decline, its shortage will take a little longer to be felt, but it will come one day or another. Last April, a study by the French National Meteorological Research Centre predicted « a massive reduction in the amount of natural snow on the mountain ranges during the 21st century. » One can read that « at the Col de Porte, near Grenoble , the average snow depth in winter was reduced by 40% for the period 1990-2017 compared to the period 1960-1990, for an increase of the air temperature of 1°C. If 2°C is reached, the thickness of the snow layer will decrease by almost a third, and the snow cover will be shortened by another 34 days. […] Winters with a lot of snow will be more and more rare and the dry winters more and more frequent. »According to the OECD, it is reasonable to think that by 2050, 80 out of the 300 mid-mountain ski resorts (between 1,000 and 2,000 metres above sea level) are likely to close due to the lack of snow.

A La Mongie, à 1800 mètres d’altitude, le manque de neige est évident, même sur les versants qui ne reçoivent pas le soleil. Les températures sont trop élevées pour pouvoir activer les canons à neige (Capture d’image de la webcam le 1er janvier 2018).

Conséquences prévisibles du réchauffement climatique dans les Pyrénées

L’Observatoire Pyrénéen du Changement Climatique (OPCC) alerte une nouvelle fois sur les conséquences de la hausse des températures sur le massif. On peut lire dans le dernier rapport de l’Observatoire que l’épaisseur de neige dans les Pyrénées pourrait diminuer de moitié et les températures maximales moyennes augmenter de 1,4 à 3,3°C d’ici à 2050.

Dans des notes publiées le 17 et le 29 septembre 2018, j’ai personnellement attiré l’attention sur la hausse des températures dans les Pyrénées. Ainsi, cela faisait 91 jours le 15 septembre 2018 qu’il n’y avait pas eu de gel au Pic du Midi de Bigorre, à 2877 mètres d’altitude. La dernière journée de gelée – avec – 1,6°C – datait du 14 juin. Depuis que les mesures de températures sont enregistrées sur le site, c’est un record. Il faut remonter à 1822 pour retrouver pareille situation

Selon le rapport de l’OPCC, « la Terre n’a jamais connu de changements climatiques aussi rapides que ceux d’aujourd’hui. » Les variations de températures actuelles sont comparables à celles connues durant les périodes de transitions glacières et l’Holocène, soit les 11 700 dernières années. Depuis 1949, les températures moyennes annuelles ont augmenté de 0,2°C par décennie, soit une augmentation totale de 1,2 degré sur l’ensemble du massif pyrénéen.

Selon plusieurs scénarios de projection réalisés dans le cadre du projet de recherche transfrontalier ClimPy – entre la France, l’Espagne et Andorre – les températures maximales pourraient augmenter de 1 à 2,7°C à l’horizon 2030 et de 1,4 à 3,3°C à l’horizon 2050.

En fin de siècle, l’augmentation oscillerait entre 4,3 et 7,1°C pour le pire scénario, et entre 1,9 et 4,2°C dans le meilleur des cas.

Le rapport souligne aussi la baisse des volumes annuels de précipitations, de l’ordre de 2,5 % par décennie. Cette baisse s’accompagnerait d’une baisse significative de l’épaisseur moyenne de neige. Ainsi, dans les Pyrénées centrales à une altitude de 1800 mètres, l’épaisseur moyenne de neige pourrait diminuer de moitié d’ici 2050 et la période de permanence de la neige au sol se raccourcirait de plus d’un mois.

Ces multiples changements sans précédent auront une influence sur les espèces de montagne les plus sensibles. On observe déjà des modifications de l’état physiologique et de l’abondance de certains oiseaux, en même temps que des diminutions considérables de population chez les amphibiens, groupe de vertébrés parmi les plus vulnérables.

A l’échelle globale, le rapport de l’OPCC estime que les espèces européennes se sont déplacées de 11 mètres en moyenne par décennie vers les altitudes supérieures à cause du réchauffement climatique. D’autres effets négatifs sont à prévoir, comme la diminution du débit des cours d’eau qui, à terme, peut affecter la capacité des centrales hydrauliques à produire de l’énergie. Il ne faudrait pas oublier non plus l’augmentation des risques naturels (inondations violentes, glissements de terrain, avalanches) ainsi que la réduction de l’attrait touristique hivernal de certaines stations de ski situées dans les Pyrénées.

Ces derniers points pourraient cependant être contrebalancés par quelques évolutions positives, comme l’augmentation de la capacité de production d’énergie photovoltaïque (+ 10 % au milieu du siècle) et un prolongement de la saison touristique estivale dans les Pyrénées.

Source : Observatoire Pyrénéen du Changement Climatique.

Vue du massif pyrénéen depuis le Pic du Midi (Photo: C. Grandpey)

Le réchauffement climatique dans les Pyrénées // Global warming in the Pyrenees

On parle beaucoup des Pyrénées ces jours-ci à propos du changement climatique. Le record de journées sans gel a été largement battu au cours de l’été 2018 au Pic du Midi et le phénomène ne semble pas devoir ralentir. C’est ce que confirme CLIMPY, un projet de recherche transfrontalier réunissant Météo-France et les services météorologiques espagnol et catalan. Les climatologues français et espagnols ont étudié notamment les variations de températures et d’enneigement des deux côtés des Pyrénées.

Entre 1959 et 2010, les températures ont augmenté dans les Pyrénées de 1,2°C. D’après les projections incluses dans le projet, cette hausse n’est pas près de s’arrêter. A l’horizon 2050, les températures pourraient même augmenter de 4°C ! Les climatologues disent qu’ils ne cherchent pas à être alarmistes, mais à « éclairer sur les différents scénarios possibles ».

Ainsi, à la fin du siècle, les températures dans le massif pyrénéen pourraient être en hausse de 7°C. Pour l’instant, cette augmentation était constatée au printemps et en été mais les projections montrent que cela pourrait intervenir à toutes les saisons. La situation va inévitablement poser des problèmes, en particulier dans les stations de ski.

Au cours des trente dernières années, la fonte de la neige a été plus rapide au printemps, des deux côtés des Pyrénées. Le projet CLIMPY confirme que l’avenir ne devrait pas s’améliorer. Dans les Pyrénées centrales, à une altitude de 1.800 mètres, l’épaisseur moyenne de neige pourrait chuter de moitié d’ici 2050, tandis que la période de neige continue au sol diminuerait de plus d’un mois. Les stations de ski devront s’adapter et diversifier leurs activités.

Source : 20 Minutes.

NB : Je rentre d’un séjour dans les Pyrénées et je confirme que la situation climatique est préoccupante. Le 25 septembre, il faisait carrément chaud à 10 heures du matin sur la terrasse de l’observatoire du Pic du Midi de Bigorre (2877 mètres d’altitude) où les jours de gel se produisent au compte-gouttes. L’isotherme 0°C se trouve aux environs de 4500 mètres d’altitude. Les torrents ont un débit très faible, quand ils ne sont pas à sec. J’ai été surpris de voir le nombre de canons à neige déjà installés jusqu’au sommet des montagnes pour prévenir un éventuel déficit de poudreuse. L’hiver 2017-2018 a gâté les stations car la neige est tombée en abondance, mais le réchauffement climatique est une menace permanente. Il ne faudrait pas oublier qu’une abondance de neige traduit aussi un redoux global des températures en haute altitude…

 

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There is a lot of talk about the Pyrenees these days concerning climate change. The record of frost-free days has been largely beaten in the summer of 2018 at the Pic du Midi and the phenomenon does not seem to be slowing down. This is confirmed by CLIMPY, a cross-border research project bringing together Météo-France and the Spanish and Catalan meteorological services. French and Spanish climatologists have studied in particular the variations of temperature and snow on both sides of the Pyrenees.
Between 1959 and 2010, temperatures rose in the Pyrenees by 1.2°C. According to projections included in the project, this increase is not about to stop. By 2050, temperatures could even rise by 4°C! Climatologists say that they do not want to be alarmist, but to « shed light on the different possible scenarios ».
Thus, at the end of the century, temperatures in the Pyrenees could rise by 7°C. For the moment, this increase was noted in spring and summer, but projections show that this could occur in all seasons. The situation will inevitably cause problems, especially in ski resorts.
Over the past 30 years, snow has melted faster in the spring, on both sides of the Pyrenees. The CLIMPY project confirms that the future should not be better. In the central Pyrenees, at an altitude of 1,800 metres, the average thickness of the snow could fall by half by 2050, while the period of continuous snow on the ground would decrease by more than a month. Ski resorts will have to adapt and diversify their activities.
Source: 20 Minutes.

NB: I am from a trip to the Pyrenees where the climatic situation is worrying. On September 25th, it was really hot at 10 o’clock in the morning on the terrace of the observatory of the Pic du Midi of Bigorre (2877 metres a.s.l.) where the days of frost occur drop by drop. The 0°C isotherm is around 4500 metres above sea level. The torrents have a very low flow, when they are not dry. I was surprised to see the number of snow guns already installed to the tops of the mountains to prevent a possible snow deficit. The winter of 2017-2018 was a very good one the resorts as snow fell in abundance, but global warming is a permanent threat. It should not be forgotten that an abundance of snow also relects milder temperatures at high altitudes.

Records de chaleur au sommet du Pic du Midi (Photos: C. Grandpey)

La neige et la glace font cruellement défaut sur le massif pyrénéen, y compris au Cirque de Gavarnie avec la Brèche de Roland (Photos: C. Grandpey)

Coup de chaud sur les Pyrénées // Global warming in the Pyrenees

Je fais souvent référence aux Alpes à propos du réchauffement climatique car la fonte des glaciers est particulièrement inquiétante dans tout le massif. Il ne faudrait pas pour autant oublier la chaîne pyrénéennes qui souffre elle aussi de la chaleur. Les glaciers sont moins volumineux que ceux des Alpes mais ils disparaissent eux aussi.

Preuve que le réchauffement climatique affecte les Pyrénées, cela faisait 91 jours le 15 septembre 2018 qu’il n’y avait pas eu de gel au Pic du Midi de Bigorre, à 2877 mètres d’altitude. La dernière journée de gelée – avec – 1,6°C – date du 14 juin dernier. Depuis que les mesures de températures sont enregistrées sur le site, c’est un record. Il faut remonter à 1822 pour retrouver pareille situation qui risque de durer car aucune baisse significative de la température n’est prévue pour les prochains jours ; elles devraient se situer entre + 3 et + 6°C. Pour le moment, l’été 2018 se classe au deuxième rang des étés les plus chauds.
Depuis plusieurs décennies, les scientifiques font état d’une réduction des glaciers dans les Pyrénées. Cette année, à la suite des abondantes chutes de neige hivernales, les névés étaient encore importants sur la face nord du Pic du Midi vers la mi juillet. Les épisodes de forte chaleur enregistrés fin juillet et début août ont eu raison de ces amas de neige.

Source : France Info et presse locale.

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I often refer to the Alps about global warming because the melting of glaciers is particularly worrying throughout the massif. We should not forget the Pyrenees which also suffer from the heat. Glaciers are less bulky than those in the Alps but they disappear too.
Here is the proof that global warming affects the Pyrenees: it was 91 days on September 15th, 2018 that there was no frost at the Pic du Midi de Bigorre, 2877 metres above sea level. The last day of frost – with minus 1,6°C – was June 14th this year. It is a record on the site. We must go back to 1822 to find such a situation that might last some time because no significant drop in temperature is expected for the next few days; they should be between + 3 and + 6°C. At this time, the summer of 2018 ranks second among the hottest summers.
For several decades, scientists have reported a retreat of glaciers in the Pyrenees. This year, following the heavy snowfall during the winter, there were syill many patches of snow on the north face of the Pic du Midi around mid July. The heatwaves recorded at the end of July and beginning of August erased these snow patches.
Source: France Info and local press.

Vue du Pic du Midi de Bigorre (Crédit photo: Wikipedia)

La réintroduction de l’ours pose problème dans les Pyrénées

Quelque 200 personnes, dont de nombreux bergers avec quelques élus, ont manifesté le 29 août dernier à Etsaut dans la Vallée d’Aspe (Pyrénées-Atlantiques) pour dire leur refus de l’introduction d’ours dans le massif, en dépit de la démission de Nicolas Hulot. Elles s’étaient données rendez-vous dans ce village de 61 habitants où l’ancien ministre de la Transition écologique comptait venir plaider la cause de l’introduction prochaine de deux ourses dans le massif.

Selon le co-président de la Fédération transpyrénéenne des éleveurs de montagne (FTEM), « le pastoralisme ne peut pas vivre avec les prédateurs. »  La mairesse d’Etsaut est, quant à elle, favorable à la réintroduction des ourses, ce qui ne fait qu’accroître la colère des éleveurs. S’adressant aux manifestants, leur co-président a lancé : « A partir de maintenant, je compte sur vous pour organiser des battues contre le loup hybride qui sévit dans la vallée d’Ossau, et des tirs d’effarouchement contre les deux ourses qui seront, Hulot ou pas, réintroduites. »

La mairesse d’Etsaut a déclaré : « Je suis favorable au renforcement de l’ours parce qu’il fait partie du patrimoine. Au début du 20ème siècle, plus de 90 ours cohabitaient avec les bergers », a-t-elle souligné.

Je ne suis pas d’accord avec cette dame quand elle dit que l’ours FAIT partie du patrimoine. Comme pour la phrase suivante, elle aurait dû utiliser l’imparfait de l’indicatif. En effet, l’ours était très répandu dans les Pyrénées il y a quelques décennies. Le problème, c’est qu’on l’a exterminé, le réduisant à quelques individus. Une fois l’éradication effectuée, on a mis en place un élevage du mouton à grande échelle, d’ailleurs bien adapté aux pâturages de haute altitude.

Se souvenant que l’ours était autrefois présent dans les Pyrénées, quelques écologistes ont décidé un jour de le réintroduire. Le problème, c’est que sa place était prise par les moutons et leur cohabitation allait forcément être difficile. Selon une consultation publique lancée par le gouvernement, 58,6% des habitants des communes béarnaises de montagne concernés par la réintroduction des deux ourses y sont favorables, contre 41,4% d’avis défavorables, ce qui est loin d’un plébiscite ! Aux dires des derniers sondages au sein de la population française dans son ensemble, 89% des personnes interrogées sont pour la réintroduction.

Me concernant, je suis contre. Je n’aime pas le mot « ré-introduction » qui a en lui un caractère artificiel, quelque chose de pas naturel. Je me suis élevé à la campagne au milieu des vaches et des moutons et je n’aurais pas du tout aimé qu’un prédateur (chien errant, loup ou ours) vienne faire des ravages dans les troupeaux. Il est facile de dire qu’on est pour la réintroduction de l’ours ou du loup quand on habite un appartement dans une grande ville, comme c’est le cas pour la plupart des sondés.

Quand mon ami Jacques Drouin m’a proposé de collaborer à la rédaction du livre Dans les Pas de l’Ours (voir l’ouvrage dans la colonne de droite de ce blog), j’ai tout de suite accepté car l’ours fait partie, avec l’éléphant, des animaux que j’admire le plus. Je l’ai rencontré à de nombreuses reprises au Canada et surtout en Alaska. Dans ces contrées où il pullule, je me sentais un intrus dans le territoire des ours, de la même façon qu’aujourd’hui l’ours est un intrus sur le territoire pyrénéen. Il est certes chassé en Alaska, mais de façon très régulée. Il arrive que des ours s’attaquent à des personnes, quand ils sont surpris ou quand un imprudent se trouve entre une mère et ses oursons. C’est le seul cas où vous êtes autorisé à tuer un plantigrade. Si vous tuez un ours autrement que par autodéfense, ça va vous coûter très, très cher !

Ma collaboration à la rédaction du livre s’est surtout faite au niveau des images car je possède de nombreux clichés d’ours. Jacques et moi sommes allés dans les Pyrénées et, sous la houlette d’un guide local, avons randonné en montagne à la recherche des plantigrades, mais sans succès. L’ours pyrénéen est très discret, au moins pendant la journée. Les inscriptions sur les routes montraient l’hostilité des habitants à la réintroduction de l’ours. Même réaction des bergers auxquels il a été suggéré d’installer des clôtures électriques pour empêcher les ours de s’attaquer aux troupeaux. Pour les bergers, installer une clôture signifie que l’on accepte la présence de l’ours et il n’en est pas question. Ces derniers nous ont également fait remarquer que la réintroduction des vautours posait, elle aussi, un problème aux éleveurs. Certes, il y a des compensations financières en cas de pertes de bêtes, mais comme pour tout sinistre, l’argent alloué par l’assurance ne couvre pas la perte dans sa totalité et je sais par expérience que la perte d’une bête est un traumatisme pour un paysan.

Il semble bien que le problème de l’ours soit insoluble, comme le sera à brève échéance celui du loup qui, petit à petit, s’introduit sur le territoire français et qu’il sera plus difficile à gérer que le problème de l’ours. Je n’ose imaginer la présence de l’ours au sein des pâturages où broute tranquillement le célèbre agneau baronet du Limousin !

Qu’il soit grizzly ou noir, l’ours est maître de son territoire en Alaska (Photos: C. Grandpey)