Pandémies et réchauffement climatique // Pandemics and global warming

Concentrations de CO2 : 431,84 ppm (15 mai 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

Voici une information qui interpelle : Selon Jean-Luc Mélenchon, figure de proue de La France Insoumise (LFI), l’hantavirus serait un « nouvel exemple de maladie écologique ». Les médias, en général habitués à critiquer le bonhomme, sont bien obligés d’admettre qu’il a très probablement raison, et les faits sont là pour le confirmer.

Pour J.L. Mélenchon, les pandémies sont avant tout un problème environnemental. Les zoonoses se multiplieraient à cause de la chute de la biodiversité et du changement climatique. Une zoonose est une maladie infectieuse qui est passée de l’animal à l’homme.

Il suffit d’observer l’histoire des pandémies pour se rendre compte qu’elles sont effectivement plus fréquentes que par le passé. Jusqu’au 20ème siècle, il y avait une pandémie tous les 100 ans. Au 21ème siècle, il y en a déjà eu six : une pneumonie partie d’Asie en 2003, l’alerte maximale face à la grippe A en 2009, le virus Zika en 2016, l’épidémie Ebola en 2019, le coronavirus en 2020.

Les scientifiques ont expliqué que l’une des raisons derrière cette prolifération se trouve dans le recul des forêts, l’élevage, la déforestation et le développement urbain. En effet, les villes se rapprochent de plus en plus des animaux sauvages, porteurs de virus, et ces virus se transmettent de l’animal à l’homme, ce qui correspond bien à la définition de la zoonose.

Source : Encyclopédie de l’Environnement

Ce lien entre le développement urbain et l’émergence de pandémies est aujourd’hui largement documenté. On peut lire dans une étude de l‘Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) que « les activités économiques favorisent, en périphérie immédiate de grands centres urbains, l’émergence de microbes jusqu’alors peu ou jamais mis au contact d’humains. »

S’agissant du possible rapport entre le réchauffement climatique et l’émergence de pandémies, il n’existe pas forcément de lien direct, mais sur le fond les experts considèrent que le climat est un facteur aggravant. Toujours selon l’INRAE, le réchauffement climatique provoque l’augmentation des vecteurs pour certaines maladies. L’exemple classique, c’est le chikungunya. Le réchauffement climatique a provoqué l’expansion du moustique tigre Aedes albopictus.. En plus, ce type de bactéries se développe mieux quand il fait chaud et humide.

Moustique tigre (Crédit photo : CDC)

Au final, Jean-Luc Mélenchon a raison. La destruction de la biodiversité et le réchauffement climatique favorisent le passage des maladies de l’animal à l’homme. C’est bien l’activité humaine qui explique la multiplication des pandémies.

Plusieurs autres exemples mentionnés dans mon blog apportent de l’eau au moulin. J’ai eu l’occasion de montrer que le dégel du permafrost dans l’Arctique était susceptible de réveiller des virus jusqu’alors emprisonnés et donc inactifs dans le sol gelé. Dans une note publiée le 14 octobre 2024, je rappelais que dans un cimetière du Svalbard des chercheurs américains ont découvert que le virus de la Grippe Espagnole était toujours actif sur des prélèvements d’organes de mineurs norvégiens enterrés dans l’archipel en 1918 !

Le pergélisol dans l’Arctique

Les scientifiques ont également découvert des virus en étudiant la fonte des glaciers. Dans une note publiée le 23 février 2021, j’explique qu’une équipe de chercheurs américains et chinois partie pour forer des glaciers de l’Himalaya a extrait deux carottes de glace qui ont permis de mettre au jour pas moins de 33 virus dont 5 seulement étaient connus du monde scientifique. Dans leur étude, les chercheurs expliquent que «dans le meilleur des cas, la fonte des glaces nous fera perdre des données microbiennes et virales précieuses qui pourraient nous renseigner sur les régimes climatiques passés de notre planète. […] Dans le pire des cas, le réchauffement climatique pourrait être à l’origine d’une libération de nouveaux agents pathogènes dans notre environnement».

Source : France Info, blog « Claude Grandpey, Volcans et Glaciers ».

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Here’s a thought-provoking piece of information: According to Jean-Luc Mélenchon, a leading figure in La France Insoumise (LFI), hantavirus is a « new example of an ecological disease. » The media, usually quick to criticize him, are forced to admit that he is very likely right, and the facts seem to confirm it.
For Mélenchon, pandemics are primarily an environmental problem. Zoonoses are multiplying due to the decline in biodiversity and climate change. A zoonosis is an infectious disease that has passed from animals to humans. A simple look at the history of pandemics reveals that they are indeed more frequent than in the past. Until the 20th century, there was a pandemic every 100 years. In the 21st century, there have already been six: pneumonia originating in Asia in 2003, the heightened alert for H1N1 influenza in 2009, the Zika virus in 2016, the Ebola epidemic in 2019, and the coronavirus in 2020.
Scientists have explained that one of the reasons behind this proliferation lies in the shrinking of forests, livestock farming, deforestation, and urban development. Indeed, cities are increasingly encroaching on wild animals which carry viruses, and these viruses are transmitted from animals to humans, which fits the definition of a zoonosis.
This link between urban development and the emergence of pandemics is now widely documented. A study by the French National Research Institute for Agriculture, Food and the Environment (INRAE) states that « economic activities in the immediate vicinity of large urban centers promote the emergence of microbes that have previously had little or no contact with humans. »
Regarding the possible link between global warming and the emergence of pandemics, there isn’t necessarily a direct connection, but fundamentally, experts consider climate to be an aggravating factor. According to INRAE, climate change leads to an increase in the vectors of certain diseases. The classic example is chikungunya. Global warming has caused the expansion of the Aedes albopictus tiger mosquito. Furthermore, this type of bacteria thrives in warm and humid conditions.
Ultimately, Jean-Luc Mélenchon is right. The destruction of biodiversity and global warming facilitate the transmission of diseases from animals to humans. It is indeed human activity that accounts for the proliferation of pandemics. Several other examples mentioned on my blog support this point. I’ve had the opportunity to demonstrate that the thawing of permafrost in the Arctic can reactivate viruses that were previously trapped and therefore inactive in the frozen ground. In a post published on October 14, 2024, I reminded readers that in a Svalbard cemetery, American researchers discovered that the Spanish Flu virus was still active in organ samples from Norwegian miners buried in the archipelago in 1918!
Scientists have also discovered viruses while studying glacial melt. In a post published on February 23, 2021, I explained that a team of American and Chinese researchers drilling into Himalayan glaciers extracted two ice cores that revealed no fewer than 33 viruses, only 5 of which were previously known to the scientific community. In their study, the researchers explain that “in the best-case scenario, melting ice will cause us to lose valuable microbial and viral data that could inform us about our planet’s past climate patterns. […] In the worst-case scenario, global warming could lead to the release of new pathogens into our environment.”
Source: France Info, blog “Claude Grandpey, Volcans et Glaciers.”

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