Naïveté indonésienne? // Indonesian naivety?

En lisant la presse indonésienne, on a la confirmation que le changement climatique est réel dans le pays, avec des conséquences importantes sur l’environnement. Le Jakarta Post donne l’exemple de Tungkal I, dans l’est de Sumatra. Le village fait face à la Mer de Chine méridionale. Il a subi les assauts des vagues qui sont en passe d’engloutir le rivage de plusieurs centaines de mètres chaque année.
En dépit de ce genre de situation alarmante, une enquête a révélé que 18% des Indonésiens ne pensaient pas que l’activité humaine était la cause du changement climatique, tandis que 6% estimaient que le climat ne changeait pas du tout. L’Indonésie a le pourcentage le plus élevé de négationnistes du changement climatique parmi les 23 pays étudiés dans le cadre d’une étude menée en février et mars 2019 par YouGov, une société d’opinion publique et de données.
Un quart des Indonésiens ont déclaré que les humains étaient les principaux responsables du changement climatique, tandis que 29% estimaient que d’autres facteurs avaient également joué un rôle. 21% des personnes interrogées ont répondu qu’elles n’avaient aucune idée.
Huit pour cent des Indonésiens ont déclaré que le réchauffement climatique causé par l’homme était un canular et faisait partie d’une théorie du complot.
L’Arabie Saoudite se situe au deuxième rang après l’Indonésie avec 16% des personnes qui ne croient pas que l’homme contribue au changement climatique, suivie des États-Unis (13%), de l’Afrique du Sud (11%), du Mexique (10%) et de l’Égypte (10%). .
Source: The Jakarta Post.

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Reading the Indonesian press, we get the confirmation that climate change is real in the country, with significant consequences on the environment. The Jakarta Post gives the example of Tungkal I village in the eastern part of Sumatra. The village faces the South China Sea and has suffered massive abrasion that is expected to swallow its shores by hundreds of meters annually.

Despite this kind of alarming situation, a survey has revealed that 18 percent of Indonesians do not believe human activity causes climate change, while another 6 percent believe that the climate is not changing at all. Indonesia has the highest percentage of climate change deniers among 23 countries surveyed in a study conducted in February and March 2019 by global public opinion and data company YouGov.

A quarter of Indonesians said humans were mainly responsible for climate change, while 29 percent believed other factors also played a role. Another 21 percent of respondents answered by saying they did not know.

Eight percent of Indonesians said human-driven global warming was a hoax and part of a conspiracy theory.

Saudi Arabia is second after Indonesia with 16 percent of people who do not believe that humans contribute to climate change, followed by the United States (13 percent), South Africa (11 percent), Mexico (10 percent) and Egypt (10 percent).

Source : The Jakarta Post.

Scénario d’inondation côtière à Sumatra (Source: 2ème Forum International pour un Avenir Durable en Asie – Janvier 2017)

Quand la mer monte… // When the sea rises

Je viens d’effectuer un bref séjour sur la côte atlantique, histoire de profiter du temps exceptionnellement beau et chaud qui règne actuellement sur la région. J’adore l’océan en dehors des périodes touristiques quand on peut faire une halte où l’on veut, sans rencontrer la famille braillard à chaque coin de sentier de randonnée.

Février, c’est aussi l’époque où les mimosas sont en fleur et embaument le paysage. J’avais choisi de me rendre sur le littoral ces derniers jours car le coefficient de marée se situait autour de 115, ce qui permettait de voir jusqu’où montait la mer par temps calme – il n’y avait pas de vent – et imaginer quel effet érosif elle peut avoir sur les plages au moment des tempêtes.

La situation est inquiétante et, comme je l’ai indiqué dans une note précédente, le Préfet de la région Nouvelle-Aquitaine a été contraint de promukguer des décrets d’interdiction d’accès à certaines portions du littoral, en particulier au Cap Ferret, entre « Chez Hortense » et la Plage de la Pointe.

En parcourant la côte, on comprend facilement ce qui va se passe dans les prochaines années avec la hausse prévue du niveau de l’océan. Les photos que j’ai eu l’occasion de prendre ne laissent pas le moindre doute. En plus, cette partie du littoral atlantique est soumise à de très forts courants, ce qui n’arrange rien. Il suffit de voir à quelle distance de la côte se trouvent les blockhaus datant de la Sonde Guerre mondiale.

Les employés de l’Office National des Forêts font tout leur possible pour protéger les dunes , en particulier en plantant des oyas et en demandant aux visiteurs de respecter la forêt, mais on sait parfaitement qu’à la fin, c’est l’océan qui aura le dernier mot…

Dans son rapport de 2016, l’Observatoire de la Côte Aquitaine prévoit un recul de la côte sableuse de respectivement 20 et 50 mètres en 2025 et 2050. Le précédent rapport de 2011 avançait un taux d’érosion du trait de côte de 1 à 3 mètres par an sur la côte sableuse. Aujourd’hui, la dernière actualisation conclut à une hausse globale de ces valeurs et fait état de reculs moyens de 2,5 mètres par an en Gironde et de 1,70 m par an dans les Landes. Sur la côte sableuse (de la Pointe du Médoc à l’embouchure de l’Adour), l’érosion chronique ainsi estimée est de l’ordre d’en moyenne 20 et 50 mètres respectivement pour les horizons 2025 et 2050. Il faut ajouter à cela un recul lié à un événement majeur en général de l’ordre de 20 mètres.

A l’horizon 2025, la superficie du littoral sableux exposé à l’aléa érosion s’élève à 10,9 km2, soit près de 991 terrains de football. En 2050, 20,6 km2 de littoral sableux seraient concernés, soit l’équivalent de 1873 terrains de football.

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I have just had a short stay on the Atlantic coast, enough to enjoy the exceptionally fine and warm weather that currently prevails in the region. I love the ocean outside tourist periods when you can make a stop where you want, without meeting boisterous families at every corner of a hiking trail.
February is also the time when mimosas are in bloom and perfume the landscape. I had chosen to go to the coast in recent days because the tidal coefficient was around 115, which made it possible to see how far the sea rises in calm weather – there was no wind – and imagine what erosive effect it can have on beaches during storms.
The situation is worrying and, as I indicated in a previous note, the Prefect of Nouvelle Aquitaine was forced to promote decrees prohibiting access to certain parts of the coast, in particular at Cap Ferret, between « Chez Hortense » and Plage de la Pointe.
While walking along the coast, it is easy to understand what will happen in the coming years with the expected rise in the level of the ocean. The photos I had the opportunity to take leave no doubt. In addition, this part of the Atlantic coastline is subject to very strong currents, which does not help. It suffices to see how far from the coast are the blockhouses dating from World War II.
National Forestry Office employees do their utmost to protect the dunes, especially by planting oyas and asking visitors to respect the forest, but we know perfectly well that in the end, the ocean will have the last word…
In its 2016 report, the Observatoire de la Côte d’Aquitaine predicts that the sandy coast will shrink by 20 and 50 metres respectively in 2025 and 2050. The previous report of 2011 predicted an erosion rate of the coastline between 1 and 3 metres per year on the sandy coast. Today, the latest update concludes with an overall increase in these values ​​and reports average retreats of 2.5 metres per year in the Gironde and 1.70 metres per year in the Landes. On the sandy coast (from the Pointe du Médoc to the mouthestuary of the Adour), the estimated chronic erosion is of the order of 20 and 50 metres on the 2025 and 2050 horizons, respectively. One should add another retreat related to a major event, in general of the order of 20 metres.
By 2025, the area of ​​the sandy coast exposed to erosion hazard is likely to amount to 10.9 square kilometres, or nearly 991 football fields. In 2050, 20.6 square kilometres of sandy coastline will be involved, the equivalent of 1873 football fields.

La côte souffre….

Les oyas essayent de retarder l’échéance…

Les blockhaus ont quitté leurs ancrages…

Les interdictions sont de plus en plus nombreuses…

Photos: C. Grandpey

Le Cap Ferret face à l’érosion littorale

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, l’érosion littorale provoquée par la hausse du niveau des océans suite au réchauffement climatique se produit au moment des tempêtes et est encore accentuée si ces événements extrêmes ont lieu quand les coefficients des marées sont élevés.

En France, les effets de l’érosion littorale sont parfaitement visibles le long de la côte atlantique. J’ai déjà mentionné la résidence Le Signal à Soulac-sur-Mer (Gironde) qui a dû être évacuée car elle était menacée par les assauts de l’océan. A Lacanau (Gironde), des enrochements ont été mis en place pour essayer de freiner les ardeurs des vagues.

Depuis le 15 janvier, la plage de la pointe du Cap Ferret (Gironde), qui fait face à la dune du Pilat, était fermée en raison de l’accélération de l’érosion observée lors des tempêtes d’hiver. Sa réouverture programmée au 30 avril n’aura pas lieu pour des raisons de sécurité.

Le Cap Ferret est une flèche sableuse se situant à l’extrémité sud de la presqu’île de Lège-Cap-Ferret. Il sépare l’Océan Atlantique du Bassin d’Arcachon. (voir la carte ci-dessous) Il reçoit chaque année plusieurs milliers de touristes. La pointe du cap a toujours été soumise à une forte érosion. Des travaux de restauration du cordon dunaire ont été entamés dès les années 1980, notamment par la végétalisation des dunes.

Dans un communiqué, le Préfet de la région Nouvelle-Aquitaine estime que « l’accélération du phénomène d’érosion de la pointe du Cap Ferret est une réalité que personne ne peut désormais contester ». L’État entend agir pour accélérer en la matière la prise de conscience et minimiser, autant que possible, les conséquences inéluctables.

En conséquence, le 6 février 2019, le préfet a demandé au maire de Lège-Cap-Ferret de mettre en œuvre des décisions extrêmement fortes et lourdes de conséquences suite aux phénomènes d’érosion observés sur le littoral atlantique.

Voici une liste des décisions préfectorales :

– Tout cheminement du public est strictement interdit sur les ouvrages (de protection contre la mer) depuis « chez Hortense » jusqu’à la pointe et il a été demandé au maire de procéder à la fermeture au public des différents accès à ces ouvrages.

– Sous trois mois, la ville de Lège-Cap-Ferret devra intégrer dans son plan communal de sauvegarde, un plan de gestion de crise pour la pointe et la zone des 44 hectares permettant d’anticiper les risques de brèche et d’effondrement brutal des ouvrages. Ce plan devra notamment prévoir les procédures d’évacuation d’urgence des populations.

– La ville devra également actualiser sous trois mois, sa stratégie de rechargement de la plage et de la dune pour tenir compte de l’accélération de l’érosion dunaire et des départs répétés des sédiments apportés en urgence cet hiver.

– Lège-Cap-Ferret devra produire avant l’automne prochain, l’évaluation environnementale prescrite par l’arrêté préfectoral du 29 décembre 2017 concernant le plan pluriannuel de rechargement.

– Enfin, la ville doit lancer, dans les six mois, l’étude de recomposition spatiale prévue dans sa stratégie locale, afin d’actualiser cette stratégie d’ici fin 2020, considérant que la lutte active contre l’érosion ne pourra être que temporaire, au vu de l’évolution du site et de sa configuration.

Source: Presse régionale.

A gauche de la carte, la pointe du Cap Ferret s’étirer entre l’Océan Atlantique et le Bassin d’Arcachon (Source: Google Maps)

Tempêtes, neige, vagues et érosion côtière à Hawaii // Storms, snow, waves and coastal erosion in Hawaii

Les événements extrêmes se sont multipliés à travers le monde au cours des derniers mois. Ce qui se passe actuellement à Hawaii est un bon exemple des conséquences du changement climatique.
Hawaii connaît en ce moment une période de très mauvais temps, avec une puissante tempête hivernale susceptible de produire une accumulation de neige et de glace sur l’Haleakala à Maui, ainsi que sur le Mauna Loa et le Mauna Kea à Big Island. En plus de la neige, les services météorologiques prévoient des conditions très venteuses et des températures exceptionnellement basses. Le National Weather Service a publié un bulletin d’alerte hivernal avec risque d’épisodes de neige, de grésil ou de pluie verglaçante qui poseront des problèmes de déplacement. Les gens doivent s’attendre à des routes glissantes, une visibilité réduite et faire preuve de prudence au volant.
Dans le même temps, la division hawaïenne en charge des State Parks a annoncé que, pour la toute première fois dans l’histoire d’Hawaii, la neige est tombée dans un parc national le samedi 9 février 2019. Le parc national de Polipoli à Maui est recouvert de neige qui n’était jamais tombée à une aussi basse altitude (1860 m) à Polipoli.
Le personnel du Department of Land and Natural Resources (DLNR) évalue les impacts de la tempête hivernale qui s’abat sur Hawaii. Sur la rive nord de l’île d’Oahu, l’érosion côtière et les inondations provoquées par les vagues inquiètent les autorités et la population. L’ampleur de la perte de sable sur les plages exposées au nord n’est pas encore connue mais elle est considérable. Les météorologues avaient raison avec leurs prévisions. Ils avaient prévu un événement sans précédent, avec une combinaison rare, voire jamais observée, de vagues énormes associées à des vents violents. Comme je l’ai déjà écrit, c’est pendant les tempêtes que l’on peut constater les effets du changement climatique sur les océans et l’érosion qu’il provoque sur le littoral.
Le DLNR est particulièrement préoccupé par les effets des vagues sur le littoral dont l’érosion menace les fondations de certaines maisons de la côte nord, déjà victimes d’événements semblables par le passé. La tempête a entraîné la fermeture de nombreux parcs d’État. De nombreux campeurs ont dû partir et plusieurs routes ont été fermées.
À Lahaina (Maui), des bateaux ont rompu leurs amarres et sont allés s’écraser sur des rochers. Des toilettes portables ont également été emportées.
Les équipes sur le terrain évalueront les dégâts causés aux parcs d’État, aux forêts et aux sentiers avant leur réouverture au public.

Source: Presse hawaiienne. .

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Extreme events have been multiplying around the world during the past months. What is currently happening in Hawaii is a good example of the consequences of climate change.

There is a period of very bad weather in Hawaii with a powerful winter storm likely to produce accumulating snow and ice over the Haleakala and Big Island Summits. In addition to snow and ice accumulations, very windy conditions and unusually cold temperatures are expected. The National Weather Service has issued a Winter Weather Advisory which means that periods of snow, sleet or freezing rain will cause travel difficulties. People should be prepared for slippery roads and limited visibilities and use caution while driving.

Meantime, the Hawaiian Division of State Parks reports that for perhaps the first time ever, snow fell in a Hawai‘i State Park on Saturday, February 9th, 2019. Polipoli State Park on Maui is blanketed with snow. It could also be the lowest elevation snow ever recorded in the state. Polipoli is 1860 metres above sea level.

Personnel from numerous DLNR Divisions continue monitoring the impacts of the major winter storm bearing down on Hawaii. On Oahu’s north shore, there is particular concern about coastal erosion and wave inundation. The conditions are impressive and extremely dangerous. The extent of sand loss on north-facing beaches is not known yet but is considerable. Weather forecasters were right with their predictions. They predicted an unprecedented event, with a rare, if ever seen, combination of record high on-shore waves, coupled with gale force winds. As I put it before, it is during the storms that we can see the effects of climate change on the oceans and the erosion it causes on the coastline.

DLNR is particularly concerned about the possible impacts of wave inundation and shoreline retreat undercutting the foundations of some north shore homes, already under siege from previous coastal events. The storm has forced the closure of numerous state parks across the state. Many campers had to leave and several roads were closed.

There are reports in Lahaina (Maui) of boats breaking free from their moorings and ending up on rocks. Portable toilets were also blown away.

Field crews will be assessing damage to state parks, forests, and trails, prior to reopening them.

Source: Hawaiian newspapers.

Neige sur le Mauna Loa (Photos: C. Grandpey)

Saint-Kitts-et-Nevis rétrécit // Saint Kitts and Nevis is shrinking

Saint-Kitts-et-Nevis, aussi connu sous l’appellation Fédération de Saint-Christophe-et-Niévès, est un État des Petites Antilles. Il présente une superficie de 261 km2. Il possède un strato-volcan volcan, le Mount Liamuiga, anciennement Mount Misery, dans la partie ouest de Saint Kitts qu’il domine de ses 1156 mètres. Les dernières éruptions datent d’environ 1 800 ans. Les éruptions de 1692 et 1843 sont considérées comme incertaines.

Avec le réchauffement climatique et la hausse du niveau des océans, Saint-Kitts-et-Nevis a perdu plus du quart de sa superficie. Selon la Banque Mondiale, il figure en tête de liste des 37 pays ayant perdu le plus de terres en raison de l’élévation du niveau de la mer et de l’érosion, entre 1961 et 2017. Le Forum Economique Mondial vient de publier un rapport indiquant que la Fédération a rétréci de 90 km2 : « Depuis 1961, l’île jumelle de Saint-Kitts-et-Nevis a diminué de plus de 25%. Le pays est relativement exposé géographiquement, ce qui a pour conséquence qu’il est plus fortement touché par les phénomènes météorologiques extrêmes tels que les ouragans et les grosses tempêtes, comme Luis (1995), Georges (1998) et Lenny (1999) qui se sont abattus sur l’île ces dernières années. […] Non seulement cela affecte les économies qui vivent d’un tourisme de vastes plages de sable blanc, mais l’érosion des plages menace également les propriétés et les infrastructures côtières telles que les routes et les bâtiments. »

Source : France Antilles.

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St. Kitts and Nevis is a state of the Lesser Antilles. It has an area of ​​261 square kilometres. There is a stratovolcano volcano, Mount Liamuiga, formerly Mount Misery (1156 m), in the western part of Saint Kitts. The last eruptions are about 1800 years old. The eruptions of 1692 and 1843 are considered uncertain.
With global warming and rising sea levels, St. Kitts and Nevis has lost more than a quarter of its area. According to the World Bank, it is at the top of the list of the 37 countries that lost the most land due to sea level rise and erosion between 1961 and 2017. The World Economic Forum has just published a report indicating that the Federation has shrunk by 90 square kilometres: « Since 1961, the twin island of St. Kitts and Nevis has declined by more than 25 per cent. The country is relatively geographically exposed; as a result, it is more strongly affected by extreme weather events such as hurricanes and large storms, such as Luis (1995), Georges (1998) and Lenny (1999) which have hit the island in recent years. […] Not only does this affect economies that live off tourism with vast white sand beaches, but beach erosion also threatens coastal properties and infrastructure such as roads and buildings. »
Source: France Antilles.

St Kitts et Nevis se trouve à l’extrémité nord de l’arc antillais (Source: Google maps)

La France subit les effets du réchauffement climatique

Comme je l’indique souvent dans mes notes, la multiplication des événements extrêmes est l’une des conséquences du réchauffement climatique et nous ne sommes pas au bout de noes peines. Nous en avons eu des exemples récents en France avec les inondations qui ont sévèrement affecté le département de l’Aude. D’après une ONG allemande, la France est le pays du Vieux Continent le plus durement meurtri par le dérèglement environnemental. Les événements extrêmes à répétition coûteraient plus de 2 milliards par an.

Chaque année l’ONG Germanwatch dresse un indice mondial des risques climatiques et elle vient de fournir un bilan sur 20 ans entre 1998 et  2017. Parmi les moins bien classés on trouve Porto Rico, la Dominique, le Bangladesh, Madagascar, la France ou le Cambodge. Selon l’ONG, nous serions 18ème sur une trentaine de pays. Plus de mille personnes mourraient chaque année des conséquences climatiques dans notre pays, avec un coût de plus de 2 milliards d’euros.

Au vu du bilan proposé par l’ONG, on remarque une nouvelle fois que ce sont les pays les plus pauvres qui payent le plus lourd tribut au réchauffement climatique, mais que les pays les plus industrialisés ne sont pas épargnés. Ainsi, en 20 ans, les Etats-Unis ont perdu l’équivalent de 48 milliards de dollars à cause des différentes catastrophes liées au dérèglement du climat. Au sein des pays riches, les personnes les plus touchées sont les commerçants et les habitants les plus précaires.

Pour la France, le rapport pointe surtout les dégâts de la tempête Xynthia en 2010 et n’a pas encore intégré les récentes inondations dans l’Aude.

Une autre conséquence du réchauffement climatique dans l’hexagone concerne l’érosion des zones côtières. Le long de la côte atlantique, les régions de Lacanau et de Soulac sur Mar portent les stigmates des assauts de la mer. Dans la Manche, la mer rogne les plages de sable un peu plus à chaque tempête. Avec une brèche dans la dune, la mer pourrait rejoindre les eaux du Havre de la Vanlée, une zone submersible à marée haute, et menacer les habitations. Pour éviter le pire, plusieurs mesures sont prises à Bricqueville-sur-Mer, comme le réensablement, la pose de clôtures et de pieux hydrauliques. Les 150 000 euros de travaux sont à 80% pris en charge par l’État. À Gouville-sur-mer, la commune a installé en 2017 un géotube rempli de sable pour protéger la plage. L’opération a coûté 800 000 euros. Le problème n’est que partiellement résolu car au bout de la structure, le recul de la dune se poursuit. Sur la façade ouest du département de la Manche, l’érosion côtière s’accentue et 27 communes font appel aux services de l’État pour parer au plus pressé.

Source : France Info.

 A Soulac sur Mer, l’immeuble Le Signal a dû être évacueé car il est menacé par le mer lors des tempêtes et des marées à fort coefficient (Photo: C. Grandpey)

Réchauffement climatique : Lacanau (France) en danger // Global warming : Lacanau (France) in danger

Avec le réchauffement climatique et la hausse du niveau des océans qui s’ensuit, les côtes françaises sont de plus en plus exposées à l’assaut des vagues, en particulier au moment des tempêtes avec des marées de forts coefficients. Aujourd’hui, plusieurs municipalités de la côte atlantique s’inquiètent de voir leur littoral mangé par l’océan et craignent de voir des habitations disparaître dans la mer

Le problème est particulièrement visible à Lacanau, le paradis des surfeurs, mais un paradis fragile menacé par l’érosion. Selon les prévisions, la côte pourrait reculer de 65 mètres d’ici 2040 et 165 mètres d’ici 2100. Les grandes tempêtes de 2013-2014 ont causé de gros dégâts et il a fallu renforcer l’enrochement de la plage. Cette parade revient à mettre un emplâtre sur une jambe de bois car on sait que l’océan a le potentiel de détruire cet ouvrage en moins de temps qu’il faut pour le construire.

À l’horizon 2050, la municipalité de Lacanau envisage deux solutions. La première consisterait à construire une énorme digue, un ouvrage coûteux qu’il faudra entretenir. L’autre projet, beaucoup plus radical, consisterait à détruire une partie du front de mer et le reconstruire dans les terres. Cela concernerait 1200 logements et une centaine de commerces. Ce sont de belles paroles, mais il faudra trouver le financement pour un tel projet et la loi française ne prévoit rien dans le cadre d’une relocalisation à grande échelle à cause du changement climatique. Personnellement, je ne serais par surpris de voir un jour l’accès à Lacanau devenir payant pour aider à financer la reconstruction, de la même façon que l’on fait payer pour emprunter le pont de l’île de Ré…

Il y a quelques jours, en contemplant la majesté et la puissance des vagues de l’Atlantique à proximité de Lacanau, je me disais que nos côtes ont bien du souci à se faire. Au bord de la mer comme sur les volcans, c’est la Nature qui commande et nous devons lui obéir…

Source : France Info.

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With global warming and the subsequent rise in the level of the oceans, the French coast is increasingly exposed to the constant pounding of the waves, especially during storms with tides of high coefficients. Today, many municipalities on the Atlantic coast are worried when they see their shoreline eaten away by the ocean and afraid of seeing homes disappear into the sea
The problem is particularly visible in Lacanau, a surfer’s paradise, but a fragile paradise threatened by erosion. According to forecasts, the coast could retreat by 65 metres by 2040 and 165 metres by 2100. The major storms of 2013-2014 caused great damage and it was necessary to reinforce the riprap of the beach. This protection amounts to putting a plaster on a wooden leg because we know that the ocean has the potential to destroy this work in less time than it takes to build it.
By 2050, the municipality of Lacanau is considering two solutions. The first would be to build a huge dyke, an expensive work that will need to be maintained. The other, much more radical project would be to destroy part of the waterfront and rebuild it on the land. This would involve 1200 homes and a hundred shops. These are fine words, but it will be necessary to find the money to finance such a project and the French law does not foresee anything in the context of a relocation on a large scale because of climate change. Personally, I would not be surprised to see one day a paying access to Lacanau to help finance the reconstruction, in the same way that we have to pay to drive on the bridge of the Ile de Ré. ..
A few days ago, contemplating the majesty and power of the waves of the Atlantic near Lacanau, I told myself that our coasts have much to worry about. At the seaside as on the volcanoes, Nature has all the powers and we must obey …
Source: France Info.

La plage de Lacanau-Océan après la tempête de 2013-2014 (Crédit photo: Wikipedia)

Une côte où les dunes subissent les assauts de l’océan (Photo: C. Grandpey)