Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Toujours pas d’éruption ! // Still no eruption!

Dans son dernier bulletin du 13 janvier 2020, l’OVPF indique que suite à la courte crise enregistrée le 7 janvier dernier, l’activité sismique s’est poursuivie sous le Piton de la Fournaise avec 8, 9, 11 et 1 séismes volcano-tectoniques superficiels enregistrés sous les cratères sommitaux les 8, 9, 10 et 11 janvier.

Une nouvelle crise sismique a été enregistrée le 12 janvier sous la zone sommitale du volcan avec 41 événements superficiels. Au total, 51 séismes ont été enregistrés au cours de cette même journée.

Aucune déformation rapide de la surface du sol n’a été enregistrée au cours de cette crise, ce qui montre que le magma n’a pas quitté le réservoir magmatique superficiel qui continue toutefois à se pressuriser comme le montre la poursuite de l’inflation de l’édifice.

L’OVPF précise que ce processus de pressurisation peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant que de déclenche une éruption. Il peut aussi s’arrêter sans donner lieu à brève échéance à une éruption.

L’éruption n’était donc pas aussi « imminente » que cela. Les « fous furieux du volcan » vont devoir faire preuve de patience…

Source : OVPF.

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In its latest bulletin of January 13th, 2020, OVPF indicates that following the short crisis recorded on January 7th, seismic activity continued beneath Piton de la Fournaise with 8, 9, 11 and 1 shallow volcano-tectonics earthquakes recorded under the summit craters on January 8, 9, 10 and 11.
A new seismic crisis was recorded on January 12th under the summit area with 41 shallow events. A total of 51 earthquakes were recorded during that same day.
No rapid deformation of the soil surface was recorded during this crisis, which shows that magma has not yet left the surface reservoir which continues to pressurize as shown by the continued inflation of the edifice.
OVPF specifies that this pressurization process can take several days to several weeks before triggering en eruption. It can also stop with no eruption in the short term.
This means that an eruption was not really « imminent » and « the crazy folks of the volcano » will have to be patient …
Source: OVPF.

Photo: C. Grandpey

Eruption du Taal // Eruption of Taal Volcano (Philippines)

Une éruption a débuté sur le Taal (Philippines) dont le niveau d’alerte est passé de 3 (activité magmatique) à 4 (dangereuse éruption imminente). À 17 h 30 (heure locale) le 12 janvier 2020, l’activité éruptive du cratère principal (Main Crater) s’est intensifiée et a généré un panache de vapeur et de cendre de 10 à 15 kilomètres de hauteur, traversé de fréquents éclairs. De toute évidence, on a affaire à une éruption phréato-magmatique. Des retombées de cendre ont été observées sur tout le secteur nord, jusqu’à Quezon City. Des épisodes de tremor ont été enregistrés en continu depuis 11h00, ainsi que deux séismes volcaniques de magnitudes M 2,5 et M 3,9.
Le niveau d’alerte 4 signifie qu’une éruption explosive majeure est possible à court terme. Le PHIVOLCS conseille fortement l’évacuation totale de Volcano Island (6000 habitants), ainsi que l’évacuation des zones exposées aux coulées pyroclastiques et au risque de tsunami dans un rayon de 14 kilomètres du Main Crater du Taal. Quelque 300 000 personnes pourraient devoir quitter leurs domiciles dans les prochains jours. Il est conseillé aux habitants des zones situées au nord du volcan de se prémunir contre les effets des retombées de cendre. Les autorités demandent aux aéronefs d’éviter l’espace aérien autour du Taal. L’aéroport international de Manille a dû être fermé. Les écoles seront fermées elles aussi lundi et plusieurs centres commerciaux dans les zones touchées par l’éruption ont ouvert gracieusement leurs parkings pour mettre les véhicules à l’abri des retombées de cendre.
Source: PHIVOLCS et presse locale.

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An eruption has started at Taal Volcano (Philippines) whose alert level has been raised from 3 (magmatic unrest) to 4 (hazardous eruption imminent). As of 5:30 pm (local time) on January 12th, 2020, eruptive activity at the Main Crater intensified and generated a 10-15 kilometre steam ans ash plume with frequent volcanic lightning. It is highly likely that the eruption is phreato-magmatic. Ashfall was observed on the general north as far as Quezon City. Volcanic tremor was recorded continuously since 11:00 am, as well as two volcanic earthquakes with magnitudes M 2.5 and M 3.9.

The alert level 4 means that a hazardous explosive eruption is possible within hours to days. PHIVOLCS strongly reiterates total evacuation of Taal Volcano Island (6,000 residents) and additional evacuation of areas at high risk to pyroclastic flows and volcanic tsunami within a 14-kilometra radius from Taal Main Crater. About 300,000 people are targeted to be moved to safety in Batangas in the next few days. Areas to the north of Taal Volcano are advised to guard against the effects of ashfall. Civil aviation authorities must advise aircraft to avoid the airspace around Taal Volcano. Manilla’s international airport had to be closed. Classes will be closed on Monday and several malls in areas affected by the eruption have waived parking charges for those seeking to secure their vehicles from the ashfall.

 Source: PHIVOLCS and local newspapers.
Photo prise depuis Tagaytay City environ 2 heures après le début de l’éruption. On aperçoit Volcano Island au premier plan. (Source: Disaster Risk Reduction Management Council)

Le panache éruptif vu depuis l’espace

Lac Taal et Volcano Island (Source: Wikipedia)

Plus d’informations sur l’éruption sous-marine à Mayotte // More information on the submarine eruption at Mayotte

Après une année d’attente, les scientifiques français ont fini par découvrir la cause de la sismicité qui angoissait les Mahorais : un nouveau volcan était en train de naître au fond de l’océan. Le CNRS vient de communiquer des informations sur les dernières recherches, notamment l’analyse des séismes qui a permis de retracer la formation du volcan.

Selon l’étude publiée le 6 janvier 2020 dans la revue Nature Geoscience, les scientifiques parviennent peu à peu à reconstruire les différentes étapes de la formation du volcan et la vidange d’un réservoir magmatique  très profond, localisé à une trentaine de kilomètres sous le niveau de la mer. C’est la plus grande éruption sous-marine enregistrée à ce jour avec un volume émis estimé à 3,4 km3.

Outre les séismes largement ressentis par la population de l’île, des centaines de signaux sismiques d’un type plus rare ont aussi été détectés bien avant la crise, dès janvier 2018, et la plupart à partir de juin 2018. Il s’agit d’ondes monochromatiques (autrement dit des ondes dont les oscillations sont toutes à une seule fréquence, ici 15.5 s), d’une durée de 20 à 30 minutes. Ce sont des signaux très longue période (VLP) généralement associés à la résonance de structures volcaniques. L’énergie générée par les principaux événements VLP est considérable car elle équivaut à l’énergie libérée par un séisme de magnitude M 5. Les ondes de surface ont été détectées partout sur Terre. C’est une observation inédite en sismologie. Ces éléments sont compatibles avec le déplacement de Mayotte vers l’est et son enfoncement dans le plancher océanique.

L’analyse des séismes a ainsi permis de retracer l’histoire de la naissance du volcan, parfaitement illustrée par la coupe ci-dessous, obtenue à l’issue des différentes missions MayObs.

La migration rapide et ascendante de la sismicité en mai-juin 2018 a révélé une propagation du magma depuis environ 30 km de profondeur jusqu’au plancher océanique où la campagne océanique MAYOBS 1 a permis de découvrir la création d’un nouvel édifice volcanique. Une fois le conduit formé, avec un passage permettant au magma d’atteindre la surface, l’éruption a commencé en juin 2018. On a alors observé une diminution de l’activité sismique et un affaissement du réservoir magmatique en profondeur, détecté à l’aide des stations GPS.

À partir de septembre 2018, une autre phase a commencé, avec un regain de sismicité en profondeur et plus proche de Mayotte. Celle-ci était due à la vidange et à l’effondrement du réservoir magmatique entre l’île et le volcan. Le nombre d’événements VLP a également augmenté. D’après l’équipe scientifique, ils constitueraient la manifestation du réservoir magmatique entrant en résonance lors de l’évacuation du magma. Tout au long de la crise, les propriétés de la résonance changent ; c’est probablement le signe d’une modification lente de la géométrie du réservoir qui s’amincit dans un premier temps, avant de se raccourcir sous l’effet de son effondrement, phénomène observé à partir de septembre 2018.

Selon lde CNRS, « l’étude démontre l’intérêt de l’analyse de signaux faibles enregistrés à partir de stations sismiques lointaines pour étudier des épisodes volcano-tectoniques de régions peu instrumentées. »

Source : CNRS, Journal de Mayotte.

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After a year of waiting, French scientists have finally discovered the cause of the seismicity which worried the population in Mayotte: a new volcano was born at the bottom of the ocean. CNRS has just released information on the latest research, in particular the analysis of earthquakes which made it possible to trace the formation of the volcano.
According to the study published on January 6th, 2020 in the journal Nature Geoscience, scientists are gradually  reconstructing the different stages of the formation of the volcano and the drainageof a very deep magmatic reservoir, located about thirty kilometers below the sea ​​level. It is the largest underwater eruption recorded to date with an estimated volume of 3.4 km3.

In addition to the earthquakes widely felt by the population of the island, hundreds of seismic signals of a rarer type were also detected well before the crisis, from January 2018, and mostly from June 2018. These are monochromatic waves (in other words waves whose oscillations are all at a single frequency, here 15.5 s), with a duration of 20 to 30 minutes. These are very long period signals (VLP) generally associated with the resonance of volcanic structures. The energy generated by the main VLP events is considerable because it is equivalent to the energy released by an earthquake with a magnitude M 5. Surface waves have been detected everywhere on Earth. This is an unprecedented observation in seismology.
These elements are compatible with Mayotte’s displacement to the east and its sinking into the ocean floor.
The analysis of the earthquakes thus made it possible to retrace the history of the birth of the volcano, perfectly illustrated by the cross-section below, obtained after the various MayObs missions.
The rapid and upward migration of seismicity in May-June 2018 revealed a spread of magma from about 30 km deep to the ocean floor where the MAYOBS 1 ocean campaign discovered the creation of a new volcanic structure. Once the conduit formed and a passage allowed magma to reach the surface, the eruption began in June 2018. Then, there was a decrease in seismic activity and a subsidence of the magmatic reservoir in depth, detected by GPS stations.

From September 2018, another phase began, with a new start of seismicity in depth and closer to Mayotte. This was due to the drainage and collapse of the magma reservoir between the island and the volcano. The number of VLP events also increased. According to the scientific team, they might be the indication of the magmatic reservoir entering into resonance during the evacuation of magma. Throughout the crisis, the properties of resonance change; it is probably a sign of a slow change in the geometry of the reservoir, which is thinner at first, before becoming shorter due to its collapse, a phenomenon observed from September 2018.

According to CNRS, “the study demonstrates the importance of analyzing weak signals recorded from distant seismic stations to study volcano-tectonic episodes from poorly instrumented regions.”

Source: CNRS, Journal de Mayotte.

 

Eruption du Mont Shindake (Japon) // Eruption of Mt Shindake (Japan)

L’Agence météorologique japonaise (JMA) indique qu’une éruption s’est produite le 11 janvier 2020 à 15 h 05 sur le Mont Shindake sur l’île Kuchinoerabu dans la préfecture de Kagoshima. L’île se trouve à environ 130 km au sud-sud-ouest de la ville de Kagoshima.
Aucun blessé n’a été signalé dans l’immédiat. L’éruption a projeté des matériaux à 300 mètres au-dessus du cratère. Aucune coulée pyroclastique n’a été observée et aucun ordre d’évacuation n’a été émis. C’est la première éruption depuis le 2 février 2019.
La JMA maintient le niveau d’alerte à 3 sur une échelle de 5. Il a été demandé aux randonneurs de ne pas gravir le volcan. Le niveau d’alerte avait été relevé le 2 octobre 2019 en raison d’un séisme majeur.
À la fin du mois de décembre 2019, 100 personnes résidaient officiellement sur l’île qui a une superficie d’environ 36 kilomètres carrés. En mai 2015, tous les habitants de l’île ont été évacués vers l’île de Yakushima, à environ 12 km à l’est, suite à un épisode éruptif accompagné d’explosions.
Source: Agence météorologique japonaise.

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The Japanese Meteorological Agency (JMA) indicates that an eruption occurred on January 11th, 2020 at 3:05 p.m at Mount Shindake on Kuchinoerabu Island in Kagoshima Prefecture. The island is located some 130 km south-southwest of the city of Kagoshima.

There were no immediate reports of injuries. The eruption sent rocks flying 300 metres above the crater. No pyroclastic flow has been observed and no evacuation order was issued. It was the first eruption since February 2nd, 2019.

The JMA maintains the alert level at 3 on a scale of 5. Climbers are asked to refrain from scaling the mountain. The alert level was raised from 2 in October following a major earthquake.

As of the end of December 2019, 100 people were registered as residents on the island, which is about 36 square kilometres in size. In May 2015, all residents of the island were evacuated to Yakushima Island, some 12 km to the east, after explosive eruptions.

Source : Japanese Meteorological Agency.

Image de l’éruption mise en ligne par la JMA

Des volcans jeunes sur Vénus? // Young volcanoes on Venus ?

Je n’arrive pas à comprendre pourquoi nous sommes si impatients de trouver des volcans potentiellement actifs sur d’autres planètes alors que nous en savons si peu sur ceux qui existent sur Terre. Nous savons à peine prévoir les éruptions et pas du tout les séismes et nous nous acharnons à étudier le comportement des volcans sur des planètes sur lesquelles nous ne mettrons probablement jamais les pieds!
En lisant le site web space.com, nous apprenons qu’il se pourrait bien que Vénus héberge des volcans potentiellement actifs car des éruptions ont peut-être eu lieu il y a quelques années. C’est la conclusion d’une étude récente publiée dans la revue Science Advances.
Certains signes montrent que Vénus pourrait posséder des volcans actifs. Les scientifiques ont en effet détecté des traces de gaz sulfureux dans son atmosphère. De plus, en analysant en 2010 les données fournies par la sonde Venus Express de l’ESA, ils ont découvert que certaines coulées de lave sur Vénus sont âgées de moins de 2,5 millions d’années, et peut-être même moins de 250 000 ans. Ils ont trouvé des émissions inhabituellement élevées de lumière visible dans le proche infrarouge sur un certain nombre de sites sur Vénus. En théorie, on devrait détecter des émissions plus faibles de cette lumière sur les surfaces les plus anciennes suite à leur longue exposition à l’atmosphère chaude et caustique de Vénus. Les chercheurs ont donc conclu que ces zones d’émissions plus élevées de lumière visible dans le proche infrarouge étaient liées à des coulées de lave récentes. Cependant, leur âge exact reste incertain. En effet, nous ne savons pas à quelle vitesse les roches volcaniques s’altèrent au contact de l’atmosphère très agressive de Vénus et comment ces modifications interagissent avec les émissions de lumière visible dans le proche infrarouge.
Pour voir si les coulées de lave sur Vénus sont récentes, les scientifiques ont fait des expériences avec des cristaux d’olivine. Ils ont chauffé l’olivine dans les conditions d’atmosphère terrestre à l’intérieur d’un four à 900°C maximum pendant un mois. Ils ont découvert que l’olivine se recouvre en quelques jours d’une couche composée essentiellement d’hématite d’un noir rougeâtre rendant certaines caractéristiques de l’olivine plus difficiles à détecter.
Étant donné que le Venus Express de l’ESA – qui a tourné autour de Vénus de 2006 à 2014 – a été capable de détecter des signes réels d’olivine, les dernières expériences laissent supposer que cette olivine provenait d’éruptions volcaniques récentes, sinon, les réactions chimiques avec l’atmosphère de Vénus l’auraient obscurcie.
Les scientifiques poursuivront leurs recherches avec d’autres minéraux volcaniques , mais cette fois dans des conditions semblables à l’atmosphère de Vénus qui est riche en soufre et dioxyde de carbone.
Source: Space.com.

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 I fail to understand why we are so eager to find possibly active volcanoes on other planets while we know so little about volcanoes on Earth. We are not able to predict eruptions or earthquakes and we insist on studying the behaviour of volcanoes on planets we will probably never set foot on!

Reading the website space.com, we learn that Venus may still harbour active volcanoes, with eruptions taking place as recently as a few years ago. This is the conclusion of a new study published in the journal Science Advances.

There are indeed indications that Venus might harbour active volcanoes. Scientists have detected traces of sulphurous gases in its atmosphere. In addition,  researchers analyzing data from ESA’s Venus Express probe in 2010 discovered that some of the lava flows on Venus are less than 2.5 million years old, and possibly even less than 250,000 years old. They found unusually high emissions of visible to near-infrared light from a number of sites on Venus. Surface regions that are old are expected to have lower emissions of such light after long exposure to weathering from Venus’ hot, caustic atmosphere, so these patches of higher emissions were linked to recent lava flows. However, their exact ages remain uncertain. This is because we do not know how quickly volcanic rocks alter in response to Venus’ harsh atmosphere and how such changes influence emissions of visible to near-infrared light.

To see if lava flows on Venus are recent, scientists experimented with crystals of olivine. They heated olivine along with regular Earth air in a furnace up to 900 degrees Celsius for up to a month. They found olivine became coated within days mostly with the reddish-black mineral hematite, which in turn made certain features of olivine more difficult to detect.

Since ESA’s Venus Express – which orbited Venus from 2006 to 2014 – apparently could detect signs of olivine even from orbit, these new findings suggested that such olivine came from volcanic eruptions recently; otherwise, chemical reactions with Venus’ atmosphere would have obscured it.

The scientists will continue their research with other volcanic minerals baked in air more similar to Venus’ atmosphere which is laden with carbon dioxide and sulphur.

Source: Space.com.

Eruption sur Io, la lune de Jupiter (Source: NASA)


Nouvelles des victimes de l’éruption de White Island // News of victims of the White Island eruption

Pour les médias, l’éruption de White Island est définitivement terminée ; « parlons d’autre chose! » Cependant, elle n’est pas vraiment terminée un mois plus tard pour plus d’une douzaine de personnes qui séjournent encore dans les hôpitaux de Nouvelle-Zélande avec de très graves blessures. Quatre patients ont leur pronostic vital engagé. N’oublions pas que deux personnes sont toujours portées disparues et 17 autres ont été tuées lors de la catastrophe.
La recherche des deux personnes disparues a été suspendue le 24 décembre 2019 et les autorités ne sont pas retournées sur l’île depuis la fin de la mission de récupération des corps. L’interdiction d’accès imposée autour de l’île a été levée fin décembre, mais les autorités ont demandé aux gens de ne pas ramasser de fruits de mer dans un rayon de 1 km de White Island à cause de la pollution générée par l’éruption.
Quatre hôpitaux néo-zélandais continuent de soigner 13 victimes de l’éruption. Quatre de ces patients restent dans un état critique ; trois d’entre eux sont en soins intensifs à l’hôpital Middlemore d’Auckland. Les chirurgiens affirment n’avoir jamais vu des brûlures aussi  graves à une telle échelle.
Comme je l’ai écrit précédemment, la peau de donneurs achetée aux États-Unis et en Australie a été utilisée comme greffe temporaire. Elle est maintenant remplacée par la peau des victimes, mais c’est un processus lent car la peau a besoin de temps pour se régénérer. Les opérations sont délicates et complexes.
Treize victimes de l’éruption de White Island rapatriées en décembre sont également toujours traitées dans les unités de grands brûlés des hôpitaux australiens.
Source: The Guardian.

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For the media, the White Island eruption is definitely over, let’s talk about something else! However, it is not over for more than a dozen people still in New Zealand hospitals with life-threatening injuries a month on from the fatal eruption. Four remain in critical condition. We should not forget that two persons are still missing and 17 others were killed during the disaster.

The search for two missing victims was suspended on December 24th, 2019 and authorities have not returned to the island since the recovery mission was completed. The ban placed around the island was lifted late in December, although the ministry of primary industries has warned people not to collect seafood from within a 1 km radius of White Island.

Four New Zealand hospitals have continued to treat 13 victims of the eruption. Four of those patients remain in a critical condition, with three in intensive care at Middlemore hospital in Auckland. Surgeons say they have never experienced multiple serious burns on this scale.

As I put it before, donor skin purchased from the US and Australia was used as a temporary skin graft. This is now being replaced by victims’ own skin, but it is a slow process as skin needs time to grow. The operations are delicate and complex.

Thirteen White Island victims repatriated in December also remain in burns units in Australian hospitals.

Source : The Guardian.

Photo: C. Grandpey

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) [suite / continued]

Le dernier bulletin diffusé par l’OVPF confirme ce que j’écrivais dans la rubrique consacrée au Piton de la Fournaise dans la page « Volcans du monde ». Depuis le 31 décembre 2019, on observe une augmentation de la sismicité. Ainsi, 40 séismes ont été enregistrés au cours de la journée du 7 janvier2020, dont 22 lors d’une courte crise sismique entre 01h28 et 01h44 (heure locale) le 8 janvier. Depuis cette crise, seuls 2 séismes ont été enregistrés. L’OVPF précise que cette diminution est couramment observée suite aux crises sismiques qui relâchent pour un temps l’état de contrainte lié à l’accumulation et la pression exercée pat le magma dans le réservoir.

En parallèle, l’inflation de l’édifice volcanique se poursuit

L’augmentation de la sismicité, couplée à une inflation du volcan, est synonyme de la mise en pression d’une source en profondeur localisée sous les cratères sommitaux.

L’OVPF fait remarquer que ce processus de recharge du réservoir superficiel peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant que le toit du réservoir ne se fragilise et ne se rompt, donnant ainsi lieu à une éruption qui peut aussi se produire à très court terme.

Source : OVPF.

La prévision éruptive actuelle ne permet pas d’en savoir et d’en dire plus. Et puis, nous sommes à la Réunion, le mot « imminent » utilisé sur l’île par certains n’a peut-être pas le même sens qu’en métropole…

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The last bulletin released by OVPF confirms what I wrote in the section devoted to Piton de la Fournaise on the « Volcanoes of the world » page. Since December 31st, 2019, there has been an increase in seismicity. For instance, 40 earthquakes were recorded on January 7th, 2020, including 22 during a short seismic crisis between 1:28 am and 1:44 am (local time) on January 8th. Since this crisis, only 2 events have been recorded. OVPF specifies that this decrease is commonly observed following seismic crises which release for a time the stress linked to the accumulation and the pressure exerted by magma on the reservoir.
At the same time, the inflation of the volcanic edifice continues
The increase in seismicity, coupled with inflation of the volcano, is synonymous with the pressurization of a deep source located under the summit craters.
OVPF notes that this process of recharging the surface reservoir can take several days to several weeks before the roof weakens and ruptures, triggering an eruption which can also occur in the very short term.
Source: OVPF.
The current eruptive prediction does not allow us to know and say more. What is more, we are on Reunion Island where the word « imminent » used by some guys may not have the same meaning as on the continent…

Photo: C. Grandpey