Le Cratère Sud-Est de l’Etna entre les années 1970 et les années 2000 // Mt Etna’s South-East Crater between the 1970s and the 2000s

Le Cratère Sud-Est (CSE) de l’Etna est mon préféré, peut-être parce qu’il se trouve près de la Torre del Filosofo où j’ai connu des moments extraordinaires avec les guides et parce que je l’ai vu grandir. Le CSE est apparu au cours des derniers moments de l’éruption de 1971 qui avait débuté le 5 avril de cette même année. Des fractures éruptives se sont ouvertes dans la partie supérieure ouest et nord-ouest de la Valle del Bove. Des coulées de lave s’en sont échappées et ont détruit des forêts, des vergers et des bâtiments. Elles se sont approchées dangereusement du village de Fornazzo.
Alors que la lave coulait des bouches les plus basses, à l’extérieur de la bordure septentrionale de la Valle del Bove, la naissance du Cratère Sud-Est a commencé à la mi-mai 1971 sous la forme d’un puits de dégazage d’où s’échappaient de la vapeur et de la cendre, à la base sud-est du cône principal. Selon Boris Behncke, ce puits de dégazage jouait un rôle de soupape pour le système de fractures qui se propageait vers le nord-est, à travers la Valle del Bove. Dans le même temps, la lave dégazée sortait des bouches qui s’étaient ouvertes plus en aval. Ce puits est resté inactif pendant sept ans après la fin de l’éruption de 1971. Il s’est réveillé en 1978 et a alors pris le nom de Cratère Sud-Est où se déroule depuis cette époque la majeure partie de l’activité éruptive de l’Etna.
Après l’éruption de 1971, l’activité du jeune Cratère SE s’est calmée, ainsi que celle des fractures éruptives en aval. Vers 1978, on a observé une série d’éruptions dans le cratère et au niveau de fractures radiales qui en partaient, en direction de divers secteurs de la Valle del Bove.

Pendant vingt mois, entre novembre 1996 et juillet 1998, une légère activité strombolienne a édifié un petit cône à l’intérieur du cratère formé par l’activité du CSE au début de 1990 et par le remplissage progressif du cratère de 1990. J’ai eu la chance de pouvoir observer – admirer devrais-je dire – cette activité. Le regretté Antonio Nicoloso m’avait conseillé de pénétrer à l’intérieur du cratère et de visiter une petite grotte qui s’était ouverte dans l’un des flancs du cratère. Ce fut un moment magique parce que des morceaux de soufre me tombaient dessus chaque fois que le cône explosait…
À la fin de l’année 1998, le cône avait une taille respectable car il avait grossi à une vitesse impressionnante au cours des six semaines précédentes. Il se dressait à environ 3230 m d’altitude, soit 50 mètres de plus qu’en juillet 1997. La croissance du cône a continué sans relâche au début de 1999
Au début de 1999, une dizaine d’épisodes éruptifs ont provoqué une croissance considérable du cône, tant latéralement que verticalement. Les nouveaux blocs qui avaient été éjectés en janvier 1990 entre le cône SE et le cône principal du sommet étaient désormais ensevelis sous de nouveaux matériaux et il n’était plus possible de regarder à l’intérieur du cratère au sommet du cône.
Source: Les volcans d’Italie: le berceau de la volcanologie.

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Mt Etna’s South-East Crater (SEC) is my favourite one, maybe because it is near the Torre del Filosofo where I lived great moments with the guides and because I could see it grow. The SE Crater came to life during the last moments of the 1971 eruption that had begun on April 5th 1971. In that year, eruptive fissures opened across the upper western and northwestern part of the Valle del Bove. Lava flows that destroyed forests, fruit gardens, and isolated buildings and came close to the village of Fornazzo.

While lava was flowing from the lowermost vents, outside the northern rim of Valle del Bove, the birth of the SE Crater began in mid-May 1971 as a degassing pit that appeared on the southeastern base of the main summit cone, erupting steam and ash. According to Boris Behncke, this pit served as a « pressure valve » for the extensive fissure system that propagated from here to the northeast across Valle del Bove, with degassed lava issuing from the lowermost vents. This pit remained inactive for seven years after the end of the 1971 eruption, but in 1978 it reawakened and became known as the Southeast Crater, site of most of Etna’s summit activity since then.

After the 1971 eruption, activity at the newly formed SE Crater and at the lower eruptive fissures subsided. Around 1978, a series of eruptions occurred at the crater and at fissures extending in a radial way from it into various sectors of Valle del Bove.

For twenty months, between November 1996 and July 1998, mild Strombolian activity built a small cone within the crater formed during the early 1990 activity of the SE Crater, and lava issuing from vents on the flanks and at the base of this intracrater cone led to the gradual filling of the 1990 crater. I enjoyed watching this activity. The late Antonio Nicoloso had advised me to step into the crater and visit a small cave that had opened inside one of the flanks of the crater. It was a magical moment because there pieces of sulphur ware falling on me each time the cone exploded.

In late 1998, the cone had grown with striking velocity during the preceding six weeks and was standing at about 3230 m elevation, 50 metres higher than it had been in July 1997. The growth of the cone continued vigorously into early 1999

In early 1999, ten eruptive episodes caused considerable growth of the cone, both laterally and vertically. The huge blocks that had been ejected in January 1990 in the saddle between the SE Cone and the main summit cone were buried by new material, and it was no longer possible to look down into the crater of the growing cone.

Source : Italy’s volcanoes : The cradle of Volcanology.

Vues du Cratère Sud-Est….

…en 1995:

 en 1997…:

…le 1er janvier 2000 !:

(Photos : C. Grandpey)

L’éruption du Raikoke vue depuis l’espace // The Raikoke eruption seen from space

Comme je l’ai indiqué précédemment, le Raikoke a connu un bref, mais violent, épisode éruptif le 22 juin 2019. Le volcan, dont le cratère mesure 700 mètres de diamètre, occupe une île de 2 km de diiamètre dans l’archipel des des Iles Kouriles (Russie), entre l’extrémité d’Hokkaido au Japon et de la péninsule russe de Kamtchatka. Les précédentes éruptions du Railoke remontent à 1778 et 1924. La dernière éruption s’est terminée dès le 23 juin.
L’impressionnante colonne de cendre était visible depuis l’espace et a été photographiée par les satellites de la Nasa, de l’ESA, et par les astronautes depuis la Station spatiale internationale (ISS). La colonne éruptive s’est élevée au-dessus des nuages jusqu’à 13 ou 17 km d’altitude selon les sources, jusqu’à la stratosphère où elle a formé une sorte de parapluie, comme l’avait fait le Sarichev il y a une dizaine d’années. C’est la zone où la densité du panache de cendre équivaut à la densité de l’air ambiant. La cendre a ensuite dérivé vers l’est au-dessus de la mer de Béring. En plus de la cendre, le Raikoke a émis un important panache de SO2
Les VAAC de Tokyo et d’Anchorage sont restés très vigilants le temps de l’éruption et ont adressé des mises en garde aux pilotes susceptibles de survoler la région affectée par l’éruption.
Source: NASA.

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As I put it before, Raikoke had a brief, but violent, eruptive episode on June 22nd, 2019. The volcano, whose crater is 700 metres in diameter, occupies an island 2 km in diameter in the archipelago of the Kuril Islands (Russia), between the tip of Hokkaido in Japan and the Kamchatka Peninsula in Russia. The previous Railoke eruptions date back to 1778 and 1924. The last eruption ended on June 23rd.
The impressive ash column was visible from space and was photographed by NASA, ESA satellites, and astronauts from the International Space Station (ISS). The eruptive column rose above the clouds up to 13 or 17 km altitude depending on the sources, to the stratosphere where it formed a kind of umbrella, as did Sarichev ten years ago. This is the area where the density of ash plume is equivalent to the density of the ambient air. The ash then drifted east over the Bering Sea. In addition to ash, the Raikoke emitted a significant SO2 plume
VAACs in Tokyo and Anchorage remained very vigilant during the eruption and issued warnings to pilots who could fly over the area affected by the eruption.
Source: NASA.

Source: NASA

Eruption du Sarychev le 12 juin 2009 (Crédit photo: NASA)

Ubinas (Pérou) & Bardabunga (Islande)

Ubinas (Pérou):
Un épisode éruptif a été observé sur l’ Ubinas le 24 juin 2019. Il a fait suite à un essaim sismique détecté par les instruments depuis le 21 juin 2019. Les émissions de cendres et de gaz s’élevaient à plusieurs centaines de mètres au-dessus du cratère.
Le niveau d’alerte volcanique est passé de Vert à Jaune.
La dernière activité éruptive de l’Ubinas a eu lieu en mars 2017.
Il convient également de noter que les fortes pluies ont provoqué un important lahar sur l’Ubinas le 6 février 2019. Aucune victime, mais des dégâts importants ont été signalés.
Source: IGP.

Bardarbunga (Islande):
Selon le Met Office islandais, un petit essaim sismique a été détecté à l’ESE du Bardarbunga entre le 21 et le 23 juin 2019. La sismicité s’est ensuite déplacée vers le nord-ouest du volcan le 24 juin, avec des magnitudes de M 3,3 (profondeur de 2,4 km), M3. 4 et M4.1. Aucun tremor volcanique n’a été détecté. Le Met Office prcise qu’il est impossible de savoir si cette activité sismique va se solder par une éruption. « Si une éruption se produit, elle peut intervenir sans prévenir et sans beaucoup d’activité sismique. »
Un essaim sismique semblable a été détecté dans la partie nord de la caldeira du Bardarbunga le 14 juin 2018.
Source: Icelandic Met Office.

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Ubinas (Peru):
An eruptive episode was observed at Ubinas on June 24th, 2019. It followed a seismic swarm that had been detected by the instruments since June 21st, 2019. Ash and gas emissions rose several hundred metres above the crater.
The volcanic alert level has been raised from Green to Yellow.
The last eruptive activity of Ubinas occurred in March 2017.
It should also be noted that heavy rains triggered a significant lahar over Ubinas on February 6th, 2019. No casualties, but important damage, was reported.
Source: IGP.

Bardarbunga (Iceland):
According to the Icelandic Met Office, a small seismic swarm took place ESE of Bardarbunga between June 21st and 23rd, 2019. The seismicity then shifted NW of the volcano on June 24th, with magnitdes of M 3.3 (depth of 2.4 km), M3.4 and M4.1. No volcanic tremor was detected. The Met Office says is not possible to know if this earthquake activity is going to result in an eruption. « If an eruption happens it might happen without any warning and not a lot of earthquake activity. »
A similar sismic swarm was detected in the northern part of the Bardarbunga volcano caldera on June 14th, 2018.
Source: Icelandic Met Office..

Les leçons de l’éruption du Kilauea en 2018 (Hawaii) // The lessons of the 2018 Kilauea eruption (Hawaii)

Dans une note précédente, j’ai expliqué que les volcanologues du HVO étaient en train d’acquérir de nouvelles informations suite à l’analyse de l’éruption du Kilauea dans la Lower East Rift Zone (LERZ). Un nouvel article de la série Volcano Watch nous apprend que les effondrements de la zone sommitale du volcan en 2018 sont également riches d’enseignements.
Dès le début du mois d’avril 2018, le volcan a montré les signes d’un changement dans son comportement, mais les données fournies par les instruments étaient trop vagues pour prévoir ce qui allait se passer. Elles faisaient seulement état d’une augmentation de la pression dans le système magmatique entre le sommet du Kilauea et le cône du Pu’uO’o.
Le 30 avril 2018, la lave est sortie brièvement d’une fracture sur le flanc ouest du Pu’uO’o. Le magma a ensuite pris le chemin de la LERZ, laissant derrière lui un trou béant dans le cratère du Pu’uO’o qui a émis un impressionnant panache de poussière en se vidant.
Le magma qui se trouvait sous le Pu’uO’o s’est immédiatement dirigé vers la LERZ où le sol s’est légèrement soulevé, avec des séismes qui indiquaient la trajectoire suivie par la roche en fusion vers la surface.
Le 3 mai 2018, la lave a percé la surface dans les Leilani Estates, marquant le début de la plus grande éruption dans la LERZ du Kilauea depuis plus de 200 ans.
Au cours des semaines suivantes, le lac de lave qui se trouvait au sommet, dans l’Overlook Crater de l’Halema’uma’u, s’est vidangé tandis que le magma s’écoulait dans la LERZ, comme si une soupape s’était ouverte au fond de l’Overlook Crater. Aidé par la différence d’altitude de près de 900 mètres entre le sommet et la LERZ, le lac de lave s’est vidé régulièrement et le sommet de Kilauea s’est effondré en s’affaissant. Ce processus s’est accompagné d’une forte sismicité.
La vidange du lac de lave a entraîné des éboulements quasi permanents dans l’Overlook Crater vidé de son contenu. Des explosions ont généré d’impressionnantes colonnes de cendre, avec parfois des retombées de gros blocs sur le plancher de l’Halema’uma’u.
À la fin du mois de mai, les explosions au sommet du Kilauea ont été remplacées par des effondrements épisodiques. Au total, 62 événements d’effondrement ont secoué la zone sommitale en déclenchant des séismes qui ont à plusieurs reprises atteint une magnitude de M 5.3, occasionnant des dégâts au bâtiment du HVO et au Jaggar Museum. Les routes, les réseaux d’alimentation en eau et les fondations de certaines maisons dans le village de Volcano ont également été endommagés.
Un an après, les scientifiques du HVO continuent d’analyser les données de l’éruption sommitale du Kilauea. Avant 2018, les modèles indiquaient que l’activité explosive observée au sommet était provoquée par l’interaction entre les eaux souterraines et la haute température du conduit d’alimentation situé sous la caldeira du Kilauea. En revanche, les analyses de plusieurs explosions observées en 2018 laissent supposer que les gaz magmatiques sont le moteur de ces explosions.
Au lieu de s’effondrer d’un seul coup, on s’est rendu compte en 2018 que la caldeira du Kilauea pouvait s’affaisser progressivement sur de longues périodes, avec une déflation du sommet générant une forte sismicité qui constitue un risque majeur.
Les scientifiques ont également constaté que, dans certaines conditions, le sommet de Kilauea et la LERZ peuvent être reliés étroitement. Ceci est corroboré par l’équivalence approximative entre le volume de lave émis dans la LERZ et le volume du vide laissé par l’effondrement sommital ; tous deux sont de l’ordre de 1 kilomètre cube.

Une étude menée par un groupe international de scientifiques a révélé que la vitesse de propagation des ondes sismiques au sommet du Kilauea a montré des variations mesurables avant l’activité éruptive de 2018. Cette découverte représente un paramètre intéressant dans la prévision d’une future activité éruptive.
Source: USGS / HVO.

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In a previous post, I explained that US geologists at HVO are gaining new insights from the Kilauea eruption in the Lower Esat Rift Zone. A new Volcano Watch article indicates that they are also learning a lot from the volcano’s 2018 summit collapses.

As soon as early April 2018, the volcano showed signs that change was coming, but the data provided by the instruments were too elusive to predict what was to happen. They only tracked an increasingly pressurized magmatic system between Kilauea’s summit and the Pu’uO’o cone.

On April 30th, 2018, lava emerged briefly from a crack on the cone’s west flank before the remaining magma drained into the East Rift Zone.  The Pu’uO’o crater collapsed, leaving a bottomless, empty cavity.

The magma which was beneath Pu’uO’o immediately headed toward the Lower East Rift Zone (LERZ) where the ground heaved slightly in response, with earthquakes indicating the path followed by the molten rock as it pushed downrift and toward the surface.

On May 3rd, lava erupted within the Leilani Estates. It marked the beginning of the largest eruption on Kilauea’s LERZ in over 200 years.

Over the next weeks, the summit lava lake withdrew deeper into the volcano as magma emptied into the LERZ, as if a valve had been opened at the bottom of the Overlook Crater. Aided by the nearly 900 metre elevation difference between the summit and the LERZ, the lava lake steadily drained and Kilauea’s summit collapsed inward. This in turn prompted elevated seismicity.

Recession of the lava lake resulted in near-constant rockfalls into the now empty Overlook Crater  Explosions sent impressive columns of ash into the sky, sometimes littering the ground around Halema’uma’u with dense blocks of rock.

By late May, Kilauea summit explosions were replaced by episodic collapse events. All told, 62 collapse events rocked Kilauea’s summit, triggering several M 5.3 earthquakeswhich caused damage at the HVO building, the Jaggar Museum. Roads and water system and residential foundations in Volcano were also damaged.

A year later, HVO scientists continue to process data from the 2018 eruption at the summit of Kilauea. Prior to 2018, models indicated that explosive summit activity was driven by steam explosions produced by the interaction between groundwater and the hot conduit below Kilauea’s caldera. But data from several 2018 explosions suggest that magmatic gas is the primary driver.

Rather than necessarily occurring as one big drop, the Kilauea caldera collapse can proceed incrementally over long periods of time, with ground shaking during sustained, rapid summit deflation and episodic collapse posing a major hazard.

Under certain conditions, Kilauea’s summit and the LERZ can be extremely well-connected through the core of the rift zone. This is supported by the rough equivalence of the LERZ erupted volume and the summit collapse void, both on the order of 1 cubic kilometre.

A study led by an international group of scientists has found evidence that seismic velocity – the speed at which seismic waves travel – within Kīlauea’s summit showed measurable changes leading up the 2018 activity. This finding potentially offers another means to forecast eruptive activity.

Source : USGS / HVO.

Panache de cendre et de poussière émis par le Pu’uO’o lorsque le plancher du cratère s’est effondré après l’évacuation du magma vers la LERZ (Crédit photo : USGS / HVO)

Panache de cendre émis par l’Overlook Crater de l’Halema’uma’u pendant la vidange du lac de lave (Crédit photo : USGS / HVO)

Eruptions du Raikoke (Russie) et du Popocatepetl (Mexique)

Raikoke (Mer d’Okhotsk, îles Kouriles, Russie):
Une éruption soudaine et puissante a débuté sur le Raikoke vers 21h50 (TU) le 21 juin 2019. Selon le VAAC de Tokyo, le nuage de cendres s’est élevé à 13,1 km au dessus du niveau de la mer. Les émissions de cendres se sont poursuivies jusqu’au 22 juin.
La dernière éruption de ce volcan remonte à février 1924, avec un VEI 4. Auparavant, deux éruptions avaient eu lieu en 1778 (VEI 4) et 1765 ± 5 ans (VEI 2).
Source: KVERT, The Watchers.

Popocatepetl (Mexique):
Une nouvelle éruption s’est produite sur le Popocatepetl à 21h57 (heure locale) le 21 juin 2019. Des matériaux incandescents ont été projetés à une courte distance du cratère. Une intense activité s’est poursuivie sur le volcan le 22 juin avec une autre éruption majeure. Selon le VAAC de Washington, des panaches de cendres étaient visibles sur une webcam et les images satellitaires; ils s’élevaient à 7,6 km au dessus du niveau de la mer.
Source: CENAPRED, The Watchers.

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Raikoke (Sea of Okhotsk, Kuril Islands, Russia):
A sudden and powerful eruption started at Raikoke volcano at about 17:50 (UTC) on June 21st, 2019. According to the Tokyo VAAC, the ash cloud rose up to 13.1 km above sea level. Ash emissions continued into June 22nd.
The last time this volcano erupted was in February 1924, with a VEI 4. Two previous eruptions took place in 1778 (VEI 4) and 1765± 5 years (VEI 2).
Source: KVERT, The Watchers.

Popocatepetl (Mexico):
Another strong eruption occurred at Popocatepetl volcano, at 20:57 (local time) on June 21st, 2019. Incandescent fragments were thrown a short distance from the crater. Intense activity continued at the volcano on June 22nd with another strong eruption. According to the Washington VAAC, volcanic ash was observed on webcam and satellite imagery rising up to 7.6 km above sea level.
Source: CENAPRED, The Watchers.

Le glacier Pichillancahue (Volcan Villarrica / Chili) // Pichillancahue glacier (Villarrica Volcano / Chile)

Le Villarrica est le volcan le plus actif du sud Chili. Vous pourrez voir ci-dessous deux images du volcan acquises par le système Advanced Land Imager sur le satellite EO-1 de la NASA les 22 février et 5 mars 2015, avant et après l’épisode éruptif du 3 mars. Le Villarrica,  stratovolcan qui culmine à  2 582 mètres, est habituellement recouvert de glaciers sur une surface de 30 kilomètres carrés. Le 3 mars 2015, l’éruption a envoyé un panache avec des retombées de cendre sur le glacier Pichillancahue, sur les flancs N et E du volcan, où de petits lahars ont été observés par la suite dans ravines. Les pentes occidentales du Villarrica sont parcourues d’innombrables ravines empruntées par la lave et les lahars. Plus loin, le volcan est entouré de forêts; la région est un parc national.
Au cours des récentes éruptions, les coulées de lave ont fait fondre les glaciers et ont généré des lahars qui se sont déplacés à une vitesse de 30 à 40 km / heure en direction du Lago Villarrica et du Lago Calafquéen (en bas à gauche).

A côté des éruptions, le changement climatique affecte aussi les glaciers du sud Chili. Ainsi, les mesures sur le terrain ont montré que le front du glacier Pichillancahue sur le Villarrica a reculé de 500 mètres depuis 2002.

Le Villarrica n’est pas une exception. La plupart des glaciers du sud Chili ont reculé et ont perdu de leur volume au cours des dernières décennies en raison du réchauffement de la planète et de la diminution des précipitations. Cependant, les fluctuations de certains glaciers sont directement associées à l’activité effusive et géothermale car ils se trouvent sur des volcans actifs largement répandus dans la région. Afin d’analyser ces effets, un programme d’études glaciologiques et géologiques a été réalisé sur le Villarrica.
Entre 1961 et 2004, on a observé une perte de glace de 0,81 ± 0,45 m par an et la réduction annuelle de la surface du glacier Pichillancahue a atteint 0,090 ± 0,034 km² entre 1976 et 2005. L’épaisseur de la glace a également été mesurée, avec un maximum de 195 mètres La structure interne de la glace présentait une certaine complexité en raison de la présence de couches de cendres et de pierre ponce intra et supraglaciaires, réduisant la capacité de réflexion du sol. La glace atteint un volume d’eau équivalent à 4,2 ± 1,8 km³, ce qui est beaucoup plus faible et plus précis que les estimations précédentes. Ces estimations permettront de mieux apprécier le risque de lahar sur le Villarrica..

Source : NASA, Proyecto Observación Volcán Villarrica (POV).

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Villarrica is the most active volcano of South Chile. It is pictured here below in two images acquired by the Advanced Land Imager on NASA’s EO-1 satellite on February 22nd and March 5th, 2015. The 2,582-metre stratovolcano is usually mantled by a 30-square-kilometre glacier field, most of it amassed south and east of the summit in a basin made by a caldera depression.The 3 March 2015 eruption sent a plume which spread ash on the Pichillancahue  glacier around the N and E flanks of the volcano where small lahars were later observed in drainages. The western slopes of Villarrica are streaked with innumerable gullies, the paths of lava and lahars. Farther away, the volcano is surrounded by forests; the area is a national park.

During the recent eruptions, lava flows melted glaciers and generated lahars that spread at speeds of 30–40 kilometres per hour toward Lago Villarrica and toward Lago Calafquéen (lower left).

In addition to the eruptions, climate change also affects glaciers in southern Chile. Thus, field measurements have shown that the Pichillancahue glacier front on Villarrica has retreated by 500 metres since 2002.
Villarrica is no exception. Most glaciers in southern Chile have retreated and lost volume in recent decades as a result of global warming and reduced precipitation. However, fluctuations in some glaciers are directly associated with effusive and geothermal activity which occur on active volcanoes that are widespread in the region. In order to analyze these effects, a program of glaciological and geological studies was carried out on Villarrica.
Between 1961 and 2004, an ice loss of 0.81 ± 0.45 metres per year was observed and the annual reduction in Pichillancahuay glacier surface area was 0.090 ± 0.034 km² between 1976 and 2005. The thickness of the ice was also measured, with a maximum of 195 meters The internal structure of the ice had a certain complexity because of the presence of layers of ash and pumice, reducing the capacity of reflection of the soil. Ice reaches a volume of water equivalent to 4.2 ± 1.8 km³, which is much smaller and more accurate than previous estimates. The latest estimates will help to better assess the risk of lahar on Villarrica.
Source: NASA, Proyecto Observación Volcan Villarrica (POV).

Le Villarrica avant et après l’éruption du 3 mars 2015 (Crédit photo : NASA)

Les limites du glacier Pichillancahue-Turbio sont indiquées en noir (2005) et en pointillé (1976).

Photos illustrant le recul glaciaire sur le Villarrica (Source : POV)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

L’éruption du Piton de la Fournaise débutée le mardi 11 juin 2019 vers 6h30 (heure locale) a rapidement pris fin quelque 48 heures plus tard, le 13 juin, officiellement sur le coup de midi, mais un observateur sur place m’indique que la lave avait cessé de couler bien avant 12 heures. Il n’a pu voir que les nuages de vapeur qui s’échappaient de la coulée qui avait été arrosée pendant la nuit. En effet, non seulement l’éruption a été brève, mais elle est restée invisible la plupart du temps à cause du brouillard qui avait envahi cette partie de l’île de la Réunion. Je remercie chaleureusement Christian Holveck pour ses photos qui figurent parmi les très rares prises pendant l’événement.
Paradoxalement, le Pas de Bellecome-Jacob et le sommet du volcan étaient parfaitement dégagés pendant que les pentes inférieures étaient perdues dans le brouillard.

Comme l’a fait remarquer Aline Peltier, directrice de l’OVPF, l’éruption fut un cas d’école. L’Observatoire avait enregistré une forte sismicité pendant les jours précédents, accompagnée d’éboulements et d’une inflation de l’édifice. De plus, les émissions de CO2 s’étaient intensifiées. Donc, s’agissant de la prévision d’une éruption, c’est une réussite. Par contre, la suite des événements montre nos limites en volcanologie. Personne ne s’attendait à une éruption aussi brève, d’autant plus que le tremor qui a annoncé son début était plus intense qu’au commencement de l’éruption du mois de février 2019. L’éruption de cette semaine s’est -elle arrêtée définitivement, ou bien va-t-on assister à de nouvelles fontaines de lave dans les prochains jours? Personne ne le sait. Comme me le faisait remarquer Philippe Kowalski à l’OVPF il y a quelques jours, le travail de l’Observatoire se limite – comme son nom l’indique – à de l’observation et de la recherche, rien de plus. La prévision ne fait pas partie de ses compétences. Son rôle est également d’alerter les autorités dès qu’une éruption débute afin que soient prises les mesures de sécurité nécessaires, en l’occurrence la fermeture de l’Enclos Fouqué.

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The eruption of Piton de la Fournaise which started on Tuesday, June 11th, 2019 around 6:30 (local time) quickly ended some 48 hours later, on June 13th, officially at noon, but an observer on the spot told me that lava had stopped flowing well before 12 o’clock. He could only see steam clouds rising from the flows that had been watered during the night. Indeed, not only was the eruption very short, but it remained invisible most of the time because of the fog that had invaded this part of Reunion Island. I warmly thank Christian Holveck for his photos which are among the very rare taken during the event.
Paradoxically, the Pas de Bellecome-Jacob and the summit of the volcano were perfectly clear while the lower slopes were lost in the fog.

As OVPF Director Aline Peltier pointed out, the eruption was a textbook case. The Observatory had recorded a strong seismicity during the previous days, accompanied by rockfalls and an inflation of the edifice. In addition, CO2 emissions had intensified. So, regarding the prediction of an eruption, it was a success. However, the sequence of events shows the limits of volcanology. Nobody expected such a short eruption, especially since the tremor that announced its beginning was more intense than at the start of the eruption of February 2019. Has this week’s eruption stopped definitely, or are we going to witness new lava fountains in the next few days? Nobody knows for sure. As Philippe Kowalski pointed out to me at the OVPF a few days ago, the work of the Observatory is limited – as its name suggests – to observation and research, nothing more. Forecasting is not part of his skills. Its role is also to alert the authorities as soon as an eruption begins so that the necessary security measures may be taken, namely the closing of the Enclos Fouqué.

Vue des panaches de vapeur au-dessus des dernières coulées (Crédit photo: Christian Holveck)