Réchauffement climatique : Chaleur et sécheresse devraient persister

À la mi-juillet 2026, la sécheresse de surface des sols en France était classée comme « extrême », le niveau le plus fort, sur près de la moitié du pays : l’extrême Nord, le Centre, le Centre-Ouest, le Bassin parisien, le Sud-Ouest, la région Rhône-Alpes et les Alpes du Sud. Plus inquiétant, une nette aggravation de la sécheresse de surface est prévue pour les prochains jours, ce qui signifie que c’est la quasi-totalité de la France qui est en passe d’être classée en sécheresse de niveau extrême, une situation inédite.

Depuis le 13 juillet 2026, 99 départements français sont touchés, en partie ou en totalité, par des restrictions d’eau. Un tel nombre de départements concernés est inédit depuis le mise en place de la carte nationale de suivi lancée en 2013.

Sur les quatre niveaux que comptent les arrêtés de restrictions (vigilance, alerte, alerte renforcée, crise), tous les départements de métropole sont concernés par au moins le 1er niveau.

Plus inquiétant encore, une trentaine de départements ont, au moins, une partie de leur territoire en situation de crise, le niveau maximal : les régions centrales sont les plus concernées, suivies du Sud-Ouest. Dans ces zones, sont interdits : l’arrosage des espaces verts et des potagers en journée, l’arrosage des pelouses et jardinières, l’arrosage des terrains de sport, le lavage des véhicules et l’alimentation des fontaines en eau. L’irrigation est aussi souvent suspendue pour l’agriculture, sauf exception.

Météo France estime que la faible humidité des sols que nous connaissons actuellement est en train de rejoindre les niveaux de la grande sécheresse de 1976. Dans certains départements, la situation est déjà bien plus grave que celle connue en 1976. Toutefois, une sécheresse ne se mesure pas seulement avec l’indice d’humidité des sols en surface, mais également avec ce qui se passe en profondeur.

Selon Météo France les niveaux des nappes phréatiques sont actuellement plus élevés que ceux de l’année 1976. Les nappes souterraines se sont en effet bien rechargées ces derniers mois grâce à un hiver 2025-2026 anormalement pluvieux. Toutefois le BRGM tempère cet optimisme et précise qu’à la fin du mois de juin 2026, les niveaux des nappes étaient satisfaisants pour seulement 46 % des points d’observation qui étaient légèrement au-dessus ou autour de la normale. 54 % des points d’observation étaient en dessous des normales. La situation des nappes phréatiques se dégrade et 93 % des niveaux sont en baisse. Il faut ajouter que certaines régions comme le Limousin avec des socles granitiques ne possèdent pas de nappes phréatiques, mais seulement des sources qui se tarissent très vite avec la sécheresse. C’est la cas du Plateau de Millevaches, autrement dit des mille sources.

Il faut ajouter que la saison estivale ne se prête pas au remplissage des nappes et Météo France indique qu’aucune amélioration n’est à attendre avant octobre. En raison de l’état actuel, et des prévisions, concernant la sécheresse de surface, ainsi que de la baisse en cours du niveau des nappes phréatiques, la perspective d’une sécheresse majeure tout au long de l’été 2026 semble absolument inévitable .

Selon les dernières prévisions météo, août s’annonce plus chaud et plus sec que la normale. Les températures devraient rester au-dessus des normales saisonnières, tandis que les précipitations resteraient limitées, faisant craindre une aggravation de la sécheresse dans plusieurs régions. Pour le moment (nous sommes le 22 juillet), il est encore trop tôt pour affirmer si cette chaleur prendra la forme d’une véritable canicule, comme cela a été annoncé par plusieurs agences météorologiques européennes.

Météo France explique que la France se trouve dans une configuration atmosphérique qui peine à évoluer depuis le début de l’été. Les hautes pressions continueraient de remonter régulièrement du Maghreb vers l’Europe occidentale, favorisant un temps souvent ensoleillé, chaud et peu perturbé sur notre pays. Si cette situation se confirme, les perturbations atlantiques auront du mal à s’imposer, limitant les épisodes de pluie à quelques orages localisés, notamment près des reliefs.

Dans la conclusions de ses prévisions, Météo France indique que « le signal d’un temps plus chaud et plus sec que la normale apparaît aujourd’hui suffisamment récurrent pour retenir l’attention des météorologues. Si cette tendance venait à se confirmer, la sécheresse pourrait continuer de s’aggraver dans de nombreuses régions au cours du mois d’août. «

Il faudrait ajouter que nous nous trouvons dans un contexte El Niño qui devrait se renforcer au cours du 2ème semestre 2026 jusqu’au printemps 2027. Un rafraîchissement des températures globales est donc peu probable.

Source : Météo France.

Ça s’en va et ça revient : nouvelle canicule en vue !

La fin de la troisième vague de chaleur de la saison est attendue d’ici le week-end du 18-19 juillet 2026, avec une baisse significative des températures sur la majeure partie du territoire. Mais le répit ne durera pas et le sud-est sera à l’écart du rafraîchissement

Alors que la troisième canicule de l’été tire à sa fin, les modèles météorologiques signalent déjà un nouveau regain de chaleur. Selon le modèle européen, une nouvelle poussée d’air chaud en provenance d’Afrique du Nord pourrait atteindre la France, avec une remontée de l’indicateur thermique national à partir du 20 juillet.

Cette prévision demande confirmation mais la configuration serait similaire à celle des épisodes précédents. Le sud et le sud-ouest de la France seraient les zones les plus touchées. Des températures maximales supérieures à 35 °C sont attendues sur ces régions.

Source : Météo France.

 

Anomalie thermique du 17 juillet 2026

Les émissions de méthane restent un poison pour l’atmosphère // Methane emissions remain a poison for the atmosphere

Concentrations de CO2 : 428,59 ppm (14 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1937,86 ppb (mars 2026)

Dans une note publiée le 30 mars 2026, je faisais référence à article paru dans The Guardian. On pouvait y lire que de nouvelles images satellites avaient mis au jour les pires «méga-fuites» de méthane enregistrées sur la planète en 2025. L’étude, menée par le Stop Methane Project de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), révélait des dizaines d’émissions géantes réparties sur plusieurs continents. Elles provenaient d’infrastructures vieillissantes ou simplement mal surveillées. Selon une autrice de l’étude, ces rejets sont parfaitement identifiés et il serait facile d’y remédier. Le top 25 mondial des points les plus polluants était largement dominé par le Turkménistan. Venaient ensuite les États-Unis, avec plusieurs fuites monumentales, notamment au Texas. Des rejets similaires étaient aussi été détectés dans des installations au Venezuela et en Iran.

Image satellite d’une fuite de méthane à Esenguly au Turkmenistan. La fuite est estimée à 18 tonnes par heure (Source : Carbon Mapper)

Ces émissions seraient responsables de près de 25% du réchauffement global et leur hausse constante depuis 2007 inquiète la communauté scientifique. Les données de Carbon Mapper, exploitées par l’UCLA, montrent plus de 4.400 fuites majeures en 2025, toutes supérieures à 100 kilos par heure.

Source : The Guardian.

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Aujourd’hui, un article paru sur le site web de France Info nous apprend que de nombreuses émissions de méthane ont été détectées en avril 2026 dans plusieurs sites gaziers du sud de la France. Au total, près des deux tiers des 57 sites gaziers visités par la « Clean Air Task Force » lors de cette inspection présentaient une ou plusieurs sources d’émissions de cette molécule du gaz naturel.

Selon le rapport, ces émissions provenaient en très grande majorité de fuites dans ces installations. En revanche, les relargages volontaires de méthane étaient bien moins nombreux. C’est un signe encourageant qui confirme l’efficacité de la réglementation européenne à ce sujet. Malgré tout, les fuites restent bien plus fréquentes en France qu’en Allemagne et les pratiques de détection et de réparations sont moins exigeantes. De nombreuses émissions constatées pourraient ainsi être évitées.

Environ 60% des émissions mondiales de méthane sont imputables à l’activité humaine, l’agriculture en tête, suivie de l’énergie. Les chiffres – voir ci-dessus – ne montrent aucune baisse des émissions du secteur des énergies fossiles, malgré des solutions d’atténuation bien connues et éprouvées.

Source : France Info.

Rappelons que le méthane le méthane (CH4) est un gaz à effet de serre dont le pouvoir de réchauffement est plus de 80 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone (CO2).

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In a post published on March 30, 2026, I referred to an article in The Guardian. It stated that new satellite images had revealed the worst methane « mega-leaks » recorded on the planet in 2025. The study, conducted by the StopMethane Project at the University of California, Los Angeles (UCLA), revealed dozens of giant emissions spread across several continents. These originated from aging or simply poorly monitored infrastructure. According to one of the study’s authors, these releases are easily identifiable and would be simple to address. The top 25 global polluting sites was largely dominated by Turkmenistan. Next came the United States, with several monumental leaks, notably in Texas. Similar releases had also been detected at facilities in Venezuela and Iran. These emissions are estimated to be responsible for nearly 25% of global warming, and their steady increase since 2007 is a source of concern for the scientific community. Carbon Mapper data, analyzed by UCLA, shows more than 4,400 major leaks by 2025, all exceeding 100 kilograms per hour.
Source: The Guardian.

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Today, an article published on the France Info website reports that numerous methane emissions were detected in April 2026 at several gas sites in southern France. In total, nearly two-thirds of the 57 gas sites visited by the Clean Air Task Force during this inspection had one or more sources of emissions of this natural gas molecule.
According to the report, the vast majority of these emissions came from leaks at these facilities. In contrast, deliberate releases of methane were far less frequent. This is an encouraging sign that confirms the effectiveness of European regulations on this issue. Despite everything, leaks remain far more frequent in France than in Germany, and detection and repair practices are less stringent. Many of the emissions detected could therefore be avoided.
Approximately 60% of global methane emissions are attributable to human activity, primarily agriculture, followed by energy. The figures – see above – show no decrease in emissions from the fossil fuel sector, despite well-known and proven mitigation solutions.
Source: France Info.

Let’s keep in mind that methane (CH4) is a greenhouse gas with a warming potential more than 80 times greater than that of carbon dioxide (CO2).

Canicules : Qui dit vrai?

Ce matin, la chaîne de radio France Info accordait une la place importante à la vague de chaleur intense qui a envahi la France. Le mercredi 24 juin 2026, la ministre de la Transition écologique citait un bulletin de Météo-France selon lequel, après une pause de quelques jours, un nouvel épisode de forte chaleur affecterait de nouveau la France entre le 6 et le 14 juillet.

De manière assez surprenante, Christine Peña, journaliste météo, affirmait que cela était faux et que Météo France n’annonçait pas une nouvelle canicule en juillet. A noter que j’ai attiré l’attention à plusieurs reprises sur la réticence de cette journaliste à insister sur les températures supérieures à la normale dans le cadre du réchauffement climatique.

Où se trouve la vérité ?

Alors que l’été météorologique bat son plein, les premières tendances saisonnières pour juillet 2026 révélées par Météo-France convergent vers un scénario de chaleur durable sur une grande partie de l’Europe. Les dernières projections du modèle européen ECMWF et du modèle américain CFS suggèrent des températures nettement supérieures aux normales sur la France et une vaste partie du continent. Les projections montrent une anomalie chaude persistante entre le 29 juin et le 26 juillet 2026. Lorsque plusieurs agences climatiques convergent vers le même scénario plusieurs semaines à l’avance, le signal gagne généralement en crédibilité. Cela ne garantit évidemment pas un mois exceptionnellement chaud, mais renforce nettement la probabilité d’un mois globalement supérieur aux normales.

La première semaine de juillet apparaît particulièrement remarquable avec des excédents pouvant dépasser +3 à +5°C entre l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, la Hongrie ou encore les Balkans. La France se situerait également dans une masse d’air sensiblement plus chaude que la normale, avec des anomalies souvent comprises entre +1 et +3°C. Les maximales pourraient fréquemment dépasser les 30°C sur une grande partie du pays et franchir ponctuellement le seuil des 35°C lors des pics les plus marqués.

Météo France rappelle qu’une tendance mensuelle ne permet pas d’identifier précisément les épisodes de chaleur extrême. En l’état actuel des simulations, juillet 2026 présente une forte probabilité d’être plus chaud que la normale sur la France et une grande partie de l’Europe.
Comme je l’ai indiqué dans ma note précédente, l’inquiétude des météorologues réside dans les réserves de chaleur observées au sud de l’Europe et en Afrique. Si le vent tourne au sud, sous l’effet de la moindre dépression sur l’Atlantique, les prévisionnistes craignent qu’une vague de chaleur déferle à nouveau sur la France.

Source : Météo France.