Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Le 29 mai 2025 au soir, un nouvel épisode d’activité strombolienne a débuté sur le Cratère SE de l’Etna (Sicile). L’activité s’est intensifiée aux premières heures du 30 avril, avec une activité explosive au niveau de plusieurs bouches situées dans la zone sommitale du cratère, et des coulées de lave vers le sud-est et le sud. Vers 00h45 UTC, l’activité strombolienne a évolué vers des fontaines de lave qui ont atteint des hauteurs de 200 à 300 m ade hauteur. Vers 01h30, une brève retombée de petits lapilli a été observée dans le secteur de Piano Vetore, sur le haut versant sud-ouest du volcan. L’amplitude moyenne du tremor volcanique a atteint sa valeur maximale autour de 00:00 UTC et ensuite commencé à décliner.

Source : INGV.

 

Dernières heures de l’épisode éruptif le 30 avril 2025 (image webcam)

++++++++++

L’Épisode 18 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) s’est terminé le 22 avril 2025. Dans sa dernière mise à jour, le HVO indique que l’Épisode 19 devrait débuter entre le 1er et le 4 ou 5 mai. Initialement, l’épisode devait débuter le 1er mai. Une forte lueur était visible au soir du 30 avril dans les bouches éruptives nord et sud. Une activité de spattering et des flammes ont commencé à être visibles dans la bouche nord à 17h40 (heure locale) le 30 avril. Dans son dernier bulletin, l’Observatoire précise que l’inflation est nulle depuis le 30 avril dans l’après-midi, et que l’Épisode 19 débutera lorsque l’inflation sommitale reprendra.

À noter toutefois que pendant l’après-midi et a soirée du 1er mai (heure locale), plusieurs épisodes de fontaines de lave en dôme ont été observés dans la bouche éruptive nord, avec des débordements sur les flancs le la bouche.

 

Flammes et fontaine de lave en dôme dans la bouche nord le 30 avril au soir (images webcam)

 

Le tilt du Kiluaea au cours des 3 derniers mois (Source : HVO)

++++++++++

Une hausse de l’activité éruptive est actuellement observée sur le Bezymianny (Kamchatka). Le 23 avril 2025, dette activité a produit un panache de cendres qui s’est élevé à 9 km d’altitude. Un nuage de cendres de 10 x 10 km était visible sur les images satellite. La couleur de l’alerte aérienne a été relevée au Rouge. Des avalanches incandescentes ont continué à dévaler les flancs du volcan tandis que des émissions de gaz et de vapeur étaient visibles au sommet. Les cendres ont disparu par la suite et la couleur de l’alerte aérienne a été abaissée à l’Orange.
Une éruption explosive plus puissante a commencé plus tard le même jour (23 avril 2025) et a généré un panache de cendres qui s’est élevé à 11 km d’altitude. Les images satellite ont montré un nuage de cendres de 36 x 26 km en train de dériver vers le nord-nord-est. La couleur de l’alerte aérienne a de nouveau été relevée au Rouge. La période d’intense activité s’est terminée vers 3 h le 24 avril. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs villages. Les images satellite ont montré un nuage de cendres à une altitude de 7 à 7,5 km. La zone de cendres couvrait une surface de 110 x 175 km et était encore visible à environ 320 km au sud-ouest du volcan. La couleur de l’alerte aérienne a été abaissée à l’Orange.
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

++++++++++

J’ai indiqué précédemment qu’une éruption phréatique d’une durée d’environ 24 minutes a débuté sur le Bulusan (Philippines) à 4 h 36, heure locale, le 28 avril 2025. L’événement a généré un panache de cendres volumineux atteignant une altitude de 4,5 km. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs localités voisines. Outre ces retombées, une coulée pyroclastique a parcouru environ 3 km le long du versant sud-ouest du volcan. Le PHIVOLCS a alors relevé le niveau d’alerte de 0 à 1, avec le risque de nouvelles éruptions phréatiques.
Une deuxième éruption phréatique a débuté à 19 h 43 le 29 avril et a duré environ 77 minutes, d’après les données sismiques. Le réseau sismique a enregistré 54 séismes volcaniques ce même jour. Des retombées de cendres ont de nouveau été signalées dans de nombreuses localités. À Cogon, 59 familles ont été évacuées vers deux abris temporaires. Des fournitures, notamment des kits d’hygiène et des masques N95, ont été distribuées aux habitants, et les collectivités locales ont t=reçu de l’aide pour nettoyer la cendre. Avant l’éruption, les émissions de SO2 s’élevaient en moyenne à 548 tonnes par jour (t/j), soit plus que le niveau de référence qui est de moins de 200 t/j.
Source : PHIVOLCS.

Retombées de cendres autour du Bulusan (Source: réseaux sociaux)

++++++++++

L’activité éruptive se poursuit à Home Reef (arc volcanique de Tofua). Des images satellite du 4 avril 2025 montrent de petits panaches de cendres générés par des explosions. Des changements de morphologie de la bouche éruptive ont été observés sur une image satellite. Une image satellite du 11 avril révèle que cette bouche présente les mêmes dimensions que précédemment, soit 125 m du nord au sud et 110 m d’ouest en est. En revanche, le dôme au niveau de la bouche s’est développé, principalement vers le SO ; il a éjecté des matériaux qui ont roulé jusqu’au rivage. Sur les images des 11 et 26 avril, des panaches de vapeur s’élèvent de la bouche éruptive et l’eau autour de l’île est décolorée. Des anomalies thermiques modérées ont été détectées entre le 8 et le 28 avril. Les Services géologiques des Tonga ont relevé la couleur de l’alerte aérienne à l’Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre). Le niveau d’alerte maritime reste à l’Orange et il est conseillé aux marins de rester à au moins 2 milles nautiques (3,7 km) de l’île.
Sources : Services géologiques des Tonga.

Décoloration de l’eau de mer autour de Home Reef (Source: NASA)

++++++++++

De fréquentes explosions et des panaches de cendres et de gaz sont encore observés sur le Poás (Costa Rica). La sismicité avait diminué le 17 avril 2025 et est restée stable les jours suivants. Le nombre d’événements longue période a ensuite augmenté et des périodes de tremor harmonique ont commencé à être enregistrées le 21 avril. L’analyse des cendres a montré une proportion de plus en plus importante de matériaux juvéniles. Une inflation a continué d’être détectée.
Les événements éruptifs du 23 avril ont généré des panaches de cendres et de gaz qui se sont élevés à au moins 3 km au-dessus du cratère. Chaque événement a duré environ cinq minutes. Des retombées de cendres ont été signalées dans les zones sous le vent.
Durant les 23 et 24 avril, d’importants panaches de gaz et de vapeur, presque continus, contenant un peu de cendre, se sont élevés du cratère où une incandescence était visible la nuit.
Une brève éruption le 24 avril a généré un panache qui s’est élevé à 1 km au-dessus du cratère. Des matériaux d’environ 250 °C ont été éjectés vers l’est. Un événement plus important a été enregistré plus tard dans la journée.
Une période d’activité modérée à intense a débuté et s’est intensifiée le 25 avril. Des matériaux incandescents, d’environ 300 °C, ont été éjectés des bouches sur le plancher du cratère.
L’activité a de nouveau été intense le 26 avril. Des blocs à haute température ont été éjectés de la Boca C.
Des émissions quasi continues de gaz et de vapeur provenant de Boca A et de Boca C entre les 27 et 28 avril ont atteint jusqu’à 1 km au-dessus du cratère. Les émissions de SO2 ont atteint 2 000 à 10 000 tonnes par jour.
Le niveau d’alerte volcanique reste à 3 sur une échelle de quatre niveaux et la couleur de l’alerte aérienne reste Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : OVSICORI.

Image webcam du Poas le 30 avril 2025

++++++++++

L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

Flux RSS

Petit rappel : on me demande parfois comment il est possible de recevoir et lire mes articles au moment de leur parution. Pour cela, rendez-vous en haut de la colonne de droite de mon blog où figure le flux RSS qui permet de recevoir automatiquement des mises à jour du blog.

Vous pouvez également cliquer sur « Suivre Claude Grandpey : Volcans et Glaciers ».

——————————————-

Here is some news about volcanic activity in the world:

On the evening of May 29 2025, a new episode of Strombolian activity began at Mt Etna‘s SE Crater (Sicily). The activity intensified in the early hours of April 30, with explosive activity at several vents located in the summit area of ​​the crater, and lava flows that travelled southeast and south. Around 00:45 UTC, Strombolian activity evolved into lava fountains that reached heights of 200 to 300 m. Around 01:30, a brief fall of small lapilli was observed in the Piano Vetore area, on the upper southwest slope of the volcano. The average amplitude of the volcanic tremor reached its maximum value around 00:00 UTC and then began to decline.
Source: INGV.

++++++++++

Episode 18 of the Kilauea eruption (Hawaii) ended on April 22 2025.  In its latest update, Hvo says that Episode 19 is likely to start between May 1st and My 4th or 5th. Initially, the episode was supposed to start on May 1st. Strong glow was visible in the vening of April 30th from the north and south vents. Spattering and flaming started from the north vent at 5:40 pm (local time) on April 30th. . Inflation of the summit has stalled since April 30th in the afternoon. HVO explains that Episode 19 will start when inflation of the summit resumes.

It should be noted, however, that during the afternoon and evening of May 1 (local time), several episodes of dome-shaped lava fountains were observed in the northern eruptive vent, with overflows onto the flanks of the vent.

++++++++++

Increased activity is currently observed at Bezymianny (Kamchatka). On 23 April 2025, eruptive activity produced an ash plume that rose to 9 km a.s.l. An ash cloud, 10 x 10 km in dimension, was visible in satellite images.The Aviation Color Code was raised to Red. Hot avalanches continued to descend the flanks and gas-and-steam emissions were visible. Ash was not visible in subsequent images and the Aviation Color Code was lowered to Orange.

A stronger explosive eruption began later that same day and produced an ash plume that rose 11 km a.s.l. Satellite images showed a 36 x 26 km ash cloud drifting NNE. The Aviation Color Code was again raised to Red. The period of increased activity ended at around 0300 on 24 April. Ashfall was reported in several villages. Satellite images showed an ash cloud at altitudes of 7-7.5 km. That covered 110 x 175 km and had reached about 320 km SW of the volcano. The Aviation Color Code was lowered to Orange.

Source : KVERT.

++++++++++

I indicated previously that a phreatic eruption lasting approximately 24 minutes started at Bulusan volcano (Philippines) at 04:36 local time on April 28 2025. The event generated a voluminous ash plume reaching an altitude of 4.5 km. Ashfall was reported in several nearby municipalities. In addition to ashfall, a pyroclastic flow traveled approximately 3 km down the southwestern slope of the volcano. In response, PHIVOLCS raised the alert level from 0 to 1, which indicates the potential for additional phreatic eruptions.

A second phreatic eruption began at 1943 on 29 April and lasted about 77 minutes based on seismic data. The seismic network recorded a total of 54 volcanic earthquakes that day. Ashfall was again reported in numerous municipalities. 59 families in Cogon evacuated to two shelters. Supplies, including hygiene kits and N95 masks, were delivered to residents and local governments were receiving support to clean up the ashfall. Prior to the eruption, SO2 emissions averaged 548 tonnes per day (t/d), higher than the baseline of less than 200 t/d.

Source : PHIVOLCS.

++++++++++

Eruptive activity continues at Home Reef. (Tofua Volcanic Arc). Satellite imagery from 4 April 2025 captured a series of small ash plumes generated by explosions. Surface changes at the vent were identified in a satellite image. A satellite image from 11 April indicated that the vent had the same dimensions as previously reported, 125 m N-S and 110 m W-E. The dome in the vent had grown, mainly to the SW, and ejected material that rolled down to the shoreline. In both 11 and 26 April images steam plumes rose from the vent and water around the island was discolored. Moderate thermal anomalies were detected during 8-28 April. The Tonga Geological Services raised the Aviation Color Code to Orange (level 2 on a four-level scale). The Maritime Alert Level remains at Orange and mariners are advised to stay at least 2 nautical miles (3.7 km) away from the island.

Sources: Tonga Geological Services,

++++++++++

Frequent explosions and ash-and-gas plumes are still observed at Poás (Costa Rica). Seismicity had decreased on 17 April 2025 and remained at stable levels the following days The number of long-period events increased, and occasional periods of harmonic tremor began to be recorded on 21 April. Analysis of ash showed an increased proportion of juvenile material. Inflation continued to be detected.
Eruptive events on 23 April generated ash-and-gas plumes that rose at least 3 km above the crater. Each event lasted about five minutes. Ashfall iwas reported in downwind areas.

During 23-24 April significant and almost continuous gas-and-steam plumes with some ash rose from the crater where incandescence was visible at night.

A short eruptive event on 24 April produced a plume that rose 1 km above the crater. Mterial around 250 degrees Celsius was ejected to the E. A larger event was recorded later that day.

A period of moderate-to-intense activity began and intensified on 25 April. Incandescent material, about 300 degrees Celsius, was ejected from the vents onto the crater floor.

Activity was again intense on 26 April. Hot blocks were ejected from Boca C.

Almost continuous gas-and-steam emissions from both Boca A and Boca C during 27-28 April rose as high as 1 km above the crater. SO2 emissions reached 2,000-10,000 tons per day.

The volcano’s Alert Level remains at 3 on a four-level scale and the Aviation Color Code remains at Orange (level 2 on a four-color scale).

Source : OVSICORI.

++++++++++

Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

RSS feed

Quick reminder: I am sometimes asked how it is possible to receive and read my posts when they are published. Just go to the top of the right column of my blog where you can see the RSS feed. It will allow you to automatically receive updates from the blog.
You can also click on “Suivre Claude Grandpey: Volcans et Glaciers”.

Le saccage climatique de Trump continue // Trump’s climate rampage continues

Après avoir récemment annulé la rédaction d’un important rapport scientifique, le National Nature Assessment, commencée sous l’administration Biden, l’administration Trump vient de licencier sans préavis plus de 400 scientifiques qui avaient commencé à rédiger le dernier National Climate Assessment Report, autrement dit le rapport d’évaluation du climat. Les scientifiques ont reçu un courriel les informant les informant que l’état d’esprit du rapport était en cours de réévaluation.
Ce rapport, mandaté par le Congrès, est préparé tous les quatre ans en vertu d’une loi de 1990. Il détaille les dernières avancées scientifiques sur le réchauffement climatique et rend également compte des progrès réalisés dans la lutte contre la hausse des températures.
Les scientifiques craignent que l’administration Trump cherche à mettre fin à ce projet ou à recruter d’autres auteurs pour rédiger un rapport radicalement différent, visant à attaquer la climatologie. Dans ce cas, le pays sera mal préparé à faire face à des catastrophes de plus en plus graves, aggravées par le réchauffement climatique d’origine anthropique, avec notamment des vagues de chaleur plus intenses, des incendies de forêt, des sécheresses, des inondations et une élévation du niveau de la mer. La dernière version du National Climate Assessment Report, publiée en 2023, détaillait les dernières données scientifiques sur l’intensification des vagues de chaleur, les incendies de forêt et autres catastrophes, et indiquait que sans une réduction plus importante des émissions de gaz à effet de serre, et sans et des efforts d’adaptation plus rapides, « les risques climatiques graves pour les États-Unis continueront de croître ».

En 2024, les États-Unis ont connu 27 catastrophes météorologiques et climatiques. Chacune a entraîné au moins un milliard de dollars de pertes. La NOAA indique qu’à l’échelle des États Unis, elles ont coûté 185 milliards de dollars.
Source : Médias américains.

Trump n’a jamais admis la responsabilité du réchauffement climatique dans les incendies qui on ravagé Los Angeles en janvier 2025 (Crédit photo: presse américaine)

———————————————–

After recently cancelling the writing of a major scientific report called the National Nature Assessment, which began under the Biden administration, the Trump administration has just summarily dismissed more than 400 scientists who had begun to write the latest National Climate Assessment report, informing them by email that the scope of the report was being reevaluated.

The report, mandated by Congress, is prepared every four years under a 1990 law. It details the latest science on climate change, and also reports on progress in addressing global warming.

Scientists said they fear the Trump administration could seek to shut down the effort or enlist other authors to write a very different report that seeks to attack climate science. This would leave the country ill-prepared for worsening disasters intensified by humanity’s warming of the planet, including more intense heat waves, wildfires, droughts, floods and sea-level rise.

The most recent National Climate Assessment, released in 2023, detailed the latest science on more extreme heat waves, wildfires and other disasters, and said that without deeper cuts in emissions and faster adaptation efforts, “severe climate risks to the United States will continue to grow.”

Last year, the United States experienced 27 weather and climate-related disasters that each measured at least $1 billion dollars in losses. Globally, they cost the country $185 billion in total, according to NOAA.

Source : U.S. news media.

Groenland : la fonte des glaciers expose davantage de côtes // Greenland : glacier melting exposes more coastlines

Une étude récente menée par une équipe de scientifiques polonais, canadiens, tchèques et américains a analysé des images satellite de l’hémisphère Nord de 2000 à 2020 afin d’analyser l’évolution des littoraux, alors que les calottes glaciaires ont sensiblement reculé sur Terre en raison du réchauffement climatique. En additionnant toutes les images, les chercheurs ont constaté que 2 466 kilomètres de côtes ont été exposés au cours des 20 dernières années. Ils ont également constaté qu’environ 66 % de ces littoraux nouvellement exposés se trouvaient au Groenland.

Photo: C. Grandpey

Si d’autres études ont déjà révélé que le Groenland connaît la vitesse de perte de glaciers la plus élevée de l’hémisphère nord, la dernière effectuée par l’équipe multinationale se distingue par la manière dont ses chercheurs ont évalué cette perte. Ils sont examiné les terres exposées à la fonte des glaciers dans le pays. L’accélération du réchauffement climatique a entraîné un recul important de la majorité des glaciers émissaires dans l’hémisphère Nord au cours du 21ème siècle. Le recul des glaciers et la nouvelle exposition des littoraux qui en résulte peuvent avoir des impacts importants sur les écosystèmes locaux et les communautés arctiques. En effet, ce phénomène non seulement modifie le paysage, mais représente également un risque indirect pour les zones habitées et les activités économiques des zones côtières. Les régions situées autour des glaciers qui viennent vêler dans l’océan sont plus vulnérables aux tsunamis provoqués par des glissements de terrain. Par exemple, celui enregistré le 17 juin 2017 au Groenland a causé d’importants dégâts aux infrastructures et des pertes humaines.

Photo: C. Grandpey

Au cours des quatre dernières décennies, l’Arctique s’est réchauffé jusqu’à quatre fois plus vite que le reste de la planète. Ce réchauffement rapide entraîne l’amincissement de la calotte glaciaire du Groenland. De plus, avec une étendue de près de 14 millions de kilomètres carrés, la banquise arctique a atteint en février 2025 un niveau record à la baisse depuis les observations satellitaires.

Photo: C. Grandpey

L’étendue de la banquise était de nouveau bien inférieure à la moyenne, poursuivant la tendance observée ces dix dernières années.
Source : The Cool Down Company.

———————————————-

A recent study by a team of scientists from Poland, Canada, Czechia, and the United States analyzed satellite imagery of the Northern Hemisphere from 2000 to 2020 to record changes to coastlines as sheets of ice noticeably shrank on Earth because of global warming. In adding all the images together, they found that 2,466 kilometers of coastline have been exposed over just the past 20 years. They also found that approximately 66% of that newly exposed coastline was in Greenland.

While there have been other studies that have revealed Greenland is undergoing the highest rate of glacier loss in the hemisphere, this one stands out for the way its researchers are monitoring that loss. This latest study looks at land that is being exposed as the country’s ice melts. Accelerated climate warming has caused the majority of marine-terminating glaciers in the Northern Hemisphere to retreat substantially during the 21st century. Retreating glaciers and associated newly exposed coastline can have important impacts on local ecosystems and Arctic communities. Indeed, the phenomenon not only alters the landscape but simultaneously poses an indirect risk to local communities and economic activities in the coastal zone. Regions around marine-terminating glaciers have an enhanced susceptibility to landslide-triggered tsunamis. For instance, the one recorded on 17 June 2017 in Greenland caused substantial infrastructure damage and loss of life.

Over the past four decades, the Arctic has warmed up to four times faster than the rest of the planet. This rapid warming is causing Greenland’s ice sheet to thin. Moreover, with an extent of nearly 14 million square kilometers, Arctic sea ice hit in February a record low in the satellite era. The global sea ice extent was again well below average, continuing a trend from each of the past 10 years.

Surce : The Cool Down Company.

https://www.thecooldown.com/

Le risque volcanique en Alaska : les avions en première ligne // Volcanic risk in Alaska : planes on the front line

Chaque fois qu’une éruption se produit dans les îles Aléoutiennes (Alaska), l’Observatoire Volcanologique d’Alaska (AVO) adapte le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne en fonction de l’activité volcanique. Les volcans des Aléoutiennes sont souvent situés sur des îles inhabitées ou peu peuplées, mais ils se trouvent sur la trajectoire des avions entre les États-Unis et l’Asie. L’émission d’un panache de cendres par l’un de ces volcans pourrait mettre les pilotes en difficulté, car les cendres peuvent endommager les moteurs des aéronefs et provoquer des catastrophes. Plusieurs d’entre elles ont été évitées de justesse par le passé. C’est pourquoi la surveillance des volcans est essentielle dans cette région du monde.
L’Alaska compte plus de 100 volcans, dont 54 sont considérés comme historiquement actifs. De plus, de nombreux volcans ne sont pas considérés historiquement actifs, mais sont susceptibles d’entrer en éruption à l’avenir. Pour surveiller tous ces volcans, l’AVO dispose de 212 stations sismiques réparties dans 34 réseaux couvrant 2,736 km :

Source: AVO

Les nuages ​​de cendres constituent le principal danger pour le trafic aérien. Ils se forment lorsqu’une éruption explosive fragmente le magma, et projette de petites particules dans l’atmosphère, parfois jusqu’à 10 à 20 km de hauteur, voire plus, en moins d’une heure. Les cendres sont très abrasives et les particules peuvent gravement endommager les avions, éroder et adhérer aux moteurs et aux composants électriques, et endommager les hublots, les ailes et le train d’atterrissage. Les perturbations électriques et les gaz présents dans un nuage de cendres peuvent altérer la capacité de l’avion à transmettre des messages et provoquer des problèmes respiratoires chez les personnes à bord. De nombreux avions en Alaska assurent des liaisons locales et volent généralement à des altitudes où les cendres volcaniques sont les plus susceptibles d’être présentes (3 à 6 km au-dessus du niveau de la mer).

Nuage de cendres émis par le Pavlof (Aléoutiennes) en 2016 (Crédit photo : AVO)

De nombreuses éruptions volcaniques historiques ont produit des nuages ​​de cendres et entraîné des retombées qui ont affecté, et continuent parfois d’affecter, de vastes zones au-delà de leurs limites. Les cendres de l’éruption du Novarupta-Katmai de 1912, la plus volumineuse du 20ème siècle, constituent périodiquement un danger lorsqu’elles sont remobilisées par des vents très violents et pendant des conditions sèches.

L’éruption du volcan Aniakchak en 1931 a provoqué des retombées de cendres de plusieurs millimètres jusqu’à l’île Kodiak.

Lors de l’éruption du Redoubt en 1989-1990, plusieurs avions de ligne ont rencontré le panache de cendres, dont un qui a atteint le Texas. Un Boeing 747-400 a traversé par inadvertance le nuage de cendres du Redoubt près d’Anchorage, ce qui a occasionné temporairement la perte de puissance de ses quatre moteurs. Bien que l’avion ait atterri sans encombre, il a subi des dégâts s’élevant à 80 millions de dollars. Cet événement a conduit à l’expansion de l’AVO et montre la nécessité d’une surveillance volcanique rigoureuse et d’une communication sur les risques.

 Panache de cendres du Mt Redoubt le 21 avril 1990 (Crédit photo : USGS)

Les risques volcaniques proches de la zone éruptive sont moins susceptibles de perturber le trafic aérien. Ils comprennent les projections de blocs, les lahars, les coulées pyroclastiques, les coulées et dômes de lave, les glissements de terrain, les avalanches de débris et les gaz volcaniques. Il convient toutefois de noter que les retombées de cendres sur les pistes d’un aéroport peuvent entraîner des retards, voire des annulations de vols.

Les dernières nouvelles à propos des volcans actifs en Alaska concernent le volcan Atka et le mont Spurr.
Une petite explosion de courte durée a été détectée sur le complexe volcanique de l’Atka le 25 avril 2025 grâce aux données infrasonores et sismiques locales qui ont montré que l’explosion provenait du cratère sommital Korovin, l’un des nombreux cônes actifs du complexe volcanique. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne a été relevée au Jaune et le niveau d’alerte volcanique est passé à Advisory (surveillance conseillée).

L’activité sismique sur le Mont Spurr reste élevée, bien qu’elle ait légèrement diminué au cours du mois dernier. La déformation du sol a également ralenti au cours des trois dernières semaines. Les satellites n’ont pas détecté d’émissions de SO2 en provenance du mont Spurr depuis le 3 avril 2025, probablement en raison d’un temps trop nuageux. Compte tenu du peu d’évolution constaté ces derniers temps dans les données de surveillance et de l’impossibilité de mesurer les émissions de gaz au cours du dernier mois, il est difficile d’établir des prévisions sur l’activité volcanique à venir. Globalement, la probabilité d’une éruption a diminué depuis mars, mais le volcan reste à un niveau d’activité élevé et une éruption explosive comme celles de 1953 et 1992 est toujours possible.
Source : Alaska Volcano Observatory, National Park Service.

————————————————-

Each time an eruption occurs in the Aleutians (Alaska), the Alaska Volcano Observatory (aVO) is careful to shift the volcano alert level and the aviation color code according to the volcanic activity. Volcanoes in the Aleutians are often located on uninhabited or poorly inhabited islands, but they stand in the path of airlies metween the U.S. and Asia. Should an ash plume be emeitted by one of these volcanoes, it could put the pilots in trouble as ash can disrupt plane engines and cause a disasters. Several of thme were shortly avoided in the past. This is why volcano monitoring is very important in that part of the world. There are over 100 volcanoes in Alaska, 54 of which are considered historically active. In addition, there are numerous volcanoes that are not considered historically active, but which could erupt at some point in the future.

Ash clouds are the main hazard to air trafic. They are formed when an explosive eruption fragments magma, rapidly injecting small particles into the atmosphere, sometimes up to 10–20 km or more above the volcano within less than an hour. Ash is highly abrasive and the particles can severely damage aircraft, eroding and adhering to engine and electrical parts and abrading windows, wings, and landing gear. Electrical disturbances and gases within an ash cloud may impair the aircraft’s ability to transmit messages and cause respiratory problems for those on board. Many visitors to Alaska arrive via small aircraft that typically travel at altitudes where volcanic ash is most likely to be present (3–6 km above sea level).
Multiple historical eruptions of volcanoes have produced ash clouds and resulted in ashfall that affected and sometimes continue to affect large areas beyond their boundaries. Ash from the 1912 eruption of Novarupta-Katmai, which was the most voluminous of the twentieth century, poses an ongoing seasonal hazard due to resuspension during very high winds and dry conditions.

The 1931 eruption of Aniakchak volcano resulted in millimeters of ashfall as far as Kodiak Island.

During the 1989-1990 eruption of Redoubt, multiple jetliners encountered the ash cloud, in one case as far away as Texas. A 747-400 jet aircraft inadvertently flew through the 1989-1990 Redoubt ash cloud near Anchorage and temporarily lost power in all four engines. Although the plane landed safely, it incurred 80 million dollars in damages. This event led to the expansion of AVO and remains an important example of the need for vigorous volcano monitoring and hazard communication.

Proximal volcanic hazards are less likeky to disturb air trafic. They include ballistics, lahars, pyroclastic flows, lava flows and domes, rockfalls, landslides, debris avalanches, and volcanic gases. However, it should be noted that ashfall on the runw ays in an airport may lead to dealys or even cancellations of the flights.

The latest news about active volcanoes in Alaska concern Atka Volcano and Mount Spurr.

A small, short-lived explosion was detected at the Atka volcanic complex on April 25 2025 in local infrasound and seismic data which indicates the explosion originated from the summit crater of Korovin, one of several volcanoes within the Atka volcanic complex. As a consequence, the Aviation Color Code was raised to YELLOW and the Volcano Alert Level to ADVISORY.

Shallow seismic activity underneath Mount Spurr remains elevated, though it has declined slightly over the past month. Ground deformation has also slowed over the past three weeks. Satellites have not detected SO2 from Mount Spurr since April 3 2025, most likely due to cloudy weather.

Based on the recent modest changes in monitoring data and the inability to measure gas for the last month, the outcome of the current unrest is less certain. Overall, the likelihood of an eruption has decreased from March, but the volcano remains at an elevated level of unrest and an explosive eruption like those that occurred in 1953 and 1992 is still possible.

Source : Alaska Volcano Observatory, National park Service.