Volcans du monde (suite) // Volcanoes of the world (continued)

Un essaim sismique a été enregistré sur le glacier Mýrdalsjökull (Islande) aux premières heures du 4 mai 2023. Les événements avaient des magnitudes M 4,8, M 4,7 et M 4,5, à des profondeurs de 0,1 km. Les secousses ont été ressenties, entre autres, à Þórsmörk et dans une localité au sud du Mýrdalsjökull.
La couleur de l’alerte aérienne pour le volcan Katla a été élevée au Jaune.
Le Met Office islandais dit qu’il ne voit aucun signe de crue glaciaire, ni aucun signe d’activité volcanique.
Un essaim sismique semblable s’est produit dans la caldeira du Katla en août 2016. Aucune crue glaciaire ne s’est alors produite. La dernière grande crue glaciaire s’est produite en juillet 2011. La dernière éruption sous-glaciaire du Katla remonte à 1918 et a duré 24 jours.
Il convient de noter que les hypocentres du dernier essaim sont très peu profonds, à 0,1 km de profondeur. Cela tend à montrer que les séismes n’ont pas été causés par une activité volcanique, mais plutôt par des mouvements de fluides hydrothermaux comme cela se produit souvent avec les volcans sous-glaciaires en Islande, comme le Grimsvöth sous le Vatnajökull, par exemple.
Source : Met Office, média d’information islandais.

Photo: C. Grandpey

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Environ 250 habitants ont été évacués des pentes du Fuego (Guatemala) quand des nuages de matériaux incandescents et de cendres se sont dirigés vers une zone dévastée par l’éruption de 2018. Les habitants du hameau de Panimache ont été conduits vers des abris. Le volcan émettait des nuages de cendres susceptibles d’affecter jusqu’à 100 000 personnes dans les localités à proximité. L’éruption de 2018 a officiellement fait 194 morts et 234 disparus, mais on sait que le nombre de morts est beaucoup plus élevé.
Source : médias d’information locaux.

Dernière minute : Voici quelques détails supplémentaires sur l’épisode éruptif intense qui a commencé sur le Fuego dans la matinée du 4 mai 2023. L’événement se caractérise par des coulées de lave, une activité incandescente constante, des émissions de gaz et de cendres et de nombreuses coulées pyroclastiques. Des retombées de cendres abondantes ont été signalées dans des villages et des fermes situés jusqu’à 50 km à l’ouest du volcan.
Quelques heures après le début de l’éruption, les autorités ont établi une zone d’exclusion de 7 km autour du volcan et ont commencé à évacuer plus de 1 000 personnes vivant à San Pedro Yepocapa, Chimaltenango, Panimaché I et II, El Porvenir et Morelia. . La Protection civile dit que ce nombre est susceptible d’augmenter.
Selon le VAAC de Washington, la colonne de cendres produite par l’éruption a atteint une altitude de 6,7 km. L’éruption s’est accompagnée de grondements, d’ondes de choc, ainsi que de coulées pyroclastiques modérées et fortes qui ont parcouru entre 5 et 7 km dans les ravines Ceniza, Las Lajas, Seca et Santa Teresa.
La route RN-14 qui relie plusieurs localités à Antigua, la principale attraction touristique du pays, a été fermée.
On estime que 130 000 personnes vivent dans des zones exposées aux retombées de cendres qui ont été signalées à plus de 100 km du cratère.
13 abris d’urgence ont été ouverts dans quatre villes voisines. Ils peuvent héberger 7 600 personnes.
Source : Conred et médias locaux.

Crédit photo: CONRED

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A seismic swarm hit Mýrdalsjökull glacier (Iceland) in the early hours of May 4th, 2023 with magnitudes M 4.8, M 4.7 and M 4.5, at depths of 0,1 km. The quakes were felt in Þórsmörk and in a settlement south of Mýrdalsjökull, among other places.

The aviation color code for Katla was raised to Yellow.

The Icelandic Met Office says it sees no signs of running off nor any signs of volcanic activity.

A similar earthquake swarm occurred in Katla caldera in August 2016. No flood occurred in connection with that swarm. The last big glacial flood in Múlakvísl occurred in July 2011. Katla’s last subglacial eruption was in 1918 and lasted 24 days.

It should be noted that the hypocenters of the latest swarm were very shallow, 0,1 km deep. This tends to show that the quakes were not caused by any volcanic activity, but rather by movements of hydrothermal fluids as this often happens with subglacial volcaoes in Iceland, like Grimsvöth beneath Vatnajökull, for instance.

Source : Met Office, Icelandic news media.

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About 250 residents were evacuated from the slopes of Guatemala’s Fuego Volcano as incandescent material and ash flowed down the slopes toward an area devastated by a deadly 2018 eruption. Residents of the hamlet of Panimache were taken to shelters. The volcano had been emitting ash clouds that could affect as many as 100,000 people in communities. The 2018 eruption officially killed 194 people and left another 234 missing but the death toll is known to be much higher.

Source : Local news media.

Dernière minute : Here are some more details about the ntense eruptive phase that started at Fuego volcano in the morning of May 4th, 2023. The event was characterized by lava flows, constant incandescent activity, dense gas and ash emissions, and multiple pyroclastic flows. Abundant ashfall was reported in villages and farms located as far as 50 km West of the volcano.

A couple of hours after the start of the eruption, authorities established a 7 km exclusion zone around the volcano and started evacuating more than 1 000 people living in the municipalities of San Pedro Yepocapa, Chimaltenango, Panimaché I and II villages, El Porvenir and Morelia. Civil Protection authorities say that this number is likely to rise.

According to the Washington VAAC, the ash column produced by the eruption reached an altitude of 6.7 km. The eruption was accompanied by rumblings, shock waves, as well as moderate and strong pyroclastic flows that traveled between 5 and 7 km along the Ceniza, Las Lajas, Seca and Santa Teresa drainages.

The RN-14 route on the slopes of the volcano that connects several towns to Antigua, the country’s main tourist attraction, was closed.

An estimated 130,000 people live within areas exposed to falling ash, which was reported as more than 100 km from the crater.

13 emergency shelters have been opened in four nearby towns, capable of providing refuge to 7,600 people.

Source : Conred and local media.

Les Vikings chassés du Groenland par la montée des eaux ? // Were the Vikings driven from Greenland by rising seas?

Des scientifiques ont récemment découvert que l’extension de la calotte glaciaire arctique et l’élévation du niveau de la mer qui s’est produite par la suite ont entraîné des inondations côtières à grande échelle. Elles ont chassé les Vikings du Groenland au 15ème siècle.
Les Vikings se sont établis dans le sud du Groenland vers l’an 985 après J.-C. avec l’arrivée d’Erik Thorvaldsson, mieux connu sous le nom d' »Erik le Rouge », un explorateur d’origine norvégienne qui s’embarqua pour le Groenland après avoir été chassé d’Islande pour meurtre. D’autres colons vikings l’ont rapidement suivi et formé des communautés qui ont prospéré pendant des siècles. Il faut toutefois se rappeler qu’au moment de l’arrivée des Vikings, le Groenland était déjà habité par des peuplades de la culture Dorset, un groupe autochtone qui a précédé l’arrivée des Inuits dans l’Arctique.
Vers le 15ème siècle, de manière surprenante, les signes d’implantation nordique dans la région ont disparu des archives archéologiques. Les chercheurs ont tout d’abord pensé que des facteurs tels que le changement climatique et des bouleversements économiques avaient probablement conduit les Vikings à abandonner le Groenland. Aujourd’hui, une nouvelle étude publiée en avril 2023 dans les Proceedings de l’Académie des Sciences montre que la montée des eaux a joué un rôle clé en submergeant des kilomètres de côtes.
Entre le 14ème et le 19ème siècle, l’Europe et l’Amérique du Nord ont connu une période de froid connue sous le nom de Petit Age Glaciaire. Dans ces conditions, la calotte glaciaire du Groenland s’est agrandie considérablement. Dans le même temps, son impact sur le substrat a rendu les zones côtières plus sujettes aux inondations. De plus, la hausse de l’attraction gravitationnelle entre la calotte glaciaire en expansion et les grandes étendues de glace de mer a repoussé l’eau de mer vers la côte du Groenland. Ces deux processus ont probablement causé des inondations à grande échelle le long du littoral, dans la région où les Vikings s’étaient installés.
Les scientifiques ont testé leur hypothèse en modélisant la croissance de la glace dans le sud-ouest du Groenland au cours de la période de 400 ans d’occupation nordique, et en ajoutant ces calculs à un modèle montrant l’élévation du niveau de la mer pendant cette période. Ils ont ensuite analysé les cartes connues de sites vikings pour voir s’il y avait correspondance entre leurs modélisations et les preuves archéologiques marquant la fin d’une présence viking au Groenland.
Les modèles montrent qu’entre 1000 et 1400 la montée des eaux autour du Groenland a inondé de 3,30 mètres les colonies vikings, submergeant quelque 204 kilomètres carrés de terres côtières. La mer a recouvert les terres que les Vikings utilisaient pour l’agriculture et comme pâturages pour leur bétail.
Cependant, l’élévation du niveau de la mer n’est probablement pas la seule raison pour laquelle les Vikings ont quitté le Groenland. D’autres problèmes ont pu provoquer la disparition de ces communautés. Des facteurs externes telles que le changement climatique, les agitations sociales et l’épuisement des moyens de subsistance ont pu inciter les Vikings à abandonner définitivement leurs colonies. On peut lire dans l’étude qu’« une combinaison de changements climatiques et environnementaux, l’évolution des ressources, le flux de l’offre et de la demande de produits exclusifs pour le marché étranger et les interactions avec les Inuits du Nord ont pu contribuer à cette situation. Il est probable qu’une combinaison de ces facteurs a poussé les Scandinaves à quitter le Groenland et aller plus à l’ouest. »
Source : Yahoo Actualités.

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Scientists recently found that ice sheet growth and sea level rise led to massive coastal flooding that drove the Vikings out of Greenland in the 15th century.

The Vikings first established a foothold in southern Greenland around A.D. 985 with the arrival of Erik Thorvaldsson, also known as « Erik the Red, » a Norwegian-born explorer who sailed to Greenland after being exiled from Iceland. Other Viking settlers soon followed, forming communities that thrived for centuries. One should remember that at the time of the Vikings’ arrival, Greenland was already inhabited by people of the Dorset Culture, an Indigenous group that preceded the arrival of the Inuit people in the Arctic.

Around the 15th century, signs of Norse habitation in the region vanished from the archaeological record. Researchers previously suggested that factors such as climate change and economic shifts likely led the Vikings to abandon Greenland. Now, a new study published in April 2023 in the journal Proceedings of the National Academy of Sciences shows that rising seas played a key role, by submerging kilometers of coastline.

Between the 14th and 19th centuries, Europe and North America experienced a period of significantly cooler temperatures, known as the Little Ice Age. Under these cold conditions, the Greenland Ice Sheet probably became much bigger. As it increased, its heaviness weighed down the substrate underneath, making coastal areas more prone to flooding. At the same time, the increased gravitational attraction between the expanding ice sheet and large masses of sea ice pushed more seawater over Greenland’s coast. These two processes probably caused widespread flooding along the coastline, in the region where the Vikings were settled.

The scientists tested their hypothesis by modeling estimated ice growth in southwestern Greenland over the 400-year period of Norse occupation and adding those calculations to a model showing sea level rise during that time. Then, they analyzed maps of known Viking sites to see how their findings lined up with archaeological evidence marking the end of a Viking presence in Greenland.

Their models showed that from about 1000 to 1400, rising seas around Greenland flooded Viking settlements by as much as 3.3 meters, affecting about 204 square kilometers of coastal land. This flooding submerged land that the Vikings used for farming and as grazing pastures for their cattle.

However, sea level rise was probably not the only reason the Vikings left Greenland. Other types of challenges can cause long-standing communities to collapse, and external pressures such as climate change, social unrest and resource depletion may have spurred the Vikings to abandon their settlements for good. One can read in the study that « a combination of climate and environmental change, the shifting resource landscape, the flux of supply and demand of exclusive products for the foreign market, and interactions with Inuit in the North all could have contributed to this out-migration. Likely a combination of these factors led to the Norse migration out of Greenland and further west. »

Source : Yahoo News.

Erik le Rouge (Photo: C. Grandpey)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

L’éruption du Merapi (Java/Indonésie) se poursuit et la sismicité reste à des niveaux élevés. Le dôme de lave SO génère des avalanches qui parcourent jusqu’à 1,7 km. Cependant, aucun changement significatif n’a été observé sur les images de la webcam dans la morphologie des dômes de lave au centre et au SO.
Ces derniers jours, l’activité avait augmenté le 11 mars 2023 avec des effondrements du dôme. 21 coulées pyroclastiques ont parcouru moins de 4 km dans les ravines Bebeng et Krasak. Les panaches de cendres sont montés jusqu’à 3 km au-dessus du sommet. Les avalanches et coulées pyroclastiques se sont poursuivies le 12 mars. Le 13 mars, on a relevé un total de 36 avalanches ; deux coulées pyroclastiques ont parcouru jusqu’à 1,5 km sur le flanc SO.

Le niveau d’alerte reste à 3 (Siaga) et le public est invité à rester de 3 à 7 km du sommet, selon les endroits
Source : CVGHM.

Le Merapi le 11 mars 2023 (Crédit photo : Andi volcanist)

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White Island (Nouvelle-Zélande) continue d’émettre des quantités importantes de vapeur et de gaz. La température des fumerolles a été mesurée début mars 2023 à environ 240 °C, nettement en dessous de celle enregistrée dans le passé, qui était supérieure à 600 °C. Malgré leur température plus basse, les panaches générés de vapeur peuvent être volumineux et sont visibles depuis le continent dans certaines conditions météorologiques. [NDLR : Comme je l’ai expliqué à plusieurs reprises suite à des observations personnelles sur l’île éolienne de Vulcano, le volume et la densité des panaches de vapeur dépendent largement de la température et de l’hygrométrie de l’air ambiant]
Bien que les émissions de gaz aient augmenté par rapport aux mesures précédentes, elles restent à un niveau normal pour White Island. Aucun signe de cendres volcaniques ou d’autre activité éruptive n’a été observé lors des derniers survols du volcan.
Les fortes précipitations observées le mois dernier ont entraîné une hausse du niveau de l’eau dans le lac de cratère et certaines petites mares. En conséquence, certaines fumerolles sont maintenant sous l’eau, ce qui provoque des geysers et des bouillonnements.
Le niveau d’alerte volcanique pour White Island reste à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Jaune.
Source : GeoNet.

 

Emissions de gaz et de vapeur à White Island le 2 mars 2023 (Crédit photo : GeoNet)

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La totalité de la surface de l’Oskjuvatn dans la caldeira de l’Askja (Islande) est à nouveau recouverte de glace après une période où elle a fondu pendant quelques semaines cet hiver. Après avoir dit qu’une éruption pourrait se produire à court terme, les scientifiques de l’Université d’Islande expliquent aujourd’hui qu’il est normal que le lac soit à nouveau gelé car la région a été soumise à beaucoup de gel ces derniers jours. La réapparition de la glace est aussi due à la nature de l’eau douce. Une géographe ajoute qu’il n’est pas surprenant que la surface du lac soit maintenant gelée, et elle est impatiente de voir ce qui va se passer ensuite. « On a la preuve que la chaleur hydrothermale a augmenté récemment. Nous verrons dans les prochains jours si c’était un phénomène passager ou si cela va continuer. Nous verrons si cette glace va rester en place ou non. »
Bref, personne ne sait ce qui va se passer sur l’Askja dans les semaines, les mois ou les années à venir. Il ne sert à rien de faire des pronostics. Par l’intermédiaire des sismomètres, tiltmètres et autres aux instruments, grâce aussi à l’imagerie satellitaire, le volcan dira quand il est prêt à entrer en éruption. La zone autour d’Askja n’est pas habitée, les autorités locales auront donc le temps de prendre les mesures nécessaires.

 

Image satellite des zones de fonte dans l’Oskjuvatn le 13 février 2023 (Source : Iceland Review)

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Dans les Aléoutiennes (Alaska), l’activité sismique continue, avec une légère baisse, sous le Takawangha et le Tanaga qui se trouve à environ 8 km à l’ouest du Takawangha sur l’île de Tanaga. Les événements enregistrés au cours de cet essaim ont des magnitudes allant jusqu’à environ M 4,0 avec des hypocentres à moins de 6 km sous le niveau de la mer. Aucun signal éruptif et aucun autre signe d’activité n’ont été détectés.
Une telle hausse de l’activité sismique a déjà été détectée dans le passé sur le Takawangha et d’autres volcans du même type, sans que cela débouche sur une éruption. Un nouvel épisode de sismicité superficielle et éventuellement d’autres signes d’activité, tels que des émissions de gaz, une hausse des températures et des déformations de surface, précéderont probablement une éruption, si celle-ci devait se produire.
Le niveau d’alerte pour les deux volcans est WATCH (Vigilance), et la couleur de l’alerte aérienne est ORANGE.

Dernière minute : L’activité sismique pour les volcans Takawangha et Tanaga a considérablement diminué en fréquence et en intensité depuis le pic de l’essaim enregistré du 9 au 11 mars 2023. Cette baisse de l’activité sismique réduit le risque d’éruption sur ces volcans. Aucun autre signe d’activité n’a été détecté. L’AVO a donc abaissé la couleur de l’alerte aérienne au Jaune et le niveau d’alerte volcanique à ‘Advisory’ (surveillance conseillée). Une fois encore, la prévision éruptive montre ses limites.

Source : AVO.

Source: AVO

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Il n’y a pas d’informations récentes sur l’éruption du Nyiamulagira (RDC). Comme je l’ai écrit précédemment, l’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG) a signalé une hausse d’activité le 13 mars 2023. Une incandescence était visible au-dessus du cratère et le VAAC de Toulouse a signalé à 11h30 le 14 mars que l’on observait des fontaines de lave. Le panache éruptif montait à 1,5 km au-dessus du cratère. Le VAAC a noté qu’il était difficile d’identifier l’activité sur les images satellites en raison de la couverture nuageuse.

Crédit photo: Wikipedia

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À la frontière entre la Colombie et l’Équateur, un essaim sismique a commencé sur le complexe volcanique Chiles-Cerro Negro (CCNVC) le 9 mars 2023. L’augmentation d’intensité des signaux sismiques a été suivie d’une augmentation du nombre d’événements volcano-tectoniques indiquant la fracturation de roches. Les événements avaient des épicentres à moins de 2,5 km au sud du Chiles, à des profondeurs de 1 à 6 km sous le sommet. L’essaim sismique s’est accompagné de déformations qui avaient été détectées pour la première fois le 28 février. Le 10 mars, les séismes se produisaient à un rythme d’environ 200 événements par heure et étaient principalement composés d’événements volcano-tectoniques et basse fréquence indiquant le mouvement de fluides.
Le niveau d’alerte reste à 3.
Source : Instituto Geofisico.

Crédit photo: GVN

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Toujours pas de coulées de lave actives sur le Kilauea (Hawaii).

Le Mauna Loa (Hawaii) est calme depuis la fin de l’éruption le 13 décembre 2022. La sismicité a retrouvé son niveau de base. L’inflation du volcan se poursuit car le magma réalimente la chambre magmatique sommitale.
En conséquence, le HVO a abaissé le niveau d’alerte volcanique de ‘Advisory’ (surveillance conseillée) à Normal et la couleur de l’alerte aérienne de Jaune à Vert.

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L’éruption du Villarrica se poursuit. Les images de la webcam montrent une incandescence au-dessus du cratère, causée par l’activité strombolienne. Le niveau d’alerte reste au Jaune
Source : SERNAGEOMIN.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity around the world.

The eruption of Merapi (Java / Indonesia) continues and seismicity remains at high levels. The SW lava dome produces lava avalanches that travel as far as 1.7 km. However, no significant morphological changes to the central and SW lava domes were observed in webcam images.
In the past days, activity increased on March 11th, 2023 with collapses of the dome. A series of 21 lava avalanches produced pyroclastic flows that traveled less than 4 km down the Bebeng and Krasak drainages. The ash plumes rose as high as 3 km above the summit Avalanches and pyroclastic flows continued on March 12th. On March 13th, there was a total of 36 lava avalanches; two pyroclastic flows went as far as 1.5 km down the SW flank.

The Alert Level remains at 3 (Siaga), and the public is asked to stay 3-7 km away from the summit based on location.

Source : CVGHM.

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White Island (New Zealand) continues to emit significant amounts of steam and gas. The temperature of the steam and gas was measured in early March 2023 at around 240 °C, considerably lower than the temperatures recorded in the past, which were over 600 °C. Despite the lower temperature, the visible plumes generated by the steam can be substantial and are visible from the mainland during specific weather patterns. [Editor’s note : As I put it several times following personal observations on the Aeolian island of Vulcano, the volume and density of steam plumes lragely depend on the temperature and hygrometry of the ambiant air]

Although gas emissions have increased compared to previous measurements, they remain within the usual range for White Island. No signs of volcanic ash or other eruptive activity were observed during the recent flights.

The substantial amounts of rain during the past month have led to an increase in water levels in the crater lake and in some small ponds. As a result, some fumaroles are now underwater, leading to geysering and bubbling.

The Volcanic Alert Level for White Island remains at 2, and the Aviation Color Code is kept at Yellow.

Source : GeoNet.

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The entire surface of Oskjuvatn at Askja (Iceland) is now frozen again after all the ice was broken up and melted earlier this winter..After saying that an eruption might happen in the short term, University of Iceland scientists are now saying that it is normal for the lake to freeze again now, as the area has been subject to a lot of frost in the last few days and because of the nature of fresh water. A geographer adds that it is no surprise that the surface of the lake is now frozen, but says it is exciting to watch what happens next. “There is evidence that the geothermal heating has increased recently. We will see in the coming days whether it was a passing phase or whether it will continue. We will see whether this ice is allowed to remain in peace or not.”

To put it shortly, noboby knows what will happen at Askja in the coming weeks, months or years. It is no use making predictions. Thanks to the seismometers, instruments, satellite imagery, and so on, the volcano will tell when it is ready to erupt. The area around Askja is not populated, so local authorities will have time to decide what to do.

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In the Aleutians (Alaska), seismic activity beneath Takawangha and nearby Tanaga, which is about 8 km west of Takawangha volcano on Tanaga Island, continues, although at a slightly reduced rate. The earthquakes recorded during this swarm have magnitudes up to about M 4.0 and are mostly occurring at depths less than about 6 km below sea level. No eruptive signals or other signs of unrest have been detected.

Increases in seismic activity have been detected in the past at Takawangha and other similar volcanoes, with no subsequent eruptions. Additional shallow seismicity and possibly other signs of unrest, such as gas emissions, elevated surface temperatures, and surface deformation are likely to precede any future eruption, if one were to occur.

The alert levl for both volcanoes isWATCH, and the aviation color code is ORANGE.

Last minute : Seismic activity for both Takawangha and Tanaga has decreased significantly in frequency and magnitude from the peak of the swarm on March 9th – 11th, 2023. This decline in seismic activity decreases the potential for an eruption at the volcanoes. No other signs of unrest have been detected . AVO has therefore lowered the Aviation Color Code to YELLOW and the Volcano Alert Level to ADVISORY. Once again, eruptive prediction is showing its limits.

Source : AVO.

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 There is no recent information about the eruption of Nyiamulagira (DRC). As I put it before, the Observatoire Volcanologique de Goma (OVG) reported increased activity at the volcano on March 13th, 2023. Incandescence above the crater was observed ans the Toulouse VAAC reported at 1130 on March 14th that lava fountains were observed, and an eruption plume rose 1.5 km above the crater. The VAAC noted that it was difficult to identify eruptive activity in satellite images due to weather cloud cover.

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On the Columbia-Ecuador border, a seismic swarm at the Chiles-Cerro Negro volcanic complex (CCNVC), began on March 9th, 2023. A noted increase in the intensity of seismic signals was followed by an increase in the number of volcano-tectonic events indicating rock fracturing. The events had epicenters within 2.5 km S of Chiles at depths of 1-6 km below the summit. The swarm was accompanied by deformation which was first detected on February 28th. On March 10th, earthquakes were occurring at a rate of around 200 events per hour and were mostly comprised of volcano-tectonic events and very-low-frequency earthquakes indicating fluid movement.

The Alert Level remains at 3.

Source : Instituto Geofisico.

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Still no active lava flows on Kilauea (Hawaii).

Mauna Loa has been quiet since the eruption ended on December 13th, 2022. The number of earthquakes has returned to background levels.  Inflation of the volcano continues as magma replenishes the summit magma chamber.

Accordingly, HVO has lowered the Volcano Alert Level from ADVISORY to NORMAL and the Aviation Color Code from YELLOW to GREEN.

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The eruption at Villarrica continues. Webcam images show incandescence above the crater, caused by Strombolian activity. The Alert Level remains at Yellow

Source : SERNAGEOMIN.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Le stockage du gaz carbonique : une solution au réchauffement climatique ? // CO2 storage : a solution to global warming?

Je ne cesse de le répéter : les concentrations de gaz carbonique (CO2) dans l’atmosphère sont en hausse constante. Elles ont atteint des niveaux encore jamais observés depuis que les mesures sont effectuées. Le CO2 est l’un des principaux gaz à effet de serre qui provoquent le réchauffement du climat sur notre planète. Plusieurs projets ont vu le jour pour essayer de réduire les émissions de CO2 et, par voie de conséquence, leurs concentrations.

L’Islande est bien connue pour ses efforts de capture du dioxyde de carbone. Dans plusieurs notes sur ce blog (17 juin 2016 ; 26 avril, 22 mai 2021, 5 octobre 2021, par exemple), j’ai décrit le projet CarbFix dont l’objectif est d’injecter du CO2 sous terre et de le stocker dans le basalte. Le 9 septembre 2021, la société suisse Climeworks a mis en service 96 turbines à la centrale Orca.
Depuis 2022 en Islande, la nouvelle centrale géothermique de Hellisheiði capte 36 000 tonnes de dioxyde de carbone directement dans l’atmosphère. Cela s’ajoute aux 4 000 tonnes déjà capturées par l’usine Orca, qui a commencé a être opérationnelle en septembre 2021.
Une fois capturé, le dioxyde de carbone est dissous dans l’eau, injecté dans le sol et transformé en pierre, ce qui l’élimine définitivement de l’atmosphère.

Le 8 mars 2023, le Danemark a inauguré en mer du Nord un premier site de stockage de dioxyde de carbone importé de l’étranger. Le projet « Greensand » est situé à Esbjerg, dans le sud-ouest du pays. Le CO2 sera stocké sous la mer du Nord dans un ancien gisement de pétrole. Selon l’Agence de la transition écologique (ADEME), le but du projet est de l’enfouir « dans une formation géologique pour éviter qu’il soit présent dans l’atmosphère ». Le processus est réalisé en trois étapes : le captage, le transport de CO2 puis son stockage géologique.

Pour capturer le dioxyde de carbone, la technique mise en œuvre à l’échelle industrielle consiste à utiliser des solvants pour extraire le gaz à effet de serre des fumées après une combustion. Le transport de ce CO2 vers son site de stockage peut ensuite être réalisé en train, en bateau ou par canalisation.

Plusieurs sites sont possibles pour le stockage géologique du CO2, comme d’anciens réservoirs d’hydrocarbure (comme pour le projet « Greensand »), des veines de charbon, ou encore des aquifères salins constitués de roches poreuses ou fissurées et qui contiennent de l’eau salée.

Dans le cadre du projet « Greensand », le CO2 est liquéfié et acheminé par mer vers la plate-forme Nini West, située en mer du Nord. Il est ensuite introduit sous terre via une plate-forme offshore existante et un puits dédié à cet effet. Le dioxyde de carbone est alors stocké de manière permanente à 1 800 mètres de profondeur sous la mer du Nord, dans un réservoir de grès.

Selon les acteurs du projet, « Greensand » devrait permettre, à l’horizon 2025 et 2026, de stocker 1,5 million de tonnes de CO2 par an. L’objectif est d’atteindre un stockage de 8 millions de tonnes de CO2 par an en 2030, soit environ 13% des émissions de CO2 annuelles du Danemark.

Ce dernier chiffre est très révélateur et montre les limites du projet « Greensand ». En effet, la technologie ne résoudra pas le réchauffement climatique car elle ne peut pas être déployée une échelle suffisante, que ce soit dans le temps ou géographiquement. Il a été démontré que si nous voulions reprendre dans l’air la totalité de nos émissions de CO2, il faudrait y consacrer toute la production d’électricité mondiale et que celle-ci soit décarbonée.

Le GIEC a fait remarquer que ces différents projets de stockage du gaz carbonique sont louables, mais la vraie solution réside dans la réduction drastique de nos émissions de gaz à effet de serre.

De son côté, l’ADEME évoque le « potentiel limité » de ces techniques de stockage du gaz pour « réduire les émissions industrielles » en France. « 

Source : France Info, ADEME, presse islandaise.

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I keep saying it: carbon dioxide (CO2) concentrations in the atmosphere are steadily rising. They have reached levels never seen since the measurements were made. CO2 is one of the main greenhouse gases that cause global warming on our planet. Several projects have emerged to try to reduce CO2 emissions and, consequently, their concentrations.
Iceland is well known for its carbon dioxide capture efforts. In several posts on this blog (June 17, 2016; April 26, May 22, 2021, October 5, 2021, for example), I described the CarbFix project, the goal of which is to inject CO2 underground and store it in the basalt. On September 9, 2021, the Swiss company Climeworks commissioned 96 turbines at the Orca power plant.
Since 2022 in Iceland, the new Hellisheiði geothermal power plant has captured 36,000 tonnes of carbon dioxide directly from the atmosphere. This is in addition to the 4,000 tonnes already captured by the Orca plant, which started operating in September 2021.
Once captured, the carbon dioxide is dissolved in water, injected into the ground, and turned into stone, removing it from the atmosphere permanently.

On March 8, 2023, Denmark inaugurated in the North Sea a first storage site for carbon dioxide imported from abroad. The « Greensand » project is located in Esbjerg, in the southwest of the country. The CO2 will be stored under the North Sea in a former oil field. According to the Ecological Transition Agency (ADEME), the goal of the project is to bury the gas « in a geological formation to prevent it from being present in the atmosphere ». The process is carried out in three stages: capture, transport of CO2 and then its geological storage.
To capture carbon dioxide, the technique implemented on an industrial scale consists in using solvents to extract the greenhouse gas from the fumes after combustion. The transport of this CO2 to its storage site can then be performed by train, boat or pipeline.
Several sites are possible for the geological storage of CO2, such as former hydrocarbon reservoirs (as for the « Greensand » project), coal seams, or even saline aquifers made up of porous or fissured rocks and which contain ‘salt water.
As far as the « Greensand » project ix concerned, the CO2 is liquefied and transported by sea to the Nini West platform, located in the North Sea. It is then introduced underground via an existing offshore platform and a well dedicated to this purpose. The carbon dioxide is then permanently stored 1,800 meters deep under the North Sea, in a sandstone reservoir.
According to those involved in the project, « Greensand » is expected, by 2025 and 2026, to store 1.5 million tonnes of CO2 per year. The goal is to achieve a storage of 8 million tonnes of CO2 per year in 2030, or around 13% of Denmark’s annual CO2 emissions.
This last figure is very revealing and shows the limits of the « Greensand » project. Indeed, the technology will not solve global warming because it cannot be deployed on a sufficient scale, either in time or geographically. It has been shown that if we wanted to capture all of our CO2 emissions from the air, we would have to devote all of the world’s electricity production to it, provided it is decarbonized.
The IPCC has pointed out that these various carbon dioxide storage projects are laudable, but the real solution lies in drastically reducing our greenhouse gas emissions.
For its part, ADEME evokes the « limited potential » of these gas storage techniques to « reduce industrial emissions » in France.  »
Source: France Info, ADEME, Icelandic press.

Usine de stockage du CO2 en Islande (Crédit photo: Climeworks)