On va droit dans le mur !

Et si on parlait de la COP 21 de Paris et ses belles promesses ? Selon l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), les engagements de l’accord de Paris risquent fort de ne pas être tenus. N’ayons pas peur des mots : ils ne seront pas tenus ! Inutile d’entretenir l’illusion comme le font certains organismes.

Les derniers chiffres sont terribles : En Arctique, les températures en juin 2020 ont été en moyenne de 10 degrés au-dessus des normales saisonnières !! Dans les cinq ans qui viennent, l’augmentation de la température globale de la planète dépassera à coup sûr la barre des 1,5°C. Cinq ans, c’est le très court terme. On est très loin des prévisions du GIEC qui élaborent des scénarii sur 30 ou 70 ans. Il faut que ces gens redescendent sur terre et se rendent bien compte de l’urgence climatique.

Les cinq dernières années ont été les plus chaudes jamais observées sur la planète, et d’après l’OMM presque toutes les régions du globe devraient connaître des températures encore plus élevées dans les quatre ans à venir.

Actuellement, d’après le GIEC, on est à 1,2°C au-dessus de la période pré-industrielle. L’institution onusienne prévoit actuellement que les températures vont osciller entre + 0,9°C et +1,6°C, mais il y a de fortes chances pour que, sur un ou plusieurs mois sur cette période, elles dépassent le pic des 1,5°C. Il est même très probable que cette limite fixée par les accords de Paris soit atteinte sur une année entière.

Les effets des rejets de gaz à effet de serre se font de plus ne plus sentir et vont de pair avec la Courbe de Keeling qui nous renseigne sur les concentrations de CO2 dans l’atmosphère. . 2019 a été, avec 2016, la plus chaude de l’histoire de la planète. La Sibérie vient de connaître des pointes de chaleur à 38°C. En France, les températures des six premiers mois de l’année 2020 ont été les plus élevées depuis les relevés. En 2019, les émissions de gaz à effet de serre n’ont reculé dans l’hexagone que de 0,9%, bien loin de l’objectif des 3% annoncé pour 2025. A ce rythme là, il sera difficile d’atteindre dès 2030 une réduction de 40% des émissions !

Quels pics de chaleur faudra-t-il pour que les COP imposent aux Etats membres des mesures dignes de ce nom, en sachant que les dés seront pipés avec l’absence des Etats-Unis, l’un des principaux pollueurs de notre planète ? Notre avenir climatique est décidément très sombre.

Concentrations de CO2 sur le Mauna Loa (Hawaii) début juillet (Source: Scripps Institution)

L’hélicoptère de Luchon-Superbagnères….

Je l’ai toujours dit : le jour où les gens ne pourront plus skier par manque de neige, les médias vont s’emparer du problème et la population commencera à réaliser que le réchauffement climatique n’est pas le canular annoncé par le Président Trump.

Le récent apport de neige par hélicoptère à Superbagnères (Haute-Garonne) est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Comme le font remarquer certains, cette scène est en soi marginale, mais elle illustre une réalité qui menace l’existence de nombreuses stations de ski. L’enneigement est au plus bas dans certaines régions, au point de mettre en péril l’économie locale. Les exemples de stations de ski impactées par un mauvais enneigement se multiplient. On peut citer la station de ski de Chalmazel, dans la Loire, qui a été fermée jusqu’à nouvel ordre. Dans les Hautes-Alpes, Céüze a fermé définitivement ses portes après un siècle d’existence. Pour faire face au manque de neige, plusieurs stations de ski tentent désormais de se reconvertir en « stations de montagne » afin d’accueillir des touristes tout au long de l’année, y compris durant l’été et le printemps. Au train où vont les choses, le mal ne tardera pas à affecter les stations plus élevées.

A l’issue de ma conférence « Glaciers en péril », on me demande souvent quelles sont les solutions pour freiner les effets désastreux du réchauffement climatique dans nos montagnes. Le problème, c’est que ces solutions ne se trouvent pas au seul niveau de la France (qui ne fait d’ailleurs pas grand-chose pour réduire les gaz à effet de serre). Le problème est global et il faut savoir que les concentrations de CO2 mettront du temps à diminuer dans l’atmosphère, même si des mesures immédiates et radicales sont prises dès maintenant.

Comme le suggérait un récent reportage sur la vallée de l’Arve qui conduit à Chamonix et au tunnel du Mont Blanc, il faudrait favoriser le ferroutage, mais je ne suis pas certain que les très puissants lobbies de transporteurs routiers seront d’accord !  Je pense aussi que la politique en faveur de l’énergie solaire est beaucoup trop timide, de même que celle qui incite à installer des chauffages domestiques moins polluants.

Le souci, c’est que pendant ces mesures seront mises en place en France – si elle le sont un jour ! – la Chine, l’Inde ou la Pologne, pour ne citer que ces pays, continueront à faire tourner à plein régime leurs centrales au charbon. Rien n’est fait dans un pays comme la Chine pour réduire la pollution automobile dans des mégapoles envahies par le smog des gaz d’échappement. Il ne faudrait pas oublier que ces particules fines se déposent jusque sur la chaîne himalayenne où elles accélèrent la fonte des glaciers….

Héliportage de neige à Superbagnères (Source: Yahoo News)

Fonte catastrophique du permafrost en Alaska // Disastrous permafrost melting in Alaska

En Alaska, le permafrost subit de plein fouet les assauts du réchauffement climatique et le phénomène se produit beaucoup plus rapidement que prévu. Un article du journal local Anchorage Daily News donne des exemples de ce qui se passe dans le 49ème État de l’Union.

L’auteur de l’article explique que les pentes des montagnes se liquéfient et déclenchent des glissements de terrain qui donnent naissance à des deltas boueux au milieu de cours d’eau riches en saumons.

Alors que le nord de la mer de Béring se réchauffe, avec l’ouverture de nouvelles voies de navigation, la mortalité des oiseaux et des mammifères marins est en hausse avec le recul de la glace hivernale. On assiste à des plus en plus de tempêtes qui viennent frapper les côtes autrefois protégées par la glace. .

La fonte accélérée du permafrost ne se limite pas à l’Alaska, c’est en train de devenir un problème à l’échelle de la planète. Le sol gelé qui recouvre principalement les régions septentrionales du globe représente un vaste puits de carbone, avec des plantes et des animaux congelés qui libèrent des gaz à effet de serre en se réchauffant et se décomposant.
L’utilisation des combustibles fossiles reste la principale source d’émissions de gaz à effet de serre à l’origine du changement climatique, mais le permafrost dans son ensemble libère désormais 1,2 à 2,2 millions de tonnes de gaz à effet de serre chaque année. C’est pratiquement l’équivalent de ces mêmes émissions au Japon, selon un rapport de la NOAA publié en décembre 2019. Plus tard au cours du 21ème siècle, ces émissions devraient dépasser celles des États-Unis.

Les scientifiques qui étudient le permafrost remarquent des changements frappants dans le paysage de l’Alaska. Ainsi, des étendues encore gelées à l’intérieur de l’Etat et couvertes il y a dix ans par une forêt d’épinettes sont maintenant occupées par des lacs.

Le permafrost en Alaska va continuer à se réduire fortement au cours des prochaines décennies. Selon une étude de l’Université de l’Alaska, d’ici la fin du siècle, dans la partie septentrionale de l’Alaska, le sol devrait dégeler jusqu’à 20 mètres de profondeur. Cela confirme les craintes des scientifiques qui parlent d’un changement critique dans les régions arctiques de la planète. Dans le passé, les zones occupées par le permafrost absorbaient le dioxyde de carbone grâce à la croissance des plantes en été. Mais le rapport de la NOAA note que les régions du Nord contribuent désormais aux émissions de gaz à effet de serre au fur et à mesure que s’accélère le dégel du sol.

En Alaska, la fonte du permafrost va entraîner une remise à plat complète des zones construites et des infrastructures qui reposent sur le sol gelé. Les oléoducs, les plates-formes de forage et d’autres structures devront être étayés à mesure que fondra le permafrost et que s’affaissera le sol. Dans des villes comme Nome, la fonte du permafrost est déjà un casse-tête pour les propriétaires qui doivent renforcer les fondations des maisons qui s’inclinent. Il est évident que l’entretien des routes, des ponts et des aéroports coûtera beaucoup d’argent. Certains bâtiments et certaines structures construits sur du permafrost composé principalement de glace pourraient subir des dégâts catastrophiques.
Un bon exemple de la fonte du permafrost est la piste de l’aéroport de Nome, un élément clé pour relier la ville au monde extérieur. Au cours de l’été 2019, le ministère des Transports a dépensé 4,5 millions de dollars pour réparer la piste qui a été construite en urgence pendant la Seconde Guerre mondiale sur un terrain majoritairement composé de permafrost et qui connaît aujourd’hui de gros problèmes à cause de l’infiltration des eaux souterraines d’une rivière voisine. Les travaux devraient durer de trois à cinq ans alors que le terrain continue de s’affaisser. Pendant le mois de juillet 2019, le plus chaud jamais enregistré en Alaska, un gouffre de 4 mètres de profondeur s’est ouvert le long d’un des principaux axes routiers de la ville.

Les villages côtiers sont confrontés à une triple menace: l’élévation du niveau de la mer, la disparition de la glace côtière qui les protégeait autrefois des tempêtes, et la fonte du permafrost. Teller, une localité sur la côte ouest de l’Alaska, est l’un des 31 villages répertoriés par les autorités comme « menacés par les inondations et l’érosion ». Certains villages sont dans une situation encore plus désastreuse. Il y a une vive concurrence pour l’attribution de l’argent fédéral, et l’Alaska connaît de plus en plus  de difficultés financières. Les revenus de l’État reposent essentiellement sur les taxes et redevances liées à la production de pétrole qui est en déclin constant. La production en 2018 était en baisse de 75% par rapport à 1988, son année de gloire.
Source: Anchorage Daily News.

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Alaska’s permafrost is under assault from a warming climate, and it’s happening a lot faster than anticipated. An article in the Anchorage Daily News gives examples of what is happening in the 49th State of the Union.

The author of the article explains that hillside slopes have liquefied, unleashing slides that end up as muddy deltas in salmon streams

As the northern Bering Sea warms, opening new shipping lanes, bird and marine mammal die-offs are on the rise and winter ice is on the decline, enabling storms to gain strength over open water and slam into coastal communities.

The accelerating melt is a global concern. Permafrost, which mostly lies in the northern areas of the planet, is a vast carbon storehouse of frozen plants and animals that release greenhouse gases as they warm and decompose.

Fossil-fuel combustion still is the main source of greenhouse-gas emissions driving climate change. But the world’s permafrost now releases 1.2 to 2.2 million metric tons each year, nearly equal to Japan’s greenhouse-gas emissions, according to an NOAA report released in December 2019. Later this century, these emissions are expected to exceed those of the United States.

Scientists who study permafrost already are noticing striking changes in Alaska’s landscape. Stretches of Interior Alaska permafrost that a decade ago were covered by spruce forest are now covered with lakes.

Permafrost in Alaska is forecast to shrink substantially in the decades ahead. According to a University of Alaska research, by the century’s end, even on Alaska’s North Slope, the ground is expected to thaw 20 metres deep. This reflects what scientists say is a critical shift in the planet’s Arctic regions. In the past, permafrost regions, on balance, absorbed carbon dioxide through summer plant growth. But the NOAA report notes that northern regions are now a net contributor to greenhouse-gas emissions as the permafrost thaw quickens.

In Alaska, permafrost melting will lead to a fundamental rethinking of the fate of things built on top of it. Oil pipelines, drilling pads and other structures will need to be shored up as ice-rich permafrost melts and the ground sags. In towns such as Nome, the changes in permafrost already pose a headache for homeowners, who must level house foundations that tilt as the climate warms. Inevitably, it will cost a lot of money to maintain Alaska’s roads, bridges and airports. Some, if built on permafrost that is mostly ice, could suffer catastrophic failures.

A good example of permafrost melting is the runway of Nome airport, a key to linking the community to the outside world. Over the summer, the Alaska Department of Transportation spent 4.5 million dollars repairing the runway, which was built during World War II on permafrost terrain that is now settling in a process aggravated by groundwater seeping from a nearby river. The fix is expected to last three to five years as the ground continues to settle. And during the hottest July on record, a sinkhole 4 metres deep opened along a main road in the city.

Coastal villages face a triple threat: rising sea levels, a loss of winter ice that once helped protect them from storms, and thawing permafrost. Teller, on Alaska’s west coast,is one of 31 villages listed by authorities as « imminently threatened by flooding and erosion. » Some villages are in even more dire straits. There is keen competition for federal funds, and Alaska is having new money troubles. State government is largely funded by taxes and royalties on oil production, which has been in long-term decline. Oil production in 2018 was down 75% from a 1988 peak.

Source : Anchorage Daily News.

Effets de la fonte du permafrost sur la route à proximité de Nome

 

COP 25 : Vers un nouvel échec climatique ?

La COP25 se déroule à Madrid du 2 au 13 décembre 2019, mais pour le moment rien de concret n’est sorti des négociations. Tout semble bloqué, alors que l’urgence climatique est toujours plus grande. Je crains fort que cette conférence se solde une fois de plus par un échec et se limite à de belles paroles, pour ne pas dire un brassage de vent.

Cette  COP25 revêt pourtant une certaine importance car les précède la COP 26 qui se tiendra à Glasgow (Ecosse) en 2020 où il faudra dresser le bilan des cinq dernières rencontres.

Ne pas tenir compte des alertes climatiques à répétition et ne pas prendre de mesures drastiques pour inverser les émissions signifie que nous continuerons d’être témoins de vagues de chaleur catastrophiques, de tempêtes et de pollution.

Adoptée en 2015, la COP 21 de Paris avait promis de contenir le réchauffement climatique « bien en dessous » de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle. Or, les promesses actuelles des États suivent une trajectoire conduisant à un réchauffement supérieur à 3°C. Les émissions mondiales de CO2 ont encore augmenté de 0,6 % en 2019 !

Aucun État parmi les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre n’a annoncé le moindre engagement immédiat, alors que la session inaugurale était explicitement conçue pour évoquer des mesures « à court terme ». Pire, il se dit en coulisse que des pays comme le Japon pourraient ne pas soumettre de nouvelle promesse avant la COP26, au mépris de l’Accord de Paris.

L’Union européenne, espérée comme un élément moteur des négociations, est aux abonnés absents. Il est symptomatique de constater qu’Emmanuel Macron – qui se veut l’apôtre de la lutte contre le changement climatique – n’a pas fait le déplacement de Madrid et s’est fait remplacer par son Premier Ministre. De pus, la nouvelle présidente de la Commission Européenne a omis toute mention d’un quelconque objectif européen pour l’horizon 2030.

Les négociations achoppent également sur l’aide à apporter aux pays en voie de développement. Le « financement des pertes et dommages » est un nouveau mécanisme de financement souhaité par les pays les plus pauvres qui subissent déjà les dommages causés par des conditions climatiques plus extrêmes et par la montée des eaux liées au changement climatique. Ces États souhaitent que cette spécificité leur soit reconnue, mais les pays développés – dont la France – refusent toujours la mise en place d’un tel mécanisme.

Par ailleurs, la question des marchés carbone – systèmes d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre entre des pays qui en émettent trop, et des pays qui en émettent moins – n’est toujours pas réglée.

Attendons de voir la suite de cette COP 25, mais mon optimisme est vraiment très limité. Pendant ce temps, les glaciers et la banquise continuent de fondre, à tel point que l’aventurier Mike Horn a dû être secouru dans l’Arctique. A cause du changement climatique, la glace est plus fine que d’habitude et davantage susceptible de dériver, ce qui a compliqué l’expédition…

Source : Presse nationale et internationale.

Gaz à effet de serre: Les derniers chiffres de l’OMM // Greenhouse gases: WMO’s latest figures

Suite à ma note du 1er décembre 2019 qui alertait sur l’urgence climatique, voici les derniers chiffres publiés pa l’Organisation météorologique mondiale (OMM) concernant les niveaux de CO2 et autres gaz à effet de serre au niveau mondial. Comme le montraient déjà les relevés publiés en temps réel par la NOAA, la concentration de CO2 dans l’atmosphère a atteint 407,8 ppm, un record. Ce chiffre a encore progressé puisque on relève actuellement une concentration supérieure à 410 ppm au sommet du Mauna Loa (Hawaii) où sont effectuées les mesures.
Le dernier bulletin d’information sur les gaz à effet de serre de l’OMM montre que la moyenne globale des principaux gaz à effet de serre a atteint des sommets en 2018 :
Dioxyde de carbone (CO2) : 407,8 ppm
Méthane (CH4) : 1869 ppb
Protoxyde d’azote (N2O) : 331,1 ppb
Comme je l’indiquais dans ma note du 1er décembre, cela représente 147% du niveau préindustriel (avant 1750) pour le CO2, 259% pour le méthane et 123% pour le N2O.

La concentration de CO2 a donc atteint 407,8 ppm en 2018, des chiffres quasi-identiques à ce qui a été publié par la NOAA. Le pic a eu lieu en mai 2019 avec une concentration de CO2 de 415 parties par million, soit 100 ppm de plus qu’en 1958. C’est évidemment un record. On notera que la hausse de la concentration est continue depuis le début des mesures instrumentales.
Le CO2 atmosphérique augmente principalement en raison des émissions provenant des combustibles fossiles et de la production de ciment (environ 36,6 ± 2 GtCO2 en 2018), de la déforestation et autres changements d’affectation des sols (5,5 GtCO2 par an en moyenne pour la période 2009-2018).
Du total des émissions provenant des activités humaines au cours de la période 2009-2018, environ 44% du CO2 s’est accumulé dans l’atmosphère, 22% dans l’océan et 29% sur terre, avec un reste non attribué de 5%.

Pour le CH4, l’augmentation de 2017 à 2018 est plus élevée que celle observée de 2016 à 2017 et que la moyenne de la dernière décennie. Environ 40% du méthane est émis dans l’atmosphère par des sources naturelles (les zones humides notamment) et environ 60% est d’origine anthropique (bovins, riziculture, exploitation des combustibles fossiles, décharges et combustion de biomasse). Globalement, le CH4 moyen calculé à partir des observations in situ en 2018 a atteint un nouveau sommet à 1869 ppb en 2018, soit une augmentation de 10 ppb par rapport à l’année précédente .
Le CH4 atmosphérique augmente depuis 2007 pour atteindre 259% du niveau préindustriel. Les mesures du CH4 indiquent que ces émissions de méthane plus élevées proviennent probablement de zones humides sous les tropiques et de sources anthropiques aux latitudes moyennes de l’hémisphère nord.

Pour le N2O, l’augmentation de 2017 à 2018 est également plus élevée que celle observée de 2016 à 2017 et que le taux de croissance moyen des 10 dernières années. Le protoxyde d’azote contribue pour environ 6% au forçage radiatif des gaz à effet de serre à longue durée de vie, ce qui en fait le troisième contributeur le plus important.
Le N2O émis dans l’atmosphère vient de sources naturelles (environ 60%) et anthropiques (environ 40%). Globalement, la concentration moyenne de N2O en 2018 a atteint 331,1 ppb, soit 1,2 ppb de plus que l’année précédente. Les causes probables de l’augmentation de N2O dans l’atmosphère sont une utilisation plus large des engrais dans l’agriculture et une plus grande libération de N2O des sols due à un excès de dépôt d’azote atmosphérique lié à la pollution atmosphérique.

Au total, le forçage radiatif des gaz à effet de serre a augmenté de 43% de 1990 à 2018, le CO2 représentant environ 80% de cette augmentation.

Source: OMM, via global-climat.

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Following my post of December 1st, 2019, which warned of the climate emergency, here are the latest figures published by the World Meteorological Organization (WMO) concerning the levels of CO2 and other greenhouse gases on our planet. As NOAA’s real-time readings showed, the atmospheric CO2 concentration reached 407.8 ppm, a record high. This figure has progressed, with a current concentration above 410 ppm on Mauna Loa (Hawaii) where measurements are being made.
The latest WMO greenhouse gas information bulletin shows that the global average of major greenhouse gases has peaked in 2018:
Carbon dioxide (CO2): 407.8 ppm
Methane (CH4): 1869 ppb
Nitrous oxide (N2O): 331.1 ppb
As I iput it in my note of December 1st, this represents 147% of the pre-industrial level (before 1750) for CO2, 259% for methane and 123% for N2O.

The CO2 concentration reached 407.8 ppm in 2018, almost identical to what was reported by NOAA. The peak occurred in May 2019 with a CO2 concentration of 415 parts per million, or 100 ppm more than in 1958. This is obviously a record. It should be noted that the increase in concentration has been continuous since the beginning of the instrumental measurements.
Atmospheric CO2 is increasing mainly due to emissions from fossil fuels and cement production (around 36.6 ± 2 GtCO2 in 2018), deforestation and other land-use changes (5.5 GtCO2 per year) on average for the period 2009-2018).
Of the total emissions from human activities during the period 2009-2018, approximately 44% of CO2 accumulated in the atmosphere, 22% in the ocean and 29% on land, with an unallocated residual of 5%. %.

For CH4, the increase from 2017 to 2018 is higher than that observed from 2016 to 2017 and the average of the last decade. About 40% of methane is emitted into the atmosphere from natural sources (especially wetlands) and about 60% is anthropogenic (cattle, rice, fossil fuel exploitation, landfills and biomass burning). Overall, the mean CH4 calculated from in situ observations in 2018 reached a new high of 1869 ppb in 2018, an increase of 10 ppb over the previous year.
Atmospheric CH4 has been increasing since 2007 to reach 259% of the pre-industrial level. CH4 measurements indicate that these higher methane emissions are likely from tropical wetlands and anthropogenic sources at mid-latitudes in the northern hemisphere.

For N2O, the increase from 2017 to 2018 is also higher than that observed from 2016 to 2017 and the average growth rate of the last 10 years. Nitrous oxide contributes about 6% of the radiative forcing of long-lived greenhouse gases, making it the third largest contributor.
N2O emitted to the atmosphere comes from natural sources (about 60%) and anthropogenic sources (about 40%). Overall, the average N2O concentration in 2018 reached 331.1 ppb, 1.2 ppb more than the previous year. The probable causes of the increase in N2O in the atmosphere are a wider use of fertilizers in agriculture and a greater release of N2O from soils due to an excess of atmospheric pollution deposition of atmospheric nitrogen.

In total, the radiative forcing of greenhouse gases increased by 43% from 1990 to 2018, with CO2 accounting for about 80% of this increase.

Source: WMO, via global-climat

Courbe de Keeling. No comment! (Source: Scripps Institution)

Climat: Ça va vraiment mal ! // Climate: Things are really in a bad way !

Comme je l’ai écrit précédemment, sur les 139 années d’archives de la NASA, juin 2019 a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré. Ce dernier mois a aussi révélé une réalité encore plus inquiétante à propos du réchauffement climatique.
Le premier semestre de 2019, de janvier à juin, a été le deuxième semestre le plus chaud de l’histoire. Entre janvier et juin 2019, les températures ont été supérieures de 1,4 degrés Celsius à la moyenne de la fin du 19ème siècle. De plus, les semestres de janvier à juin pendant les cinq dernières années ont été les plus chauds jamais enregistrés. Les chiffres de la NASA montrent qu’à ce stade, la hausse inexorable des températures mondiales devient tout à fait prévisible. Il est clair que cette hausse ne peut pas être expliquée sans prendre en compte l’impact profond sur la planète de la combustion des combustibles fossiles et l’augmentation résultante des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Les concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, qui avaient déjà atteint leur niveau le plus élevé depuis au moins 800 000 ans, atteignent maintenant des niveaux encore jamais observés..
Les conséquences de ce réchauffement de l’atmosphère sont bien visibles et de plus en plus fréquentes. En voici quelques exemples:
– La hausse des températures a multiplié par deux le nombre de terres ravagées par les incendies de forêt aux États-Unis au cours des 30 dernières années, notamment en Californie.
– Le Groenland, qui abrite la deuxième plus grande calotte glaciaire de la planète, fond à une vitesse sans précédent.
– Les 12 derniers mois ont été les 12 mois les plus humides de l’histoire des États-Unis, ce qui a provoqué de nombreuses inondations dans le pays. C’est facile à comprendre: pour chaque degré de réchauffement de 1 degré Celsius, l’air peut absorber 7% d’eau en plus.
– L’Arctique est en feu. Rien qu’en juin, les incendies de forêt en Alaska et en Sibérie ont émis 50 mégatonnes de CO2 dans l’atmosphère, soit l’équivalent des émissions annuelles totales de la Suède. C’est plus que ce qui a été libéré par les incendies dans l’Arctique pendant tous les mois de juin réunis de 2010 à 2018.
– La température des océans augmente régulièrement.
– Depuis 1961, les glaciers terrestres ont perdu 9 000 milliards de tonnes de glace.
– La durée et la fréquence des vagues de chaleur augmentent.
– Les records de maxima de températures journalières dépassent les records de minima.
Dans l’ensemble, l’atmosphère connaît une hausse très rapide de sa température, mêle si cette tendance au réchauffement présente des hauts et des bas. Cela est dû aux influences climatiques naturelles, en particulier à des événements tels qu’El Niño qui peut favoriser une hausse supplémentaire des températures. .
Au train où vont les choses, 2019 sera certainement l’une des années les plus chaudes de l’histoire. Cela confirme une autre tendance tout aussi inquiétante. Dix-huit des 19 années les plus chaudes jamais enregistrées ont eu lieu depuis 2001. De plus, les cinq années les plus chaudes ont été enregistrées au cours des cinq dernières années.
Source: NASA.

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As I put it before, in 139 years of NASA’s record-keeping, June 2019 was the warmest June ever recorded. But June 2019 also revealed a deeper warming reality.

The first half of 2019, January through June, finished up as the second warmest half-year on record. January through June 2019 temperatures were 1.4 degrees Celsius above average temperatures in the late 1800s. On top of that, each of the last five January through Junes are now the five warmest such spans on record. Only 2016 started off hotter than 2019. NASA’s figures show that at this point, the inexorable increase in global temperatures is entirely predictable. It simply cannot be explained without taking into account the profound impact on the planet of the burning of fossil fuels and the resulting increase in atmospheric greenhouse gas concentrations. Atmospheric carbon dioxide concentrations, already at their highest levels in at least 800,000 years, are now accelerating at rates that are unprecedented in both the historic and geologic record.

The well-predicted consequences of this heating of the atmosphere are now unfolding. Here are some, of many, examples:

– High temperatures have doubled the amount of land burned by wildfires in the U.S. over the last 30 years, notably in California.

– Greenland, home to the second largest ice sheet on Earth, is melting at unprecedented rates.

– The last 12 months have been the wettest 12 months in U.S. history, leading to widespread flooding around the nation. This easy to understand: For every 1 degree Celsius of warming, the air can hold 7 percent more water.

– The Arctic is on fire. In June 2019, the wildfires in Alaska and Siberia have released 50 megatons of CO2 in the atmosphere, which is the equivalent of the total annual emissions of Sweden. It is more than what has been emitted by all the wildfires in the Arctic during all the months of June between 2010 and 2018.

– Ocean temperatures are constantly going up.

– Since 1961, Earth’s glaciers lost 9 trillion tons of ice.

– Heat waves are increasing in duration and frequency.

– Daily high record temperatures are dominating daily low records.

Overall, the atmosphere is experiencing an accelerated upward temperature climb, though there are some ups and downs within the greater warming trend. This is due to natural climatic influences, particularly from events like El Niño, which can give global temperatures an added kick.

2019 will almost certainly end up being one of the hottest years on record. This is in line with another stark trend. Eighteen of the 19 warmest years on record have occurred since 2001. Moreover, the five hottest years have occurred in each of the last five years.

Source: NASA.

Evolution des températures du mois de juin depuis 1880 (Source : NASA)

Sommes-nous devenus fous ? (2) // Are we getting mad ? (2)

Après les Chinois qui veulent faire pleuvoir sur le Plateau tibétain, voici d’autres scientifiques dans les pays en voie de développement qui veulent intensifier leurs recherches sur la réduction du changement climatique au travers de l’ensoleillement. Les recherches en géo-ingénierie solaire – techniques consistant à imiter les grandes éruptions volcaniques qui peuvent refroidir la Terre en masquant le soleil avec un voile de cendre – sont maintenant dominées par les universités de pays riches comme celles d’Harvard et Oxford. Douze chercheurs de pays en voie de développement tels que le Bangladesh, le Brésil, la Chine, l’Ethiopie, l’Inde, la Jamaïque et la Thaïlande ont écrit dans la revue Nature que les pays pauvres étaient les plus vulnérables au réchauffement climatique et devraient être davantage impliqués dans les recherches.
Les études de géo-ingénierie solaire seraient financées par un nouveau fonds de 400 000 dollars créé dans le cadre de l’Open Philanthropy Project, une fondation soutenue par Dustin Moskovitz, co-fondateur de Facebook, et son épouse, Cari Tuna. Le fonds permettrait aux scientifiques des pays en voie de développement d’étudier les impacts régionaux de la géo-ingénierie solaire, par exemple sur les sécheresses, les inondations ou les moussons. Parmi les idées proposées, il y a celle, bien connue, selon laquelle des avions pourraient répandre des particules de soufre réfléchissantes dans l’atmosphère terrestre. Cette technique est controversée et il est trop tôt pour savoir quels en seraient les effets. Dans le brouillon d’un rapport sur le réchauffement climatique qui devrait être publié en octobre2018, un groupe de climatologues de l’ONU se montre sceptique sur la géo-ingénierie solaire et fait remarquer que cette façon de procéder pourrait être «économiquement, socialement et institutionnellement infaisable».
La géo-ingénierie solaire comporte des risques comme la perturbation de régimes météorologiques qu’il pourrait être difficile d’arrêter une fois lancée. De plus, cela, pourrait décourager les pays de faire la transition promise entre les combustibles fossiles et les énergies plus propres.
Jusqu’à présent, il est indéniable que la plupart des pays industrialisés ont manqué à leurs promesses de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le monde devrait connaître un réchauffement de trois degrés Celsius ou plus par rapport à l’ère préindustrielle, ce qui est très loin de l’objectif de maintenir la hausse des températures «bien en dessous» de 2 degrés Celsius décidé lors de la COP 21de Paris en 2015.
Source: Otago Daily Times.

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After the Chinese who want rain to fall on the Tibetan Plateau, other scientists in developing nations plan to step up research into dimming sunshine to curb climate change. Research into « solar geo-engineering », which would mimic big volcanic eruptions that can cool the Earth by masking the sun with a veil of ash, is now dominated by rich nations and universities such as Harvard and Oxford. However, twelve scholars from countries including Bangladesh, Brazil, China, Ethiopia, India, Jamaica and Thailand have written in the journal Nature that the poor were most vulnerable to global warming and should be more involved.

The solar geo-engineering studies would be helped by a new 400,000-dollar fund from the Open Philanthropy Project, a foundation backed by Dustin Moskovitz, a co-founder of Facebook, and his wife, Cari Tuna. The fund could help scientists in developing nations study regional impacts of solar geo-engineering such as on droughts, floods or monsoons. Among proposed ideas, planes might spray clouds of reflective sulphur particles high in the Earth’s atmosphere. The technique is controversial, and it is too early to know what its effects would be. A UN panel of climate experts, in a leaked draft of a report about global warming due for publication in October, is sceptical about solar geo-engineering, saying it may be « economically, socially and institutionally infeasible. »

Among risks, the draft says it might disrupt weather patterns, could be hard to stop once started, and might discourage countries from making a promised switch from fossil fuels to cleaner energies.

Up to now, it is undeniable that most developed nations have failed in their pledges to cut greenhouse gas emissions, making radical options to limit warming more attractive. The world is set for a warming of three degrees Celsius or more above pre-industrial times, far above a goal of keeping a rise in temperatures « well below » 2 degrees Celsius under the 2015 Paris Agreement.

Source: Otago Daily Times.

Schéma montrant les différentes techniques de géo-ingénierie envisagées pour modifier le climat et lutter contre le réchauffement de la planète.