Meilleure compréhension du stockage et de la migration du magma dans l’East Rift Zone du Kilauea // Better understanding of magma storage and migration in Kilauea’s East Rift Zone.

L’éruption sur la Middle East Rift Zone du Kilauea qui a débuté le 15 septembre 2024 près du Nāpau Crater s’est terminée le 20 septembre. Un nouvel épisode de la série « Volcano Watch » du HVO est consacré à la compréhension du stockage et de la migration du magma dans l’East Rift Zone du Kilauea.
L’article nous rappelle que lorsque les signaux sismiques se déplacent dans le sol, ils sont influencés par la structure interne d’un volcan, notamment la présence de magma et/ou de zones de faille. Ces structures peuvent accélérer ou ralentir la propagation des ondes sismiques enregistrées par les sismomètres. Les sismologues peuvent utiliser ces données pour créer des images de l’emplacement du magma et suivre son parcours sous la surface.
Le HVO dispose d’environ 80 sismomètres permanents sur l’île d’Hawaï. L’utilisation des données fournies par ces sismomètres permanents permet d’obtenir une image globale mais peu précise des zones de stockage du magma.
En revanche, si les sismomètres à la surfaces ont plus nombreux, ils peuvent capter davantage d’ondes sismiques traversant les régions de stockage de magma, ce qui donnera une image plus précise du sous-sol.
Fin juin 2024, des sismologues de l’ETH (Eidgenössische Technische Hochschule) de Zurich et de l’Observatoire Volcanologique d’Hawaï (HVO) ont déployé 115 petits sismomètres portables dans l’East Rift Zone du Kilauea. Ce travail a donc été effectué un peu avant le début de la dernière activité éruptive.

Carte montrant les sismos portables temporaires déployés dans l’East Rift Zone du Kilauea (triangles rouges). Les séismes enregistrés dans cette zone entre le 1er juillet et le 22 septembre sont représentés par des points noirs. La caldeira sommitale du Kīlauea, est délimitée en magenta. La ligne bleue tracée entre deux sismos portables indique la zone où les changements de vitesse ont été calculés. La zone grisée correspond approximativement à l’East Rift Zone. (Source : HVO)

Les données enregistrées sur ces sismos portables seront utilisées pour obtenir une image de l’emplacement et du volume de magma dans l’East Rift Zone à un niveau de détail qui n’était pas possible auparavant. Le modèle ainsi obtenu aidera les scientifiques à mieux comprendre les risques volcaniques dans cette région.
Compte tenu du calendrier de leur installation, les sismos portables ont enregistré des événements associés aux intrusions magmatiques dans le rift est en juillet et août, ainsi qu’à l’éruption dans la Middle East Rift Zone du 15 au 20 septembre.
Grâce à leur densité sur le terrain, ces petits sismomètres continuent d’enregistrer les événements sismiques en octobre. Les sismologues de l’ETH Zürich et du HVO collaborent actuellement pour analyser les premières données déjà collectées de fin juin à fin août. Pour effectuer ce travail, les scientifiques utilisent l’interférométrie sismique par corrélation du bruit ambiant. Cet instrument tire parti des signaux sismiques continus créés par l’interaction entre les houles océaniques et la croûte océanique. Il a ainsi pu identifier ce qui s’est passé sous la surface avant l’éruption du mois de septembre

En se déplaçant à travers un volcan, le magma ouvre et ferme des systèmes de fractures, ce qui provoque des changements dans la vitesse à laquelle se déplacent les signaux de bruit océanique à travers le sol. Les scientifiques peuvent contrôler ces signaux de bruit océanique pour détecter des signes d’accumulation de magma sous la surface. Le bruit océanique qui se déplaçait à travers le sol sous l’Upper East Rift Zone du Kilauea entre début juillet et fin août 2024 a montré des changements au moment où le magma a commencé à pénétrer dans cette zone. Le changement le plus spectaculaire a été une diminution rapide de la vitesse qui a commencé le 21 juillet, indiquant l’ouverture de fractures en raison d’une intrusion magmatique dans cette région. Au même moment, des essaims sismiques se produisaient en raison des contraintes créées par l’intrusion magmatique dans le sous-sol.

Le graphique du haut montre l’évolution de la vitesse des ondes sismiques et le nombre d’événements de juillet à la mi-août sur le Kilauea. Le graphique du bas montre le nombre de séismes au cours de la même période. La ligne magenta en pointillés indique l’ouverture de fissures et de fractures au début de l’intrusion magmatique dans l’East Rift Zone. La diminution continue de la vitesse sismique observée à droite de la ligne magenta reflète l’intrusion magmatique dans la région.(Source : HVO)

Cet exemple montre comment l’interférométrie sismique par corrélation du bruit ambiant, ainsi que d’autres ensembles de données de surveillance des volcans, peuvent être utilisés pour comprendre les changements qui se produisent sous la surface. L’exemple ci-dessus concerne les changements de vitesse enregistrés par un petit nombre de sismos portables. Une analyse future sera effectuée à partir de l’ensemble du réseau de 115 instruments. Elle permettra de mieux discerner la zone où le magma a migré à travers l’East Rift Zone dans la période qui a précédé l’éruption de septembre 2024.
Source : USGS / HVO.

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The Middle East Rift Zone eruption that began September 15th, 2024 near Nāpau Crater ended on September 20th. A new episode of HVO’s series « Volcano Watch » is dedicated to the understanding of magma storage and migration in Kilauea’s East Rift Zone.

The article reminds us that as signals created by earthquakes move through the ground, they are influenced by the structure of a volcano, including the presence of magma and/or fault zones. These structures can cause the seismic waves to travel faster or slower, which is recorded on seismometers. Seismologists can use that data to create images of where magma is located and track its underground path.

The HVO has about 80 permanent seismometers on the Island of Hawaii. Using only data from these permanent seismometers provides a fuzzy picture of underlying magma storage structures.

However, if the number of seismometers at the surface is increased, more of the seismic waves traveling through regions of magma storage will be recorded, yielding more accurater picture of the subsurface.

In late June 2024, seismologists from ETH (Eidgenössische Technische Hochschule) Zürich and the Hawaiian Volcano Observatory deployed 115 seismic nodes – tiny, portable seismometers – across Kīlauea’s East Rift Zone. It was before the latest significant unrest began.

Data recorded on these nodes will be used to image the location and volume of magma within the East Rift Zone at a level of detail not previously possible, and the resulting model will help scientists better understand the volcanic hazards in this region.

Given the timeline of their deployment, the nodes recorded earthquakes associated with intrusions of magma into the East Rift in July and August, as well as the September 15-20 Middle East Rift Zone eruption.

These densely spaced seismic instruments will continue to record through October. ETH Zürich and HVO seismologists are now working together to analyze data from the nodes already collected from late June through late August. To perform this work, the scientists are using an analysis tool called ambient noise interferometry, which takes advantage of continuous seismic signals created through the interaction between ocean swells and the ocean crust, to identify what was happening below the surface leading to the September eruption.

Magma moving through a volcano opens and closes fracture systems causing changes in the speed at which ocean noise signals travel through the ground. Scientists can monitor these ocean noise signals for signs that magma is accumulating beneath the surface. Ocean noise traveling through the ground below the Upper East Rift Zone of Kilauea between early July and late August 2024 showed changes as magma began to enter this area. The most dramatic change that was observed was a rapid velocity decrease that began on July 21st, indicating the opening of fractures because of magmatic intrusions in this region. At the same time, swarms of earthquakes were occurring because of stresses created from intrusion of magma into the subsurface.

This example shows how ambient noise interferometry, along with other volcano monitoring datasets, can be used to understand the changes occurring beneath the surface of a volcano. While this example focuses on changes in velocity at a single pair of nodes, future analysis will be carried out for the entire 115 instrument array. This analysis will contribute to the understanding of where magma migrated across the East Rift Zone in the time leading to the September 2024 eruption.

Source : USGS / HVO.

Glissements de terrain et réchauffement climatique // Landslides and global warming

Au cours des dernières décennies, les phénomènes extrêmes (effondrements, glissements de terrain, laves torrentielles, etc) sont devenus de plus en plus fréquents, que ce soit en haute montagne ou à basse altitude. Les scientifiques se demandent dans quelle mesure ces événements peuvent être liés au réchauffement climatique.
En Californie du Sud, la ville côtière de Rancho Palos Verdes, à environ 50 kilomètres au sud de Los Angeles, attire depuis longtemps les gens aisés avec ses vues sur l’océan Pacifique et sa végétation luxuriante. Le problème, c’est qu’elle se trouve au sommet d’une zone sujette aux glissements de terrain lents qui sont apparus dans les années 1950. Jusqu’à ces derniers temps, le déplacement du sol atteignait en moyenne une dizaine de centimètres par an. Récemment, après d’intenses pluies hivernales, le phénomène s’est accéléré, avec des conséquences dramatiques pour la population. Les maisons sont aujourd’hui disposées de manière désordonnée sur un sol instable. Les routes se sont déformées et l’électricité a été coupée dans plus de 200 foyers. L’état d’urgence vient d’être déclaré dans la localité.
Les scientifiques préviennent que ces glissements de terrain vont devenir plus fréquents avec le réchauffement climatique qui engendre des précipitations plus intenses et des tempêtes plus puissantes, le tout remodelant les paysages. Ils expliquent que les glissements de terrain dépendent de trois facteurs : la pente, le type de roche et le climat.
En Californie, le réchauffement climatique a un impact sur le paysage. Les scientifiques ont découvert des liens évidents entre la crise climatique et des précipitations plus intenses. En effet, une atmosphère plus chaude peut retenir plus d’humidité, ce qui signifie des précipitations plus intenses et des océans plus chauds qui alimentent des tempêtes plus puissantes.
Le réchauffement climatique augmente également d’autres types de glissements de terrain. L’élévation du niveau de la mer et les déferlantes lors des tempêtes rongent les falaises. Les étés plus chauds et plus secs augmentent la fréquence et la gravité des incendies de forêt. Au final, le paysage devient plus vulnérable aux glissements de terrain.
Les glissements de terrain sont un phénomène mondial et les scientifiques ont identifié le lien entre glissements de terrain et réchauffement climatique dans le monde. Par exemple, le cyclone Gabriel en Nouvelle-Zélande a déclenché plus de 140 000 glissements de terrain cartographiés, mais peut-être plus de 800 000 en réalité.
Le réchauffement climatique n’est pas le seul facteur augmentant la probabilité de glissements de terrain ; le comportement humain a également un impact. Les travaux de nivellement dans les pentes pour aplanir les zones destinées aux habitations ou aux routes peuvent fragiliser les flancs des montagnes en les rendant instables. La déforestation est un autre facteur. Les racines des arbres et des plantes maintiennent le sol et leur arrachement est susceptible de le déstabiliser.

Fracture trahissant le mouvement du sol à Rancho Palos Verdes (Crédit photo : presse californienne)

En Europe, les climatologues rejoignent l’approche de leurs collègues américains avec toutefois un peu plus de réserve. Ils insistent sur le fait que si le lien entre glissements de terrain et réchauffement climatique est la plupart du temps évident en montagne, il est parfois moins net à plus basse altitude.
Plusieurs événements dans les Alpes et les Pyrénées ont montré le lien entre les fortes pluies déclenchées par le réchauffement climatique et les glissements de terrain qui en découlent. A cela s’ajoutent les glissements de terrain causés par le dégel du permafrost de roche en montagne. Parfois, c’est la cohabitation entre les fortes pluies et les roches fragilisées par le dégel du permafrost qui provoque des glissements de terrain majeurs et des laves torrentielles. Ce qui s’est passé dans le village de La Bérarde dans les Alpes françaises illustre probablement cette situation. En dégelant, le permafrost n’est plus le ciment qui maintient les roches, de sorte que les chutes de pierres et les effondrements sont de plus en plus fréquents. Les refuges d’altitude sont également menacés et plusieurs d’entre eux ont dû être fermés (voir ma note du 16 septembre 2024). Les alpinistes qui y font halte ont également dû modifier leurs courses en montagne.

Le village de La Bérarde envahi par des torrents de boue (Crédit photo : Alpine Mag)

Il arrive que des effondrements se produisent sans avoir été déclenchés par le réchauffement climatique et/ou le dégel du permafrost. Ils sont simplement causés par des mouvements de terrain. Un bon exemple est l’effondrement d’une paroi pendant l’été 2023 en Maurienne (France). Toute une partie de la montagne s’est effondrée sur une voie ferrée, paralysant le trafic entre la France et l’Italie. De tels effondrements peuvent également être déclenchés par des séismes, mais il n’y a pas eu de secousses dans la région au moment de l’incident.
Selon les scientifiques français, « nous ne pouvons pas affirmer aujourd’hui que le réchauffement climatique est responsable d’une augmentation du nombre de phénomènes gravitaires (autrement dit d’effondrements). L’hypothèse selon laquelle le changement des systèmes de précipitations peut déstabiliser les terrains reste mal démontrée ». En revanche, les nouveaux extrêmes climatiques sont impliqués au moins indirectement dans ces événements. Ce fut le cas lorsque la tempête Alex a dévasté les vallées de la Tinée et de la Vésubie dans le sud-est de la France en 2020.
Les phénomènes extrêmes sont relativement nouveaux et notre société est mal préparée à y faire face.

Source : CNN, France Info.

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In the past decades, extreme phenomena (collapses,landslides,cold lava flows, etc.) have become more and more frequent, whether in the mountains or at lower altitudes. Scientists wonder whether they should be linked to global warming.

In Southern California, the affluent coastal city of Rancho Palos Verdes, around 50 kilometers south of Los Angeles, has long enticed people with its Pacific Ocean views and lush greenery. But it sits atop a complex of slow-moving landslides that have been active since the 1950s, causing the land to shift by roughly a tens of centimeters a year. Recently, after intense winter rain, the pace and scale of movement has increased, with devastating consequences. Homes now lie sprawled unevenly across distorted ground, roads have buckled and power has been shut off to more than 200 households. A state of emergency has just been declared in the city.

Scientists warn that such landslides are set to become more frequent as the climate crisis fuels heavier rainfall and more powerful storms, reshaping landscapes. They explain that landslides depend on three factors: the slope, the rock type and the climate.

In California the changing climate is forcing the landscape to respond. Scientists have found clear links between the climate crisis and heavier rain. A warmer atmosphere can hold more moisture, meaning more intense rain or snow when it falls, and hotter oceans fuel more powerful storms.

The climate crisis raises other landslide risks too. Sea level rise and storm surge are eating away at cliffs. Hotter, drier summers are increasing the frequency and severity of wildfires, leaving the landscape vulnerable to mudslides.

Landslides are a global phenomenon, and scientists are identifying climate change-fueled landslide risks across the world. For instance, Cyclone Gabriel in New Zealand triggered more than 140,000 mapped landslides, and possibly more than 800,000 in total.

Global warming is not the only factor increasing the likelihood of landslides; human behavior has an impact too. Cutting into slopes to flatten areas for houses or roads can weaken them and mountain-sides, making both unstable. Deforestation is another factor. Tree and plant roots hold the soil together and ripping them out can destabilize the ground.

In Europe, climate scientists agree with their American colleagues and insist that if the link betweeen landslides and global warming is obvious most of the time in the mountains, it should be mitigated at lower altitudes.

Several events in the Alps and the Pyrenees have shown the link between the heavy rains triggered by global warming and the ensuing landslides. This should be added to the landslides caused by the thawing of rock permafrost in the mountains. Sometimes it is the mixture of heavy rains and fragile rocks because of the thawing permafrost that cause major landslides and cold lava flows. What happened in the village of La Bérarde in the French Alps probably illustrates this situation. When thawing, the permafrost is no longer the cement that holds the rocks together, so that rocfalls and collapses are getting more and more frequent. High altitude refuges are under threat as well and several of them had to be closed (see my post of 16 Sepyember 2024). The climbers who stop in them also had to change their routes in the mountains.

Sometimes, collapses may occur without having been triggered by global warming and /or the thawing of permafrost. They are just caused by ground movements. A good example is the collapse of a mountain wall during the summer 2023 in the French Maurienne where a whole part of the mountain collapsed on the railway track, paralysing the trafic between France and Italy. Such collapses may also be triggered by earthquakes, but there was no shaking of the erath in the region when the incident happened.

.ccording to French scientists, « we cannot say today that global warming is responsible for an increase in the number of gravitational phenomena (i.e. collapses). The hypothesis that changing precipitation systems can destabilize the terrain remains poorly demonstrated. » On the other hand, these new extremes are at least indirectly involved in these events. This was the case when Storm Alex devastated the Tinée and Vésubie valleys in southeastern France in 2020.

Extreme phenomena a relatively new and aour society is badly prepared to face them.

Source : CNN, France Info.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

En Islande, la question est maintenant de savoir où se produira la prochaine éruption. Selon les volcanologues islandais, il est probable que de la lave émergera à nouveau quelque part le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur, mais on ne sait jamais. Selon un des scénarios du Met Office, la prochaine éruption pourrait se produire au nord-est du mont Stóra-Skógfell. Le terrain est difficile dans ce secteur et l’une des difficultés serait de protéger la Reykjanesbraut.

Le soulèvement du sol se poursuit sous Svartsengi, à un rythme semblable à celui qui a précédé les dernières éruptions.

Cinq éruptions se sont déjà produites le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur, et la lave vient buter contre les digues de protection presque de tous les côtés. La question est de savoir si ces barrières seront capables de retenir des volumes de lave plus importants. Des débordements ont été observés dans le passé. Cinq entreprises ontparticipé à l’édification des digues de terre. Le coût des travaux est estimé à environ 47 millions d’euros.

La ville de Grindavík devrait bientôt être à nouveau accessible. Elle est actuellement soumise à un contrôle d’accès strict, avec des points de contrôle sur toutes les routes. Les installations de sécurité dans la ville devraient être terminées d’ici le milieu du mois d’octobre. Des travaux sont en cours pour renforcer les clôtures et combler les fissures dans le sol. Une fois le travail terminé, quelque 7 kilomètres de clôtures seront installées pour interdire l’accès aux zones dangereuses, notamment Víkurbraut, la rue principale de la ville qui est parcourue par une grande fissure. Malgré le soulèvement continu du sol sous Svartsengi, les autorités estiment qu’il est désormais possible de rendre la ville accessible. L’avenir nous dira si elles ont raison de le faire.
Source : Iceland Review.

Grindavik, une ville meurtrie (Crédit photo: Protection Civile)

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Une séquence d’événements a été observée sur le Stromboli (Sicile) aux premières heures du dimanche 6 octobre 2024, avec une forte explosion au niveau du Cratère Nord qui est actuellement le plus actif sur la terrasse cratèrique. Cette éruption a donné naissance à une coulée de lave le long de la Sciara del Fuoco. Une activité de spattering a été observée dans les heures suivantes. La coulée de lave est restée confinée à la partie supérieure de la Sciara, et s’est accompagnée d’une diminution progressive du tremor volcanique qui est redescendu à un niveau moyen.

Un événement semblable s’est produit le 8 octobre 2024. Il a entraîné un débordement de lave qui a progressivement diminué au matin du 9 octobre avant de s’intensifier à nouveau.
Pour rappel, l’accès au Stromboli n’est autorisé qu’avec les guides locaux jusqu’à 400 mètres d’altitude et librement jusqu’à 250 m. L’accès au sommet est strictement interdit.
Source : INGV.

 

Image thermique de la coulée de lave du 8 octobre (Source : INGV)

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Le Kilauea (Hawaï) n’est pas en éruption. Certaines personnes ont cru voir une nouvelle sortie de lave ces derniers jours alors qu’il s’agissait d’un incendie de végétation en cours à proximité du site du dernier événement près du Nāpau Crater dans le Parc national des volcans d’Hawaï. Les images de la webcam du HVO montraient un panache dans la partie sud du cratère. La nuit, une incandescence intermittente était également visible dans la même zone, au sud des bouches actives du 15 au 20 septembre 2024. Les différents paramètres n’ont pas indiqué qu’une éruption se produisait, et un survol a confirmé que le panache et la lueur étaient dus à un petit incendie de végétation.
Source : HVO.

 

Le panache que l’on aperçoit au fond à gauche sur cette image webcam a causé la confusion.

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Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour le Karymsky, le Sheveluch et l’Ebeko. Elle reste Jaune pour le Bezymianny, après quelques heures à l’Orange.
Source : KVERT.

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Une hausse d’activité est actuellement observée sur le volcan Iwatesan (arc volcanique nord-est du Japon). Depuis février 2024, les données instrumentales montrent une inflation centrée dans les parties les plus profondes du volcan. La fréquence des séismes d’origine volcanique est élevée depuis avril 2020. Le nombre de petits événements près de Kurokurayama a commencé à augmenter en mai et cette sismicité s’est intensifiée fin juillet. Les images INSAR révèlent une inflation très peu profonde près d’Ojigokudani (caldeira d’érosion à l’ouest). Le 2 octobre 2024, le niveau d’alerte a été relevé à 2 (sur une échelle de 1 à 5), avec des restrictions d’accès autour du cratère.
Source : JMA.

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Le PHIVOLCS a diffusé plusieurs rapports concernant le Taal (Philippines). Une trentaine d’événements phréatiques a été enregistrée presque quotidiennement du 22 septembre au 5 octobre 2024. Des observations visuelles et les données sismiques indiquent qu’une petite éruption phréatomagmatique s’est produite le 5 octobre et a duré quatre minutes. Elle a produit un panache noir suivi d’un autre riche en vapeur qui s’est élevé à 2 km au-dessus du cratère. Les émissions de SO2 restent à des niveaux élevés. Une remontée de fluides chauds a été observée dans le lac du 5 au 8 octobre. Le niveau d’alerte reste à 1 (sur une échelle de 0 à 5). Le PHIVOLCS rappelle au public que l’ensemble de Volcano Island est une zone de danger permanent (PDZ). L’Institut recommande par ailleurs que le cratère principal (Main Crater) et les zones le long de la fissure Daang Kastila restent interdits d’accès.
Source : PHIVOLCS.

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L’Indonésie est actuellement la région du monde où le plus grand nombre de volcans sont actifs.

L’éruption du Dukono se poursuit. Des panaches denses de vapeur et de cendres s’élèvent de 100 à 800 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4),

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L’activité éruptive se poursuit sur l’Ibu avec des panaches de vapeur et de cendres qui s’élèvent généralement de 0,5 à 1 km au-dessus du sommet. Les images de la webcam montrent une incandescence au-dessus du cratère. Un événement éruptif a été enregistré le 7 octobre 2024. Le niveau d’alerte reste à 3.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Lewotobi à partir d’une bouche située sur le flanc nord-ouest du Laki-laki. Des panaches de cendres s’élèvent jusqu’à 1,2 km au-dessus du sommet. Une incandescence au niveau de la bouche éruptive est souvent visible sur les images de la webcam. Le niveau d’alerte reste à 3.

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L’éruption du Merapi (sur l’île de Java) se poursuit. Ces derniers jours, la sismicité a été plus intense que la semaine précédente. Le dôme de lave sud-ouest continue de produire des avalanches de lave qui parcourent jusqu’à 1,8 km dans la ravine Bebeng sur le flanc sud-ouest. Le niveau d’alerte reste à 3.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Semeru avec plusieurs événements éruptifs quotidiens. Des panaches de vapeur et de cendres s’élèvent de 0,1 à 1 km au-dessus du sommet. Plusieurs événements éruptifs ont été enregistrés début octobre. Le niveau d’alerte reste à 2.
Source : PVMBG.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

In Iceland, the question now is to know where the next eruption will occur. The odds are that lava will emerge again somwhere along the Sundhnúkur crater row, but you never know. One of the Met Office’s scenarios suggests the next eruption could occur northeast of Mt. Stóra-Skógfell. The terrain is diffcult and one difficulty would be to protect the Reykjanesbraut highway.

Ground uplift continues at a similar pace beneath Svartsengi, similar to that which preceded recent eruptions.

Five eruptions have now occurred at the Sundhnúkur crater row, and lava surrounds the protective barriers from nearly all sides. The question is to know whether the barriers will be able to hold more massive quantities of lava. Overflows have been observed in the past. Five construction companies have been involved in the barrier work whose estimated cost reaches approximately 47 million euros.

The town of Grindavík is set to reopen soon. The town is currently under strict access control, with checkpoints at all roads leading out of Grindavík. Safety measures in the town are expected to be completed by mid-month. Work is ongoing to reinforce fencing and fill cracks in the ground. Once complete, approximately 7 kilometres of fencing will be installed to block off unsafe areas, including Víkurbraut, the town’s main street, which is heavily affected by a large fissure. Despite ongoing land uplift under Svartsengi, officials believe it is now safe to reopen the town. The future will say if they are right to do so.

Source : Iceland Review.

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A sequence of events was observed on Stromboli (Sicily) in the early hours of Sunday, October 6th, 2024, starting with a high-energy explosion from the North Crater which is currently the most active on the crater terrace. This eruption triggered a lava flow along the Sciara del Fuoco. Spattering activity was observed in the following hours. The lava flow remained confined to the upper part of the Sciara, and was accompanied by a gradual reduction in the intensity of the volcanic tremor which returned to a medium level.

A similar event occurred on October 8th, 2024. It led to a lava overflow which gradually diminished by the morning of October 9th before intensifying again.

As a reminder, access to Stromboli is only allowed with the local guides up to 400 meters above sea level and freely up to 250 m. Access to the summit is strictly prohibited.

Source : INGV.

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Kilauea (Hawaii) is not erupting but some people confused a possible eruption with an ongoing wildfire in the vicinity of the recent eruption area near Nāpau Crater in Hawaiʻi Volcanoes National Park. HVO webcam images showed a plume on the south side of Nāpau Crater. At night, intermittent glow was also visible in the same area, south of the vents that erupted from September 15-20, 2024. Geophysical monitoring signals did not indicate that an eruption was occurring, and an overflight confirmed that the plume and glow were due to a small local wildfire.

Source : HVO.

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In Kamchatka, the aviation color code remains Orange for Karymsky, Sheveluch and Ebeko. It is kept at Yellow for Bezymianny.

Source : KVERT.

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An increase in activity is currently observed at Iwatesan (Northeast Japan Volcanic Arc). Since February 2024, data from the instruments has detected inflation centered in deeper parts of the volcano. The frequency of volcanic earthquakes has been high since April 2020, although the number of small volcanic earthquakes located near Kurokurayama began increasing in May and further increased in late July. INSAR imagery reveals very shallow inflation near Ojigokudani (erosional caldera to the W). On 2 October 2024, the Alert level was raised to 2 (on a 1-5 scale) prompting access restrictions around the crater.

Source : JMA.

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PHIVOLCS has issued several advisories for Taal (Philippines) reporting that a total of 30 phreatic events recorded almost daily during 22 September-5 October 2024. A minor phreatomagmatic eruption occurred on 5 October and lasted four minutes based on visual observations and seismic data. The eruption ejected a black plume followed by a steam-rich plume that rose 2 km above the crater. SO2 emissions remain at elevated levels. Upwelling of hot fluids in the lake was observed during 5-8 October. The Alert Level remains at 1 (on a scale of 0-5), and PHIVOLCS reminds the public that the entire Taal Volcano Island is a Permanent Danger Zone (PDZ). The Institute recommends that the Main Crater and areas along the Daang Kastila fissure should remain prohibited.

Source : PHIVOLCS.

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Indonesia is currently the region of the world where the greatest numbe of volcanoes remains active.

The eruption at Dukono continues. Dense steam and ash plumes rise 100-800 m above the summit. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4),

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Eruptive activity continues at Ibu with steam and ash plumes that usually rise 0.5-1 km above the summit. Webcam images show incandescence above the crater. One eruptive event was recorded on 7 October 2024. The Alert Level remains at 3.

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Eruptive activity continues at Lewotobi from a vent located on the upper NW flank of Laki-laki. Ash plumes rise as high as 1.2 km above the summit. Incandescence at the eruptive vent is often visible in webcam images. The Alert Level remains at 3.

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The eruption at Merapi (on Java) continues. In yje past days, seismicity was more intense than during the previous week. The SW lava dome keeps producing lava avalanches that travel as far as 1.8 km down the Bebeng drainage on the SW flank. The Alert Level remains at 3.

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Eruptive activity continues at Semeru with multiple daily eruptive events. Steam and ash plumes rise 0.1-1 km above the summit. Several eruptive events were recorded in early October. The Alert Level remains at 2.

Source : PVMBG.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Ouragan Helene : très peu de propriétaires étaient assurés // Huricane Helene : very few owners were insured

Depuis la côte du Golfe du Mexique en Floride jusqu’aux montagnes de Caroline du Nord et du Tennessee, les habitants confrontés à la fureur de l’ouragan Helene ont dû faire face à des inondations et des glissements de terrain. Plus de 200 personnes ont perdu la vie, un bilan qui est encore provisoire. Pour les habitants aujourd’hui sous la menace de l’ouragan Milton, c’est l’heure de faire le bilan des dégâts et de se lancer dans la reconstruction.

En France, les victimes de ces catastrophes naturelles se tournent immédiatement vers leurs compagnies d’assurance pour voir comment elles peuvent leur venir en aide. Aux États-Unis, c’est très différent. De nombreux propriétaires ne sont pas assurés contre les événements naturels. Une amie sur Big Island à Hawaï n’est pas assuré contre les séismes parce que l’assurance est trop chère. C’est la même chose pour les personnes vivant sous la menace de la lave. Elles croisent les doigts, priant pour que leur maison ne soit pas détruite. En 2018, quelque 700 structures ont été détruites par l’éruption du Kilauea. Et beaucoup de propriétaires n’étaient pas assurés…
Dans les 100 comtés les plus touchés par l’ouragan Helene, moins de 2% des propriétaires ont contracté une assurance inondation. Dans les villes de montagne de Caroline du Nord et dans certaines parties du nord-ouest de la Caroline du Sud, où Helene a détruit des localités entières, les chiffres révèlent que moins de 1 % des comtés étaient couverts. En Caroline du Sud, ce pourcentage est de 0,3 %. Dans la région englobant la Floride, la Géorgie, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud, le Tennessee et la Virginie, environ 5 % des résidences disposent d’une assurance contre les inondations, en sachant que la majorité de ces maisons sont situées le long de la côte.
Selon la FEMA (Agence fédérale de gestion des situations d’urgence), 2,5 centimètres d’eau de crue peuvent causer jusqu’à 25 000 dollars de dégâts. D’innombrables maisons et entreprises ont été envahies par des dizaines de centimètres d’eau au moment de l’ouragan Helene. Les inondations ont causé environ 108 milliards de dollars de dégâts aux États-Unis depuis 2000.
De nombreux propriétaires ne savent pas que l’assurance habitation de base ne couvre pas les dommages causés par les inondations : l’assurance inondation est un avenant à souscrire en complément de l’assurance de base. La FEMA estime que seulement 4 % des propriétaires à travers le pays ont une assurance inondation, même si 99 % des comtés américains ont été touchés par des inondations depuis 1996. Lorsqu’ils achètent ou louent un logement, la principale considération de la plupart des gens pour décider de souscrire ou non une assurance contre les inondations est de savoir si la propriété se trouve dans une zone à haut risque, mais cela crée un faux sentiment de sécurité.
Pour les propriétaires sans assurance inondation qui ont été touchés par Helene, les experts ont donné des conseils sur la marche à suivre. Tout d’abord, les gens doivent faire sécher leur maison le plus rapidement possible. Ils doivent prendre des photos et des vidéos pour montrer les dégâts. Il est conseillé de vérifier la police d’assurance habitation car il se peut qu’elle couvre certaines dépenses. Solliciter l’avis d’une autre personne est une bonne idée avant de reconnaitre que les dommages ne seront pas couverts. Les victimes des inondations doivent faire une demande d’aide à la FEMA et vérifier s’il existe un financement d’urgence au niveau de l’État ou au niveau local. Le financement de la FEMA peut aider, mais il NE REMPLACE PAS l’assurance ; la subvention moyenne de la FEMA en cas de catastrophe entre 2016 et 2022 était de 3 000 dollars. C’est très peu à côté du montant global de dégâts causés par l’ouragan Helene. En bref, si elles ne sont pas assurées, les victimes des dernières inondations n’ont que leurs yeux pour pleurer.
Source : Médias d’information américains.

Source: NOAA

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From the Gulf Coast of Florida to the mountains of North Carolina and Tennessee, Hurricane Helene sent residents scrambling to cope with threats like floods and landslides More tan 200 people will have died. Residents are now confronted with the devastation and the reconstruction.

In France, the victims of these calaminities are immediately turning to their insurance companies to see what can be done to help them. In the U.S., it is is very diffrenet. Many households are not insured against natural events. A friend of mine on Hawaii Big Island is not insured aganst earthquakes because y=the insurance is too expensive. It is the same for people living under the threat of lava. They just cross their fingers, praying that their house will not be destroyed.

In the 100 counties hit hardest by Hurricane Helene, fewer than 2% of homeowners are protected by flood insurance. In the mountain towns of North Carolina and parts of Northwest South Carolina, where Helene decimated entire communities, the figures reveal that fewer than 1% of the North Carolina counties with the most flood damage from Helene were covered. In South Carolina, it’s 0.3%. In Florida, Georgia, North Carolina, South Carolina, Tennessee and Virginia, about 5% of residences have flood insurance, but those policies are mainly along the coast.

According to FEMA (Federal Emergency Management Agency), 2.5 centimeters of floodwater can cause up to $25,000 in damage. Countless homes and businesses saw tens of centimeters of water from Hurricane Helene. Floods have caused about $108 billion of damage in the U.S. since 2000.

Many homeowners don’t realize that basic homeowners insurance does not cover damage from floods: Flood insurance must be purchased as a separate policy. FEMA estimates only 4% of homeowners across the country have flood insurance, even though 99% of U.S. counties have been impacted by flooding since 1996. When buying or renting a place to live, most people’s main consideration in deciding whether or not to buy insurance for flooding is whether the property is in a high-risk zone, but that creates a false sense of security.

For homeowners without flood insurance who were hit by Helene, experts shared advice for next steps. First of all, people should dry their homes as quickly as possible. They should take photos and videos to document the damage. It is advisable to check the home policy as there may be some coverage for certain expenses under a home policy. It’s worth getting a second opinion before assuming the damage won’t be covered.  The victims f the floods should apply for FEMA assistance, and check for any state or local emergency funding. FEMA funding can help, but IT IS NOT a replacement for insurance; the average FEMA disaster assistance grant award between 2016 and 2022 was $3,000.  In short, the victims of the floods caused by Hurricane Helene have only their eyes to cry with.

Source : U.S. news media.