Eruption du Cumbre Vieja (La Palma) : dernières nouvelles // Latest news

8 heures: L’éruption du Cumbre Vieja continue à La Palma mais la lave a bien ralenti sa progression vers la mer. Les images des webcams confirmaient hier soir cette situation. Le front de coulée se trouve toujours à plus de 2 km du littoral et présente par endroits une hauteur de plus de 12 mètres. 154 hectares étaient recouverts par la lave le 22 septembre et 320 bâtiments ont été détruits. Six routes restent coupées sur La Palma La lave continue d’avancer dans la commune de Todoque, mais très lentement. Comme indiqué précédemment, le gouvernement canarien a annoncé qu’il achèterait des maisons vides sur l’île de La Palma et qu’il utiliserait d’autres bâtiments préfabriqués pour venir en aide aux habitants qui ont perdu leur maison pendant l’éruption.

Ce 23 septembre, le roi d’Espagne vient visiter les zones les plus touchées et rencontrer les personnes évacuées ainsi que les autorités pour se rendre compte de l’évolution des événements.

Source: médias espagnols.
Si l’éruption a causé de gros dégâts matériels, aucune perte humaine n’est à déplorer. C’est souvent le cas avec les éruptions stromboliennes, celles de l’Etna (Sicile) par exemple. Il en va autrement avec les éruptions explosives des volcans de la Ceinture de Feu du Pacifique (Indonésie, par exemple) qui sont beaucoup plus violentes, difficiles à prévoir, et souvent meurtrières.

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18 heures : La lave progresse très lentement vers la mer. Un front de coulée avance à quatre mètres par heure et n’atteindra la côte ni ce jeudi ni vendredi. L’autre front s’est arrêtée. Le front de coulée présente une largeur de 500 mètres, avec une hauteur pouvant atteindre 12 mètres. Il se situe toujours en ligne droite à 2-2,5 kilomètres de la côte, selon les images satellitaires. pour que le tapis roulant représenté par la lave se mette en mouvement, il faut que l’alimentation à la source soit suffisante.. Le centre éruptif reste très actif, avec une colonne de 4 500 mètres d’attitude.

Au total, 220 hectares ont été recouverts par la lave et 400 maisons ont été détruites. Plus de 5 700 personnes ont été évacuées. Le gouvernement des Canaries a annoncé qu’il finalisait l’achat de 280 maisons à La Palma et allait mettre en place des maisons préfabriquées.

L’Institut géographique national (IGN) a élevé au Rouge le 23 septembre dans l’après-midi la couleur de l’alerte aérienne aux îles Canaries en raison d’une intensification de la colonne éruptive de gaz et de cendres émise par le volcan. Cette mesure n’affecte pas l’espace aérien de l’archipel, mais est un moyen de faciliter le fonctionnement des services d’urgence sans affecter les vols commerciaux qui ne survolent pas cette zone,
Source: IGN.

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08:00 am: The eruption of Cumbre Vieja continues in La Palma but the lava has slowed its progress towards the sea. Webcam images confirmed this situation last night. The flow front is still more than 2 km from the coast and in places is more than 12 meters high. 154 hectares were covered by lava on September 22nd and 320 structures were destroyed. Six roads remain closed on La Palma The lava continues to advance in the municipality of Todoque, but very slowly. As previously reported, the Canarian government has announced that it will buy empty houses on the island of La Palma and use other prefabricated structures to help residents who lost their homes during the eruption.
This September 23rd, the King of Spain comes to visit the most affected areas and meet the evacuees as well as the authorities to assess the evolution of events.
Source: Spanish media.
If the eruption caused great material damage, no casualties have been reported. This is often the case with Strombolian eruptions, like those of Mt Etna (Sicily) for example. It is different with the explosive eruptions of volcanoes of the Pacific Ring of Fire (Indonesia, for example) which are much more violent, difficult to predict, and often deadly.

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06:00 pm: The lava is advancing very slowly towards the sea. A flow front is advancing at four meters per hour and will not reach the coast either this Thursday or Friday. The other front has stopped. The flow front is 500 meters wide, with a height of up to 12 meters. As the crow flies, it is still 2-2.5 kilometers from the coast, according to satellite images. For the conveyor belt represented by the lava to start moving, the supply at the source must be sufficient. The eruptive center remains very active, with a column reaching 4,500 meters a.s.l.
A total of 220 hectares were covered by lava and 400 houses were destroyed. More than 5,700 people were evacuated. The government of the Canary Islands has announced that it is finalizing the purchase of 280 houses in La Palma and will install prefabricated houses.

The National Geographic Institute (IGN) raised to Red on September 23rd in the afternoon the aviation color code in the Canary Islands due to an intensification of the eruptive column of gas and ash emitted by the volcano. This measure does not affect the airspace of the archipelago, but is a way to facilitate the operation of emergency services without affecting commercial flights that do not fly over this area,
Source: IGN.

Eruption du Cumbre Vieja le 22 septembre 2021 au soir, avec le front de coulée à droite de l’image (Capture écran webcam)

La Palma (Iles Canaries) : nouvelles de l’éruption // La Palma (Canary Islands) : news of the eruption

7 heures: L’éruption du Cumbre Vieja continue à La Palma. La destruction causée par la lave est d’ores et déjà sévère. 183 maisons ont été détruites ainsi que 200 autres infrastructures, notamment des bâtiments agricoles. Les autorités locales estiment que près de 300 exploitations agricoles ont été ensevelies par la lave. Beaucoup d’agriculteurs ont perdu leurs maisons et leurs fermes, avec des dégâts causés au système d’irrigation, essentiel pour l’agriculture locale.

Dès 7h45 ce matin, les habitants de Todoque sont venus récupérer leurs affaires avant que la lave n’engloutisse la localité.

La Croix-Rouge a mis à disposition deux cents lits mais il faudra probablement envisager l’installation de structures mobiles provisoires si l’éruption se prolonge plusieurs mois, comme ce fut le cas en 1971 lors de la dernière colère du volcan.

Le 21 septembre au soir, la lave n’avait toujours pas atteint l’océan. Les géologues redoutent ce mariage entre la lave et le feu qui est souvent violent. Il s’est produit à plusieurs reprises à Hawaii où les autorités mettent toujours les touristes en garde sur les dangers que représente cette situation. Même si la lave du Cumbre Vieja est moins chaude et moins fluide que celle du Kilauea, il se produit souvent des explosions avec des projections violentes de matériaux à haute température. En plus, il y a des dégagements d’acide chlorhydrique provoqués par la combinaison de l’hydrogène et du chlore libérés par la vaporisation de l’eau. Il faudra que la Protection Civile prévoit un périmètre de sécurité suffisant pour éviter les accidents.

L’Institut Volcanologique des Canaries estime que l’éruption durera entre 24 et 84 jours, avec une moyenne de 55 jours. La lave a actuellement envahi 154 hectares de terres.

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12 heures: La lave du Cumbre Vieja a ralenti sa progression vers la mer. De toute évidence, le tapis roulant n’est pas suffisamment alimenté en amont pour pouvoir avancer. Le front de coulée qui atteint parfois 12 mètres se situe à 2,5 kilomètres en ligne droite de la côte, selon les images satellitaires Copernicus de l’Agence Spatiale Européenne (ESA). La surface couverte par la lave a augmenté de 50 % au cours des 12 dernières heures. Au total, 154 hectares ont été détruits et 320 bâtiments ont été engloutis. Quelque 6 000 personnes ont dû quitter leurs maisons.
Les pompiers de La Palma ont reçu des renforts et ils tentent de canaliser et dévier la lave dans un ravin pour sauver la bourgade de Todoque où les habitants ont été autorisés à revenir pour récupérer des affaires (voir ci-dessus).

Selon les dernières données Copernicus, les émissions de SO2 atteignent entre 7 997 et 10 665 tonnes par jour. Ce gaz très dilué devrai atteindre la péninsule ibérique dans la soirée du 22 septembre. La région de Murcie serait la première à être affectée.

Source: El Pais.

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20 heures: L’éruption se poursuit ce soir. L’intensification de l’activité strombolienne observée le 21 septembre a été confirmée aujourd’hui avec une grande quantité de cendres dans l’atmosphère et des explosions plus bruyantes. Les images de la webcam montrent que la pression est encore très élevée dans les conduits éruptifs. Le front de lave est toujours à 2,5 km de la côte.

L’imagerie satellitaire montre clairement que la zone de l’éruption a subi une déformation de plus de 20 cm.
Le nuage de SO2 devrait atteindre le sud de l’Espagne cette nuit et ensuite la France le 23 septembre.
Source : The Watchers.

Le gouvernement des îles Canaries a annoncé qu’il achèterait les 73 premières maisons vides de La Palma – deux ensembles de logements privés actuellement inoccupés – et qu’il installera d’autres bâtiments préfabriqués afin de venir en aide aux habitants qui ont perdu leur maison à cause de l’éruption.

Source: El Pais.

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07:00 am: The eruption of Cumbre Vieja continues in La Palma. The destruction caused by the lava is already severe. 183 houses were destroyed along with 200 other infrastructure, including farm buildings. Local authorities estimate that nearly 300 farms have been buried by the lava. Many farmers have lost their homes and farms, with damage to the irrigation system, essential for local agriculture.

Residents of Todoque have been allowed to come and take away their belongings before the arrival of lava in the community.

The Red Cross has made two hundred beds available but it will probably be necessary to consider the installation of temporary mobile structures if the eruption continues for several months, as was the case in 1971 during the last eruption of this volcano.

On the evening of September 21st, the lava had not reached the ocean. Geologists fear this marriage between lava and fire, which is often violent. It has happened on several occasions in Hawaii where the authorities always warn tourists about the dangers of this situation. Even though the lava of Cumbre Vieja is cooler and less fluid than that of Kilauea, explosions often occur with violent projections of high temperature material. In addition, there are releases of hydrochloric acid caused by the combination of hydrogen and chlorine released by the vaporization of water. Civil Protection will have to provide a sufficient security perimeter to avoid accidents.

According to the Volcanological Institute, the eruption is likely to last between 24 and 84 days, with an average of 55 days.

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12:00 pm: The lava from Cumbre Vieja has slowed its progress towards the sea. Obviously, the conveyor belt is not sufficiently fed upslope to be able to move forward. The flow front, which is sometimes12 meters hich, lies 2.5 kilometers in a straight line from the coast, according to Copernicus satellite images from the European Space Agency (ESA). The area covered by lava has increased by 50% in the past 12 hours. In total, 154 hectares were destroyed and 320 buildings were swallowed up. Some 6,000 people have had to leave their homes. The firefighters of La Palma have received reinforcements and they are trying to channel and divert lava in a ravine to save the village of Todoque where the inhabitants have been allowed to return to collect belongings (see above).

According to the latest Copernicus data, SO2 emissions are reaching between 7,997 and 10,665 tonnes per day. This very diluted gas should reach the Iberian Peninsula on the evening of September 22nd. The region of Murcia would be the first to be affected.

Source: El Pais.

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08:00 pm: The eruption is going on tonight. The intensification of the strombolian activity observed on September 21st continued today with a large amount of ash in the atmosphere and more noise from the explosions. The webcam images show that pressure is still very high in the eruptive conduits. The flow front is still 2.5 km from the coast.

Satellite imagery clearly shows how the area affected by the eruption has been deformed by more than 20 cm (see above).

The SO2 cloud was expected to reach southern Spain tonight and it is likely to pass over France on September 23rd.

Source: The Watchers.

The government of the Canary Islands has announced that it will purchase the first 73 empty houses in La Palma – two currently unoccupied private housing projects – and that it will install other prefabricated buildings to help residents who have lost their homes because of the eruption.

Source: El Pais.

Le mariage de la lave et de l’eau de mer peut être violent comme ici à Hawaii (Photo: C. Grandpey)

La culture de l’oubli // The culture of oblivion

La carte ci-dessous montre les différentes éruptions sur l’île de La Palma dans les Iles Canaries ainsi que les coulées de lave qu’elles ont laissées derrière elles. En ce moment, l’éruption du Cumbre Vieja poursuit son oeuvre de destruction en recouvrant sous plusieurs mètres de lave des bâtiments et des maisons d’habitation qui ont été construits il y a plusieurs décennies.

Quand on regarde la carte, on se rend compte que les éruptions, pour la plupart, ont eu lieu il y a plusieurs siècles, mais certaines, comme la dernière du Cumbre Vieja (1971) se sont produites au 20ème siècle, donc très récemment.

Pourquoi des gens ont-ils décidé de venir construire dans une zone potentiellement à risque? On peut apporter plusieurs réponses à cette question. Certains ont voulu profiter des terres fertiles pour s’adonner à des activités agricoles. D’autres ont acheté une résidence secondaire pour profiter du climat et des paysages des Iles Canaries. D’autres encore habitent des logements qui se sont transmis de génération en génération.

En fait, cette situation n’est pas propre à La Palma,; on la retrouve dans la plupart des îles volcaniques comme la Grande Ile d’Hawaii ou la Sicile. A Hawaii, la dernière éruption du Kilauea en 2018 a détruit quelque 700 structures qui se trouvaient dans des zones potentiellement exposées aux coulées de lave.

En Sicile, Zafferana Etnea a failli subir les assauts de la lave au cours de l’éruption de 1991-1994. En novembre 1928, Mascali n’a pas eu autant de chance; les coulées de lave ont détruit de nombreuses maisons. Après cette destruction, la bourgade fut reconstruite quelques années plus tard plus en aval, avec une disposition en damier urbain influencé aussi bien par des villes en Sicile datant des 16ème-18ème siècles, que par les villes nouvelles prévues par le régime fasciste. Comme le faisait remarquer fort justement Boris Behncke il y a quelques jours, il y a beaucoup de points communs entre l’habitat à La Palma et celui sur les pentes de l’Etna.

La plupart de ceux qui viennent vivre sur ces îles volcaniques sont conscients qu’un jour ou l’autre une éruption peut se produire et détruire leur lieu d’habitation, mais ils prennent le pari que cela ne se produira pas de leur vivant. D’autres préfèrent oublier le passé, à leurs risques et périls.

Une fois la maison détruite, il faut songer à la reconstruire ailleurs sur l’île, ou carrément changer le région. Aux Etats Unis, les clauses concernant les séismes et les éruptions dans les polices d’assurance habitation ont un coût exorbitant dans les zones volcaniques à risques et beaucoup d’Hawaiiens renoncent à assurer leurs maisons. Si une catastrophe se produit, ils peuvent seulement espérer que l’Etat fédéral acceptera de débloquer des fonds pour les dédommager, mais la perte financière restera très élevée. A La Palma , le gouvernement espagnol et l’Union Européenne apporteront leur aide financière et matérielle, mais là aussi, au final, il y aura une perte sèche pour les victimes de l’éruption du Cumbre Vieja.

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The map below shows the different eruptions on the island of La Palma in the Canary Islands as well as the lava flows they left behind. The eruption of Cumbre Vieja continues its work of destruction by engulfing under several meters of lava buildings and houses that were built several decades ago.
When you look at the map, you realize that the eruptions, for the most part, took place centuries ago, but some, like the last of Cumbre Vieja (1971) occurred in the 20th century, so very recently.
Why have people decided to come and build in a potentially risky area? There are several answers to this question. Some wanted to take advantage of the fertile land to engage in agricultural activities. Others bought a second home to enjoy the climate and landscapes of the Canary Islands. Others live in homes that have been passed down from generation to generation.
In fact, this situation is not unique to La Palma; it is found in most volcanic islands such as Hawaii Big Island or in Sicily. In Hawaii, Kilauea’s last eruption in 2018 destroyed some 700 structures that were in areas potentially exposed to lava flows.
In Sicily, Zafferana Etnea could have been destroyed by lava flows during the 1991-94 eruption. In November 1928, Mascali was not so lucky; the lava flows destroyed many houses. After this destruction, the village was rebuilt a few years later downslope, with an urban checkerboard layout influenced both by towns in Sicily dating from the 16th-18th centuries, as by the new towns planned by the fascist regime. As Boris Behncke rightly pointed out a few days ago, there is a lot in common between the habitat in La Palma and that on the slopes of Mt Etna.
Most of those who come to live on these volcanic islands are aware that one day or another an eruption can occur and destroy their place of residence, but they bet that it will not happen in their lifetime. Others prefer to forget the past, at their peril.
Once the house is destroyed, these persons need to consider rebuilding it elsewhere on the island, or simply changing regions altogether. In the United States, earthquake and eruption clauses in home insurance policies are prohibitively expensive in volcanic risk areas, and many Hawaiians had rather not insure their homes. If a disaster does occur, they can only hope that the federal state will agree to release funds to compensate them, but the financial loss will remain very high. In La Palma, the Spanish government and the European Union will provide financial and material assistance, but there too, in the end, there will be a deadly loss for the victims of the eruption of Cumbre Vieja.

Eruptions et coulées de lave à La Palma (Source: IGN)

Coulée de lave aux portes de Zafferana en 1992 (Photo: C. Grandpey)

Retour sur l’éruption du Nyiragongo (RDC) // The Nyiragongo eruption (DRC)

Au vu des articles dans la presse locale, il semble que tension et angoisse soient en train de retomber à Goma et aucune autre catastrophe majeure ne s’est produite ces derniers jours. Il est maintenant utile d’examiner le cours des événements pendant l’éruption du Niyragongo. On peut remarquer que le processus éruptif et ses conséquences sont similaires à ceux de 1977 et 2002, avec des destructions de maisons et de routes et des pertes en vies humaines.

Il était environ 16 heures le 22 mai 2021 lorsque les habitants de Goma ont pu voir des villageois des contreforts du Nyiragongo se précipiter vers la ville avec des matelas sur la tête et de grands sacs avec leurs affaires, accompagnés de leurs enfants. Ces villageois ont expliqué qu’il y avait le feu dans la forêt et qu’il se rapprochait dangereusement.

Plusieurs fois par heure, la population sentait le sol trembler pendant une ou deux secondes, avec des événements compris entre M 2,8 et M 4,1.

Vers 17 heures, une intense lueur rouge est apparue dans le ciel et on entendait des explosions au loin.

Vers 18 heures, tout le monde a réalisé qu’il s’agissait d’une éruption volcanique.

Vers 20h30, l’Observatoire Volcanologique de Goma a déclaré qu’il s’agissait d’une éruption du Nyamulagira. Cela signifiait que la lave se dirigeait vers une partie relativement inhabitée du Rwanda et que Goma n’était pas menacée.

Cependant, moins d’une heure plus tard, l’information a été contredite : une deuxième coulée de lave se dirigeait vers l’aéroport de Goma, le centre-ville qui se trouve juste à côté, et le lac Kivu. Le Nyiragongo était bel et bien en éruption pour la deuxième fois en moins de 20 ans. Le volcan était sur le point de dévaster l’un des endroits les plus pauvres et les plus vulnérables de la planète, une région avec peu de routes et des infrastructures fragiles, secouée par un conflit de plusieurs décennies qui a déplacé des millions de personnes.

Alors que la lave détruisait les lignes électriques, des quartiers entiers, comme Buhene, se sont retrouvés sans téléphone et un quart des habitants de Goma se sont retrouvés sans électricité. Aucune aide n’est venue de l’Etat, ni de la MONUSCO. La plupart des informations diffusées étaient confuses et peu fiables. Une vidéo a montré une épaisse coulée de lave en train de traverser Buhene, détruisant des maisons.

Vers 3 heures du matin, la coulée de lave s’est arrêtée à une centaine de mètres de la porte d’entrée de la clinique de Buhene, et à moins de 800 mètres de l’aéroport de Goma Sans ordre d’évacuation immédiate et avec des informations uniquement propagées par le bouche à oreille, une situation de chaos s’est vite installée à Goma. Alors que des dizaines de milliers de personnes essayaient de se mettre en sécurité, les deux seules routes praticables pour quitter la ville – l’une vers l’est au Rwanda et l’autre vers l’ouest en direction de Sake, une ville distante de 27 km – étaient en proie aux embouteillages. Personne n’avait oublié la dernière éruption du Nyiragongo en 2002 qui a fait plus de 250 morts et rasé un tiers de la ville, laissant plus de 120 000 personnes sans abri, avec des coulées de lave de deux mètres d’épaisseur dans certains quartiers de Goma.

Cette fois, au dernier bilan, au moins 37 personnes sont mortes, soit par exposition à la lave ou aux gaz, soit dans des accidents pendant l’évacuation. Selon l’UNICEF, 939 enfants sont arrivés dans les centres de réunification après avoir été séparés de leur famille. Bien que de nombreux parents aient pu être retrouvés, les membres de la famille de 243 enfants sont toujours portés disparus. En outre, le 23 mai, plus de 170 enfants étaient portés disparus par leurs proches.

Selon l’ONU, plus de 13 villages et 3 629 maisons ont été détruits, laissant plus de 20 000 personnes sans abri.

Le 26 mai dans la soirée, quatre jours après le début de l’éruption, le gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu a ordonné l’évacuation obligatoire de 10 quartiers du centre de Goma – environ 40% de la ville – car ils étaient particulièrement exposés à la lave et aux émissions de gaz mortels, avec le risque d’asphyxie ou de brûlures graves.

Aujourd’hui, la situation à Goma reste dangereuse et imprévisible. Depuis l’éruption du Nyiragongo, on a enregistré des centaines de séismes. Plusieurs fractures sont apparues dans le sol, certaines sur des centaines de mètres, coupant des routes de Goma sur leur passage. Le 25 mai au matin, un séisme a atteint une magnitude de M 5,2 sur l’échelle de Richter, détruisant plusieurs bâtiments et maisons.

On a craint un moment que la sismicité puisse être causée par un dyke magmatique et qu’une éruption fissurale se déclenche à l’intérieur de Goma, mais aucun tel événement ne s’est  produit pour le moment.

Il y a aussi un risque avec le lac Kivu qui contient d’énormes quantités de méthane et de dioxyde de carbone. Si une coulée pénétrait dans le lac, la lave pourrait enflammer le méthane, provoquant de puissantes explosions à la surface du lac

Croisons les doigts pour qu’aucune nouvelle catastrophe ne se produise.

Source: journaux locaux.

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Judging from the articles in the local press, it looks as if the tension and anxiety are abating in Goma, with no other disasters occurring in the past days. It is useful to describe the course of events during the eruption of Niyragongo. One can notice that the eruptive process and its consequences were similar to those of 1977 and 2002, with destruction of houses and roads and losses of lives.

It was around 4 pm on May 22nd, when the residents of Goma could see villagers from the foothills of Mount Nyiragongo hurrying with mattresses on their heads and large sacks with their belongings, children in tow. These villagers said there was a forest fire, and it was getting closer.

Several times per hour, people could feel the earth quake for one or two seconds, with events ranging between M 2.8 and M 4.1.

By 5 pm, a fiery glow appeared in the sky and explosions could be heard in the distance.

At about 6pm, everybody realized it was a volcanic eruption.

Around 8:30pm, the Goma Volcano Observatory said that the eruption had come from Mount Nyamulagira. This meant the lava was headed towards a relatively uninhabited part of Rwanda, and Goma was not under threat.

However, less than an hour later, the information was reversed: a second stream of lava was flowing towards Goma’s airport, the downtown area just adjacent to it, and Lake Kivu. Mount Nyiragongo was erupting for the second time in less than 20 years and was about to lay waste to one of the poorest and most vulnerable places on earth, a region with few roads and limited infrastructure, and a decades-long conflict that has displaced millions.

As the lava wiped out power lines, entire neighbourhoods, including Buhene, lost phone signals, and a quarter of Goma’s inhabitants were left without electricity. There was no help from the state or from MONUSCO. Much of the information that was released was confusing and unreliable. A video showed a thick flow of lava travelling through Buhene, destroying houses.

At around 3 in the morning, the flow of lava stopped, about 100 metres from the front gate of the clinic in Buhene, and less that 800 metres from Goma’s airport

With no immediate evacuation order, and unreliable information circulating person to person, a chaotic scene unfolded across Goma. As tens of thousands rushed to safety, the only two remaining roads to exit the city – one leading east into Rwanda, and the other west towards Sake, a town 27 km away – were jammed with traffic. Many recalled Nyiragongo’s last eruption, in 2002, which claimed over 250 lives and razed a third of the city, leaving over 120,000 people homeless, and two metres of volcanic rock covering parts of Goma.

This time, at the latest toll, at least 37 people had died, either from exposure to the lava or gases, or in accidents while trying to evacuate. According to UNICEF, 939 children arrived at reunification centres after being separated from their families. While many parents could be located, family members of 243 children remained missing. In addition, on May 23rd, over 170 children were reported missing by their relatives.

According to the U.N., over 13 villages and 3,629 houses were destroyed, leaving over 20,000 people homeless.

On May 26th in the evening, four days after the eruption began, the military governor of North Kivu province ordered a mandatory evacuation of 10 neighbourhoods in central Goma – about 40 percent of the city – that were especially vulnerable to lava and plumes of lethal gas, with the danger for residents of dying by asphyxia or severe burns.

Today, the situation in Goma remains dangerous and unpredictable. Since the initial eruption, there have been hundreds of earthquakes. Multiple cracks have appeared in the ground, some extending for hundreds of metres and even splintering some of Goma’s main roads. An earthquake on May 25th in the morning reached a magnitude of M 5.2 on the Richter scale, toppling several buildings and homes. There were fears that the seismicity might be caused by a magma dyke and that a fissure eruption would occur within the town of Goma, but no such event has happened yet. There’s also the risk from Lake Kivu, which contains huge amounts of highly combustible methane gas and carbon dioxide. Lava could cause the methane to ignite, causing massive explosions at the surface of the lake,

Let’s cross our fingers for the best.

Source: Local newspapers.

Vue aérienne du Nyiragongo en 2014 (Crédit photo : Wikipedia)