La planète est en train de vider son compte épargne d’eau douce // The planet is draining its freshwater savings account

Concentrations de CO2 : 426,06 ppm (18 septembre 2026)             

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026)

Il y a quelques jours, j’expliquais qu’une « guerre de l’eau » était inévitable au vu de la situation hydrique sur Terre. Mon message d’alerte trouve un écho dans la présentation par la Secrétaire générale de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), le 17 septembre 2026, du dernier rapport sur l’état des ressources en eau à l’échelle de la planète.

Selon le nouveau rapport de l’OMM, les réserves d’eau douce sur Terre baissent de façon persistante depuis 2014-2016. « Nous sommes en train de vider nos réserves », se désole sa Secrétaire générale.

Le rapport explique que les réserves mondiales d’eau douce diminuent depuis une dizaine d’années, et dresse un constat très inquiétant sur notre accès à l’eau douce dans le futur, lié à notre gestion désastreuse de cette ressource et aux conséquences directes du réchauffement climatique.

Le rapport montre que 2025 a été l’une des années les plus sèches de ces 35 dernières années en matière de débits fluviaux à l’échelle mondiale. Les débits ont été inférieurs à la normale sur 36 % de la superficie des bassins fluviaux de la planète. Il s’agit également de la septième année consécutive au cours de laquelle les cours d’eau affichant des débits proches de la normale sont restés clairement minoritaires.

 Le niveau actuel du Rhin pose des problèmes à la navigation

Nappes phréatiques, glaciers, neige, humidité des sols, lacs et autres réserves d’eau douce stockées sur les terres servent de tampon pendant les sécheresses et les saisons sèches. Ils constituent un « compte d’épargne » de la planète, mais nous sommes en train de l’épuiser.

En 2025, près des deux tiers des puits d’eau souterraine surveillés se situaient en dehors de leur fourchette normale. Le plus frappant reste la fonte des glaciers, qui agissent comme des châteaux d’eau naturels. Pour la quatrième année consécutive, toutes les grandes régions glaciaires de la planète ont enregistré une perte de glace. Ces trois dernières années, les glaciers ont perdu 1 400 gigatonnes de glace, soit l’équivalent de 30 % de toute l’eau douce prélevée chaque année sur la planète.

Le rapport de l’OMM explique que le cycle de l’eau est devenu plus irrégulier et imprévisible. Les catastrophes se multiplient, notamment en Afrique et en Asie qui dénombrent plus de 80 % des décès. La dernière catastrophe au Népal est un exemple criant de la situation. L’agence météo de l’ONU n’est pas optimiste pour les mois à venir. Le risque d’inondation et de sécheresse risque de s’accroître avec El Niño qui est particulièrement puissant cette année.

Dans la conclusion de son rapport, l’OMM souligne que les changements observés ne peuvent être attribués au seul réchauffement climatique ; la pression exercée sur les ressources en eau et la variabilité naturelle jouent également un rôle. Les gouvernements doivent désormais se préparer à une « évolution des références », les données historiques étant de moins en moins fiables pour anticiper les conditions à venir. « La situation d’il y a 30 ans n’est plus celle d’aujourd’hui. » Pour l’OMM, il faut désormais renforcer la surveillance, partager davantage les données et développer les systèmes d’alerte précoce pour permettre aux pays de s’adapter à des conditions hydrologiques qui ont déjà profondément changé.

Vous trouverez le rapport de l’OMM à cette adresse :

https://news.un.org/fr/story/2026/09/1159487

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A few days ago, I explained that a « water war » was inevitable given the global water situation. My warning is confirmed by the latest report on the state of global water resources, presented on September 17, 2026, by the Secretary-General of the World Meteorological Organization (WMO).
According to the new WMO report, Earth’s freshwater reserves have been steadily declining since the 2014–2016 period. « We are draining our reserves, » the Secretary-General lamented.
The report explains that global freshwater reserves have been shrinking for about a decade and paints a deeply worrying picture regarding future access to freshwater, a situation driven by our disastrous management of this resource and the direct consequences of global warming.
The report reveals that 2025 was one of the driest years of the last three and a half decades in terms of global river discharge. Flow rates were below normal across 36% of the planet’s river basin areas. It also marked the seventh consecutive year in which rivers with near-normal flow rates remained a distinct minority.
Groundwater aquifers, glaciers, snow, soil moisture, lakes, and other land-based freshwater reserves act as buffers during droughts and dry seasons. They serve as the planet’s « savings account, » yet we are depleting it.
In 2025, nearly two-thirds of monitored groundwater wells fell outside their normal range. Most striking of all is the melting of glaciers, which act as natural water towers. For the fourth consecutive year, all major glacial regions across the globe have recorded ice loss. Over the past three years, glaciers have lost 1,400 gigatonnes of ice—equivalent to 30% of all freshwater withdrawn annually worldwide.
The WMO report explains that the water cycle has become increasingly irregular and unpredictable. Disasters are on the rise, particularly in Africa and Asia, which account for more than 80% of the fatalities. The recent disaster in Nepal is a stark example of the situation.
The UN weather agency is not optimistic about the coming months. The risk of floods and droughts in parts of the world is likely to increase due to El Niño, which is particularly strong this year.
In its report’s conclusion, the WMO emphasizes that the observed changes cannot be attributed solely to global warming; pressure on water resources and natural variability also play a role. Governments must now prepare for a « shift in baselines, » as historical data are becoming less reliable for predicting future conditions. « The situation 30 years ago is not the situation today. » The WMO calls for strengthened monitoring, increased data sharing, and the development of early warning systems to enable countries to adapt to hydrological conditions that have already undergone profound changes.
You can find the WMO report at this address:
https://news.un.org/fr/story/2026/09/1159487

On vous avait prévenus !

Cela fait des années que je fais partie de ceux qui alertent sur le réchauffement climatique et mettent en garde sur ses conséquences. À titre personnel, c’est en survolant et visitant les zones glaciaires en Alaska que j’ai pris conscience de l’ampleur du phénomène. Comme je l’ai déjà écrit, l’Arctique se réchauffe 3 ou 4 fois plus vite que le reste de la planète.

Glacier Columbia en Alaska (Photo: C. Grandpey)

J’ai eu confirmation de la fonte des glaciers dans les Alpes où je me rends régulièrement depuis ma tendre enfance. Les photos du glacier des Bossons et de la Mer de Glace devraient alerter l’ensemble de la population et clouer le bec aux climatosceptiques.

La Mer de glace, une mer morte (Photo: C. Grandpey)

Les effets du réchauffement climatique se font véritablement sentir depuis les années 1970. Le nombre de catastrophes ne fait que s’amplifier et va de pair avec l’accroissement phénoménal des émissions et concentrations de CO2 dans l’atmosphère. La Courbe de Keeling à laquelle je fais souvent référence devrait, elle aussi, alerter ceux qui nous gouvernent.

Les concentrations de CO2 dépassent actuellement les 429 ppm, ce qui est énorme (Source: Scripps Institution of Oceanophaphy)

Mais non ; les politiques (ceux à la tête des États) se plaisent à pratiquer la politique de l’autruche et se passent la patate chaude du réchauffement climatique sans vraiment prendre les mesures qui s’imposent. D’ailleurs, on ne parle plus aujourd’hui de mesures préventives, mais de mesures d’adaptation aux conséquences du réchauffement climatique. Pourtant, nous en prenons régulièrement plein la figure. Les inondations catastrophiques qui ravagent plusieurs régions de France nous montrent l’ampleur de la crise climatique. L’expression à la mode est « Du jamais vu ! ». mais que, malheureusement, on reverra.

Certains disent que ces inondations sont une bonne chose pour lutter contre la sécheresse. Sauf que les sols inondés n’absorbent plus l’eau de pluie qui va directement dans l’océan. Comme l’a indiqué sur France Info, Esther Crauser-Delbourg, économiste de l’eau et fondatrice de Water Wiser, cette pluie abondante « ne nous assure pas d’avoir un été tranquille », sans sécheresse. « Si jamais en mars ou en avril il y avait une forme de sécheresse et si l’été devient caniculaire, on pourrait à nouveau parler d’enjeux de sécheresse. »

Source : presse régionale

Le mois de février a été doux et humide en France, ce qui a favorisé d’abondantes chutes de neige en montagne, avec des avalanches à la clé, mais il ne faut pas se tromper. Cela ne met pas à l’abri les stations de basse et moyenne montagne de difficultés dans les prochaines années. La limite pluie-neige s’élevant régulièrement, l’or blanc ne durera pas éternellement. Même chose pour les glaciers dont la zone d’alimentation ne parvient plus à générer la glace nécessaire à leur survie.

Dernier point à ne pas oublier, les catastrophes climatiques auxquelles nous sommes confrontés vont nous coûter un argent fou. S’agissant des inondations, une fois l’eau retirée, il va falloir panser les plaies et les compagnies d’assurance vont devoir débourser des sommes colossales. Comme l’a indiqué Esther Crauser-Delbourg, la facture de ces intempéries sera extrêmement chère et s’élèvera à plusieurs milliards d’euros. « Le problème, c’est que les fonds de subvention de l’État ne se comptent qu’en millions donc on n’a pas assez d’argent pour couvrir ». L’économiste recommande d’« investir encore plus d’argent sur l’adaptation pour ne pas que cela se reproduise ». Pas évident au vu de l’état des finances françaises en ce moment. Les primes d’assurances vont sérieusement augmenter ; cela ne fait guère de doute !

Le réchauffement climatique et l’eau (2ème partie) : les phénomènes extrêmes

Comme je l’ai écrit dans ma note du 18 juin 2025, le changement climatique augmente la probabilité et la gravité des phénomènes météorologiques extrêmes tels que les inondations et les sécheresses. La hausse globale des températures accroît la quantité d’humidité que peut contenir l’atmosphère, ce qui entraîne une multiplication des tempêtes et des fortes pluies, mais aussi, paradoxalement, des périodes de sécheresse plus intenses, car l’eau s’évapore davantage des terres et les schémas météorologiques mondiaux se modifient. Le GIEC ne cesse de rappeler que chaque degré supplémentaire de réchauffement de la planète accroît les risques de sécheresse et d’inondation, ainsi que les dommages sociétaux qui en découlent.
Selon la Banque Mondiale, les catastrophes liées à l’eau ont fait la Une de l’actualité au cours des 50 dernières années et représentent 70 % de tous les décès liés aux catastrophes naturelles. Depuis 2000, les catastrophes liées aux inondations ont augmenté de 134 % par rapport aux deux décennies précédentes.

Le nombre et la durée des sécheresses ont également augmenté de 29 % au cours de cette même période. La plupart des décès liés à la sécheresse se sont produits en Afrique.

Le Sahel est l’une des régions du monde qui subit le plus durement les effets de la sécheresse

Afin de réduire l’impact de ces phénomènes extrêmes – inondations et sécheresses – le rapport des Nations Unies propose quelques pistes. Par exemple, des écosystèmes aquatiques sains et une meilleure gestion de l’eau peuvent réduire les émissions de gaz à effet de serre et offrir une protection contre les risques climatiques.
Il est indispensables de protéger les zones humides telles que les mangroves, les herbiers marins, les marais et les marécages qui sont des puits de carbone très efficaces ; ils absorbent et stockent le CO2, contribuant ainsi à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les zones humides servent également de protection contre les phénomènes météorologiques extrêmes. Elles constituent un bouclier naturel contre les ondes de tempête et absorbent l’excès d’eau et de précipitations. Grâce aux plantes et aux micro-organismes dont elles regorgent, les zones humides permettent également de stocker et de purifier l’eau.

 Les mangroves sont des puits de carbone très efficaces (Photo: C. Grandpey)

Le rapport des Nations Unies recommande le développement des systèmes d’alerte précoce en cas d’inondations, de sécheresses et d’autres risques liés à l’eau. Ces systèmes peuvent réduire considérablement les risques de catastrophe. Selon l’OMM, un avertissement lancé 24 heures avant l’arrivée d’une tempête peut contribuer à réduire de 30 % les dommages qui s’ensuivent.
Pour finir, l’agriculture intelligente, qui a recours à l’irrigation au goutte-à-goutte et à d’autres moyens d’utiliser l’eau plus efficacement, peut contribuer à réduire la demande en eau douce.

Source : Nations Unies.

Environnement : 2024, une année catastrophique

Les 10 plus grosses catastrophes climatiques de 2024 ont coûté au moins 200 milliards d’euros. C’est la conclusion d’un rapport international publié le 30 décembre 2024 sur le coût des événements climatiques à répétition. Ce chiffre est un plancher minimum et ne comprend pas les dégâts causés par le cyclone Chido à Mayotte. De son côté, le groupe Swiss estime les pertes économiques à 310 milliards, soit une hausse de 6% par rapport à 2023. Les dommages couverts par les assureurs devraient atteindre 135 milliards de dollars, en hausse de 17% sur un an.

Le rapport, publié par Christian Aid, une organisation humanitaire britannique, dresse la liste des tempêtes et inondations qui ont coûté le plus cher cette année dans le monde. On trouve en tête de ce classement l’ouragan Milton (25 morts et  60 milliards de dégâts) qui a frappé les États-Unis en octobre. Juste derrière, il y a l’ouragan Hélène qui a touché le Mexique, Cuba et la Floride en septembre.

Aucune zone du monde n’a été épargnée par les événements extrêmes en 2024. On trouve en effet dans le classement les inondations de juillet en Chine, le typhon Yagi qui a fait plus de 800 morts en Asie du Sud-Est en septembre et plus près de nous, la tempête Boris qui a fait 26 morts en Europe centrale en septembre, ou les inondations de Valence en Espagne avec 226 morts en octobre 2024.

Au total, les dix événements les plus destructeurs ont généré plus de 200 milliards d’euros de dégâts, c’est plus de deux fois le budget de l’Éducation nationale en France, par exemple. Les auteurs du rapport sont persuadés que le coût réal des aléas climatiques dépasse très probablement les 200 milliards car leur travail considère avant tout le coût des biens matériels qui sont assurés, et dont la valeur est chiffrée, mais les pertes humaines ne sont pas vraiment prises en compte.

De plus, les dégâts causés par les sécheresses et les canicules, moins impressionnants sur le plan matériel, sont aussi sous-estimés. Pourtant en 2024, année la plus chaude jamais enregistrée sur Terre, les températures de plus de 50 degrés qui ont touché l’Arabie saoudite, l’Inde ou la Thaïlande ont fait plus de 1 000 morts, et la famine due à la sécheresse menace 26 millions de personnes en Afrique actuellement.

Ces événements destructeurs ont, bien sûr, un impact sur le coût des assurances et il faut s’attendre à une hausse significative des polices d’assurances dans les prochaines années.

L’année 2024 a été exceptionnelle en termes de catastrophes climatiques mais ce genre de bilan le sera de moins en moins car les études montrent que presque tous ces évènements ont été exacerbés par le réchauffement climatique. Nous entrons dans une zone dangereuse, « un territoire inconnu », indiquent de nombreux scientifiques.

Nos politiques faisant passer leurs carrières avant les mesures à prendre pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, les futures générations ont de quoi s’inquiéter. Quant aux COP, elles sont l’inutilité de la planète, avec à la clé un bilan carbone catastrophique. Les dernières COP ont eu lieu chez les producteurs de pétrole ; il ne fallait donc rien espérer. Pire, la COP29 s’est conclue, à l’arraché, histoire de sauver la face, par un accord de financement de la transition énergétique en deçà de ce qu’espéraient les pays en développement, victimes du réchauffement climatique sans en être la cause. ,

Source : France Info et presse nationale.

Cyclone Helene (Source: NASA)