Volcans du monde // Volcanoes of the world

Plusieurs événements ont été signalés depuis ma dernière note sur l’activité volcanique dans le monde.

Le Sakurajima (Japon) est entré en éruption le 24 juillet 2022. Le niveau d’alerte volcanique est passé de 3 à 5, le plus élevé. Les matériaux éjectés par le volcan sont retombés jusqu’à 2,5 kilomètres du cratère, mais il n’est pas fait état de blessés suite à l’éruption qui s’est produite vers 20h05 (heure locale). Deux quartiers proches de Kagoshima, comprenant quelques centaines d’habitants, ont été évacués.

Le 25 juillet, les scientifiques de la JMA ont effectué une visite sur le terrain et ont confirmé que des bombes étaient retombées à plus de 2,4 km de la bouche éruptive. Ils ont aussi remarqué des retombées de cendres dans une zone allant de Shirahamacho à Kurokamicho. Dans les jours suivants, quelques petites explosions ont généré des panaches qui se sont élevés jusqu’à 2,2 km au-dessus du cratère. La déformation de l’édifice volcanique était stable.
Source : The Japan Times, Japan Meteorological Agency.

Le Sakurajima et la ville de Kagoshima (Crédit photo: Wikipedia)

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Un séisme de magnitude M 4,4 s’est produit à 4,3 km au nord-est de la caldeira du Bárðarbunga (Islande) le 24 juillet 2022 dans l’après-midi. Moins d’une demi-heure plus tard, un événement de M 4,9 a été enregistré dans la même zone. Les hypocentres des deux événements étaient à environ 2 km de profondeur.
Les séismes dans le secteur du Bárðarbunga, dans le parc national de Vatnajökull, se produisent fréquemment car la zone est toujours en cours de stabilisation depuis l’éruption dans l’Hóluhraun en 2014.
Un séisme de M 3,3 a déjà été enregistré dans la région en juin, tandis que des événements de M 3,2 et M 4,8 ont été signalés au cours des mois précédents.
Tous ces séismes ne sont pas des signes d’une éruption imminente dans la région.
Source : Met Office islandais.

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En Sicile, une série d’explosions a été enregistrée dans la zone cratèrique nord du Stromboli le 25 juillet 2022. La plus forte explosion a eu lieu à 02h56. Les matériéux éjectés par l’éruption sont retombés en abondance le long de la Sciara del Fuoco, mais la zone du Pizzo n’a pas été affectée.

L’INGV indique qu’un débordement de lave s’est produit au niveau du cratère nord dans la soirée du 27 juillet 2022. Le tremor a montré une légère augmentation au moment de l’événement et a retrouvé les valeurs précédentes au bout d’une trentaine de minutes. Tous les paramètres sont revenus à la normale le matin du 28 juillet.
Le débordement de lave survient deux jours après une série d’explosions dans la zone cratèrique.
Source : INGV.

Photo: C. Grandpey

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L’activité volcanique est relativement faible depuis quelque temps sur le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). Aucun événement majeur n’a été observé.

De nombreux éboulements se sont produits dans le secteur de la Rivière de l’Est. Ils sont liés aux intempéries qui ont frappé l’île ces derniers temps. Contrairement à ce qu’ont affirmé certains médias, ces éboulements ne sont pas liés à l’activité du volcan mais à des instabilités le long du rempart suite aux intempéries. Pas de quoi annoncer l’arrivée d’une éruption imminente du volcan! On peut lire dans les derniers bulletins de l’OVPF : « Bien qu’une inflation du volcan soit enregistrée depuis la fin de la dernière éruption en janvier dernier, traduisant une réalimentation en magma du réservoir superficiel, aucune activité sismique n’est actuellement enregistrée sous la zone sommitale du volcan. »

Source: Réunion la 1ère.

 

Photo: C. Grandpey

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L’éruption du Pavlof (Alaska) se poursuit au niveau d’une bouche sur son flanc Est, juste en dessous du sommet. On observe toujours des épisodes de tremor et des températures de surface élevées, ainsi que de petites explosions.
Des épisodes de spattering et des fontaines issues de la bouche active sur le flanc Est du volcan se produisent depuis la mi-novembre 2021. Les éruptions précédentes du Pavlof montrent que le comportement du volcan peut changer rapidement. Une activité éruptive importante peut se produire sans prévenir.
La couleur de l’alerte aérienne reste à Orange.

Source: AVO.

Crédit photo: AVO

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Une hausse de l’activité sismique est enregistrée depuis mai 2022 sous le complexe volcanique Chiles-Cerro Negro (Colombie), à cheval sur la frontière entre la Colombie et l’Équateur. La sismicité comprend des événements volcano-tectoniques et de longue période.
On ne connaît pas d’activité éruptive récente pour les volcans Chiles et Cerro Negro. Il y a eu plusieurs épisodes significatifs de sismicité sous ce complexe volcanique ces dernières années.
L’activité sismique actuelle a atteint un pic le 25 juillet 2022 avec un séisme de M 5,6 et une série de répliques. Elle s’est accompagnée d’une déformation verticale du sol et de changements dans la composition des fluides de surface associés au système hydrothermal. Ces phénomènes semblent indiquer une source magmatique probablement plus proche de la surface.
L’interaction complexe entre le système magmatique, les failles tectoniques de la règion, sans oublier le système hydrothermal, peut expliquer l’activité observée dans cette zone.
Source : Instituto Geofisico.

Chiles-Cerro Negro (Source: GVN)

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Dans une note publiée le 23 mai 2022, j’indiquais qu’en mai 2022, un petit essaim sismique avait été enregistré au niveau du lac Taupo (Nouvelle-Zélande). Les scientifiques locaux ont alors expliqué que de tels essaims sont normaux et que plusieurs sont enregistrés chaque année. Les séismes dans la région du lac Taupo ont en général des hypocentres inférieurs à 15 km. Les essaims peuvent être liés aux failles actives de la Zone Volcanique de Taupo et aux processus volcaniques des volcans de la caldeira.
En 2022, cinq foyers sismiques ont été recensés, sous la partie centrale du lac Taupo, au nord du lac à Wairakei, Rotokawa et Ngatamariki, et à Tūrangi. Les clusters de Wairakei, Rotokawa et Ngatamariki sont probablement liés à une activité géothermale. Le cluster de Tūrangi est probablement causé par un mouvement de faille. Le foyer sismique situé sous la partie centrale du lac Taupo, qui recouvre le volcan Taupo, connaît une hausse de son activité depuis mai 2022.
Une activité sismique comme celle que l’on observe actuellement est courante dans la région du lac Taupo et se produit toutes les quelques années.
Source : GéoNet.

Photo: C. Grandpey

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Several events have been reported since my previous post about volcanic activity around the world.

Sakurajima (Japan) erupted on July 24th, 2022. The volcano alert level was raised from 3 to 5, the highest level. The material ejected by the volcano fell as far as 2.5 kilometers from the crater, but there were no immediate reports of injuries following the eruption that occurred around 8:05 p.m., (local time). Two districts including a few hundred residents close to Kagoshima were evacuated.

On July 25th, JMA scientists conducted a field visit and confirmed that bombs were deposited more than 2.4 km from the vent and observed ashfall in an area from Shirahamacho to Kurokamicho. In the following days, a few small explosions generated plumes that rose as high as 2.2 km above the crater. Deformation had stagnated.

Source: The Japan Times, Japan Meteorological Agency.

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An M 4.4 earthquake occurred 4.3 km northeast of the Bárðarbunga caldera (Iceland) on July 24th, 2022 in the afternoon. Less than half an hour later, an M 4.9 event was recorded in the same area. The hypocenters of both events were about 2 km deep.

Earthquakes around Bárðarbunga, which is located in Vatnajökull National Park, occur frequently because the area is still stabilising from the 2014 Hóluhraun eruption.

An M 3.3 earthquake already occurred in the area in June, while M 3.2 and M 4.8 events were reported in months prior to that.

All these earthquakes are not signs of an impending eruption in the region.

Source: Icelandic Met Office.

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In Sicily, a series of explosions was registered at Stromboli’s North crater area on July 25th, 2022. The strongest explosion took place at 02:56. The material produced by the eruption fell abundantly along the Sciara del Fuoco, but the Pizzo area was not affected.

INGV indicates that a lava overflow occurred at the North Crater in the evening of July 27th, 2022. The tremor showed a slight increase at the moment of the event andreturned to previous values in about 30 minutes. All parameters returned to normal in the morning of July 28th.

The lava overflow comes two days after a series of explosions in the crater area.

Source: INGV.

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Volcanic activity has been relatively low for some time on Piton de la Fournaise (Reunion Island). No major event was observed.
Numerous landslides occurred in the Rivière de l’Est area. They are linked to the bad weather that has hit the island lately. Contrary to what some media have said, these landslides are not linked to volcanic activity but to instabilities along the rampart following the bad weather. Not enough to announce the arrival of an imminent eruption of the volcano! One can read in the latest OVPF bulletins: « Although an inflation of the volcano has been recorded since the end of the last eruption in January, in relation with the refilling of the surface reservoir, no seismic activity is currently recorded. beneath the summit area of the volcano. »
Source: Réunion la 1ère.

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The eruption of Pavlof (Alaska) continues from the active vent on its east flank, just below the summit. Seismic tremor and elevated surface temperatures are observed in satellite data, as well as minor explosions.

Periods of lava spatter and fountaining from the vent on the volcano’s upper east flank have been occurring since mid-November 2021. Previous eruptions of Pavlof indicate that the level of unrest can change quickly. Significant eruptive activity can occur with little or no warning.

The Aviation Color Code remains at Orange.

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An increase in seismic activity has been recorded since May 2022 under the Chiles-Cerro Negro volcanic complex (Colombia) , astride the Colombia-Ecuador border. The seismicity includes volcano-tectonic and long-period earthquakes.

There are no confirmed historical records of eruptive activity for the Chiles and Cerro Negro volcanoes. There were several episodes of increased seismicity under this volcanic complex in recent years.

The current seismic activity reached a peak on July 25th, 2022 with an M 5.6 earthquake and series of aftershocks. It was accompanied by a vertical deformation of the ground and changes in the composition of the surface fluids associated with the hydrothermal system, suggesting a magmatic source probably closer to the surface.

The complex interaction between the magmatic system, the regional tectonic faults and the hydrothermal system may account for the processes that occur in this zone.

Source: Instituto Geofisico.

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In a post released on May 23rd, 2022, I indicated that in May 2022, a small seismic swarm had been recorded at Lake Taupo (New Zealand). Local scientists explained that such swarms are normal and several are recorded each year. Earthquakes in the Lake Taupo area are typically shallower than 15 km. The swarms can be related to the active faults in the Taupo Volcanic Zone and volcanic processes at the caldera volcanoes.

In 2022, five clusters have been active, beneath the central part of Lake Taupo, north of the lake at Wairakei, Rotokawa, and Ngatamariki, and at Tūrangi. The clusters at Wairakei, Rotokawa, and Ngatamariki are generally interpreted as being related to geothermal power development, and the cluster at Tūrangi is probably caused by typical fault movement. The cluster beneath the central part of Lake Taupo, that overlies the Taupo volcano, has seen an increase in activity since May 2022.

Earthquake activity like this has been common in the Lake Taupo area, occurring every few years.

Source: GeoNet.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Retour de la lave dans les volcans et émeutes en République Démocratique du Congo // Lava is back in the volcanoes ; riots in DRC

Dans un article publié le 26 juillet 2022 sur le site Futura Sciences, on peut lire: « Les images satellite récentes sont formelles : [le Nyiragongo et le Nyiamulagira], deux volcans très actifs de la République démocratique du Congo, sont en éruption en ce moment ! L’activité éruptive semble avoir repris au fond du cratère du Nyiragongo, après la vidange de son célèbre lac de lave en mai 2021, et l’éruption du Nyamulagira continue, avec des coulées de lave qui envahissent la caldeira sommitale. »

La situation semble donc avoir évolué depuis le mois de janvier 2022 quand un survol du volcan montrait « un point d’incandescence au fond du gouffre »

Le 23 juin 2022, l’Observatoire Volcanique de Goma (OVG) dressait un bilan complet de la situation.

https://acpcongo.com/index.php/2022/06/23/les-volcans-nyiragongo-et-nyamulagira-demeurent-toujours-actifs-selon-lobservatoire-volcanologique-de-goma/

L’Observatoire informait les populations de Goma, Gisenyi et de partout ailleurs que les volcans Nyiragongo et Nyamulagira demeurent actifs, selon les données instrumentales acquises pendant la période du 13 au 19 juin 2022. Les observations au cours de la période d’étude mettaient en exergue l’existence d’un lac de lave dans les cratères de ces deux volcans. Dans la soirée du 15 juin 2022, une lueur rouge était perceptible d’une manière intermittente au sommet du Nyiragongo par la population des localités proches du volcan.

D’après l’OVG, au regard de la puissance radiative enregistrée, le Nyamulagira est resté plus actif que le Nyiragongo. De plus, l’activité sismo-volcanique a été plus concentrée dans le cratère du Nyamulagira, à une profondeur variant entre 2 et 10 km.

Les mesures géodésiques et géochimiques montraient une certaine stabilité au mois de juin.

Dans la conclusion de son rapport, l’OVG recommande à la population de Goma et de ses environs de veiller sur ses matériels d’observation, de respecter les règles strictes d’hygiène, de ne pas consommer l’eau de pluie et de couvrir les aliments.

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En ce moment, la population de Goma et des environs semble au moins aussi active que les deux volcans. Le 25 juillet 2022, des rassemblements ont dégénéré en saccage et en pillage des locaux de la MONUSCO, la Mission de l’Organisation des Nations Unie pour la stabilisation en République Démocratique du Congo  . Les autorités congolaises déplorent au moins cinq morts et une cinquantaine de blessés à Goma. Selon des sources policières, à Butembo, le bilan est de dix morts, dont 7 manifestants et trois membres de la Monusco. Les manifestants réclament le départ de cette dernière. Ils la jugent inefficace à lutter contre les groupes armés dans l’est du pays. La Monusco est accusée d’avoir tiré depuis son QG sur les manifestants, ce qui est démenti par la mission. La Monusco a appelé à la désescalade, mais la situation reste tendue.

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In an article published on July 26th, 2022 on the Futura Sciences website, we can read: « Recent satellite images are definitive: [Nyiragongo and Nyiamulagira], two very active volcanoes in the Democratic Republic of Congo, are currently erupting. Eruptive activity appears to have resumed at the bottom of Nyiragongo crater, after its famous lava lake drained in May 2021, and Nyamulagira’s eruption continues, with lava flows invading the summit caldera. »
The situation therefore seems to have evolved since January 2022 when an overflight of the volcano showed « a point of incandescence at the bottom of the abyss »
On June 23rd, 2022, the Volcanic Observatory of Goma (OVG) drew up a complete assessment of the situation.

https://acpcongo.com/index.php/2022/06/23/les-volcans-nyiragongo-et-nyamulagira-demeurent-toujours-actif-selon-lobservatoire-volcanologique-de-goma/

The Observatory informed the populations of Goma, Gisenyi and everywhere else that the Nyiragongo and Nyamulagira volcanoes remain active, according to the instrumental data acquired during the period from June 13th to 19th, 2022. The observations during the period highlighted the existence of a lava lake in the craters of these two volcanoes. On the evening of June 15th, 2022, a red glow wasobserved intermittently at the summit of Nyiragongo by the population of communities near the volcano.
According to OVG, with regard to the radiative power recorded, Nyamulagira remained more active than Nyiragongo. In addition, the seismo-volcanic activity was more concentrated in the Nyamulagira crater, at a depth varying between 2 and 10 km.
Geodetic and geochemical measurements showed some stability in June.
In the conclusion of its report, OVG recommends to the population of Goma and its surroundings to watch over their observation equipment, to respect the strict rules of hygiene, not to consume rainwater and to cover food.
If there is a lava lake in Nyiragongo, it appears less voluminous than the one that triggered the May 22nd, 2021 eruption.

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At this time, the population of Goma and surrounding areas appears to be at least as active as the two volcanoes. On July 25th, 2022, rallies degenerated into ransacking and looting of the premises of MONUSCO, the United Nations Organization Stabilization Mission in the Democratic Republic of the Congo. The Congolese authorities deplore at least five dead and fifty injured in Goma. According to police sources, in Butembo, the death toll is ten, including 7 demonstrators and three members of Monusco. The demonstrators demand the departure of the latter. They consider it ineffective in the fight against armed groups in the east of the country. Monusco is accused of having fired from its HQ on the demonstrators, which is denied by the mission. Monusco has called for de-escalation, but the situation remains tense.

Le lac de lave du Nyiragongo a-t-il retrouvé sa splendeur d’autrefois? Probablement pas, si on se réfère aux images satellitaires (Source: Wikipedia)

Réchauffement climatique : la fonte du Groenland s’accélère // Global warming : Greenland is melting faster

Comme je l’ai écrit dans des notes précédentes, l’Arctique se réchauffe beaucoup plus rapidement que le reste du monde. Ainsi, il fait de plus en plus chaud au Groenland. À la mi-juillet, la température a suffisamment augmenté pour faire fondre 18 milliards de tonnes de glace sur une période de trois jours, à raison d’environ 6 milliards de tonnes par jour. Une grande partie de la fonte s’est produite dans le nord du Groenland, avec une arrivée d’air chaud de l’archipel arctique canadien. Il y a aussi la présence d’un dôme de hautes pressions au-dessus du Groenland. C’est l’ensemble de ces facteurs qui a provoqué un événement de fonte tout à fait remarquable et inhabituel.
Les scientifiques mettent en garde contre la fonte rapide de la calotte glaciaire du Groenland et affirment que ce qui s’est passé entre le 15 et le 17 juillet 2022 va de nouveau contribuer à une hausse du niveau des océans dans le monde.
Les températures varient au Groenland, mais les zones les plus froides se trouvent en haute altitude, vers le centre de la calotte glaciaire. Dès que les températures dépassent 0°C, la fonte commence. À la mi-juillet, les températures étaient d’environ 15°C, soit 5 degrés de plus que la normale pour cette période de l’année.
Un événement de fonte de ce type ne s’était jamais produit dans les années 1980 et 1990, mais à partir des années 2000 – surtout depuis 2010 – la fonte s’est accélérée. Elle est actuellement deux fois plus importante que la normale. Elle fait partie des deux plus grandes fontes de la calotte glaciaire après les événements de fonte de 2012 et 2019. En 2019, l’eau de fonte a atteint environ 527 milliards de tonnes. Jusqu’à présent, la fonte est bien inférieure aux niveaux de 2019. Malgré tout, la situation est plus importante sur les calottes glaciaires du Svalbard, au nord de la Norvège.
Source : USA Today, Yahoo Actualités.

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As I put it in previous posts, the Arctic is warming much faster that the rest of the world. It is getting hotter in GreenlandBy mid-July, temperatures rose enough to cause 18 billion tons of the ice sheet to melt over a three-day period, at a rate of about 6 billion tons per day. Much of the melting came from northern Greenland because warm air drifted over from the Canadian Arctic Archipelago.There is also a high-pressure dome over Greenland. Together, they created an unusually extensive melt event.

Scientists have warned about the impending fate of Greenland’s ice sheet and say what happened between July 15th and 17th, 2022 is the latest massive melting event contributing to an increase in the global sea level.

Temperatures vary over Greenland, but the coldest temperatures are in areas of high elevation, toward the center of the ice sheet. Once temperatures are above 0°C, the melting begins. By mid-July, temperatures were around 15°C, or 5 degrees warmer than normal for this time of year.

A melt event of this sort never occurred in the 1980s and 1990s, but starting in the 2000s – especially since 2010 – the melting has been more extensive. The melt is currently two times larger than normal. It is among two of the largest melts in the ice sheet history after the 2012 and 2019 melting events; in 2019, the runoff was about 527 billion tons. So far, the total melt is far below 2019 levels, however, the situation is more significant over the Svalbard ice caps at the North of Norway.

Source: USA Today, Yahoo News.

Photo: C. Grandpey

Glaciers : des chiffres qui donnent le tournis // Glaciers: figures that make you dizzy

2022 ne sera vraiment pas une bonne année pour les glaciers. Ils fondent partout dans le monde et les Alpes ne font pas exception. Cependant, le réchauffement climatique est plus sévère en Europe qui doit faire face à des vagues de chaleur plus intenses que d’autres parties du monde. En conséquence, les glaciers d’Italie, de France, de Suisse, d’Autriche fondent à une allure vertigineuse.
Les glaciers comptent parmi les meilleurs indicateurs du réchauffement climatique, avec des signes de recul qui remontent à un siècle en certains endroits. Les scientifiques ont pu suivre leur évolution à l’aide de photographies anciennes qu’ils ont pu comparer à celles obtenues aujourd’hui avec des méthodes plus modernes.
Les vagues de chaleur qui frappent l’Europe en 2022 et font fondre les glaciers accélèrent leur fréquence trois à quatre fois plus rapidement que dans d’autres parties de l’hémisphère nord. Une étude menée par des chercheurs du Potsdam Institute for Climate Impact Research (Allemagne), publiée en juillet 2022, montre que les vagues de chaleur doivent leur fréquence et leur intensité aux changements subis par le jet-stream au cours des dernières décennies. Les auteurs de l’étude ajoutent que les modèles climatiques actuels sous-estiment la vitesse du réchauffement climatique en Europe. On peut lire que « si les modèles ne représentent pas avec précision la variabilité du jet- stream, cela peut entraîner une sous-estimation significative des tendances futures des vagues de chaleur en Europe occidentale ».
En Suisse, environ la moitié de la surface de glace a disparu au cours des 90 dernières années. Dans les Alpes italiennes, environ un tiers de tous les glaciers ont disparu depuis les années 1960. Une grande partie de cette perte est récente et s’accélère. Un inventaire de tous les glaciers des Alpes publié en 2019 a révélé une diminution de leur superficie d’environ 15 % depuis 2003. La vitesse de perte au cours des 10 dernières années est d’environ 2 % par an, mais l’année 2022 sera probablement très mauvaise. année pour la fonte de la glace. Avec peu de neige au cours de l’hiver passé et la chaleur intense de l’été, les glaciers accusent le coup.
Les auteurs de l’étude mentionnée ci-dessus expliquent également que même si le monde parvient à atteindre ses objectifs climatiques, à savoir les promesses faites dans le cadre de l’Accord de Paris, et réussit à réduire à zéro les émissions de gaz à effet de serre d’ici le milieu du siècle, on aboutira à une perte glaciaire d’environ 60 % d’ici 2100. Par contre, si le monde continue à utiliser des combustibles fossiles comme à l’heure actuelle, et si les émissions polluantes continuent d’augmenter, cela conduira à un paysage où les glaciers auront pratiquement disparu.
La fonte des glaciers alpins aura des effets de grande ampleur. Il y a des dangers pour les randonneurs et les alpinistes, comme lors de l’effondrement du glacier de la Marmolada en Italie. Il y a aussi de graves conséquences pour le tourisme, l’hydroélectricité et l’agriculture. Les glaciers jouent un rôle énorme dans l’industrie du ski, en particulier le ski d’été. Le recul des glaciers pourrait menacer toute cette industrie.
Une étude de 2018 a révélé que dans une région italienne, 20 % de l’eau utilisée pour la production hydroélectrique était l’eau de fonte des glaciers. L’agriculture sera un autre gros problème si les glaciers disparaissent. La sécheresse de 2022 en Italie a conduit le gouvernement à déclarer l’état d’urgence dans la vallée du Pô. Les glaciers ne peuvent pas résoudre ce problème, mais ils peuvent contribuer à apporter des solutions.
Comme je l’ai expliqué dans plusieurs notes, le recul rapide des glaciers conduit à des idées innovantes pour essayer de les sauver.Certaines régions essayent de les protéger avec une couverture blanche, comme sur les glaciers de Presena en italie, du Rhône en Suisse, ou encore la Mer de Glace en France. Couvrir les glaciers avec une bâche blanche renvoie la lumière du soleil vers l’atmosphère, empêche l’évaporation et la fonte. Une étude qui a testé cette initiative dans le nord de l’Italie a révélé que la fonte d’un glacier bâché était réduite jusqu’à 69% par rapport à un glacier non couvert.
Malheureusement, bien que bâcher un glacier soit réalisable pour les stations de ski essayant de préserver de petites parcelles de glacier, cela est impossible à grande échelle. Selon une étude de 2021, seulement 0,02 % de la superficie des glaciers suisses était couverte, et bien que les couvertures aient pu empêcher jusqu’à 350 000 mètres cubes de perte de glace par an entre 2005 et 2019, cela a coûté jusqu’à 8 francs suisses par mètre cube (un franc suisse équivaut environ à un dollar). La Suisse à elle seule perd environ un milliard de mètres cubes de glace chaque année, et il semble impensable de dépenser chaque année plusieurs milliards pour protéger les glaciers avec cette technique. Outre le prix, les difficultés logistiques liées à la couverture d’immenses étendues de glacier avec du tissu – ou de la neige artificielle – sont probablement trop difficiles à surmonter. Bref, si on veut protéger durablement les glaciers, la seule solution est de réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre.
Source : GRID..

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2022 will definitely not be a good year for the glaciers. They are melting everywhere around the world and the Alps are no exception. However, global warming is more severe in Europe which is facing more intense heat waves than other parts of the world. As a consequence, the glaciers in Italy, Switzerland, Austria and elsewhere in Europe are melting faster than ever.

Glaciers have long provided one of the best indicators of a warming climate, with signs of retreat dating back a century in some places. Scientists have been able to track changes using old photographs and comparing them with those obtained today with more modern methods.

The heat waves pounding Europe this summer and melting the glaciers are accelerating in frequency three to four times more rapidly than in other parts of the northern hemisphere. A study by researchers from the Potsdam Institute for Climate Impact Research in Germany, published in July 2022, shows that the heat waves owe their frequency and strength to atmospheric changes to jet streams over the last several decades. The study’s authors have noted that current climate models underestimate the speed of European warming. One can read that“if models do not accurately represent the variability of the jet stream this could result in a significant underestimation of future heatwave trends over western Europe.”

In Switzerland, about half of glacial ice has been lost over the last 90 years. In the Italian Alps, about one-third of all glaciers have disappeared since the 1960s. Much of this is recent, and accelerating. An inventory of all the glaciers of the Alps published in 2019 found a decrease in area of about 15 percent since 2003. The rate of loss over the last 10 years or so is about 2 percent annually, but 2022 is destined to be a particularly bad year for melting ice. With little snow during the past winter and the continuing intense summer heat, the glaciers are not faring well.

The authors of the study also explain that even if the world manages to meet its climate targets, namely the promises made under the Paris agreement, and succeeds in cutting emissions toward zero by midcentury, glacial losses will total to about 60 percent by 2100. If the world fails and instead continues to use fossil fuel largely unabated and emissions keep rising, that will lead to a virtually ice-free landscape.

The melting of alpine glaciers will have meaningful and wide-ranging effects. There are dangers like those in the wake of the collapse at Marmolada in Italy, but there are also severe implications for tourism, hydropower and agriculture. Glaciers play a huge role in the skiing industry, with popular resorts relying on them for significant ski surfaces. The glaciers’ retreat could threaten the entire industry.

A 2018 study revealed that in one Italian region, 20 percent of the water used for hydropower production came from the runoff from glaciers. Agriculture will be another big problem if glaciers disappear. The 2022 drought in Italy has led the government to declare a state of emergency in the northern region of the Po River valley. Glaciers cannot solve this problem, but they could help.

As I explained in several posts, the glaciers’ rapid retreat has led to some innovative ideas on how they might be saved. One way is to protect them with a white blanket, like on the Presena ans Rhone glaciers, or else the Mer de Glace in France. Covering glaciers with a white tarpaulin reflects sunlight away from the ice, preventing evaporation and melt. A study, testing the idea in northern Italy, found that glacial melt was reduced by up to 69 percent compared with an uncovered glacier.

Unfortunately, while it may be useful for ski resorts or other places trying to preserve small patches of glacier, this is impossible at a large scale. Only 0.02 percent of Switzerland’s glacier area was covered, according to a 2021 study, and while the blankets may have prevented as much as 350,000 cubic meters of ice loss annually between 2005 and 2019, it came at a price of up to 8 Swiss francs per cubic meter (about the same in dollars). Switzerland alone loses around one billion cubic meters of glacial ice each year, and an annual price tag in the billions is probably out of the question. Aside from the price, the logistical difficulties of covering huge swathes of terrain with fabric – or artificial snow – are likely too much to overcome. In short, if we want to protect the glaciers for good in the long term, the only solution is to strongly reduce the emissions of greenhouse gases.

Source: GRID.

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Le glacier du Rhône a travers les âges:

1908 :

Carte postale

1981

 

Photo : C. Grandpey

2018

Photo : C. Grandpey