Fièvre Ebola, Goma et volcan Nyiragongo (République Démocratique du Congo)

L’inquiétude grandit dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) après l’annonce, le 17 mai 2026, du premier cas d’Ebola à Goma, qui abrite près de deux millions d’habitants. Les autorités redoutent une hausse des contaminations dans cette ville sous contrôle des rebelles du M23.

À l’échelle du pays, les autorités faisaient état de 136 décès « supposés » être liés à Ebola et d’environ 543 cas suspects le 19 mai.

La source de l’épidémie se situe dans le nord du pays, à la frontière avec l’Ouganda et le Soudan du Sud. C’est une région de mines d’or, mais aussi l’une des zones les plus troublées du pays, à la merci de groupes armés et où règne l’insécurité.

À Goma, l’inquiétude grandit. La ville est devenue quasiment inaccessible. Elle est contrôlée par la rébellion du M23 en guerre ouverte avec le pouvoir central de Kinshasa. L’aéroport international est fermé, tout comme la frontière avec le Rwanda. La population a le sentiment d’être coupée du monde. Il y a quelques années, l’ambassadeur de la RDC en France m’avait déjà déconseillé formellement de me rendre dans la région de Goma.

Cet isolement de Goma pourrait vite tourner à la catastrophe si d’autres cas d’Ebola apparaissaient dans la ville car se poserait le problème de l’acheminement de l’aide médicale et humanitaire.

Source : presse internationale.

Dans un tel contexte, il est bien évident que l’accès au volcan Nyragongo, situé à une vingtaine de kilomètres au nord de la ville de Goma, est totalement impossible. Il n’existe pas d’informations récentes de son activité. Les derniers bulletins de la Smithsonian Institution remontent à début juillet 2024. Il faut croiser les doigts pour qu’une éruption volcanique ne vienne pas rendre la situation de Goma encore plus désastreuse.

Dans un bulletin diffusé en juin 2024, le GVN avait signalé une forte reprise de l’activité du lac de lave entre octobre 2023 et mai 2024. Le lac de lave était particulièrement actif en juillet 2023. Malgré des observations satellitaires souvent difficiles entre août 2023 et février 2024, l’activité du lac de lave s’était poursuivie.

Début juillet 2024, une image satellite montrait une zone elliptique sombre de lave au fond du cratère du Nyiragongo. Des panaches de gaz et de vapeur semblaient s’échapper de deux bouches dans sa partie centrale. Les anomalies thermiques identifiées sur les images correspondaient à l’emplacement de la zone de lave, ainsi qu’à une petite zone plus claire en son centre. Aucune mention d’un lac de lave n’était faite dans le bulletin.

Source : Smithsonian Institution.

Situation très tendue à Goma (RDC) // Very tense situation in Goma (DRC)

L’ascension du volcan Nyiragongo sera-t-elle à nouveau possible un jour ? Ce n’est pas le cas actuellement et il faut croiser les doigts pour qu’une éruption ne se produise pas. Je ne vois vraiment pas comment aide et secours pourraient être acheminés en toute sécurité.

La situation à Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, est très tendue ces jours-ci. Les combats entre l’armée congolaise, soutenue par deux forces régionale et onusienne, et le groupe armé antigouvernemental M23, soutenu par le Rwanda, se sont intensifiés dans l’est de la République démocratique du Congo. Treize soldats étrangers – sud-africains, malawites et uruguayen – déployés au sein des forces venues épauler l’armée congolaise ont été tués le 24 janvier 2025

Le M23 (« Mouvement du 23 mars ») et 3.000 à 4.000 soldats rwandais ont rapidement gagné du terrain ces dernières semaines. Ils encerclent désormais presque complètement Goma qui compte un million d’habitants et au moins autant de déplacés.

Le 25 janvier 2025, l’Union européenne a exhorté le M23 à « arrêter son avancée » et le Rwanda à « se retirer immédiatement. » Une réunion d’urgence du Conseil de Sécurité sur la RDC est prévue aujourd’hui 27 janvier.

Les Nations unies ont commencé à évacuer leur personnel « non essentiel » de Goma vers l’Ouganda voisin et la capitale congolaise Kinshasa. Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont appelé leurs ressortissants à quitter Goma au plus vite, tant que l’aéroport et les frontières sont ouverts.

Dans l’est de la République démocratique du Congo riche en ressources naturelles, les conflits s’enchaînent depuis plus de trente ans. Selon l’ONU, 400.000 personnes ont été déplacées par les combats depuis début janvier 2025.

Malgré plusieurs tentatives, les médiations entre la République démocratique du Congo et le Rwanda ont échoué et aucun accord de paix ne semble se profiler.

Source : presse internationale.

À cette situation extrêmement tendue sur le terrain s’ajoutent les problèmes qui agitent l’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG) qui, depuis plusieurs mois, n’assure plus la surveillance des volcans Nyiragongo et Nyiamuragira.

Toutefois, les agents de l’Observatoire viennent de suspendre momentanément leur mouvement de  grève. Dans une déclaration à la presse  le 13 janvier 2025 , les grévistes ont décidé de reprendre la surveillance des volcans Nyiragongo et Nyamulagira, ainsi que du gaz méthane dans le lac Kivu, en attendant la totalité du paiement des arriérés par le Gouvernement congolais. Le président de la délégation syndicale de l’OVG donne au gouvernement un ultimatum de 30 jours pour que soit versé cet argent. Faute de quoi, la grève reprendra.

Source : presse locale.

Le Nyiragongo et la ville de Goma (Crédit photo: Mediacongo)

Crédit photo: Wikipedia

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Will climbing Nyiragongo volcano ever be possible again? It is not currently the case and we should keep our fingers crossed that an eruption does not occur. I really do not see how aid and relief could be delivered safely.
The situation in Goma, the capital of North Kivu province, is very tense these days. Fighting between the Congolese army, supported by two regional and UN forces, and the anti-government armed group M23, supported by Rwanda, has intensified in the eastern Democratic Republic of Congo. Thirteen foreign soldiers – South African, Malawian and Uruguayan – deployed as part of the forces that came to support the Congolese army were killed on 24 January 2025
The M23 (« March 23 Movement ») and 3,000 to 4,000 Rwandan soldiers have rapidly gained ground in recent weeks. They now almost completely surround Goma, which has a population of one million and at least as many displaced people.
On 25 January 2025, the European Union urged the M23 to « stop its advance » and Rwanda to « withdraw immediately. » An emergency meeting of the Security Council on the DRC is scheduled for today, 27 Januar, 2025.
The United Nations has begun evacuating its « non-essential » personnel from Goma to neighbouring Uganda and the Congolese capital Kinshasa. The United States, France and the United Kingdom have called on their citizens to leave Goma as soon as possible, as long as the airport and borders are open.
In the eastern Democratic Republic of Congo, which is rich in natural resources, conflicts have been raging for more than thirty years. According to the UN, 400,000 people have been displaced by the fighting since the beginning of January 2025.
Despite several attempts, mediations between the Democratic Republic of Congo and Rwanda have failed and no peace agreement seems to be on the horizon.
Source: international press.

Added to this extremely tense situation are the problems affecting the Goma Volcanological Observatory (OVG), which has not been monitoring Nyiragongo and Nyiamuragira for several months.
However, the Observatory’s agents have just temporarily suspended their strike action. In a statement to the press on January 13th, 2025, the strikers decided to resume monitoring the volcanoes, as well as methane gas in Lake Kivu, while waiting for the Congolese government to pay all arrears. The president of the OVG union delegation has given the government a 30-day ultimatum to pay this money. Otherwise, the strike will resume.
Source: local press.

Nyiamulagira (RDC) // Nyiamuragira (DRC)

Suite à la détection d’un important volume de gaz et de matériaux volcaniques dans le cratère du Nyamulagira (RDC) le 25 octobre 2024, la couleur de l’alerte aérienne a été relevée au Rouge. Le nuage de cendres s’élevait jusqu’à 4 km au-dessus du niveau de la mer. Le volcan présente une émission de lave continue et une forte activité sismique depuis début 2024. Ces derniers mois, l’activité a été marquée par des coulées de lave qui s’étiraient jusqu’à 7 km sur les versants nord et ouest du volcan.
Source : Toulouse VAAC, OVG.

On peut voir sur les réseaux sociaux une image qui montre l’éruption du Nyiamuragira (à gauche) et une lueur rouge au-dessus du Nyiragongo (à droite) qui trahit une activité au fond du cratère.

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Due to the detection of a significant volume of gas and volcanic material in the crater of Nyamulagira (DRC) on October 25th, 2024, the Aviation Color Code was raised to Red. The ash cloud was rising up to 4 km above sea level. The volcano has been showing continuous lava effusion and strong seismic activity since early 2024. In recent months, activity has been marked by continuous lava flows

Source : Toulouse VAAC, OVG.

Confirmation de l’éruption du Nyiamulagira (RDC) // The eruption of Nyiamulagira (DRC) has been confirmed

L’Observatoire volcanologique de Goma (OVG) a confirmé l’éruption du Nyamulagira, avec un panache qui s’élevait à 1 500 m au-dessus du sommet. Contrairement au Nyiragongo, les éruptions du Nyamulagira se limitent principalement au Parc des Virunga et n’ont pas menacé la ville de Goma. Le volcan se trouve à environ 25 km au N du lac Kivu et à 15 km au NE du Nyiragongo.
Le VAAC de Toulouse a publié un rapport à 13h45 (UTC) le 14 mars 2023 confirmant la hauteur du panache, mais a indiqué que les nuages ​​de cendres n’étaient pas visibles sur les images satellite en raison de la couverture nuageuse. Par précaution, la couleur de l’alerte aérienne a été élevée au Rouge.
Comme je l’ai déjà écrit, le 13 mars, une forte lueur a été observée au-dessus du volcan, accompagnée d’une activité sismique indiquant un mouvement de magma à faible profondeur vers le cratère central du Nyamulagira. L’OVG demandé aux habitants de Goma de rester calmes et de prendre des mesures de précaution en raison du risque de retombées de cendres sur la région.
L’OVG a indiqué que le lac de lave du Nyamulagira était resté actif du 13 au 19 février 2023, avec une faible sismicité et quelques séismes longue période détectés jusqu’à 15 km de profondeur le long de la fracture reliant le Nyamulagira et le Nyiragongo. De fortes concentrations de CO2 ont été mesurées dans les quartiers de Mazuku et du Lac Vert.
La Smithsonian Institution explique que le lac de lave dans le cratère sommital du Nyiamulagira est actif depuis au moins 1921. Il s’est vidangé en 1938 lors d’une éruption latérale majeure. Des coulées de lave récentes ont dévalé les flancs du volcans sur plus de 30 km jusqu’au lac Kivu. Elles ont couvert 1 500 km2 de la branche ouest du rift est-africain. Le volcan se trouve dans le Parc national des Virunga.

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The Goma Volcanic Observatory (OVG) has confirmed the eruption of Nyamulagira. A plume was observed rising 1 500 m above the summit. Unlike Nyiragongo, the eruptions of Nyamulagira have been primarily directed towards the Virunga Park or nearby roads and have been no threat to to town of Goma. The volcaano is located about 25 km N of Lake Kivu and 15 km NE of Nyiragongo.

The Toulouse Volcanic Ash Advisory (VAAC), released a report at 13:45 (UTC) on March 14th, 2023 that confirmed the plume’s height but noted that volcanic ash clouds were not visible on satellite imagery due to cloud cover. As a precaution, the Aviation Color Code was raised to Red.

As I put it before, on March 13th, a strong glow was observed at the volcano, accompanied by seismic activity indicating magma movement at shallow depths toward Nyamulagira’s central crater. The OVG urged Goma residents to remain calm and take precautionary measures because of the risk of ashfall on the rgion.

The OVG reported that Nyamulagira’s lava lake remained active from February 13th to 19th, 2023, with low seismicity and a few long-period earthquakes detected up to 15 km deep along the fracture connecting Nyamulagira and Nyiragongo. High concentrations of carbon dioxide were measured in the Mazuku and Lac Vert district areas.

The Smithsonian Institution explains that the lava lake in Nyiamulagira’s summit crater has been active since at least 1921. It drained in 1938, at the time of a major flank eruption. Recent lava flows extended down the flanks more than 30 km from the summit as far as Lake Kivu. They have covered 1 500 km2 of the western branch of the East African Rift. This volcano is located within the Virunga National Park.