Le manque de neige, un casse-tête pour les stations de ski

Le manque de neige dans la plupart des stations de ski de basse et moyenne montagne au cours des vacances de Noël 2022-2023 a confirmé ce que l’on savait déjà, mais que certains refusent toujours d’admettre : avec le réchauffement climatique, la neige va se faire de plus en plus rare dans ces stations. Celles situées à des altitudes plus élevées connaîtront des problèmes, elles aussi, mais un peu plus tard, en sachant que le réchauffement climatique est souvent plus rapide que les prévisions.

La chaîne France Info a choisi de prendre comme exemple de la situation actuelle Gresse-en-Vercors, le plus haut village du Vercors. Devant le manque de neige récurrent, les autorités locales se demandent s’il faut poursuivre les activités de ski. Le village a été obligé de fermer sa station pendant une grande partie des vacances de Noël 2022, faute de neige.

Continuer ou s’arrêter ? C’est le dilemme pour de nombreux petits villages dans les massifs français. Malgré le manque de neige, les habitants de Gresse ont fait le choix il y a deux ans, par référendum, d’installer neuf nouveaux canons à neige. A mes yeux, c’est une erreur car, pour que les enneigeurs fonctionnent, il faut une température inférieure de plusieurs degrés à zéro et la tendance climatique actuelle ne semble guère favorable à une telle situation. Sans parler des effets néfastes des enneigeurs pour l’environnement.

Le maire de la localité, élu en 2020, était contre ce projet. Il n’envisage pas de fermer la station, mais souhaite la voir évoluer. Du côté des partisans du maintien du ski coûte que coûte, la joie a été de courte durée. Avec ou sans canon, la station a dû fermer, comme beaucoup d’autres, une partie des vacances de Noël à cause du manque de neige. Les neuf enneigeurs ont coûté 500 000 euros financés par la mairie avec l’aide de subventions de la région et du département.

Le maire précédent a soutenu le « oui » lors du référendum. Selon lui, il faut continuer à penser aux quatre saisons et à ne pas sacrifier l’hiver. L’équipe municipale actuelle ne croit plus à la neige. Le nouveau maire a déclaré : « On ne se fait pas d’illusions, on va être rattrapé par le réchauffement climatique. » Pour son prédécesseur, « l’idée, c’est de tenir 15 à 20 ans sans problème. » Au train où vont les choses, l’accélération du réchauffement climatique risque de le décevoir. Il y a de fortes chances pour que la neige ait disparu à l’échéance qu’il s’est donné.

La neige a signé son retour en janvier mais il va désormais falloir payer les factures pour faire fonctionner les canons. A Gresse comme ailleurs, la hausse du coût de l’énergie se fait sentir lourdement. On compte cette hausse en dizaine de milliers d’euros et le maire fait remarquer que les 50 canons à neige représentent à eux seuls 40 % des dépenses en énergie de la station.

Source : France Info.

Les enneigeurs ne sont probablement pas une solution d’avenir. (Photos: C. Grandpey)

2022, une année noire pour les glaciers alpins

Il va falloir être très attentif au niveau de précipitations dans les Alpes au cours de l’hiver 2022-2023. Si on assiste à la répétition de l’hiver 2021-2022, avec des chutes de neige très insuffisantes, la situation glaciaire risque de devenir catastrophique à un point que personne n’aura imaginé. Les stations de ski devront, elles aussi, s’inquiéter car la tendance sur le long terme n’est pas réjouissante.

Les Suisses ont tiré la sonnette d’alarme à l’issue de l’été 2022 car la fonte des glaciers dans le pays s’est considérablement accélérée. Selon un rapport de la Commission d’experts réseau de mesures cryosphère de l’Académie suisse des sciences naturelles, les glaciers suisses ont perdu en 2022 trois kilomètres cubes de glace, soit 6% de leur volume total.

Tous les scientifiques s’accordent pour dire que l’année 2022 a été catastrophique pour les glaciers suisses. À titre de comparaison, une perte de 2% du volume en une année était jusque-là considérée comme « extrême ». En fait, c’est tout le massif alpin qui a été impacté par les dernières vagues de chaleur.

Comme en France, l’accélération de la fonte des glaciers a été provoquée par un hiver sec, si bien que l’épaisseur de neige dans les Alpes au printemps n’avait jamais été aussi faible. Avec peu de neige, la zone d’accumulation, là où les glaciers prennent leur source, n’a pas été alimentée. Se sont ensuite ajoutées les poussières de sable du Sahara, qui ont absorbé davantage de chaleur en réduisant l’albédo et en accélérant la fonte. Cela a privé les glaciers de leur couche de neige protectrice dès le début de l’été. La glace a ensuite été soumise à des vague de chaleur. Au mois de juin, la Mer de Glace perdait 10 centimètres d’épaisseur par jour.

Les scientifiques expliquent que le phénomène devrait s’accélérer. On peut lire dans le rapport de la Commission suisse : « Les observations montrent, que de nombreuses langues de glace s’effritent et que des îlots de rochers apparaissent au milieu du glacier quand la glace n’est pas très épaisse. Autant de processus qui accélèrent encore la dégradation. »

La situation glaciaire en Suisse est d’autant plus inquiétante que l’hydroélectricité assure plus de 60% de la production totale d’énergie du pays. Pour le moment, l’eau des glaciers a permis de maintenir un certain niveau. Au train où vont les choses, il y a le risque que dans cinquante ans les glaciers aient pratiquement disparu et ils ne pourront donc pas fournir d’eau.

Certains font remarquer que la fonte a aussi des effets positifs. Les eaux de fonte ont permis de compenser les faibles précipitations et de remplir une partie des lacs artificiels utilisés pour la production d’électricité. Là encore, la hausse des eaux de fonte est un phénomène très ponctuel. Le jour où les glaciers auront disparu, il n’y aura plus d’eau de fonte!

Vue du glacier du Rhône

Comme sur la Mer de Glace, une bâche blanche recouvre l’entrée de la grotte creusée dans le Glacier du Rhône

La source du Rhône, alimentée par la fonte du glacier

Le glacier du Gorner est lui aussi, victime du réchauffement climatique

(Photos: C. Grandpey)

Ski : la descente de Zermatt/Cervinia annulée !

Le 20 octobre 2022, dans une note intitulée  » Ski : Polémique autour d’une descente ! », j’expliquais qu’une polémique était en train de naître suite à l’entêtement de la Fédération Internationale de Ski (FIS) de maintenir des épreuves de Coupe du monde de ski alpin à Zermatt les 29-30 octobre et 5-6 novembre au pied du Cervin, malgré des conditions d’enneigement défavorables. Pour plusieurs skieurs, la décision de la Fédération était « un non-sens ». Les conditions sur les glaciers sont de pire en pire chaque année; l’organisation des épreuves en Suisse demandait des moyens énormes en hélicoptère et des moyens humains pour boucher les crevasses sur le glacier.

Dans la matinée du 22 octobre, la FIS a finalement annulé la première épreuve transfrontalière de l’histoire de la Coupe du Monde de ski alpin. Les épreuves masculines prévues le week-end prochain au pied du Cervin n’auront donc pas lieu. A cause du manque de neige au pied de la piste de la «Gran Becca», le deuxième «snow control» n’a pas été plus concluant que celui de la semaine dernière.

Les dames doivent également lancer leur saison de vitesse entre Zermatt et Cervinia d’ici quinze jours (les 5 et 6 novembre). La FIS indique qu’un nouveau «snow control» sera effectué le 25 novembre afin de décider du maintien ou non de ces courses féminines.

Source: Rhône FM.

Photo: C. Grandpey

Ski : Polémique autour d’une descente !

Dans une note rédigée le 30 juillet 2022, j’indiquais que depuis la veille il n’était plus possible de skier à Zermatt. Le glacier suisse le plus haut d’Europe avait fermé temporairement son accès à cause du manque de neige et des températures trop élevées. De plus, de récentes averses et la gestion de plus en plus difficile des crevasses avaient conduit à la décision de fermeture. A cette époque de l’année, le glacier était fréquenté par les équipes de skieurs de compétition. Le glacier de Zermatt rejoignaint donc les glaciers français de Tignes, des Deux-Alpes ou du Pisaillas, ainsi que celui du Stelvio en Italie.

En octobre 2022, une polémique est en train de naître suite à l’entêtement de la Fédération Internationale de Ski (FIS) qui a décidé de maintenir des épreuves de Coupe du monde de ski alpin à Zermatt les 29-30 octobre et 5-6 novembre au pied du Cervin, malgré des conditions d’enneigement défavorables.

Selon le Français Johan Clarey, médaillé d’argent de la descente olympique à Pékin, « cette course est un non-sens. Beaucoup de coureurs pensent comme moi mais très peu vont le dire. » Il ajoute: « On voit que les conditions sur les glaciers sont de pire en pire chaque année; cette étape demande des moyens énormes en hélicoptère (pour monter le matériel), des moyens humains pour boucher les crevasses, rendre une piste potable… Je ne comprends pas, Ça ne va pas dans le sens dans lequel devrait aller la FIS. »

Il faut reconnaître que beaucoup d’efforts en faveur de l’environnement sont faits dans les stations pour accueillir le grand public. Faire des courses qui vont à l’opposé de cette politique ne donne pas une très bonne image du ski de compétition. En plus, le site de Zermatt est très compliqué; il suppose des transferts pour rentrer de Cervinia à l’hôtel, avec une heure et demie de remontées mécaniques. Bonjour l’empreinte carbone! Les skieurs ne diront rien par peur de sanctions, mais ils seront un bon nombre à ne pas cautionner la décision de la FIS.

Source: presse helvétique.

Le Cervin (Photo: C. Grandpey)