Bilan éruptif de l’année 2020 – (1) janvier

En ce début d’année 2021, voici un bilan de l’activité éruptive en 2020. Elle a été relativement riche, avec en particulier le réveil du Kilauea à Hawaii et de La Soufrière de Saint-Vincent-et-les-Grenadines.

Au cours de l’année 2020, certains volcans ont montré une activité relativement stable. Je ne les mentionnerai donc pas, sauf regain d’activité significatif ponctuel.

Au Guatemala, le Pacaya conserve une activité strombolienne assez régulière au niveau du cratère Mackenney tandis que des coulées de lave avancent sur ses flancs. Le Fuego montre une activité explosive avec projections incandescentes, avalanches de blocs – voire pyroclastiques – qui atteignent souvent la végétation. Le Santiaguito montre son activité explosive habituelle au sommet du complexe de dômes où le Caliente est souvent le plus actif.

Au Mexique, le Popocateptl émet des panaches de vapeur auxquels se mêle parfois de la cendre. La pression des gaz détruit périodiquement le dôme en formation dans le cratère. Un tel événement s’est produit le 22 juillet et s’est accompagné de puissantes explosions avec projections de matériaux incandescents sur les flancs du volcan.

Au Pérou, le Sabancaya est régulièrement secoué par des explosions qui génèrent des panaches de cendre. Ces nuages s’élèvent en général jusqu’à 2 – 3 km au-dessus du sommet.

En Equateur, le Reventador émet régulièrement des panaches de gaz, de vapeur et de cendres jusqu’à 1 km au-dessus du sommet. Des blocs incandescents roulent parfois sur plusieurs centaines de mètres sur les flancs du volcan. L’incandescence est souvent visible de nuit au niveau du cratère.

Au Kamchatka, la couleur de l’alerte aérienne est souvent restée Orange pour l’Ebeko, le Karymsky, le Klyuchevskoy et le Sheveluch en raison du risque d’éruptions explosives et de nuages ​​de cendres qui peuvent perturber le trafic aérien dans la région. Le Klyuchevskoy s’est montré souvent très actif, avec en particulier une coulée de lave observée à partir du 20 avril.

En Indonésie, le Semeru est resté bien actif tout au long de l’année avec des panaches de cendres s’élevant généralement de 200 à 400 m au-dessus du sommet.. A noter une intensification de l’activité éruptive début décembre, avec présence de coulées pyroclastiques probablement provoquées par des effondrements du dôme sommital .Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).

Toujours en Indonésie, le Karangetang est resté souvent actif en 2020, avec des coulées de lave issues du cratère principal qui se sont engagées dans plusieurs ravines sur les flancs du volcan.

Le Sakurajima (Japon) reste bien actif. On observe régulièrement des explosions dans le cratère Minamidake, avec des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à 5 km au-dessus du cratère. Des retombées de cendres sont également enregistrées.

Des événements sismiques sont régulièrement enregistrés dans le Parc National de Yellowstone. Ils sont souvent causés par l’activité hydrothermale intense. La caldeira reste soumise à une légère déflation. Rien n’indique un risque d’éruption de ce volcan.

Des fluctuations d’activité sont observées à White Island (Nouvelle Zélande), mais sans événement cataclysmal comme celui qui a tué 22 touristes le 9 décembre 2019. L’affaire est maintenant entre les mains de la justice, avec des procès et autres sordides demandes de compensation financière.

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Voici les événements éruptifs les plus marquants du mois de janvier 2020 :

Le mois de janvier 2020 a été particulièrement riche en phénomènes éruptifs.

Au Japon, le niveau d’alerte du Kirishima (Shinmoedake) passe de 1 à 2 le 2 janvier suite à une augmentation de la sismicité. Les habitants et les touristes sont priés de ne pas s’approcher du cratère.

La sismicité reste présente en janvier à Mayotte, même si la population ne perçoit pas certains événements.

Une activité éruptive est observée sur le Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska). Le 3 janvier, le volcan émet un nuage de cendre qui monte à 6000 – 7000 mètres. L’activité décline par la suite

En janvier, le Piton de la Fournaise montre des signes de réveil avec, en parallèle, une inflation de l’édifice volcanique.

L’Agence météorologique japonaise (JMA) indique qu’une éruption s’est produite le 11 janvier 2020 à 15 h 05 sur le Mont Shindake sur l’île Kuchinoerabu dans la préfecture de Kagoshima.. L’éruption a projeté des matériaux à 300 mètres au-dessus du cratère. Aucune coulée pyroclastique n’a été observée et aucun ordre d’évacuation n’a été émis. C’est la première éruption du volcan depuis le 2 février 2019.

L’événement principal du mois de janvier 2020 reste l’éruption qui débute le 12 janvier 2020 sur le Taal (Philippines) dont le niveau d’alerte passe de 3 (activité magmatique) à 4 (dangereuse éruption imminente). À 17 h 30 (heure locale) le 12 janvier, l’activité éruptive du cratère principal (Main Crater) s’est intensifiée et a généré un panache de vapeur et de cendre de 10 à 15 kilomètres de hauteur, traversé de fréquents éclairs. Le PHIVOLCS conseille fortement l’évacuation totale de Volcano Island (6000 habitants), ainsi que l’évacuation des zones exposées aux coulées pyroclastiques et au risque de tsunami dans un rayon de 14 kilomètres du Main Crater du Taal

Ce même 12 janvier 2020, une éruption débute sur le volcan La Cumbre, sur l’île inhabitée de Fernandina aux Galapagos (Equateur). Comme d’habitude dans cette partie du globe, l’éruption consiste en émissions de lave basaltique fluide. Cette lave est émise par une fissure le long du flanc sud-est du volcan et une coulée descend vers la côte.

Le 14 janvier, 40 752 personnes sont affectées par l’éruption du Taal; 38 203 d’entre elles vivent dans des abris temporaires dans 198 centres d’hébergement.

Le 17 janvier, plusieurs localités à proximité du Taal sont totalement bloquées par la police. Le nombre de personnes évacuées a rapidement augmenté depuis le début de l’éruption. Sur la base des dernières données, 27 312 familles, soit 125 107 personnes, sont logées dans 373 centres d’hébergement provisoires.

Le 18 janvier, 22 472 familles, soit 96 061 personnes, ont été affectées par l’éruption du Taal à Batangas. Sur ce nombre, 16 174 familles – 70 413 personnes – vivent dans 300 centres d’évacuation.

Au cours des deux premières semaines de janvier, de volumineux panaches de gaz et de vapeur sont montés à 50 – 200 mètres au-dessus du fond du cratère de l’Anak Krakatau (Indonésie). Un épisode éruptif le 7 janvier a généré un panache de cendre qui est monté à 200 mètres de hauteur. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4)

L’AVO a indiqué le 18 janvier que l’activité éruptive avait repris sur le Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska) avec des coulées de lave visibles sur le flanc NE du volcan.

À partir de la soirée du 18 janvier, l’activité explosive dans le secteur NE du Stromboli (Sicile) provoque un petit débordement de lave et le roulement de matériaux le long de la Sciara del Fuoco.

Le 26 janvier, la baisse d’activité du Taal entraîne la réduction du niveau d’alerte de 4 à 3.

Autre événement intéressant à la fin du mois de janvier 2020, une hausse de la sismicité et de l’inflation du sol a été observée en Islande sur la Pénisnule de Reykjanes. Aucune activité éruptive n’aura lieu, mais les autorités ont mis en place le principe de précaution

Fin janvier 2020, l’activité éruptive se poursuit sur lEtna (Sicile) au niveau de la Voragine, du Nouveau Cratère Sud-Est (NCSE) et du Cratère Nord-Est (CNE).

L’activité éruptive est également soutenue en janvier sur l’île Nishinoshima (Japon). Le cône central continue de vomir des coulées de lave qui atteignent l’océan.

Eruption du Taal : Volcano Island sous la cendre (Source : Associated Press)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

 La situation est relativement stable sur La Soufrière de St Vincent. L’extrusion du dôme se poursuit lentement. Comme je l’ai écrit précédemment, ce qui inquiète les scientifiques, c’est la pression exercée par le dôme sur la partie intérieure du cratère. Ils craignent que cette pression ne déstabilise le flanc du volcan. C’est la raison pour laquelle trois stations GPS et des réflecteurs de mesure électronique de distance (EDM) ont été installés au sommet pour faciliter les mesures de déformation susceptibles de se produire sur les flancs du volcan. 12 emplacements potentiels ont été identifiés et des réflecteurs supplémentaires seront bientôt installés au sommet.

Depuis l’installation des sismomètres en janvier, 573 événements ont été enregistrés (en date du 30 janvier 2021).

Source: UWI.

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Un nouvel essaim sismique a débuté sous le Cumbre Vieja (La Palma / Canaries) le 31 janvier 2021. C’est le deuxième essaim sismique dans cette zone depuis le 23 décembre 2020 et le 8ème événement depuis 2017.

Les secousses ont été localisées sur le versant ouest du volcan à des profondeurs comprises entre 15 et 20 km. La magnitude maximale observée était de M 1,8. Cela signifie que l’essaim ne présente aucun danger pour les habitants et les visiteurs de La Palma.

Le niveau d’alerte reste au Vert. Aucun changement significatif de l’activité volcanique n’est prévu. Aucune déformation du sol n’a été observée au niveau du volcan.

Il est à noter que des changements significatifs ont été observés dans les émissions d’hydrogène dans l’atmosphère par le volcan, en relation avec les récents essaims sismiques. On relève aussi une tendance à la hausse du flux diffus de CO2.

Source: INVOLCAN, The Watchers.

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L’éruption du Kilauea continue. La lave sort d’une bouche qui perce la paroi intérieure nord-ouest de l’Halema’uma’u. Le 31 janvier, la lave avait comblé une profondeur d’environ 213 m du cratère. Le HVO explique que seule la partie ouest du «lac de lave» est active.

En fait, ce qui se passe sur le Kilauea n’est pas vraiment un lac de lave au sens oùon l’entend habituellement, avec des courants de convection qui font se déplacer la surface. Ici, c’est plutôt une énorme accumulation de lave qui pourrait devenir un lac de lave si le niveau de la surface s’élève au-dessus de la bouche d’alimentation.

Les dernières mesures de SO2 font état d’environ 2 200 tonnes par jour.

Source: HVO.

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Des avalanches incandescentes et coulées pyroclastiques sont toujours émises suite à des effondrements du dôme de lave du Merapi (Indonésie). Elles parcourent jusqu’à 1,5 km le long de plusieurs ravines. Des changements morphologiques sont observés dans la zone sommitale en raison de l’émergence de dômes de lave. Le volume du dôme était estimé à 157000 mètres cubes le 25 janvier 2021, mais les avalanches et les coulées pyroclastiques du 26 au 27 janvier ont réduit ce volume à 62000 mètres cubes, selon des mesures effectuées le 28 janvier.

Source: BPPTKG.

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L’activité se poursuit dans le cratère Nicanor du Nevados de Chillán (Chili) avec des émissions sporadiques de gaz et de cendres et un épanchement de lave qui a commencé à la mi-2020 et a augmenté au cours des deux derniers mois. Le niveau d’alerte reste au Jaune.

Source: SERNAGEOMIN.

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La température des bouches de vapeur et de gaz à White Island (Nouvelle-Zélande) a diminué au cours des dernières semaines et a été mesurée à environ 300°C début février, ce qui est identique à celle enregistrée en juillet 2018. Il n’y a aucun signe d’activité éruptive au niveau des bouches actives. Une petite quantité d’eau s’est accumulée sur le fond du cratère. Le niveau d’alerte reste à 1.

Source: GeoNet.

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Dans son dernier bulletin mensuel, l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) indique que tout est calme en ce moment sur le volcan. Au cours du mois de janvier 2021, la sismicité est restée faible, avec uniquement 7 séismes volcano-tectoniques superficiels enregistrés sous la zone sommitale.

L’inflation de l’édifice qui avait repris suite à l’éruption du 7-8 décembre 2020 s’est arrêtée fin décembre 2020

Dans la conclusion de son rapport, l’Observatoire écrit que «la réalimentation en magma et la pressurisation du réservoir magmatique superficiel, qui avaient repris suite à l’éruption du 7-8décembre 2020,a cessé fin décembre 2020. A noter que depuis 2016, les réalimentations du réservoir magmatique superficiel sous le Piton de la Fournaise se font par impulsions. Ainsi de telles phases d’accalmie dans les déformations et la sismicité ont déjà été observées à plusieurs reprises entre 2016 et 2020 sur des périodes allant de15 à 80 jours environ. »

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La situation est inchangée au Kamchatka. La couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour l’Ebeko, le Karymsky, le Klyuchevskoy et le Sheveluch. Des explosions peuvent se produire à tout moment et faire passer cette couleur au Rouge. En effet, la région est survolée par les lignes aériennes entre l’Amérique et l’Asie.

Source : KVERT.

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 Dans son bulletin couvrant l’activité de l’Etna (Sicile) du 25 au 31 janvier 2021, l’INGV indique que l’on continue à observer une activité strombolienne d’intensité variable au niveau du Cratère SE, avec de faibles émissions de cendres. Une activité strombolienne et une activité effusive avec émissions sporadiques de cendres sont observées à l’intérieur de la Voragine. Dans le même temps, une activité strombolienne se produit également à l’intérieur de la Bocca Nuova et du Cratère NE. L’amplitude du tremor se maintient à des valeurs relativement élevées. Aucune déformation n’a été détectée.

Source : INGV.

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Dans son bulletin couvrant l’activité du Stromboli (Sicile) entre le 25 et le 31 janvier 2021, l’L’INGV indique qu’une activité explosive normale, de type strobolien, est observée dans la zone cratèrique Nord. La fréquence totale des événements varie entre des niveaux moyens et élevés et atteint entre 16 et 22 événements par heure. L’intensité des explosions est faible à moyenne dans la zone cratèrique Nord et moyenne à élevée dans la zone Centre-Sud. Aucune déformation de l’édifice volcanique n’a été enregistrée.

Source : INGV.

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Here is some news of volcanic activity around the world :

The situation is fairly stable on St Vincent’s La Soufriere. The extrusion of the lava dome continues. As I put it before, what worries the scientists is the pressure exerted by the dome on the inner part of the crater. They fear that the pressure might destabilize the flank of the volcano. This is the reason why three GPS stations and Electronic Distance Measurement (EDM) reflectors have been installed at the summit to assist with measurements of deformation associated with the flanks of the volcano. 12 locations have been identified and additional reflectors will soon be installed at the summit.

Since the installation of seismometers in January, 573 events have been recorded (January 30th, 2021).

Source : UWI.

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A new earthquake swarm started under the Cumbre Vieja volcano (La Palma/ Canary Islands) on January 31st, 2021. This is the second seismic swarm in this area since December 23rd, 2020, and the 8th event since 2017.

The quakes have been located on the western slope of the volcano at depths between 15 and 20 km The maximum observed magnitude was M 1.8. This means the swarm poses no danger to residents and visitors to La Palma.

The alert level remains at Green. No significant change in volcanic activity is expected. No ground deformation has been observed at the volcano.

It is worth noting that significant changes have been observed in the diffuse emission of hydrogen into the atmosphere by the Cumbre Vieja volcano linked to recent seismic swarms, as well as an increasing trend in the diffuse flux of carbon dioxide.

Source: INVOLCAN, The Watchers.

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Kilauea is erupting, with lava erupting from a vent on the northwest side of Halema’uma’u Crater. On January 31st lava had filled a depth of about 213 m of the crater. HVO explains thatonly the western portion of the “lava lake” is active.

Actually, what is happening at Kilauea is not really a lava lake which usually moves thanks to convection currents. Here, it is rather a huge accumulation of lava. It might become a lava lake if the level of the surface rises higher than the supply vent.
The most recent SO2measurements reached about 2,200 tons per day.

Source: HVO.

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Incandescent lava avalanches and pyroclastic flows are still emitted bycollapses of Mt Merapi’s lava dome (Indonesia). They travel as far as 1.5 km down several drainages. Morphological changes are observed in the summit area due to the emergence of lava domes. The 2021 dome volume was an estimated at 157,000 cubic metres on 25 January, but avalanches and pyroclastic flows during 26-27 January reduced the volume to 62,000 cubic metres based on 28 January estimates.

Source : BPPTKG.

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Activity continues at Nevados de Chillán’s Nicanor Crater (Chile) with sporadic gas-and-ash emissions and lava effusion which began in mid-2020 and increased in the past two months. The alert level remains at Yellow

Source : SERNAGEOMIN.

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The temperature of the steam and gas vents in White Island (New Zealand) has been decreasing during the past weeks and has been measured at about 300°C, temperature similar to the one recorded in July 2018. There is no evidence of eruptive activity at the active vents. A small amount of water has ponded on the crater floor. The alert level remains at 1.

Source : GeoNet.

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In its latest monthly report, the Piton de la Fournaise Volcanological Observatory (OVPF) indicates that the situation is calm at the moment on the volcano. During the month of January 2021, seismicity remained low, with only 7 shallow volcano-tectonic earthquakes recorded under the summit area.

The inflation of the volcanic edifice, that had resumed following the eruption of December 7-8, 2020, stopped at the end of December 2020.

In the conclusion of its report, the Observatory writes that “the magma recharge and the pressurization of the shallow magma reservoir, which had resumed following the eruption of December 7-8, 2020, ceased at the end of December 2020. It should be noted that since 2016 , the recharge of the superficial magma reservoir under Piton de la Fournaise has occurred in pulses. Similar lulls in deformation and seismicity have already been observed on several occasions between 2016 and 2020 over periods ranging from 15 to 80 days. »

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The situation is unchanged in Kamchatka. The aviation colour code remains Orange for Ebeko, Karymsky, Klyuchevskoy and Sheveluch. Explosions can occur at any time and cause this colour to change to Red. Indeed, the region is on the routes of airlines between America and Asia.

Source: KVERT.

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In its report covering the activity of Mt Etna (Sicily) from January 25th to 31st, 2021, INGV indicates that strombolian activity of varying intensity is still observed at the SE Crater, with low ash emissions. Strombolian activity and effusive activity with sporadic ash emissions are observed inside the Voragine. At the same time, Strombolian activity is also occurring inside Bocca Nuova and the NE Crater. The amplitude of the tremor remains at relatively high values. No deformation has been detected.

Source: INGV.

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 In its report covering the activity of Stromboli (Sicily) between January 25th and 31st, 2021, INGV indicates that normal strombolian activity is observed in the northern crater area. The total frequency of events varies between medium and high levels and reaches between 16 and 22 events per hour. The intensity of the explosions is low to medium in the North crater area and medium to high in the Centre-South area. No deformation of the volcanic edifice has been recorded.

Source: INGV.

Fréquence horaire moyenne, journalière et hebdomadaire, des explosions sur le Stromboli au niveau des différents cratères, ainsi que leur intensité. (Source : INGV)

Bilan climatique en France

Le site web Météo–Paris a analysé la situation climatique en France au cours des derniers mois, avec des remarques très pertinentes sur le réchauffement climatiques et des perspectives très inquiétantes pour les prochaines décennies.

Après un hiver 2019-2020 historiquement doux, l’hiver actuel a d’ores et déjà été marqué par plusieurs épisodes de froid et de neige. Cependant, cela ne remet absolument pas en cause le réchauffement climatique. Nous vivons un hiver assez classique avec une alternance de périodes douces et de périodes plus froides et parfois neigeuses, contrastant avec la douceur exceptionnelle de l’hiver 2019-2020. L’hiver 2019-2020 fut le plus doux jamais observé en France avec une anomalie thermique de +2,7°C sur décembre, janvier et février.

Le début de l’hiver actuel a été plutôt froid avec une première décade de décembre sous les normales, mais la douceur a repris un net avantage durant la seconde partie du mois. Finalement, décembre 2020 s’est tout de même achevé en France avec +1,3°C au dessus de la normale.

Le mois de janvier 2021 a offert la même dynamique, avec une domination du froid en première quinzaine, tandis que la seconde quinzaine s’est montrée plus douce. Au final, on a eu un mois de janvier classique et dans les normales.

Malgré plusieurs périodes froides, l’hiver 2020-2021 affiche pour l’instant des températures légèrement supérieures à la normale.

Des quantités de neige exceptionnelles ont été observées sur tous nos massifs. Ces épisodes neigeux ont apporté à ce mois de janvier une ambiance hivernale. Pourtant, le caractère froid de ce mois est assez trompeur et janvier 2021 n’a pas été véritablement froid en France. Si la première décade fut en dessous des normales, un redoux sensible est intervenu les 13 et 14 janvier, suivi par une autre période douce du 20 au 23 janvier. Les derniers jours du mois ont ensuite enregistré des températures nettement plus douces que la normale.

Ainsi, la moyenne mensuelle en France sur le mois de janvier 2021 fut de 4,93°C, soit +0,1°C en dessous de la normale. Après plusieurs hivers anormalement doux, il est logique que ce mois de janvier nous apparaisse froid, mais dans les faits, nous venons de vivre un mois de janvier parfaitement normal. De plus, si l’on ajoute l’anomalie de +1,3°C du mois de décembre 2020, l’hiver actuel est pour l’instant plus chaud que la norme.

Source : infoclimat.fr

S’agissant du réchauffement climatique, il faut l’apprécier de manière globale et non ponctuelle. Quand on parle de réchauffement de la planète, on est dans le domaine de la climatologie. En revanche, quand un épisode neigeux survient durant 2 jours, cela relève du domaine de la météorologie. Il faut bien comprendre cette différence car elle est capitale : le réchauffement climatique n’empêche absolument pas le froid et la neige, il va plutôt les rendre moins fréquents. On juge l’évolution du climat sur plusieurs années et certainement pas sur un seul et unique mois.

On se rend compte que les anomalies chaudes ont été omniprésentes durant toute l’année 2020. Seul le mois d’octobre a terminé avec un déficit thermique alors que les 11 autres mois furent plus chauds que la normale. Au final, l’année 2020 est devenue la plus chaude en France depuis le début des relevés !

Comme je l’ai indiqué précédemment, les projections climatiques d’ici la fin du siècle n’ont rien de rassurant. Météo France a simulé l’évolution des températures en France d’ici la fin du siècle selon deux scénarios. Le premier, qui prend en compte une politique climatique efficace et immédiate, montre une augmentation de +2,2°C d’ici 2100. La durée d’enneigement significatif en moyenne montagne est réduite de plusieurs dizaines de jours par saison. Les sécheresses sont  plus marquées, avec un allongement des périodes de canicule.

Le second scénario, qui prend en compte l’absence de politique climatique digne de ce nom, montre une augmentation de +3,9°C des températures en France d’ici 2100. En dessous de 1800m, la présence de neige deviendrait peu durable et insuffisante à la survie des stations. Le nombre de jours caniculaires est multiplié par 5 à 10 avec des vagues de chaleur pouvant durer un à deux mois et les périodes de sécheresse deviendraient très problématiques l’été.

Source : Météo-Paris.

Source : Météo France

La survie des plus aptes // The survival of the fittest

Dans une note publiée le 22 juillet 2020, j’expliquais que, contrairement à l’idée reçue, la vie est présente dans les environnements les plus extrêmes. Par exemple, des espèces extrémophiles se développent autour de «fumeurs noirs», bouches hydrothermales au fond des océans.

La vie est également présente à très haute altitude. Au cours d’une expédition dans le nord du Chili au début de l’année 2020, des biologistes américains et chiliens ont mis la main sur une souris à croupion jaune (Phyllotis xanthopygus rupestris) au sommet du volcan chilien Llullaillaco (6600 m.). Cette souris a battu le record du monde d’altitude pour un mammifère observé par les scientifiques. En 2019, la même espèce de souris avait été repérée à 6100 m. d’altitude.

On vient d’apprendre que des scientifiques ont redécouvert une espèce rare de souris vivant en milieu volcanique que l’on pensait disparue à jamais. Le petit rongeur a survécu à l’éruption cataclysmale du Pinatubo (Philippines) en 1991. L’éruption a tué quelque 800 personnes et détruit le paysage tout autour. Plusieurs années après l’éruption, des expéditions ont étudié la région et ont été surpris de constater qu’une faune très diversifiée avait survécu au cataclysme, avec en particulier des chauves-souris et une souris très rare vivant en milieu volcanique.

Les biologistes ont publié les résultats de leurs recherches dans le Philippine Journal of Science en janvier 2021. On peut lire que lorsque le Pinatubo est entré en éruption, une unique espèce de souris était censée vivre sur le volcan, et les scientifiques étaient persuadés que l’espèce s’était éteinte avec l’éruption. En fait, ils avaient tort d’être aussi pessimistes.

Apomys sacobianus, la souris du Pinatubo, avait été identifiée à partir d’un spécimen unique décrit en 1962 et conservé au Musée national d’histoire naturelle des États-Unis. Les chercheurs sont retournés sur le Pinatubo plusieurs dizaines d’années après l’éruption pour dresser un bilan des mammifères qui y vivaient autrefois. Leur visite a offert beaucoup de surprises. Les forêts d’autrefois étaient remplacées par une végétation clairsemée et broussailleuse au sein de laquelle les rongeurs indigènes pullulaient.

Parmi eux figurait la souris du Pinatubo qui avait certes survécu, mais sa population était aussi en plein essor. Les biologistes ont eu du mal à croire qu’une espèce vivant dans une zone aussi restreinte ait pu survivre à une catastrophe volcanique qui avait détruit des forêts entières.

Au vu de ces découvertes, le Pinatubo pourrait devenir un laboratoire naturel servant à observer le rétablissement de l’habitat et le réassemblage de la vie animale après une éruption. Une telle étude pourrait aussi être utile dans le cadre de la régénération des nombreuses zones de déforestation.

Source: Cnet.

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In a post released on July 22nd, 2020, I explained that, contrary to what many people think, life is present in the most extreme environments. For instance, extremophile species develop around « black smokers », hydrothermal vents at the bottom of the oceans.

Life is also present at very high altitude. During a mountaineering expedition in northern Chile in early 2020, U.S. and Chilean biologists spotted and captured a yellow-rumped leaf-eared mouse (Phyllotis xanthopygus rupestris) atop the 6,600 m summit of the Chilean volcano Llullaillaco. The mouse broke the world record for the highest-dwelling mammal documented by scientists to date. In 2019, the same species of mouse was spotted at 6,100m.

Scientists have rediscovered a rare volcano mouse species thought to be extinct. It survived the devastating eruption of M Pinatubo (Philippines) in 1991. The eruption  killed an estimated 800 people and destroyed the landscape around it. Later expeditions to study the wildlife in the area turned up the surprising survival of a diverse group of fauna, including bats and a very rare volcano-dwelling mouse.

The researchers published their findings in the Philippine Journal of Science in January 2021. One can read that when Pinatubo erupted, a little species of mouse was thought to live only on that one mountain, and biologists thought it had become extinct as a result of the event. Actually, they were wrong.

Apomys sacobianus, the Pinatubo volcano mouse, was previously known from a single specimen described in 1962 and kept at the US National Museum of Natural History.  Researchers returned to Mt Pinatubo a couple of decades after the eruption to find out what had become of the mammals that once lived there. Their visit offered quite a lot of surprises. Despite the fact that all areas surveyed supported sparse, scrubby second-growth vegetation rather than forest, native rodents were abundant everywhere.

The Pinatubo volcano mouse had not only survived, its population was booming. The biologists could hardly believe that a species found in such a localized area made it through a volcanic catastrophe that wiped out entire forests.

It seems Mt. Pinatubo could become a natural laboratory to monitor habitat recovery and community re-assembly following the eruption. Such information would be helpful in efforts to regenerate the many areas that have been deforested by people.

Source : Cnet.

La souris du Pinatubo (Source : Field Museum)