Covid-19 et voyages volcans : Pas évident !

Lors de son discours du 24 novembre, Emmanuel Macron a envisagé un déconfinement le 15 décembre, date à laquelle les voyages touristiques pourraient reprendre. Oui mais. Cela suppose que la liberté de circuler du 15 décembre se confirme…et que les autres pays vous acceptent, ce qui est loin d’être évident ! Comment se situent les destinations volcaniques au cœur de la pandémie de Covid-19 ?

Voici quelques informations, sous réserve de modifications par les différents gouvernements au vu de l’évolution de la pandémie. N’hésitez pas à me contacter (grandpeyc@club-internet.fr) si vous disposez d’informations supplémentaires ou si vous détectez des erreurs dans mes propos.

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Concernant les transports aériens vers les Outre-mer, le test PCR dans les 72 heures avant embarquement est une obligation systématique. Il n’est pas possible de se rendre dans les Outre-mer sans avoir présenté le résultat négatif d’un test. Au regard des restrictions de déplacement dans l’hexagone liées au confinement, les voyageurs qui se rendent à un aéroport pour prendre un vol à destination des Outre-mer doivent pouvoir présenter, le billet d’avion et un document leur permettant de justifier ce déplacement : rejoindre sa résidence principale, motifs familiaux, motifs professionnels, participation à des missions d’intérêt général, suivi d’une formation, passage d’un examen ou un concours, raisons de santé. En outre, selon la situation épidémiologique locale, le préfet peut imposer des motifs impérieux (professionnels, sanitaires, familiaux) au départ et à l’arrivée dans les territoires, pour adapter les mesures aux flux et aux destinations. Les justificatifs sont alors contrôlés par les compagnies aériennes.

L’Islande est l’une des destinations volcaniques les plus populaires. Avant d’entrer dans le pays, vous serez soumis à un test PCR suivi d’un isolement de 5 jours minimum.

En Italie, vous devrez remplir un formulaire, et les déplacements sont pour l’instant interdits vers plusieurs régions. La Sicile avec l’Etna et le Stromboli (entre autres) se trouve en zone Orange. Il y a donc interdiction des déplacements à partir de et vers cette zone (sauf pour des raisons professionnelles, de santé ou de nécessité), ainsi que les déplacements entre les communes de ces zones. Les services de restauration (bars, pubs, restaurants, glaciers, etc.) sont fermés.

En Espagne, les Iles Canaries peuvent être visitées seulement pour des raisons essentielles, ce qui interdit les voyages nationaux et internationaux non essentiels.

Pour entrer en Grèce, tous les voyageurs, quelles que soient leur nationalité et leur provenance, sont tenus à présenter à leur embarquement (à partir du mercredi 11 novembre ainsi que pour les vols en provenance d’aéroports français), les résultats d’un test négatif au Covid-19 de moins de 72heures.

Pas question d’aller aux Etats-Unis car la frontière est fermée et les cas de Covid-19 sont encore très nombreux, à Hawaii, par exemple.

En Amérique Centrale et du Sud, la présentation d’un test PCR négatif est requise en Bolivie, au Costa Rica, en Equateur et au Guatemala. Au Chili, les voyageurs en provenance de France doivent présenter un test PCR négatif et observer une quarantaine de 14 jours.

A ce jour, il n’y a pas de restriction à l’entrée au Mexique par voie aérienne pour les personnes ne présentant pas de symptôme. Néanmoins, plusieurs compagnies aériennes ont réduit leurs liaisons entre le Mexique et l’Europe. Tous les voyageurs entrant au Mexique doivent se soumettre à un contrôle de température et sont dans l’obligation de renseigner un formulaire sur leur d’état de santé. Les autorités sanitaires mexicaines peuvent également vérifier l’état de santé des voyageurs et imposer des mesures de quarantaine.

Avant de pénétrer en Nouvelle Zélande, vous serez soumis à un test et vous devrez attendre14 jours avant d’être accepté.

En Afrique, de nombreux pays comme l’Ethiopie demandent de présenter des tests PCR négatifs à l’arrivée. En Tanzanie, le test PCR n’est pas obligatoire. S’agissant du Congo, l’Autorité de l’Aviation Civile congolaise a annoncé le 30 octobre 2020 que tout passager sera désormais soumis à un test COVID-19 PCR à l’aéroport d’entrée sur le territoire. ; Le Ministère des Affaires Etrangères met en garde sur l’insécurité qui règne encore dans le pays.

Actuellement les frontières de l’Indonésie sont fermées aux touristes. Seuls peuvent rentrer sur le territoires les Indonésiens, les étrangers détenteurs d’un permis de résident (Kitas), les personnes possédant un passeport diplomatique. Aucune date à ce jour n’est précisée pour une éventuelle réouverture des frontières.

Le gouvernement japonais a mis en œuvre une interdiction totale d’entrer au Japon pour toute personne non japonaise ayant séjourné dans 152 pays – dont la France – dans les 14 jours précédant son arrivée. Cette interdiction d’entrée vaut également pour les personnes ayant séjourné en Nouvelle Calédonie ou en Polynésie Française.

Pas de réduction des concentrations de CO2 pendant le confinement // No drop of CO2 concentrations during lockdown

Malgré le ralentissement de l’activité économique dû à la pandémie de COVID-19, les concentrations de gaz à effet de serre – en particulier de CO2 – qui emprisonnent la chaleur dans l’atmosphère n’ont jamais diminué. Ces gaz continuent de générer des températures sans cesse en hausse et des événements météorologiques de plus en plus extrêmes, sans oublier la fonte des glaces, l’élévation du niveau de la mer et l’acidification des océans.

Les médias nous ont raconté à plusieurs reprises que les émissions de gaz à effet de serre avaient diminué pendant le confinement. Certes, mais le problème c’est que l’impact sur les concentrations de CO2 dans l’atmosphère ne s’est jamais fait ressentir. Il suffit de jeter un coup d’œil à la Courbe de Keeling qui montre les concentrations de CO2 au sommet du Mauna Loa à Hawaï. Elles atteignaient 410 ppm en novembre 2019 et atteignent aujourd’hui plus de 412 ppm. J’ai expliqué les fluctuations saisonnières de la Courbe dans un article publié le 30 mars 2020:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/03/30/les-fluctuations-de-la-courbe-de-keeling-the-fluctuations-of-the-keeling-curve/

Depuis 1990, on a observé une augmentation de 45% du forçage radiatif, c’est à dire l’effet de réchauffement sur le climat, par les gaz à effet de serre à longue durée de vie, en sachant que le CO2 en représentant les quatre cinquièmes.

Il faut garder à l’esprit que le dioxyde de carbone reste dans l’atmosphère pendant des siècles et dans les océans encore plus longtemps. La dernière fois que la Terre a connu une concentration comparable de CO2 remonte à 3 à 5 millions d’années, époque où la température était de 2 à 3°C plus chaude et que le niveau de la mer était de 10 à 20 mètres plus haut qu’aujourd’hui. Mais il n’y avait pas 7,7 milliards d’habitants sur notre planète !

Le seuil de 400 parties par million (ppm) à l’échelle du globe a été franchi en 2015. A peine quatre ans plus tard, ce même seuil a franchi 410 ppm. Une hausse aussi rapide n’a jamais été observée dans les archives de la NOAA. .

Source: Organisation météorologique mondiale (OMM).

Alors que la Courbe de Keeling continue d’augmenter, les événements extrêmes deviennent de plus en plus fréquents. J’ai consacré un article récent aux ouragans et aux typhons qui ont dévasté respectivement l’Amérique Centrale et les Philippines. Gati, un cyclone tropical, vient de laisser des scènes de destruction en Somalie.

Aujourd’hui, nous apprenons que des conditions extrêmes avec des températures record sont prévues dans le sud et le sud-est de l’Australie. Toujours en Australie, un incendie de forêt à grande échelle est en train de dévaster la moitié de l’île Fraser dans le Queensland.

Je viens d’indiquer dans une note que les températures anormalement élevées affectent actuellement l’Arctique.

Et ensuite? Que faudra-t-il pour que nos gouvernements prennent conscience de l’urgence de la situation? Si rien n’est fait dans le très court terme, les prochaines générations seront confrontées à une situation devenue ingérable.

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Despite the slowdown of economic activity due to the COVID-19 pandemic, the concentrations of greenhouse gases – especially CO2 – which are trapping heat in the atmosphere has never declined. They continue to generate increasing temperatures and more extreme weather events, ice melt, sea-level rise and ocean acidification.

The media have told us several times that the emissions of many pollutants and greenhouse gases decreased during the lockdown. The problem is that the impact on CO2 concentrations in the atmosphere has never been felt.

Just have a look at the Keeling Curve that shows CO2 concentrations at the summit of Mauna Loa in Hawaii. They were measured at 410 ppm in November 2019 and are now reaching more than 412 ppm. I explained the seasonal fluctuations of the curve in a post released on March 30th, 2020:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/03/30/les-fluctuations-de-la-courbe-de-keeling-the-fluctuations-of-the-keeling-curve/

Since 1990, there has been a 45% increase in total radiative forcing – the warming effect on the climate – by long-lived greenhouse gases, with CO2 accounting for four fifths of this.

One should bear in mind that carbon dioxide remains in the atmosphere for centuries and in the ocean for even longer. The last time the Earth experienced a comparable concentration of CO2 was 3-5 million years ago, when the temperature was 2-3°C warmer and sea level was 10-20 metres higher than now. But there were not 7.7 billion inhabitants on our planet.

The global threshold of 400 parts per million was breached in 2015. And just four years later, it crossed 410 ppm. Such a rate of increase has never been seen in the history of NOAA. .

Source: World Meteorological Organization (WMO).

While the Keeling Curve keeps going up, extreme events are getting more and more frequent. I devoted a recent post to the hurricanes and typhoons that devastated Central America and the Philippines, respectively. Gati, a tropical cyclone, has just left a trail of destruction in Somalia.

Today, we learn that extreme heat wave conditions and record temperatures are expected across south and southeast Australia. Still in Australia, a wide-scale wildfire is burning half of Fraser Island in Queensland.

I have just indicated that high temperatures are currently affecting the Arctic.

What next? What should happen to make out governments realise the urgency f the situation? If nothing is done in the short time, the next generations will be confronted with a situation impossible to manage.

La Courbe de Keeling le 18 novembre 2020. Ce jour-là, les concentrations de CO2 atteignaient 412,19 ppm. (Source : Scripps Institution ocf Oceanography)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde, résumées dans le dernier rapport de la Smithsonian Institution :

En Indonésie, des panaches de vapeur s’élèvent au-dessus du sommet du Merapi. Des avalanches de matériaux dévalent encore les flancs du volcan sur des distances pouvant atteindre 2 km. La morphologie du sommet a quelque peu changé en raison de l’effondrement d’une partie du dôme de 2018 et des effondrements de certaines parties de la lèvre du cratère. Une hausse de la sismicité est observée depuis quelques jours. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4).

L’activité éruptive persiste sur le Semeru où des panaches de vapeur et de cendres s’élèvent jusqu’à 300 m au-dessus du sommet. L’incandescence du cratère est parfois visible la nuit et des avalanches incandescentes s’engouffrent souvent sur plus de 500 à 1500 m dans les ravines sur le flanc S du volcan. Deux événements éruptifs ont généré des panaches de cendre de 100 à 200 m de hauteur au-dessus du sommet les 23 et 24 novembre 2020. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), avec une zone d’exclusion générale de 1 km et des extensions à 4 km dans le secteur SSE.

Un événement éruptif sur le Sinabung le 21 novembre 2020 a généré un panache de cendres qui s’est élevé à 1 km au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), avec une zone d’exclusion générale de 3 km et des extensions à 5 km dans le secteur SE et 4 km dans le secteur NE. Source: CVGHM.

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Au Pérou, l’Instituto Geofísico indique que la sismicité a augmenté le 11 novembre 2020 sur le Sabancaya. Au cours de la semaine suivante, le nombre et l’ampleur des explosions ont augmenté et de l’incandescence  était visible à l’intérieur du cratère sur les données satellitaires. Cette hausse d’activité correspondait probablement à une émission de lave. L’apparition d’un nouveau dôme de lave dans la partie nord-est du cratère sommital a été confirmée par des images satellites. Le dôme, baptisé Iskay, couvre une superficie d’environ 12 000 mètres carrés.

Une moyenne quotidienne de 49 explosions a été enregistrée entre le 16 et le 23 novembre, avec des panaches de gaz et de cendres s’élevant jusqu’à 3,5 km au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à l’Orange et le public est prié de rester à l’extérieur d’un rayon de 12 km du sommet.

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En Equateur, une activité intense continue d’être enregistrée sur le Reventador. La sismicité se caractérise par des explosions, des séismes volcano-tectoniques et des épisodes de tremor harmonique, des événements longue période ainsi que des signaux indiquant des émissions de cendres. L’incandescence du cratère est visible de nuit. Des blocs incandescents continuent de rouler sur les flancs NE et S du volcan. La coulée de lave de 450 m de long sur le flanc NE reste active mais ne progresse plus.

Source: Instituto Geofisico.

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Au Kamtchatka, le niveau d’alerte et la couleur de l’alerte aérienne restent inchangés pour l’Ebeko, le Bezymianny, le Karymsky, le Klyuchevskoy et le Sheveluch.

Source : KVERT.

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En Sicile, l’activité est redevenue normale sur le Stromboli après l’événement éruptif majeur du 16 novembre 2020. On observe des explosions stromboliennes d’intensité faible à moyenne, principalement dans les parties nord et centre-sud de la terrasse cratèrique.

Une activité strombolienne de fréquence et d’intensité variables, accompagnée d’émissions de cendres, est observée dans le Nouveau Cratère SE de l’Etna ainsi que dans le Bocca Nuova. La Voragine se contente de dégazer.

Source : INGV.

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Dernière minute : Après huit ans de repos sans pratiquement aucune activité, le volcan indonésien Lewotolo (Petites îles de la Sonde) est entré en éruption le 26 novembre 2020 avec un panache de cendres qui est monté jusqu’à 500 m au-dessus du sommet.

Le PVMBG a mis en garde contre les dangers potentiels, notamment les projections de roches incandescentes et les fortes retombées de cendres dans un rayon de 2 km du sommet.

La dernière éruption du Lewotolo a eu lieu en janvier 2012. Le volcan a produit d’épais panaches de gaz qui se sont élevés jusqu’à 250 m au-dessus du sommet.

Le niveau d’alerte reste à 2.

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Here is some news of volcanic activity around the world as summarized in the Smithsonian, Institution’s latest report.

In Indonesia, steam emissions can be seen rising above the summit of Mt Merapi. Avalanches of material still travel as far as 2 km down the flanks of the volcano. The morphology of the summit has somewhat changed due to the collapse of a part of the 2018 dome and rockfalls from parts of the crater rim. An increase in seismicity is currently observed.  The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4).

Eruptive activity is still observed at Semeru where steam and ash plumes are rising up to 300 m above the summit. Crater incandescence is sometimes visible at night and incandescent avalanches often travel over 500-1,500 m down drainages on the S flank of the volcano. Two eruptive events produced ash plumes that rose 100-200 m above the summit pn November 23rd and 24th, 2020. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), with a general exclusion zone of 1 km and extensions to 4 km in the SSE sector.

An eruptive event at Sinabung generated an ash plume that rose 1 km above the crater rim on November 21st, 2020. The Alert Level remained at 3 (on a scale of 1-4), with a general exclusion zone of 3 km and extensions to 5 km in the SE sector and 4 km in the NE sector.

Source: CVGHM.

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In Peru, the Instituto Geofísico indicates that seismicity at Sabancaya increased on November11th, 2020. During the following week, the number and magnitude of explosions increased, and crater incandescence was visible in satellite and webcam data. The increased activity likely signified lava effusion. A new lava dome in the NE part of the summit crater was confirmed in satellite images. The dome, named Iskay, covers an area of about 12,000 square metres.
A daily average of 49 explosions was recorded between November 16th and 23rd with gas and ash plumes that rose as high as 3.5 km above the summit.

The Alert Level remains at Orange and the public is asked to stay outside a 12-km radius from the summit.

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In Ecuador, a high level of activity continues to be recorded at Reventador . Seismicity is characterized by explosions, volcano-tectonic and harmonic tremor events, and long-period earthquakes as well as signals indicating ash emissions. Crater incandescence is visible at night. Incandescent blocks keep rolling down the NE and S flanks of the volcano. The 450-m-long lava flow on the NE flank remains active but no longer advances.

Source: Instituto Geofisico.

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In Kamchatka, the alert levels and aviation colour codes remain unchanged for Ebeko, Bezymianny, Karymsky, Klyuchevskoy and Sheveluch.

Source: KVERT.

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In Sicily, activity has gone back to normal on Stromboli following the major eruptive event of November 16th, 2020. One can observe low to medium intensity strombolian explosions, mainly in the north and central-south parts of the crater terrace.

Strombolian activity of variable frequency and intensity accompanied by ash emissions is observed at Mt Etna’s New SE Crater as well as within Bocca Nuova. Voragine is only degassing.

Source : INGV.

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Last minute: After eight years of rest with hardly any activity, the Indonesian volcano Lewotolo (Lesser Sunda Islands) erupted on November 26th, 2020, sending an ash plume up to 500 m above the summit.

PVMBG warned of potential hazards, including incandescent rocks and heavy ashfall within a radius of 2 km from the summit.

Lewotolo’s last eruption occurred in January 2012. The volcano produced thick, white plumes that rose up to 250 m above the summit.

The Alert Level remains at 2.

Episode éruptif sur le Klyuchevskoy le 18 novembre 2020 (Crédit photo: KVERT)

Manque de neige sur nos montagnes

Je l’ai toujours dit : c’est quand les gens ne pourront plus skier qu’ils prendront réellement conscience du réchauffement climatique. Beaucoup de mes compatriotes affichent un certain sourire et pas mal de scepticisme quand je leur mets sous le nez les statistiques à propos de la fonte de la banquise et des glaciers car ils ne se sentent pas vraiment concernés. L’Arctique c’est loin, et c’est fatigant de grimper les flancs d’une montagne pour aller observer un glacier.

Par contre, quand ces mêmes personnes vont se rendre compte qu’elles se peuvent plus aller se faire bronzer en hiver sur les pistes de poudreuse des Alpes, elles vont commencer à se poser des questions.

La situation en cette fin novembre 2020 n’est guère réjouissante dans les Alpes pour les passionnés de ski.

A cause de la pandémie de Covid-19 les stations de ski n’ouvriront pas pour Noël.

De plus, la persistance actuelle des conditions anticycloniques empêche la neige de tomber, sans oublier la rareté des chutes de pluie qui risque fort de poser des problèmes d’alimentation en eau l’été prochain. On va bien sûr me dire que c’est encore loin et qu’on a le temps d’y penser…

Toujours est-il que la station savoyarde de Val d’Isère est inquiète. Elle devait accueillir les 5 et 6 décembre 2020 son traditionnel Critérium de la Première Neige avec deux slaloms géants hommes dans le cadre de la Coupe du monde de ski alpin, puis un super-G et une descente hommes les 12 et 13 décembre, et enfin deux descentes et un super-G femmes du 18 au 20 décembre.

La situation actuelle n’incite pas à l’optimisme, avec en particulier le manque d’enneigement sur la piste Oreiller-Killy et les perspectives peu favorables des prochains jours. Il n’est pas prévu de précipitations neigeuses abondantes et les températures trop élevées à cause d’un phénomène d’inversion thermique (il fait plus chaud en haute altitude que dans les vallées)  restreignent la production de neige de culture.

La Fédération Internationale de Ski est consciente de ces incertitudes et étudie des solutions de repli à l’étranger – probablement à Santa Caterina (Italie) – pour les deux géants hommes.

A noter que la situation de l’enneigement  est également délicate à Courchevel où sont programmés deux géants dames  les 12 et 13 décembre.

Le manque de neige est aussi criant dans les Pyrénées où les températures incitent plus à se promener en t-shirt qu’en anorak.

Inutile d’ajouter que, si le manque de neige se poursuit pendant l’hiver, la situation sera encore plus délicate pour les stations de moyenne et basse altitude. Je ne voudrais pas être un oiseau de mauvaise augure, mais au vu de l’évolution climatique actuelle, je déconseillerais aux responsables des stations de se lancer dans des investissements coûteux en enneigeurs et remontées mécaniques supplémentaires.

Image webcam de la célèbre Face de Bellevarde à Val d’Isère le 26 novembre 2020. Les enneigeurs ont bien du mal à compenser le manque de neige naturelle.