Lewotolo (Petites Iles de la Sonde // Lesser Sunda Islands)

L’activité explosive se poursuit sur le Lewotolo, après la puissante éruption du 29 novembre 2020 qui a envoyé un panache de cendres jusqu’à 15,2 km au-dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge et le niveau d’alerte volcanique a été élevé à 3 sur 4.

Comme je l’ai écrit ci-dessus, aucun blessé ou dégât majeur n’a été signalé, mais les autorités ont confirmé que près de 2 800 personnes avaient été évacuées et que l’aéroport de Wunopitu était temporairement fermé. Il a été conseillé à la population autour du volcan de préparer des masques respiratoires et d’autres équipements de protection pour les yeux et la peau.

Selon la description faite par la Smithsonian Institution, le Lewotolo est situé à l’extrémité est d’une longue péninsule reliée à l’île de Lembata par un isthme étroit ; elle s’étend vers le nord dans la mer de Flores.

Le Lewotolo culmine à 1 423 m. C’est globalement un stratovolcan de forme symétrique. Un petit cône avec un cratère de 130 m de diamètre forme le point culminant. De nombreuses coulées de lave ont atteint le littoral.

Source : The Watchers, CVGHM.

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Explosive activity continues at Lewotolo, after the major eruption of November 29th, 2020 which sent an ash plume up to 15.2 km above sea level. The Aviation Colour Code was raised to Red and the Volcano Alert Level was raised to 3 out of 4.

As I put it above, there were no reports of injuries or damage but authorities have confirmed nearly 2 800 people were evacuated and Wunopitu airport was temporarily closed.

People around the volcano have been advised to prepare nose and mouth masks and other protective equipment for eyes and skin.

According to the Smithsonian Institution’s description, Lewotolo is located at the eastern end of an elongated peninsula that is connected to Lembata Island by a narrow isthmus and extends northward into the Flores Sea.

Lewotolo rises to 1 423 m. It is globally a symmetrical stratovolcano. A small cone with a 130-m-wide crater forms the volcano’s high point. Many lava flows have reached the coastline.

Source : The Watchers, CVGHM.

Source: MAGMA Indonesia

De la chaleur de l’Australie à la froideur des pôles // From Australian heat to polar cold

L’été n’a pas encore commencé dans l’hémisphère sud et Sydney (Australie) a déjà connu la nuit de novembre la plus chaude de tous les temps. La ville a enregistré une température nocturne minimale de 25,4°C, puis le mercure a atteint 40°C pendant la journée du 29 novembre 2020. Le précédent record nocturne était de 24,8°C en 1967.

Des dizaines d’incendies de végétation se sont déclenchés en Nouvelle-Galles du Sud et un temps encore plus chaud est prévu dans les prochains jours.

Il est fort probable que novembre 2020 sera l’un des mois de novembre les plus chauds  jamais enregistrés.

Des images de presse montrent d’énormes foules en train d’affluer vers la plage de Sidney, avec un risque évident de contamination par Covid-19. Les services sanitaires de Nouvelle-Galles du Sud ont rappelé aux gens de respecter les règles de distanciation sociale.

Source: BBC News.

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Alors que l’Australie transpire, les scientifiques sont inquiets car il risque fort d’y avoir un vide de plusieurs années dans les mesures de l’épaisseur de la glace à la fois dans l’Arctique et en Antarctique. En effet, les deux seuls satellites dédiés à l’observation des pôles sont pratiquement en fin de vie et leur remplacement n’est pas prévu dans l’immédiat. Les chercheurs ont fait part de leurs préoccupations à la Commission Européenne et à l’Agence Spatiale Européenne.

L’enjeu est la durée restante de deux missions : la mission européenne CryoSat-2 et son homologue américaines IceSat-2. Ces engins spatiaux ont à leur bord des altimètres qui mesurent la forme et l’élévation des surfaces de glace. Ces dernières années, ils ont joué un rôle essentiel pour mesurer la perte de volume de glace de mer et  la diminution de la masse des glaciers.

Ces satellites sont uniques par leurs orbites. Ils se trouvent à 88 degrés nord et sud par rapport à l’équateur, ce qui signifie qu’ils sont capables d’observer l’ensemble des régions arctiques et antarctiques, à l’exception d’un petit cercle d’environ 430 km de diamètre au niveau des pôles.

CryoSat-2 est déjà bien au-delà de sa durée de vie. Il a été lancé en 2010 avec l’espoir qu’il fonctionnerait pendant au moins 3 années et demie. Les ingénieurs pensent pouvoir le faire fonctionner jusqu’en 2024 peut-être, mais l’usure de la batterie et une fuite de carburant laissent supposer qu’il ne durera pas aussi longtemps.

IceSat-2 a été lancé en 2018 avec une durée de vie de trois ans, mais e espérant qu’il sera opérationnel pendant une dizaine d’années.

Si les deux satellites ne sont pas remplacés rapidement, il y aura un vide de deux à cinq ans dans la mesure altimétrique satellitaire au niveau des pôles. En conséquence, cette absence de mesures empêchera les scientifiques d’évaluer et améliorer les projections des modèles climatiques.

La seule solution de remplacement actuellement envisagée est la mission CE / ESA qui a pour nom de code Cristal. On sera dans la même situation qu’avec Cryosat, mais avec une capacité de mesure beaucoup plus grande grâce à un altimètre radar bi-fréquence. Le problème est que l’engin spatial ne sera pas lancé avant 2027-2028, peut-être même plus tard en raison d’un retard dans le financement.

Une solution pourrait se trouver en Europe avec l’équivalent du projet IceBridge de la NASA. Il s’agissait d’une plate-forme aéroportée que l’agence américaine a exploitée au cours des huit années écoulées, entre la fin de la première mission IceSat en 2010 et le lancement d’IceSat-2 en 2018. Un avion a fait voyager un altimètre laser au-dessus de l’Arctique et de l’Antarctique pour recueillir des ensembles de données susceptibles d’être utilisés pour établir un lien entre les deux missions IceSat.

De nombreux chercheurs pensent qu’un projet « CryoBridge » européen serait la meilleure solution dans le court terme pour combler le vide entre CryoSat-2 et Cristal.

Source: BBC News.

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Summer has not yet started in the Southern Hemisphere and Sydney (Australia) has already reported its hottest November night on record. The city recorded a minimum night temperature of 25.4°C and then hit 40°C during the daytime on November29th, 2020. The previous overnight record was 24.8C in 1967.

Dozens of bush fires are already burning in New South Wales with hotter weather predicted in the next few days.

It is quite likely it will be one of our hottest Novembers on record..

Newspaper images from Sydney show huge crowds of people flocking to the beach with the obvious risk of Covid-19 contamination. The New South Wales health department has reminded people to keep to social-distancing regulations.

Source : BBC News.

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While Australia is sweating, scientists are worried and warning that there is going to be a gap of several years in their ability to measure the thickness of ice in both Artic and Antarctica. Indeed, the only two satellites dedicated to observing the poles are almost certain to die before they are replaced. The researchers have raised their concerns with the European Commission and the European Space Agency.

At issue is the longevity of the European CryoSat-2 and American IceSat-2 missions.

These spacecraft carry altimeters that gauge the shape and elevation of ice surfaces. In the past years, they have been essential in recording the loss of sea-ice volume and the declining mass of glaciers.

What’s unique about the satellites is their orbits around the Earth. They fly to 88 degrees North and South from the equator, which means they see the entire Arctic and Antarctic regions, bar a small circle about 430 km in diameter at the poles.

CryoSat-2 is already way beyond its design life. It was put in space in 2010 with the expectation it would work for at least 3.5 years. Engineers think they can keep it operating until perhaps 2024, but battery degradation and a fuel leak suggest not for much longer.

IceSat-2 was launched in 2018 with a design life of three years, but with the hope it can operate productively over ten years or so

If both satellites are not replaced rapidly, there will be a gap of between two and five years in polar satellite altimetry capability. This, in turn, will degrade the scientists’capacity to assess and improve climate model projections.

The only satellite replacement currently in prospect is the EC/Esa mission codenamed Cristal. It will be like Cryosat, although with much greater capability thanks to a dual-frequency radar altimeter.  The problem is that that the spacecraft won’t launch until 2027/28, maybe even later because of a delay in the funding.

A solution might lie in Europe with a version of Nasa’s IceBridge project. This was an airborne platform that the US agency operated in the eight years between the end of the very first IceSat mission in 2010 and the launch of IceSat-2 in 2018. An aeroplane flew a laser altimeter over the Arctic and the Antarctic to gather some limited data-sets that could eventually be used to tie the two IceSat missions together.

Many researchers think a European « CryoBridge » is the most affordable and near-term option to mitigate the empty years between CryoSat-2 and Cristal.

Source: BBC News.

IceSat-2 et CryoSat-2  (Source : NASA)

Nouvelle éruption du Lewotolo (Petites Iles de la Sonde / Indonésie) // New eruption of Lewotolo (Lesser Sunda Islands / Indonesia)

Il y a quelques jours, j’indiquais qu’après huit ans de repos avec peu ou pas d’activité sismique, le Lewotolo était entré en éruption le 26 novembre 2020, avec un panache de cendres qui était monté jusqu’à 500 m au-dessus du sommet.

Une éruption beaucoup plus puissante a eu lieu sur le volcan tard dans la soirée du 28 novembre 2020. Cette fois, la culeur de l’alerte aérienne a été portée au Rouge et l’aéroport local de Wunopitu a été fermé. Quelque 2800 personnes vivant dans 28 villages sur les pentes du volcan ont été évacuées.

Selon le VAAC de Darwin, le nuage de cendres apparu sur l’imagerie satellitaire a atteint plus de 15 km au-dessus du niveau de la mer.

L’activité sismique se caractérise par un tremor volcanique continu.

Il n’y a ni victimes ni dégâts, mais le CVGHM recommande aux personnes vivant autour du volcan d’éviter de pratiquer des activités dans un rayon de 4 km du sommet.

Source: CVGHM.

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 A few days ago, I indicated that after eight years of rest with little to no seismic activity, Lewotolo volcano had erupted on November 26th, 2020, with an ash plume that rose up to 500 m above the summit.

A far more powerful eruption took place at the volcano late in the evening of November 28th, 2020. This time the Aviation Colour Code was raised to Red and the local Wunopitu airport was closed. Nearly 2 800 people from 28 villages on the slopes of the volcano were evacuated.

According to the Darwin VAAC, the volcanic ash cloud that could be seen on satellite imagery reached more that 15 km above sea level.

Seismic activity is currently characterized by continuous volcanic tremor.

There were no reports of injuries or damage from the eruption but CVGHM recommends that people around the volcano avoid staying or doing activities in all areas within a radius of 4 km from the summit of the volcano.

Source : CVGHM.

Panache de cendre du Lewotolo le 29 novembre 2020 (Source : Copernicus – Sentinel 2)

Les secrets d’Herculanum (Italie)

Détruite en octobre 79 par l’éruption du Vésuve, la ville romaine d’Herculanum est moins connue et moins visitée que Pompéi. Située à 6 km du volcan, elle ne couvrait qu’une douzaine d’hectares et hébergeait 4000 habitants. Le site a été découvert par hasard au 18ème siècle par un paysan qui creusait un puits. C’est à cette époque que les fouilles ont débuté.

Herculanum et ses nombreuses fresques très élaborées est mieux conservée que Pompéi, comme le montre fort bien le documentaire intitulé « Les secrets enfouis d’Herculanum », récemment diffusé par la chaîne de télévision France 5.

Lors de l’éruption, le Vésuve a émis une colonne de cendre d’environ 34 km de hauteur que les vents ont d’abord dirigée vers Pompéi. L’effondrement de la colonne éruptive a ensuite déclenché des nuées ardentes d’une température estimée à 500°C qui ont envahi Herculanum. Ce phénomène éruptif est confirmé par le bois carbonisé retrouvé dans les habitations qui sont en meilleur état qu’à Pompéi. Ainsi, plusieurs maisons ont conservé leurs étages. On a découvert des meubles comme des lits et même un berceau avec le bébé à l’intérieur. Des figues, l’une des spécialités agricoles d’Herculanum, ont également été recueillies par les archéologues. .

Une couche de cendre a recouvert les dépôts pyroclastiques. Les strates visibles dans la couche de matériaux volcaniques d’une vingtaine de mètres d’épaisseur montrent que la ville d’Herculanum a été enfouie au cours de plusieurs phases éruptives.

Le documentaire est particulièrement intéressant car il nous montre la structure sociale de la ville qui était beaucoup plus riche et puissante que Pompéi. C’est à Herculanum que vivait l’élite de la société romaine, avec ses nobles et ses personnes fortunées, comme le montre l’architecture des maisons. La plus fascinante est sans aucun doute la Villa dei Papiri où les archéologues ont découvert, comme son nom l’indique, une extraordinaire collection de papyrus.

La maison de très grande taille appartenait au beau-père de Jules César. Elle était particulièrement luxueuse. La présence d’un collection de quelque 1500 papyrus – tous n’ont peut-être pas été découverts – révèle un haut niveau d’éducation à une époque où peu de gens savaient lire. Ecrits en grec, ce sont des extraits de philosophie épicurienne. C’est en utilisant l’imagerie multispectrale mise au point par la NASA, avec plusieurs longueurs d’onde infrarouge, que le contenu des papyrus a pu être déchiffré. La tâche est particulièrement difficile car les lettres à l’encre noire ressortent à peine sur leur support carbonisé.

NB : voir ma note du 30 mars 2016 consacrée à la Villa dei Papiri : https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/03/30/les-papyrus-dherculanum-livrent-leurs-secrets-suite-scrolls-of-herculaneum-are-telling-their-secrets-continued/

La partie du documentaire consacrée aux 300 squelettes découverts à Herculanum est passionnante. Les scientifiques expliquent pourquoi autant d’habitants se sont regroupés dans 79 hangars à bateaux. Il ne faut pas oublier que la ville ne se trouvait pas à 500 mètres à l’intérieur des terres comme aujourd’hui.

Juste avant l’éruption du Vésuve, la terre a tremblé fortement à Herculanum, comme cela s’était déjà produit en l’an 62. Les gens s’étaient réfugiés sous les arcades des hangars pour se mettre à l’abri des effondrements. Ils ne s’attendaient pas à l’éruption du Vésuve qui, pour eux, n’était pas autre chose qu’une montagne.

L’analyse des boîtes crâniennes montre que la mort de ces personnes a été immédiate. Leur crâne a carrément explosé par ébullition du cerveau. Ils ont été tués par la chaleur extrême de la nuée ardente.

La position des corps à Herculanum est très différente de celle révélée par les moulages de Pompéi. Selon les scientifiques, la position des corps à Pompéi s’explique par un « réflexe post mortem », avec une contraction des muscles après la mort.

De plus, contrairement à Pompéi, les os des squelettes d’Herculanum ont permis une identification par l’ADN. Les chercheurs ont pu se rendre compte qu’il y avait des regroupements familiaux. Les gens ont voulu se regrouper pour fuir, mais ils ont été littéralement incinérés.

Autre point important : l’analyse des squelettes révèle la structure de la société romaine à Herculanum, en particulier la présence d’esclaves dont certains étaient affranchis. Ils appartenaient à des maîtres très riches pouvant en posséder parfois une vingtaine. Beaucoup de ces esclaves étaient originaires du Moyen Orient, suite aux conquêtes de l’Empire Romain.

Il se pourrait que les 300 squelettes découverts à Herculanum soient les restes des seules victimes de l’éruption du Vésuve. Les scientifiques pensent que la grande majorité de la population a réussi à s’enfuir. Beaucoup d’habitants auraient élu domicile à Naples et surtout à Cumes, à une trentaine de kilomètres à l’ouest d’Herculanum.

Cette hypothèse devra toutefois être confirmée avec la suite des fouilles car seulement le quart de la ville romaine a été extrait de la cendre du Vésuve.

Le documentaire (accessible en rediffusion jusqu’au 26 décembre 2020) donne vraiment envie d’aller visiter Herculanum, Stabies et Pompéi, sans oublier le Musée archéologique de Naples qui est un complément indispensable à ces visites.

 Vue de la Villa dei Papiri (Crédit photo : Wikipedia)

Covid-19 et voyages volcans : Pas évident !

Lors de son discours du 24 novembre, Emmanuel Macron a envisagé un déconfinement le 15 décembre, date à laquelle les voyages touristiques pourraient reprendre. Oui mais. Cela suppose que la liberté de circuler du 15 décembre se confirme…et que les autres pays vous acceptent, ce qui est loin d’être évident ! Comment se situent les destinations volcaniques au cœur de la pandémie de Covid-19 ?

Voici quelques informations, sous réserve de modifications par les différents gouvernements au vu de l’évolution de la pandémie. N’hésitez pas à me contacter (grandpeyc@club-internet.fr) si vous disposez d’informations supplémentaires ou si vous détectez des erreurs dans mes propos.

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Concernant les transports aériens vers les Outre-mer, le test PCR dans les 72 heures avant embarquement est une obligation systématique. Il n’est pas possible de se rendre dans les Outre-mer sans avoir présenté le résultat négatif d’un test. Au regard des restrictions de déplacement dans l’hexagone liées au confinement, les voyageurs qui se rendent à un aéroport pour prendre un vol à destination des Outre-mer doivent pouvoir présenter, le billet d’avion et un document leur permettant de justifier ce déplacement : rejoindre sa résidence principale, motifs familiaux, motifs professionnels, participation à des missions d’intérêt général, suivi d’une formation, passage d’un examen ou un concours, raisons de santé. En outre, selon la situation épidémiologique locale, le préfet peut imposer des motifs impérieux (professionnels, sanitaires, familiaux) au départ et à l’arrivée dans les territoires, pour adapter les mesures aux flux et aux destinations. Les justificatifs sont alors contrôlés par les compagnies aériennes.

L’Islande est l’une des destinations volcaniques les plus populaires. Avant d’entrer dans le pays, vous serez soumis à un test PCR suivi d’un isolement de 5 jours minimum.

En Italie, vous devrez remplir un formulaire, et les déplacements sont pour l’instant interdits vers plusieurs régions. La Sicile avec l’Etna et le Stromboli (entre autres) se trouve en zone Orange. Il y a donc interdiction des déplacements à partir de et vers cette zone (sauf pour des raisons professionnelles, de santé ou de nécessité), ainsi que les déplacements entre les communes de ces zones. Les services de restauration (bars, pubs, restaurants, glaciers, etc.) sont fermés.

En Espagne, les Iles Canaries peuvent être visitées seulement pour des raisons essentielles, ce qui interdit les voyages nationaux et internationaux non essentiels.

Pour entrer en Grèce, tous les voyageurs, quelles que soient leur nationalité et leur provenance, sont tenus à présenter à leur embarquement (à partir du mercredi 11 novembre ainsi que pour les vols en provenance d’aéroports français), les résultats d’un test négatif au Covid-19 de moins de 72heures.

Pas question d’aller aux Etats-Unis car la frontière est fermée et les cas de Covid-19 sont encore très nombreux, à Hawaii, par exemple.

En Amérique Centrale et du Sud, la présentation d’un test PCR négatif est requise en Bolivie, au Costa Rica, en Equateur et au Guatemala. Au Chili, les voyageurs en provenance de France doivent présenter un test PCR négatif et observer une quarantaine de 14 jours.

A ce jour, il n’y a pas de restriction à l’entrée au Mexique par voie aérienne pour les personnes ne présentant pas de symptôme. Néanmoins, plusieurs compagnies aériennes ont réduit leurs liaisons entre le Mexique et l’Europe. Tous les voyageurs entrant au Mexique doivent se soumettre à un contrôle de température et sont dans l’obligation de renseigner un formulaire sur leur d’état de santé. Les autorités sanitaires mexicaines peuvent également vérifier l’état de santé des voyageurs et imposer des mesures de quarantaine.

Avant de pénétrer en Nouvelle Zélande, vous serez soumis à un test et vous devrez attendre14 jours avant d’être accepté.

En Afrique, de nombreux pays comme l’Ethiopie demandent de présenter des tests PCR négatifs à l’arrivée. En Tanzanie, le test PCR n’est pas obligatoire. S’agissant du Congo, l’Autorité de l’Aviation Civile congolaise a annoncé le 30 octobre 2020 que tout passager sera désormais soumis à un test COVID-19 PCR à l’aéroport d’entrée sur le territoire. ; Le Ministère des Affaires Etrangères met en garde sur l’insécurité qui règne encore dans le pays.

Actuellement les frontières de l’Indonésie sont fermées aux touristes. Seuls peuvent rentrer sur le territoires les Indonésiens, les étrangers détenteurs d’un permis de résident (Kitas), les personnes possédant un passeport diplomatique. Aucune date à ce jour n’est précisée pour une éventuelle réouverture des frontières.

Le gouvernement japonais a mis en œuvre une interdiction totale d’entrer au Japon pour toute personne non japonaise ayant séjourné dans 152 pays – dont la France – dans les 14 jours précédant son arrivée. Cette interdiction d’entrée vaut également pour les personnes ayant séjourné en Nouvelle Calédonie ou en Polynésie Française.

Pas de réduction des concentrations de CO2 pendant le confinement // No drop of CO2 concentrations during lockdown

Malgré le ralentissement de l’activité économique dû à la pandémie de COVID-19, les concentrations de gaz à effet de serre – en particulier de CO2 – qui emprisonnent la chaleur dans l’atmosphère n’ont jamais diminué. Ces gaz continuent de générer des températures sans cesse en hausse et des événements météorologiques de plus en plus extrêmes, sans oublier la fonte des glaces, l’élévation du niveau de la mer et l’acidification des océans.

Les médias nous ont raconté à plusieurs reprises que les émissions de gaz à effet de serre avaient diminué pendant le confinement. Certes, mais le problème c’est que l’impact sur les concentrations de CO2 dans l’atmosphère ne s’est jamais fait ressentir. Il suffit de jeter un coup d’œil à la Courbe de Keeling qui montre les concentrations de CO2 au sommet du Mauna Loa à Hawaï. Elles atteignaient 410 ppm en novembre 2019 et atteignent aujourd’hui plus de 412 ppm. J’ai expliqué les fluctuations saisonnières de la Courbe dans un article publié le 30 mars 2020:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/03/30/les-fluctuations-de-la-courbe-de-keeling-the-fluctuations-of-the-keeling-curve/

Depuis 1990, on a observé une augmentation de 45% du forçage radiatif, c’est à dire l’effet de réchauffement sur le climat, par les gaz à effet de serre à longue durée de vie, en sachant que le CO2 en représentant les quatre cinquièmes.

Il faut garder à l’esprit que le dioxyde de carbone reste dans l’atmosphère pendant des siècles et dans les océans encore plus longtemps. La dernière fois que la Terre a connu une concentration comparable de CO2 remonte à 3 à 5 millions d’années, époque où la température était de 2 à 3°C plus chaude et que le niveau de la mer était de 10 à 20 mètres plus haut qu’aujourd’hui. Mais il n’y avait pas 7,7 milliards d’habitants sur notre planète !

Le seuil de 400 parties par million (ppm) à l’échelle du globe a été franchi en 2015. A peine quatre ans plus tard, ce même seuil a franchi 410 ppm. Une hausse aussi rapide n’a jamais été observée dans les archives de la NOAA. .

Source: Organisation météorologique mondiale (OMM).

Alors que la Courbe de Keeling continue d’augmenter, les événements extrêmes deviennent de plus en plus fréquents. J’ai consacré un article récent aux ouragans et aux typhons qui ont dévasté respectivement l’Amérique Centrale et les Philippines. Gati, un cyclone tropical, vient de laisser des scènes de destruction en Somalie.

Aujourd’hui, nous apprenons que des conditions extrêmes avec des températures record sont prévues dans le sud et le sud-est de l’Australie. Toujours en Australie, un incendie de forêt à grande échelle est en train de dévaster la moitié de l’île Fraser dans le Queensland.

Je viens d’indiquer dans une note que les températures anormalement élevées affectent actuellement l’Arctique.

Et ensuite? Que faudra-t-il pour que nos gouvernements prennent conscience de l’urgence de la situation? Si rien n’est fait dans le très court terme, les prochaines générations seront confrontées à une situation devenue ingérable.

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Despite the slowdown of economic activity due to the COVID-19 pandemic, the concentrations of greenhouse gases – especially CO2 – which are trapping heat in the atmosphere has never declined. They continue to generate increasing temperatures and more extreme weather events, ice melt, sea-level rise and ocean acidification.

The media have told us several times that the emissions of many pollutants and greenhouse gases decreased during the lockdown. The problem is that the impact on CO2 concentrations in the atmosphere has never been felt.

Just have a look at the Keeling Curve that shows CO2 concentrations at the summit of Mauna Loa in Hawaii. They were measured at 410 ppm in November 2019 and are now reaching more than 412 ppm. I explained the seasonal fluctuations of the curve in a post released on March 30th, 2020:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/03/30/les-fluctuations-de-la-courbe-de-keeling-the-fluctuations-of-the-keeling-curve/

Since 1990, there has been a 45% increase in total radiative forcing – the warming effect on the climate – by long-lived greenhouse gases, with CO2 accounting for four fifths of this.

One should bear in mind that carbon dioxide remains in the atmosphere for centuries and in the ocean for even longer. The last time the Earth experienced a comparable concentration of CO2 was 3-5 million years ago, when the temperature was 2-3°C warmer and sea level was 10-20 metres higher than now. But there were not 7.7 billion inhabitants on our planet.

The global threshold of 400 parts per million was breached in 2015. And just four years later, it crossed 410 ppm. Such a rate of increase has never been seen in the history of NOAA. .

Source: World Meteorological Organization (WMO).

While the Keeling Curve keeps going up, extreme events are getting more and more frequent. I devoted a recent post to the hurricanes and typhoons that devastated Central America and the Philippines, respectively. Gati, a tropical cyclone, has just left a trail of destruction in Somalia.

Today, we learn that extreme heat wave conditions and record temperatures are expected across south and southeast Australia. Still in Australia, a wide-scale wildfire is burning half of Fraser Island in Queensland.

I have just indicated that high temperatures are currently affecting the Arctic.

What next? What should happen to make out governments realise the urgency f the situation? If nothing is done in the short time, the next generations will be confronted with a situation impossible to manage.

La Courbe de Keeling le 18 novembre 2020. Ce jour-là, les concentrations de CO2 atteignaient 412,19 ppm. (Source : Scripps Institution ocf Oceanography)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde, résumées dans le dernier rapport de la Smithsonian Institution :

En Indonésie, des panaches de vapeur s’élèvent au-dessus du sommet du Merapi. Des avalanches de matériaux dévalent encore les flancs du volcan sur des distances pouvant atteindre 2 km. La morphologie du sommet a quelque peu changé en raison de l’effondrement d’une partie du dôme de 2018 et des effondrements de certaines parties de la lèvre du cratère. Une hausse de la sismicité est observée depuis quelques jours. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4).

L’activité éruptive persiste sur le Semeru où des panaches de vapeur et de cendres s’élèvent jusqu’à 300 m au-dessus du sommet. L’incandescence du cratère est parfois visible la nuit et des avalanches incandescentes s’engouffrent souvent sur plus de 500 à 1500 m dans les ravines sur le flanc S du volcan. Deux événements éruptifs ont généré des panaches de cendre de 100 à 200 m de hauteur au-dessus du sommet les 23 et 24 novembre 2020. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), avec une zone d’exclusion générale de 1 km et des extensions à 4 km dans le secteur SSE.

Un événement éruptif sur le Sinabung le 21 novembre 2020 a généré un panache de cendres qui s’est élevé à 1 km au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), avec une zone d’exclusion générale de 3 km et des extensions à 5 km dans le secteur SE et 4 km dans le secteur NE. Source: CVGHM.

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Au Pérou, l’Instituto Geofísico indique que la sismicité a augmenté le 11 novembre 2020 sur le Sabancaya. Au cours de la semaine suivante, le nombre et l’ampleur des explosions ont augmenté et de l’incandescence  était visible à l’intérieur du cratère sur les données satellitaires. Cette hausse d’activité correspondait probablement à une émission de lave. L’apparition d’un nouveau dôme de lave dans la partie nord-est du cratère sommital a été confirmée par des images satellites. Le dôme, baptisé Iskay, couvre une superficie d’environ 12 000 mètres carrés.

Une moyenne quotidienne de 49 explosions a été enregistrée entre le 16 et le 23 novembre, avec des panaches de gaz et de cendres s’élevant jusqu’à 3,5 km au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à l’Orange et le public est prié de rester à l’extérieur d’un rayon de 12 km du sommet.

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En Equateur, une activité intense continue d’être enregistrée sur le Reventador. La sismicité se caractérise par des explosions, des séismes volcano-tectoniques et des épisodes de tremor harmonique, des événements longue période ainsi que des signaux indiquant des émissions de cendres. L’incandescence du cratère est visible de nuit. Des blocs incandescents continuent de rouler sur les flancs NE et S du volcan. La coulée de lave de 450 m de long sur le flanc NE reste active mais ne progresse plus.

Source: Instituto Geofisico.

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Au Kamtchatka, le niveau d’alerte et la couleur de l’alerte aérienne restent inchangés pour l’Ebeko, le Bezymianny, le Karymsky, le Klyuchevskoy et le Sheveluch.

Source : KVERT.

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En Sicile, l’activité est redevenue normale sur le Stromboli après l’événement éruptif majeur du 16 novembre 2020. On observe des explosions stromboliennes d’intensité faible à moyenne, principalement dans les parties nord et centre-sud de la terrasse cratèrique.

Une activité strombolienne de fréquence et d’intensité variables, accompagnée d’émissions de cendres, est observée dans le Nouveau Cratère SE de l’Etna ainsi que dans le Bocca Nuova. La Voragine se contente de dégazer.

Source : INGV.

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Dernière minute : Après huit ans de repos sans pratiquement aucune activité, le volcan indonésien Lewotolo (Petites îles de la Sonde) est entré en éruption le 26 novembre 2020 avec un panache de cendres qui est monté jusqu’à 500 m au-dessus du sommet.

Le PVMBG a mis en garde contre les dangers potentiels, notamment les projections de roches incandescentes et les fortes retombées de cendres dans un rayon de 2 km du sommet.

La dernière éruption du Lewotolo a eu lieu en janvier 2012. Le volcan a produit d’épais panaches de gaz qui se sont élevés jusqu’à 250 m au-dessus du sommet.

Le niveau d’alerte reste à 2.

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Here is some news of volcanic activity around the world as summarized in the Smithsonian, Institution’s latest report.

In Indonesia, steam emissions can be seen rising above the summit of Mt Merapi. Avalanches of material still travel as far as 2 km down the flanks of the volcano. The morphology of the summit has somewhat changed due to the collapse of a part of the 2018 dome and rockfalls from parts of the crater rim. An increase in seismicity is currently observed.  The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4).

Eruptive activity is still observed at Semeru where steam and ash plumes are rising up to 300 m above the summit. Crater incandescence is sometimes visible at night and incandescent avalanches often travel over 500-1,500 m down drainages on the S flank of the volcano. Two eruptive events produced ash plumes that rose 100-200 m above the summit pn November 23rd and 24th, 2020. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), with a general exclusion zone of 1 km and extensions to 4 km in the SSE sector.

An eruptive event at Sinabung generated an ash plume that rose 1 km above the crater rim on November 21st, 2020. The Alert Level remained at 3 (on a scale of 1-4), with a general exclusion zone of 3 km and extensions to 5 km in the SE sector and 4 km in the NE sector.

Source: CVGHM.

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In Peru, the Instituto Geofísico indicates that seismicity at Sabancaya increased on November11th, 2020. During the following week, the number and magnitude of explosions increased, and crater incandescence was visible in satellite and webcam data. The increased activity likely signified lava effusion. A new lava dome in the NE part of the summit crater was confirmed in satellite images. The dome, named Iskay, covers an area of about 12,000 square metres.
A daily average of 49 explosions was recorded between November 16th and 23rd with gas and ash plumes that rose as high as 3.5 km above the summit.

The Alert Level remains at Orange and the public is asked to stay outside a 12-km radius from the summit.

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In Ecuador, a high level of activity continues to be recorded at Reventador . Seismicity is characterized by explosions, volcano-tectonic and harmonic tremor events, and long-period earthquakes as well as signals indicating ash emissions. Crater incandescence is visible at night. Incandescent blocks keep rolling down the NE and S flanks of the volcano. The 450-m-long lava flow on the NE flank remains active but no longer advances.

Source: Instituto Geofisico.

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In Kamchatka, the alert levels and aviation colour codes remain unchanged for Ebeko, Bezymianny, Karymsky, Klyuchevskoy and Sheveluch.

Source: KVERT.

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In Sicily, activity has gone back to normal on Stromboli following the major eruptive event of November 16th, 2020. One can observe low to medium intensity strombolian explosions, mainly in the north and central-south parts of the crater terrace.

Strombolian activity of variable frequency and intensity accompanied by ash emissions is observed at Mt Etna’s New SE Crater as well as within Bocca Nuova. Voragine is only degassing.

Source : INGV.

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Last minute: After eight years of rest with hardly any activity, the Indonesian volcano Lewotolo (Lesser Sunda Islands) erupted on November 26th, 2020, sending an ash plume up to 500 m above the summit.

PVMBG warned of potential hazards, including incandescent rocks and heavy ashfall within a radius of 2 km from the summit.

Lewotolo’s last eruption occurred in January 2012. The volcano produced thick, white plumes that rose up to 250 m above the summit.

The Alert Level remains at 2.

Episode éruptif sur le Klyuchevskoy le 18 novembre 2020 (Crédit photo: KVERT)