Encore des mauvaises nouvelles de l’Arctique ! // More bad news from the Arctic !

Nous sommes à la fin du mois de novembre 2020 et l’Océan Arctique connaît des températures encore beaucoup trop élevées pour cette période de l’année. Les douze mois écoulés ressemblent à la situation telle qu’elle était en 2016 avec une différence majeure : en 2016, il y a eu un fort El Niño dans le centre-est équatorial de l’Océan Pacifiqte. En octobre 2020, El Niño a été remplacé par La Niña, qui est censée entraîner une baisse de température de surface des océans…mais qui ne se produit pas !

La température maximale au pôle Nord était de 1,1°C le 12 novembre 2020. Cette température élevée au-dessus de l’Océan Arctique est causée par le transfert d’énormes quantités de chaleur de l’Océan Arctique vers l’atmosphère. On observe une forte surchauffe de l’Océan Arctique en raison du déplacement continu, le long du Gulf Stream, de la chaleur océanique à la surface de l’Atlantique Nord vers l’Océan Arctique.

Le réchauffement de l’Arctique se produit à grande échelle. Des anomalies de température de plus de 20°C ont été enregistrées sur une grande partie de l’Océan Arctique le 16 novembre 2020. Selon les prévisions, ces anomalies de température devraient persister sur l’Océan Arctique au moins jusqu’au 26 novembre 2020, avec des anomalies pouvant atteindre 30°C.

La distorsion du Jet Stream qui résulte de cette situation climatique entraîne parfois une accélération des vents qui transportent l’air chaud de l’Océan Atlantique Nord vers l’Océan Arctique. Le 20 novembre, le Jet Stream a atteint une vitesse de 327 km / h. Le danger est qu’un vent aussi fort accélère encore davantage les courants océaniques qui transportent d’énormes quantités de chaleur vers l’Océan Arctique.

L’image ci-dessous montre parfaitement les anomalies thermiques sur l’Arctique en octobre 2020

Source: Arctic News.

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We are at the end of November 2020 and the Arctic Ocean is still very hot. The recent twelve-month period is similar to the 2016 peak with a major difference: in 2016 there was a strong El Niño, while in October 2020 El Niño was replaced vy La Niña which is supposed to bring along lower surface ocean temperatures.

The highest temperature at the North Pole was 1.1°C on November 12th, 2020.

This high temperature over the Arctic Ocean is caused by transfer of huge amounts of heat from the Arctic Ocean to the atmosphere, indicating severe overheating of the Arctic Ocean as a result of the ongoing movement of ocean heat at the surface of the North Atlantic to the Arctic Ocean along the Gulf Stream.

The heating of the Arctic affects a large surface. Temperature anomalies above 20°C were recorded over a large part of the Arctic Ocean on November 16th, 2020.

Temperature anomalies are forecast to remain high over the Arctic Ocean, with the forecast for November 26th, 2020, showing anomalies approaching 30°C.

The resulting distortion of the Jet Stream can at times speed up winds that move hot air from the North Atlantic Ocean toward to Arctic Ocean. On November 20th, a distorted Jet Stream reached a speed of 327 km/h. The danger is that such strong wind will speed up ocean currents in the North Atlantic that carry huge amounts of heat toward the Arctic Ocean.

The image below perfectly shows temperature anomalies over the Arctic during October 2020

Source: Arctic News.

Source : Arctic News

L’Arctique ne sera plus jamais comme avant // The Arctic will never be the same again

Il n’est pas une journée sans mauvaises nouvelles de l’Arctique. Un article paru dans The Guardian nous rappelle qu’à la fin du mois de juillet 2020, 40% de la plate-forme glaciaire de Milne, sur la bordure nord-ouest de l’île d’Ellesmere, sont partis dans la mer. Cela signifie que la dernière banquise encore parfaitement intacte au Canada n’existe plus. De l’autre côté de l’île, dans la région la plus septentrionale du Canada, les calottes glaciaires de la baie St Patrick ont ​​totalement disparu. Selon les scientifiques, la calotte glaciaire du Groenland a probablement dépassé le point de non-retour. Les chutes de neige annuelles ne suffisent plus pour compenser la perte de neige et de glace pendant la fonte estivale des 234 glaciers du territoire. En 2019, la calotte glaciaire a perdu sa glace à raison d’un million de tonnes par minute.
L’Arctique fond plus rapidement qu’on l’imaginait il y a seulement quelques décennies. Le nord de la Sibérie et l’Arctique canadien se réchauffent maintenant trois fois plus vite que le reste du monde. Au cours de la dernière décennie, les températures de l’Arctique ont augmenté de près de 1°C. Si les émissions de gaz à effet de serre restent sur la même trajectoire, le nord du globe se sera réchauffé de 4°C d’ici le milieu de ce siècle.
L’Arctique tel que nous le connaissons aujourd’hui ne sera bientôt plus qu’un souvenir.
Une nouvelle étude parue dans Nature Climate Change explique que la glace de mer qui flotte pendant l’été à la surface de l’océan Arctique pourrait disparaître entièrement d’ici 2035. Jusqu’à relativement récemment, les scientifiques pensaient que cette situation attendrait 2050 au plus tôt. Confirmant les prévisions de l’étude, la glace de mer arctique en septembre 2020 a atteint sa deuxième plus faible étendue en 41 ans.
S’ajoutant à ce qui précède, le pergélisol de l’Arctique canadien dégèle 70 ans plus tôt que prévu. Les routes se déforment. Les maisons s’affaissent. En Sibérie, des cratères géants apparaissent brusquement dans la toundra lorsque les températures montent en flèche; il ne faut pas oublier qu’elles ont atteint 38°C dans la ville de Verkhoyansk en juillet 2020. Il ne faudrait pas oublier non plus qu’au printemps de cette année, un réservoir de carburant dans une centrale électrique russe, s’est renversé sous l’effet du dégel du pergélisol et a déversé 21 000 tonnes de diesel dans un cours d’eau à proximité.
Le dégel du pergélisol libère dans l’atmosphère du gaz carbonique et du méthane, deux puissants gaz à effet de serre, ce qui aggrave le réchauffement climatique. Les vagues de chaleur successives ont provoqué des incendies de forêt qui font rage dans les régions les plus chaudes et les plus sèches de l’Arctique. Cela a un effet négatif sur les millions de rennes et de caribous qui se nourrissent des mousses, des lichens. A l’inverse, entre 2013 et 2014, environ 61 000 animaux sont morts dans la péninsule russe de Yamal en raison d’une famine à grande échelle pendant un hiver pluvieux. Dans son ensemble, la population mondiale de rennes et de caribous a diminué de 56% au cours des 20 dernières années. Ces pertes ont des conséquences désastreuses pour les peuples autochtones dont la culture et les moyens de subsistance dépendent de ces animaux.
A côté de cela, le changement climatique dans l’Arctique est une aubaine pour les gouvernements peu scrupuleux qui trouvent des opportunités dans la crise climatique actuelle:
– La fonte des glaces est en train de rendre accessibles les ressources minérales et les réserves de pétrole et de gaz de la région Au Groenland, la fonte de la glace révèle une richesse en uranium, zinc, or, fer et autres minéraux. On comprend pourquoi Donald Trump a affirmé en 2019 qu’il envisageait d’acheter le Groenland au Danemark.
– La Chine investit massivement dans la route maritime du Nord de plus en plus exempte de glace au-dessus de la Russie. Cela promet de réduire de 10 à 15 jours les trajets par bateau entre l’Extrême-Orient et l’Europe. Le passage du Nord-Ouest à travers l’archipel arctique canadien fournira probablement bientôt un autre raccourci maritime.
Jamais auparavant l’Arctique n’avait été autant convoité.
Pour arrêter le changement climatique dans l’Arctique, il faudrait réduire considérablement les émissions de combustibles fossiles, et le monde n’est pas engagé sur cette voie pour le moment. Comme je l’explique lors de mes conférences, en supposant que nous cessions toutes les émissions de gaz à effet de serre par un coup de baguette magique, il faudrait des décennies pour que l’atmosphère se purifie et pour que et les températures se stabilisent.
Une chose est sûre, on ne reverra jamais l’Arctique tel qu’il était dans le passé. Au train où vont les choses, il sera impossible de revenir aux conditions qui prévalaient il y a seulement une trentaine d’années..
Adapté d’un article paru dans The Guardian.

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Nearly everyday brings bad news about the Arctic. An article in The Guardian reminds us that at the end of July 2020, 40% of the Milne Ice Shelf, on the north-western edge of Ellesmere Island, calved into the sea. This means Canada’s last fully intact ice shelf does not exist any more. On the other side of the island, the most northerly in Canada, the St Patrick’s Bay ice caps completely disappeared. Scientists concluded that the Greenland Ice Sheet may have already passed the point of no return. Annual snowfall is no longer enough to replenish the snow and ice loss during summer melting of the territory’s 234 glaciers. In 2019, the ice sheet lost a record amount of ice, equivalent to one million tons every minute.

The melting of the Arctic is happening faster than anyone could have imagined just a few decades ago. Northern Siberia and the Canadian Arctic are now warming three times faster than the rest of the world. In the past decade, Arctic temperatures have increased by nearly 1°C. If greenhouse gas emissions stay on the same trajectory, we can expect the north to have warmed by 4°C by the middle of the century.

There is no facet of Arctic life that remains untouched by global warming. The Arctic as we know it today will soon be frozen only in memory.

A new Nature Climate Change study predicts that summer sea ice floating on the surface of the Arctic Ocean could disappear entirely by 2035. Until relatively recently, scientists thought it would reach this point in 2050 at the earliest. Reinforcing the study’s prediction, Arctic sea ice in September 2020 reached its second-lowest extent in the 41-year satellite record.

What is more, in the Canadian Arctic, permafrost is thawing 70 years sooner than predicted. Roads are distorted. Houses are sinking. In Siberia, giant craters pockmark the tundra as temperatures soar; we should not forget they reached 38°C in the town of Verkhoyansk in July. We should not forget either that his spring, a fuel tank at a Russian power plant collapsed and leaked 21,000 tons of diesel into nearby waterways, because of the subsiding permafrost.

This thawing permafrost releases two potent greenhouse gases, carbon dioxide and methane, into the atmosphere and, as such, exacerbates global warming.

The heatwaves led to raging wildfires which are getting common in hotter and drier parts of the Arctic. This has a negative effect on the millions of reindeer and caribou who eat mosses, lichens, and stubbly grasses. Between 2013 and 2014, an estimated 61,000 animals died on Russia’s Yamal peninsula due to mass starvation during a rainy winter. Overall, the global population of reindeer and caribou has declined by 56% in the last 20 years. Such losses have disastrous consequences for the indigenous people whose culture and livelihoods depend on these animals.

Yet climate change in the Arctic is a godsend for unscrupulous governments that find opportunities in the crisis:

– Melting ice has made the region’s abundant mineral deposits and oil and gas reserves more accessible by ship. In Greenland, vanishing ice is unearthing a wealth of uranium, zinc, gold, iron and rare earth elements. In 2019, Donald Trump claimed he was considering buying Greenland from Denmark.

– China is heavily investing in the increasingly ice-free Northern Sea Route over the top of Russia, which promises to cut shipping times between the Far East and Europe by 10 to 15 days. The Northwest Passage through the Canadian Arctic Archipelago could soon yield another shortcut.

Never before has the Arctic enjoyed such political relevance.

Stopping climate change in the Arctic requires an enormous reduction in the emission of fossil fuels, and the world is not on the way to do it. As I explain during my conferences, supposing we cease all emissions like a fairy with a magic wand, it would take the atmosphere decades to clear and temperatures to stabilize.

One thing is sure, the Arctic of the past is already gone. Following our current climate trajectory, it will be impossible to return to the conditions that prevailed three decades ago.

Adapted from an article in The Guardian.

 

Les glaciers du Groenland: une espèce en voie de disparition (Photos : C. Grandpey)

La beauté des aurores boréales…

Ce n’est un secret pour personne : j’adore les contrées arctiques et toutes les beautés qu’elles recèlent, que ce soit les glaciers ou la faune qui vit dans ces régions reculées. Il est un spectacle que j’apprécie tout particulièrement : celui des aurores boréales, les « northern lights » comme on les appelle dans les hautes latitudes. Les dernières que j’ai observées illuminaient le ciel du côté de Juneau, la capitale de l’Etat d’Alaska.

Ces derniers jours, les Islandais ont été gâtés, comme le montre la galerie de photos publiée sur le site Iceland Monitor. Elles ont été prises le 23 novembre 2020 à Raufarhöfn, dans le nord-est de l’île, juste au sud du Cercle polaire arctique. Les couleurs étaient si intenses qu’il suffisait d’avoir un smartphone pour capturer ces instants magiques.

https://icelandmonitor.mbl.is/news/nature_and_travel/2020/11/23/spectacular_northern_lights_delight/

Photo : C. Grandpey

Nouveau minéral découvert sur le Tolbachik (Kamchatka) // Discovery of a new mineral on Tolbachik Volcano (Kamchatka)

Ce n’est pas une nouvelle fracassante pour le monde de la volcanologie, mais elle mérite d’être signalée. Des chercheurs russes ont découvert un minéral qui n’a encore jamais été mentionné dans les documents scientifiques. Baptisé pétrovite, il a été prélevé sur le volcan Tolbachik dans la péninsule du Kamtchatka.

L’histoire éruptive du Tolbachik a été marquée par deux éruptions récentes: la «Grande éruption fissurale de 1975–1976, et un deuxième événement, moins spectaculaire, en 2012–2013.

La première éruption a donné naissance à de nombreux cônes de scories où les chercheurs ont découvert des minéraux jamais vus ailleurs dans le monde. Parmi eux, la pétrovite est un sulfate minéral qui apparaît – selon le Mineralogical Magazine – sous forme d’« agrégats globulaires bleus de cristaux tabulaires, dont beaucoup contiennent des inclusions gazeuses. »

Le spécimen a été découvert en 2000 près du deuxième cône de scories édifié par l’éruption de 1975. Il a été mis de côté pour une analyse ultérieure. Cette dernière révèle aujourd’hui que le minéral bleu présente des caractéristiques moléculaires très particulières, rarement vues auparavant.

Un chercheur russe explique que l’atome de cuivre à l’intérieur de la structure cristalline de la pétrovite présente «une coordination inhabituelle et très rare de sept atomes d’oxygène. Une telle coordination n’est caractéristique que de quelques composés, ainsi que de la saranchinaite. » La saranchinaite a été identifiée il y a quelques années et a également été découverte sur le Tolbachik.

La pétrovite s’est probablement cristallisée par précipitation directe des gaz volcaniques. C’est peut-être la raison pour laquelle elle se présente sous forme de croûtes cryptocristallines bleues enveloppant une fine matière pyroclastique.

D’un point de vue chimique, la pétrovite représente un nouveau type de structure cristalline. Elle offre des similitudes avec la saranchinaite à partir de laquelle elle est peut-être produite, mais cela doit être confirmé

La structure moléculaire de la pétrovite, qui se compose d’atomes d’oxygène, de soufre de sodium et de cuivre, est de nature poreuse et montre des passages interconnectés qui permettent peut-être aux ions sodium de migrer à travers la structure. Si cette hypothèse se confirme, les chercheurs pensent que cela pourrait conduire à des applications importantes en science des matériaux. Cela pourrait en particulier permettre de nouvelles méthodes de fabrication des cathodes utilisées dans les batteries et les appareils électriques. Cependant, pour le moment, la quantité de cuivre – métal de transition – dans la structure cristalline du minéral est beaucoup trop réduite pour envisager de telles applications. Ce problème pourrait toutefois être résolu en synthétisant en laboratoire un composé ayant la même structure que la pétrovite.

Source:  Mineralogical Magazine.

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It is not a piece of news that will deeply transform the world of volcanology but it is worth mentioning. Russian researchers have reported the discovery of a mineral that had never before ben documented by scientists. Called petrovite, the new mineral was found on Tolbachik volcano in the Kamchatka Peninsula.

Tolbachik’s eruptive history was marked by two recent eruptions: the ‘Great Tolbachik Fissure Eruption’ of 1975–1976, and a second, less dramatic event, in 2012–2013.

The first eruption gave birth to numerous cinder cones in the volcanic complex where researchers discovered minerals never seen elsewhere in the world. Among them, petrovite is a sulfate mineral that appears as blue globular aggregates of tabular crystals, many holding gaseous inclusions.

The specimen was discovered in 2000 near the second cinder cone associated with the 1975 eruption, and was kept aside for later analysis which now reveals that the blue mineral exhibits peculiar molecular hallmarks only rarely seen before.

A Russian researcher explains that the copper atom in the crystal structure of petrovite has “an unusual and very rare coordination of seven oxygen atoms. Such coordination is characteristic of only a couple of compounds, as well as of saranchinaite. » Saranchinaite was identified a couple of years ago, and was also uncovered at Tolbachik.

Petrovite probably crystallised via direct precipitation from volcanic gases. This may be the reason why it takes form as blue cryptocrystalline crusts enveloping a fine pyroclastic material.

From a chemical standpoint, petrovite represents a new type of crystal structure, although one that bears similarities to saranchinaite, from which it may be produced, but this needs to be confirmed

Petrovite‘s molecular framework, which consists of oxygen atoms, sodium sulphur and copper, is effectively porous in nature, demonstrating interconnected pathways that could enable sodium ions to migrate through the structure. Due to this behaviour, the researchers think this could lead to important applications in material science, potentially enabling new ways of developing cathodes for use in batteries and electrical devices. However, for the moment, the quantity of copper – a transition metal – within the crystal structure of the mineral is far too reduced for such applications. This problem might be solved by synthesizing a compound with the same structure as petrovite in the laboratory.

Source : Mineralogical Magazine.

Echantillons de pétrovite (Source : The Minealogical Magazine)

Pompéi continue de révéler ses secrets // Pompeii keeps revealing its secrets

Pompéi continue de révéler ses secrets. Les archéologues viennent de découvrir les restes carbonisés mais exceptionnellement bien conservés de deux hommes qui ont péri lors de l’éruption du Vésuve en octobre 79 après JC.

L’un était probablement un homme de la haute société, âgé entre 30 et 40 ans, qui portait encore les restes d’un manteau de laine sous le cou.

Le second, probablement âgé de 18 à 23 ans, était vêtu d’une tunique et avait un certain nombre de vertèbres écrasées, signe qu’il était un esclave qui transportait de lourds fardeaux. Leurs cadavres ont été découverts à Civita Giuliana, à 700 mètres au nord-ouest du centre de Pompéi. Ils se trouvaient dans un couloir de 2,20 mètres de large qui donnait accès à l’étage supérieur d’une grande villa,  là où les archéologues avaient détecté des cavités dans les couches de cendre durcie.

Les dents et les os de ces hommes ont été préservés et les vides laissés par les tissus mous ont été remplis de plâtre que les archéologues ont laissé durcir pour effectuer des moulages des corps, selon la célèbre technique inventée par Giuseppe Fiorelli en 1867.

Selon le directeur du site archéologique, les deux malheureux cherchaient probablement refuge lorsqu’ils ont été atteints par la coulée pyroclastique vers 9 heures du matin. Leurs pieds et leurs mains crispés montrent que c’est le choc thermique qui a provoqué leur mort.

Cette nouvelle découverte confirme que Pompéi est un merveilleux lieu de recherche et d’étude.

Source: Yahoo News.

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Pompeii is still revealing its secrets. Archaeologists have discovered the exceptionally well-preserved remains of two men scalded to death by the eruption of Mt Vesuvius in October 79 AD.

One was probably a man of high status, aged between 30 and 40, who still bore traces of a woollen cloak under his neck.

The second, probably aged 18 to 23, was dressed in a tunic and had a number of crushed vertebrae, indicating that he had been a slave who did heavy labour.

The remains were found in Civita Giuliana, 700 metres northwest of the centre of Pompeii, in a 2.20-metre-wide passage leading to the upper floor of a large villa that was being being excavated.

The men’s teeth and bones were preserved, and the voids left by their soft tissues were filled with plaster that was left to harden and then excavated to show the outline of their bodies according to the techni<ue invented by Giuseppe Fiorelli in 1867.

According to the director of the archeological site, these two victims were perhaps seeking refuge when they were swept away by the pyroclastic flow at about 9 o’ clock in the morning. Their clenched feet and hands show it was a death by thermal shock.

The new discovery confirms that Pompeii is a fantastic place for research and study.

Source : Yahoo News.

Source : MIBACT / Parco Archeologico di Pompei

Au fond de la Fosse des Mariannes…

La Chine a diffusé en direct le 20 novembre 2020 des images de son nouveau submersible habité au fond de la Fosse des Mariannes dans le cadre d’une mission dans les eaux les plus profondes de la planète.

La Fosse des Mariannes est actuellement l’endroit le plus profond de la croûte terrestre. Elle se trouve dans la partie nord-ouest de l’Océan Pacifique, à l’est des Îles Mariannes et à proximité de l’île de Guam. Le point le plus bas connu de la fosse se situerait selon les relevés à 10 984 ± 25 m. Des organismes piézophiles vivent à cette profondeur, malgré des pressions atteignant l’équivalent de 1 100 atmosphères.

D’un point de vue géologique – le plus important à mes yeux – la Fosse des Mariannes se situe sur une zone de subduction où la plaque Pacifique s’enfonce sous la plaque Philippine.

Le submersible chinois qui répond au nom de « Fendouzhe » – le « lutteur » – est descendu à plus de 10.000 mètres dans la fosse avec trois chercheurs à son bord.

Très peu de personnes ont déjà visité la Fosse des Mariannes. Les premiers explorateurs ont atteint la fosse en 1960 lors d’une brève expédition. Il a ensuite fallu attendre 2012 et la descente effectuée par le cinéaste américain James Cameron, réalisateur de « Titanic », qui a parlé d’un environnement « désolé » et « extraterrestre ».

Les vidéos tournées cette semaine par une caméra sous-marine montrent le submersible chinois vert et blanc se déplaçant dans les eaux obscures, entouré de nuages de sédiments alors qu’il se pose lentement sur le fond marin.

Le but des missions du Fendouzhe est d’observer « les nombreuses espèces et la répartition des êtres vivants dans les fonds marins » et les chercheurs chinois vont collecter des spécimens pour leurs recherches. Des études antérieures ont permis de trouver des communautés florissantes d’organismes unicellulaires survivant sur des déchets organiques qui s’étaient installés sur le fond de l’océan, mais très peu de gros animaux.

La mission actuelle du Fendouzhe permettra également d’effectuer des recherches sur les « matériaux des eaux profondes », alors que la Chine progresse dans l’exploitation minière à grande profondeur. Pékin a mis en place en novembre un centre de formation et de recherche qui initiera les professionnels à la technologie des grands fonds marins et mènera des recherches sur l’exploitation de minéraux précieux au fond de l’océan.

Sources : Médias internationaux.

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, l’Homme n’a jamais été vraiment attiré par les grandes profondeurs océaniques, endroits obscurs où il n’y a guère de vie. Il est davantage fasciné par les autres planètes du système solaire comme le montre l’attrait exercé par les images envoyées par les robots martiens où les sondes qui voyagent à proximité d’autres planètes.

Pourtant, les abysses de nos océans présentent un intérêt certain. Les Chinois espèrent y découvrir – et un jour y extraire – des minéraux précieux. A côté de cela, il ne faudrait pas oublier que les fosses océaniques comme celle des Mariannes sont des zones de subduction où se déclenchent les séismes les plus puissants et les plus destructeurs sur Terre. Des missions à l’aide de submersibles comme le Fendouzhe permettraient d’y installer des capteurs et autres instruments afin d’étudier le comportement de la croûte terrestre à grande profondeur. Mais bien sûr, les images rapportées par de telles missions ne nous feraient pas rêver….

Source : Wikipedia

Une récente activité éruptive sur la planète Mars ? // Recent eruptive activity on Mars ?

Les dernières expéditions sur Mars ont montré qu’il n’y avait pas de vie sur la Planète Rouge qui est donc bel et bien une planète morte. Mars hébergeait autrefois des mers et des océans, et peut-être même la vie, mais tout est fini ; l’atmosphère de la planète est impropre à la vie et l’activité sous sa surface a cessé depuis longtemps.

Des recherches ont montré que des éruptions volcaniques se sont produites sur Mars il y a environ 2,5 millions d’années. Une étude plus récente révèle pourtant qu’une éruption se serait produite il y a 53 000 ans dans une région appelée Cerberus Fossae. Ce serait la plus jeune éruption volcanique connue sur Mars. Si l’information était confirmée, cela signifierait qu’une activité volcanique pourrait encore apparaître à la surface de la planète à de rares intervalles. Il faut bien sûr utiliser le conditionnel et d’autres études seront nécessaires pour confirmer cette découverte.

Au vu des images en provenance de Mars, le site de cette éruption potentielle se trouve à proximité du grand volcan Elysium Mons. Il se situe à environ 1600 kilomètres à l’est de l’endroit où le robot InSight de la NASA a atterri sur Mars en 2018 pour étudier l’activité tectonique sur la Planète Rouge. [InSight est l’acronyme du nom de la mission : Interior Exploration Using Seismic Investigations, Geodesy and Heat Transport].

Le site éruptif a l’aspect d’une fissure qui se serait formée récemment à la surface de la planète. Cette fissure aurait émis des cendres volcaniques à très haute température. On se retrouve face à des dépôts pyroclastiques semblables à ceux que les scientifiques ont déjà observés sur la Lune, sur Mercure et sur Terre. Les matériaux émis lors de l’éruption ont probablement atteint une hauteur de plusieurs kilomètres avant de retomber au sol.

C’est la présence d’une zone plus sombre et l’aspect symétrique de la fissure qui laissent supposer qu’une éruption a effectivement eu lieu. En dénombrant le nombre de cratères visibles autour de la fissure et dans les dépôts proprement dits qui couvrent une surface d’environ 9 kilomètres de diamètre, les scientifiques pourraient dater l’éruption qui a pu se produire il y a 53000 à 210000 ans. De toute façon, ce serait la plus jeune éruption volcanique connue sur Mars.

Si elle était confirmée, la découverte aurait de grandes implications. En termes géologiques, 53000 ans, c’est hier, ce qui laisse supposer que Mars pourrait être encore active d’un point de vue volcanique. Une telle découverte pourrait également avoir de grandes implications pour la recherche de la vie sur Mars. L’activité volcanique a pu faire fondre la glace sous la surface de la planète, avec à la clé un environnement potentiellement habitable pour des êtres vivants. Il ne faut pas oublier que pour que la vie soit possible, on a besoin d’énergie, de carbone, d’eau et de nutriments, des éléments qu’un système volcanique est susceptible de fournir.

Le robot InSight de la NASA a peut-être enregistré une forme d’activité liée à ce site. Il a en effet détecté de la sismicité à la surface de Mars, et deux séismes ont été localisés dans le secteur du Cerberus Fossae. Les chercheurs n’excluent pas un lien entre cette sismicité et l’activité volcanique.

Des questions restent en suspens et certains scientifiques ont émis des doutes sur la méthode utilisée pour la datation de l’éruption. Ils regrettent le manque d’étude de l’ensemble des petits cratères d’impact dont la base de données reste insuffisante.

Source: The New York Times.

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Recent expeditions on Mars have shown theat there was no life on the Red Planet which is definitely a dead planet. Mars harboured once seas and oceans, and perhaps even life, it is all over and the planet’s atmosphere has been blown away and activity beneath its surface has ceased for a long time.

Research has shown that volcanic eruptions occurred on Mars 2.5 million years ago. A more recent study suggests that an eruption may have happened as recently as 53,000 years ago in a region called Cerberus Fossae. This would be the youngest known volcanic eruption on Mars. This might also mean some volcanism still erupts to the surface at rare intervals. Of curse, the conditional should be used and more studies will be need to confirm this piece of news.

The site of the potential eruption, seen in images from Martian orbit, is near a large volcano called Elysium Mons. It is about 1,600 kilometres east of the place where NASA’s InSight lander touched down on Mars in 2018 to study tectonic activity on the red planet. [Editor’s note: InSight is a compression of the mission’s full name, Interior Exploration Using Seismic Investigations, Geodesy and Heat Transport].

Appearing like a crack in the surface, the site of the eruption looks like a recent fissure out of which subsurface volcanic activity caused superheated volcanic ash and dust to burst through the surface. It is similar to deposits caused by pyroclastic eruptions that scientists have spotted on the Moon, Mercury and Earth. The erupted material probably reached a height of several kilometres before falling back to the ground.

It is the presence of darker material coupled with the symmetrical appearance around the fissure that hints at an eruption. By counting the number of craters visible around the feature and in the deposit itself, which is roughly 9 kilometres across, the scientists could date the potential eruption ranging from 53,000 to 210,000 years ago. This would be the youngest known volcanic eruption on Mars.

If it were confirmed, the discovery would have large implications for Mars. In geological terms, 53,000 years is yesterday, suggesting Mars might still be volcanically active now. It could also have big implications for the search for life on Mars. Such volcanic activity could melt subsurface ice, providing a potential habitable environment for living things. One should not forget that to have life, we need energy, carbon, water and nutrients and a volcanic system provides them.

NASA’s InSight lander may have already recorded activity linked to this site. Using a seismometer, it has detected seismicity in the Martian surface, and two quakes have been localized in the Cerberus Fossae area. Researchers do not exclude a link between this seismicity and volcanic activity.

Questions still remain and some scientists have expressed doubts about the dating method of the eruption. They regret the lack of study of the population of small impact craters whose database is not sufficient yet.

Source : The New York Times.

Dépôts pyroclastiques peut-être produits par une éruption dans le secteur de Cerberus Fossae sur Mars (Source : NASA)