Confinement mondial et CO2 : rien n’a changé ! // Worldwide lockdown and CO2 : nothing has changed !

Trois milliards d’êtres humains ont été confinés au printemps 2021 pour freiner la pandémie de COVID-19. On aurait pu imaginer qu’une telle situation exceptionnelle aurait pu avoir un impact sur les concentrations (je parle des concentrations, pas des émissions) de CO2 dans l’atmosphère. Que nenni ; rien n’a changé !

Certes, le changement soudain dans notre mobilité a eu un effet direct dans notre impact sur la nature. La pollution mondiale a également chuté, avec des paysages dépourvus de l’habituel voile de brume dû à la pollution de l’air. En avril 2020, 17 millions de tonnes de CO2 de moins ont été rejetées dans l’atmosphère par rapport à avril 2019. Au total, les émissions de carbone ont été réduites de 7 %.

Le dernier rapport de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) refroidit sérieusement ces nouvelles qui se veulent optimistes. Selon le rapport, la chute des émissions n’aura pas freiné la hausse globale des concentrations de dioxyde de carbone (CO2) et de méthane (CH4) dans l’atmosphère. La courbe de Keeling, qui rend compte des concentrations de CO2 au sommet du volcan Mana Loa à Hawaii, reste malheureusement à la hausse. La NOAA explique que « les niveaux des deux principaux gaz à effet de serre d’origine anthropique, le dioxyde de carbone et le méthane, ont continué à augmenter de manière ininterrompue en 2020, malgré le ralentissement économique provoqué par la réponse à la pandémie de coronavirus. » Autrement dit, sans les confinements, «  l’augmentation qui a eu lieu en 2020 aurait été la plus haute jamais enregistrée ».

D’après le NOAA, cela fait 3,6 millions d’années (époque dite du Pliocène) que l’atmosphère terrestre n’avait pas connu une telle charge en dioxyde de carbone. Au Pliocène, la concentration de CO2 dans l’atmosphère se situait entre 380 et 450 ppm (parties par million). Cette concentration était de 280 ppm à l’ère pré-industrielle. En 2020, la courbe de Keeling a montré qu’elle était de 412 ppm, soit une hausse de 2,6 par rapport à 2019, et la cinquième hausse la plus importante en 63 ans de mesures.

Avant le confinement, en février 2020, la concentration de CO2 atteignait 414 ppm. Ensuite, le ralentissement économique l’a faite tomber à 412 ppm en fin d’année. Mais, en février 2021, on enregistrait un niveau de 416 ppm.

Le constat n’est pas meilleur pour le méthane. Ce gaz à effet de serre est moins présent que le dioxyde de carbone, mais il a un impact plus fort sur la concentration en chaleur. L’année 2020 a connu une augmentation annuelle de 14,7 ppb (parties par milliard), ce qui constitue 6 % de plus qu’en 2000 et la plus forte hausse annuelle enregistrée depuis le début des mesures en 1983.

Le rapport de la NOAA montre – confirme, devrais-je dire – que la crise climatique ne pourra être résolue avec des mesures à court terme et uniquement à une échelle globale. Ce devrait être le rôle des Conferences of Parties, les célèbres COP, qui, jusqu’à présent, n’ont pas tenu le rôle qui leur était dévolu. Si nous voulons atténuer les pires impacts du réchauffement climatique, il faut se concentrer délibérément sur la réduction des émissions de combustibles fossiles jusqu’à un niveau proche de zéro, en sachant que la concentration actuelle prendra des décennies pour se résorber

En 2017, un rapport de la Carbon Disclosure Project (CDP) montrait qu’à elles seules 100 entreprises sont responsables de 71 % des émissions de gaz à effet de serre. Le problème, c’est que profit et rentabilité ne font pas bon ménage avec protection de l’environnement !

Cette responsabilité des entreprises commence toutefois à être reconnue par certains patrons dont les activités sont à l’origine du problème comme a voulu le montrer Bill Gates à travers son livre How to Avoid a Climate Disaster (‘Comment éviter un désastre climatique) publié en février 2021.

Si les grands industriels doivent faire évoluer leur comportement, les citoyens doivent eux aussi réagir pour éviter de se retrouver (eux et les générations futures) confrontés à une situation insoluble. C’est peut-être au niveau du transport et des déplacements que les solutions sont les plus accessibles, même si elles ne sont pas dépourvues de défauts. Les véhicules électriques et hybrides feront chuter les émissions de gaz polluants, mais l’extraction du lithium nécessaire à la fabrication des batteries entraîne d’autres problèmes. .

Un étude a tout de même montré que si les citadins remplaçaient certains trajets motorisés par des trajets actifs avec la marche et le vélo, cela pourrait contribuer à réduire d’environ 8 % les émissions liées au trafic routier dans les villes européennes. Mais marcher et pédaler, cela demande un  effort physique…. !

Inspiré d’un article paru sur le site web Numerama.

https://www.numerama.com/

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Three billion people were confined in the spring of 2021 to curb the COVID-19 pandemic. One would have imagined that such an exceptional situation could have had an impact on the concentrations (I am talking about the concentrations, not the emissions) of CO2 in the atmosphere. Nothing has changed !

Sure, the sudden change in our mobility has had a direct effect in our impact on nature. Global pollution has dropped, with landscapes devoid of the usual haze of air pollution. In April 2020, 17 million tonnes of CO2 less were released into the atmosphere compared to April 2019. In total, carbon emissions were reduced by 7%.

The latest report from the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) seriously chills this optimistic news. The report says the drop in emissions has not dampened the overall rise in carbon dioxide (CO2) and methane (CH4) concentrations in the atmosphere. The Keeling curve, which reports CO2 concentrations at the top of the Mana Loa volcano in Hawaii, unfortunately remains on the rise. NOAA explains that “the levels of the two main anthropogenic greenhouse gases, carbon dioxide and methane, continued to rise uninterruptedly in 2020, despite the economic slowdown caused by the response to the pandemic of coronavirus. In other words, without the lockdowns, « the increase that took place in 2020 would have been the highest on record. »

According to NOAA, the last time the Earth’s atmosphere experienced such a load of carbon dioxide was 3.6 million years ago (known as the Pliocene epoch). In the Pliocene, the CO2 concentration in the atmosphere was between 380 and 450 ppm (parts per million). This concentration was 280 ppm in the pre-industrial era. In 2020, the Keeling curve showed it to be 412 ppm, an increase of 2.6 from 2019, and the fifth largest increase in 63 years of measurements.

Before the lockdown, in February 2020, the CO2 concentration reached 414 ppm. Then, the economic downturn brought it down to 412 ppm by the end of the year. But, in February 2021, a level of 416 ppm was recorded.

The situation is no better for methane. This greenhouse gas is less present than carbon dioxide, but it has a stronger impact on heat concentration. The year 2020 saw an annual increase of 14.7 ppb (parts per billion), which is 6% more than in 2000 and the largest annual increase recorded since the start of measurements in 1983.

The NOAA report shows – confirms, should I say – that the climate crisis cannot be resolved with short-term measures and only on a global scale. This should be the role of the Conferences of Parties, the famous COPs, which, until now, have not fulfilled the role that was assigned to them. If we are to mitigate the worst impacts of global warming, we must deliberately focus on reducing fossil fuel emissions to near zero, knowing that the current concentration will take decades to reverse

In 2017, a report by the Carbon Disclosure Project (CDP) showed that 100 companies alone are responsible for 71% of greenhouse gas emissions. The problem is that profit and profitability don’t mix with environmental protection! However, this corporate responsibility is starting to be recognized by some bosses whose activities are at the origin of the problem as Bill Gates wanted to show through his book How to Avoid a Climate Disaster published in February. 2021.

If large industrialists need to change their behaviour, simple citizens must also react to avoid finding themselves (and future generations) confronted with an insoluble situation. It is perhaps in the area of ​​transport and travel that the solutions are most accessible, even if they are not without flaws. Electric and hybrid vehicles will reduce polluting gas emissions, but extracting the lithium needed to make batteries leads to other problems. . However, a study has shown that if city dwellers replace certain motorized journeys with active journeys involving walking and cycling, it could help reduce road traffic emissions by around 8% in European cities. But walking and pedaling requires physical effort…. !

Based on an article on the Numerama website. https://www.numerama.com/

La Courbe de Keeling reste à un niveau désespérément haut (Source : NOAA)

Pollution de l’air à Pékin (Source : Wikipedia)

Pas de réduction des concentrations de CO2 pendant le confinement // No drop of CO2 concentrations during lockdown

Malgré le ralentissement de l’activité économique dû à la pandémie de COVID-19, les concentrations de gaz à effet de serre – en particulier de CO2 – qui emprisonnent la chaleur dans l’atmosphère n’ont jamais diminué. Ces gaz continuent de générer des températures sans cesse en hausse et des événements météorologiques de plus en plus extrêmes, sans oublier la fonte des glaces, l’élévation du niveau de la mer et l’acidification des océans.

Les médias nous ont raconté à plusieurs reprises que les émissions de gaz à effet de serre avaient diminué pendant le confinement. Certes, mais le problème c’est que l’impact sur les concentrations de CO2 dans l’atmosphère ne s’est jamais fait ressentir. Il suffit de jeter un coup d’œil à la Courbe de Keeling qui montre les concentrations de CO2 au sommet du Mauna Loa à Hawaï. Elles atteignaient 410 ppm en novembre 2019 et atteignent aujourd’hui plus de 412 ppm. J’ai expliqué les fluctuations saisonnières de la Courbe dans un article publié le 30 mars 2020:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/03/30/les-fluctuations-de-la-courbe-de-keeling-the-fluctuations-of-the-keeling-curve/

Depuis 1990, on a observé une augmentation de 45% du forçage radiatif, c’est à dire l’effet de réchauffement sur le climat, par les gaz à effet de serre à longue durée de vie, en sachant que le CO2 en représentant les quatre cinquièmes.

Il faut garder à l’esprit que le dioxyde de carbone reste dans l’atmosphère pendant des siècles et dans les océans encore plus longtemps. La dernière fois que la Terre a connu une concentration comparable de CO2 remonte à 3 à 5 millions d’années, époque où la température était de 2 à 3°C plus chaude et que le niveau de la mer était de 10 à 20 mètres plus haut qu’aujourd’hui. Mais il n’y avait pas 7,7 milliards d’habitants sur notre planète !

Le seuil de 400 parties par million (ppm) à l’échelle du globe a été franchi en 2015. A peine quatre ans plus tard, ce même seuil a franchi 410 ppm. Une hausse aussi rapide n’a jamais été observée dans les archives de la NOAA. .

Source: Organisation météorologique mondiale (OMM).

Alors que la Courbe de Keeling continue d’augmenter, les événements extrêmes deviennent de plus en plus fréquents. J’ai consacré un article récent aux ouragans et aux typhons qui ont dévasté respectivement l’Amérique Centrale et les Philippines. Gati, un cyclone tropical, vient de laisser des scènes de destruction en Somalie.

Aujourd’hui, nous apprenons que des conditions extrêmes avec des températures record sont prévues dans le sud et le sud-est de l’Australie. Toujours en Australie, un incendie de forêt à grande échelle est en train de dévaster la moitié de l’île Fraser dans le Queensland.

Je viens d’indiquer dans une note que les températures anormalement élevées affectent actuellement l’Arctique.

Et ensuite? Que faudra-t-il pour que nos gouvernements prennent conscience de l’urgence de la situation? Si rien n’est fait dans le très court terme, les prochaines générations seront confrontées à une situation devenue ingérable.

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Despite the slowdown of economic activity due to the COVID-19 pandemic, the concentrations of greenhouse gases – especially CO2 – which are trapping heat in the atmosphere has never declined. They continue to generate increasing temperatures and more extreme weather events, ice melt, sea-level rise and ocean acidification.

The media have told us several times that the emissions of many pollutants and greenhouse gases decreased during the lockdown. The problem is that the impact on CO2 concentrations in the atmosphere has never been felt.

Just have a look at the Keeling Curve that shows CO2 concentrations at the summit of Mauna Loa in Hawaii. They were measured at 410 ppm in November 2019 and are now reaching more than 412 ppm. I explained the seasonal fluctuations of the curve in a post released on March 30th, 2020:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/03/30/les-fluctuations-de-la-courbe-de-keeling-the-fluctuations-of-the-keeling-curve/

Since 1990, there has been a 45% increase in total radiative forcing – the warming effect on the climate – by long-lived greenhouse gases, with CO2 accounting for four fifths of this.

One should bear in mind that carbon dioxide remains in the atmosphere for centuries and in the ocean for even longer. The last time the Earth experienced a comparable concentration of CO2 was 3-5 million years ago, when the temperature was 2-3°C warmer and sea level was 10-20 metres higher than now. But there were not 7.7 billion inhabitants on our planet.

The global threshold of 400 parts per million was breached in 2015. And just four years later, it crossed 410 ppm. Such a rate of increase has never been seen in the history of NOAA. .

Source: World Meteorological Organization (WMO).

While the Keeling Curve keeps going up, extreme events are getting more and more frequent. I devoted a recent post to the hurricanes and typhoons that devastated Central America and the Philippines, respectively. Gati, a tropical cyclone, has just left a trail of destruction in Somalia.

Today, we learn that extreme heat wave conditions and record temperatures are expected across south and southeast Australia. Still in Australia, a wide-scale wildfire is burning half of Fraser Island in Queensland.

I have just indicated that high temperatures are currently affecting the Arctic.

What next? What should happen to make out governments realise the urgency f the situation? If nothing is done in the short time, the next generations will be confronted with a situation impossible to manage.

La Courbe de Keeling le 18 novembre 2020. Ce jour-là, les concentrations de CO2 atteignaient 412,19 ppm. (Source : Scripps Institution ocf Oceanography)

Malgré le confinement, les concentrations de CO2 ne cessent d’augmenter // Despite the lockdown, CO2 concentrations keep increasing

Comme je l’ai indiqué précédemment, si les émissions de CO2 (dioxyde de carbone) ont décliné pendant la période de confinement, les concentrations dans l’atmosphère n’ont pas été dans ce sens ; elles ont même augmenté et ont atteint un nouveau record le 2 mai 2020, avec 417,37 ppm (parties par million). C’est la concentration dans l’atmosphère enregistrée par l’observatoire du volcan Mauna Loa sur l’île d’Hawaii. Vous pourrez consulter les relevés sur le site web de la Scripps Institution of Oceanography et voir la Courbe de Keeling qui montre les variations de concentrations de CO2 depuis 1958.Vous constaterez que la quantité de ce gaz dans l’atmosphère augmente régulièrement  et que les mises en garde des scientifiques ne servent à rien.

Depuis la révolution industrielle, nous sommes passés de 280 ppm à  417 ppm au début du mois de mai. La baisse importante des émissions enregistrées ces dernières semaines n’a finalement eu quasiment aucun effet sur la concentration, autrement dit l’épaisseur totale de CO2 dans l’atmosphère. Cette épaisseur de CO2 autour de notre planète est un peu comme la couche d’isolation autour d’un bâtiment ; si on l’augmente, il fait plus chaud à l’intérieur. Si on cesse de l’augmenter, il ne fait pas moins chaud pour autant. Cela veut simplement dire que la température va arrêter d’être un peu plus élevée.

Aujourd’hui, nous émettons près de deux fois plus que ce que les systèmes naturels peuvent absorber. Si on regarde la Courbe de Keeling, on constate que la valeur de la concentration de CO2 a augmenté de près de 50% par rapport à l’ère préindustrielle (de 280 ppm à 417 ppm). Si on voulait retrouver le climat qui a longtemps été celui de référence pour l’agriculture et les écosystèmes, il faudrait retomber aux alentours de 350 ppm Cela permettrait de maintenir une hausse de température d’environ 1 degré Celsius au-dessus du niveau préindustriel. La seule solution pour retrouver une telle valeur est d’arrêter d’émettre de plus en plus de CO2 chaque année.

Au vu des derniers chiffres, les climatologues doutent fort de la capacité des états à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat.

Source : RTBF.

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As I put it earlier, while CO2 (carbon dioxide) emissions declined during the lockdown period, atmospheric concentrations increased and reached a new record on May 2nd, 2020, with 417.37 ppm (parts per million). This is the concentration in the atmosphere recorded by the Mauna Loa observatory on the island of Hawaii. You can see the readings on the website of the Scripps Institution of Oceanography, and observe the Keeling curve which shows the variations in CO2 concentrations since 1958. They are constantly inceasing and the scientists’ warning are useless.
Since the industrial revolution, CO2 concentrations have increased from 280 ppm to 417 ppm at the beginning of May 2020. The significant drop in emissions in recent weeks had almost no effect on the concentration, in other words the total thickness of CO2 in the atmosphere. This thickness of CO2 around our planet is a bit like the layer of insulation around a building; if you increase it, it’s warmer inside. If you stop increasing it, it’s not less hot. It just means that the temperature will stop being a little higher.
Today, we emit almost twice as much as natural systems can absorb. If we look at the Keeling Curve, we see that the value of the CO2 concentration has increased by almost 50% compared to the pre-industrial era (from 280 ppm to 417 ppm). If we wanted to return to the climate that has long been the reference for agriculture and ecosystems, we would have to fall back to around 350 ppm. This would allow a temperature increase of about 1 degree Celsius above the pre-industrial level. The only solution to retrieve such a value is to stop emitting more and more CO2 every year.
In light of the latest figures, climatologists have serious doubts about the ability of states to achieve the goals of the Paris Climate Agreement.
Source: RTBF.

Courbe de Keeling et concentration de CO2 le 5 mai 2020

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Dernières nouvelles // Latest news

17h30 (heure métropole) : L’éruption du Piton de la Fournaise se poursuit. Le tremor est relativement stable, même s’il semblait amorcer une baisse au moment de la diffusion du dernier bulletin de l’OVPF.

Le mauvais temps régnant sur la zone Est du volcan en début de matinée n’a pas permis de localiser le front de coulée à l’aide des images des caméras.

Comme indiqué précédemment, aucune déformation significative n’a été enregistrée et la sismicité est faible..

Source : OVPF.

Comme lors des éruptions précédentes, on ne devrait donc pas se diriger vers un long événement. Les équipes de l’OVPF restent confinées. On se contentera donc des images des éruptions précédentes. De toute façon, comme souvent sur les volcans de point chaud comme le Kilauea (Hawaii) ou le Piton de la Fournaise, une coulée ressemble souvent à une autre…

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5.30 p.m. (Paris time): The eruption of Piton de la Fournaise continues. Tremor is quite stable, although it seemed to be starting to drop when the last OVPF bulletin was published.

The poor weather conditions prevailing in the eastern part of the volcano at the beginning of the morning did not make it possible to locate the flow front using images from the cameras.

As previously indicated, no significant deformation has been recorded and the seismicity is low.

Source: OVPF.

Like the previous eruptions, this one should not be a long event. OVPF teams have to respect lockdown measures. Let’s look at some images of past eruptions. Anyway, as often on hot spot volcanoes like Kilauea (Hawaii) or Piton de la Fournaise, one lava flow often looks like another …

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L’éruption vue par les webcams:

Quelques souvenirs:

Ces superbes photos sont de Christian Holveck que je salue ici, ainsi que Rachel.

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Dernières nouvelles // Latest news

17 heures (heure métropole) : L’éruption se poursuit, avec le tremor qui se maintient à un niveau relativement stable.

Ce matin, le front de coulée se trouvait à environ 1000 m d’altitude dans le haut des Grandes Pentes, à 3,8 km de la RN 2, au vu des relevés effectués à partir de la webcam du Piton Cascades.

L’OVPF indique que depuis le début de l’éruption aucune déformation significative n’a été enregistrée, et 5 séismes volcano-tectoniques superficiels ont été détectés sous la zone sommitale. A noter que l’intrusion latérale de magma vers le site éruptif le 02 avril a causé des déformations et une sismicité extrêmement faibles. Cela peut s’expliquer par le fait que la propagation latérale s’est faite dans un milieu déjà ouvert et extrêmement fragilisé par les éruptions de 2019 et février 2020 dans ce même secteur.

Pendant cette période de confinement, l’OVPF  reste mobilisé pour le suivi de cette crise à distance en télétravail et s’appuie sur l’ensemble capteurs permanents installés sur le volcan. Leurs données arrivent en temps réel sur les serveurs de l’Observatoire.

Le personnel de l’Observatoire restant confiné, il serait malhonnête de ma part de publier des photos de personnes qui ne respectent pas les mesures de confinement. La vidéo que j’ai signalée ce matin est vraiment limite !

Source : OVPF.

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17:00 (Paris time) : The eruption continues, with the tremor remaining at a relatively stable level.
This morning, the flow front was located about1000 m a.s.l., above the Grandes Pentes, 3.8 km from the RN 2, according to measurements taken from the webcam of Piton Cascades.
OVPF indicates that no significant deformation has been recorded since the beginning of the eruption. 5 shallow volcano-tectonic earthquakes have been detected beneath the summit area. It should be noted that the lateral magma intrusion toward the eruptive site on April 2nd, caused extremely low deformation and seismicity. This can be explained by the fact that the lateral intrusion took place in an already open environment that was extremely weakened by the eruptions of 2019 and February 2020 in this same area.

During the lockdown, OVPF remains operational to monitor this crisis from a distance by telework and relies on the set of permanent sensors installed on the volcano. Their data arrives in real time onto the Observatory’s servers.
As the Observatory’s staff remain confined, it would be dishonest on my part to publish photos of people who do not comply with the lockdown measures. The video I posted this morning is really borderline!
Source: OVPF.

Image du tremor le 3 avril 2020 (Source: OVPF)

Le coronavirus stoppe les expéditions sur l’Everest // COVID-19 stops expeditions on Mt Everest

Le confinement qui a été décrété en Chine et au Népal en raison de la crise sanitaire du coronavirus entraîne l’arrêt des expéditions sur l’Everest. Cette situation aura des conséquences financières pour les sherpas, les cuisiniers, les porteurs et les autres personnes qui vivent des expéditions.

Cela affectera également les clients qui ont souvent dépensé des sommes folles – entre 35 000 et 85 000 dollars – sans oublier les guides qui doivent encore payer leurs équipements..

De la même façon, les tour opérateurs qui organisent les expéditions ont eux aussi des frais, malgré l’interdiction d’accès à l’Everest. Il est probable que de nombreuses structures ne survivront pas à cette crise.
La Chine a fermé la voie nord à travers le Tibet en raison de la pandémie de COVID-19 le 12 mars 2020. Le lendemain, les expéditions vers le Népal ont également été mises à l’arrêt. L’Everest est à cheval sur la frontière entre le Népal et la Chine et peut être escaladé des deux côtés.
En fermant la voie d’accès sud, le gouvernement népalais va perdre les quelque 4 millions de dollars qu’il perçoit d’habitude avec la vente des permis. Des milliers de personnes au Népal dépendent de l’argent en provenance des expéditions. Le tourisme de haute montagne dans la région rapporte environ 300 millions de dollars par an , essentiellement pendant la saison printanière qui commence en mars et se termine en mai. La fermeture d’accès à l’Everest met des milliers de personnes au chômage.

Une conséquence du verrouillage actuel pourrait être un afflux massifs de visiteurs une fois que les voies d’accès seront à nouveau ouvertes. Il y aura une forte demande de treks. Il serait souhaitable que le Népal mette en place des réglementations d’accès à la montagne ; sinon, de nombreuses difficultés apparaîtront l’année prochaine.
Pour les sherpas, le problème est maintenant de trouver d’autres occupations pour gagner leur vie après l’arrêt de leur principale source de revenus. Ils ont cruellement besoin d’argent pour entretenir leurs familles. Cet argent aide à financer les études des enfants, payer le loyer de la maison et les bien de consommation courante.

Les sherpas sont l’épine dorsale d’une expédition, les premiers à atteindre l’Everest et les derniers à descendre dans la vallée. Ce sont eux qui installent les camps, transportent le matériel et font la cuisine pour les expéditions. Ils installent les cordes et les échelles au-dessus des crevasses afin de permettre aux alpinistes d’atteindre le sommet.
Un sherpa peut gagner 10 000 dollars, ou plus s’il atteint le sommet. Les porteurs ou cuisiniers des camps gagnent en moyenne entre 3 000  et 5 000 dollars au cours de leurs trois mois de travail. Il s’agit d’un montant important par rapport au revenu annuel par habitant qui est de 1035 dollars au Népal.
Il y a déjà eu des interruptions d’expéditions sur l’Everest: une avalanche déclenchée par un séisme a tué 19 personnes dans le camp de base en 2015 et une autre avalanche en 2014 a tué 16 sherpas népalais.
Pour la plupart des gens, le COVID-19 ne provoque que des troubles légers ou modérés, comme de la fièvre et de la toux ; la grande majorité guérissent en une quinzaine de jours. Mais les conséquences s’amplifient en très haute montagne et peuvent devenir dramatiques au camp de base où des grimpeurs sont répartis dans des tentes pendant la phase d’acclimatation. À très haute altitude, le système respiratoire est très sollicité et très éprouvé. Dans la mesure où coronavirus affecte en priorité le système respiratoire, on peut se trouver confronté à des pneumonies  pouvant entraîner la mort.
Source: AP News.

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The lockdown in China and Nepal because of the coronavirus sanitary crisis means the closure of Mount Everest. This situation will have significant financial ramifications for the local sherpas, cooks, porters and other personnel who make their living from the expeditions. It will also affect the clients who paid big money and expedition guides who are still on the hook for expenses. However, everybody agrees it was the right decision in light of the coronavirus

The sherpas badly need the money for their families.  It helps finance the children’s studies, the house rent and the groceries.

Also losing money are clients, who dole out anywhere between $35,000 to $85,000 to be led up the mountain, and expedition operators who have expenses to pay despite the closure.

It is likely many businesses will not survive this crisis.

China shut down the northern route through Tibet due to the COVID-19 pandemic on March 12th, 2020. A day later, expeditions to the Nepal side were closed, too. Everest straddles the border between Nepal and China and can be climbed from both sides.

By shutting down the passage through the south route of Everest, the Nepal government stands to lose some $4 million in permits alone. There are thousands of people who depend on the money spent by climbers in Nepal. The mountaineering industry in the region brings in about $300 million annually and most of it during the spring climbing season that begins in March and ends in May. As a consequence, the closure of the mountains has made thousands of people jobless in the mountaineering community.

A consequence of the current lockdown might be an overcrowding on the mountain when the routes are open again. There will be a backlog of clients eager to make the trek, along with a new batch of climbers. It would be very important that Nepal puts reasonable regulations in place for operators and climbers; otherwise, many problems will appear next year.

For the sherpas, the problem is now to find something else to do to make a living  after their source of income was halted. They are the backbone of an expedition, the first to reach Everest each climbing season and the last to leave. They set up the camps, carry the equipment and cook the food for climbing parties. They fix the ropes and ladders over the crevasses in order to enable mountaineers to scale the peak.

Generally, a sherpa can earn $10,000 or more should they summit. Porters or cooks at the mountaineers’ camps average between $3,000 and $5,000 during their three months of work. This is a significant amount compared with Nepal’s $1,035 annual per capita income.

The climbing community has seen an interruption on Everest before: An earthquake-triggered avalanche killed 19 at the base camp in 2015 and another avalanche in 2014 killed 16 Nepali workers.

For most people, COVID-19 causes only mild or moderate symptoms, such as fever and cough, with the vast majority recovering in about two weeks. But anything respiratory can have dire consequence at base camp, where there are climbers scattered around in tents as they acclimate. At high altitude respiratory systems are much distressed and challenged. The coronavirus, which affects the respiratory system and can lead to pneumonia, would absolutely be much more serious and lead to potentially serious consequences and fatalities much more quickly at altitude.

Source: AP News.

Face nord de l’Everest (Crédit photo: Wikipedia)

Il fut une époque où j’avais envisagé de randonner jusqu’au camp de base de l’Everest, et puis les enfants sont nés ; c’est tombé à l’eau. Finalement, quand je vois les amoncellements de détritus sur cette montagne, je ne regrette rien.