Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

L’Agence météorologique japonaise (JMA) indique qu’une hausse de la sismicité a été détectée sous le Mont Ontake ces derniers jours. Le niveau d’alerte est passé de 1 à 2.
Les Japonais ne peuvent pas oublier la dernière éruption de ce volcan qui a fait 63 morts le 27 septembre 2014 (voir les notes sur mon blog à propos de cette éruption). Ce fut un événement puissant et soudain qui a surpris tout le monde. Le stratovolcan, le deuxième plus haut volcan du Japon, a envoyé de la cendre jusqu’à 11 km au-dessus du niveau de la mer. 58 personnes sont mortes et 5 autres sont portées disparues. Au moins 40 ont été grièvement blessées. La plupart des victimes ont été tuées par insuffisance cardiaque et respiratoire après avoir inhalé de la cendre car elles se trouvaient en bordure d’une coulée pyroclastique.
La première éruption historique de l’Ontake a eu lieu en 1979 à partir de fissures près du sommet.
La JMA a déclaré que 97 séismes ont été détectés sous le volcan en 4 heuresen fin d’après-midi le 23 février 2022.
L’Agence demande à la population locale et aux touristes à ne pas entrer dans la zone dangereuse du village d’Otaki et de la ville de Kiso dans la préfecture de Nagano, ainsi que dans la ville de Gero à Gifu.

Voici une courte vidéo montrant l’événement de 2014 :
https://youtu.be/kVYbHXGwJqk

Source : JMA, The Watchers.

Source: JMA

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L’Agence Météorologique Japonaise (JMA) indique que deux épisodes de tremor ont été enregistrés sur le Mont Aso le 24 février 2022. En conséquence, la JMA a relevé le niveau d’alerte à 3 (sur une échelle de 1 à 5) et a demandé au public de rester à au moins 2 km du cratère.

Photo: F. Gueffier

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Si vous aviez l’intention d’aller à Hawaii pour voir la lave couler, vous risquez d’être fort déçu(e). D’une part, aucune coulée de lave n’est visible actuellement le long de l’East Rift Zone et il n’y a donc aucune arrivée en mer. L’activité se concentre dans le cratère de l’Halema’uma’u où l’éruption montre une grande paresse depuis quelque temps. Il arrive que la lave apparaisse sur le plancher du cratère, mais sa présence est en général éphémère. Disons le clairement, en ce moment le cratère est recouvert d’une croûte noire et rien d’autre, comme le montre l’image thermique ci-dessous.

Même s’il faut supporter d’avoir un masque sur le nez pendant le long voyage, un séjour à Hawaii reste agréable, surtout en hiver, même si le réchauffement climatique a réduit les écarts de température entre l’Europe et l’archipel. De nombreux sites méritent une visite: Mauna Loa, Mauna Kea, Haleakala, etc.

Source : HVO.

Image thermique du cratère le 27 février 2022 (Source : HVO)

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La situation n’a guère évolué à Vulcano (Iles Eoliennes / Sicile). Les touristes sont de nouveau autorisés à débarquer mais avec des restrictions d’accès. L’un des scientifiques sur place m’indique que l’avccès au cratère reste interdit. De la même façon, un arrêté interdit l’utilisation des bains de boue. L’analyse des émissions gazeuses se poursuit.

Dans le même temps, l’accès au Stromboli est toujours limité à 400 m d’altitude.

Photo: C. Grandpey

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Les explosions au niveau du cône dans le lac Voui sur l’île d’Ambae (Vanuatu) continuent de générer de la vapeur et de la cendre. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5) et le public est invité à rester en dehors de la zone de danger de 2 km.
L’incandescence nocturne a disparu du cratère du Benbow sur l’île d’Ambrym (Vanuatu), bien que des émissions de vapeur soient toujours observées. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5).
L’activité du Yasur (Vanuatu) se poursuit à un niveau élevé. Des émissions de cendres et de gaz et de fortes explosions continuent d’être enregistrées, avec des bombes qui retombent dans et autour du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 4). Il est rappelé au public de ne pas s’approcher à moins de 600 m du cône.
Source : GéoHazards.

Source: GeoHazards

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En Indonésie, les deux dômes de lave du Merapi, sous la lèvre SO et dans le cratère sommital, émettent toujours de la lave. Au vu des données fournies par des drones, les volumes des dômes SO et sommital sont estimés respectivement à 1,58 et 3,23 millions de mètres cubes. La sismicité reste à des niveaux élevés. De nombreuses avalanches sont observées sur le versant SO où elles parcourent au maximum 2 km. Une coulée pyroclastique a également parcouru 1,8 km. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à 3-5 km du sommet.
Source : BPPTKG.

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L’éruption du Pavlof (Alaska) se poursuit. La lave continue de s’écouler d’une bouche située juste à l’E du sommet, avec une petite coulée de lave sur le flanc NE. Le niveau d’alerte volcanique reste à Watch (Vigilance) et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange.
Source : AVO.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

The Japan Meteorological Agency (JMA) indicates that increased seismicity was detected under Mount Ontake in the past days. The alert level was raised from 1 to 2.

The Japanese cannot forget the volcano’s last eruption which killed 63 people on September 27th 2014 (see my posts about this eruption). It was a powerful and sudden eruption which took everybody by surprise. The stratovolcano, the second-highest volcano in Japan, ejected volcanic ash up to 11 km above sea level, killed 58 people and left 5 others missing. At least 40 were severely injured. Most people were killed by heart and respiratory failure after inhaling ash when caught in the outer areas of a pyroclastic flow.

The volcano’s first historical eruption took place in 1979 from fissures near the summit.

JMA said 97 earthquakes were detected under the volcano in 4 hours to 18:00 LT on February 23, 2022.

JMA urges residents and tourists to refrain from entering the danger zone in Otaki Village and Kiso Town in Nagano Prefecture and Gero City in Gifu.

Here is a short video showing the 2014 event : https://youtu.be/kVYbHXGwJqk

Source : JMA, The Watchers.

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The Japan Met Agency (JMA) indicates that two episodes of tremor increase were recorded at Mount Aso on February 24th, 2022. As a consequence, JMA raised the Alert Level to 3 (on a scale of 1-5) and warned the public to stay at least 2 km away from the crater.

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Explosions at the cone in Ambae’s Lake Voui (Vanuatu) continue to produce steam and ash emissions. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5) and the public is asked to stay outside the 2-km Danger Zone.

Nighttime crater incandescence from Ambrym’s Benbow Crater (Vanuatu) is no longer visible, though steam emissions are still observed. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5).

Activity at Yasur (Vanuatu) continues at a high level. Ash-and-gas emissions and loud explosions continue to be recorded, with bombs falling in and around the crater. The Alert Level remains at 2 status (on a scale of 0-4). The public is reminded not to enter the restricted area within 600 m around the cone.

Source: GeoHazards.

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In Indonesia, Mt Merapi’s two lava domes, below the SW rim and in the summit crater, are still emitting lava. Based on analysis of drone data, the volumes of the SW and central domes are estimated at 1.58 and 3.23 million cubic meters, respectively. Seismicity remains at high levels. Many avalanches are observed on the SW flank, travelling a maximum of 2 km. One pyroclastic flow also extended 1.8 km. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3-5 km away from the summit.

Source: BPPTKG.

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The eruption of Pavlof (Alaska) continues. Lava keeps flowing from a vent just E of the summit, with a lava flow a short distance down the NE flank. The Volcano Alert Level remains at Watch and the Aviation Color Code is kept at Orange.

Source: AVO.

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If you were planning to go to Hawaii to see lava flow, you might be very disappointed. On the one hand, no lava flow is currently visible along the East Rift Zone and there is therefore no lava entry in the ocean. Activity is confined to Halema’uma’u Crater where the eruption has been showing great laziness for some time. Sometimes lava appears on the crater floor, but for a very short time. Let’s be clear, right now the crater is covered with a black crust and nothing else, as shown in the thermal image below.
Even if you have to put up with a mask during the long trip by plane, a stay in Hawaii remains pleasant, especially in winter, even if global warming has reduced the temperature differences between Europe and the archipelago. Many sites are worth a visit: Mauna Loa, Mauna Kea, Haleakala, etc.

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The situation hasnot much changed at Vulcano (Aeolian Islands / Sicily). Tourists are again allowed to disembark but with access restrictions. One of the scientists on site has just told me that access to the crater remains prohibited. Similarly, an ordinance prohibits the use of mud baths. The analysis of gaseous emissions continues.

Meantime, the accesse to Stromboli is still limited at 400 m above sea level.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Eruption aux Tonga : l’Italie se pose des questions // Tonga eruption : Italy asks questions

Est-ce que ça peut nous arriver? C’est la question traditionnelle que les gens se posent quand une catastrophe se produit ailleurs dans le monde. L’Italie, terre de volcans actifs, se la pose suite à l’éruption du volcan sous-marin Hunga Tonga-Hunga Ha’apai dans les îles Tonga. Ce n’est pas sans raison, car on sait que des volcans sous-marins se cachent au large de la botte italienne. Dans un article paru dans le journal La Sicilia, Boris Behncke (INGV Catane) rappelle l’existence de volcans qui ont pour noms Panarea, Marsili dans la mer Tyrrhénienne, ou Empedocle dans le Canal de Sicile – entre la Sicile et la Tunisie -, un volcan sous-marin d’une trentaine de kilomètres de diamètre à sa base et dont le Ferdinandea n’est que l’un des cônes éruptifs.

En 2019, l’Institut national d’océanographie et de géophysique expérimentale (OGS) a découvert six volcans sous-marins à quelques kilomètres de la côte sud-ouest de la Sicile, entre Mazara del Vallo et Sciacca. L’un d’eux, en particulier, n’est qu’à sept kilomètres de Capo Granitola. Il s’agit du volcan Actea qui présente une morphologie complexe et montre une grande coulée de lave qui s’étire sur plus de 4 kilomètres. Ces volcans sont situés à environ 14 kilomètres au nord de ceux déjà connus de Banco Graham. Il y a, entre autres, la célèbre île Ferdinandea, apparue en 1831 lors d’une éruption sous-marine et qui, après s’être élevée jusqu’à 65 mètres au-dessus de la surface de l’eau, s’enfonça dans la mer (voir ma note du 17 avril 2007).

Il ne faudrait pas négliger, non plus, le Vulcano Dimenticato, le Volcan Oublié d’Agrigente, qui a vomi des scories que l’on trouve souvent sur les plages du littoral, mais que les scientifiques italiens n’ont jamais vraiment réussi à localiser.
Selon Boris Behncke « on ne peut guère s’attendre à une éruption aussi violente [que celle des Tonga] sur un volcan sous-marin dans nos mers ». S’agissant du Marsili, le plus grand volcan sous-marin d’Europe et de Méditerranée, dans la mer Tyrrhénienne entre Palerme et Naples, Boris explique qu’il se situe à « une très grande profondeur » par rapport au volcan des Tonga et que « la pression de la colonne d’eau qui le surmonte réduit considérablement son énergie explosive ». On pouvait s’attendre a une éruption du volcan des Tonga car, déjà « dans le passé, il y a environ mille ans, il a enregistré une éruption similaire, très violente. Le phénomène semble donc cyclique. »
En revanche, Boris explique que si une éruption de la puissance de celle des Tonga « s’était produite sur terre, sur le Vésuve ou les Champs Phlégréens, les conséquences auraient été apocalyptiques. » Par bonheur, l’éruption du 15 janvier 2022 s’est produite dans une zone extrêmement reculée et peu habitée. « Si elle avait eu lieu sur terre dans une zone peuplée, elle n’aurait pas causé de tsunami, mais elle aurait fait des ravages même à plusieurs kilomètres de distance. »

Dans les Tonga « l’éruption, qui a eu des conséquences très graves sur les îles voisines, a probablement été particulièrement violente car elle s’est produite à l’interface entre la mer et l’atmosphère. L’ île qui s’était édifiée 6-7 ans plus tôt et qui avait grandi juste avant l’activité explosive, a été détruite dans sa totalité. » Selon Boris Behncke, l’aspect positif de l’éruption, « très intéressante d’un point de vue scientifique », est « le nombre étonnamment faible de victimes en termes de vies humaines ». Outre le fait qu’il s’agit d’îles peu peuplées, le bilan réduit est également dû au comportement des habitants qui sont habitués aux séismes, cyclones et autres tsunamis. C’est pourquoi ils se sont immédiatement enfuis pour se réfugier dans des zones plus élevées.
Suite à l’éruption, le problème le plus urgent concerne la présence de cendres du nuage éruptif qui contiennent des substances potentiellement toxiques. Contrairement à la cendre de l’Etna, celle de l’éruption du 15 janvier contient du soufre, du chlore et d’autres substances nocives.
En conclusion, Boris insiste sur le fait que ce qui s’est passé dans le royaume des Tonga montre qu’il est nécessaire de surveiller étroitement les volcans sous-marins italiens, en particulier Empédocle dont le système éruptif a été décrit par les scientifiques, dans un rapport pour le compte de l’ONU, comme « un grand relief sous-marin qui s’élève sur les fonds marins à une profondeur de 250 à 500 m, et sur lequel sont implantés des dizaines d’édifices volcaniques bien structurés de dimensions très variables, souvent alignés selon l’orientation NNO du Canal de Sicile. » S’il n’y a pas de danger imminent, il est également vrai qu’il y a toujours la possibilité d’une forte éruption sous-marine avec un risque significatif de tsunami. Ne pas oublier qu’il s’agit d’un volcan caché au fond de la mer, à seulement 20 kilomètres de Sciacca. Vingt kilomètres, c’est la distance qui sépare l’Etna de Catane, mais le Mongibello est surveillé 24 heures sur 24, 365 jours par an.

Source: La Sicilia.

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Can this happen to us? This is the usual question people ask when a disaster strikes elsewhere in the world. Italy, land of active volcanoes, asks this question following the eruption of the Hunga Tonga-Hunga Ha’apai submarine volcano in the Tonga archipelago. This is not without reason, as underwater volcanoes are known to lurk off the Italian boot. In an article published in the newspaper La Sicilia, Boris Behncke (INGV Catania) recalls the existence of volcanoes like Panarea, Marsili in the Tyrrhenian Sea, or Empedocle in the Channel of Sicily – between Sicily and Tunisia -, an underwater volcano about thirty kilometers in diameter at its base and of which the Ferdinandea is only one of the eruptive cones.
In 2019, the National Institute of Oceanography and Experimental Geophysics (OGS) discovered six underwater volcanoes a few kilometers off the southwestern coast of Sicily, between Mazara del Vallo and Sciacca. One of them is only seven kilometers from Capo Granitola. This is the Actea volcano which has a complex morphology and shows a large lava flow that stretches over more than 4 kilometers. These volcanoes are located about 14 kilometers north of those already known from Banco Graham. There is, among others, the famous island Ferdinandea, which appeared in 1831 during an underwater eruption and which, after rising up to 65 meters above the surface of the water, sank into the sea (see my note of April 17, 2007).
We should not neglect, either, the Vulcano Dimenticato, the Forgotten Volcano of Agrigento, which vomited scoria often found on the beaches of the coast, but which the Italian scientists have never really managed to locate. .
According to Boris Behncke « one can hardly expect such a violent eruption [as that of Tonga] on an underwater volcano in our seas ». Regarding Marsili, the largest underwater volcano in Europe and the Mediterranean, in the Tyrrhenian Sea between Palermo and Naples, Boris explains that it is located at « a very great depth » compared to the volcano in Tonga and that « the pressure of the water column above it greatly reduces its explosive energy ». We could expect an eruption of the Tonga volcano because, already « in the past, about a thousand years ago, there was a similar, very violent eruption. The phenomenon therefore seems cyclical. »
By contrast, Boris explains that if an eruption with the power of Tonga « had occurred on land, on Vesuvius or the Phlegraean Fields, the consequences would have been apocalyptic. » Fortunately, the January 15, 2022 eruption occurred in an extremely remote and sparsely populated area. « If it had taken place on land in a populated area, it would not have caused a tsunami, but it would have wreaked havoc even several kilometers away. »
In Tonga « the eruption, which had very serious consequences on the neighboring islands, was probably particularly violent because it occurred at the interface between the sea and the atmosphere. The island which had built 6-7 years earlier and which had grown just before the explosive activity, was completely destroyed. »

According to Boris Behncke, the positive aspect of the eruption, « very interesting from a scientific point of view », is « the surprisingly low number of victims in terms of human lives ». Besides the fact that these are sparsely populated islands, the reduced toll is also due to the behaviour of the inhabitants who are used to earthquakes, cyclones and tsunamis. This is why they immediately fled to take refuge in higher areas.
Following the eruption, the most urgent problem concerns the presence of « ash from the eruptive cloud which contains potentially toxic substances. Unlike the ash from Mt Etna, that from the January 15 eruption contains sulfur, chlorine and other harmful substances.
In conclusion, Boris insists that what happened in the Kingdom of Tonga shows the need for close monitoring of Italian submarine volcanoes, in particular Empedocles whose eruptive system has been described by scientists, in a report on behalf of the UN, as « a large underwater relief which rises from the seabed at a depth of 250 to 500 m, and on which are implanted dozens of well-structured volcanic edifices of very variable dimensions, often aligned along the NNW orientation of the Sicily Channel. » While there is no imminent danger, it is also true that there is always the possibility of a strong undersea eruption with a significant tsunami risk. One should not forget that it is a volcano hidden at the bottom of the sea, just 20 kilometers from Sciacca. Twenty kilometers is the distance that separates Etna from Catania: but Mongibello is monitored 24 hours a day, 365 days a year.
Source: La Sicilia.

Gravure montrant la naissance de Ferdinandea en 1831 (Source: Wikipedia)

Nouvelles de Sicile

Le sauvetage d’un randonneur qui savait chuté dans un ravin (canelone) du côté de la Schiena dell’Asino, sur le versant sud de l’Etna, à 2246 m d’altitude, s’est terminée par un drame en fin d’après-midi le 28 novembre 2021. Les opérations de secours pour remonter l’homme qui souffrait probablement d’une fracture de la jambe avaient été rendues délicates par la neige, de fortes rafales de vent glacial, du brouillard et des températures en dessous de zéro. Pour une raison non encore précisée, un membre du Secours alpin et spéléologique sicilien (Sass) est décédé au cours de l’opération de sauvetage. Mort pour éviter la mort des autres. Bien triste nouvelle.

Par ailleurs, on observe une hausse de la sismicité en mer, dans l’ouest de la Sicile. Un séisme de M 2,5 a été enregistré dans le détroit de Messine le 29 novembre 2021 6h06 à une profondeur de 6 kilomètres. D’autres secousses ont été enregistrées ce matin dans les îles Éoliennes,avec des événements compris entre M 2,7 et M 3,2, à des profondeurs comprises entre 38 et 78 kilomètres.
Le 28 novembre un séisme de M 4,3 a été enregistré dans le secteur d’Alicudi. Trois autres secousses étaient trop faibles pour être ressenties par la population. Une quatrième avait une magnitude de M 3,8 à 34 km de profondeur.

Sources: La Sicilia, INGV.

Photo: C. Grandpey

La culture de l’oubli // The culture of oblivion

La carte ci-dessous montre les différentes éruptions sur l’île de La Palma dans les Iles Canaries ainsi que les coulées de lave qu’elles ont laissées derrière elles. En ce moment, l’éruption du Cumbre Vieja poursuit son oeuvre de destruction en recouvrant sous plusieurs mètres de lave des bâtiments et des maisons d’habitation qui ont été construits il y a plusieurs décennies.

Quand on regarde la carte, on se rend compte que les éruptions, pour la plupart, ont eu lieu il y a plusieurs siècles, mais certaines, comme la dernière du Cumbre Vieja (1971) se sont produites au 20ème siècle, donc très récemment.

Pourquoi des gens ont-ils décidé de venir construire dans une zone potentiellement à risque? On peut apporter plusieurs réponses à cette question. Certains ont voulu profiter des terres fertiles pour s’adonner à des activités agricoles. D’autres ont acheté une résidence secondaire pour profiter du climat et des paysages des Iles Canaries. D’autres encore habitent des logements qui se sont transmis de génération en génération.

En fait, cette situation n’est pas propre à La Palma,; on la retrouve dans la plupart des îles volcaniques comme la Grande Ile d’Hawaii ou la Sicile. A Hawaii, la dernière éruption du Kilauea en 2018 a détruit quelque 700 structures qui se trouvaient dans des zones potentiellement exposées aux coulées de lave.

En Sicile, Zafferana Etnea a failli subir les assauts de la lave au cours de l’éruption de 1991-1994. En novembre 1928, Mascali n’a pas eu autant de chance; les coulées de lave ont détruit de nombreuses maisons. Après cette destruction, la bourgade fut reconstruite quelques années plus tard plus en aval, avec une disposition en damier urbain influencé aussi bien par des villes en Sicile datant des 16ème-18ème siècles, que par les villes nouvelles prévues par le régime fasciste. Comme le faisait remarquer fort justement Boris Behncke il y a quelques jours, il y a beaucoup de points communs entre l’habitat à La Palma et celui sur les pentes de l’Etna.

La plupart de ceux qui viennent vivre sur ces îles volcaniques sont conscients qu’un jour ou l’autre une éruption peut se produire et détruire leur lieu d’habitation, mais ils prennent le pari que cela ne se produira pas de leur vivant. D’autres préfèrent oublier le passé, à leurs risques et périls.

Une fois la maison détruite, il faut songer à la reconstruire ailleurs sur l’île, ou carrément changer le région. Aux Etats Unis, les clauses concernant les séismes et les éruptions dans les polices d’assurance habitation ont un coût exorbitant dans les zones volcaniques à risques et beaucoup d’Hawaiiens renoncent à assurer leurs maisons. Si une catastrophe se produit, ils peuvent seulement espérer que l’Etat fédéral acceptera de débloquer des fonds pour les dédommager, mais la perte financière restera très élevée. A La Palma , le gouvernement espagnol et l’Union Européenne apporteront leur aide financière et matérielle, mais là aussi, au final, il y aura une perte sèche pour les victimes de l’éruption du Cumbre Vieja.

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The map below shows the different eruptions on the island of La Palma in the Canary Islands as well as the lava flows they left behind. The eruption of Cumbre Vieja continues its work of destruction by engulfing under several meters of lava buildings and houses that were built several decades ago.
When you look at the map, you realize that the eruptions, for the most part, took place centuries ago, but some, like the last of Cumbre Vieja (1971) occurred in the 20th century, so very recently.
Why have people decided to come and build in a potentially risky area? There are several answers to this question. Some wanted to take advantage of the fertile land to engage in agricultural activities. Others bought a second home to enjoy the climate and landscapes of the Canary Islands. Others live in homes that have been passed down from generation to generation.
In fact, this situation is not unique to La Palma; it is found in most volcanic islands such as Hawaii Big Island or in Sicily. In Hawaii, Kilauea’s last eruption in 2018 destroyed some 700 structures that were in areas potentially exposed to lava flows.
In Sicily, Zafferana Etnea could have been destroyed by lava flows during the 1991-94 eruption. In November 1928, Mascali was not so lucky; the lava flows destroyed many houses. After this destruction, the village was rebuilt a few years later downslope, with an urban checkerboard layout influenced both by towns in Sicily dating from the 16th-18th centuries, as by the new towns planned by the fascist regime. As Boris Behncke rightly pointed out a few days ago, there is a lot in common between the habitat in La Palma and that on the slopes of Mt Etna.
Most of those who come to live on these volcanic islands are aware that one day or another an eruption can occur and destroy their place of residence, but they bet that it will not happen in their lifetime. Others prefer to forget the past, at their peril.
Once the house is destroyed, these persons need to consider rebuilding it elsewhere on the island, or simply changing regions altogether. In the United States, earthquake and eruption clauses in home insurance policies are prohibitively expensive in volcanic risk areas, and many Hawaiians had rather not insure their homes. If a disaster does occur, they can only hope that the federal state will agree to release funds to compensate them, but the financial loss will remain very high. In La Palma, the Spanish government and the European Union will provide financial and material assistance, but there too, in the end, there will be a deadly loss for the victims of the eruption of Cumbre Vieja.

Eruptions et coulées de lave à La Palma (Source: IGN)

Coulée de lave aux portes de Zafferana en 1992 (Photo: C. Grandpey)