La Sicile continue de trembler // Sicily keeps trembling

L’INGV a enregistré plusieurs nouvelles secousses ces dernières heures dans l’est de la Sicile, en particulier dans la région de Catane. Cinq événements ont été détectés par les instruments dans la soirée du 3 janvier 2019 entre 22 h et 00 h 20, avec une magnitude comprise entre M 2,3 et M 3,0. Une nouvelle secousse de M 3,0 a ensuite été enregistrée à 4h54 le 4 janvier. Les épicentres ont été localisés dans les secteurs de Ragalna, Biancavilla et Adrano. Un autre séisme de magnitude M 3,5 a été enregistré à 5h10 dans cette même région..
Parallèlement, le nombre de personnes déplacées suite à cette sismicité dans la région de Catane a augmenté. 1115 ont été contraintes d’abandonner leur domicile. Selon les informations communiquées par la Protection Civile sicilienne, 319 personnes ont eu recours à un hébergement indépendant et 794 dans des hôtels affiliés à la région sicilienne. Deux personnes sont hébergées dans des installations publiques.
En ce qui concerne la vérification des bâtiments, 551 maisons ont été déclarées inutilisables et 589 partiellement accessibles. S’agissant des bâtiments scolaires 60 des 90 écoles ont été contrôlées. 42 ont été déclarées accessibles, 14 partiellement inhabitables 4 non accessibles.

Source : La Sicilia.

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INGV has recorded several new earthquakes in recent hours in eastern Sicily, particularly in the Catania region. Five events were detected by the instruments on the evening of January 3rd, 2019 between 22:00 and 00:20, with magnitudes between M 2.3 and M 3.0. A new M 3.0 quake was recorded at 4:54 am on January 4th. The epicentres were located in the areas of Ragalna, Biancavilla and Adrano. Another M 3.5 earthquake was recorded at 5:10 am in the same region.
At the same time, the number of people displaced by this seismicity in the Catania region has increased. 1115 were forced to leave their homes. According to the information provided by the Sicilian Civil Protection, 319 people resorted to independent accommodation and 794 to hotels affiliated to the Sicilian region. Two people are housed in public facilities.
With regard to the verification of the buildings, 551 houses were declared unusable and 589 partially accessible. With regard to school buildings 60 out of the 90 schools were controlled. 42 were declared accessible, 14 partly inaccessible and 4 not accessible.
Source: La Sicilia.

Source: INGV

La Sicile, une île sismique // Sicily, a seismic island

Les derniers séismes enregistrés le 26 décembre 2018 dans la région de Catane et de l’Etna font partie d’une longue série et on sait depuis longtemps que la Sicile est une région du monde où la Terre tremble fréquemment. La partie orientale de l’île a été frappée par des secousses catastrophiques en 1169, en 1542, en 1693 – un événement terrible pour lequel encore aujourd’hui on prie dans les églises le 11 janvier – et en 1848.
Le 13 décembre 1990, les provinces de Catane, Syracuse et Raguse ont été touchées par un séisme dont l’épicentre se trouvait au fond de la mer, au large d’Augusta. Baptisé « séisme de la Sainte Lucie », ses blessures ne se sont que récemment cicatrisées. A l’époque, les sismologue craignaient que ce séisme soit le signe annonciateur d’un événement beaucoup plus dévastateur. Par bonheur, ce dernier ne s’est pas produit. Il ne faudrait toutefois pas baisser la garde. C’est pour cela que des chercheurs de l’INGV organisent des réunions d’information dans les écoles, ainsi que des conférences sur le risque sismique en Sicile orientale.

La cause de ces séismes se trouve dans la mer Ionienne, où il existe les structures sismogènes les plus importantes de Méditerranée centrale, et ces structures peuvent produire des séismes dévastateurs. Il y a en particulier la faille ibleo-maltaise qui fut à l’origine du séisme du 13 décembre 1990. On ne peut oublier, non plus, le terrible tremblement de terre du 11 janvier 1693, qui a détruit les villes entre Messine et Raguse. L’événement a non seulement dévasté les villes de l’est de la Sicile, mais il a eu des répercussions à Palerme, détruit des maisons en Calabre et a également été ressenti en Afrique. D’une magnitude de M 7,4, il fut beaucoup plus catastrophique que les séismes qui ont frappé le centre de l’Italie pendant l’été 2016. Il fut provoqué par un effondrement d’une trentaine de mètres au niveau de la faille ibléo-maltaise.

Ces différents séismes ont fait ressortir les lacunes de la Sicile en matière de constructions parasismiques. Si des bâtiments s’effondrent, c’est parce qu’ils ne sont pas en mesure de résister aux séismes, même modestes. Dans de nombreuses municipalités de Sicile, la capacité des édifices à résister aux séismes est quasiment nulle. La Sicile est à l’opposé du Japon dans ce domaine. A l’avenir, il faudra absolument que les ingénieurs et les architectes prennent en compte le risque sismique quand ils construiront des maisons et autres édifices. Récemment, la Protection Civile régionale a enfin commencé à fournir aux  architectes et géologues les éléments nécessaires à une meilleure construction. Il est grand temps que de telles initiatives soient prises. La Sicile se trouve dans une zone fortement sismique, avec l’Etna qui n’arrange pas la situation. Même si les scientifiques ne savent pas prévoir les séismes, ils savent que la Sicile sera de nouveau soumise à de tels événements dans les prochaines années.

Adapté d’un article paru dans le journal La Sicilia.

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The latest earthquakes recorded on December 26th, 2018 in the region of Catania and Mt Etna are part of a long series and it has long been known that Sicily is a region of the world where the Earth trembles frequently. The eastern part of the island was hit by disastrous quakes in 1169, in 1542, in 1693 – a terrible event that still sends today people praying in churches on January 11th – and in 1848.
On 13 December 1990, the provinces of Catania, Syracuse and Ragusa were hit by an earthquake whose epicentre was at the bottom of the sea off Augusta. Called the « Saint Lucia earthquake », its wounds have only recently healed. At the time, the seismologists feared that this earthquake might be the harbinger of a much more devastating event. Fortunately, it did not happen. However, we should not let our guard down. For this reason, researchers at the INGV organize information meetings in schools, as well as conferences on the seismic risk in eastern Sicily.
The cause of these earthquakes is in the Ionian Sea, where there are the most important seismogenic structures of the central Mediterranean, and these structures can produce devastating earthquakes. There is in particular the iblean-maltese fault which was at the cause of the earthquake of December 13th, 1990. One can not forget, either, the terrible earthquake of January 11th, 1693, which destroyed the cities between Messina and Ragusa . The event not only devastated the cities of eastern Sicily, but it had repercussions in Palermo, destroyed homes in Calabria and was also felt in Africa. With a magnitude of M 7.4, it was much more catastrophic than the earthquakes that hit central Italy during the summer of 2016. It was caused by a collapse of about thirty metres along the Iblean-Maltese faultline.
These different earthquakes highlighted Sicily’s deficiencies in earthquake-resistant constructions. If buildings collapse, it is because they are not able to withstand earthquakes, even modest ones. In many municipalities in Sicily, the capacity of buildings to resist earthquakes is inexistent. Sicily is the opposite of Japan in this area. In the future, it will be essential for engineers and architects to take into account the seismic risk when they build houses and other buildings. Recently, the Regional Civil Protection began to provide architects and geologists with the necessary elements for a better construction. It is high time such initiatives were taken. Sicily is in a highly seismic zone, with Etna which does not help the situation. Even if scientists are not able to predict earthquakes, they know that Sicily will be hit again by such events in the coming years.
Adapted from an article in the newspaper La Sicilia.

Photos: C. Grandpey

Le gaz carbonique de Vulcano (Sicile / Italie) // Carbon dioxide at Vulcano (Sicily / Italy)

drapeau francaisQuand on débarque de l’aliscaphe ou du bateau sur l’île de Vulcano, la première odeur que l’on perçoit le plus souvent est celles de l’hydrogène sulfuré en provenance de la mare de boue à proximité de Porto Levante. Cette boue attire chaque année des milliers de touristes parmi lesquels certains espèrent soigner des maladies de peau, tandis que d’autre préfèrent profiter des jacuzzi naturels alimentés par des remontées de gaz depuis le fond de la mer. En général, les gaz volcaniques sont emportés par le vent qui balaye régulièrement les bien nommées Iles Eoliennes.

Il y a toutefois des jours où le temps est remarquablement calme. C’était le cas le 14 avril dernier, jour où un petit garçon français qui jouait sur la plage  a été victime d’un malaise est s’est effondré au sol. Rapidement secouru et transporté par hélicoptère à l’hôpital de Lipari, il a pu être sauvé mais les médecins ont déclaré qu’il avait frôlé la mort car il avait inhalé une dose importante de gaz carbonique. J’ai eu l’occasion de faire des prélèvements et des mesures du CO2 de Vulcano avec les membres de l’Institut des Fluides de Palerme (je salue au passage Franco Sortino et Francesco Italiano) et il ne fait aucun doute que les jacuzzi de la plage de Porto Levante bouillonnent sous l’effet de gaz parmi lesquels le CO2 est majoritaire*. Il est donc assez normal qu’en l’absence de vent ce gaz relativement lourd reste présent à la surface du sol et qu’un gosse de neuf ans qui fait des châteaux de sable en étant accroupi inhale ce gaz extrêmement nocif.

Au vu de cet accident qui aurait pu être dramatique, la grande question était de savoir s’il fallait interdire ou non l’accès aux bains de boue et à la plage de Porto Levante. A quelques semaines du pic de la saison touristique, une telle décision aurait été catastrophique pour l’île de Vulcano, voire pour l’ensemble des Iles Eoliennes. La Sicile n’étant pas le Japon, une décision aussi drastique ne saurait être prise ! Après consultation du milieu scientifique – en l’occurrence de l’INGV – et de la Protection Civile, le maire de Lipari a déclaré qu’un écriteau allait être apposé à l’entrée de la zone dangereuse afin de prévenir les visiteurs des risques encourus. L’incident est donc clos, au moins pour le moment !

Source: Presse italienne.

* Voir dans la colonne de gauche de ce blog le hors-série « L’Ile de Vulcano » dont je suis l’auteur et qui a été édité par L’Association Volcanologique Européenne.

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drapeau anglaisWhen you step out of the hydrofoil or the boat on the island of Vulcano, the first smell you usually perceive is that of hydrogen sulfide from the mud baths near Porto Levante. This mud each year attracts thousands of tourists including some who hope of cure skin diseases, while others prefer to enjoy the natural hot tubs fed by gases rising from the bottom of the sea. Generally, these volcanic gases are blown away by the wind which regularly sweeps the aptly named Aeolian Islands.

However, there are days when the weather is remarkably calm. This was the case on April 14th, a day when a little French boy playing on the beach collapsed to the ground. Quickly rescued and airlifted to the hospital in Lipari, he was saved but doctors said he had almost died because he had inhaled a large dose of carbon dioxide. I had the opportunity to collect and measure CO2 samples at Vulcano with members of the Palermo Institute of Fluids (my regards to Franco Sortino and Francesco Italiano) and there is no doubt that the jacuzzis of the beach of Porto Levante bubble under the effect of gases among which CO2 is prevalent *. It is therefore quite normal that when there is no wind this relatively heavy gas should be present on the soil surface and a squatting 9-year-old kid building sandcastles should inhale this lethal gas.
After this accident which could have been dramatic, the big question was whether to ban or not the access to the mud baths and the beach of Porto Levante. A few weeks before the peak of the tourist season, such a decision would have been catastrophic for the island of Vulcano, even for all the Aeolian Islands. Sicily is not Japan ans such a drastic decision can not be taken! After a meeting with the scientific community – the INGV of Catania – and the Civil Protection, the mayor of Lipari said a sign would be placed at the entrance to the danger area to warn visitors against the risks . The incident is over, at least for now!

Source: Italian newspapers.

* See in the left-hand column of this blog « The Island of Vulcano » I have written on behalf of The European Volcanological Association.

Vulcano5--Bains-de-boue

Vulcano6  Les gaz volcaniques font bouillonner la mer

Les bains de boue et jacuzzi de Vulcano  (Photos:  C.  Grandpey)

Stromboli (Sicile / Italie): Poursuite de l’activité effusive

drapeau francaisL’activité effusive observée ces dernières semaines se poursuit à Stromboli, comme on peut le voir sur la capture d’écran de la webcam ci-dessous. Il semble toutefois que le débit effusive soit irrégulier, faisant alterner des jours où la coulée est bien alimentée et des périodes où l’activité est plus sporadique.

Des explosions stromboliennes sont observées de temps en temps au niveau des bouches éruptives au sommet du volcan.

Pendant ce temps, l’Etna est en phase de repos et aucune activité n’anime son sommet.

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drapeau anglaisEffusive activity that has been observed over the past weeks is going on at Stromboli, as can be seen on the screenshot of the webcam here below. However, it seems that the lava output is quite irregular with a continuous flow on some days and more sporadic effusion on the other days.

Strombolian explosions are observed from time to time at the summit craters.

Meantime, Mount Etna is very quiet.

Stromboli-octobre-2014

Volcans siciliens (Italie) / Sicilian volcanoes (Italy)

drapeau francais.jpgLa situation est particulièrement calme en ce moment sur les volcans siciliens. Le tremor reste à des valeurs basses sur l’Etna où la webcam postée sur la lèvre de la Bocca Nuova semble partie en vacances (plus d’images) faute de spectacle à observer.

Dans le même temps, l’activité est également réduite sur le Stromboli où les sismos montrent que les explosions (à raison de 13-15 par heure) sont d’une intensité faible à modérée.

Il faut souhaiter qu’aucune catastrophe naturelle ne se produise en Italie en ce moment.  En effet, Luciano Maiani, président de la Commission italienne « grands risques » a démissionné mardi dernier de son poste afin de protester contre la condamnation à six ans de prison de ses collègues accusés d’avoir sous-estimé les risques avant le séisme de L’Aquila en 2009. Ce verdict a été largement  condamné par la communauté scientifique internationale.

Luciano Maiani, directeur-général du CERN à Genève de 1999 à 2003, a déclaré qu’il n’avait pas « les conditions pour travailler avec sérénité » et qu’il se trouvait dans « l’impossibilité de soumettre un avis hautement spécialisé à l’Etat italien », dans des conditions aussi « complexes ».

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drapeau anglais.jpgThe situation is currently very quiet on Sicilian volcanoes. The tremor shows low values on Mount Etna where the webcam on the rim of Bocca Nuova has stopped working.

Meantime, activity is low as well on Stromboli where seismographs reveal that explosions (at a rate of 13-15 per hour) have a low to moderate intensity.

Let’s hope that no natural disaster occurs in Italy. Indeed, Luciano Maiani who presides the “high risks” commission resigned last Tuesday to protest again the condemnation to six years of prison of his colleagues who were accused of falsely estimating the risks before the L’Aquila earthquake in 2009. The verdict was largely condemned by the scientific community around the world.

Luciano Maiani, former head of the CERN in Geneva between 1999 and 2003, declared he did not have “the conditions to work with serenity” and that he found it “impossible to give any highly specialised opinion to the Italian government” in such “complex” conditions.

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(Photo: C. Grandpey)