Episode éruptif sur le Santiaguito (Guatemala) // Eruption of Santiaguito (Guatemala)

drapeau-francaisSelon le CONRED, une forte éruption a secoué le sommet du Santiaguito le 14 août à 6h29 heure locale (12h29 TU). L’éruption a généré un panache de gaz et de cendre qui est monté à6 km d’altitude. L’activité s’est accompagnée de coulées pyroclastiques sur le flanc E du volcan.

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drapeau-anglaisCONRED indicates that a strong eruption occurred at Santiaguito lava-dome complex in Guatemala at 12:29 UTC on August 14th, 2016 (06:29 local time). The eruption generated a column of ash and gas that rose up to 6 km a.s.l. The activity was accompanied by pyroclastic flows on the eastern flank of the complex.

https://twitter.com/ConredGuatemala/status/764817290789425152/photo/1?ref_src=twsrc%5Etfw

Hawaii: Les dangers du Kilauea // Hawaii: The dangers of Kilauea Volcano

drapeau-francaisActuellement, les principaux dangers se concentrent sur trois sites du Kilauea:

1) Le cratère de l’Halema’uma’u: Le HVO indique que le lac de lave reste actif et que sa surface se trouve à environ 35 mètres sous la lèvre du cratère. Comme je l’ai écrit dans une note précédente, l’explosion de samedi dernier, provoquée par un éboulement, a expédié un volume impressionnant de matériaux très loin sur le rebord sud-est de l’Halema’uma’u. Le tapis de projections recouvre une bande de 80 mètres de long et 50 mètres de large autour de l’ancienne terrasse d’observation, une zone qui a été fermée au public en 2008 quand la bouche active s’est ouverte, en raison des risques évidents. Par endroits, la couche de téphra présente une épaisseur de 20 centimètres. Si des personnes avaient été présentes à cet endroit au moment de l’explosion, il est pratiquement certain qu’il y aurait eu des morts et des blessés. De plus, les alizés ont influencé la trajectoire des retombées. En effet, alors que la plupart des matériaux sont retombés juste à l’est du cratère, des éjecta gros comme des galets ont également arrosé l’ancien parking, à environ 500 mètres au sud-ouest. Comme je l’ai signalé auparavant, un coffret en plastique abritant des batteries et des composants électroniques pour un gravimètre, à environ 35 mètres du bord du cratère, a carrément fondu sous la chaleur de la lave.
De nouvelles explosions et chutes de pierres restent possibles et peuvent survenir à tout moment, sans prévenir. Le HVO reconnaît que leur prévision reste impossible. À ce jour, les scientifiques n’ont jamais détecté de signaux annonçant de telles explosions. L’ampleur de l’événement dépend probablement du lieu et de la taille de l’éboulement, du niveau du lac de lave au moment de l’éboulement, de la vitesse du vent, et d’autres facteurs dynamiques.
On a observé que la plupart des éboulements de parois internes du cratère ont lieu au moment où le niveau du lac de lave est en train de s’élever, ce qui porte à haute température de grandes zones de la roche encaissante, avec l’apparition de fractures à cause de la dilatation de la roche. Toutefois, certains éboulements, comme celui du 6 août, peuvent se produire au cours d’un épisode de baisse du niveau du lac, peut-être parce que l’effet étayage du lac n’existe plus, ce qui favorise la fragilité de la paroi.
L’accès à toute la zone autour du cratère de l’Halema’uma’u est interdit. Le seul point d’observation autorisé est la terrasse du Musée Jaggar. Cette carte montre (en rouge) les routes et sentiers interdits au sommet du Kilauea

Kilauea trails

Source: USGS / HVO.

2) Le cratère du Pu’uO’o: L’accès à ce site est interdit lui aussi, en raison des dangers: gaz nocifs, risques d’effondrements et d’explosions. Par ailleurs, le terrain est à la fois difficile et dangereux. Il y a un fort risque de chute et de blessure grave. Les volcanologues du HVO visitent le cratère de temps à autre. Ils sont acheminés par hélicoptère et restent en général sur le bord nord du cratère juste le temps de contrôler les instruments de surveillance et autres webcams qui ont été installés à cet endroit.
La meilleure solution pour observer le Pu’uO’o est d’acheter un vol en hélicoptère dans l’une des agences situées dans l’enceinte de l’aéroport de Hilo. Malgré les mises en garde, ceux qui voudraient s’aventurer sur le Pu’uO’o doivent savoir que les pilotes d’hélicoptères privés signalent aux rangers la présence de personnes dans la zone interdite.

PuuOO 8 juillet

Crédit photo: USGS / HVO.

3) La coulée de lave 61g continue d’être active et d’entrer dans l’Océan Pacifique en plusieurs endroits près de Kamokuna. Des bouches continuent à s’ouvrir sur la coulée, que ce soit sur la plaine côtière ou sur le pali. La lave a commencé à édifier un delta le long du rivage.
Il est recommandé la plus grande prudence aux personnes qui viennent admirer l’entrée de la lave dans l’océan. Le HVO rappelle qu’il y a des risques autres que le simple fait de marcher sur la surface inégale et instable qui précède la falaise. Le site génère de nouveaux dangers avec l’interaction explosive entre la lave et l’eau. En outre, la nouvelle banquette construite par la lave est instable et peut s’effondrer sous l’action de sape des vagues. Un petit effondrement de ce delta a d’ailleurs eu lieu mardi dernier pendant l’après-midi. Enfin, le douloureux mariage de la lave et de l’eau produit un panache acide chargé de particules volcaniques fines qui peuvent irriter la peau, les yeux et les poumons.

Explosion-Hawaii

Explosion littorale (Photo: C. Grandpey)

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 drapeau-anglaisCurrently, the main dangers on Kilauea volcano are concentrated in three main areas:

1) Halema’uma’u Crater: HVO indicates that the lava lake remains active with its surface about 35 metres below the crater rim. As I put it in a previous post, last Saturday night’s explosion, triggered by a rockfall, sent a voluminous and dangerous shower of hot spatter and rock debris onto the southeast rim of Halema’uma’u Crater. This explosion produced a continuous carpet of volcanic material covering a broad swath 80 metres long and 50 metres wide around the former public overlook, an area that has been closed to public access since 2008 due to ongoing hazards. In places, this tephra layer was up to 20 cm thick. Almost certainly, anyone who had been near the crater rim in this area would have been killed or severely injured. Trade winds influenced the trajectory of the fallout. So, while most of the tephra fell just east of the vent, pebble-sized debris also pelted the old parking lot, about 500 metres to the southwest. As I put it before, spatter that landed on a plastic case housing batteries and electrical components for a gravity monitoring instrument about 35 metre from the crater rim melted the case and ignited a fire that incinerated its contents.

Additional explosions from further rockfalls remain possible and can occur at any time with no warning. These rockfalls and the resulting lava lake interactions are impossible to forecast. To date, HVO scientists have seen no evidence of precursory signals before an explosion, and the magnitude of the event likely depends on the location and size of the rockfall, the lava lake level at the time of the rockfall, wind velocity, and other dynamic factors.

Most rockfalls from the vent wall have occurred during rising lava lake levels, when large areas of the wall rock are heated and develop internal cracks due to expansion. But some rockfalls, like the August 6th event, occur after the lake level drops, possibly when the buttressing effect of the lake is lost, facilitating wall failure.

Access to the whole area around Halema’uma’u Crater is prohibited. The only authorised observation point is the terrace of the Jaggar Museum. The map (see above) shows (in red) the unauthorised access roads and trails on Kilauea volcano

2) Pu’uO’o Crater: Access to this site is prohibited too, due to the dangers: noxious gases, risk of collapses and explosions. Besides, the terrain is both difficult and dangerous. The risk of falling and getting severely injured is very high. Volcanologists at HVO visit the crater from time to time. They are dropped from a helicopter and stay on the crater rim just the necessary time to control and monitor the instruments that have been set up on the crater rim.

The best solution to observe Pu’uO’o is to buy a helicopter flight in one of the agencies located at Hilo Airport. Despite the warnings, those who want to venture on Pu’uO’o should know that private helicopter pilots signal to the rangers the presence of people in the forbidden area.

3) The 61g lava flow continues to be active and to enter the Pacific Ocean at multiple places near Kamokuna. Scattered breakouts continue predominantly on the seaward portion of the coastal plain and on the pali. Lava has started to build a delta along the shore.

As a strong caution to visitors viewing the new ocean entry; HVO warns that there are additional significant hazards besides walking on uneven surfaces and around unstable, extremely steep sea cliffs. Venturing too close to the ocean entry exposes to flying debris created by the explosive interaction between lava and water. Also, the new land created is unstable because it is built on unconsolidated lava fragments and sand. This loose material can easily be eroded away by surf causing the new land to become unsupported and slide into the sea. A small delta collapse occurred last Tuesday afternoon. Finally, the interaction of lava with the ocean creates an acidic plume laden with fine volcanic particles that can irritate the skin, eyes, and lungs.

Un abri pour les visiteurs de White Island (Nouvelle Zélande) // A shelter for White Island visitors (New Zealand)

drapeau-francaisL’armée néo-zélandaise a héliporté sur White Island un conteneur d’expédition de 2,4 tonnes censé servir d’abri d’urgence aux visiteurs en cas d’éruption. La structure de six mètres de long a été déposée sur l’ancien site minier.
White Island est un volcan actif qui est visité par plus de 10 000 touristes chaque année. Il alterne les périodes de hausse et de baisse d’activité, avec la dernière éruption en avril 2016. Le conteneur servira également à stocker le matériel de sécurité, des vêtements de rechange, de la nourriture et des articles de secours.

Alors que je me trouvais sur la berge du lac d’acide lors d’une visite à White Island en 2009, je me suis dit que je serais vraiment au mauvais endroit si le lac venait à être secoué par une éruption phréatique. J’ai bien peur que le conteneur-refuge sur l’ancien site minier, à environ deux cents mètres du lac, ne soit pas d’une grande utilité si une explosion aussi soudaine que brutale se produit alors que des touristes se trouvent à proximité du lac. A la limite, ce peut être un argument des agences de voyage pour rassurer leurs clients!
Source: Presse néo-zélandaise.

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drapeau-anglaisThe New Zealand Defence Force has airlifted a 2.4-tonne shipping container to White Island to provide visitors an emergency shelter in case of an eruption. The six-metre container was placed on an old mining site.

White Island is an active volcano that is visited by over 10,000 tourists every year. It fluctuates through periods of increased and reduced activity, and last erupted in April 2016. The shipping container will also be used to store safety gear, spare clothing, food supplies and emergency and rescue items.

While standing on the shore of the acid lake during a visit to White Island in 2009, I said to myself I would really be in the wrong place if the lake happened to be shaken by a phreatic eruption. I’m afraid a refuge container on the old mining site, about two hundred metres from the lake, will note be of great help if an explosion occurs while visitors are standing close to the lake. It may just be an argument for the tourist agencies to reassure their clients!

Source: New Zealand news media.

White-Island-lac

Lac d’acide dans le cratère de White Island (Photo: C. Grandpey)

Histoire d’ours et de matériel scientifique // A story of bears and scientific equipment

drapeau francaisComme les séismes sont fréquents en Alaska, les scientifiques ont installé des sismographes dans différentes parties de l’Etat. Ils se trouvent souvent dans des endroits reculés, loin de tout, où presque personne ne va. Ainsi, le risque de vandalisme est très faible. Cependant, les sismologues de l’Université de Fairbanks ont remarqué que leur équipement avait été visité. Par exemple, des boîtes en plastique et un conduit de ligne en aluminium alimentant une antenne montée sur un arbre ont été déterrés. Ailleurs, un coffre avec 100 kilos de batteries a été déplacé. Afin de déceler la cause du problème, les scientifiques ont installé des caméras à proximité de leur équipement. Une vidéo récente postée par un sismologue montre que les environs de la Tanana River, dans le centre de l’Alaska, ressemblent au parc du Serengeti en Afrique. Une caméra avec déclenchement par détection des mouvements et installée au-dessus des instruments montre les visites de plusieurs animaux au cours de l’hiver dernier.
https://youtu.be/6-6tBKLCCk4

Une fois la caméra installée, les animaux sont venus sur le site du matériel pendant l’hiver. Des lièvres, un lynx et des coyotes sont passés devant la caméra, mais ne semblaient pas être très intéressés par le matériel. Quand le printemps est arrivé, les ours ont montré un comportement très différent. La caméra a surpris un trio d’ours noirs en train de s’en prendre à l’équipement enterré et recouvert d’une bâche de protection. Deux jeunes ours se sont amusés à tirer la bâche par une chaude journée de mai. Une telle situation n’est pas rare. Les ours ont déjà endommagé plusieurs stations scientifiques dans des endroits reculés. Ils se sont attaqués à 6 des 10 stations d’un réseau sismique, inaccessible depuis la route, dans le centre de l’Alaska.
Les scientifiques ont essayé de comprendre le comportement des ours et leur intérêt pour l’équipement scientifique. Il semble que les animaux soient très attirés par les objets fabriqués avec du pétrole, comme des jerricanes de carburant en plastique et les gaines des fils électriques. Il se peut qu’ils soient attirés par l’odeur. On sait que les ours ont un odorat très développé. Les plantigrades sont omnivores et sont attirés par tout ce qui peut représenter une source de nourriture. Une autre raison pourrait être le bruit produit par l’équipement scientifique. Bien que les stations sismiques soient silencieuses, les instruments qui émettent le moindre son sont susceptibles de devenir des cibles potentielles pour les ours dont l’ouïe est très fine. On a vu des grizzlys et des ours polaires déambuler dans des villages et s’attaquer à des lampadaires qui émettent un léger ronflement.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisAs Alaska is prone to earthquakes, scientists have set up seismographs in different parts of the State. These regions are often remote places where hardly any human goes. Thus the risk of vandalism is very low. However, seismologists at the University of Alaska Fairbanks noticed that their equipment had been tampered with. For instance, buried plastic boxes and an aluminium conduit line running to an antenna mounted on a spruce tree had been dug up. On one occasion, a box with 100 kilos of batteries was yanked to a different spot.

In order to find the cause of the problem, the scientists installed cameras close to the equipment. A recent video posted by a seismologist makes the Tanana River flats look like the Serengeti. A motion-triggered game camera installed above buried instruments shows visits from several animals during the past winter.

https://youtu.be/6-6tBKLCCk4

After the game camera was in place, the animals came along during the winter. Hares, lynx and coyotes passed in front of the camera but did not seem to be much interested in the equipment. When spring arrived, bears showed a very different behaviour. The camera caught a trio of black bears pawing at the tarp-covered buried equipment. Two small bears played tug of war with the tarp on a warm day in May. This situation is not new. Bears have already damaged many scientific stations in the wilderness. On a similar project involving seismometers installed in Southcentral Alaska, bears messed with six out of 10 stations not reachable by road.

Scientists tried to understand the bears’ behaviour and their interest in the equipment. It seems the animals are extremely attracted to things made out of petroleum, like plastic fuel jugs and sheathing on wires. This might be because of the smell. Bears are omnivore and like to investigate every possible curiosity that could be or contain a food source. Another reason might be the noise produced by the equipment. Though the seismic stations are silent, the instruments that make noise also become bear targets. Grizzly and polar bears have been known to walk down runways in villages and knock down all the runway lights, which make a slight humming sound.

Source: Alaska Dispatch News.

Cam

Capture d’écran de la caméra montrant 3 ours autour du matériel scientifique.