Popocatepetl (Mexique): Intensification de l’activité // Activity is getting more intense

drapeau-francaisLe Popocatepetl est bien actif ces derniers temps avec de nombreuses émissions de gaz et de cendre chaque jour. Le 11 août, six glissements de terrain ont été détectés par le réseau sismique; le plus important s’est produite sur le flanc NO et avait un volume de 440 mètres cubes, tandis que l’autre, sur le flanc N, avait un volume de 220 mètres cubes. Une explosion le 12 août a généré un panache de cendre qui est monté jusqu’à 2,5 km au-dessus du cratère et s’est étiré vers l’ONO, avec des retombées de cendre à Ozumba (18 km à l’ouest) et Atlautla (16 km à l’ouest également). Une explosion le 13 août a projeté des matériaux incandescents sur les flancs du volcan. Deux autres explosions ce même jour et une autre le 14 août ont généré des panaches d’environ 1 km de hauteur. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune, Phase 2.
Source: CENAPRED.

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drapeau-anglaisPopocatepetl has been quite active in the past days with numerous “exhalations” each day. On August 11th, there were six landslides detected by the seismic network; the largest one occurred on the NW flank and had a volume of 440 cubic metres while the other one, on the N flank, had a volume of 220 cubic metres. An explosion on August 12th generated an ash plume that rose 2.5 km above the crater and drifted WNW, causing ashfall in Ozumba (18 km W) and Atlautla (16 km W). An explosion on August 13th ejected incandescent material onto the flanks. Two more explosions that day and one on August 14th produced plumes that rose as high as 1 km. The Alert Level remains at Yellow, Phase Two.

Source: CENAPRED.

Popo 12 aout

Vue nocturne du Popocatepetl le 12 août 2016 (Webcam CENAPRED)

Dioxyde de carbone: Volcans contre activités humaines // Carbon dioxide: Volcanoes vs. human activities

drapeau francaisIl y a eu récemment un certain nombre de discussions entre scientifiques pour savoir si les volcans contribuaient davantage au réchauffement et au changement climatiques que les activités humaines. Des études récentes montrent que les activités humaines émettent chaque année au moins 60 fois plus de dioxyde de carbone (CO2) que les volcans. De grandes éruptions peuvent certes émettre ponctuellement autant de CO2 que les activités humaines, mais de tels événements sont trop rares et éphémères pour pouvoir rivaliser avec les émissions anthropiques annuelles.

Les activités humaines  telles que la combustion des combustibles fossiles ou la déforestation, ont émis environ 40 milliards de tonnes de CO2 en 2015. Selon le Global Carbon Project (http://www.globalcarbonproject.org/), depuis le début de la Révolution Industrielle, plus de 2000 milliards de tonnes de dioxyde de carbone ont été envoyés dans l’atmosphère par les activités humaines.
Les volcans émettent du dioxyde de carbone de deux manières: 1) pendant les éruptions et 2) par le biais des évents fumerolliens, des roches et des sols poreux, ainsi que par l’eau qui alimente les lacs volcaniques et les sources chaudes. Les estimations de CO2 d’origine volcanique doivent prendre en compte à la fois les sources éruptives et les sources annexes.
En 2011, le scientifique américain Terry Gerlach a fait la synthèse de cinq estimations relatives aux émissions planétaires de dioxyde de carbone d’origine volcanique publiées entre 1991 et 1998. Les estimations mondiales étaient de l’ordre 0,3 ± 0,15 milliards de tonnes de CO2 par an, ce qui signifie que les émissions anthropiques de CO2  étaient plus de 90 fois supérieures aux émissions volcaniques.
En 2013, un autre groupe de scientifiques a publié une estimation mise à jour en utilisant des données plus précises. Les auteurs ont conclu que l’estimation globale la plus fiable était d’environ 0,6 milliards de tonnes de dioxyde de carbone par an. Ce résultat signifie que le CO2 anthropique dépasse d’au moins 60 fois le CO2 volcanique.

De temps en temps, de très violentes éruptions peuvent libérer du dioxyde de carbone avec des quantités pouvant dépasser les émissions humaines pendant quelques heures. Ce fut le cas des éruptions du Mont St. Helens en 1980 et du Pinatubo en 1991. Cet excès de CO2 n’a duré que 8 ou 9 heures alors que les émissions anthropiques de dioxyde de carbone continuent jour après jour, mois après mois, année après année. Cependant, les volcans ont contribué, en certaines occasions, au réchauffement climatique en produisant des quantités importantes de dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre. Ce fut le cas il y a 250 millions d’années quand un déversement de lave en Sibérie a peut-être duré des centaines de milliers d’années. Selon certains scientifiques, une telle éruption à grande échelle et sur une longue durée a probablement entraîné une hausse suffisante des températures pour provoquer l’un des pires événements d’extinction dans l’histoire de notre planète.

De nos jours, plutôt que réchauffer la Terre, les éruptions volcaniques ont souvent l’effet inverse. Elles  produisent souvent de la cendre et des aérosols qui réfléchissent la lumière du soleil vers l’espace, ce qui entraîne une baisse de la température sur Terre. Ainsi, en 1815, l’éruption du Tambora a émis suffisamment de cendre et d’aérosols pour réduire à néant l’été en Europe et en Amérique du Nord en 1816.
Source: NJtoday.net
http://njtoday.net/

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There were a lot of debates recently to know whether volcanoes were larger contributors to global warming and climate change than human activities. Recent studies show that human activities emit 60 or more times carbon dioxide (CO2) than volcanoes each year. Large, violent eruptions may match the rate of human emissions for the few hours that they last, but they are too rare and ephemeral to rival humanity’s annual emissions.

Human activities – mostly the burning of fossil fuels and deforestation – emitted roughly 40 billion tons of CO2 in 2015. According to the Global Carbon Project (http://www.globalcarbonproject.org/), since the start of the Industrial Revolution, more than 2,000 billion tons of carbon dioxide have been added to the atmosphere by human activities.

Volcanoes emit carbon dioxide in two ways: during eruptions and through vents, porous rocks and soils, and water that feeds volcanic lakes and hot springs. Estimates of global CO2 emissions from volcanoes have to take both erupted and non-erupted sources into account.

In 2011, USGS scientist Terry Gerlach summarized five previous estimates of global volcanic carbon dioxide emission rates that had been published between 1991 and 1998. The global estimates fell within a range of about 0.3 ± 0.15 billion tons of CO2 per year, which implied that human carbon dioxide emissions were more than 90 times greater than volcanic CO2 emissions.

In 2013, another group of scientists published an updated estimate using more accurate data. The authors concluded that the best overall estimate was about 0.6 billion tons of carbon dioxide per year. Taken at face value, the result implies that anthropogenic CO2 exceeds global volcanic CO2 by at least a factor of 60 times.

Occasionally, eruptions are powerful enough to release carbon dioxide at a rate that may exceed the global rate of human emissions for a few hours. This was the case with the eruptions of Mount St. Helens in 1980 and Pinatubo in 1991. While this excess of CO2 only lasted 8 or 9 hours, human emissions of carbon dioxide continue day after day, month after month, year after year. However, volcanoes on some occasions contributed to global warming by producing significant amounts of carbon dioxide and other greenhouse gases. This was the case 250 million years ago when an extensive flood of lava poured continually from the ground in Siberia perhaps hundreds of thousands of years. According to some scientists, this large-scale, long-lasting eruption likely raised global temperatures enough to cause one of the worst extinction events in our planet’s history.

Today, rather than warming the Earth, volcanic eruptions often have the opposite effect. Eruptions often produce volcanic ash and aerosol particles which reflect sunlight back into space, cooling global climate. Thus, the 1815 eruption of Mount Tambora produced enough ash and aerosols to cancel summer in Europe and North America in 1816.

Source: NJtoday.net

 Panache-Kilauea

Panache de gaz du Kilauea à Hawaii (Photo: C. Grandpey)

Panache-Semeru

Panache de cendre du Semeru en Indonésie (Photo: C. Grandpey)

Pinatubo-blog

 Double couche d’aérosols émise par l’éruption du Pinatubo en août 1991.

(Source : NASA)

Un feu étrange en Afrique du Sud // A strange fire in South Africa

drapeau-francaisDes équipes de sismologues et géologues se sont rendues dans le Limpopo pour trouver une explication à un feu étrange qui s’est déclaré dans cette province sud-africaine située dans la partie septentrionale de l’ancien Transvaal. Le feu a blessé trois personnes, dont deux enfants.
Les habitants de Zaaiplaas, près de Stoffberg, craignent le retour de la cendre et de la fumée qui s’échappaient du feu, qui est éteint pour l’instant. Le service d’incendie local arrose abondamment depuis une semaine le sol brûlant qui se trouve dans une grande zone humide de la taille de deux terrains de rugby.
Aujourd’hui, il ne reste du feu que des tas de cendre et des zones d’effondrement du sol, avec de grandes fractures dont certaines présentent une largeur d’une trentaine de centimètres.
Les gens ont pris conscience du danger lorsque l’eau de la zone humide a commencé à disparaître au début de l’année. Ils ont d’abord pensé que c’était à cause de la sécheresse. Une odeur s’échappait de l’endroit où se trouvait l’eau. Par moment, l’odeur était vraiment désagréable ; à d’autres moments, elle disparaissait.
On ne sait pas vraiment ce qui s’est passé. La zone concernée surmonte le craton de Kaapvaal, une ancienne zone de la croûte terrestre vieille de 3,4 milliards d’années et aujourd’hui refroidie. Les scientifiques affirment qu’il serait vraiment très surprenant que la région montre aujourd’hui des signes d’activité sismique.
Le craton de Kaapvaal couvre environ 1,2 millions de kilomètres carrés ; il s’étend du Lesotho au Botswana et pénètre dans le sud du Zimbabwe et de l’ouest du Mozambique. Les scientifiques qui étudient le phénomène de Sehlakwane devront se demander si l’activité n’est pas un prolongement du mouvement du Rift Est Africain et n’est pas provoqué par l’activité sismique au Mozambique. Il convient de noter aussi que la région possède une importante activité minière.
La situation dans le Limpopo me rappelle un événement dans le centre de l’Alaska en septembre 2013 quand un incendie d’origine inconnue s’est déclaré à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Eagle, un village de moins de 100 habitants, accessible par la route uniquement pendant les mois d’été.
La population de Eagle a commencé à percevoir une odeur de soufre. Le mystérieux incendie a commencé à inquiéter les gens. Les autorités ont déclaré que la cause du feu était un dépôt de schiste bitumineux qui s’était enflammé sous la montagne et brûlait régulièrement, en s’étendant de plus en plus au fur et à mesure que s’effondraient les bords de la dépression qu’il creusait.
Source: Journaux sud-africains.

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drapeau-anglaisTeams of seismologists and geologists are racing to find an explanation for a strange fire in Limpopo, a South African province in the northern part of the former Transvaal. The fire has injured three people, including two children.

Residents of Zaaiplaas, near Stoffberg, are terrified that the ash and smoke that billowed up from the fire, extinguished for now, will return. The local fire department has been dousing the burning ground – a large wetland the size of two rugby fields – since last week.

Today the only signs of fire are piles of ash, collapsing turf and large cracks in the ground, some of which are nearly 30cm wide.

People became aware of the danger when the water from the nearby wetland started disappearing earlier this year. They first thought it was because of the drought. They could smell something coming from where the water used to be. Sometimes the smell was really unpleasant, at other times it would disappear.

There have been no reports yet about what exactly is happening. The area is situated on top of the 3.4 billion-year-old Kaapvaal craton, an area of ancient crust [undisturbed for millions of years], which is cold. Scientists say that if it was showing signs of seismic activity now, it would be incredible.

The Kaapvaal craton is about 1.2 million square kilometres and stretches from Lesotho to Botswana and into southern Zimbabwe and western Mozambique. Scientists investigating the Sehlakwane phenomenon would have to consider whether the activity was not an extension of movement of the East African Rift, or attributable to seismic activity in Mozambique. It should also be noted that extensive mining activity does occur in the region.

The situation in Limpopo reminds me of an event in central Alaska in September 2013 when a fire of unknown origin was spotted about 40 km northeast of the community of Eagle, a town of less than 100 accessible by road only during the summer months.

People in Eagle began to smell sulphur. The mysterious fire burning in the distance began to worry them. Officials determined the cause was an oil shale deposit under the mountain that had somehow ignited and was burning steadily, growing as edges of the caldera collapsed.

Source: South African newspapers.